The Inexplicable Phenomena of Space
Synthesis dossier
JACQUES VALLÉE JEANINE VALLÉE
LES PHÉNOMÈNES INSOLITES DE L’ESPACE LES AUTRES MONDES ET LEURS ÉNIGMES
Dessins réalisés par les auteurs
© Éditions de la Table Ronde, 1966
© Éditions Robert Laffont S. A. 1978 pour l’édition reliée
ISBN : 2-221-50029-6
ISSN : 0181-3102
À la mémoire de Monsieur J.-A. Pilet,
qui rendit possible la parution
de ce livre par la sagesse
et la clairvoyance de ses conseils.
# Avant-propos
Le présent ouvrage est consacré à l’étude des rapports concernant les observations de « soucoupes volantes », « objets volants non identifiés » ou « mystérieux objets célestes » faites dans les différentes régions du Monde.
Afin d’introduire une méthode rigoureuse et d’établir une base de recherches dans un domaine qui à été si longtemps livré au ridicule que l’on sait, nous avons dû nous libérer d’abord d’une terminologie désagréable que la Presse avait imposée pour son caractère sensationnel, mais que le domaine scientifique ne peut retenir. La « soucoupe volante » n’est pas actuellement susceptible d’étude scientifique ni même l’objet de définition. Son existence en tant qu’objet est douteuse et son apparition est essentiellement imprévisible et non reproductible. En revanche, le fait que de nombreuses personnes, dans tous les pays du monde et de façon continue depuis 1946, aient cru nécessaire de rapporter à la Presse ou aux Autorités leur témoignage touchant des événements qu’elles ont jugés étranges, mystérieux, parfois terrifiants (même si elles ont associé ces événements à des interprétations prématurées ou erronées que la Presse s’est empressée de propager) est un fait tangible. Ces rapports, rassemblés avec précaution et examinés dans leur ensemble, révèlent (quand on a éliminé les inévitables erreurs et les mystifications manifestes des caractères communs, une grande cohérence interne, et apparaissent comme les effets de l’exposition des témoins à une série de circonstances inhabituelles. La cause de ces rapports est désignée dans cet ouvrage sous le nom de Phénomène « MOC » ou simplement « MOC ».
Le phénomène « MOC » n’a fait l’objet, jusqu’ici, d’étude sérieuse qu’aux États-Unis, où l’Air Force, d’une part, a créé une organisation chargée de l’investigation des rapports, et où d’autre part certains savants, agissant à titre individuel, ont examiné les dossiers et fait connaître leur opinion. Ces études nous semblent critiquables en ce qu’elles ont pris pour base un ensemble de données où aucun effort de classification n’avait été fait, où les observations valables sont restées noyées dans la masse des erreurs et des mésinterprétations manifestes, où les faits sont très malaisément localisables et où la machine officielle a introduit des effets de sélection évidents, que l’on n’a pas cherché à corriger ou même à décrire.
D’un autre côté, les observations françaises, dont la dispersion est réduite et la précision en général excellente, éclairent d’un jour original les cas observés en d’autres parties du monde. C’est pourquoi nous avons d’abord pensé qu’il était important de les faire mieux connaître, pour pouvoir discuter les théories qui ont été présentées à leur sujet, avant de lancer des recherches plus générales et montrer sur quelles hypothèses devrait être reprise, à. notre avis, l’étude des dossiers.
Nous serons pour cela obligés d’entrer dans des détails et des particularités locales, maïs le lecteur voudra bien nous le pardonner en gardant présent à l’esprit le fait que la présente étude, quand elle s’adresse au cas des rapports français typiques, ne le fait que pour mieux définir des règles d’analyse s’appliquant au phénomène dans son ensemble.
Les données dont nous disposons sont les rapports rédigés par les témoins et transmis par voie de Presse ou par les sources officielles. Chacun de ces rapports établit trois catégories principales d’informations :
1. des informations portant sur le lieu ;
2. des informations portant sur le temps ;
3. des informations contenues dans la description d’un phénomène.
L’information de lieu consiste en trois éléments : une longitude, une latitude et une certaine précision. Elle est objective ; quel que soit le nombre des témoins, leur âge, leur caractère, nous pouvons toujours leur assigner des coordonnées indépendantes du contenu de leur description.
L’information de temps est également objective, mais son étude est plus complexe. Il n’est plus possible de traiter les problèmes où elle intervient par la simple géométrie. Des méthodes descriptives et analytiques plus puissantes doivent être introduites. La discussion des résultats devient aussi plus délicate.
L’information relative à l’apparition elle-même est extrêmement complexe. Elle peut être divisée en deux éléments : l’un décrit les conditions de l’observation, l’autre ses caractères. Par conditions d’observation nous entendons le nombre des témoins, les appareils dont ils ont disposé, les conditions météorologiques présentes, etc. Les caractères sont toutes les remarques d’ordre physique contenues dans la description que le témoin a faite de sa vision : vitesse, forme, couleur, dimensions, etc. Cette information est évidemment affectée par une forte composante subjective.
Sur la base de ces remarques, le présent ouvrage est divisé en trois parties. La première utilisera seulement les informations portant sur le lieu : nous chercherons si la répartition topographique des apparitions obéit à une loi précise, et quelles méthodes peuvent être employées pour la contrôler[1](index_split_120.xhtml#footnote-1) .
Dans la deuxième partie nous ferons entrer en ligne de compte l’information-temps, pour étudier la variation de la fréquence des apparitions et leur éventuelle corrélation avec des phénomènes connus. Nous serons ainsi amenés à décrire la structure de vagues, et à envisager l’hypothèse d’une corrélation avec Mars.
Dans la troisième partie nous tenterons d’établir une classification aussi efficace que possible des divers types de rapports et une description des caractères physiques des observations. Nous discuterons alors les points qui nous paraissent actuellement les plus dignes d’investigation. En conclusion, nous essaierons d’imaginer ce que ce phénomène remarquable peut encore réserver.
# 1
LA VAGUE AMÉRICAINE DE 1964
##
Les observations s’accumulent.
Le 10 août 1964, un avion américain était garé sur une piste secondaire de l’aéroport de l’île de Wake, dans le Pacifique, à mi-chemin des îles Hawaï et des Philippines. Attendant des instructions de la tour de contrôle, l’équipage était oisif et regardait le ciel nocturne. C’est alors que quelqu’un remarqua un étrange objet rougeâtre, clignotant, qui s’approcha de la piste comme pour atterrir. L’île de Wake est une petite possession américaine, dont le trafic aérien est simple et bien contrôlé. Or, on n’attendait aucun avion. L’objet inconnu, qui apparaissait comme une lueur rougeâtre indistincte, n’envoya aucun signal d’identification au contrôle. Il s’arrêta au-dessus de la piste, rebroussa chemin, vola régulièrement « comme un gros oiseau » et finalement s’effaça vers le nord-ouest. La tour de contrôle fut formelle : ce n’était pas un avion. Ce n’était pas non plus un ballon météorologique. Et les oiseaux ne portent pas de feux clignotants. Les services d’enquête étudièrent les observations. Leur conclusion : non identifié. Un nouveau cas d’objet suspect vient s’ajouter à des milliers d’autres.
L’objet de l’île de Wake avait-il une existence physique ? S’agissait-il d’une réflexion, d’un mirage, de l’image d’une étoile déformée par une inversion de température ? Était-ce un objet matériel, c’est-à-dire un animal ou un appareil volant, et de quelle origine ? De tels problèmes intriguent les chercheurs depuis plus de dix-huit ans.
La plupart des observations sont fragmentaires et décevantes. Les témoins oublient la date, ne notent pas l’heure. Les journaux tendent à exagérer les détails qu’ils jugent « fantastiques » et transforment souvent en « soucoupes volantes » de très ordinaires étoiles filantes. C’est pourquoi les dossiers officiels sont essentiels. On y trouve le noyau solide du phénomène : une série d’observations incontestables dont les témoins sont connus, et où un important appareil d’enquête a été utilisé. Sans être tenues secrètes, ces observations ne sont en général pas rendues publiques par crainte du traitement « sensationnel » que la Presse ne manquerait pas de leur faire subir.
Le 18 août 1964, un avion militaire américain survolait l’océan Atlantique. Il se trouvait à plus de trois cents kilomètres à l’est de Dover quand l’équipage aperçut soudain un objet rougeâtre, vaguement diffus, droit devant l’avion. La collision semblait inévitable quand le pilote modifia brutalement sa course. L’objet, lui, ne changea pas son apparence, ni sa trajectoire. Il passa à environ cent cinquante mètres au-dessus de l’avion puis tourna à angle droit, s’éloigna et disparut.
Les explications usuelles s’appliquent mal à de telles observations, il existe toute une série de groupements d’amateurs qui s’empressent donc d’appeler « soucoupes volantes » ces objets inconnus. Il s’agirait, lit-on couramment dans leurs journaux, de véhicules interplanétaires qui viennent se renseigner sur notre civilisation et sont peut-être d’origine martienne. Selon d’autres versions, ces « Visiteurs » viennent d’un autre système solaire.
La science moderne – et en particulier les récents progrès de l’Astronomie – autorise l’entretien de telles hypothèses. On estime à plusieurs milliards le nombre de planètes semblables à la terre qui existent dans notre galaxie ; on a calculé la probabilité d’apparition de la vie sur ces planètes et d’une visite à notre système solaire par des races plus évoluées techniquement, peut-être même supérieures dans le spectre de l’intelligence : elle est écrasante. Selon la formule d’un auteur américain, « dire que nous recevons la visite de véhicules spatiaux extra-terrestres n’est pas plus étonnant que de dire : « Si je me place au coin d’une rue, un jour ou l’autre quelqu’un passera près de moi » ([259](index_split_107.xhtml#anchor10))[2](index_split_121.xhtml#footnote-2) . L’hypothèse extra-terrestre peut donc être proposée, mais le scientifique n’admet pas sans preuves : les preuves tangibles, visibles, physiques, montrant que les « mystérieux objets célestes » sont des véhicules sous contrôle intelligent font absolument défaut.
Il est certes aisé d’imaginer que les deux phénomènes décrits plus haut étaient contrôlés par une intelligence supérieure, mais avant de se poser une question si grave, on doit s’assurer que toutes les autres possibilités ont été examinées : ne s’agit-il pas plus simplement d’un phénomène physique naturel encore mal connu ? La possibilité de découvertes dans cette direction est un des éléments qui déterminent l’attentive analyse des rapports aux États-Unis. Une grande partie des témoignages viennent de personnes qualifiées (47). Rejeter leurs observations équivaudrait à se priver d’une masse d’informations sur un phénomène qui est peut-être capital : c’est une chance que la science n’a pas le droit de faire courir à la société moderne.
On croit généralement en Europe que l’étude officielle des « objets volants non identifiés » a été abandonnée par les États-Unis après solution complète du problème, expliqué entièrement par des erreurs et hallucinations. Rien n’est plus erroné. Non seulement l’activité du groupe des phénomènes aériens de l’Armée de l’Air américaine ne s’est jamais interrompue, mais le nombre des cas non résolus s’accroît régulièrement. Cet accroissement suit une loi étrange : il arrive que des mois s’écoulent sans qu’une observation réellement surprenante soit faite. Puis, soudain, une « vague » déferle. L’année 1964 a connu une telle période de recrudescence. Les services officiels ont reçu dix-sept rapports de « mystérieux objets célestes » en janvier, vingt-cinq en février, dix-huit en mars, quarante et un en avril, quatre-vingts en mai, trente-quatre en juin, cent six en juillet, plus de cent en août, trente-quatre en septembre, vingt-deux en octobre. Des enquêtes furent faites sur les plus importants de ces cas. Nous eûmes l’occasion de suivre plusieurs d’entre elles. Pour des chercheurs familiarisés avec les témoignages français et européens de 1954 et 1957, les observations américaines de 1964 étaient passionnantes.
## Un objet énorme, portant de multiples lumières
Jusqu’à la fin de mars 1964, la situation sur le front des « MOC » avait été assez calme. Des observations avaient été faites au Gabon, au Brésil, au Maroc et surtout en Australie, pendant les mois de janvier et février, mais les données étaient très insuffisantes. Jusqu’en mars, les rapports américains étaient en majorité relatifs à des objets conventionnels aisément identifiables (avions, ballons, météores) qui avaient trompé les observateurs. D’autres cas furent signalés en Grande-Bretagne et en Argentine, mais l’ensemble restait mal défini.
La première observation importante fut faite près de Monticello (Wisconsin) le 3 avril 1964 vers 21 h. Le Wisconsin est un État agricole du nord des États-Unis, bordé par les Grands Lacs. De vastes plaines s’y étendent, coupées par des étangs et des lignes de collines. Les témoins étaient un jeune anthropologue d’une Université américaine, membre d’une récente expédition aux Indes, sa femme, sa belle-mère et sa belle-sœur, une fillette de douze ans. Ils roulaient en voiture entre Monticello et Argyle et se trouvaient à deux kilomètres environ à l’ouest de la première localité quand ils virent l’objet, qui ne les surprit nullement : on distinguait seulement deux intenses lumières rouges clignotantes, basses sur l’horizon. Les témoins pensèrent immédiatement à deux voitures de police stationnées sur une route latérale, au flanc d’une colline invisible dans la nuit.
Quand les lumières s’approchèrent et montèrent dans le ciel, cette première explication ne tint pas et les témoins devinrent inquiets. Ils voyaient maintenant deux lumières clignotantes, une rouge et une verte, avec une lumière blanche en retrait. L’ensemble représentait clairement un appareil volant qui perdait de la hauteur : l’objet ressemblait absolument à un avion de ligne sur le point de s’écraser au sol. Les observateurs, à ce moment, étaient évidemment inquiets, et suivirent le spectacle avec une grande attention. L’objet ne tomba pas. Ils le voyaient maintenant vers le sud, c’est-à-dire à leur gauche, comme une série de lumières surtout vertes et rouges, avec de faibles lueurs blanches, et une grosse lumière blanc bleuâtre ou jaunâtre. L’ensemble luisait « comme un arbre de Noël dans la nuit ». Il occupait une portion considérable du ciel. Comme la voiture avançait toujours, d’autres lumières devinrent visibles et tout se passa comme si l’objet, maintenant presque stationnaire, effectuait une lente rotation en se dressant verticalement, la partie arrière – où se trouvait la grosse lumière blanche – s’élevant au-dessus de quatre lumières rouges qui semblaient se trouver dans un même plan, à « l’avant », et qui étaient intenses et fixes. Quand la lumière blanche fut ainsi passée à une position symétrique de sa position première, l’objet étrange était presque immobile. Il était évident que les interprétations d’abord envisagées ne tenaient pas : sa hauteur sur l’horizon était celle des fils téléphoniques situés sur le côté sud de la route. D’après leur mouvement relatif au point le plus proche les témoins estiment que l’objet se trouvait à quelques centaines de mètres, peut-être cent mètres seulement. Il apparaissait gigantesque et portait un nombre considérable de lumières.
La voiture des témoins avait ralenti et c’est alors que l’objet s’était lentement renversé comme pour les observer. Effrayés, ils éteignirent leurs phares tandis qu’il achevait son renversement. Observateur et observé s’arrêteront. On n’entendait pas le moindre bruit. Très effrayés, mais ne perdant pas le contrôle d’eux-mêmes, les témoins se remirent en route, firent demi-tour dans un chemin de terre pour se trouver dans le sens de déplacement de l’objet et le rattrapèrent. Ils faisaient donc maintenant face à l’est et revenaient vers Monticello. Comme ils arrivaient à hauteur de l’inconnu, celui-ci se mit en mouvement puis accéléra brusquement. Bien que les témoins eussent poussé leur voiture à la vitesse maximale permise par la route, ils ne purent voir qu’une lueur rouge qui disparaissait, très haut dans le ciel, par-delà Monticello, et se perdit en quelques secondes.
L’enquête montra que l’observation avait duré au moins cinq minutes, en tenant compte des différentes manœuvres effectuées par les témoins. Dix minutes est probablement plus proche de la vérité. La possibilité d’un hélicoptère (qui aurait pu donner l’impression d’une manœuvre de bascule verticale) fut discutée très en détail. Cette hypothèse fut rejetée pour plusieurs raisons. D’abord il n’y avait aucun bruit. Dans la voiture, la radio jouait en sourdine (mais aucune statique ou interférence ne fut entendue) et le bruit d’un moteur d’hélicoptère aurait certainement été perçu. Le diamètre apparent de l’objet était beaucoup trop grand pour un hélicoptère à une centaine de mètres. Enfin, aucune lumière d’atterrissage n’était visible, et il est inconcevable qu’un hélicoptère vole, la nuit (si près du sol au point que les témoins l’auraient vu depuis leur voiture à la hauteur des fils téléphoniques) sans éclairer le terrain avec ses phares.
Les témoins furent longuement interrogés. Leurs réponses montrèrent leur répugnance à attribuer leur observation à un objet « mystérieux ». Toutes les causes conventionnelles possibles furent soigneusement passées en revue. Le nombre des observateurs, leur peur évidente et cependant la différence de leurs réactions, enfin leur parfait équilibre mental et la succession logique de leurs premières impressions – voiture de police, avion de ligne en difficulté – montrent qu’il ne peut s’agir d’hallucination. Enfin la consistance des mouvements et des positions, l’apparence solide de l’objet qui conservait la géométrie des lumières (à un seul moment les témoins eurent l’impression de distinguer une surface métallique reflétant une des lumières rouges) font rejeter l’idée d’un mirage ou d’un phénomène atmosphérique. La nuit était calme et l’objet ne saurait être un ballon scientifique, qui n’aurait pu s’échapper dans le ciel en quelques secondes après avoir si longtemps traîné près du sol. L’observation n’a été rapportée qu’au service militaire compétent et les témoins ont évité toute publicité. Leur rapport est commenté ici pour la première fois.
Il est difficile de reconstituer la forme de l’objet ou de la structure solide qui supportait les lumières. L’impression des témoins est celle de la figure 1, où les quatre lumières rouges Se trouvent dans un même plan et la lumière blanche derrière ce plan, comme au sommet d’un mât de foire supporté par deux traverses horizontales croisées. Ce
Figure 1
modèle, bien entendu, rend simplement compte de la disposition géométrique apparente des lumières et ne nous apprend que peu de chose sur la forme de l’objet qui les portait.
## Le « nid d’abeilles » d’Ardmore (Oklahoma)
Alors que des mois s’étaient écoulés sans une observation d’importance avant celle de Monticello, il ne fallut que six jours pour qu’un nouveau cas d’« objet » inconnu défie lus analyses officielles. Mais rappelons que le cas de Montcollo ne fut pas connu du public.
L’observation d’Ardmore fut faite le 9 avril 1964 à 20 h 10 par une personne de la ville qui demeure le seul témoin. Elle ne dura qu’une dizaine de secondes et fut extrêmement étonnante. Elle vaut la peine d’une étude détaillée.
Le témoin regardait le ciel vers l’ouest et vit un nuage. La partie centrale de ce nuage, jusque-là très ordinaire, devint brillante et un objet en émergea comme indiqué figure 2. II resta en vue « assez longtemps pour qu’on puisse compter les fenêtres » : le témoin appela ainsi les multiples cellules visibles à la surface de « l’objet », apparemment délimitées par un cadre métallique brillant. Ces « fenêtres » ou cellules étaient noires et semblaient creuses comme un moule rectangulaire. « Les dimensions et la construction étaient si étranges que je ne pensai pas scientifiquement », dit le

Figure 2
témoin. Le phénomène était énorme et donnait l’impression d’un gigantesque objet en train d’effectuer un virage. Après environ dix secondes d’observation, ayant atteint la position de la figure 2, il se brouilla aux yeux du témoin, devint tout à fait trouble et s’effaça sur place. Aucune explication n’a encore été trouvée.
L’observation d’Ardmore ajoute un terme au petit lexique des mystérieux objets célestes. Nous appelons cet objet « honeycomb » (nid d’abeilles) en raison de la structure décrite. Mais il faut ici faire un retour sur un cas plus ancien, celui de Longmont (Colorado) le 27 ou le 29 juillet 1957. L’observation que nous allons décrire, où l’on retrouve la structure « nid d’abeilles », se situe dans la surprenante période qui précéda la vague d’observations de l’automne 1957, celle qui coïncida avec le lancement des spoutniks.
Le témoin se trouvait dans un champ, environ dix kilomètres à l’ouest de Longmont (Colorado), assez tôt le matin. Le Soleil était levé et la campagne était couleur d’or. L’objet approcha du sud-sud-est, très haut dans le ciel et l’observateur le prit pour un météore tombant rapidement. Il le vit avec ébahissement s’arrêter à une altitude moyenne. Il se trouvait alors sur une ligne droite joignant l’observateur et un promontoire appelé « Rabbit Hill » qui se trouvait au

Figure 3
nord-nord-est. Il se balançait « comme une feuille de pommier en train de tomber » et planait sans descendre.
Le témoin arrêta son tracteur et descendit pour mieux observer, mais rien ne se passa pendant dix minutes environ. Puis l’objet s’éleva d’une centaine de mètres à la verticale, s’inclina, et, accélérant d’une manière stupéfiante, décrivit un arc vers le sud-sud-ouest.
L’objet était apparemment fait d’un matériau brillant qui rappelait la teinte d’un glacier. Le dessus ressemblait à un nid d’abeilles. Les compartiments hexagonaux (le témoin d’Ardmore décrivit des cellules carrées) semblaient emplis d’une substance comme le mercure. Malgré cette apparence le dessus semblait lisse, comme s’il était recouvert d’une feuille de plastique. Autour de la partie centrale était une bande ressemblant à des festons d’une couleur terne, plus foncée. Le dessous avait aussi l’apparence d’un métal lisse et argenté, sauf trois ou quatre dessins plus foncés de la forme indiquée figure 3. L’observateur estima l’altitude de l’objet à cent mètres, la distance à sept cents mètres environ, le diamètre : quarante à soixante mètres, la hauteur : une dizaine de mètres. Le témoin était un étudiant en sciences qui décrivit cette observation dans une lettre à un professeur d’Astronomie. Il pensait que l’objet était un appareil piloté et appartenant à l’Armée de l’Air américaine. Les experts de l’Armée de l’Air, eux, en sont moins sûrs. Les deux observations que nous venons de citer n’eurent qu’un seul témoin : il faudra donc attendre de nouveaux cas pour déterminer s’il y a eu erreur, ou si l’on se trouve bien devant un phénomène se répétant de manière constante. L’observation suivante, elle, appartient bien à un type déjà connu.
## Le grand cigare vertical apparaît
Les lecteurs du remarquable ouvrage d’Aimé Michel : Mystérieux objets célestes[3](index_split_122.xhtml#footnote-3) , sont familiarisés avec les descriptions de l’étrange phénomène des « cigares de nuées » qu’il a mis en évidence de manière si nette. Nous avons vérifié que de telles apparitions étaient associées à toutes les phases importantes de l’histoire du phénomène. On a observé ces objets en Grande-Bretagne, en Amérique du Sud, aux États-Unis, en Australie, en Union soviétique, en Pologne.
Peu de descriptions sont aussi détaillées que celle faite par un physiothérapeute de l’État de New York et sa famille, lu 11 avril 1964, soit deux jours après le cas d’Ardmore. Faite à 18 h 30, l’observation ne dura pas moins de trois quarts d’heure. Nous allons la transcrire entièrement en insistant sur le fait que ce témoignage ne vient pas d’un journal local ou d’une tierce personne, mais qu’il s’agit d’un rapport direct du témoin aux autorités, sans publicité et sans distorsion journalistique.
« Ma femme, mes deux enfants et moi dînions en pique-nique sur une colline, 1 800 pieds au-dessus du niveau de la mer, environ dix miles au nord-ouest de Homer, New York. Il était 18 h 30, le vent soufflait du nord à cinq miles à l’heure environ et le jour était clair comme le cristal avec seulement quelques stratus sur l’horizon ouest. Vers 18 h, plusieurs bombardiers à réaction avaient laissé des traînées de vapeur très haut, traversant le ciel de l’ouest à l’est, mais ces traînées avaient disparu rapidement.
« Comme je regardais vers le ciel, un peu au nord-ouest, vers 18 h 30 apparut ce que je pris pour une très grosse traînée d’avion à réaction volant du nord-est au sud-ouest. Elle était très blanche et large. À son extrémité sud-ouest la traînée était interrompue sur environ un mile. Alors une formation en forme de spirale très noire qui semblait faite de fumée apparut, longue d’environ un mile. Nous remarquâmes que la traînée blanche était inhabituellement large pour une traînée d’avion, et qu’apparemment la partie noire devait sa couleur sombre à l’angle de la lumière solaire, bloquée par une colline plusieurs miles à l’ouest de notre position.
« La traînée de vapeur blanche resta suspendue dans le col et glissa graduellement vers le sud en se dissipant lentement. Jusqu’à ce moment, nous observions ce que nous croyions être une situation normale, si ce n’est pour l’interruption brutale de la traînée blanche, le vide et la suite de la spirale noire.
« Environ dix minutes s’étaient maintenant écoulées : je réalisai tout à coup que le nuage noir en spirale avait glissé vers l’ouest, tandis que la traînée blanche s’était déplacée vers le sud. De plus, le nuage devint beaucoup plus noir, ce que nous observâmes tous. Je pris alors mes jumelles 6 × 25 pour l’observer et je fus très surpris de voir des fumerolles s’écouler du nuage noir, presque en bouillonnant. Il approchait maintenant le système nuageux silhouetté sur le fond du ciel à l’ouest. Et soudain le nuage noir, gardant sa forme de spirale, changea de la position horizontale à la position verticale, augmentant sa production de fumée et ressemblant à un avion entouré de fumées tombant lentement du ciel ; en même temps, il prit une forme qui n’était pas sans rappeler celle d’une banane. Il ne paraissait plus tomber, mais simplement il s’arrêta et resta suspendu pendant deux ou trois minutes, après quoi il donna l’impression de sombrer dans les nuages et disparut. Chacun de nous observa cet étrange phénomène à l’œil nu sans difficulté.
« Environ trois minutes s’écoulèrent, durant lesquelles nous nous demandâmes tous si nos yeux nous avaient joué des tours, puis ma fille s’écria soudain : « En voilà un autre ! » Il apparut comme un objet horizontal en forme de crayon. À cette distance, il était impossible de déterminer la longueur, mais il aurait pu être aussi grand qu’un sous-marin. Il se déplaça de gauche à droite sur l’horizon. Nous ne pûmes nous mettre d’accord sur le point de savoir s’il s’agissait du premier objet ou d’un nouveau rejoignant le premier, car cette seconde apparition se fit à gauche de l’endroit où le premier objet avait été caché par les nuages.
« Alors que je l’observais avec mes jumelles, il y eut un éclair de lumière blanche qui vint de l’arrière : il bondit en avant à une incroyable vitesse sur une distance égale à cinq fois sa longueur environ et s’immobilisa tout aussi brusquement, gardant toujours sa forme de crayon, semblant planer. Mon fils décrivit l’incident comme il se passa, tandis que je l’observais dans les jumelles. L’objet devint épais au milieu et tandis qu’un nuage de fumée en émanait, bondit vers l’arrière aussi vite qu’il s’était avancé, sur une même distance. De nouveau, il s’immobilisa et commença de diminuer de longueur jusqu’à ce qu’il apparaisse en forme de soucoupe, épais au milieu. Alors la partie la plus incroyable se produisit. De la forme de soucoupe il passa à une rondeur parfaite et se divisa lentement en deux parties, l’une au-dessus de l’autre, donnant un spectacle très semblable à celui d’une cellule sous le microscope. L’objet supérieur devint lentement plus petit tout en paraissant disparaître dans le lointain, tandis que le second objet descendait suivant un angle de 45° vers l’endroit où nous avions vu l’objet en forme de banane disparaître. En cet endroit, il se divisa de nouveau en deux, mais l’objet inférieur prit une forme de crayon vertical, tandis que l’objet supérieur ovale disparaissait. Nous nous rendions compte que la forme de crayon pouvait être celle d’un disque vu par la tranche. Alors l’objet en forme de crayon s’effaça aussi à notre vue.
« Cet épisode entier se passa en quarante-cinq minutes environ et prit fin juste à la tombée de la nuit. Si nous n’avions pas observé cet événement tous les quatre, j’hésiterais à porter ce rapport à votre attention. »
## Atterrissage au Nouveau-Mexique
Après l’observation du « grand cigare » dans l’État de New York on entre dans une période confuse. La Presse ne sait encore rien. Les journaux des groupes d’amateurs n’ont pas connaissance des observations rapportées directement aux autorités. Si des phénomènes intéressants ont été remarqués après le 11 avril ils n’ont pas été rapportés. Une demi-douzaine de cas, dont trois observations en France, sont connus, mais les détails manquent. Les cas français sont étouffés par la Presse. Aucun bureau gouvernemental ou militaire ne s’occupe de la question, et seuls les journaux locaux se hasardent timidement à publier des entrefilets signalant des visions d’objets inconnus. En général, ils les déforment complètement. En France, les groupes d’amateurs sincères sont désorganisés, et leurs journaux, qui sont les seuls endroits où ces informations fragmentaires pourraient se rassembler, accordent toute leur place à des questions de pure fantaisie.
Le 24 avril 1964 fut, aux États-Unis, le point de départ d’une série d’observations très inégales que les journaux propagèrent sans ordre. En revanche, ce qui s’est passé ce jour-là à Soccoro, à 6 h du soir, est connu sans aucun doute possible : un objet physique parfaitement matériel, en forme d’œuf, s’est posé dans le désert.
Le témoin est Lonnie Zamora, un policier de l’État du Nouveau-Mexique. Il vit un objet qui descendait à la verticale au-dessus du désert en émettant une puissante lueur. Pensant qu’un petit entrepôt de dynamite avait explosé, il prit une route de terre et fonça sur le terrain inégal. Arrivé sur le plateau, la lumière avait disparu, mais un objet blanc argenté, en forme d’œuf, planté sur quatre pieds asymétriques, était posé dans le désert. Deux silhouettes de taille plutôt petite, vêtues de blanc, se tenaient auprès de l’appareil. Le policier dut contourner une colline pour s’en approcher. Quand il revint en vue de l’engin, celui-ci décollait dans un bruit infernal. Il n’eut que le temps de se réfugier derrière sa voiture quand l’œuf volant, qui avait une longueur de cinq mètres environ, monta verticalement, s’arrêta à mi-hauteur et s’éloigna. L’observation avait duré plusieurs minutes.
L’intérêt du cas réside dans la conclusion absolue atteinte par les enquêteurs : il est indiscutable que la description du témoin est vraie de bout en bout. Par radio, Zamora donna sa position à son quartier général dès qu’il eut recouvré ses esprits et les enquêteurs officiels furent les premiers sur le terrain. De profondes empreintes avaient été creusées dans le désert. Des fragments de matière combustible qui s’étaient trouvés sous l’engin achevaient de brûler. L’enquête montra que l’engin, quel qu’il fut, était mécaniquement très avancé. Il s’était posé à la verticale sur des pieds inégaux en terrain assez rude, portant cependant son centre de gravité en une position de repos idéale. Il n’était pas propulsé par fusée. Les analyses spectroscopiques des fragments de carton qui s’étaient consumés au départ de l’appareil montrèrent que nulle particule étrangère n’était entrée en contact avec eux : il s’agissait donc de radiation et non d’échappement de gaz et de flammes.
Dans les jours qui suivirent, la Presse américaine s’empara de ces informations. Les journaux des amateurs reprirent l’histoire, sans toutefois la déformer beaucoup. Pour eux, bien entendu, Zamora avait vu une « soucoupe volante » et ses deux « pilotes ». Mais il est très possible que l’engin ait été un appareil expérimental américain pour exploration lunaire. Le dispositif d’atterrissage décrit le suggère certainement. Mais le mode de propulsion – et l’absence de bruit après décollage – indiqueraient des progrès techniques révolutionnaires.
Dans cette incertitude on doit retenir surtout du cas de Soccoro qu’il fut le point de départ d’un regain d’intérêt dans l’opinion publique pour la question des « mystérieux objets célestes ». Pourtant il y eut peu d’observations vraiment détaillées avant le mois de mai. Il ne s’agit donc pas d’une vague ayant l’amplitude de celle de 1954, qu’Aimé Michel a décrite, ou même de celle de 1957. Il s’agit d’une sorte relativement dense d’observations localisées, relatives à un phénomène dont la nature et l’origine restent inconnues.
Le 15 mai 1964, un instituteur et quatre autres témoins virent un grand objet circulaire qui précédait leur voiture, Il volait en avançant « comme un bouchon sur l’eau ». Après quatre minutes, il tourna vers l’ouest et disparut : ce n’est là qu’une des nombreuses observations de cette période qui auraient mérité une analyse plus détaillée que celle faite pur les services d’enquête, disposant de trop peu de moyens en temps de « vagues », car nous approchons du sommet et les cas s’accumulent (voir le diagramme fig. 4). On pourrait presque y consacrer un livre entier. Nous allons seulement décrire les plus détaillés, ceux qui résistent le mieux à l’analyse.
## Une « soucoupe-méduse » en Pennsylvanie
Le 26 mai 1964 à 22 h, fut observé près de Palmerton (Pennsylvanie) « un objet stationnaire avec un dôme, dont les bords inférieurs émettaient une lumière blanchâtre ». Un petit objet en forme de disque manœuvrait autour du grand et était visible par intermittence. Puis ce petit objet “e fondit dans l’engin principal, qui s’éloigna vers l’est. Doux familles de Palmerton observèrent la chose. Malheureusement, il n’y eut aucun rapport officiel, et nous ne connaissons de l’observation que ce que la Presse a fait connaître. Si ce témoignage se confirmait, on aurait là un nouvel exemple d’un phénomène bien connu des chercheurs français qui l’ont baptisé « soucoupe-méduse ».
Aimé Michel appelle ainsi les descriptions d’objets portant des appendices ou des « tigelles », ou d’engins qui semblent dotés d’un compagnon qui apparaît comme un petit disque, une petite sphère ou une sonde (Voir les cas de 1954 dans le nord de la France). Sur la nature de ces objets on ne peut évidemment se prononcer sans poser la question du problème des « mystérieux objets célestes », ce que nous ferons plus loin dans ce livre.
Le 5 juin 1964, à 2 h du matin, quatre témoins dont trois cadets de l’Académie de l’Armée de l’Air roulaient en voiture vers Texarkana quand ils aperçurent un objet qui roulait sur lui-même, émettant une lumière orange rougeâtre non éblouissante. Les témoins, qui s’étaient arrêtés, remontèrent en voiture pour s’en approcher. Pendant une minute, « l’objet » sembla devenir de plus en plus brillant, puis il disparut si vite que l’œil ne pouvait le suivre.
Rapports d’objets volants en forme de « disque » ou de « cigare » et rapports d’atterrissages se succèdent pendant toute cette période. C’est en Ohio que les cas les plus intéressants se trouvent durant le mois de juin, puis vient une série d’observations dans les États du Sud.
## Deux observations remarquables
La région de Toledo (Ohio) fut le siège de deux excellentes observations les 12 et 13 juin 1964. La première débuta à 22 h 15 et ne dura pas moins d’une heure cinquante. Au cours de cette période, le chef de police Richard Crawford vit à trois reprises un objet étrange, clignotant, projetant des lumières diverses, parfois s’éteignant complètement. Un autre policier observa également l’objet. Au moment de la meilleure observation, sa distance fut estimée à 250 m, son diamètre à 30 m (178).
Trace enregistrée par l’analyseur de trajectoire à l’Observatoire de Forcalquier (Haute-Provence) la nuit du 3 au 4 mai 1957.

« L’objet » fut d’abord aperçu par Crawford depuis un point situé à un mile de la localité d’Elmore, à l’intersection de la route 51 et de Nissen Road. Il était immobile dans le ciel, brillant, entouré d’une sorte de halo d’un demi-mile de diamètre. Il resta en vue vingt minutes, diffus et silencieux.

II Dessin publié par un journal britannique du 24 mars 1909), d’un « Vaisseau aérien » observé par un policier, P.C. Kettle, témoin indéniablement de bonne foi, dont l’attention avait été attiré sur l’objet volant par le bruit qu’il émettait, « semblable à celui d’une automobile ». L’objet semblait doté d’un puissant phare.

III. Exemple d’erreur de la part du témoin : cet « objet inconnu » photographié en Afrique du Nord n’était autre que le satellite artificiel Echo.
Mirage ? Quand un phare fut braqué dans sa direction, il changea de position.
Il fut revu au zénith de l’école de Harris Elmore une demi-heure avant minuit, à une altitude évaluée à 1 000 pieds, volant rapidement vers le nord-ouest, c’est-à-dire vers la ville de Genoa. Il faisait alors le bruit d’une balle sifflant près de l’oreille. Crawford, par radio, appela un autre policier. Carl Soenichsoen, lui indiquant la position de « l’objet ». Le second témoin, se dirigeant vers le point indiqué par son chef pour le rendez-vous, vit « l’objet » alors qu’il se trouvait encore seul.
Lorsqu’ils se rejoignirent, ils virent « l’objet » qui s’était arrêté et clignotait à la fréquence d’une pulsation par seconde. Bientôt il démarra, changea de direction à toute vitesse, parut changer de forme et disparut en quelques instants.
La seconde observation n’eut qu’un seul témoin, qui ne fit pas de rapport officiel, mais qui écrivit personnellement à un membre de la Commission d’enquête. Il rentrait de son travail à 21 h 15 le 13 juin 1964 lorsqu’il observa trois objets étranges au-dessus d’un champ de blé. Volant à environ 300 m d’altitude, ils paraissaient s’éloigner lentement. Ils avaient la taille et la forme d’un cockpit d’hélicoptère, autant que l’on pouvait en juger dans l’obscurité. Le témoin crut d’ailleurs, au début, que c’étaient des hélicoptères. Ils émettaient une lumière blanche et une lueur rouge semblait les accompagner. De près, on entendait un grondement sourd. Le témoin essaya de les suivre en traversant le champ de blé. Ils semblèrent s’arrêter au-dessus d’un hangar puis, comme le témoin s’en était approché, à 150 m’environ, ils se mirent soudain à tourner dans un plan horizontal au-dessus du hangar avec une extrême rapidité. Le diamètre du cercle qu’ils décrivaient en tournant ainsi était comparable aux dimensions du hangar. Quand le témoin atteignit la construction, ils avaient disparu.
## Toupies volantes dans le Sud.

Figure 4: Nombre d’observations de MOC par semaine en 1964. Sont inclus dans ce graphique les rapports sérieux qui n’ont pas reçu d’explications satisfaisantes.
Le 29 juin 1964, un peu avant minuit, une personne de Wellford (Caroline du Sud) roulait en voiture sur la route 59
de l’État de Georgie, entre Gainesville et Lavonia. Un objet couleur d’ambre, tournant sur lui-même, venait au-dessus de la voiture : il bondit au-dessus du véhicule puis revint deux fois, donnant au témoin l’impression qu’il « observait les phares ». L’engin « faisait autant de bruit qu’un million de serpents en train de Siffler, et il laissait subsister une odeur forte, un peu comme celle d’un fluide embaumant ». Il était environ de la taille de la voiture, mesurait 1,80 m de haut, et tournait sur lui-même. Les bords extérieurs semblaient porter des appendices étranges, et l’ensemble dégageait une chaleur terrible. La moitié inférieure de l’objet semblait comporter des ouvertures faisant apparaître une lueur jaune.
Cet étonnant objet suivit la voiture du témoin sur deux miles. Quand l’observateur, B.E. Parham, arrêta son véhicule et éteignit ses phares, l’objet monta dans le ciel en oscillant et s’éteignit.
Une observation semblable fut faite la semaine suivante à Tallulah Falls, en Georgie également. Cette fois, les témoins furent nombreux. Neuf personnes, de trois maisons différentes (dont M. J. ivester), virent « l’objet » et en firent une description détaillée. Tout commença lorsque la télévision cessa de fonctionner normalement et se brouilla à un point tel que les témoins arrêtèrent l’appareil et sortirent

Figure 5: L’objet vu près de Lavonia (Georgie), le 29 juin 1964, d’après un rapport du témoin BE. Parham. À rapprocher de l’observation de Vins (fig. 10).
pour prendre le frais. Il était 9 h du soir. C’est alors qu’ils virent un objet volant s’approcher à hauteur d’arbre jusqu’à une centaine de mètres de leur maison : l’objet s’arrêta au-dessus d’un jardin appartenant à Mme Russell Mickinan. Il était parfaitement silencieux. Seule la partie inférieure était clairement visible, d’un rouge brillant. Cet objet était en forme de bol, portant trois lumières : une rouge, une blanche et une autre rouge, formant une rangée. Les lumières rouges clignotaient. Lorsque « l’objet » s’éleva du sol, les trois lumières s’éteignirent (ou cessèrent d’être visibles) tandis qu’une puissante lumière verte s’allumait à la base, irradiant une lumière irréelle sur tout le paysage. Cet étrange appareil laissa persister une odeur tenace, comme celle d’un liquide pour freins ou « d’un fluide embaumant », que personne ne put formellement identifier, mais qui fut immédiatement notée par le shérif du comté de Habersham (A.-J. Chapman) quand il arriva sur les lieux quelques instants après l’observation (177, 183).
## Une autre « soucoupe-méduse » en Illinois
Le 20 juillet 1964, pendant plusieurs heures, de nombreux témoins, y compris des policiers, purent suivre près de Madras (Oregon) les évolutions d’objets volants « en forme de parapluie » qui tantôt restaient statiques, tantôt se lançaient dans des courses folles à grande vitesse. Ces objets volants étaient rougeâtres quand ils étaient immobiles, et changeaient de couleur en accélérant. Nous avons malheureusement peu de détails sur cette observation qui n’a pas suscité une enquête officielle et doit par conséquent être étudiée avec réserve. Pourtant, tôt le même jour, deux rapports furent faits par des témoins indépendants circulant en voiture en Illinois. Le rapprochement des deux observations est très intéressant.
La première observation eut lieu à 5 h moins le quart du matin, sur la route 101 de l’État d’Illinois. Le témoin, un employé d’un service officiel très honorablement noté – une lettre de ses supérieurs appuyant son rapport est jointe à son dossier – roulait en voiture vers l’est. Il se trouvait à environ quatre miles à l’ouest de Littleton quand il vit un objet qui montait au-dessus des arbres, donnant l’impression qu’il venait de décoller. Il pensa immédiatement à une fusée, et nota même que son mélange devait être trop riche, la couleur de l’échappement étant rouge pourpre. Il constata même que l’engin avait la forme d’une demi-sphère dont la partie renflée était tournée vers le haut (fig. 6). Un tronc de cône lumineux s’ouvrait en éventail au-dessous de l’objet, donnant l’impression d’un échappement de flammes. « L’objet » s’éleva encore dans le ciel, puis se retourna et vint de face au-devant du témoin.
Les lumières dessinèrent autour une sorte de couronne et il ressemblait alors à un tournesol à pétales jaunes. Cela dura quelques secondes, puis il y eut un nouveau virage :

Figure 6: Objet observé en Illinois à l’aube du 20 juillet 1964.
— l’objet » remonta brusquement et partit, traçant une lueur bleue jaunâtre dans le ciel. Au moment du plus grand rapprochement son diamètre apparent était un peu plus petit que celui de la pleine lune. En mesurant la portion de route parcourue pendant la durée de l’observation, sachant qu’il s’était maintenu à une vitesse d’environ 55 miles à l’heure, le témoin (qui connaît très bien cette route) fut capable d’établir que la durée de son observation n’avait pas été inférieure à soixante secondes. Il ne perçut aucun bruit et vit disparaître l’objet à l’horizon, derrière les arbres, mais non en plein ciel. Le terrain d’où l’objet sembla décoller est sauvage et inaccessible. Le comportement de la lueur émise par l’engin est à noter : lorsqu’il s’éleva sur la droite, la « flamme » donnait l’impression de laisser échapper des flammèches qui tombaient vers le sol, mais quand il accéléra, elle se réduisit au tiers de sa taille originale et devint moins brillante. En même temps, sa couleur vira au bleu jaunâtre.
Exactement quinze minutes plus tard, un membre de l’Armée de l’Air qui roulait en voiture à 12 km environ à l’ouest de Clinton (Iowa) soit 180 km au nord de la première observation, vit une lumière insolite dans le ciel : il coupa son moteur et écouta, mais ne perçut aucun bruit. L’objet pointait vers le nord-nord-ouest et se dirigeait dans la même direction. Il fut en vue une minute, puis disparut dans l’éloignement. Une lumière très intense occupait, ici encore, le sommet d’un large cône qui devenait de moins en moins brillant, et dont la base se fondait avec le fond du ciel. On ne peut démontrer absolument qu’il s’agissait du même objet, mais la coïncidence est curieuse. Si un seul appareil est à l’origine des deux observations, sa vitesse n’excédait pas 700 km à l’heure : ce n’était donc pas une fusée.
## Hypothèses.
Les témoignages que nous venons de résumer sont représentatifs d’un phénomène qui s’est manifesté depuis 1946 dans tous les pays du monde sans exception, du plus petit au plus grand, posant aux scientifiques une série de problèmes qui n’ont reçu que des solutions partielles. On sait que de nombreux rapports sont le résultat de simples erreurs, imputables à l’inexpérience des témoins ou bien aux exceptionnelles conditions physiques dans lesquelles de surprenants effets ont pu être réalisés par des causes naturelles.
Parmi les cas décrits au cours de ce chapitre, il en est cependant plusieurs qui mettent en échec toutes les explications usuelles. Certaines questions se posent immédiatement à leur sujet : nous les évoquerons au cours de ce livre.
Y a-t-il évidence que le phénomène est d’origine intelligente, et extra-terrestre ? Certes non ! Mais cette idée peut-elle être complètement rejetée ? Elle ne le pourrait que si, au terme d’une analyse globale, on parvenait à démontrer que le phénomène, malgré ses aspects surprenants, peut être ramené à des éléments déjà connus. Il est donc essentiel de connaître des observations bien représentatives, dont une théorie d’ensemble devrait tenir compte. Ces observations sont appelées les « classiques ». Nous allons en passer en revue un certain nombre au chapitre II.
La vague de 1964, que nous venons de décrire sommairement, s’est étendue d’abord à l’est des États-Unis (Virginie) en janvier 1965 puis à l’Amérique du Sud en mai-juin et, finalement, a explosé en une vague mondiale à partir de juillet 1965. Certaines observations d’objets non identifiés furent même faites par des astronautes depuis leur capsule on orbite, justifiant ainsi l’expression « Phénomènes Insolites de l’espace »
# 2
LE DOSSIER DES MYSTÉRIEUX OBJETS CÉLESTES
##
L’atterrissage de Marignane (27 octobre 1952).
La première partie de l’observation de Marignane repose entièrement sur le témoignage d’un douanier, M. Gabriel Gachignard. Il fut interrogé longuement par des enquêteurs français, à titre officiel et à titre privé. L’enquête la plus approfondie fut menée par un groupe de scientifiques français qui s’intéressèrent au cas pour leur compte personnel. Aucun rapport officiel ne fut fait par eux : une telle démarche aurait en effet attiré sur eux le discrédit de leurs collègues.
Une première enquête menée par M. Latappy conduisit à la reconstitution suivante des faits relatés en 1952 :
— Dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 octobre, vers minuit, Un léger coup de mistral balaya le ciel. Mais bientôt il se recouvrit de nouveau, comme si la pluie allait venir. Vers 2 h du matin, je me trouvais dans le bâtiment de l’aéroport. J’étais de service depuis 20 h. J’étais bien éveillé, ayant dormi dans la journée. Je venais d’acheter un casse-croûte : du pain et du fromage blanc. Je sortis pour le manger sur un banc, en plein air. Ces bancs se trouvent sur une terrasse en ciment, devant l’aérogare. La terrasse est séparée de la piste où viennent se ranger les avions par des bacs de ciment où l’on plante des fleurs. J’avais l’intention, une fois mon casse-croûte terminé, de me rendre au « contrôle de piste », pour m’assurer que le courrier postal d’Alger allait bien atterrir à 2 h 20, comme on venait de me le dire. En fait, c’était une erreur : cette liaison est supprimée le dimanche.
« Le terrain s’étendait devant moi dans la nuit, mais je connais par cœur tous les coins de mon domaine, et puis la nuit sur cette étendue n’est jamais complètement noire. C’est si rare dans le Midi : on distingue toujours les formes. La piste du bâtiment, dans mon dos, était faiblement éclairée par les lettres en tube néon rouge annonçant sur 10 m de long et 1 m de haut : Marseille.
« Il n’était guère plus de 2 h 03 – le courrier postal Nice-Paris, qui part à cette heure, venait de décoller – lorsque soudain, Sur ma gauche, j’aperçus une lumière de petite dimension, qui semblait s’approcher en survolant la piste. Elle n’était pas très forte, mais bien visible et bien nette quand même dans la nuit, La lumière semblait avancer à la vitesse d’un avion à réaction qui atterrit, peut-être à 250 km/h. Tout d’abord, je pensai que c’était une étoile filante et que je faisais erreur sur la distance et la vitesse : le fond du terrain étant noyé dans l’obscurité, je ne pouvais distinguer où le ciel commençait exactement.
« Seulement, 1 km à peu près sur la gauche, au bord de la piste, il y a un bâtiment qu’on appelle le « double tonneau » à cause de sa forme, et je vis la lumière qui semblait s’approcher toujours, passer tout juste à 10 m’au-dessus de lui. Sa trajectoire était absolument rectiligne, sans oscillation, et descendait doucement vers le sol. Bientôt, elle passa devant moi et je compris alors que ce n’était pas une étoile filante, que c’était quelque chose qui volait vraiment. Tout cela se passa, très vite, sans que j’aie le temps de réfléchir.
« À peine passée devant moi, la lumière arriva au niveau du sol et soudain s’arrêta pile, sans ralentir, passant de 250 km/h à l’immobilité, sans transition, à 100 m de moi sur ma droite. Au moment précis où l’objet se posa sur la piste en treillage perforé, j’entendis un bruit mat, comme étouffé, non métallique, le bruit que produit un objet qu’on plaque au sol. C’était le premier bruit que j’entendais : l’approche s’était faite dans un silence total.
« Je me rendis compte alors que « l’objet » n’était pas un avion, puisqu’il n’avait ni ralenti ni roulé au sol. Quinze à vingt secondes s’étaient écoulées depuis l’apparition de « l’objet », et maintenant il était là : ce n’était pas un avion, mais ce n’était pas non plus une lumière, puisque j’avais entendu le bruit. C’était quelque chose de matériel. Je me levai aussitôt et me dirigeai vers « l’objet », par curiosité sans doute, et aussi parce que c’est mon métier.
« Je mis une trentaine de secondes pour franchir la moitié de la distance qui m’en séparait, et c’est pendant cette approche que je découvris que la lumière appartenait à un objet plus important. Il se détachait légèrement sur la masse plus claire du petit bâtiment jaune de la Météo. Ce bâtiment me masquait le terrain d’atterrissage, toujours illuminé, mais qui ainsi ne pouvait malheureusement éclairer l’endroit où se trouvait la forme.
« Elle était sombre, plus foncée que l’obscurité d’alentour. En quoi était-elle ? Je n’ai pas pu me faire une idée, et, malgré toutes les questions qu’on m’a faites à ce sujet, je ne peux rien répondre. Cela pouvait aussi bien être du métal que du carton. Avec les repères des distances et ceux des dimensions du bâtiment qui se trouvait derrière, nous avons pu seulement estimer sa hauteur à 1 m’et sa longueur à 5. L’objet avait la forme d’un ballon de rugby très pointu. Les seules parties nettement visibles étaient les deux extrémités, car la faible lumière du néon les tirait vaguement de l’ombre ; elles étaient très aiguës, très effilées. La courbe inférieure de « l’objet » était dans une ombre totale, ce qui m’empêcha de voir s’il y avait des roues. Je n’ai rien pu voir et ne peux donc rien en dire. Mêmes ténèbres sur la courbe supérieure, où je n’ai rien pu distinguer non plus. La seule chose que je puisse dire avec précision st celle-ci : la lumière que j’avais vue depuis le début provenait de quatre hublots très exactement carrés, d’environ 20 ou 30 cm de côté. Ils étaient disposés sur la même ligne, et cette ligne n’était pas droite, mais arquée, suivant la courbe supérieure du « cigare », de sorte que le bord supérieur des hublots semblait être au niveau du des de l’engin.
Les quatre hublots formaient un groupe exactement centré au milieu de l’appareil, de sorte que le dernier hublot de droite et le dernier de gauche étaient à égale distance de l’extrémité des pointes. Mais ils étaient groupes deux à deux : le même espace séparait les deux hublots de droite, et les deux hublots de gauche, tandis qu’un plus large espace séparait les deux hublots du milieu. Les hublots extérieurs m’ont paru très légèrement inclinés.
« Derrière ces hublots palpitait une lumière étrange, ni stable, ni fixe, ni vive, mais floue, de couleur blafarde, presque laiteuse à certains moments. Elle donnait l’impression de passer et de repasser derrière ces sortes de fenêtres, offrant des aspects changeants bleutés ou verdâtres sur fond pâle. En tout cas, elle n’était pas assez forte pour éclairer les parties sombres de l’objet. Elle a toujours eu le même degré d’intensité. Elle ne varia pas pendant les évolutions de « l’objet ». En revanche, elle ne cessa jamais de « palpiter » comme un mouvement ondoyant de vagues.
« Tout cela, je l’ai vu tandis que je me rapprochais de « l’objet ».
« Mais soudain, alors que je n’en étais plus qu’à 50 m, je vis jaillir sous la pointe arrière – c’est-à-dire gauche – comme une gerbe d’étincelles, ou plutôt un faisceau d’infimes particules blanches et lumineuses, mais non éclairantes, car elles ne permirent pas de distinguer mieux la forme de l’objet. Le jet lumineux était incliné vers le sol.
« Cela ne dura qu’un éclair, et en même temps, le cigare » démarra si soudainement, avec une telle force irrésistible que je perdis le contrôle de moi-même et reculai instinctivement de cinq à six pas. Pendant l’éclair du démarrage, je me demandai ce qui allait arriver, si l’engin n’allait pas jeter des flammes ou me foncer dessus ! J’ai bien cru à une menace. Et puis, si moi je « les » voyais mal à cause de l’ombre du bâtiment où se trouvait l’engin, « eux », ils me voyaient découpé en silhouette dans la lumière du néon !
« Un léger bruit accompagna le jet d’étincelles et le départ, une sorte de chuintement, comme celui d’une fusée de 14 juillet. Il n’y eut aucun déplacement d’air, aucun effet de souffle, aucune dépression. Il est vrai que j’étais à 50 m. Mais en deux ou trois secondes à peine « l’objet » avait disparu, exactement dans la direction opposée à celle de son arrivée. Autant la vitesse de l’approche avait été modérée, autant l’accélération du départ fut foudroyante. Il n’y eut même pas apparence d’accélération, mais passage comme instantané à une vitesse effrayante, impossible à évaluer. L’angle d’envol était en pente douce ; comme à l’arrivée, l’engin enfila le passage de 30 ou 40 m de large compris entre les deux bâtiments des opérations et du contrôle de piste. Ce passage est dans l’axe de la piste en grillage où il avait atterri.
« Dès son décollage, mes yeux ne le suivirent plus que grâce au jet de particules blanches lâchées de l’arrière, les hublots et leur lumière n’étant plus visibles de l’endroit où je me trouvais. J’ai bien vu qu’à son passage entre les deux bâtiments il était encore très bas, plus bas que le sommet de leur toiture, haut d’environ 10 m. L’instant d’après, la lumière disparaissait au-dessus de l’étang de Berre qui se trouve à côté de l’aéroport, de l’autre côté de la route (26). »
Bien entendu, le douanier chercha immédiatement si une autre personne avait vu « l’objet ». Personne sur la piste. À l’aérogare, tout le monde dormait. C’était une heure sans trafic.
Enfin, à 2 h 16, il tomba sur l’agent d’Air France Dugaunin, raconte Aimé Michel.
« Bon sang, comme tu es pâle ! » s’écria l’agent avant que l’autre ait prononcé un mot.
« Gachignard raconte son histoire. On téléphone à la tour de contrôle, qui n’a rien vu : elle ne surveille guère que la grande piste où se font tous les atterrissages et décollages. De plus, d’après le récit du douanier, il apparaît que le « cigare » était arrivé et reparti trop bas, plus bas que la tour de contrôle elle-même, juchée à une quinzaine de mètres.
« Finalement, j’étais seul à avoir vu : s’il y a quelqu’un sur une piste la nuit, c’est forcément un douanier… » Telle fut la conclusion de Gachignard à l’enquête de M. Latappy.
Un scientifique français reprit l’enquête quand l’excitation fut tombée, et il recommença l’interrogatoire en essayant d’amener le témoin à se contredire ou à « broder » :
« Je lui ai demandé de me narrer l’histoire de Marignane, dont je lui ai assuré ne pas connaître les détails avec précision, les ayant lus autrefois vaguement dans le journal et les ayant complètement oubliés depuis. Eh bien, la description que m’a faite ce brave homme (et je l’ai interrogé de toutes les façons possibles, en essayant de l’amener à se contredire ou à broder) coïncide complètement…
« Il paraît qu’on lui reprocha de n’avoir pas tiré sur « l’objet » avec son 6,35. « Mais, me dit-il, à 50 m, je ne le pouvais pas, d’ailleurs, je courais vers la chose, puis, quand j’ai vu les étincelles à l’arrière, j’ai été intrigué et c’est parti juste après, avec ce bruit, si vite que je suis devenu blanc de crainte… »
« Je lui ai demandé de quelle couleur c’était, il m’a dit :
« Cela devait être sombre, car on ne voyait vraiment que le dessus (éclairé par le néon de l’enseigne) et les deux pointes (comme celles d’un ballon de rugby). Mais il y avait les hublots ; enfin, je dis les hublots parce que cela y ressemblait. Ces hublots étaient sur le dessus de l’objet, ils passaient par plusieurs couleurs, vert, bleu, rouge, mais pas nettement, c’était translucide et pas très brillant, enfin pas comme notre éclairage.
— Et cela avait-il abîmé le sol, en se posant ?
— On y est allé avec une torche, cette nuit-là, pour voir si l’herbe avait été arrachée. Nous, on n’a rien vu. Mais ils sont venus ensuite de Paris avec des contrôleurs, et ils ont dit que l’herbe était un peu brûlée à cet endroit-là.
— Est-ce que les hublots se sont éteints au démarrage ?
— Non, pas du tout, j’ai juste eu le temps de les voir monter, mais juste après, ce n’était plus qu’une petite lumière qui filait dans le ciel, et puis, plus rien.
— Et l’étincelle, au démarrage, comment était-elle ?
— C’était une sorte d’étincelle en zigzag, vers l’arrière, par-dessous, ça a fait de petits éclairs, c’est là que j’ai eu peur. C’est juste arrivé du sud, et c’est juste reparti vers le nord, exactement dans cette direction.
— Quelles dimensions ça pouvait avoir ?
— On a pu repérer exactement à la distance où c’était, cela faisait 4,50 m’à 5 m de long si je me souviens bien, quant à la hauteur 1,20 m peut-être, mais je ne vous dirai pas exactement, puisqu’on ne voyait pas bien le dessous.
— On vous a cru quand vous avez dit ce que vous aviez vu ?
Mon chef m’a cru, les journalistes aussi, mais il y a des policiers qui ne m’ont pas cru, et pourtant, quel intérêt avais-je à inventer cette histoire ? À la base, ils ont vu que c’était vrai, parce que j’étais vert quand j’ai fait mon rapport à la tour de contrôle. Quand on est en train de manger, on ne dort pas, quoi ! (260). »
Toute l’affaire, jusqu’ici, repose donc sur le douanier Gachignard. C’est un homme sérieux et solide, dont on n’a aucune raison de mettre la parole en doute. Mais il était seul.
Or il existe deux autres témoins : deux enfants, Xavier Belœuvre et sa sœur (respectivement onze et dix ans à l’époque), furent éveillés par le sifflement très aigu produit par un objet en forme de disque, qui survolait leur maison située à environ 10 km au sud de l’aérodrome de Marignane et virent l’objet s’éloigner vers le terrain. Ils déclarèrent :
« Nous avons regardé par la fenêtre et nous avons très nettement vu un disque, qui semblait déformé par la perspective, c’est-à-dire que l’on voyait plutôt une ellipse : il était très nettement éclairé par des lumières qui n’étaient pas régulières sur toute sa circonférence : on voyait très nettement les points distincts qui fournissaient une source lumineuse. Et comme ces lumières étaient étirées toutes dans le même sens, comme une queue de comète, par exemple, cela semblait évident qu’il était animé d’un mouvement de rotation… Ce que j’ai vu se dirigeait vers l’aérodrome de Marignane. Je me trouvais exactement sur la ligne que devait emprunter l’appareil pour aller de la mer jusqu’à Marignane. »
Les lumières étaient parfaitement constantes, de couleur bleu-violet. La forme était nettement celle d’un disque, d’un diamètre apparent plus grand que celui de la pleine lune, et qui avançait très lentement. Notons qu’un disque de 5 m de diamètre aurait eu le diamètre apparent de la pleine lune (un demi-degré) s’il avait été vu à 600 m. La description des enfants est donc compatible avec les dimensions mesurées à Marignane. L’objet de Marignane, dessiné par le douanier Gachignard lui-même, est reproduit figure 7.
## Les photographies de Forcalquier (3 mai 1957)
En introduction aux phénomènes de Forcalquier nous allons d’abord commenter une observation faite à Montluçon le 21 avril 1957, de 1 h 45 à 2 h 30 du matin, par Mmes Gilberte Ausserre et Rolande Prévost, de Montluçon.

Figure 7: Dessin de l’objet de Marignane (27 octobre 1952), par le douanier Gachignard.
Ces personnes virent un objet hémisphérique jaune, qui grossit en diamètre apparent jusqu’à devenir aussi gros que la pleine lune, puis disparut pour reparaître quelques minutes plus tard, un peu à droite. Ce phénomène durait environ cinq minutes pour s’arrêter également durant cinq minutes avant de recommencer. Il s’effaça pour la dernière fois à 2 h 30. Du dessous de l’objet partaient des filaments lumineux verts et violets disposés en éventail comme l’indique la figure 8. Son intensité était éblouissante, et la forme évoquait celle d’une méduse : c’est à ces deux témoins qu’un auteur français (5) emprunta cette appellation imagée, qui est devenue classique et que nous adopterons donc dans cet ouvrage. À certaines réapparitions, l’objet n’avait plus l’aspect « méduse », mais présentait un dédoublement vertical.
Comme ledit auteur le fait remarquer, les observations de Liévin, de Rue, Marcoing, Armentières, Milly, Champigny, Corbigny, Montbéliard (3 octobre 1954) où des objets semblables avaient été décrits n’étaient pas arrivées à la moindre notoriété. Il ne faut donc pas rechercher d’explication purement psychologique au caractère constant de ces descriptions : il s’agit bien d’un phénomène objectif dont les iauls Sont constants. D’autre part, le cas de Montluçon tend h démontrer l’identité de l’objet « méduse » et de l’objet dédoublé (dont l’observation faite à Palmerton, Pennsylvanio, le 26 mai 1964, et citée plus haut, nous donne un nouvel exemple). il reste pourtant un doute : les témoins, malgré la longue durée de leur observation, ne se sont-ils pas trompés ? N’ont-ils pu avoir une hallucination ou déforment-ils un objet conventionnel ? Outre que la coïncidence des formes et du comportement avec d’autres observations est surprenante, les photographies prises à Forcalquier nous Semblent écarter de manière formelle les doutes qui pourraient demeurer sur l’existence physique de « l’objet » décrit.
Les photographies de Forcalquier furent prises par un astronome français, M. Roger Rigollet, attaché de recherches au Centre national de la recherche scientifique, un spécialiste de l’étude des météorites. Il a mis au point des appareils pour l’analyse des trajectoires d’étoiles filantes ; ils ont été décrits en détail dans la presse scientifique (voir aussi Science et Vie, d’avril 1958). Deux chambres photographiques, l’une fixe, l’autre animée d’un mouvement de rotation, sont pointées vers le ciel. Les traces décrites par les étoiles sont interrompues par la rotation d’un diaphragme qui coupe le faisceau lumineux huit fois par seconde : le passage d’une étoile filante donne une série de tirets de longueur inégale, dont la mesure permet d’obtenir la vitesse angulaire.
Le soir du 3 mai 1957, deux de ces instruments automatiques furent mis en marche et laissés ensuite sans surveillance. Lorsque les plaques furent plus tard analysées, elles montrèrent deux petites taches lumineuses dont l’examen démontra qu’elles n’étaient pas des défauts de l’émulsion.
L’analyse des clichés donna les informations suivantes : d’une part, un objet lumineux s’était trouvé dans le champ des appareils à 22 h 38 et un second objet (ou le même) avait de nouveau marqué la plaque à 22 h 41, d’autre part,

Figure 8: Apparence du phénomène de Montluçon (21 avril 1957). À rapprocher de la fig. 6.
l’examen à la loupe d’une des deux images mit en évidence sur la seconde tache une sorte de dédoublement vertical.
Entre les deux apparitions, l’objet (s’il s’agit du même) était obscur. Nous avons donc bien là un contrôle indépendant de l’observation de Montluçon (photo l).
## Le phénomène observé à Vins (14 avril 1957)
Une semaine avant l’observation de Montluçon, un cas très remarquable s’était produit à Vins-sur-Caramy (Var). II fit l’objet d’enquêtes très poussées des services officiels français : la gendarmerie d’abord, puis la préfecture maritime de Toulon, des services scientifiques de Lyon et de Paris et aussi la DST ont effectué des prélèvements et des analyses du sol et ont interrogé les témoins. Les conclusions n’ayant jamais été publiées, nous nous en tiendrons aux éléments trouvés dans la Presse d’une part, dans les rapports d’enquêtes scientifiques privées d’autre part.
Vins-sur-Caramy est une petite localité située près de Brignoles (Var). Deux personnes du village, Mmes Garcin et Rami se promenaient sur la route départementale 24, non loin du château de Vins, situé à 1 km à l’est de la localité. Un assourdissant vacarme métallique les fit se retourner soudain. C’est alors qu’elles aperçurent, à quelques dizaines de mètres, un engin qui survolait lentement, à quelques mètres du sol, le carrefour de la D24 et de la route de Brignoles (voir fig. 9). Il était alors 15 h.
Cet objet était en forme de toupie ou de cône, la pointe dirigée vers le bas. La description est formelle en ce qui concerne les dimensions : la hauteur n’était pas supérieure à 1,00 m, le diamètre était de 1 m. Il est également établi que l’engin possédait une série de tigelles métalliques animées de vibrations rapides : en résonance avec ces vibrations, l’un des panneaux indicateurs du carrefour vibrant aussi brutalement, produisant le vacarme qui avait été l’attention des témoins. La disposition de ces tigelles n’était cependant pas claire. D’après un document, elles se trouvaient perpendiculaires aux parois du cône. D’après un autre le cône lui-même était formé de tigelles et elles étaient lumineuses et multicolores. L’un des témoins déclara : « On aurait dit une grosse toupie. Sur la partie supérieure, il y avait de nombreuses tiges métalliques qui ressemblaient à des antennes d’automobiles » (Mme Rami). Nous reviendrons sur cette question des tigelles, qui n’est pur clairement établie.
Épouvantées, les deux femmes crièrent alors que l’objet se posait sur le sol du carrefour. À 300 m de là, sur une colline, un troisième témoin crut à un accident automobile et se précipita vers la scène. Il s’agit de M. Louis Boglio, conseiller municipal de Vins. Il déclare :
« J’ai entendu un grand bruit, et j’ai pensé que deux voitures s’étaient télescopées. Je me suis dirigé en courant vers le lieu de l’accident présumé et j’ai vu un engin métallique qui faisait un bond énorme. »
En effet, l’objet n’était resté que quelques secondes près du sol et avait rebondi sur une distance de 200 m, passant au-dessus d’un second panneau indicateur qui entra également en vibration. Il est important de souligner que les trois témoins virent aussi bien qu’ils entendirent les panneaux entrer en vibration : nous avons sans doute là l’exemple le mieux établi d’effet secondaire associé à l’observation d’un « MOC ». Poursuivant son vol, « l’objet » alla se poser une seconde fois sur un petit chemin de terre et y demeura quelques instants, après quoi il s’éleva à la verticale en soulevant un tourbillon de poussière et disparut vers le sud-est à une vitesse modérée.

Figure 9: La scène du phénomène de Vins-sur-Caramy (14 avril 1957).

Figure 10: Les différentes versions du phénomène de Vins. (Voir fig. 5).
Lorsque l’adjudant de gendarmerie arriva avec deux de ses hommes il trouva des traces indiscutables : sur 3 m de diamètre, l’herbe était toute roussie et foulée. Un cercle fut tracé autour de ce point et délimité avec des piquets. Une grande activité fut déployée par les services officiels dans les jours qui suivirent, mais aucun résultat ne fut annoncé.
Il est intéressant de faire plusieurs remarques à propos de cette observation. Premièrement, les témoins sont bien connus : l’enquête permit d’établir leur bonne foi et d’obtenir les déclarations de plusieurs personnes qui se portèrent garantes de l’authenticité des témoignages (notamment M. Ventre, maire de Vins, et plusieurs personnes de la région qui furent mêlées à l’enquête et connaissaient de longue date les habitants du village). Deuxièmement : les distances et les dimensions ont pu être évaluées avec précision. Comme dans le cas de Marignane, nous avons donc là des chiffres qui ne prêtent pas à discussion dans une proportion appréciable. Troisièmement, il y eut un troisième groupe de témoins indépendants : deux personnes du village voisin (La Moutonne) signalèrent la vision d’un objet volant (184).
Aimé Michel signale que le cône inférieur de l’objet était constitué de tigelles lumineuses. Ces tigelles, d’après lui, étaient mues par un mouvement rapide. Il voit dans ce détail l’indication que la « toupie » de Vins n’était autre qu’une « méduse » dont les appendices avaient une disposition différente : en interprétant « l’objet » décrit comme un appareil volant, on pourrait en effet penser que, muni de tigelles articulées, il peut prendre la forme d’une méduse (fig. 8) lorsqu’elles ouvrent un éventail, soit la forme d’une toupie (fig. 10) lorsqu’elles dessinent un cône. C’est un point que nous n’avons pas été en mesure de contrôler jusqu’à présent. Nous conserverons donc la distinction entre les deux appellations.
Cependant, nous noterons que la description de Mme Rami (« sur la partie supérieure il y avait de nombreuses tiges métalliques qui ressemblaient à des antennes d’automobile s’accorde bien avec la relation faite le 29 juin 1964 par M. Parham en Georgie. La seconde version (tigelles perpendiculaires aux parois du cône) n’est pas contradictoire avec cette interprétation. Ce serait alors l’image employée par Aimé Michel qui serait erronée.
## Un phénomène aérien observé par les Esquimaux du Groenland (13 août 1957).
Nous reproduisons ici les extraits d’un rapport écrit par un chercheur de Copenhague après une série d’enquêtes dans le district de Kangâtsiaq, sur la côte ouest du Groenland, au sud d’Egedesminde :
« Le 4 octobre 1957, cette personne se trouvait au village de, peuplé de 150 à 200 habitants, tous Esquimaux. Deux ou trois d’entre eux seulement parlent danois. La conversation roula sur le sujet des avions, et des appareils volants en général (le passage d’un avion étant pour les habitants du village un phénomène exceptionnel) plusieurs faits dignes d’intérêt furent débattus. Ils peuvent être résumés de la façon suivante :
« Le 13 août 1957, vers 13 h (heure locale) des enfants aperçurent quelque chose qui venait (ou dérivait) dans la direction de l’est. C’était « à une altitude beaucoup plus élevée que l’altitude habituelle des avions ». Je demandai certaines précisions pour déterminer ce qu’ils voulaient dire.
Ils m’expliquèrent que l’objet était plus haut qu’un cumulus, mais plus bas qu’un cirrus. Le ciel était très clair et le demeura toute la journée : l’estimation a probablement été incertaine. Il n’était pas possible de déterminer la taille de l’objet. Ils maintinrent que c’était « plutôt gros », c’est-à-dire plus gros qu’un avion. Il faut garder présent à l’esprit le fait que l’atmosphère polaire est particulièrement transparente.
« La question de la distance est également difficile à résoudre. Quatre personnes qui étaient à la chasse dans un kayak à 10 km environ à l’est de Niaqornâssuk virent aussi « l’objet » dans la partie est du ciel… La forme était celle d’une ellipse… Il y eut discussion pour savoir si « l’objet » pouvait être circulaire, d’après son apparence : cette hypothèse ne put être rejetée. L’image de deux soucoupes appliquées l’une sur l’autre parut acceptable. Si tel était effectivement le cas, il faut que « l’objet » se soit trouvé dans une position horizontale, dans l’atmosphère calme. B… tendait vers cette interprétation.
« La couleur de « l’objet » était « celle d’un pot très neuf », et même en plein jour il brillait fortement – réfléchissant peut-être le soleil. En ces régions (latitude 67 à 68° Nord) le soleil se couche très tard l’été, et à minuit le crépuscule dure encore. Une fois le soleil couché, on pouvait encore voir l’objet briller fortement. De plus, il semblait émettre de la lumière depuis un point situé sur chaque bord, bleuâtre vert À gauche et rouge à droite. Ce point fut assez longuement discuté. Je demandai si « l’objet » tournait, mais l’opinion générale fut qu’il n’en était rien, puisque les points de couleur ne changeaient pas de place.
« B… le vit vers 7 h du soir, après son travail à la boutique.
À ce moment presque tout le monde l’avait vu : mais il n’existe aucune preuve qu’il ait été vu autre part. Il remarqua que « l’objet » se déplaçait très lentement d’un bord sur l’autre, comme un pendule suspendu dans les airs. Il mesura ce déplacement par rapport à une antenne aérienne de radio. Dans la soirée, il s’éleva lentement, et à minuit il avait disparu…
— Comme je continuais mon enquête, le vieux Qapak Jeremiassen me dit qu’entre le 24 et le 25 septembre, vers minuit où un peu après, lui et sa femme avaient été éveillés par une forte lumière rouge qui emplissait la pièce. Ils crurent que leur maison était en flammes, car la lueur brillait
— comme du charbon anglais » (le charbon du Groenland donne moins de chaleur et de lumière). Lorsqu’ils regardèrent par la fenêtre, ils virent un objet circulaire qui travertin le ciel de l’est vers l’ouest. Il était « gros » (je ne pus déterminer la grosseur exacte) et allait très vite. Il ressemblait à un disque circulaire rouge avec un point blanc au milieu et un bord mince et blanchâtre, ou blanc. Les yeux de Qapak pouvaient à peine supporter la luminosité. L’objet semblait être à une altitude de 200 m’environ, et sa trajectoire semblait passer à 6 ou 7 km. Il put déterminer ce point par référence aux îles avoisinantes, qui étaient éclairées elles aussi. Les deux vieillards avaient été extrêmement effrayés par cette vision et n’en avaient parlé à personne.
— Aucun des deux phénomènes n’avait produit de son. Ces doux événements n’ont pas été signalés par un rapport. Les Esquimaux étaient hautement surpris d’apprendre que des choses semblables avaient été vues en d’autres régions du monde.
— Voilà tout ce que je peux dire. Je veux seulement insister sur le fait que ces gens, qui sont essentiellement des chasseurs, doivent être reconnus comme doués de grandes qualités d’observation. »
## Les observations des ingénieurs de Grenoble (16 septembre 1957).
La Presse française (France-soir et Le Dauphiné Libéré du 20 septembre 1957, par exemple) a relaté les observations faites par deux ingénieurs de Grenoble le 16 septembre 1957, vers 17 h 15. Le directeur d’une importante firme dauphinoise en fut le principal témoin. Il était accompagné d’un de ses collaborateurs, M. B., lorsqu’ils entendirent au-dessus d’eux le bruit d’un avion à réaction. Levant la tête, ils aperçurent alors :
« Quatre appareils noirs qui, à notre stupéfaction, se stabilisèrent dans le ciel à une haute altitude. Ils n’avaient ni la forme d’avions, ni la forme d’hélicoptères. C’étaient des « choses » rondes qui donnaient l’impression de se balancer dans l’espace. Je sais ce que sont les ballons-sondes : j’en ai expérimenté moi-même. Les « appareils » que nous observions n’avaient rien de commun avec ces sortes de ballons.
« Notre curiosité atteignit à son paroxysme lorsque l’un des appareils, brusquement, piqua à la verticale à une très grande vitesse et disparut dans le plus grand silence. Ce n’était là que le début de nos émotions. Il restait trois appareils se balançant dans le ciel. Soudain, de l’un d’eux se détacha un engin blanc qui « flotta » pendant cinq à sept minutes. Brusquement un des appareils fila en direction de l’ouest, suivi de ce « satellite » qui semblait le rejoindre. Enfin, les deux derniers engins, à une vitesse stupéfiante, partirent à la verticale et se perdirent à de très hautes altitudes.
« Alors que nous échangions nos impressions, un cinquième appareil de même forme circulaire traversa le ciel, venant de l’est, pour aller à toute vitesse se perdre dans le ciel au-dessus de Saint-Eynard. C’était cinq minutes après nos premières observations. »
Les deux auteurs de ce rapport se déclarèrent « stupéfaits » par le spectacle qu’ils avaient observé, et que contemplèrent, en même temps qu’eux, plusieurs autres personnes.
## Quatre habitants des îles Fidji voient un phénomène étrange (8 octobre 1957).
Le New Zealand Herald du 21 octobre 1957 annonçait qu’un rapport sur la vision d’un phénomène aérien par quelques habitants des îles Fidji avait été transmis par M.R.O. Aveling, un officiel d’une église adventiste locale.
M. Aveling signalait que durant la même nuit il avait vu une lumière dans le ciel, à une altitude de 5 000 pieds environ, entre les îles de Beqa et de Viti Levu. D’abord stationnaire, cette lumière s’était ensuite mise à planer lentement, variant en couleur du blanc clair à un clignotement rouge profond. Après cinq minutes la lumière disparut soudain, totalement, malgré l’absence totale de nuages.
Les Fidjiens rapportèrent avoir vu un objet qui descendait du ciel près de l’île de Nawaca, à 8 miles de Naboulalu, au sud-ouest de Vanua Levu. Selon un rapport du secrétaire de la province de Buanhas, l’incident se passait à 3 h de l’après midi. Les témoins étaient deux couples d’âge moyen qui se trouvaient dans un bateau à moteur. Apercevant l’objet, un des deux hommes, Paulu, suggéra de s’approcher de l’objet, pensant qu’il s’agissait d’un avion en difficulté.
« Lorsqu’ils parvinrent à proximité, ils découvrirent que « l’objet » était stationnaire à environ 20 pieds au-dessus de la mer, et semblait décrire un cercle autour d’un point fixe. Ils virent ce qui leur parut être la silhouette d’un homme se tenant à l’extérieur de l’objet. Cette silhouette dirigea vers eux une lumière qui était si puissante qu’ils en furent aveuglés et se sentirent affaiblis. Lorsque le bateau se trouva éloigné de cinq « chaînes » de l’objet, la silhouette disparut et l’objet s’éleva d’un rapide mouvement vertical. Il fut très vite perdu de vue.
— Le rapport insiste sur le fait que les quatre témoins sont d’accord sur les détails. Ils habitent une région assez isolée, et n’ont pas accès à des ouvrages de science-fiction ou à des livres sur les « soucoupes volantes ».
## L’observation des astronomes du Mont Stromlo (7 novembre 1957).
Le 8 novembre 1957, les agences de Presse (Reuters, AFP)— les seules sources dont nous disposons – ont transmis une information relative à l’observation, par trois astronomes du Mont Stromlo, d’un objet plus brillant que la planète Vénus qui traversa la partie occidentale du ciel à 17 h 02.
« Le Dr Przybylsky a vu l’objet. Rouge vif, il se déplaçait lentement, et resta visible à l’œil nu pendant environ deux minutes.
« Sa vitesse était trop lente pour qu’il s’agisse d’un météore et les satellites soviétiques étaient déjà passés.
« L’objet en question a également été vu par deux collègues du Dr Przybylsky. Jusqu’à présent, aucun des savants de l’observatoire n’avait vu un objet semblable. »
Le Dr Przybylsky, ajoutaient les agences de Presse, attendait avec impatience de savoir si d’autres observatoires avaient vu l’étrange objet. Or une série d’observations d’une remarquable précision allaient être faites par des astronomes français le lendemain 8 novembre 1957. Elles ne furent jamais portées à la connaissance du monde scientifique.
## Les observations de Toulouse (8 novembre 1957)
La séquence d’observations commença le soir du 8 novembre vers 18 h45 lorsque le fils d’un professeur d’éducation physique à Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et Garonne), M. Berneyron, habitant Orgueil, revint à la maison bouleversé parce qu’il avait vu dans le ciel un brillant objet orange qui s’était arrêté Un instant au-dessus de lui avant de repartir vers le sud. L’observation avait été faite en direction de l’est.
Lorsqu’il fut parvenu à un certain endroit au-dessus de l’horizon sud, l’objet avait décrit une boucle (toujours d’après l’enfant) puis il avait glissé un peu plus loin dans le ciel et avait disparu.
L’enfant affirma que l’objet était circulaire et surmonté d’une sorte de dôme. La base était rouge vif, à l’exception de certaines taches que l’enfant appelait des « trous » et qui n’étaient visibles qu’à l’arrêt. « Le dôme était jaune d’or. La périphérie semblait animée d’une rotation rapide d’abord, puis lente au moment de l’arrêt. Enfin l’objet projetait une courte traînée jaune. La durée de la première observation avait dû être de l’ordre d’une minute » (185). Cette description correspond au point le plus proche de la trajectoire vue par le jeune Berneyron, alors que l’objet était vu vers l’est, et avant l’épisode de la boucle. Une fois consolé, l’enfant ressorti sur les lieux de sa première observation et après quelques secondes revit l’objet au nord-ouest, à une hauteur angulaire que le père estima être environ 70°. II s’éloigna rapidement et disparut en s’abaissant.
À la même heure, M. J.-L. Chapuis, aide-technique à l’observatoire national de Toulouse, examinait le ciel depuis une terrasse de l’observatoire pour déterminer si l’atmosphère était favorable aux observations photoélectriques. Il aperçut tout à coup, venant de derrière un building, une tache orange qui se dirigeait lentement vers l’ouest. Cet objet lumineux monta dans le ciel, décrivit une boucle ovale, remonta et disparut en s’éteignant (fig. 11). M. Chapuis mit immédiatement en position un petit télescope qui se trouvait près de lui et revit l’objet, qui reparut légèrement vers la droite, décrivant une courte trajectoire ascendante rectiligne, et s’éteignant aussitôt après. Durant cette seconde apparition, il vit dans le télescope comme – une tache jaune assez lumineuse, de magnitude – 2, de forme elliptique, sans aucune scintillation, à bords très nets sur le ciel, et projetant derrière elle une petite traînée ». L’instrument utilisé grossissait trente fois. L’observation du M. Chapuis dura vingt secondes. Elle fut rapportée parle témoin à M. Bouigue, astronome à l’observatoire de Toulouse, et à M. Paloque, directeur de cet établissement.
La presse locale ayant fait état de ce témoignage (avec de nombreuses erreurs de détail) le journal La Dépêche du Midi reçut une lettre de M. Hubert Boyer, employé EDF à Montauban, qui fut publiée dans l’édition du 13 novembre 1967 (page régionale). Nous extrayons de cette lettre le passage suivant :
IV. Ces trois photographies furent prises près de Namur (Belgique) le 5 juin 1955. Elles sont jugées authentiques pour les raisons suivantes :
1\. Un météorologiste professionnel, ayant examiné la photographie n° 2, déclara que la traînée de vapeur était causée par une authentique condensation atmosphérique.
2\. Cette traînée n’aurait pu se former à une altitude inférieure à 1 500 m, d’après ce même expert.
3\. Pour se rendre compte de son diamètre apparent, on doit alors admettre que l’objet de la photographie n° 2 avait au moins 12 m de diamètre. L’objet n’a donc pas été « fabriqué ».
4\. L’examen des négatifs originaux par un expert photographe (astronome professionnel) l’a conduit à la conclusion que les clichés n’étaient pas le résultat d’un truquage.
Le témoin décrivit l’observation de la façon suivante : il vit l’objet arriver à grande vitesse, puis ralentir. Il prit alors la photo n° 1. L’objet était gris argenté et brillait au soleil. La partie inférieure semblait porter quatre « pieds » très minces.
En ralentissant, l’objet descendit et Ia traînée de vapeur fut formée. Puis il remonta dans la traînée. Finalement, l’objet accéléra tandis que la traînée s’évanouissait. L’objet disparut ensuite très rapidement. (D’après Michel, 252).

— Tout d’abord, j’ai été ébloui comme si un éclair ou un ph are d’automobile me passait devant les yeux ; aussitôt, je
ne sais ni pourquoi ni comment j’ai levé mon regard vers le ciel et j’ai vu instantanément l’objet coupant en diagonale la rue de la République… J’évaluai la distance à 500 m’au-dessus des maisons. »
La rue de la République à Montauban étant orientée nord-ouest à sud-est, l’objet vu par M. Boyer à 18 h 50 (le témoin affirme que c’est l’heure exacte) se déplaçait suivant un axe sud-nord.
Enfin, d’autres témoins dans la même région se mirent en rotation avec M. Paloque pour lui signaler des observations identiques. Ces personnes étaient des membres de la Société astronomique de France se trouvant à l’Est de Toulouse. Certaines d’entre elles rapportent une longue descente verticale en direction du nord-ouest. Malheureusement, Il nous a été impossible de déterminer la position précise de ces personnes.
## Analyse des observations de Toulouse.
Nous disposons pour cette analyse des faits suivants :
1. Entre 18 h 30 et 18 h 45 le jeune Berneyron voit vers l’est un objet qui se dirige vers le sud, fait une boucle et s’éteint.
2. Vers 18 h 40, M. Chapuis, à Toulouse, voit les manœuvres indiquées figure 11. Durée totale : vingt secondes.
3. Après la disparition de l’objet à la fin de la boucle (qui est aperçue vers le sud pour le témoin d’Orgueil, vers l’ouest par Chapuis) le jeune garçon a le temps d’aller en courant chercher un pot de lait à la maison voisine, et Chapuis a le temps de mettre en batterie un petit télescope. Mais Chapuis revoit l’objet à l’ouest venant vers lui alors que l’enfant affirme qu’il s’éloignait vers le nord-ouest.
4. Des membres de la Société astronomique de France signalent un objet effectuant une longue descente vers le nord-ouest, confirmation des dires de l’enfant. Par ailleurs, lorsque Chapuis vit l’objet venant vers lui il le suivait dans un télescope et une erreur est très improbable. Une première conclusion s’impose : il y eut trois passages séparés, le premier observé par l’enfant et en partie par Chapuis, avec la boucle. Le second vu par Chapuis seul. Le troisième revu par l’enfant et par les sociétaires de la SAF au cours duquel l’objet descendit vers le nord-ouest.
5. Vers 18 h 50, M. Boyer vit l’objet passer « en diagonale » au-dessus de la rue de la République, à Montauban.

Figure 11: Trajectoire de l’objet vu à l’observatoire de Toulouse le 8 novembre 1957
Nous rejoignons ainsi l’interprétation des phénomènes qui a été donnée par un auteur français (185) et par le rapporteur officiel lui-même, qui écrit : « Quelques observations ont été faites dans une bonne partie du Sud-Ouest. Aucune ne porte sur le phénomène entier tel qu’il a été vu par Charpuis1, » En revanche, elles confirment soit la disparition en B et la réapparition en C, la direction BC étant la même : soit la montée apparente verticale. Certains signalent une descente apparente verticale assez longue mais située au nord-ouest. Il est possible que le building situé dans cette direction ait empêché Chapuis de voir cette partie de la trajectoire (fig. 11.)
Il est alors possible de reconstituer sur la carte la course de l’objet. À notre avis, la seule solution est celle de la figure 12, où nous avons tracé au pointillé les portions non observées. Cette trajectoire soulève deux intéressantes questions :
1. L’observation de M. Chapuis ayant duré vingt secondes environ, et celle du jeune garçon à peu près dix minutes, l’objet a effectué la première partie de sa cours (depuis son apparition à l’est d’Orgueil en X jusqu’à son extinction sous les yeux de Chapuis en B) à une vitesse moyenne de 1 km par seconde, soit 3 600 km à l’heure. C’est là une nouvelle raison d’exclure un appareil volant classique.
2. 
Figure 12: Carte des observations de Toulouse le 8 novembre 1957. Les lettres correspondent à celle de la fig.11
Lors de son extinction, légèrement au sud-ouest pour la personne de Toulouse, le jeune Berneyron était tourné vers le sud (et voyait l’objet vers le sud-ouest). L’objet était alors situe à 45 km d’Orgueil : il faut donc qu’il y ait été remarquablement lumineux – impression confirmée par le fait que M. Boyer, à Montauban, s’est trouvé ébloui « comme si un éclair lui était passé devant les yeux » et que l’enfant décrit la réapparition de l’objet en F comme s’étant faite « au milieu d’un éclair très étendu ».
En résumé, par la vitesse et la luminosité « l’objet » a les propriétés d’un aérolithe. Mais sa faible altitude (les directions données à Orgueil : vers le sud, et à Toulouse : vers le nord-ouest, se complétant), le phénomène de la boucle, ln série de disparitions et de réapparitions, tout interdit l’entretenir sérieusement cette idée. Il faut encore faire remarquer la concordance des indications sur la forme de « l’objet » (définitivement elliptique) sa couleur (orange à Toulouse, rouge et jaune à Orgueil au point le plus près, rouge à Montauban) et sa traînée (vue par l’enfant à l’œil nu au point le plus près, vue également par Chapuis dans le télescope seulement).
Finalement, on doit insister sur le fait que l’observation de Chapuis fut publiée d’une manière si déformée que les lecteurs de la Presse locale n’auraient pu retrouver ni la trajectoire ni la vitesse réelles (analysées ici d’après les chiffres originaux du rapport officiel), et que les témoignages des astronomes amateurs ayant vu la descente finale vers le nord-ouest n’ont jamais été publiés. La bonne foi des témoins est donc incontestable.

V La scène de de l’observation de Lock Raven, Maryland (reproduit avec la permission de l’US Air Force.)
## Le phénomène observé en Nouvelle-Zélande le 13 juillet 1969.
Afin de terminer sur une note moins sévère ce deuxième chapitre d’introduction – qui n’est présenté que comme un – tour d’horizon » du phénomène qui nous intéresse (à savoir la production de rapports par le public, rapports relatifs à l’observation d’objets volants non immédiatement identifiables), nous allons donner un seul exemple d’un témoignage extrême, où le témoin pense avoir identifié une silhouette « humaine » associée au reste de la vision. Comme on va le voir, ces témoignages ne manquent pas toujours de consistance.
Le matin du 13 juillet 1959, Mme Frederik Moreland Sortit pour aller traire ses vaches. Cette personne habite une ferme avec son mari (qui travaille à la station de Woodbourne de la Royal Air Force de Nouvelle-Zélande) et leurs cinq enfants, près de la ville de Blenheim.
Traversant l’enclos à 5 h 30 du matin, le témoin remarqua une violente luminosité verte parmi les nuages, et S’interrogea sur cette lumière insolite (il n’y avait pas de lune). Comme elle avait traversé la moitié de l’enclos, deux lumières vertes de grandes dimensions devinrent visibles et descendirent rapidement vers le sol. Le témoin s’aperçut qu’elle avait pris une coloration verte ainsi que tous les environs. Se précipitant vers un groupe d’arbres, Mme Moreland s’y cacha. De là, elle vit descendre un large objet portant deux lumières vertes et remarqua une chaleur intense. Deux rangées d’ouvertures à la partie moyenne de l’objet produisaient un échappement de flammes orange. L’objet avait un diamètre évalué à une dizaine de mètres et planait à hauteur de toit. Les ouvertures cessèrent d’émettre des « flammes » et une lumière s’alluma dans ce qui paraissait être une coupole de verre. La partie inférieure de cet objet était de couleur métallique verdâtre, et un bourdonnement sourd se faisait entendre tandis que l’objet planait. Dans la « coupole » Mme Moreland affirme qu’elle put voir deux hommes habillés de costumes brillants et serrés, faits d’un matériau semblable à une feuille d’aluminium. Des casques opaques semblaient posés sur leurs épaules et leur visage était invisible. L’un d’eux se dressa et posa les mains devant lui comme s’il se penchait pour regarder vers le bas. Puis il s’assit et bientôt les « flammes » reparurent, « l’objet » s’inclina un peu, puis bondit verticalement et disparut dans les nuages : il faisait à ce moment un bruit doux mais aigu.
« J’étais si abasourdie que je demeurai parmi les arbres pendant un certain temps sans savoir que faire. Il y avait dans l’air l’odeur de quelque chose comme du poivre. Finalement je décidai de reprendre la traite de mes vaches. Tout en trayant je ne cessai de me poser des questions et me sentis assez secouée et désorientée ; je ne savais pas du tout que penser. Je rentrai alors à la maison et réveillai mon mari qui ne se moqua pas de moi comme je l’avais craint, Mais me demanda si j’avais appelé la police ou le Département de l’Air. Je lui répondis négativement et il appela la police. »
Le témoin fut interrogé par la police et un représentant de l’An Force. Un ingénieur en constructions aéronautiques, M. D. Thynne, recueillit également son témoignage ainsi qu’une description détaillée de « l’objet ». M. R. Healey (officier d’opérations) et un autre membre de l’Air Force, M. F. Simpson, furent également appelés à enquêter sur l’affaire et indiquèrent qu’ils considéraient le rapport très sérieusement. M. I. L. Thomsen, directeur de l’observatoire Carter, indiqua lui aussi son intérêt pour le rapport de Mr Moreland alors qu’il rentrait à Wellington. Il déclara d’autre part :
« C’est là certainement un rapport inhabituel, différent du flot ordinaire de rapports d’objets étranges vus dans le ciel. J’ai demandé à l’Air Force de m’envoyer un rapport sur l’incident de Blenheim avant de quitter Wellington pour Nolson, mais je n’ai pas encore eu le temps de l’étudier à fond. J’aimerais avoir interrogé la personne moi-même, de préférence aussitôt que possible après l’événement qu’elle a décrit. »
Au sujet des rapports de « mystérieux objets célestes » en général, M. Thomsen, qui s’en est fait adresser un grand nombre, a déclaré qu’il n’avait pas encore entendu parler d’un cas entièrement convaincant propre à démontrer leur existence, mais qu’il gardait l’esprit ouvert sur le sujet.
On ne saurait mieux résumer l’attitude qui doit être celle du scientifique en face d’une série de phénomènes si surprenants et si divers. Nous venons de passer en revue des rapports venant des régions du monde très diverses. Interdisons-nous de les considérer un à un, en dehors du contexte du phénomène – sociologique ou physique – qui les porte. Cherchons au contraire à reprendre l’étude à la base, dans la plus grande généralité. Pour cela, oublions les caractères individuels, l’attrait du « sensationnel » dont la presse s’est complu à orner les témoignages. Cherchons les formes logiques les plus généraux qui pourraient s’appliquer aux éléments déconcertants contenus dans le dossier des « mystérieux objets célestes », un dossier dont la disparité n’est peut-être qu’un effet de notre incompréhension.
# 3
L’ANALYSE DES OBSERVATIONS DE « MOC. »
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L’étude scientifique des « MOC » est-elle possible ?
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale on assiste à l’extension, marquée de maxima aigus suivis de périodes de stagnation, d’une série de phénomènes qui ont été réunis sous les désignations de « soucoupes volantes », « objets volants non identifiés », « cigares volants », « mystérieux objets célestes », etc, désignations regrettables en ce qu’elles semblent toutes porter en elles l’idée qu’à l’origine en manifestations observées, se trouve un objet matériel. Or le concept d’objet matériel, à propos de ce phénomène, a été introduit et imposé par la Presse bien avant que les milieux scientifiques eussent été mis à même de juger des témoignages, d’examiner les faits, et de mettre sur pied un système d’investigation cohérente ; cette introduction n’a pan pou contribué à détourner l’attention des chercheurs l’une question qui semblait relever, à vrai dire, beaucoup plus du domaine sociologique, voire psychologique, que du domaine astronomique ou physique. C’est pourquoi, dans le présent travail, le phénomène soucoupe sera simplement désigné sous le nom de « phénomène MOC », comme nous l’avons indiqué dans notre avant-propos.
Le stade initial où le phénomène aurait pu faire l’objet de recherches systématiques sur une vaste échelle fut rapidement dépassé. À toute tentative d’interprétation des manifestations observées se trouvaient immédiatement attachées la passion publique, la fébrilité de la Presse, le désarroi ou la faveur des sphères dirigeantes, politiques ou militaires. Toute prise de position d’un journaliste ou d’un chercheur dans un sens ou dans l’autre avait pour effet immédiat de dresser des forêts de protestations, de contestations, de démentis, de la part d’organismes dépourvus de tout mobile scientifique, mais appuyés sur des intérêts et des intentions sans rapport avec les intérêts de la connaissance et les buts de la recherche scientifique.
Les prises de position publiques, dénaturées dès leur parution, furent ainsi découragées. Elles se firent de plus en plus vagues, et bientôt, les chercheurs ne purent livrer leur pensée qu’à titre privé, en s’exposant à tous les aléas de l’interprétation journalistique, et abandonnant, par là même, la sécurité impérieusement nécessaire à la poursuite de leur travail d’investigation.
Toute recherche sérieuse fut ainsi interdite en dehors des étroites impasses définies en haut lieu. Le résultat est aujourd’hui que le problème n’a encore fait l’objet d’aucune étude, d’aucune recherche digne de ce nom, et que le puissant appareil de la science moderne, si prompt à s’ébranler, dans certains cas, pour les ruineuses réalisations de caractère parfaitement utopique de certains chercheurs, n’a pas été appliqué à un phénomène dont l’existence est officiellement admise, et dont les manifestations, scrupuleusement enregistrées, intéressent toutes les branches de la connaissance humaine.
## Les différentes tendances.
Le phénomène se trouvant présenté avant tout comme un effet d’opinion, et toute possibilité de recherche sérieuse paraissant très limitée dans le cadre officiel, les milieux scientifiques, dans les conversations privées, se divisèrent en deux tendances, appuyées l’une et l’autre sur des positions subjectives dont on peut discuter le bien-fondé.
Le premier de ces groupes, irrité subconsciemment par l’idée que la vie terrestre puisse ne pas aborder seule la colonisation de mondes extérieurs, insiste sur l’importance considérable des mouvements d’opinion dans la société moderne, et met en avant la puissance des moyens d’information, leur contrôle par des hommes démunis de culture scientifique, la malléabilité et la versatilité du public, enfin l’appétit de merveilleux de l’homme moderne, entretenu par la littérature et par le film.
Montrant alors combien le chercheur scientifique a peu de chances, ces divers facteurs ayant joué, de retrouver le fait objectif qui a pu provoquer la rumeur, ce groupe en arrive à douter même de l’existence d’un fait objectif, et tend ainsi à mettre le phénomène entièrement sur le compte de l’hallucination et de la mauvaise foi.
Extrapolant dangereusement à partir d’indications de physique planétaire obtenues à l’extrême limite des moyens d’observation actuels, il tient pour acquise l’impossibilité d’une vie planétaire[4](index_split_123.xhtml#footnote-4) évoluée, et en particulier l’impossibilité d’une vie évoluée sur Mars. Partant de bases Moins apparentes encore, il proclame les voyages intersidéraux « impensables » (149). Enfin, il dénonce comme « contraire à la science » l’attribution à un objet matériel des mouvements observés à propos du « phénomène MOC », bien qu’aucune théorie satisfaisante de la gravitation n’ait encore été proposée, et bien que certaines contradictions fondamentales entre les grandes théories physiques actuelles n’aient pas encore été levées, ce qui semble laisser la place, dans un proche avenir, à des théories entièrement neuves s’étendant à des ordres de phénomènes plus étendus que ceux actuellement examinés par les sciences naturelles. Négligeant ces remarques, les hommes de cette tendance abordent l’examen des rapports avec la conviction établie que les faits se ramènent à l’interprétation erronée de phénomènes naturels ou à la mystification pure et simple.
Le second des deux groupes, infiniment plus faible par le nombre, souligne avec juste raison combien est fragile l’idée d’un phénomène vital limité à notre planète, idée qui rappelle trop, dans le domaine psychologique, les théories cosmogoniques du Moyen Âge où la Terre se trouvait au centre de l’univers et dont la science positive a fait justice. Malheureusement, il est souvent tenté, sur cette base, d’admettre sommairement l’existence d’un objet matériel à la Source du phénomène, et il s’empresse alors de chercher à en deviner les tenants et les aboutissants sans entourer son travail des précautions et des garanties nécessaires dans une investigation réellement positive.
Quant à la grande majorité des scientifiques, dont la légitime curiosité a été systématiquement découragée, ils réservent prudemment leur jugement, assurant que les bases solides qui permettraient d’asseoir une recherche valable sont extrêmement peu nombreuses. C’est ce dernier point que le présent ouvrage se propose de discuter.
La situation est très différente dès que l’on quitte le domaine strict de la science officielle. Les passions attachées à tout élargissement de notre vision du monde dans le sens du merveilleux, et spécialement la possibilité pour le phénomène que nous étudions ici de recevoir une solution « extra-terrestre », ont favorisé le développement de toute une gamme de tendances, groupements et officines où l’on trouve le plus souvent des aventuriers, mages ou prophètes, mais surtout un grand nombre de ceux qui, fascinés par un certain aspect « magique » de l’appareil scientifique moderne, adhèrent sans réserve à l’idéal des journaux et des revues où s’affirme, non sans un certain pittoresque parfois, l’aspiration profonde de l’homme vers les nouveaux horizons spirituels.
Réussissant éventuellement, à force d’intrigues, à se mêler aux enquêtes officielles, et disposant de tribunes puissantes, ces organismes parascientifiques ont largement contribué à discréditer l’étude du phénomène, assimilé dans leur Presse à toutes les extrapolations imaginables en matière de fausse science. Incapables de dominer leurs rivalités et de résoudre leurs multiples contradictions, ils ont rendu plus difficile encore le travail des enquêteurs, découragé les témoins sincères quotidiennement soumis à des interrogatoires vides de sens, et leur activité s’est finalement réduite à de mesquines querelles intestines comme il s’en poursuit actuellement.
## Description et classification des observations.
Le travail que nous présentons ici trouve son point de départ dans l’idée que les deux tendances opposées dont nous avons rappelé les vues ont préjugé l’une et l’autre, en niant comme en affirmant la réalité matérielle d’un « objet » à l’origine du phénomène, de la nature véritable de celui-ci. Les observations et les témoignages ont ainsi reçu, de la part des deux groupes, des interprétations de caractère essentiellement subjectif et non scientifique, d’ailleurs tout h lait contradictoires, au point que de nombreux cas, considérés par les uns comme particulièrement sûrs, sont écartés par les autres de manière définitive.
En présence d’une telle division sur le sujet des observations de base, les thèses proposées ne pourront éventuellement être contrôlées que par une étude systématique patiente, nécessairement volumineuse, de la topographie des manifestations du « phénomène », associée à une recherche statistique sur sa répartition dans le temps. En effet, nous devons admettre qu’il y a un « phénomène soucoupe », même si les prétendues « soucoupes » ne sont pas des « objets » : l’ensemble des observations apparaît comme doué de lois définies quant à la vision décrite, quant aux conditions de cette vision et quant aux faits secondaires qu’elle peut entraîner. Cet ensemble, quelle que soit la nature physique exacte de ses éléments qui restera à débattre, constitue bien pour le physicien un « phénomène » auquel il est légitime d’appliquer les méthodes de l’investigation scientifique.
Quant à nous, nous estimons que le débat sur la matérialité des « soucoupes volantes » est actuellement vain, en l’absence d’indications précises sur le « phénomène MOC » le présent ouvrage a pour objet l’analyse de son comportement.
La première question à résoudre, l’existence du « phénomène » étant une donnée expérimentale, est celle de la classification des observations. En effet, bien que diversement rapportés, elles peuvent être ramenées à un nombre limité de types bien définis, spécifiquement différents les uns des autres, et dont les caractères se retrouvent dans fout le domaine de notre étude, c’est-à-dire pour toutes les observations faites sur le globe de 1946 à nos jours. Nous discuterons plus loin la possibilité d’extension de ces définitions aux observations antérieures.
Les types suivants seront donc définis :
Nous appellerons observation du type I une manifestation du « phénomène » consistant en la vision par les témoins d’une image inhabituelle, cette image étant celle d’un engin de forme sphérique, discoïdale ou encore plus complexe, et se trouvant à la surface du sol ou à proximité du sol. Cette image peut être associée ou non à des effets physiques d’ordre thermique lumineux, électro-magnétique ou purement matériel (traces).
Ce type d’observation se rencontre dans toute l’histoire du « phénomène », y compris dans la période la plus récente, et n’est pas limité, comme on le croit parfois en France, à la période de l’automne 1954.
Un exemple de ce type d’observation est donné par le témoignage (31) d’un fonctionnaire du Sénat de la province de Buenos Aires (République argentine) qui se trouvait sur la route Unsue-Bolivar le 8 août 1958 au volant de sa voiture, de marque Ford 1946, quand le moteur cala brusquement. La montre du tableau de bord s’arrêta à 1 h 27. Le témoin descendit pour localiser la cause de la panne et tenta de remettre en marche après avoir nettoyé les platines du distributeur, mais en vain. C’est alors qu’il aperçut à une distance de 300 ou 400 m ce qu’il estima être un appareil proche du sol, avançant relativement lentement. Il éteignit alors ses phares. Le témoin décrit le phénomène observé comme un objet « aplati sur sa partie arrière, et émettant une lumière phosphorescente ténue ». L’observation s’accompagnait d’un sifflement doux comparable à celui d’un ventilateur. Le son variait avec les évolutions. Le témoin ajoute que « l’engin » portait apparemment une coupole ou un cockpit émettant une éblouissante lumière bleutée. Enfin « l’objet » s’éleva vertigineusement vers le sud en produisant de nouveaux sifflements. Revenant à sa voiture, le témoin constata que le moteur pouvait être remis en marche.
Le 20 mai 1959 à 17 h 30, deux chasseurs virent près de Très Lomas, province de la Pampa (République argentine), Une image paraissant être celle d’un objet discoïdal posé à 160 m de distance. Ils décrivent cette apparition comme un engin ayant l’aspect de l’aluminium ou d’un métal argenté ou encore du verre dépoli brillant, et d’une hauteur de 2 m’à 2,50 m. Ils ajoutent encore qu’il semblait porter une « coupole » d’un mètre de rayon. Après le départ de l’objet ils auraient trouvé l’herbe aplatie.
L’étude de la Presse française de l’automne 1954 permet de retrouver nombre d’observations de ce type, qui n’ont pas été rapportées dans les livres sur la question. Ainsi, le 5 octobre, des personnes se trouvant à 10 km de Beaumont, près de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) décrivirent un « engin » s’approchant d’elles en perdant de sa luminosité.
Lorsqu’il fut à 150 m de ces personnes, elles ressentirent une « curieuse sensation » et furent « comme clouées sur place ». Elles rapportent également avoir senti une odeur semblable à celle de la nitrobenzine ». Cette observation a eu lieu à 15 h 45.
À 23 h, M. et Mme Guillemoteau rapportent avoir vu près de La Rochelle un « engin » de 2 à 3 m de hauteur et d’un diamètre de 5 m, qui monta à la verticale après s’être arrêté quelques minutes à 1 m de haut. Des traces huileuses auraient été trouvées dans l’herbe.
Très souvent, ces observations prirent un caractère plus dramatique, provoquant chez les témoins de violentes réactions nerveuses. Le 16 octobre 1954, à Thin-le-Moutier (Isère) une « soucoupe volante » se serait « posée » à 30 m d’une femme qui aurait perdu connaissance. La personne aurait souffert ensuite d’une maladie de peau. De telles observations sont également rapportées à propos des événements américains de 1957. Nous les signalons ici simplement à titre d’illustration de ce que l’on peut trouver dans la Presse ou dans les dossiers officiels, et nous ne portons évidemment pour le moment aucun jugement de valeur sur ces témoignages, la sincérité de leurs auteurs ou le caractère plausible des phénomènes décrits.
Nous appelons observation du type II Un témoignage rapportant la vision d’une « formation cylindrique » verticale dans l’atmosphère, associée à une nuée diffuse. Ce genre d’observations a reçu des noms divers comme « grand cigare vertical », « sphère des nuées » ou « cigare des nuées ».
À l’intérieur du type II sont à distinguer deux catégories que nous désignerons par II A et II B. La première rassemblera les observations de formations verticales cylindriques se déplaçant dans l’atmosphère de manière plus ou moins erratique. La seconde groupera les témoignages d’une telle vision quand la « formation » est stationnaire et donne naissance à des phénomènes secondaires relevant en général du type IV.
Des cas d’observations du type II A sont les suivants : à Pouilly-sur-Vingeanne, près de Dole (Jura), le 18 ou le 19 juillet 1952 à 18 h, des habitants de Pouilly et de Vénarey-lès-Laumes rapportent avoir vu « un fuseau sans ailes ni protubérances, émettant à intervalles réguliers un bref et violent clignotement, et donnant naissance à une très épaisse fumée blanche se dissipant rapidement ». Les témoins décrivent ce fuseau comme ayant une longueur apparente de 30 m, se trouvant dans une position verticale et étant accompagné d’un grondement assez fort.
Le 27 novembre 1954 entre 16 h 15 et 16 h 30 fut aperçu à Moscou, par des témoins se trouvant sur la Place Rouge, un « engin de forme cylindrique » se déplaçant au nord-ouest, à une altitude évaluée à 200 ou 300 m. Les témoins rapportent que la chose s’éleva à la vitesse d’un avion à réaction en prenant une position verticale.
Des exemples d’observations du type II B sont donnés par les cas de « grands cigares » soigneusement rapportés par Aimé Michel (5). Ces observations ont été contrôlées par nous, en référence aux sources originales. L’une des plus complètes est l’observation faite au sud de Paris le 22 septembre 1954 vers 20 h. Le premier témoin est M. Rabot, boucher à Ponthierry (S.-et-M.), qui circulait en voiture sur la Nationale 7, et rapporte avoir aperçu soudain un « objet » circulaire, de couleur rouge, avec une fumée lumineuse qui semblait s’en échapper. « L’objet » paraissait, aux dires du témoin, à une altitude considérable, et évoluait en tous sens avec une majestueuse lenteur. Ayant observé cette apparition durant plusieurs minutes, M. Rabot remonta dans sa voiture et regagna Ponthierry tout en surveillant l’apparition. À Ponthierry, il prévint l’appariteur du village, qui observa la disparition du phénomène à grande vitesse dans les nuages. À ce moment, Mme Gamundi, 192, avenue Jean Jaurès, à Paris, remontait la Nationale 7 vers le nord, quittant Fontainebleau. Elle se trouvait dans la forêt lorsqu’elle aperçut à son tour le phénomène et s’arrêta. Elle aussi décrit « l’objet » comme un cigare rouge environné de nuées, immobile, vertical, et elle ajoute qu’il donna naissance à plus d’une demi-douzaine de « soucoupes volantes » qui tombèrent l’une après l’autre de la partie inférieure du cigare », Le « phénomène » s’éloigna définitivement au moment où un appareil commercial traversa le ciel.
Nous appellerons observation du type III un cas où un prétendu « objet anormal » de forme sphérique, discoïdale ou elliptique, est rapporté immobile dans l’atmosphère. En particulier nous désignerons par « observation du type III A » un cas du type III où l’immobilité de l’objet intervient entre ‘x périodes de translation, et est associée à un mouvement de descente erratique, discontinu, de cet objet jusqu’au voisinage du sol (« feuille morte »).
Une observation faite à Alès (Gard) le 9 octobre 1954 à 11 h45 est à classer dans le type III. Plusieurs témoins, dont M. Taurelle, travaillant au Riche-Hôtel, rapportent avoir vu une « soucoupe » immobile, tournoyant sur elle-même, puis disparaissant rapidement en accélérant.
De même, une observation faite à Yaoundé (Cameroun) le 24 octobre 1954 par de nombreuses personnalités de la ville, dont le chef de l’hôpital, appartient à cette catégorie. Dans cette observation, c’est un chien qui, par ses grognements, attira l’attention sur « un énorme disque immobile, violemment illuminé ». Cet « objet » est décrit comme ayant la forme d’un champignon et portant à sa base un cylindre qui se balançait dans les airs.
Le témoignage de M. Nicetta Edmond, et de plusieurs autres personnes d’Anduze (Gard) le 2 ou 3 octobre 1954, donne un exemple d’observation de type III A. D’après ces témoins, une « volumineuse masse circulaire paraissant tourner sur elle-même, et présentant des lueurs alternativement rouges et bleues » a été vue immobile dans le ciel, puis est descendue avec un mouvement de balancement.
Il arrive que certaines observations soient difficiles à classer dans le type III A, en particulier celles qui se rapportent à la vision d’un « objet » immobile, commençant ensuite à descendre pour s’immobiliser à nouveau. remonter, etc. De tels phénomènes sont assez fréquemment rencontrés et devraient être examinés plus tard à la lumière d’une classification détaillée. Pour le moment, nous les classerons dans le type III, réservant le type III A pour les mouvements de descente « en feuille morte ».
Un exemple de cas difficile à classer est donné par le témoignage de M. Gauci, daté du 23 novembre 1952. L’observation eut lieu à Belle-Ile-en-Mer (Morbihan) sur la route de Locmaria, au lieu-dit « La Butte ». Le témoin décrit une « boule lumineuse » d’un diamètre apparent dix fois supérieur à celui de la pleine lune. Elle semblait parfois s’aplatir, perdant sa teinte orangée pour devenir blanchâtre. Elle descendit légèrement, s’immobilisa, revint sur la droite et remonta à son point de départ. Elle fit ce manège quatre ou cinq fois puis disparut vers le sud-ouest.
Nous appellerons observation du type IV une observation où un « objet anormal » a été vu en mouvement de translation continu dans l’atmosphère, quelles que soient par ailleurs les accélérations, variations lumineuses ou rotations auxquelles ce mouvement se trouvait associé. Enfin, nous ferons occasionnellement allusion à un type V rassemblant des observations de phénomènes lumineux anormaux présentés comme relevant du « phénomène MOC ».
Il est clair que ce sont les observations du type IV qui sont les plus sujettes à caution, la confusion étant très souvent possible avec des phénomènes physiques matériels ou non, d’origine humaine ou naturelle, parmi lesquels se trouvent tous les effets invoqués pour « expliquer » les témoignages, c’est-à-dire : foudre en boule, réflexion de phares d’automobiles, mirages, pour les causes physiques non matérielles ; aérolithes, appareils volants de construction humaine, ballons-sondes, vols d’oiseaux, nuages, ou objets astronomiques mésinterprétés (Lune, Vénus, etc.) pour les causes physiques matérielles, incluant plus récemment les satellites artificiels de la Terre. De très nombreuses opinions ont évidemment été émises à ce sujet. Elles seront étudiées en détail dans la deuxième partie. H. Haffner attribue les « soucoupes volantes » à des manifestations de la foudre. En France, E. Schatzman(122)a énoncé les hallucinations et illusions d’optique qui peuvent expliquer les témoignages. Aux États-Unis, le professeur Menzel s’est attaché à étudier en détail le mécanisme des phénomènes physiques qui peuvent rendre compte de nombreuses illusions et de fausses détections par radar(3). Il est certain que ces études permettent d’attribuer à des phénomènes classiques un nombre important d’observations.
Cependant, nous estimons légitime de reconsidérer l’ensemble du problème sans chercher à l’assimiler à priori avec de telles manifestations. En effet, si nous reprenons la classification qui vient d’être définie, il apparaît que les statistiques portant sur le type IV seront entachées de telles erreurs. Mais les observations des trois premiers types, et surtout celles classées I, II B et III A ont pour seules interprétations possibles l’hallucination pure et simple et la mystification, si l’on exclut l’idée d’une cause objective encore inconnue. La méthode que nous nous proposons l’employer nous semble avoir l’intérêt de fournir des critères permettant d’évaluer l’erreur sur les observations des différents types, et de montrer, en considérant le phénomène comme un tout, quelles sont les interconnexions qui apparaissent entre ces groupes.
Qu’il nous soit permis d’insister ici sur le fait que rien, ni dans la classification qui vient d’être exposée, ni dans la méthode qui va être employée, ne préjuge de la nature physique ou purement psychique du phénomène en question, et qu’à plus forte raison, elle ne présuppose aucunement l’existence d’un objet à la base de ces observations. Nous tenons donc essentiellement à ce que la généralité de la méthode soit notée.
## Analyse élémentaire des observations.
En dehors des travaux que nous avons rappelés, le phénomène qui nous occupe ici a fait l’objet d’un début d’analyse dans divers pays, en marge, il est vrai, des commissions d’enquêtes officielles comme des groupements, officines, groupuscules privés dont nous avons mentionné l’existence, mais toujours en relation avec des personnalités scientifiques officielles intervenant à titre individuel.
Ces personnes ont proposé d’étudier la topographie des manifestations du « phénomène » au lieu de chercher à analyser séparément chaque témoignage, évidemment sujet à caution. Leur travail est sujet lui-même à discussion et à critique puisqu’il n’est revêtu d’aucune garantie officielle. Cependant, nous ne croyons pas que l’on puisse gagner quelque chose en rejetant à priori les remarques qui s’y trouvent contenues.
Parmi les indications que nous venons d’évoquer, citons les conclusions du travail d’Aimé Michel sur la « vague » française de l’automne 1954 (5) qui peuvent être condensées, à la lumière de la classification introduite plus haut, sous la forme suivante :
En considérant, sur la base d’un intervalle de vingt-quatre heures, les observations rapportées par la Presse ou les rapports de gendarmerie et des Forces armées, et en examinant la répartition des points d’apparition du phénomène sur une carte d’une échelle adéquate, on constaterait :
1. Que les points en question se répartissent sur des lignes droites, quel que soit le type d’observation auquel ils sont associés.
2. Que lorsque les observations d’un jour donné comportent une ou plusieurs manifestations de type Il, les figures géométriques associées à la répartition des alignements ont la forme de réseaux « en étoile », c’est-à-dire que ces alignements ont un ou plusieurs points de convergence.
3. Lorsque le point d’intersection de deux alignements est un point d’observation, le phénomène observé en ce point relève « assez souvent » du type III.
4. Aucune loi n’a été observée concernant une quelconque répartition sélective des observations des différents types sur les alignements. De même, aucune loi n’a été observée concernant la chronologie des apparitions le long d’un alignement donné, ce qui semble exclure que l’alignement soit produit par la série de témoignages suivant la trace d’un ballon ou d’un avion.
Ces propositions sont contrôlables directement de façon simple. Elles ne mettent en jeu que l’information-lieu contenue dans les rapports, qui est comme nous l’avons remarqué la partie la plus accessible et la plus objective. Le premier dessein du présent ouvrage sera donc la critique systématique de ces conclusions, c’est-à-dire de la répartition des observations sur des alignements, et la disposition des alignements suivant des réseaux « en étoile ». En effet, le travail de Aimé Michel a été immédiatement interprété comme erroné et les alignements attribués au hasard pur et simple. Ce point peut être tranché en appliquant à la répartition des observations des méthodes élémentaires d’analyse, et en discutant mathématiquement les résultats obtenus afin de dégager la part qui revient au hasard dans cette disposition si elle se fait sur des alignements.
# 4
INTÉRÊT DE LA THÉORIE DES ALIGNEMENTS
## Une idée remarquable.
La vérification et la critique des propositions contenues dans le travail d’Aimé Michel sont fondamentales et urgentes. Sont-elles fausses, l’apparence d’alignement est elle une simple illusion, encore faudra-t-il expliquer individuellement les observations et les autres lois générales suivies par le phénomène. Sont-elles justes, elles fournissent un point de départ d’une exceptionnelle valeur pour l’étude sérieuse d’un phénomène qui peut être d’une importance capitale, non pas pour telle ou telle branche de la science, mais pour l’espèce humaine entière. Si ces propositions sont exactes, elles permettent de porter sur les témoignages un nouveau jugement de valeur, appuyé cette fois sur des critères solides. Elles fournissent une base de discussion sérieuse de la motivation « intelligente » des « Soucoupes volantes ».
Or, parmi les alignements qu’Aimé Michel a cru pouvoir tracer à partir des observations françaises de l’automne 1964, il en est un sur lequel l’attention se fixe au premier examen. Nous le prendrons comme exemple.
Pour la journée du 24 septembre 1954 la Presse française a mentionné un certain nombre d’observations, données ci-dessous avec leur classification :
Lantéfontaine (Meurthe-et-Moselle) : type IV.
Le Puy (Haute-Loire) : type IV.
Langeac (Haute-Loire) : type IV.
Tulle (Corrèze) : type IV.
Ussel (Corrèze) : type I.
Gelles (Puy-de-Dôme) : type IV.
Vichy (Allier) : type IV.
Lencouacq (Landes) : type I.
Bayonne ((Pyrénées-Atlantiques) : type III.
Il est certain que la moitié au moins de ces témoignages serait rejetée dans le cadre d’une enquête officielle opérant sur les critères habituels. Les observations de type IV en particulier pourraient être jugées « insuffisantes ». De plus, les phénomènes rapportés à Tulle et à Lencouacq n’ont eu qu’un seul témoin. L’observation faite à Gelles est celle « d’un engin lumineux en forme de « cigare » qui traverse le ciel à assez vive allure et sans bruit. » Faut-il l’exclure « immédiatement » comme un météore ? Un problème de méthode se pose. Rejeter une mesure sur un phénomène physique connu et reproductible est certainement licite lorsqu’on estime que la précision peut être améliorée par une nouvelle mesure. Mais rejeter un témoignage sur un phénomène i inconnu que l’on cherche à étudier revient certainement à se priver d’une certaine quantité d’informations sur le phénomène, et admettre implicitement que la quantité d’informations perdue est négligeable. Mais comment juger si elle est vraiment négligeable, puisque le phénomène est inconnu ?
Aimé Michel, lui, tire une ligne droite de Bayonne à Vichy. Cette ligne « passe successivement à Lencouacq, Tulle, Ussel, Gelles, de sorte que sur les neuf groupes de témoignages, six se trouvent sur une même droite… Traçons également la ligne droite Le Puy-Tulle : elle passe par Langeac » (fig. 13).
Aucun phénomène classique (propagation d’un ballon, d’un avion, etc.) ne rend compte de cette disposition. Il suffit pour s’en convaincre de regarder les heures : les observations de Bayonne et Vichy sont datées du courant de l’après-midi. Celle de Lencouacq intervient quatre heures plus tard. Gelles, début de la nuit. Ussel plus tard encore, Tulle à 23 h. De plus l’observation de Bayonne met en cause une image ou un objet triple, alors que les autres rapports signalent des phénomènes simples.
## Controverse autour des probabilités.
L’hypothèse d’Aimé Michel a été largement discutée et commentée au cours des dernières années. Elle a été appliquée aux observations de « MOC » faites partout dans le monde. Le Dr O. Fontes, au Brésil, C. Vogt en Argentine, A. Ribera en Espagne ont publié des cartes montrant des « réseaux » étonnamment semblables à ceux d’Aimé Michel.

Figure 13: L’alignement Bayonne-Vichy et les observations du 24 septembre 1954, d’après Aimé Michel.
En 1961, l’un des auteurs de ce livre découvrit de semblables relations entre des observations nord-africaines. Le nombre de points alignés semblait exclure la possibilité d’une réalisation du réseau par hasard. Commentant nos résultats, un universitaire britannique, le Dr Michael Davis, écrivait :
« Une question évidente que de nombreux lecteurs ont dû se poser est celle-ci : quelle est la probabilité de trouver des alignements semblables à ceux présentés, en partant d’une distribution de points complètement au hasard ? »
Afin de répondre à cette question, le Dr Davis a proposé un ensemble de formules qui expriment le nombre de lignes de trois ou quatre points auxquelles on doit s’attendre du fait du hasard seul, en fonction du nombre total de points dans la distribution et de la précision demandée. Appliquées au réseau d’Afrique du Nord, ces formules donnent un résultat qui renforce l’idée que les alignements ne pourraient pas être expliqués par le hasard seul. L’idée de la valeur des alignements gagna rapidement du terrain. Dans son jugement porté sur l’orthoténie, Charles Maney, du groupe américain NICAP1, écrivait :
« La carte numéro 7 donnée par Aimé Michel, qui utilise trente et un points d’observations pour la seule journée du 2 octobre 1954, montre une multitude de lignes, en fait neuf lignes orthoténiques se recoupant sur Poncey, un peu au nord-est du centre de la France. Et une fois de plus ; comme Aimé Michel le fait remarquer, un vaste cigare lumineux fut observé à l’intersection, à Poncey, dans la nuit du 2 octobre. Un programme bien organisé d’exploration des caractéristiques du territoire français, exécuté par des intelligences extra-terrestres, semblerait une interprétation plausible d’une circonstance géométrique si extraordinaire. »
Encore plus récemment, des alignements orthoténiques ont été recherchés à partir de points d’observations dans le Sud-Ouest américain, dans le cadre d’enquêtes effectuées par l’organisation d’APRO1. Simultanément, une nouvelle critique était faite contre la réalité de l’orthoténie.
Le premier défi fut lancé par le professeur Menzel, qui adressa à la Flying Saucer Review de Londres plusieurs articles concernant les hypothèses d’Aimé Michel. Le premier article parut dans le numéro de mars-avril 1964 sous le titre : « Les soucoupes volantes se déplacent-elles suivant des lignes droites ? »
De tous les phénomènes présentés par ceux qui croient (à la réalité des « MOC ») pour prouver que les « soucoupes volantes » existent réellement, l’un des plus étonnamment complexes est « l’orthoténie », le fait que les soucoupes soient observées en des lieux qui se trouvent sur une même ligne droite.
Et l’article énumérait les nombreuses précautions qui auraient dû être prises dans une telle étude statistique. Le professeur Menzel insista particulièrement sur le fait qu’il est difficile, dans de nombreux cas, de retrouver la date et l’endroit précis d’une observation de « MOC ». Sur la base de ces remarques préliminaires, l’auteur de l’article développait un nouvel ensemble de formules et, les appliquant aux cas français discutés par Aimé Michel, montrait à nouveau, comme l’avait fait le Dr Davis, que presque toutes les lignes de trois points étaient sans valeur. Même à la lumière de cette nouvelle analyse, cependant, la ligne Bayonne Vichy, de six points (souvent désignée sous le nom de « BAVIC ») restait inexpliquée.
L’impact des critiques du professeur Menzel contre Aimé Michel était quelque peu diminué, malheureusement, par la nature des suppositions qu’il entretenait sur les méthodes suivies par Aimé Michel, précisément, pour obtenir des lignes avec de si nombreux points :
« Supposons, par exemple, qu’on ait trouvé une ligne de quatre points, sur une carte quelconque. On voudrait obtenir plus d’observations pour confirmer la réalité de l’alignement. Comme il est facile d’écrire à un ami, au journal local, ou au bureau de poste de plusieurs de ces villes, en demandant si les observations ont été faites à une certaine date. Et voilà, deux réponses arrivent ; la ligne de quatre points devient une ligne de six points. Et le statisticien amateur est impressionné par ses pouvoirs de prédiction et la réalité de l’alignement. »
Notre propre recherche sur le caractère significatif des réseaux a montré que ces critiques n’étaient ni justifiées, ni nécessaires. Nous entreprîmes cette étude sur une base entièrement différente. Dans nos efforts pour évaluer les hypothèses d’Aimé Michel nous avions d’abord contrôlé un à un les rapports originaux. Et au cours de cette recherche, il n’était pas apparu seulement qu’Aimé Michel était absolument de bonne foi, mais aussi que les observations qu’il avait données dans son livre : Mystérieux objets célestes étaient confirmées dans de nombreux rapports indépendants qu’il ne connaissait pas lorsqu’il publia ses conclusions.
Le calcul des alignements, pour contrôler leur réalité absolue, fut notre second objectif. Et la dernière partie de nos recherches s’adressa à la réévaluation du rôle joué par la chance dans la réalisation des réseaux. Les résultats que nous avons trouvés seront analysés dans les deux chapitres suivants. Ils nous causèrent quelque surprise, mais ils montrèrent que les attaques personnelles pour lesquelles la porte avait été si malheureusement ouverte avaient été, comme toutes les réactions émotionnelles en science, inutiles et préjudiciables à l’établissement de la vérité.
## La théorie des grands cercles.
Nous devons noter ici que les évaluations statistiques du type présenté par M. Davis, A. Mebane et par le professeur Menzel, qui sont fondées sur des formules mathématiques explicites, ne peuvent pas fournir une véritable démonstration de l’existence ou de la non-existence d’alignements significatifs. Elles ne font qu’attirer l’attention sur le fait que l’attribution à priori des lignes à la chance est grossière et non scientifique, puisque les critères élémentaires qui devraient trancher une fois pour toutes si le hasard seul était en jeu semblent rencontrer une résistance sérieuse.
Ce fait apparaît encore mieux si l’on réalise des contre-preuves en dispersant des points au hasard sur une carte de France. Au moment de la parution du livre d’Aimé Michel, plusieurs savants très connus exprimèrent en privé l’opinion que, si de telles contre-épreuves étaient faites, elles montreraient clairement que des points pris au hasard formeraient des alignements aussi remarquables. Le fait que ces contre-épreuves n’aient en fait jamais été réalisées nous donne à penser que ces scientifiques considéraient le résultat comme acquis à priori. La seule contre-épreuve qui ait été faite et publiée avant notre travail fut celle de Mebane (6). Son étude, comme nos propres tentatives du même genre, ne fait que confirmer qu’un alignement de six point où même de cinq ne peut être attribué à la chance de façon immédiate. Nous allons voir qu’un appareil considérable doit être mis en place avant qu’une clarification des pièges et des obscurités du problème ne soit obtenue.
En fait, la notion d’alignement elle-même est vague et insuffisante, et Aimé Michel a signalé lui-même en l’introduisant que, par suite du grand nombre de témoignages obtenus lors de la vague de 1954, la recherche est rapidement conduite hors du cadre local où un alignement peut être mis en évidence au moyen d’une carte en projection de Lambert par exemple. Aux observations intéressant le territoire français viennent s’ajouter des rapports en provenance de Grande-Bretagne, d’Italie, d’Allemagne, de Suisse, de Pologne, etc. Il est évident qu’à cette échelle la notion d’alignement, qui s’introduit naturellement lorsqu’on examine les événements à l’échelle locale, n’a plus de signification, et que le problème se pose de déterminer de quelle courbe on doit considérer cet alignement comme la portion locale. La connaissance de cette courbe permettra examiner les liaisons possibles entre les alignements tracés sur des pays voisins, et même peut-être de rechercher si le phénomène, considéré à l’échelle planétaire, possède des lois générales accessibles à nos méthodes de recherche.
Si l’on porte les points d’observation relatifs à un alignement comme Bayonne-Vichy, déterminés par leurs coordonnées, sur un graphique dont les axes sont rectangulaires, une très nette courbe apparaît (puisque l’on cherche à représenter sur un plan une surface sphérique). L’hypothèse qui s’introduit alors de la manière la plus naturelle est celle qu’Aimé Michel a proposée (12) sur la base de nos premiers calculs : elle consiste à supposer que les alignements sont des portions locales de grands cercles du globe terrestre.
Évidemment cette hypothèse, bien qu’elle soit la plus simple que l’on puisse faire, étant donné que le grand cercle est la figure la plus simple sur la sphère, rend caduques les méthodes utilisées jusqu’ici par les chercheurs de bonne volonté pour mettre en évidence des alignements avec un matériel simple. Elle impose des calculs élémentaires (puisque purement géométriques) mais relativement volumineux, et la mise sur pied de méthodes analytiques pour le contrôle de chaque localisation. Nous nous proposons d’exposer, au chapitre V, le principe de ces calculs.
# 5
LES GRANDS CERCLES
## Comment vérifier les alignements ?
Même assorties de contre-épreuves, les considérations précédentes ne justifient pas l’existence des alignements. Le calcul des probabilités qui a été fait n’est que grossièrement approché : la surface où se répartissent les observations peut être de forme irrégulière ; la précision de chaque observation sur le terrain est mal connue dans la plupart des cas. Il faut donc mettre sur pied une méthode plus large, en tenant compte de ces insuffisances. Il faut surtout se souvenir que le problème n’est pas de vérifier l’existence d’un alignement ou de quelques alignements, mais de trouver une méthode générale d’étude : il serait dangereux d’enfermer la discussion dans une stérile polémique sur l’alignement Bayonne-Vichy.

Figure 14
Pour fonder cette méthode générale nous proposons, un certain nombre de points d’observation pour un jour donné étant connus, de calculer numériquement les éléments du grand cercle du globe terrestre qui passe par ces points et de tabuler l’équation obtenue. C’est là un problème élémentaire de géométrie sur la sphère dont la formulation est immédiate. On la trouvera exposée en détail dans (16). L’application de cette méthode permet de vérifier que le grand cercle représente objectivement les observations,
d’évaluer la précision effectivement acquise (par le calcul des écarts des observations au grand cercle moyen) et d’évaluer la précision atteinte sur le recoupement des alignements en réseaux.
C’est seulement lorsque ces résultats seront connus que l’on pourra discuter avec profit la question de la possibilité de réalisation par hasard de ces réseaux.
La période sur laquelle notre attention se portera est celle pour laquelle des alignements ont été présentés. Elle s’étend du 24 septembre au 15 octobre 1954. Il n’entre pas dans le cadre de ce livre de rechercher si d’autres alignements peuvent être tracés à partir d’observations faites avant ou après cette période, ou à partir d’observations faites dans d’autres pays, mais de développer une méthode d’analyse et des critères objectifs pour juger si les alignements dont l’existence a été annoncée dans (5) sont un fait ou non.
Nous avons déjà évoqué les observations du 24 septembre 1954 avec l’alignement Bayonne-Vichy (fig. 13), Un autre alignement est présenté pour le 26, deux pour le 27, avec pour ce dernier jour les intéressants témoignages de Foussignargues, Prémanon (type I) et Rixheim (type II B). Le 29 septembre, trois alignements sont encore donnés. La période importante est celle de la première quinzaine d’octobre. Elle s’organise autour de trois séries de témoignages. Ceux des 2 et 4 octobre ou « réseau Montlevicq ». Et ceux du 11 octobre ou « réseau Domérat ». En effet, à chacune de ces dates correspond un nombre considérable d’observations ; il semble que ces points se portent sur des alignements qui se recoupent avec précision en formant des « étoiles ». Les centres de ces étoiles sont respectivement les localités de Poncey-sur-l’Ignon (Côte d’Or), Montlevicq (Indre) et Domérat (Allier), qui sont elles-mêmes des lieux d’observation, toutes de type Il ; le contrôle de ces « réseaux » est un point essentiel. Après le 11 octobre, le phénomène a commencé à décroître, bien que des alignements intéressants se soient encore produits les 12, 14 et 15 octobre.
## Choisir les rapports significatifs.
La sélection des observations susceptibles de conduire à des calculs significatifs est une opération délicate : il faut attendre encore des discussions nombreuses et sans doute profitables à ce sujet. Si l’on cherche à placer sur une carte les témoignages dont on veut vérifier l’alignement, on trouve immédiatement deux catégories d’observations pour lesquelles ce calcul est difficile : dans le premier groupe, la difficulté vient du caractère incomplet des rapports qui nous sont parvenus. Assez souvent par exemple, nous avons observé que les journaux donnaient la localité d’origine des témoins, mais omettaient l’endroit de l’observation ! Dans un second groupe, les témoins peuvent être situés de manière satisfaisante, mais le phénomène lui-même est imprécis. En fait de nombreuses observations le type IV sont souvent à exclure ainsi.
Nous trouvons donc que les observations sur lesquelles où peut réellement s’appuyer pour conduire les calculs sont celles des trois premiers groupes, qui sont théoriquement bien localisables. Encore convient-il d’entrer ici dans certains détails.
Tel que nous l’avons défini, le phénomène de type IV est malaisément localisable pour deux raisons. D’abord, parce qu’il se produit à une altitude telle que sa distance au témoin ne peut être reconstituée que grossièrement. Ensuite parce qu’il est caractérisé par un déplacement continu, de Son apparition à sa disparition, si bien que l’on n’a aucune raison de prendre les coordonnées d’un point de la projection de la trajectoire plutôt que d’un autre.
Les phénomènes de type I, II et III ont toujours, évidemment, une certaine étendue spatiale. Mais quelle que soit la complexité de la trajectoire suivie, ils sont caractérisés par un comportement discontinu, et cette incontinuité définit un point unique, en longitude et en latitude. Par exemple, pour les phénomènes de type I, ce point est celui où « l’objet » a été décrit comme « posé », ou mieux la localisation exacte des prétendues traces, quand on en a retrouvé à la suite d’une enquête officielle, comme cela fut observé. (Dans le cas de Lencouacq, un arbre a été partiellement calciné.) Pour les phénomènes de type Il, qui sont en général visibles d’une région assez large de par les considérables dimensions du « nuage vertical » et son extrême luminosité, le point que nous adoptons est celui au zénith duquel les « objets secondaires » sont dits avoir été « engendrés » par « l’objet » principal. De même, pour les phénomènes de type III, le balancement, l’arrêt soudain ou la descente en feuille morte sont des discontinuités précises qui définissent très bien un point au sol.
Ces remarques nous conduisent, plutôt que de calculer les alignements à partir du plus grand nombre possible de points, à ne considérer qu’un petit nombre d’observations dont la localisation sur le terrain peut être faite avec une erreur de l’ordre de 1 ou 2 km.
Les premiers calculs que nous avons faits donnent une illustration des difficultés de sélection. Par exemple, l’intéressant alignement Southend-Po di Gnocca du 15 octobre 1954, que nous avons calculé après Bayonne-Vichy, n’est pas défini correctement par ses deux observations extrêmes, faute de rapports détaillés. Le calcul est donc basé sur les trois observations de Calais et Isbergues (type I) et de la route nationale 68 entre Niffer et Kembs (type II) où la position des témoins est donnée précisément. Le calcul relatif à l’alignement Perpignan-Foussignargues-Lemps-Prémanon-Rixheim présenté pour le 27 septembre 1954 a mis en évidence un fait difficile à contrôler sur la carte elle-même, à savoir que l’appartenance de Prémanon et de Rixheim à une droite Perpignan-Foussignargues est très douteuse, l’erreur étant de plusieurs kilomètres. Une discussion délicate intervient ici, et elle illustre bien les remarques faites plus haut. En effet nous n’avons pas une observation unique à Perpignan, mais une série d’observations dispersées dans un rayon de 20 km. Mais dans cette série on trouve un cas du type I bien déterminé dans la banlieue de Perpignan, et ce point a été adopté pour le calcul. Dans un tel cas nous prendrons systématiquement le point correspondant au phénomène de type I. La méthode de sélection des observations est ainsi définie sans ambiguïté.
## Un catalogue d’observations de « MOC ».
Pour les calculs généraux envisagés nous devons disposer d’un grand nombre de points d’observation bien définis en longitude et en latitude. Malheureusement, aucun catalogue sérieux n’a été publié jusqu’à ce jour, chacun n’ayant pris, semble-t-il, dans l’ensemble des rapports, que ceux qui apportaient une confirmation d’une théorie particulière. Quant aux livres sur la question, ils sont pauvres en informations utilisables. Aucune référence directe n’est donc possible, et chaque source doit être reprise et contrôlée avec soin.
Force nous a donc été d’entreprendre la codification des observations dispersées dans diverses listes, le plus souvent inédites, et de calculer les coordonnées du plus grand nombre de points utiles, pour dresser un premier catalogue revêtu de garanties sérieuses. Il est apparu nécessaire de fixer une limite à l’extension de cette liste, et nous avons décidé de donner seulement cinq cents observations, le travail de codification et de calcul des coordonnées étant considérable. D’autre part, ces cinq cents cas constituent mieux qu’un simple échantillon pour l’étude que nous projetons, car ils comprennent uniquement des témoignages contrôlés, précisément localisés, et dont l’appartenance au « phénomène MOC » n’est pas contestable. Au point de vue de la répartition dans le temps, les cas de 1954, spécialement ceux qui ont été utilisés dans les calculs précédents, constituent la majorité du catalogue. Mais, afin de conserver l’aspect général du phénomène, nous avons inclus les observations les plus communément rappelées dans les ouvrages spécialisés, et même quelques observations anciennes. (Une observation comme celle de la taïga sibérienne avait évidemment sa place dans ce premier catalogue.)
Nous avons surtout cherché à faire figurer dans ce travail une série aussi complète que possible de cas du type I, II et III, ces cas étant ceux pour lesquels le pourcentage de confusions avec des phénomènes classiques est théoriquement moindre. Dans ce domaine, une liste d’observations du type I, réunie par G. Quincy avec un remarquable souci de précision (20) a été utilisée pour le contrôle et le recoupement de toutes nos autres sources. En addition à (19) ont été utilisés les éléments publiés par Mebane (6) et par Keyhoe (23, 24, 25) et Ruppelt (2) pour les événements américains. Enfin, les dossiers Charles Garreau1 et les documents que nos propres recherches nous ont permis d’obtenir ont fourni certains compléments d’information, notamment sur les témoignages des membres des services officiels français, non livrés en général à la connaissance de la Presse. Dans un petit nombre de cas, d’autres sources ont été utilisées qui sont indiquées plus loin dans un tableau général.
Le catalogue dont le principe vient d’être exposé est donné en appendice. Il se compose des cinq cents observations annoncées, numérotées dans l’ordre chronologique. Chaque cas est accompagné d’un code donné dans un système qui a été décrit en détail ailleurs (203).
En utilisant les observations mentionnées dans ce catalogue, nous avons calculé et tabulé avec un intervalle convenable les soixante-cinq alignements qui ont été proposés pour la période en question.
## Les réseaux existent.
En possession de l’ensemble de ces résultats, une vérification systématique des propositions annoncées peut être entreprise.
De nombreuses personnes ont, bien avant nous, cherché à effectuer cette vérification en joignant les points par des droites sur des cartes détaillées. Cette méthode ne peut donner que des résultats incertains, confus et peu fidèles. Au contraire, une interpolation très poussée est possible à partir des tables donnant le tracé théorique des grands cercles, et la question de l’existence des alignements peut être discutée sérieusement, « chiffres en main[5](index_split_124.xhtml#footnote-5) ».
Une méthode simple d’utilisation des tracés théoriques consiste à porter sur la carte même les points obtenus : lorsque le calcul est fait tous les dixièmes de degré, l’interpolation linéaire est une excellente approximation et il devient aisé de déterminer la distance de chaque point d’observation au grand cercle moyen. Un exemple particulièrement net est trouvé par Bayonne-Vichy, l’écart observé pour les six points étant inférieur à 1 km excepté dans le cas de Gelles (encore faut-il rappeler que le témoignage de Gelles est de type IV, et relatif à un phénomène nocturne), mais là encore on doit admettre que Bayonne-Vichy ne constitue pas un phénomène isolé. Une précision semblable s’observe pour plusieurs autres grands cercles et, lorsqu’on trace sur papier millimétrique, à une échelle telle qu’une erreur de 1 km est clairement discernable, l’ensemble des tracés théoriques obtenus pour les grands cercles, le résultat est une confirmation générale du phénomène annoncé par Aimé Michel.
Si nous nous procurons des cartes locales détaillées des trois régions où le phénomène de l’intersection en étoile est censé se produire (nous avons pour notre part utilisé les cartes Michelin au 1/200 000ᵉ, où 1 cm représente 2 km), on obtient encore d’intéressantes observations. Ces régions sont celles de Poncey-sur-l’ignon, de Montievicq et de Domérat. Sur ces trois cartes, portons les tracés théoriques des grands cercles : il est clair qu’à cette échelle ils ne se couperont pas avec une précision infinie, et que l’on observera un certain nombre de points d’intersection distincts. On peut alors déterminer, d’une part, le rayon du plus petit cercle que l’on peut tracer en touchant tous les alignements, d’autre part le rayon du cercle qui contient tous les points d’intersection. Appelons r et R ces deux rayons. Dans le cas de Poncey-sur-l’Ignon, nous avons trouvé que le phénomène de recoupement en étoile était vérifié de manière satisfaisante. Les valeurs trouvées sont :
r = 600 m, R = 4 000 m.
Dans le cas de Montlevicq, nous avons un résultat nettement moins bon :
r = 1 400 m, R = 5 000 m.
Enfin dans le cas de Domérat, le recoupement en étoile ne nous paraît pas vérifié.
Ces résultats montrent selon nous que les alignements et les réseaux décrits par Aimé Michel sont un fait réel. Il reste à savoir si la possibilité de leur apparition par hasard n’a pas été considérablement sous-estimée.
# 6
LE RÔLE DU HASARD
##
Une certaine perplexité.
Que peut-on dire des résultats qui viennent d’être obtenus ? Bien que nous soyons encore loin d’un stade où la précision sur les coordonnées des points d’observation permettrait d’atteindre des conclusions irréfutables, le matériel dont nous avons disposé est suffisamment clair et défini pour que les calculs de grands cercles, du moins en ce qui concerne la France soient fondés. Les observations signalées comme se portant sur des arcs de grands cercles sont effectivement alignées, les alignements présentés comme formant des réseaux se recoupent effectivement avec une précision acceptable, en tout cas, pour les deux principaux réseaux de Poncey et de Montlevicq. Les observations d’Aimé Michel sont donc exactes.
En nous tirant de cette perplexité, il semble pourtant que l’idée d’une structure d’alignements ne fasse que nous plonger aussitôt dans une autre. Il peut sembler que nous tenions là une clef d’importance pour l’étude du « phénomène MOC », que les questions de base s’en trouvent considérablement éclaircies. Mais en est-il bien ainsi ?
Qu’avons-nous gagné, qui nous renseigne sur les propriétés physiques du phénomène ? Quelle existence pouvons-nous rattacher à ces grands cercles ? Il n’est pas d’alignement « idéal » : quelle que soit la précision avec laquelle les coordonnées sont calculées, l’alignement disparaît toujours au-dessous d’un certain critère de distance : à quel fait physique peut-on rattacher la « largeur » d’un alignement ? Faut-il chercher à concevoir un phénomène apparaissant sélectivement sur des grands cercles ? N’est-ce pas compliquer encore une situation déjà sujette à tant d’incertitudes ?
Devons-nous conclure que la majorité des alignements (surtout ceux de trois points) est due au simple hasard, mais que certains grands cercles particulièrement définis sont « Significatifs » ? S’il en était ainsi, le rassemblement de quantités d’informations de plus en plus considérable devrait préciser la structure d’alignements. Or les recherches faites sur ce point ne sont pas encourageantes ; les alignements traversent des amas d’observations dont les contours sont mal définis. On peut chercher à montrer l’existence d’une « structure interne » en admettant que l’on considérera comme significatif un alignement sur lequel des points nouveaux viendront se reporter à plus ou moins longue échéance, mais la densité en lignes est maintenant telle qu’une définition de cet ordre ne pourrait trouver de critère sérieux sur quoi s’appuyer.
Le moment est donc venu de reconsidérer complètement le problème, et de se demander si la part du hasard dans la réalisation des réseaux n’avait pas été radicalement sous-estimée. Le problème ainsi posé est tout à fait typique d’une série de questions qui ne peuvent être abordées de manière systématique que grâce à l’utilisation de méthodes impersonnelles décrivant complètement la situation, sans introduire au départ les hypothèses simplificatrices que le calcul à la main impose. La méthode adaptée à l’étude d’un tel problème est la simulation. Dans le cas qui nous occupe, elle apporte une solution d’une grande sûreté.
## Nous « simulons » une vague de « MOC »
Pour simuler les réseaux d’alignements, nous allons réaliser la génération de points au hasard sur une surface sphérique représentant la France (c’est-à-dire de dimensions et de géométrie comparables) et nous chercherons à mettre en évidence tous les alignements ou, plus précisément, tous les grands cercles sur lesquels trois au moins de ces points se portent avec une précision donnée. Pour cela, une méthode « presse-bouton » entièrement automatique doit être mise au point pour éliminer la psychologie de l’expérimentateur.
Il nous semble en effet que le facteur psychologique ait été, dans les tests statistiques sur la validité des alignements qui ont été proposés jusqu’ici, considérablement sous-estimé. Ce facteur intervient dans la définition même du la notion d’alignement, ce qui devient évident si le lecteur veut bien considérer un instant la figure 15, où trois points d’observation, A, B et C sont considérés. Si l’imprécision Sur chaque point est x, chaque « observation » est en fait un disque de rayon x. Dès lors on se trouve devant des cas où l’alignement BC peut passer par A alors que l’alignement AB ne passe pas par C.
Nous avons de même sur la figure 16 une situation où A et B se trouvent si près l’un de l’autre que toute une série de points C peuvent réaliser l’alignement, en ce sens que le contre du disque B se trouvera compris dans la bande rectangulaire AC. Sur ces figures, les dimensions des points ont été extrêmement exagérées, puisque x est de l’ordre du centième de la distance qui sépare les observations dans la

Figure 15: Illusion fréquente dans l’étude des alignements : A est aligné avec B et C, mais C n’est pas aligné avec A et B.
pratique, mais l’erreur introduite reste considérable, et l’on peut avoir que les tenants de la théorie des alignements en ont souvent été les victimes.
Il est pratiquement impossible de tenir compte de tels phénomènes dans une formulation théorique du problème, à moins de se lancer dans des considérations inextricables où les questions de base seraient rapidement perdues de vue, et il est tout aussi impossible d’éliminer cette tendance à effectuer un choix subjectif (d’ailleurs inconscient) entre les alignements lorsqu’on se trouve devant une carte où 20 à 30 observations ont été figurées par des punaises de couleur et que l’on cherche à y distinguer une structure. Il semble bien que les tenants de la théorie des alignements, y compris les auteurs de ce livre, aient été les victimes de phénomènes de pattern-recognition : une autre limitation est l’impossibilité pour le cerveau humain d’analyser un nombre pratiquement infini de combinaisons possibles de points, et surtout l’impossibilité de les étudier de sang-froid et sans fatigue. Il suffit d’un peu d’observation par soi-

Figure 16: Difficulté de la définition théorique d’un « corridor » : dans le cas illustré ci-dessus, tous les points marqués C peuvent être considérés comme « alignés » avec les points A et B.
même pour se rendre compte combien le point de vue sous lequel un alignement ou un réseau est considéré dépend des alignements, des réseaux, ou des éléments de structure déjà trouvés, aussi devons-nous donc admettre que des qualités d’imagination précieuses pour amorcer une nouvelle direction de recherches font du cerveau humain un instrument de travail infidèle dès qu’il s’agit de les contrôler. Nous allons montrer dans les pages suivantes comment ces facteurs subjectifs ont pu exercer leur influence dans le problème qui nous intéresse.
Étant donné une distribution quelconque de points sur une surface, l’apparition d’alignements entre ces points est un problème de critères : en jouant sur le nombre de points inclus dans la distribution, sur la grosseur de ces points qui, en tant que lieux d’observation d’un phénomène physique ont une étendue finie, et sur la forme géométrique de la surface envisagée, on peut discuter à l’infini du nombre d’alignements que le procédé engendre et aboutir à des résultats totalement opposés : cette discussion est sans aucune valeur si on ne la rapporte pas à un cas concret. Aussi avons-nous choisi de simuler une vague française de « Soucoupes volantes » semblable à cette de 1954 en représentant le territoire français par une surface géométrique et en étudiant systématiquement les caractères des grands cercles apparaissant par le fait du hasard, de manière à pouvoir discuter sur les résultats trouvés par la même méthode à partir des distributions réelles.
## Une découverte surprenante.
L’objet de cette étude est d’établir les lois de variation du nombre d’alignements de trois et quatre points apparaissant par le fait du hasard dans une distribution donnée, quand on fait varier le critère de distance aussi bien que le nombre de points. Une autre courbe intéressante à trouver est celle qui représente la variation du nombre d’observations isolées (non alignées) en fonction des mêmes paramètres. Nous verrons que plusieurs remarques importantes se déduisent des courbes obtenues et de l’observation des structures réalisées.

Figure 17: Réseau réalisé « par hasard » à un kilomètre près.

Figure 18: Réseau réalisé « par hasard ». Critère de distance : 2,5 km.
Après diverses expériences préliminaires sur des distributions de moyenne importance, nous avons examiné les résultats donnés par des structures de 30 points avec des critères de distance de 2,5 km et de un km. Évidemment, les résultats que l’on aurait obtenus avec des structures de 29, 28, 27 points, etc., s’analysent sans difficulté puisque la table complète des alignements est imprimée par la machine. On peut ainsi déterminer les nombres d’alignements de trois et quatre points obtenus, et le nombre d’observations restées isolées, ce dernier étant traduit en pourcentage. Le résultat (moyenne des expériences réalisées) est indiqué sur la figure 19.
Les figures 17 et 18 montrent des exemples de réseaux trouvés selon des critères de distance de 2,5 km et un kilomètre. On voit que les structures ainsi réalisées ne le cèdent en rien aux réseaux les plus complexes mis en avant comme preuves de la théorie des alignements. Il est à noter surtout que pour une distribution quelconque comprenant plus de 25 points, le pourcentage d’observations isolées devient pratiquement nul. Toutes les observations sont alors situées sur des alignements, et la probabilité de réalisation de réseaux très complexes devient soudain extrêmement élevée.

Figure 19: Loi statistique de l’apparition des réseaux. Noter que le pourcentage d’observations isolées s’annule très rapidement quand le nombre de points augmente.
Aimé Michel écrivait avec raison dans (5) : « L’important n’est pas de savoir ce qu’il y a derrière l’« orthoténie », mais de rassembler assez de documents pour déterminer une bonne fois si elle est ou non un fait réel. » Les expériences que nous avons faites semblent montrer que les structures d’alignements sont un fait réel, mais que ce fait n’est pas inexplicable par le fait du seul hasard.
Nous donnons sur la figure 18 une autre structure apparue sur des points au hasard. Alors que, dans une distribution précédente, les points répartis pratiquement uniformément sur la région considérée conduisaient à quatre alignements de 4 points et 24 de 3 points, à 2,5 km près (dont trois alignements de quatre et quinze de trois se conservaient à 1 km près) nous trouvons sur la figure 18 une ligne de 5 points, cinq de 4 points et vingt de 3 points. Nous noterons donc que, malgré la grande similitude entre les structures obtenues par le fait du hasard et les réseaux de l’automne 1954, nous n’avons pas trouvé d’alignement de six points comparable à Bayonne-Vichy, même dans des distributions utilisant un nombre double de points. Nous reviendrons sur cette remarque au paragraphe suivant. Un certain nombre d’expériences du même type ont été effectuées et ont conduit à des résultats semblables, confirmant d’une manière très générale l’identité des réseaux « orthoténiques » avec des réseaux apparaissant par hasard. Mais pour revenir sur ce point plus en détail, nous avons repris avec la même méthode les réseaux réels, qui n’ont pas encore été déduits des observations par un procédé objectif.
## Retour sur la vague de 1954.
Trente points d’observation sont connus avec une raisonnable précision pour la journée du 7 octobre 1954 (réseau Montlevicq) Ils constituent une base de comparaison convenable entre les structures réelles et les structures dues au seul hasard que nous venons d’étudier. L’application de notre méthode automatique a mis en évidence un alignement de six points (Cassis-Montievicq-Ballon-Lavenay-La Ferté-Cherbourg) qui avait été proposé par Aimé Michel et que nous avions calculé sous le nom de « CAMAC » ; vingt et un alignements de trois points parmi lesquels se trouvent cinq des principaux alignements prévus par Aimé Michel.
Avec un critère de distance moins restrictif, on aurait évidemment reconstitué toute la structure proposée à l’origine, mais notre but ici n’est plus de vérifier cette structure, dont l’existence a été abondamment démontrée, mais de contrôler son caractère significatif par comparaison avec lus réseaux trouvés par hasard.
Si l’on rapproche la figure 20 des structures précédentes, obtenues par hasard, aucune raison n’apparaît de faire une différence quelconque entre les causes qui les ont produites. Si l’on compare les deux réseaux donnés ici au hasard et le réseau du 7 octobre, du point de vue du nombre dus alignements trouvés, on peut dresser le tableau suivant :
| alignements de |
---|---|---
| 6 | 5 | 4 | 3 | points
Réseau 1 (hasard : | 0 | 0 | 4 | 24 | points
Réseau 2 (hasard) : | 0 | 1 | 5 | 20 | points
Réseau Montleviq : | 1 | 0 | 0 | 21 | points
Aucune raison n’existe donc de faire une différence entre lus structures d’alignements obtenues à partir des observations du « phénomène MOC » et celles apparaissant par le lait du simple hasard, le phénomène du recoupement en étoile perdant son caractère exceptionnel.
Un point intéressant reste à discuter : l’alignement de six points qui apparaît dans la distribution mériterait à lui soul une étude spéciale. Malheureusement, nous retrouvons là le même obstacle mentionné au cours des calculs préliminaires. Le peu de considération donnée officiellement aux observations fait que les seules données dont nous disposons sont les descriptions, souvent brèves, données par la Presse. Il est donc impossible de contrôler la précision apparente du grand cercle trouvé, qui peut résulter d’une simple chance dans le choix des coordonnées. II nous paraît douteux que l’on puisse atteindre le fond du problème, et trancher définitivement la question de l’existence des alignements, tant que l’erreur moyenne sur la position du phénomène observé n’est pas inférieure à 1 km. Un exemple encore plus aigu en est fourni par les observations du 24 septembre 1954.
Une recherche soigneuse de documents relatifs à la période considérée nous a permis de découvrir plusieurs observations nouvelles pour le 24 septembre, portant le nombre total de points à 14.
La figure 21 montre les alignements obtenus par la même méthode de calcul automatique. Trois alignements de trois points figurent dans cette distribution, ce qui est entièrement conforme à la loi trouvée précédemment et illustrée figure 19. Mais Bayonne-Vichy se confirme et

Figure 20: Le réseau du 7 octobre retrouvé par une méthode automatique de recherche des alignements. Le calcul confirme l’existence des réseaux décrits par Michel, mais indique qu’ils peuvent être attribués au hasard.
apparaît comme un élément très inattendu, un alignement lu 6 points dans une distribution de 14 étant extrêmement improbable. On pourrait faire la même remarque à propos de deux ou trois autres alignements spécialement repérables comme ceux de Southend-Po di Gnocca du 15 octobre.
Nous pensons donc que l’attribution au hasard des réseaux « en étoile » comme Montlevicq ne constitue pas Une infirmation définitive de l’existence des alignements. Elle fait seulement apparaître un conflit entre la précision requise par la méthode mathématique et l’information fragmentaire que nous détenons sur les observations elles-mêmes. Il serait très dangereux de demander aux données

Figure 21: Les observations du 24 septembre 1954.
dont nous disposons plus qu’elles ne peuvent fournir. Les expériences entreprises ici montrent seulement que l’étape suivante dans cette direction d’étude est une nouvelle recherche d’information sur les lieux mêmes.
## Conclusion sur l’étude des alignements.
Les derniers résultats que nous avons présentés seront probablement considérés par certains comme une réfutation complète de la théorie des alignements. Nous ne serons pourtant pas aussi catégoriques.
En effet, le lecteur voit sans doute clairement que nulle conclusion absolument générale sur la non-existence de certains alignements ne peut être tirée du présent ouvrage. Les analyses conduites établissent seulement que, parmi les alignements proposés, la grande majorité, sinon la totalité, doivent être attribués au pur hasard, sans qu’il soit possible de dire précisément lesquels, et que, dans les deux réseaux « en étoile » dont l’existence se confirme à la suite d’une série de calculs systématiques, il n’y a rien dont ne puisse rendre compte la superposition d’un phénomène de hasard et d’une observation de type Il, dont le caractère de source de dispersion a été, selon nous, bien établi par Aimé Michel.
Avec la précision actuellement atteinte sur la localisation des observations, le caractère significatif d’un réseau comme celui de Montlevicq est illusoire. Il n’en reste pas moins que deux ou trois alignements de base comme Bayonne-Vichy et Southend-Po di Gnocca résistent à cette analyse : mais en l’absence d’information nouvelle sur ce qui s’est réellement passé aux points d’observation indiqués, tout prolongement de la discussion sur le fond de la théorie des alignements est dénué de fondement.
Il nous semble que la parole revient donc maintenant aux recherches détaillées sur le terrain : il faudrait retrouver les témoins, les interroger à nouveau, établir un système de critères fermes pour l’adoption des coordonnées de chaque point, et ne plus attribuer la même importance aux cas de différents types.
Le problème qui se trouve posé à l’issue de ce chapitre VI n’est plus le contrôle global d’un grand ensemble de réseaux. Il se ramène à l’étude détaillée d’un très petit nombre de points définissant quelques alignements qui ne cadrent pas absolument avec les résultats d’un effet du hasard, comme Bayonne-Vichy. Mais nous avons la certitude qu’une méthode objective peut être mise sur pied pour déterminer de manière définitive si ces quelques alignements sont produits par une cause physique précise. Il restera, de toute façon, à élucider les autres aspects du « phénomène », qui impliquent des discussions plus complexes.
# 7
L’HISTOIRE DES « MOC » LA GRANDE ÉNIGME
## Les « MOC » : une réalité physique.
L’observation, au voisinage du sol ou au sol même, tomme à moyenne et haute altitude, et dans des conditions météorologiques diverses, par des témoins appartenant à des nations, des races et des milieux variés, d’objets ou d’images singulières évoquant sur le moment, non pas un phénomène naturel, mais une apparition contrôlée, associée à des mouvements difficiles à rattacher à la cinématique telle qu’elle est décrite par la science, et prenant souvent un caractère fantastique, voire onirique, est un événement fréquent depuis 1946.
Dans la première partie de cet ouvrage, nous nous sommes adressés aux caractères les plus absolus de ces observations, c’est-à-dire leur simple situation dans l’espace, sans considération des traits particuliers présentés par chaque témoignage. Nous nous sommes ainsi limités à la recherche d’une possible loi de répartition topographique des observations. Nous allons maintenant élargir cette étude en rappelant d’abord comment le phénomène se présente aux yeux des témoins.
La « soucoupe volante » (qu’il s’agisse là d’un véritable objet matériel ou au contraire d’un phénomène physique classique mal interprété, voire d’une vision) est l’image d’un « objet » de complexité variable, mais dérivant dans la plupart des cas de la forme sphérique. Tantôt ellipsoïdale, discoïdale, ovoïde, fusiforme ou cylindrique, voire conique, cette image est celle d’un « objet » fermé sur lui-même, et dont l’apparente surface portante ne semble jouer dans le mouvement qu’un rôle secondaire.
Le caractère essentiel de son mouvement est souvent d’être fugitif[6](index_split_125.xhtml#footnote-6) . Associée à une forme dérivée, forme de la sphère ou de la « mandala » goutte d’eau, cette fugitivité donne évidemment une sensation trouble et pénible de rêve éveillé ou de délire, non seulement pour le témoin lui-même mais, à un moindre degré, pour l’enquêteur qui le questionne ou la personne qui lit son témoignage. La réaction humaine à l’observation apparaît donc comme complexe et impropre à l’analyse rationnelle directe. Il est intéressant de noter que c’est un psychanalyste, C. G. Jung, qui fit le premier pas dans l’étude du phénomène (110) et, bien que ses conclusions ne jettent que peu de lumière sur la nature physique et l’existence matérielle des « soucoupes », elles permettent de mieux comprendre l’atmosphère psychologique qu’elles ont créée, et dans quel état d’esprit les milieux scientifiques, dont le jugement est évidemment déterminant, ont établi leur opinion.
Cette opinion n’est faite actuellement que de remarques d’ordre général portant, soit sur les possibilités de mésinterprétation d’objets de fabrication humaine, soit sur les diverses causes physiques susceptibles de créer les images en question. La plupart des hommes de science, qui ne connaissent du phénomène que la relation, par des témoins abusés, de l’observation d’un météore ou d’un ballon, ainsi que les truquages photographiques de quelques escrocs, ont choisi de nier l’existence réelle de « l’objet-soucoupe » et ont acquis la conviction que toutes les observations peuvent être mises de même sur le compte de l’hallucination, du mirage et de la plaisanterie. Nous aurons l’occasion de discuter cette attitude plus loin sur des exemples précis.
## Les vagues.
Une caractéristique importante du « phénomène » apparaît quand on ne considère plus les témoignages un à un, mais l’ensemble de l’évolution du problème depuis 1946. On découvre alors que les observations ne se répartissent pas de manière aléatoire dans le temps : de longues périodes s’écoulent sans que l’on ait connaissance d’un cas nouveau à moins d’examiner très soigneusement l’ensemble de la Presse dans plusieurs pays. Puis le problème reparaît à la première page des journaux, et prend un caractère « sensationnel » qui détourne de son étude les personnes de bon sens. D’autres fois, la Presse s’étant lassée d’un sujet trop exploité, ce n’est que la patiente constitution de fichiers qui permet, plusieurs années après les événements, de constater un brusque changement dans la densité des témoignages au cours d’une période donnée.
Ce caractère est important, car au même titre que les théories portant sur la forme et le comportement cinématique des prétendus « engins », toute tentative d’explication du phénomène devra rendre compte de ces amples et brusques variations du nombre de rapports, qui ont été souvent désignées sous le terme de « vagues », que nous emploierons nous-mêmes. C’est à l’étude de cette variation dans le temps que cette deuxième partie est généralement consacrée.
Aucune des vagues n’a été limitée à une région particulière du globe. Pourtant, on a pu observer que chacune d’elles a donné son maximum dans une région précise. Ainsi les vagues de 1947, 1950 et 1952 ont surtout été observées aux États-Unis, mais elles ont aussi donné lieu à un nombre croissant de cas en France, pays qui fut certainement le centre du « phénomène » en automne 1954, période particulièrement riche en témoignages précis. En 1956, l’ensemble du globe a connu une recrudescence de cas, tandis que les États-Unis atteignaient un sommet très brusque en novembre 1957. Il semble ensuite que l’Amérique du Sud, où de nombreuses observations avaient été laites au cours des vagues précédentes, ait pris le pas sur las autres régions. 1962 fut très chargée en descriptions, 1963 fut, au contraire, une année calme.
Le développement d’une vague, dans un pays donné, se fait en général d’une manière indépendante des événements enregistrés ailleurs, dont la nouvelle n’atteint le public que bien plus tard. La Presse est le lieu de rencontre des informations une fois l’intérêt de l’opinion déclenché par les premiers cas de quelque importance. Mais il ne semble pas qu’il y ait influence psychologique d’un pays à l’autre dans ce domaine. Un phénomène de Presse s’attache souvent au déroulement de la vague. On peut s’attendre à le voir débuter plus tard et durer plus longtemps que le phénomène objectif qu’il n’admet pas immédiatement, et qu’il cherche ensuite à prolonger. Le nombre d’observations s’élève rapidement, passe par un maximum qui peut être extrêmement aigu, et décroît ensuite régulièrement de manière plus lente, mais telle que l’asymétrie puisse être mise sur le compte du « phénomène » d’opinion qui vient d’être décrit[7](index_split_126.xhtml#footnote-7) . Bien entendu un bruit important vient troubler l’établissement de la loi de variation ; de nombreuses dates sont approximatives si l’on utilise une seule source d’information. On peut donc s’attendre à certains écarts spasmodiques par rapport à une variation moyenne continue. Néanmoins, on trouve parfois, d’un jour à l’autre, des différences de fréquence telles (certains jours proches du maximum d’une vague s’avèrent éventuellement parmi les plus pauvres en observations : voir structure de la vague de 1954) que l’on peut s’interroger sur leur caractère significatif. Discuter de ces effets secondaires n’est cependant pas utile dans le cadre de notre description générale, et il importe de décrire d’abord dans ses grandes lignes l’évolution du problème.
## Des « mandalas » aux « soucoupes volantes ».
Selon C.-G. Jung, l’idée d’engins lenticulaires ou en forme de « gouttes d’eau » (mandalas), aux évolutions essentiellement silencieuses et rapides, a existé bien avant les Temps modernes, et l’on en retrouve les traces dans les rumeurs de légendes populaires d’un passé si lointain que la psychanalyste est fondée à les replacer dans un tableau général de l’inconscient collectif de l’humanité, et à les assimiler aux phénomènes modernes.
Cependant, il semble difficile de confondre dans une même étude témoignages anciens et témoignages modernes avant une justification détaillée, car on ne retrouve pas, dans la fréquence des apparitions au cours de l’histoire, une loi donnant l’indication d’une nette succession de vagues. On peut seulement noter que certaines années où certaines époques ont été plus riches en observations, la période 1916-1946 étant une des plus pauvres, fait qui semble assez peu connu, et donne d’autant plus de relief aux observations actuelles. Nous devrons donc revenir sur les cas antérieurs à 1947, car si l’on fait l’hypothèse qu’ils relèvent du même problème fondamental, ils posent plusieurs sérieuses questions, quel que soit le type d’interprétation vers lequel on s’oriente. Leur répartition géographique couvre les cinq parties du monde.
Au contraire, les observations de 1947 qui nous sont parvenues ont été faites en majorité aux États-Unis, si l’on exclut trois observations françaises au col de Serres (avril), à Montussan (juillet) et aux Moutiers (août), à vrai dire insuffisamment décrites. Un net maximum est enregistré au mois de juillet, et l’on peut dire que la période où le nombre de cas s’est réellement élevé au-dessus de la moyenne couvre les mois de juin et juillet.
Comme on le sait, le phénomène de Presse fut déclenché pur le témoignage de l’homme d’affaires K. Arnold le 24 juin. La première enquête de l’US Air Force fut alors ouverte. Un communiqué attribuant les faits à des hallucinations la termina le 4 juillet, jour où la vague sembla avoir précisément connu son maximum. Au même moment, G. Kuiper déclara que « les phénomènes décrits ne correspondent à aucun type de météore connu et qu’il s’agit manifestement d’objets fabriqués de main d’homme ». O. Lee émit une opinion semblable.
Le problème de l’investigation du « phénomène MOC » était donc dès ce moment clairement posé. Souvent, la réaction des milieux scientifiques et du public se faisait en attribuant à l’Armée la fabrication des « engins », tandis que la succession de témoignages venant de pilotes militaires permettait d’écarter par l’Air Force, au moins dans les conversations privées, l’idée d’hallucinations, de prototypes essayés par un service de recherche américain, ou d’appareils espions venant d’un autre pays. Mais il est difficile de fournir la preuve que les « phénomènes » étaient d’origine naturelle.
Officiellement pourtant une nouvelle explication, ou du moins une interprétation susceptible de rassurer l’opinion publique, qui ne se contentait pas de la théorie « hallucinations », devait être fournie. Une commission fut créée par décret du 30 décembre 1947. Placée sous l’autorité de l’Air Material Command à Wright Field AFB, elle avait parmi ses membres le Dr Hynek. Malgré sa définition officielle d’organisme de recherche, cette commission ne put jamais définir sa propre ligne d’action. En dépit des efforts de ses membres scientifiques, elle prit le caractère d’un centre d’enquêtes plutôt que de recherche, tandis que l’existence même d’une Commission étouffant la majorité des rapports interdisait à d’autres groupes de chercheurs d’envisager une étude autonome du problème.
Le 7 janvier 1948 le capitaine Mantell trouvait la mort dans les conditions dramatiques que l’on sait. La généralité des cas restait par ailleurs stationnaire, puis diminuait en 1949. Le 27 décembre, la Commission était dissoute. Son communiqué du 27 avril 1949 avait admis avec prudence d’existence réelle des « soucoupes » et la possibilité de leur origine extra-terrestre. L’attitude officielle fut toute différente, et un inextricable tissu d’enfantillages scientifiques, de communiqués contradictoires, d’explications et d’interprétations naïves, fut pudiquement jeté sur le problème.
À partir de la dissolution de la Commission, les enquêtes furent entièrement prises en main par l’Air Force. En 1950 une nouvelle élévation de la fréquence des cas survint. Cette vague est marquée à la fois par plusieurs témoignages de scientifiques éminents et par les premières prises de position d’autorités du monde savant contre la réalité physique matérielle du « phénomène ». Déjà, le 20 août 1949, C. Tombaugh avait décrit une observation restée classique. Le 22 mai le Dr Hess, à Flagstaff, était le témoin d’une apparition du « phénomène » qu’il décrivit minutieusement. Elle fut discutée par G. de Vaucouleurs. L’intérêt croissant des milieux scientifiques pour le « phénomène » en 1950 contribua à donner un caractère purement académique aux recherches partielles qui furent alors entreprises. L’opinion semble bien avoir prévalu à ce moment que les événements eux-mêmes allaient nécessairement trancher dans un futur proche, soit que l’étude des cas mette enfin en évidence le phénomène physique à l’origine des observations, soit que des « visiteurs extra-terrestres » prennent décidément contact avec les autorités.
Le nombre de cas fut minimum en 1951. L’année suivante il s’éleva de nouveau, et prit cette fois un tel caractère que l’on put croire la seconde éventualité près de se réaliser : les 20 et 26 juillet 1952 une série d’objets survola la Maison-Blanche et le Capitole. Détectés au radar par plusieurs Stations simultanément, vus au sol et chassés par l’aviation, ces « objets » se répandirent en ballet au-dessus de la capitale pendant plusieurs heures. D’intéressantes données furent rassemblées sur le comportement du phénomène. Des vitesses atteignant 3 km/seconde furent calculées d’après plusieurs séries d’observations au radar.
Les rapports des stations radar devinrent ensuite innombrables, souvent appuyés par des témoignages de pilotes. L’Air Technical Intelligence Center réunit les dossiers et en entreprit l’étude. Le major Keyhoe poursuivit ses enquêtes parallèlement.
La vague de 1952 semble intéressante parce qu’elle montre le phénomène sous son aspect définitif : des séries d’observations où la mystification est impossible créent un phénomène de Presse et soulèvent l’intérêt passionné de l’opinion publique. En même temps, les bases de la discussion scientifique sont jetées et les diverses tendances, se rattachant à telle ou telle catégorie d’explication, sont fondées. Enfin le phénomène a pris son aspect mondial. Les observations les plus marquantes de la vague, celle d’Oloron et de Gaillac ont lieu en Europe, où les cas espagnols et nord-africains de 1950 étaient restés pratiquement inconnus. Pourtant, la discussion demeura académique. Les « objets » se présentent toujours comme essentiellement aériens. L’impossibilité d’en obtenir des traces, des fragments matériels, décourage l’ingénieur et le physicien. Si le phénomène est dû à des « engins », leur perfection mécanique est difficile à admettre pour le technicien habitué à faire intervenir dans son travail la notion d’usure et de panne.
En 1953, le nombre de cas diminue.[8](index_split_127.xhtml#footnote-8) Mais en 1954 intervient une période fondamentale. L’ensemble du globe connaît un énorme regain d’observations. Autant de cas sont rassemblés pour les mois de septembre et octobre en Europe que pour l’ensemble du globe depuis 1947. La France en particulier montre une extraordinaire densité de cas. La « soucoupe volante » perd son caractère académique. Elle passe dans l’expérience quotidienne. Elle accapare entièrement la Presse et les conversations. Les témoins sont des savants, des médecins, des acteurs de cinéma, des ingénieurs, des paysans, des pilotes, des dirigeants politiques, des écrivains. Les rapports sont cohérents, les enquêtes montrent que des groupes de témoins indépendants décrivent les mêmes phénomènes. Des dizaines de photographies sont prises. Elles montrent des disques brillants, des disques obscurs, des « cigares », des « cloches ». Des centaines d’observations d’engins posés au sol sont rapportées par des témoins apparemment sincères. Des paniques locales ont lieu. Des reporters battent, la nuit, la campagne dans l’espoir d’un cliché sensationnel. On rapporte que de « petits hommes » descendent des engins. Ils mesurent 1,20 m’et portent des scaphandres. Leurs yeux sont globuleux, leurs sourcils épais. Des êtres humains semblables à nous sont vus en leur compagnie. Ils montrent une grande prudence à ne pas s’écarter de leurs appareils. Ils prodiguent aux témoins des démonstrations d’amitié. Mais la curiosité en sens inverse se heurte à des faisceaux « paralysants ».… Un retraité de Béthune qui « fabrique » des soucoupes volantes manque d’incendier des récoltes. On tire sur des vagabonds que l’on prend pour des Martiens. Des traces sont relevées sur les lieux d’atterrissage. À Quarouble des traverses de chemin de fer sont enfoncées. Le poids calculé est de 30 tonnes. Des rumeurs invérifiables circulent.
Des « soucoupes » sont vues dans toutes les régions du pays. La première stupeur passée, on les accueille avec bonne humeur. Un dessin intitulé « L’idiot du village » montre un cercle de paysans entourant un timide personnage. « C’est celui-là qui n’a pas encore vu de soucoupe volante », dit la légende.
Le nombre d’observations décroît en 1955, quoique plus lentement que dans les périodes ayant suivi les précédentes vagues. 1956 connaît un regain d’activité qui passe alors inaperçu, car la Presse, saturée de sensationnel, ne lui fait aucune publicité. En 1957, une série de phénomènes présentant tous les caractères fantastiques de la vague de 1954, qui avaient paru incroyables au public américain, déferle sur celui-ci. Elle coïncide avec le lancement du second satellite artificiel de la Terre. Aucune confusion n’est pourtant possible : les témoins rapportent la vision de grands disques lumineux, posés au sol ou survolant les villes, arrêtant les moteurs de voitures.
Le « phénomène » continue de se manifester en 1958 et dans les années suivantes. Il présente des caractères bien établis et soulève désormais peu d’intérêt. Certes, on retrouve, en rassemblant les rapports de tous les points du monde, des séries de maxima et de minima. Mais on n’enregistre pas de vague au sens précédent. Les observations faites en Scandinavie et en Amérique du Sud, les deux centres importants depuis 1958, sont mal connues. En Europe occidentale et aux USA, les « soucoupes volantes » laissent un souvenir étrange dans l’opinion publique. Parmi les scientifiques, et spécialement parmi les astronomes, le sujet est soigneusement évité. Un discrédit absolu recouvre le phénomène. Discuter de sa nature n’apporte que des ennuis. Évoquer le problème est une « gaffe », une chose « qui ne se fait pas ». Un observatoire du Sud de la France dément à grand bruit une observation imprudemment portée à la connaissance du public. Dans les milieux militaires on constate la même autocensure. Rapporter la vision d’un « OVNI » est s’exposer à manquer une promotion. On dira de certains pilotes qu’ils « voient des choses ». Les éditeurs, à de rares exceptions près, découragent les livres sur la question. La science-fiction abandonne le thème. Quant aux Spirites et aux occultistes, ils se rangent parmi les plus sceptiques. Comme les lois de la physique classique, les « Soucoupes volantes » semblent contredire les principes favoris des amateurs de fausse science. L’unanimité est faite contre elles : sur cent onze observations faites en 1962, deux seulement sont mentionnées par la radio française. La solution empirique semble la seule efficace : si l’on ne parle plus de « soucoupes volantes » le problème de leur explication disparaît.
Les thèses avancées par quelques personnes qui ont décidé de consacrer leur temps et leur peine à étudier le mystère ne sont pas discutées. Les remarques qu’Aimé Michel publie dans son livre Mystérieux objets célestes, sont accueillies par un profond silence. Aucune voix ne s’élève pour le contredire. Des ingénieurs, des éducateurs, des psychologues, des médecins, commentent seulement l’ouvrage en privé. Des opinions isolées sont pourtant émises ici ou là. C. G. Jung prend étrangement position dans son livre déroutant, presque prophétique, Un Mythe moderne. Les escrocs qui avaient commencé à vivre de l’exploitation de la crédulité populaire cherchent d’autres sources de revenus. Le contact télépathique avec Vénus ne paie plus. Les journaux publiés par des groupuscules d’illuminés paraissent maintenant sur papier ordinaire, puis se contentent de feuilles ronéotées. Aucun des groupes d’investigation plus sérieux constitués aux États-Unis ne s’est jamais préoccupé de faire une véritable recherche. Aucun scientifique ne figure d’ailleurs dans leurs rangs, malgré leurs sous-entendus répétés. Pour sa part, le NICAP du major Keyhoe a surtout pour objectif de faire rouvrir une enquête officielle en passant par la voie du Congrès. L’absence de péril immédiat voue ces efforts méritoires à l’échec. Et l’UFO Investigator (organe du NICAP) voit le nombre de ses lecteurs baisser. L’A.P.R.O. Bulletin, publié par une autre organisation à vues plus scientifiques, s’est attaché avec sincérité et bonne foi à mettre en lumière les cas les plus significatifs et les remarques souvent importantes de ses collaborateurs étrangers. La majorité des périodiques spécialisés fabrique à tour de bras des observations pour garder ses lecteurs. Seules, deux revues importantes, même si elles accueillent encore trop souvent les professions de foi fantaisistes des illuminés, jouent un rôle de carrefour. Ce sont la Flying Saucer Review4 de Londres et l’Australian Flying Saucer Review.
Malgré le silence presque général de la Presse et des milieux officiels, la période actuelle est intéressante à plus d’un titre. Aucune passion violente n’est plus attachée au « phénomène-soucoupe » et les rapports peuvent enfin être étudiés avec des yeux neufs, dans une perspective froide et objective. La faillite apparente des explications traditionnelles offre un champ de recherches à de jeunes scientifiques. Le problème prend souvent l’apparence d’un véritable défi. Enfin, il nous semble que l’imminence des premières expéditions humaines vers les planètes impose comme devoir aux ingénieurs et aux spécialistes de l’espace d’étudier avec sérieux la possibilité d’une rencontre avec d’autres civilisations, qui est présente dans une étude du « phénomène MOC » comme les Commissions officielles l’ont affirmé explicitement à plusieurs reprises, la possibilité d’existence théorique d’autres civilisations que la nôtre dans la galaxie et dans l’univers étant par ailleurs établie par l’Astronomie. (Voir en particulier 249, 126.)
Il apparaît en résumé que l’histoire du phénomène peut être grossièrement divisée en deux parties. Dans la première (1946-1954) le caractère des observations est tel que des explications physiques classiques peuvent être recherchées (mirages, météores, prototypes). Dans la deuxième (après 1954) les témoignages deviennent à la fois si cohérents et si incroyables que le physicien ou l’astronome ne peuvent plus les discuter aisément dans le cadre classique : si une formation lumineuse, aperçue d’un avion, peut être discutée au point de vue physique d’après des considérations simples, il n’en est pas de même du prétendu « Martien » qui est rapporté avoir serré la main d’un boulanger du Finistère. C’est alors surtout au psychologue d’étudier le cas, et de rechercher une réponse. Aussi les explications proposées peuvent-elles être divisées en explications physiques et psychologiques, chaque tendance s’appliquant mieux à une certaine période de l’histoire du phénomène, et devant être discutée suivant ses propres critères.
## Les tentatives d’explication.
### A. Les enquêtes officielles.
Plusieurs remarques sont à faire, dans une étude objective du « phénomène MOC », sur les explications qui en ont été avancées. On doit noter d’abord que dans la plupart des cas les auteurs de ces théories appartiennent à la profession d’astronome, bien que le problème tombe beaucoup plus communément dans le domaine du physicien de l’atmosphère. L’astronome n’a que des éléments d’information générale sur la région où les apparitions ont le plus souvent lieu, et il ne dispose d’aucun outil d’observation ou d’investigation lui permettant de l’étudier dans cette région, comme cela fut remarqué par des astronomes appartenant aux Commissions d’enquête officielles.
Le fait que les explications aient été recherchées exclusivement, au point de vue physique, parmi le lot des phénomènes optiques classiques indique que les enquêteurs et les théoriciens se sont orientés dès le début vers un certain type d’interprétation, négligeant les autres possibilités. L’interprétation psychologique, par exemple, n’a jamais été explorée scientifiquement. Apparemment, on a plutôt tenté de faire cadrer les manifestations physiques observées avec les effets connus que l’interprétation optique suggérait à priori, que d’analyser objectivement les observations pour en tirer une conception générale.
Il nous semble que cette méthode a eu une incidence directe sur les cas qui ont été choisis pour servir de base à ces théories : les témoignages en question sont tous relatifs à la fraction des faits dont les caractères physiques tombent dans l’étroit domaine où se trouve précisément la plus grande probabilité de confusion entre le « phénomène MOC » et les phénomènes optiques et météorologiques, dont le mécanisme est connu comme pouvant confondre un témoin non averti. Pourtant, si l’on examine les témoignages ainsi sélectionnés comme représentant « typiquement » le « phénomène MOC », on note qu’il est impossible d’y retrouver une quelconque indication de l’existence des types bien délimités, ayant leurs caractères propres, qui s’introduisent de manière immédiate quand on étudie l’ensemble des rapports sans discrimination et choix préalable (seules les erreurs démontrées et les mystifications étant, évidemment, rejetées).
En particulier, il n’est pas possible d’y trouver trace d’observations de types I et Il, et rarement de type III. (Voir par exemple Ruppelt, 2.) Or le public fut beaucoup plus intéressé par les apparitions se produisant près du sol que par les rencontres aériennes. On est donc conduit à penser que, même si les thèses proposées expliquaient parfaitement les échantillons d’observations à partir desquels leurs auteurs ont travaillé, elles ne rendraient encore compte que d’une minime fraction des témoignages, et somme toute de la fraction la moins intéressante, puisque la plus imprécise en coordonnées et la plus évasivement décrite physiquement.
### B. Les interprétations physiques.
En passant en revue les tentatives d’explication du phénomène, il est utile de garder présent à l’esprit un tableau net des diverses thèses qui ont été proposées, dans le cadre des commissions d’enquête officielles ou en dehors d’elles. On peut les diviser immédiatement en deux groupes, suivant que l’interprétation fait appel à une cause physique ou à une cause psychologique.
Les interprétations physiques peuvent être inspirées par l’idée que les effets observés ne sont pas liés à un objet possédant une existence physique, mais à une image ou à un état électro-magnétique quelconque. En particulier, le Dr Menzel a étudié la possibilité d’interpréter le « phénomène » par des mirages et des conditions thermodynamiques causant une réflexion des ondes-radar. Les tenants des autres théories, tout en acceptant cette interprétation dans un grand nombre de cas du type IV, surtout vus depuis un avion en vol, font observer que les tentatives d’établir une corrélation entre la production du « phénomène MOC » et une circonstance météorologique spéciale se sont soldées par des échecs dans la grande généralité des cas, de même que les tentatives d’établir une corrélation avec la situation géographique ou climatique des témoins, alors que l’on souhaitait que la fréquence d’apparition d’un effet d’optique atmosphérique suive une loi fixe en fonction par exemple de la latitude et de l’altitude, de la température, du climat en général.
Une seconde catégorie d’interprétations physiques est définie par l’acceptation de la réalité physique de la cause du phénomène. C’est une thèse assez couramment admise actuellement, mais encore faut-il distinguer dans cette catégorie deux théories opposées. La première nie que cette cause physique soit liée à un objet matériel. Elle fait plutôt appel à des effets physiques comme l’éclair globulaire, les poches ionisées, etc. La seconde fait entrer en ligne de compte une cause physique liée à un objet matériel, lequel peut être entendu comme un appareil d’origine terrestre (ballon-sonde, satellite artificiel, avion) ou comme un corps d’origine spatiale (météore ou objet astronomique mal interprété), voire animale (oiseaux migrateurs) ou comme un engin extra-terrestre ; l’interprétation des « soucoupes volantes » comme des engins pilotés se range dans cette dernière catégorie.

C’est surtout à l’étude des subdivisions en explications physiques matérielle et non matérielle que nous nous arrêterons ici. On montre en effet que les autres séries d’interprétations, qui sont certainement applicables dans de nombreux cas individuels, rendent mal compte des événements dans leur ensemble et ne présentent pas de caractères de généralité suffisants. Il nous semble que les directions les plus intéressantes à suivre sont, d’une part celle qui considère les effets observés comme des manifestations de la foudre ou d’un phénomène de plasma (voir 214 et 218) et celle qui les attribue à un objet physique matériel obéissant soit à une volonté intelligente, soit à des lois naturelles encore inconnues. En effet, nous pouvons éliminer l’interprétation par les ballons-sondes qui ne peuvent manifestement expliquer ni les vitesses trouvées, ni les productions lumineuses secondaires, ni les variations de direction et d’altitude dont des exemples nombreux sont donnés dans la troisième partie de cet ouvrage, tandis que les météores, qui restent une importante cause d’erreur dans les rapports de type IV à courte durée ne peuvent également s’appliquer aux observations d’une durée supérieure à une minute, et par conséquent à la majorité des témoignages des types I, II et III. Les mésinterprétations d’objets astronomiques (passages de satellites artificiels) s’adressent évidemment à une trop faible fraction des témoignages pour être utilisables dans une théorie générale.
Enfin, l’on fera ressortir que, si l’on tombe finalement d’accord sur l’existence d’un appareil matériel à l’origine des manifestations observées, l’idée qu’il soit le produit de la technologie humaine actuelle sera exclue de par son comportement cinématique.
### C. Les interprétations psychologiques.
Les interprétations faisant appel à une cause psychologique peuvent être d’inspiration, soit psychopathologique, soit sociologique. Les premières sont basées sur les théories de la rumeur. Par exemple, le Pr Heuyer s’est attaché à construire le modèle théorique d’une « psychose » s’étendant de proche en proche, grâce au développement parallèle d’un phénomène de Presse. Or, dans l’état actuel des informations dont on dispose, une interprétation purement psychotique apparaît comme difficilement acceptable. On peut fournir à son encontre diverses indications tout à fait décisives, soit d’ordre géographique (en montrant que les observations ne sont pas significativement plus nombreuses dans les régions à densité de population élevée) soit d’ordre physique (le « phénomène MOC » étant essentiellement détectable au radar, etc.).
Les secondes attribuent purement et simplement le phénomène à l’invention, à la mystification, à l’imagination inquiète du public moderne. Le Dr E. Sänger a résumé cette thèse en déclarant : « Jusqu’à preuve du contraire, le technicien de l’aviation et du vol interplanétaire doit admettre qu’il s’agit d’une arme, vraisemblablement immatérielle, de la guerre des nerfs. » De toutes les théories avancées, celle-ci nous semble la plus faible, bien qu’elle puisse en principe, comme celle qui attribue les apparitions à des « engins », représenter toutes les observations. En effet, les professions et les caractères psychologiques des témoins sont, comme nous l’avons remarqué plus haut, aussi variés qu’il est possible, alors que la tendance à la mystification est bien associée à des caractères psychologiques précis. De plus les témoins ou les groupes de témoins sont très souvent indépendants.
Il existe évidemment plusieurs moyens d’apporter des indications pour ou contre chacune de ces théories ; mais avant de rechercher ces moyens on doit préciser à quelles conditions une interprétation devrait se soumettre pour être retenue, autrement dit, quels sont les caractères du phénomène dont elle doit rendre compte, ou du moins qu’elle ne doit pas contredire.
Ces caractères fondamentaux sont : l’accroissement considérable du nombre d’observations à partir de 1946, mais aussi leur existence déjà notée aux époques antérieures de l’Histoire ; la distribution de ces observations, non pas aléatoirement dans le temps, mais suivant des séries de maxima et de minima, l’absence de corrélation avec l’activité solaire, la radio-activité atmosphérique ou les chutes de météores, enfin la présence de caractères autonomes inobservables dans les effets physiques courants, la cohérence des détails notés par les témoins permettant de classer les observations suivant des critères parfaitement définis.
# 8
HISTOIRE DES OBSERVATIONS
## Avant la seconde guerre mondiale.
Des observations très semblables à celles qui sont rapportées depuis 1946, accompagnées d’un retentissement similaire dans l’opinion publique, ont été faites aux époques passées. La question de leur inclusion dans une étude du « phénomène MOC » ne se pose pas de la même manière suivant le point de vue – physique ou psychologique – que l’on adopte pour aborder le problème.
« La publicité faite autour des « soucoupes volantes » n’a commencé qu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Mais le « phénomène MOC » était déjà connu auparavant : il a été observé et décrit bien avant la première moitié du XXᵉ siècle, dans les siècles passés, et peut-être déjà dans l’Antiquité. »
Pour C. G. Jung, l’assimilation des observations anciennes d’objets circulaires aux témoignages modernes n’appelle donc pas de justification, puisque le psychologue est concerné par la « soucoupe volante » en tant qu’archétype. Et en effet, « dans la mesure où les corps ronds lumineux qui apparaissent dans le ciel sont considérés comme des visions, leur interprétation en tant qu’image archétypique devient indispensable ».
Les tenants des autres interprétations du phénomène, notamment les partisans des explications physiques, ne peuvent, eux, se passer de justifier cette assimilation sur une base plus concrète : la tradition populaire nous apporte tant de légendes, et nous la voyons, aujourd’hui encore, à l’origine d’inventions si étranges[9](index_split_128.xhtml#footnote-9) que l’on est en droit de considérer avec méfiance ces témoignages, en particulier ceux qui décrivent des corps circulant à grande distance de la Terre : ici, les archives astronomiques elles-mêmes constituent une référence intéressante. Elles contiennent de nombreuses mentions de « corps célestes » opaques, aperçus par des astronomes de profession. De tels corps ont été vus souvent, aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, se projetant sur le disque du Soleil ou de la Lune. Certaines de ces observations sont si bien établies qu’elles ont servir de base à Leverrier lui-même, comme on le sait, dans ses tentatives de détermination de l’orbite d’une planète circulant entre le Soleil et l’orbite de Mercure (Vulcain) (112). En 1947, L. Rudaux écrivait (113) :
« Les observateurs du disque solaire ont parfois vu passer devant lui, en manière de petites taches noires, d’énigmatiques corps célestes : ils se comportaient absolument comme les planètes Mercure et Vénus lorsque, toute proportion gardée, elles viennent s’interposer, à dates fixes et prévues, juste entre le Soleil et la Terre ; qualifier ces corps d’énigmatiques, cela veut dire qu’on ignore ce qu’ils sont et quelle est leur place parmi les autres. »
Charles Fort s’est attaché, dans plusieurs savoureux ouvrages, à en dresser des listes exhaustives. Tout en les conservant dans un tableau général de l’analyse du problème qui nous intéresse ici, nous considérons que la nature de ces « corps » échappe actuellement à toute discussion sérieuse, en l’absence de témoignages modernes. Il est important, en effet, de garder présent à l’esprit que les instruments anciens étaient parfois défectueux, et que les astronomes de l’époque étaient loin de comprendre, ou même d’imaginer, le mécanisme de phénomènes atmosphériques qui nous sont devenus familiers. La plupart des rapports en question ne mentionnent pas les caractéristiques des Instruments d’optique employés, indication indispensable, surtout dans le cas d’observation solaire.
Aussi pensons-nous qu’il est justifié d’adopter pour principe de considérer surtout les observations qui peuvent être localisées en longitude et en latitude au moins de façon grossière, c’est-à-dire les témoignages relatant la vision d’un corps dans l’atmosphère, les « corps opaques » inconnus aperçus jadis en projection sur le disque du Soleil ou de la Lune n’étant pas clairement établis.
Le nombre des témoignages anciens pour lesquels la question de l’identification au « phénomène MOC » se pose reste assez important. Nous rappellerons en particulier les cas de « météores exceptionnels » signalés dans plusieurs revues scientifiques, et auxquels C. Flammarion donna le nom de « bradytes. » Les témoins rapportent généralement la vision d’un corps lumineux circulaire ou ponctuel se déplaçant dans le ciel d’un mouvement trop lent pour être celui d’un météore en cours de chute. De plus, certaines de ces observations rapportent des changements de direction à angles droits, des évolutions variées et même des descentes au voisinage du sol d’un ou plusieurs « objets », et l’on retrouve bien là les caractères des observations modernes.
Bien qu’ils doivent être approchés avec des précautions considérables, les cas rapportés par la tradition populaire ne sont pas toujours à rejeter. Si l’on s’en tient au point de vue psychologique, ils sont à bien des égards plus intéressants que les témoignages de scientifiques « officiels » puisqu’ils participent plus directement de la rumeur. D’un autre côté, leur similitude avec les observations actuelles, aussi bien que la similitude des effets produits dans l’opinion publique, les fait retenir par le physicien aussi bien que par le sociologue, en ce qu’elle donne l’indication que le « phénomène MOC » n’est pas absolument spécifique de la période moderne, et que la cause objective de ses manifestations n’est pas apparue récemment, même si la question se pose d’expliquer sa recrudescence à partir de 1946.
Aucune raison sérieuse ne semble donc s’opposer à ce que les témoignages anciens, que ce soient des cas d’objets atmosphériques très lents ou à mouvement complexe dont la nature est restée inexpliquée jusqu’à nos jours (bradytes) ou des observations relevant d’autres types qui seront définis plus loin, donnant lieu à des effets d’opinion comparables à ceux que nous observons depuis 1946, soient inclus dans un examen général du phénomène.
L’étude de ces cas est riche, en effet, en rapprochements remarquables, comme cette description de la « vision très effrayante » survenue à l’heure du lever du soleil le 14 avril 1561 /Gazette de Nuremberg, citée par Jung, 110) qui montre le phénomène de type II classique, si clairement qu’on ne pourrait mieux le définir à partir des observations de 1954 :
« Outre des boules de couleur rouge, bleuâtre ou noire, et des disques circulaires, on vit deux grands tuyaux […], dans lesquels petits et grands tuyaux se trouvèrent trois boules, également quatre plus ». Une gravure de la collection Wickiana (Bibliothèque centrale de Zurich) montre ces « tuyaux » accueillant ou libérant des « disques circulaires ».
Il est important de garder présent à l’esprit que ces visions ne furent pas attribuées, comme le fait couramment le public moderne, à des êtres venus d’une autre planète, mais furent accueillies comme des signes divins, et les phénomènes objectifs furent parfois si mêlés à la rumeur visionnaire qu’il est bien malaisé de fixer, dans cette direction, la frontière du phénomène que nous voulons étudier. Le psychiatre et le sociologue seront tentés d’inclure dans leurs analyses certains rapports de « miracles » et d’autres événements inusités incontestablement liés, de même que les observations de « soucoupes volantes », à une matrice émotionnelle : les rapports des témoins de Fatima (où la vision d’un corps discoïdal présentant tous les caractères d’une « soucoupe volante » a été décrite) plongent en particulier certains chercheurs dans une grande perplexité. Nous pensons quant à nous que le physicien ne doit pas se laisser entraîner à discuter ces cas actuellement, et peut les rejeter provisoirement dans une catégorie spéciale, de même que les observations astronomiques de « corps célestes inconnus » sur lesquels la prise des instruments analytiques que nous avons à notre disposition est par trop faible. (Sur Fatima, voir surtout 127.)
En résumé, nous arrivons à la conclusion que les rapports de « visions aériennes » relatives à des « corps circulaires » localisables en longitude et en latitude, et dépourvus d’un contexte typiquement religieux ou légendaire, transmis par la tradition populaire depuis des époques antérieures à notre siècle, doivent en toute rigueur être inclus dans une étude objective du « phénomène MOC » qui n’est donc pas spécifiquement lié à la période moderne, bien que sa recrudescence en 1946-47 ait marqué certainement un tournant de son histoire.
## Les observations de la période 1944-1952.
### A. Les caractéristiques des témoignages de pilotes à partir de 1944.
Les rapports sur les visions assimilables aux cas de « soucoupes volantes » au cours de la seconde partie de la guerre sont imprécis et difficiles à analyser. Ils proviennent en majorité des équipages des escadrilles de bombardement alliées, et, si des enquêtes furent ouvertes, leur seul objet tait de déterminer si ces observations étaient attribuables à une arme secrète nouvellement produite par l’adversaire. L’impossibilité d’identifier les « objets » décrits à des engins propulsés suivant un procédé connu fut rapidement évidente, ainsi que l’absence d’observation à basse altitude.
L’opinion publique ne donna aucun retentissement à ces rumeurs, des événements beaucoup plus graves se déroulant chaque jour, et les témoignages furent exclusivement étudiés par les services spéciaux des différentes puissances, également soucieux de tirer la question au clair. Le nom de foo-fighters fut donné à ces corps. Quand les enquêtes faites à la fin des hostilités eurent établi qu’il ne s’agissait pas d’appareils volants d’origine terrestre, ces cas furent oubliés, pour n’être repris que lors des « vagues » d’observations qui se développèrent à partir de 1952. Lorsque des indices furent recherchés par des chercheurs américains, l’existence du phénomène fut alors prouvée au cours des périodes précédentes.
Ces observations de « chasseurs fantômes » semblent surtout avoir été faites en 1944 et fin 1946 (peut-être à partir de 1939 en Suède) et avoir intéressé plus particulièrement l’Europe scandinave, le Bassin méditerranéen (du Portugal à la Turquie) et le Japon. Elles impliquent tantôt des « corps » isolés, tantôt des « formations ». Dans un cas, un bombardier B-24 par exemple, est dit avoir été suivi par quinze « disques ».
La première « vague » de grande amplitude fut enregistrée en 1946, en Suède, entre mai et juillet. D’après les services officiels suédois, plusieurs milliers d’observations furent analysées durant cette période, que nous avons étudiée en détail dans un autre ouvrage (257). Le point le plus intéressant à signaler est que toutes les observations furent interprétées comme relatives à des fusées expérimentales russes, et que personne, à l’époque, ne proposa que les engins, qui étaient évidemment réels d’après les enquêteurs de l’Armée, pourraient être d’origine interplanétaire. Il n’est donc pas question ici de cause psychologique. Il a d’autre part été reconnu que les étranges « bombes volantes » n’étaient pas des fusées ou des véhicules terrestres : l’enquête prouva qu’elles volaient tantôt plus lentement que des avions, tantôt à des vitesses météoriques. Elles pouvaient s’arrêter en vol, manœuvrer au sol. Enfin certaines atterrirent. Malgré les efforts de l’Armée, on ne trouva jamais le moindre fragment (258).
Dès cette période apparaissent des caractères précis : le phénomène consiste en la vision d’objets de forme définie, globulaire ou discoïdale. Lorsque plusieurs de ces « objets » sont décrits, leurs évolutions semblent liées entre elles.
L’altitude de production du phénomène est sensiblement celle des avions, mais la vitesse de déplacement et la manœuvrabilité des prétendus « disques » sont supérieures à celles des appareils témoins, dont ils semblent suivre les évolutions sans se livrer eux-mêmes à des mouvements pouvant être interprétés comme offensifs.
Plus tard, ce genre d’apparition sera rapporté mêlé à d’autres caractères : on décrira des objets de formes différentes évoluant de concert, ou encore des disques immobiles à moyenne altitude ; mais les foo-fighters étaient inévitablement identiques entre eux, fugitifs et à haute altitude, avant 1946, du moins après nos données actuelles.
Par le fait que ces rapports attirent essentiellement l’attention des autorités militaires (ils ne sont portés à la connaissance du public qu’exceptionnellement) ils semblent constituer une base de travail plus sûre que les observations de source civile. Les commissions d’enquête s’estimeront fondées à négliger, au profit des témoignages de pilotes, les cas d’objets proches du sol ou à moyenne altitude qui font l’objet des conversations locales.
Après 1947, les apparitions se firent fréquentes sur le trajet des lignes aériennes[10](index_split_129.xhtml#footnote-10) . Les « objets » décrits n’étaient pas toujours des « disques ». La description de Chiles et Whitted est à connaître comme base de référence classique :
Chiles et Whitted sont deux pilotes des Eastern Airlines qui, à bord d’un DC-3, le 24 juillet 1948 à 3 h du matin, observèrent ce qu’ils décrivirent comme un « cigare » d’apparence métallique, long d’une trentaine de mètres, épais deux fois comme un Dakota, sans ailes, et dont les flancs irradiaient une intense lueur bleu sombre mobile qui « frémissait » le long du fuselage comme le long d’un tube au néon. Ce « cigare » aurait eu deux rangées de hublots « resplendissant d’un éclat surnaturel » comme si du magnésium avait été consumé à l’intérieur du prétendu engin. À l’avant, Chiles décrivit une sorte de bec analogue à une antenne de radar. À l’arrière s’échappait une flamme de 10 à 15 m, rouge orangée au milieu, plus claire sur les bords. Au moment où cet « objet » se trouvait seulement à quelques dizaines de mètres de l’avion, la flamme arrière devint un puissant faisceau et il jaillit en chandelle vers le ciel où il disparut en quelques secondes, faisant osciller le DC 3.
### B. Les caractéristiques présentes dans les observations de type « Gorman ».
À plusieurs reprises ont été rapportées, par des pilotes militaires, et dans les mêmes conditions précédemment décrites, des observations de « corps aériens » différents de ceux que nous venons d’analyser, et qui étaient souvent interprétés par les témoins comme des « engins ». Les corps en question, au contraire, se caractérisaient par leur petitesse, leur maniabilité et leur durée d’observation. Un rapport classique est celui du lieutenant G. F. Gorman, de la National Guard :
« Le témoin s’apprêtait à poser son appareil Mustang F-51 sur le terrain de Fargo (Dakota du Nord) le 1ᵉʳ octobre 1948 quand il vit distinctement une « lumière » suivant son avion. Il ne s’agissait plus d’un « engin métallique » mais « d’une boule d’un blanc intense, rigoureusement sphérique, avec sur les bords une espèce de halo. Le diamètre semblait être de 20 à 30 cm. La lumière était animée d’une sorte de pulsation ; mais quand il approchait, elle devint soudain fixe, juste avant de prendre un virage serré pour s’écarter. »
Gorman tenta pendant trente minutes de rattraper la « boule », tandis que ses efforts étaient suivis par deux personnes à bord d’un autre avion, et par deux témoins dans la tour de contrôle. À la fin de la période d’observation, la « boule » de lumière s’éleva progressivement, conduisant l’avion à la limite de ses possibilités ascensionnelles, et s’éloigna enfin, après un bond vertical, à une « vitesse prodigieuse ». Diverses explications du cas ont été proposées et certaines s’avèrent plausibles. Le témoin, lui, se déclara convaincu de s’être battu avec « quelque chose de contrôlé par une pensée ». « Je suis également convaincu, déclara-t-il à la Commission, que « l’objet » était gouverné par les lois de l’inertie, car les accélérations bien que brutales, n’étaient pas immédiates, et bien qu’il fût capable de prendre des virages extrêmement serrés à grande vitesse, il suivait cependant une trajectoire courbe ». Des observations semblables ont été faites, par exemple le 18 novembre 1948 à Andrews Field par le lieutenant H. G. Combs.
### C. Les caractéristiques des premiers témoignages relatant la vision d’objets proches du sol.
Ces caractéristiques sont observées à partir de 1947 dans quelques cas particuliers, qui passeront inaperçus au milieu des nombreux rapports faits par les pilotes militaires ou civils.
En avril 1947, une observation sur laquelle nous n’avons pu trouver malheureusement que peu de détails est faite au col de Serres (vallée du Clarry, Cantal) : le témoin, M. Orliange, prétend avoir aperçu un corps à une altitude moyenne, et le décrit comme un « disque à coupole » dont il évalue le diamètre à 30 m. Une observation de « corps discoïdal » moins douteuse est rapportée le 13 août 1947 à Twin Falls (Idaho) où un « disque » bleu ciel est dit avoir été observé à basse altitude : passant « au ras d’une forêt », on aurait vu les arbres se courber à son passage.
À notre connaissance, ces deux cas sont les premiers exemples de descriptions où les « soucoupes volantes » ont une structure (coupole) et produisent à la surface du sol des effets physiques (arbres courbés) dans la période moderne. Les observations sont assez vagues, mais cohérentes avec celle de Chiles et Whitted, où les prétendus « hublots », la turbulence affectant l’avion, et le diamètre avancé (30 m) sont à retenir.
Il nous semble donc que les caractères fondamentaux du concept « d’objet-soucoupe » aient été clairement posés dès cette époque. Nous rencontrons deux sortes « d’objets », les uns de petite dimension, semblant des boules de lumière pure assez comparables à un éclair globulaire (bien que les conditions propres à l’apparition d’un tel phénomène semblent absentes dans l’observation de Gorman, et que la durée paraisse beaucoup trop grande), les autres décrits comme des « cigares » ou comme des « disques », ayant l’apparence d’engins.
Le mouvement de ces « corps » n’est ni un mouvement de chute comme celui d’un météore, ni l’errance d’un ballon. La vision n’est pas fugitive et ne se termine pas par l’évanouissement ou l’explosion de « l’objet » : elle persiste au moins plusieurs minutes, se déroule de façon continue et cohérente (mouvements interprétés comme des « manœuvres ») et s’achève par l’éloignement à grande vitesse des corps poursuivis. S’il s’agit, non pas d’hallucinations ou d’illusions d’optique, mais d’engins fabriqués, aucune indication n’est trouvée, sauf dans le cas de Chiles et Whitted, d’une propulsion rappelant les techniques que nous utilisons. Les objets sont silencieux.
## Les visions de « corps aériens » en 1952-1954.
### A. Les caractéristiques de la vision dite « grand cigare vertical » (cas de type II).
Une description détaillée des observations d’Oloron et de Gaillac est nécessaire pour achever le tableau des caractères du « phénomène MOC » avant 1954. En effet, par leur contenu psychologique et leur caractère « fantastique » elles représentent un des sommets de l’histoire du « phénomène » et introduisent un type d’observations qui pourrait se révéler d’une grande importance pour trancher entre les deux groupes d’interprétations – physiques ou psychologiques – qui peuvent être présentées.
Le principal témoin des événements d’Oloron (confirmés par plusieurs centaines de personnes) est M. Yves Prigent, surveillant général au Lycée d’Oloron, qui fit le récit suivant :
« Au nord, sur le fond d’azur du ciel, flottait un nuage floconneux de forme étrange. Au-dessus, un cylindre long, étroit, apparemment incliné à 45°, se déplaçait lentement en ligne droite vers le sud-ouest. J’évaluai son altitude à 2 ou 3 000 m. L’objet était blanchâtre, non lumineux, de dessin très net. De son extrémité supérieure s’échappait une sorte de panache de fumée blanche. À quelque distance au-devant de l’objet cylindrique, une trentaine d’autres objets suivaient la même trajectoire. À l’œil nu, ils offraient l’aspect de boules informes semblables à des flocons de fumée. Mais à la jumelle on pouvait distinguer une boule centrale rouge et tout autour une sorte d’anneau jaunâtre fortement incliné ; cette inclinaison cachait presque entièrement la partie inférieure de la sphère centrale, mais dévoilait la partie supérieure. Ces « soucoupes » se déplaçaient deux par deux en suivant une trajectoire brisée, marquée en somme d’un zigzag rapide et court. Quand deux soucoupes s’écartaient l’une de l’autre, une traînée blanchâtre se produisait entre elles, comme un arc électrique. Tous ces objets étranges laissaient derrière eux une abondante traînée qui tombait lentement vers le sol en se désagrégeant. Pendant quelques heures, il y en eut des paquets accrochés aux arbres, aux fils téléphoniques, sur les toits des maisons. » (17 octobre 1952.)
Le 12 octobre à Gaillac avait été observé « un long cigare » empanaché incliné à 45°, progressant lentement vers le sud-est au milieu d’une vingtaine de « soucoupes » scintillant au soleil et volant deux par deux en un zigzag rapide.
Ces témoignages sont cohérents avec trois groupes d’observations : d’une part, les cas de la période historique tels que ceux rappelés par Jung, où ont été décrits des « cylindres » et des « tuyaux » accompagnant des « boules » ou leur donnant naissance. En second lieu, les observations de « cigares » de grandes dimensions signalés à très haute altitude étudiés par l’ATIC, sur lesquels on n’a de renseignement que par Keyhoe (op. cit.) : « Des observateurs qualifiés et expérimentés estiment que leur longueur varie entre 180 et 300 m. Certains renseignements faisaient état de longueurs plus grandes. Leur couleur était argentée. » Enfin, les observations françaises de l’automne 1954 fourniront de nouvelles descriptions plus détaillées encore. Nous reprendrons ces caractéristiques dans l’étude physique des rapports, dans la troisième partie de cet ouvrage.
### B. Les principales caractéristiques des visions d’objets immobiles en 1954.
La densité de population élevée des régions d’Europe occidentale où le phénomène a été particulièrement observé en automne 1954 a permis d’obtenir de bonnes descriptions du comportement des « corps aériens » et en particulier de nombreux cas de visions stationnaires. Dans certaines circonstances les témoins ont même rapporté ces stationnements comme ayant eu lieu à basse altitude.
Un exemple d’observation possédant ce caractère est le cas de Feyzin (Isère) le 15 septembre 1954 à 23 h 20. Le témoin est Roland M…, dix-neuf ans. Il fit le récit suivant :
« Je roulais à motocyclette entre La Bégude et Corbas, sur le chemin vicinal V 02. J’étais à environ 200 m du fort de Feyzin quand soudain une lumière blanche venant du ciel balaya la route en la coupant. Je m’arrêtai et regardai la lumière, qui s’était immobilisée. Je découvris alors qu’elle provenait du dessus d’une masse sombre immobile 10 m’environ au-dessus du sol, à 50 m de moi. La masse noire semblait elliptique. Je regardai un moment, puis entendis un léger bruit comme une fusée mouillée. Des étincelles jaillirent sous l’appareil, qui s’éleva à une vitesse foudroyante. »
Le 18 septembre 1954, vers 20 h 30, deux observations montrant les mêmes caractéristiques furent faites dans une région du monde toute différente, en Côte-d’Ivoire (Afrique).
À Danané, un « objet lumineux » de couleur rouge, de forme circulaire ou elliptique, fut aperçu par un grand nombre de personnes. Arrivé à vive allure, il s’immobilisa dans le ciel. Il demeura immobile cinq minutes, brillant toujours, puis il disparut à grande vitesse.
À Souvré (250 km au nord-ouest d’Abidjan) fut faite une observation semblable : un « objet » arriva à grande vitesse, s’immobilisa plusieurs minutes sur la ville, puis disparut au zénith en diminuant rapidement de dimensions et d’éclat dans un ciel sans nuages.
L’administrateur-chef de Souvré est lui-même au nombre des témoins. (D’après Aimé Michel, 26.)
Il est intéressant de regrouper ces observations car, d’une part, elles sont en général bien localisables en coordonnées, les témoins ayant eu le temps de bien noter la position du phénomène, d’autre part, elles ne sont susceptibles que d’un petit nombre d’interprétations : la théorie météorique, en particulier, est exclue. Mais elles ne mettent pas en jeu des visions différentes de celles que nous avons déjà rencontrées : les témoins rapportent l’observation de « corps discoïdaux » dont les dimensions et le comportement restent cohérents avec les caractères des objets décrits en translation ininterrompue dans l’atmosphère.
### C. Tentative de description des phénomènes rapportés comme ayant eu lieu au sol ou près du sol en 1954.
Si l’observation du phénomène à basse altitude est courante avant 1954, les cas où les témoins ont relaté la vision d’un « corps » en contact avec le sol sont exceptionnels jusqu’en septembre 1954. En l’absence de tout moyen de contrôle sérieux, on est en effet obligé d’exclure d’une analyse entièrement objective, construite dans un but d’étude physique du phénomène, les cas parfaitement fantastiques rapportés avant cette période, bien qu’on ne puisse en toute rigueur refuser de les inclure dans une étude statistique, qui peut conduire à d’intéressantes interprétations psychologiques. Tel est par exemple, le cas du Sutton (Virginie occidentale) le 12 septembre 1952, qui n’est peut-être pas imputable à la mystification, mais où une interprétation psychotique d’un phénomène naturel (météore) ou d’un « phénomène MOC » classique a sans doute eu lieu.
La situation est totalement différente à partir de l’automne 1954. Le nombre de cas bien décrits, confirmés par ‘dus conquêtes officielles, impliquant des témoins manifestement sincères, souvent doués d’une culture scientifique ou technique incontestable, exclut une interprétation classique. Nous prendrons pour exemple le remarquable cas de Foussignargues (27 septembre 1954, 2 h 30 du matin) :
Mme Julien et son fils André, de Bessèges, descendirent à Foussignargues du car qui les ramenait de Vals-lesBuins (Ardèche), et qui repartit vers Gagnières. Ils marchèrent vers leur domicile lorsqu’ils aperçurent dans le ciel un objet lumineux de couleur rougeâtre entouré d’un halo plus pâle, qui descendait vers l’est, et disparaissait derrière une colline. Les voyageurs du car, comme on le sut ensuite, firent une observation similaire depuis un point situé quelques centaines de mètres au nord-est.
Dix minutes plus tard, Mme Roche, habitant au lieu-dit Rovêty, dans les collines dominant la route, aperçut depuis une terrasse une lueur rouge diffusée par un objet rond, lumineux et apparemment posé à terre, à une centaine de mètres en contrebas.
“L’objet” me fit penser à une espèce de tomate lumineuse. Cinq ou six tiges verticales, d’une épaisseur appréciable, sortaient de son centre, par-dessus.
Ce phénomène fut observé par M. et Mme Roche pendant vingt minutes. Rien de nouveau ne se produisant, les témoins rentrèrent chez eux. Mais, inquiété par cette vision, M. Roche ressortit vers 3 h 30 et vit l’objet à la môme place, diffusant la même lueur rouge. La crainte l’emportant sur la curiosité, il ne s’approcha pas de « l’objet », et rentra chez lui. À l’aube, tout avait disparu, et aucune trace ne fut retrouvée. (Voir Presse française du 2 octobre 1954, aussi 6.)
Au même titre que les cas « d’objets » immobiles, ces témoignages mettant en jeu des « soucoupes volantes » au sol sont intéressants. Bien localisables en coordonnées, ils donnent une base sûre aux calculs que l’on peut envisager dans une recherche de loi topographique. Psychologiquement surtout, ils ont une importance considérable, puisqu’ils ont constitué la base de la rumeur, l’opinion publique ayant ressenti le problème des « atterrissages » comme bien différent de celui des observations aériennes, toujours sujettes à explications physiques plus ou moins sophistiquées.
On peut résumer les caractères des rapports relatant la vision d’un objet au sol ou très proche du sol de la façon Suivante :
1. « L’objet » décrit est classique : sa forme dérive du cercle comme les corps qui font l’objet des rapports le plus généralement trouvés. Il possède une symétrie de révolution autour d’un axe vertical. Ses dimensions sont modestes (environ 5 m).
2. Les contours de « l’objet » sont nets et bien définis. Qu’il soit obscur ou lumineux, il n’est pas décrit comme « essentiellement lumineux », en ce sens que l’émission de rayonnement apparaît comme localisée en un endroit de « l’objet » ou « irradiée » par sa surface, qui est décrite comme matérielle.
3. L’apparition et la disparition de « l’objet » ne se font pas brusquement. Son comportement (à la différence de celui d’une image optique) est continu puisqu’on le voit arrivant, se posant, demeurant au sol plus ou moins longtemps, puis repartant. En particulier, il ne « s’évanouit » pas. (Marignane.)
4. Cet « objet » n’est pas visible uniquement dans une position ou sous un angle privilégié. Il est vu par des personnes situées dans différentes positions autour de lui, et leur apparaît comme cachant les « objets » situés derrière lui, exactement comme le ferait un corps matériel. Ses dimensions angulaires peuvent donc être évaluées d’après celles de la zone qu’il intercepte, et d’après toutes les observations il possède une épaisseur : les remarques faites par des témoins situés dans différentes positions par rapport à lui sont cohérentes[11](index_split_130.xhtml#footnote-11) .
5. L’observation d’un tel « objet » au sol est, dans le cas général, précédée et suivie d’observations de type classique, et la succession de ces observations est toujours cohérente, ce qui est remarquable en particulier quand les différents groupes de témoins ne se voient pas et ne se connaissent pas (habitants de villages voisins, etc.). De nombreux exemples en sont donnés dans la littérature.
## Les « MOC » depuis 1954.
De par la censure exercée en Europe (en particulier en France) et le manque d’intérêt de la Presse pour le phénomène après 1954, le phénomène a cessé d’exister, dans l’opinion de nombreuses personnes, après les événements décris par Aimé Michel.
En réalité, non seulement les observations restent abondantes et très riches, mais le phénomène de vague continu d’être observé. Les caractères de ces apparitions ne sont pas essentiellement différents de ceux que nous venons de décrire ; le fait nouveau est l’apparition simultanée d’observations de tous les groupes, dans tous les pays du monde. L’automne 1957 est à cet égard très remarquable, comme nous le verrons dans une étude détaillée. La recrudescence très brutale du nombre de cas le 2 novembre 1957 fut le commencement d’une série spectaculaire, comparable aux événements français de 1954. Des témoignages relatant la vision d’objets de grandes dimensions nu voisinage du sol, associés à des effets secondaires extrêmement bien décrits, deviennent courants. Un exemple typique est donné par le cas de Levelland (Texas).
À 10 h 50 le 2 novembre 1957, de nombreuses personnes commencèrent à appeler la police pour rapporter la vision « d’une chose en forme d’œuf » de 200 pieds (60 m) de long, brillamment lumineuse qui semblait à l’origine de perturbations du fonctionnement des moteurs et des systèmes d’éclairage des voitures et des camions. Des voitures de police et de pompiers se mirent en route pour identifier la cause de ces rapports. Le shérif du comté, Weir Clem, aperçut lui-même un trait de lumière rouge, comparable à celle du néon, traversant la route à moins d’un quart de mile (400 m), qui « illumina la surface de la route devant nous pendant deux secondes environ ». Les effets secondaires apparurent aux témoins comme liés à la lumière émise par « l’objet ».
Depuis 1960, le sentiment d’émotion et d’excitation qui accueillait les rapports d’observations semble s’être transformé, dans l’opinion, en une sorte de gêne mal définissable. Seuls, les journaux de province se hasardent à publier des informations ; un nouveau caractère semble être apparu en relation avec cette modification de la matrice émotionnelle accueillant les apparitions de « soucoupes volantes » : ce caractère est l’absurdité des descriptions, particulièrement dans le cas du Vauriat (cf. La Montagne, 30 août 1962).
Le 29 août 1962 à 13 h 45, par beau temps, ciel bleu et sans nuages, MM. Rouchon et Chimène marchaient sur la route quand ils virent arriver vers eux, à une altitude qu’ils évaluent à 150 m, un « objet » insolite ressemblant à première vue à une « meule de paille » traversée par des morceaux de bois, qui aurait été emportée par une tornade. Il tournoyait en s’approchant et en s’élevant. Pendant dix minutes cet objet se serait immobilisé, puis livré à des acrobaties en compagnie de trois autres corps de même apparence. Ils auraient disparu à 13 h 55 en s’élevant « à une vitesse inouïe.[12](index_split_131.xhtml#footnote-12) »
Le « phénomène MOC » semble donc être passé par différentes phases, au cours desquelles un certain nombre an caractères et de « comportements » typiques peuvent être dégagés. Particulièrement sensationnel à une certaine période de son histoire récente, et lié à de remarquables phénomènes de Presse et à d’intéressantes réactions psycho-sociologiques, il semble avoir atteint depuis 1952 un état de stabilité, l’incrédibilité des témoignages étant contredite par leur cohérence.
# 9
LES CYCLES D’ACTIVITÉ
## Les vagues suivent-elles un plan ?
Ce chapitre n’a pas pour but de donner des résultats définitifs, mais de présenter certaines méthodes qui permettraient d’analyser la variation de fréquence des apparitions du « phénomène » si une étude conduite à partir de fichiers élargis était décidée.
Le rapprochement entre le « phénomène MOC » et l’idée d’une « invasion » ou d’une « exploration » de la Terre par des créatures venues d’une autre planète a été fait dès les observations de 1947. C’est à la poursuite de cette puérile idée que se sont aventurées les premières personnes qui aient recherché une périodicité dans la fréquence d’apparition du phénomène, et une coïncidence entre ses maxima et les oppositions de Mars, voire de Vénus. Toutes ces études furent faites graphiquement et semblèrent montrer, en général, la nécessité de considérer une certaine corrélation avec la distance de la planète Mars pour interpréter convenablement les courbes obtenues.

Figure 22: Corrélation entre la fréquence des observations de MOC et les rapprochements de Mars entre 1949 et 1957.
Suivant nos propres tentatives antérieures (107) il semblerait que la coïncidence avec les oppositions de Mars se vérifie excellemment pour la période couvrant les quatre maxima de 1950-52-54-56 (compte tenu d’une translation générale de deux mois) mais perde sa valeur au-delà de cet intervalle (fig. 22.)
Cela expliquerait que des études plus grossières sur un intervalle plus large aient parfois semblé aboutir à une corrélation raisonnable.
En fait le problème déterminant – toutes les tentatives faites jusqu’ici étant insuffisantes sur ce point – est celui du nombre des données de base. Le nombre total d’observations qui furent effectivement faites sur le globe depuis 1944 est impossible à estimer. Au moins cinq à six mille observations caractérisées, suffisamment précises en date, et venant de toutes les régions du globe, pourraient actuellement être rassemblées. Nos propres évaluations d’un coefficient de corrélation entre la fréquence des observations et la distance de Mars étaient basées sur un peu plus de mille cas. Les évaluations précédentes s’appuyaient sur quelques centaines de données seulement.
En fait la périodicité (ou pseudo-périodicité) du « phénomène MOC » n’est pas la seule caractéristique intéressante. Son étude permet d’orienter la recherche vers tel ou tel type d’interprétation physique mettant en jeu des effets périodiques comparables : il serait intéressant de trouver un cycle général de onze ans par exemple, ou encore une corrélation avec les explosions thermonucléaires importantes. Mais une analyse complète, séparant les effets cycliques d’une variation générale, et tenant compte de l’effet du « bruit » en étudiant sa répartition, est beaucoup plus utile. Nous montrerons en effet de façon précise au chapitre suivant que les données brutes, incluant le bruit et la tendance générale, sont inutilisables dans une étude dont on vaut obtenir des résultats objectifs. C’est une méthode de (traitement élémentaire de la variation de fréquence que nous nous proposons de développer ici, en restant à un niveau très intuitif et en n’introduisant que des modifications de détail par rapport aux méthodes classiques couramment utilisées. Des raffinements théoriques tels que l’introduction d’une pondération définie en fonction de la densité de population ou de la situation géographique de la région où chaque série d’observations est faite, nous paraissent de nature à masquer les phénomènes objectifs et à compliquer la discussion ; nous nous entendrons donc aux données brutes et à leurs dérivés directs.
Dans les méthodes usuelles, on cherche à décomposer une distribution de fréquence en variations caractéristiques encore appelées « composantes ». Elles sont classées en quatre groupes principaux :
1. Mouvement à long terme ou « tendance ».
2. Variations cycliques.
3. Variations saisonnières.
4. Variations irrégulières (bruit).
L’analyse de la série consiste en la description (généralement mathématique) de ces composantes à partir de l’hypothèse que la fonction du temps observée peut être décomposée en un produit de quatre fonctions respectivement responsables des quatre variations ci-dessus. Nous allons suivre cette méthode (en renonçant à mettre en évidence une composante saisonnière) pour aboutir à une première description empirique générale de la variation de fréquence, réservant pour le chapitre suivant des études objectives plus poussées, mais aussi moins susceptibles d’interprétation immédiate.
Dans cette étude, nous prenons comme point de départ un catalogue général d’observations rassemblant plus de trois mille cas.
Si l’on prend comme intervalle élémentaire une durée d’un quart de mois, on obtient à partir de ce catalogue une répartition de 2 708 observations en 768 intervalles. Plus de 300 de ces observations appartiennent au type I, 44 au type II et 270 au type II, tandis que le type IV fournit la plus importante contribution avec 1 187 cas. Les courbes de variation de la fréquence annuelle pour trois catégories spécialement intéressantes sont données figure 23. Les fluctuations observées apparaissent comme nettement liées, mais l’existence d’une forte « tendance » contribue à masquer les effets périodiques qui peuvent exister dans la répartition originale. La première opération consiste donc à évaluer cette tendance générale pour l’éliminer, et à bloquer dans cette élimination la majeure partie de la composante irrégulière.

Figure 23: Les variations de la fréquence des rapports de MOC mises en évidence après élimination de la “tendance” générale (variations cycliques).
## Les variations cycliques.
La nouvelle distribution est alors adoucie à son tour, donnant (a courbe de la figure 24 qui dépend essentiellement de la composante cyclique qui est notre principale inconnue. En effet, les variations saisonnières, si elles existent, ne sauraient être mises en évidence avec précision dans cette étude élémentaire, et l’espoir d’une analyse détaillée à ce point doit être abandonné tant que des catalogues d’observations beaucoup plus étendus n’auront pas été réunis. Le problème de l’analyse de la composante cyclique revient à la recherche d’un phénomène périodique représentant la courbe de la figure 24. Une méthode intuitive pour conduire cette recherche consiste à étudier en fonction des valeurs de la « période », le comportement d’une certaine fonction mathématique qui représente l’erreur que nous ferions si nous représentions les variations du nombre de cas par une courbe simple. Le minimum de cette erreur nous indiquerait la meilleure représentation, c’est-à-dire la meilleure période. Sans entrer dans plus de détails mathématiques, disons simplement que, lorsqu’on effectue ce calcul, on trouve deux minima, qui correspondent aux valeurs suivantes de la période : un an trois mois et deux ans deux mois. La seconde valeur est précisément la période des rapprochements de la planète Mars. La première est peut-être une coïncidence numérique, car le maximum correspondant se déplace lorsque l’on complique l’expérience, alors que le second reste toujours à la même place.
Le fait d’avoir trouvé une période très proche de celle des oppositions de Mars pour la fonction périodique en question est évidemment important. Il peut être considéré comme une confirmation, dans un domaine plus étendu, de nos premières études élémentaires rappelées figure 22. Cependant, nous sommes encore loin d’un résultat qui pourrait être retenu comme une démonstration claire de cette corrélation, et nous rappelons que ces calculs ne sont présentés qu’à titre d’illustration. La méthode que nous employons est en effet plus empirique qu’objective. Si elle a l’avantage de rester claire et contrôlable, et de conduire à des interprétations très simples, elle est évidemment faible au point de vue de la rigueur mathématique. Aussi ne la retiendrons-nous que comme une source d’indications sur le comportement de la distribution considérée, en fonction des divers traitements élémentaires que nous avons expérimentés, et nous tenterons d’appliquer maintenant une méthode plus rigoureuse.

Figure 24: Les variations de la fréquence des rapports de MOC mises en évidence après élimination de la “tendance” générale (variations cycliques).
## La corrélation avec Mars.
Un domaine des mathématiques appliquées appelé la théorie de l’auto-corrélation (ou auto-covariance), et ses applications dans les problèmes physiques et dans les études de systèmes électroniques et autres ensembles travaillant en présence de bruit a fait l’objet d’une imposante littérature et se développe actuellement de manière rapide.
Nous avons utilisé cette technique pour analyser la fréquence des vagues d’observations de « MOC » au cours des seize dernières années. Il faut noter que cet intervalle de temps est encore insuffisant pour « tester » de manière absolument significative l’existence d’une période de plus de deux ans. Mais nous avons trouvé une périodicité d’un an et un mois environ. Elle apparaît assez clairement et pourrait indiquer une confirmation de la période trouvée plus haut (exactement double) ou un déplacement du maximum secondaire que nous avions aussi remarqué : la question n’est donc pas réglée. Nous avons aussi utilisé une autre technique de calcul en effectuant la cross-correlation de la courbe des observations et de la distance Terre-Mars.
Certains chercheurs scandinaves ayant d’autre part avancé l’idée d’une corrélation avec les oppositions de Vénus, qui serait nette, d’après leurs données, dans la période récente, nous avons décidé de ne pas exclure cette possibilité et de donner, sans conclusion définitive évidemment, les résultats des deux expériences.
Toute tentative d’association d’un phénomène physique terrestre à un mouvement astronomique est excessivement dangereuse. Les méthodes analytiques actuelles permettent cependant de rechercher de telles relations avec un degré suffisant de sécurité, à condition de ne pas vouloir extraire des résultats plus qu’ils ne peuvent dire, c’est-à-dire de se limiter à leur pure expression sur le plan mathématique, tant que des preuves de nature physique ne seront pas venues s’ajouter aux indications des statistiques.
Nous connaissons actuellement de nombreux phénomènes terrestres liés à des cycles astronomiques, particulièrement aux effets physiques intervenant sur le Soleil. Mais une relation avec la proximité d’une planète ne peut dire interprétée que sur deux plans : le plan psychologique (la proximité de la planète et par conséquent sa brillance dans le ciel local étant à l’origine d’une certaine catégorie de mésinterprétations, d’hallucinations et d’illusions) et sur le plan, qui est évidemment plus attirant pour l’imagination, des conceptions « extra-terrestres », où les « soucoupes volantes » seraient des engins pilotés en provenance d’une autre planète. Nous avons donc là un moyen supplémentaire d’obtenir des indications sur les principales théories en présence.
Pour conduire cette expérience, nous avons dressé une liste des distances de Mars et Vénus, d’après une table astronomique usuelle, en conservant quatre valeurs par mois comme pour la fréquence des apparitions de « MOC ».
Les résultats sont très délicats à interpréter. Ils nous semblent pourtant confirmer l’idée que la corrélation avec Vénus reste inférieure à celle observée avec Mars, et que, d’autre part, une périodicité de l’ordre de vingt-cinq mois (soit plus de deux ans), s’introduit objectivement dans la distribution de fréquence originale. On ne peut donc que souhaiter que le calcul soit repris lorsque des données de base plus étendues auront été rassemblées. En effet, il est possible de doubler le nombre de données utilisées dans cette étude en incluant les nombreux documents européens et américains qui n’ont pas encore été dépouillés, et à notre avis ce travail doit être fait avant que l’on puisse espérer aboutir à une conclusion définitive, en utilisant la méthode illustrée dans ce chapitre.
Lorsque ces nouvelles données auront été obtenues, il sera possible de critiquer sérieusement les hypothèses avancées par certaines personnes concernant une seconde périodicité superposée à une corrélation avec Mars. O. Fontes a présenté en particulier la théorie du cycle fondamental de cinq ans, illustré par les trois vagues de 1947, 1952 et 1957, qui permet de représenter simplement toutes les grandes variations du phénomène (108). Mais aucun moyen de contrôle n’existe actuellement pour déterminer si cette hypothèse est une simple représentation commode ou si elle correspond à une réalité. Étant donné l’ordre de grandeur des périodes recherchées, la distribution peut être représentée par de très nombreuses combinaisons de deux phénomènes périodiques. Il serait plus intéressant de reprendre cette question si certaines vagues étaient qualitativement différentes de certaines autres, ou si le décalage entre le maximum et l’opposition de Mars était constant, comme on l’a suggéré, avec le déroulement des saisons martiennes ou tout autre phénomène objectif. Ces études n’ont pas encore été faites. Elles ne pourraient, de toute façon, s’appuyer valablement sur les listes limitées d’observations dont les groupes privés, même les plus actifs, disposent actuellement. Le problème d’une centralisation et d’une codification rapide des témoignages se pose donc à notre avis. On a trop peu de renseignements sur des zones entières comme les Pays scandinaves, l’Amérique du Sud ou l’Europe de l’Est pour prétendre avancer sur un terrain solide. Pour nous, nous sommes donc disposés à entrer en relation avec tous les groupements officiels ou privés qui accepteraient de discuter sérieusement les conditions d’une centralisation de l’information.
# 10
LES PRINCIPALES VAGUES
## Les vagues de « MOC » avant 1954.
Après la période scandinave de 1946, les trois vagues suivantes d’observations ont surtout, nous l’avons dit, intéressé les États-Unis. Après 1952, il faudra attendre le sommet de 1957 marqué par le célèbre cas de Levelland pour retrouver en Amérique la même intensité d’émotion attachée au « phénomène MOC ». Nous pensons inutile de revenir une fois de plus sur la description des débuts du phénomène et des vagues de 1947 et 1950. Pratiquement tous les ouvrages sur la question ont inclus une analyse de ces cas et rappelé les circonstances détaillées de l’expérience d’Arnold, de la mort de Mantell et des observations classiques de White Sands. Le seul point peu connu des rapports de 1950 est le fait qu’une série d’observations ait été enregistrée en Espagne et en Afrique du Nord (27, 13) un peu après le maximum de la vague américaine. Nous considérons la période, 1ᵉʳ mai, 31 août, comme définissant la vague de 1947, avec un maximum le 4 juillet, et la période, 1ᵉʳ février, 31 mai, pour 1950, avec un maximum le 27 mars.
La vague de 1952 est la première pour laquelle on possède réellement un grand nombre d’observations détaillées venant du monde entier. Elle couvre la période, 15 avril, 15 décembre, avec un maximum le 14 juillet. Elle semble constituée en proportion à peu près égale de rapports européens et américains, auxquels s’ajoutent des témoignages nombreux en provenance d’Afrique. La fin du mois d’août paraît dans nos données actuelles comme une période « creuse » entre les deux pointes de la vague.
Les observations les plus marquantes de la vague européenne ont été faites en septembre-octobre. On trouve évidemment parmi elle les deux séries de témoignages d’Oloron et de Gaillac (type II) d’une part, que nous avons décrits en détail, et de l’opération Grande Vergue d’autre part. Nous rappellerons plutôt à titre d’illustrations quelques cas moins connus.
Le 17 juillet 1952 à 13 h (heure locale) à Belan-sur-Ource, M. C. Vaillant, correspondant du journal La Bourgogne Républicaine, dit avoir été étonné par un soudain tourbillon de vent et de poussière. Levant les yeux, il aperçut dans le ciel un objet lumineux paraissant immobile. Un second objet en forme de disque se détacha du premier et se dirigea vers l’ouest, le précédent prenant la direction opposée. Soudain les deux objets montèrent à la verticale et disparurent, le vent s’arrêtant alors.
Le 3 août 1952 à 22 h59 à Arbret (entre Doullens et Arras) les gendarmes Blondel et Darras, de Beaumetz-lès-Loges, virent une « boule de feu » se dirigeant de Doullens vers Arras, s’arrêtant brusquement au-dessus de la gare de l’Arbret, et montant à la verticale.
Le 13 août 1952 à Fourchambault (Nièvre) est vu un disque très brillant portant « une grosse tourelle ou coupole hémisphérique » qui décrit des circuits au-dessus de la ville. Douze habitants de Fourchambault et de Givrey (parmi lesquels MM Jaillette, qui suit les évolutions de « l’objet » à la jumelle) sont les auteurs de cette observation.
Le 15 septembre 1952 vers 20 h à Thies (Sénégal). Observation de M. J. Grivel : « Un gros point lumineux rougeâtre apparut entre µ et 32 du Scorpion, se déplaça lentement et sans aucun bruit vers l’est, passa près de x du Scorpion et se dirigea vers le Sagittaire. Brusquement, entre les étoiles 6 et y du Sagittaire il s’arrêta puis reprit sa marche vers le nord puis l’ouest et enfin disparut près de ⱷ Ophiucus. Il n’y avait aucun avion dans le ciel et aucun bruit ne fut perçu. » (Extrait de l’Astronomie, Bulletin de la Société astronomique de France.)
Le 19 septembre 1952 près du village de Beine, en direction de Chablis (Yonne) : « M. R. Sommer, pilote et constructeur d’avions, nous écrit : « Je rentrais en auto, la nuit était sombre, ni lune ni étoiles. Étant sorti du village de Beine et après avoir roulé cinq minutes environ, notre surprise fut grande en constatant qu’un objet inconnu éclatant était apparu dans le ciel, à gauche de la route. L’objet avait la forme d’une olive et la couleur de l’or. Son grand axe était vertical. Le spectacle était féerique. L’apparition dura environ cinq minutes. Le petit axe de l’objet était légèrement plus petit que le diamètre apparent de la lune. Quelques instants après, j’ai visité les villages voisins. J’ai examiné les églises, craignant que cette apparition ne provienne d’illuminations, de reflets, etc[13](index_split_132.xhtml#footnote-13) . Mais c’était partout le calme absolu et aucune lumière marquante n’était à signaler. La route était déserte. » (Extrait de l’Astronomie, Bulletin de la Société astronomique de France.)
Le 22 septembre 1952 à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), une équipe de nuit de l’usine de produits chimiques de Mouguerre suivit pendant vingt minutes les évolutions d’un objet présentant des mouvements pendulaires, dont la luminosité variait avec le mouvement et dont la couleur passait du rouge au bleu.
Il est difficile d’améliorer les descriptions de la partie américaine de la vague qui ont été faites par Menzel d’une part, Keyhoe d’autre part, et qui sont le sujet des arguments classiques. Ces auteurs en ont analysé les moindres aspects dans des perspectives complémentaires.
## La vague mondiale de 1954.
Sur la base des données dont nous disposons, nous fixons les limites (11 août, 28 novembre) comme contenant l’ensemble de la vague, deux maxima étant enregistrés le 3 et le 14 octobre. Cette période inclus quatorze observations du type II.
La description des nombreux rapports français a été faite en détail dans (5). Leur caractère est tel que le réflexe de nombreux scientifiques est de les mettre entièrement sur le compte du canular. Or non seulement ces observations existent et sont aisément contrôlables d’après les journaux français locaux qui donnent le nom et l’adresse des témoins très souvent, mais leur nombre et leur caractère sont encore sous-estimés. Une étude de Presse permet de retrouver un grand nombre de cas, au moins le double du nombre d’observations mentionnées dans le livre d’Aimé Michel, et tous d’un caractère très remarquable.
Les premiers événements marquants de la vague eurent lieu bien avant la période généralement considérée. Le 11 août, quatre observations avaient déjà eu lieu à Serezin-de-la-Tour, Remiremont, Contrexéville et Gérardmer (Vosges). Le lendemain, un rapport d’objet brillant avançant par saccades et laissant apparaître une traînée, très semblable à nombre de cas américains, venait de Précy-sur-Thil, dans la Côte-d’Or. Dans la nuit du 18 au 19 août à Dole (Jura) c’était une observation du type II restée classique. Le lendemain 20 août la série des rapports du type I si contestés commençait par un témoignage en Norvège, puis en France à Varennes. Le 23 août c’était une observation de type I à Lugrin, près de Thonon (Haute-Savoie) et le fameux « cigare » de Vernon, observé pendant quarante-cinq minutes par des policiers et un ingénieur de l’Armée. Dès le 23 août, plus d’un mois avant la période qui fait généralement l’objet des discussions entre partisans et adversaires de « l’orthoténie », tous les caractères de base que l’on retrouvera dans près de mille observations au cours des semaines suivantes étaient déjà définis.
Seule une personne de peu d’érudition « soucoupiste » pourrait prétendre que ces caractères étaient nouveaux. C’est le nombre des rapports, la qualité des témoins, la précision des descriptions qui ont fait de la vague de 1954 le sujet de tant de polémiques.
Il est impossible de reprendre ici tous les cas. Pourtant, il est à souhaiter que ce travail soit entrepris, mais dans le cadre d’un travail de commission couvert de garanties officielles, Allonger la liste des ouvrages citant des observations choisies en fonction d’une théorie ou d’une autre n’apporterait rien. Aussi allons-nous plutôt attirer l’attention sur les observations faites ailleurs qu’en France, pour montrer clairement que seule la publicité donnée aux évènements français fait qu’elles sont mieux connues.
Les observations de septembre 1954 couvrent en fait toute l’Europe occidentale, de la Scandinavie au Portugal, et atteignent même l’Afrique. Mais la première bonne observation est celle d’Oklahoma-City le 28 août à 20 h 30, cité par Keyhoe. Les meilleurs rapports de septembre sont ensuite :
1ᵉʳ sept., 19 h 30 : Leixoes (Portugal)
4 sept. (fin de matinée) : Obersuessbach (Bavière). (Voir Combat, 6 sept. 1954.)
5 sept., 8 h 00 : Graz (Autriche). Témoins dix personnes dont trois policiers. Deux objets en forme de disque sont vus h une heure et demie d’intervalle, trajectoire est-ouest. (Voir La Croix, 7 sept. 1954.)
5 sept., 17 h 56 : Tanger (Cap Spartel). Témoin : M. Chadulaud. Un engin en forme de disque ayant les dimensions l’un avion, est vu dix minutes. (Documents officiels français.)
Entre le 13 et le 20 sept. : Vague hollandaise. Des objets non identifiés sont vus en particulier à Zuidlaarderveen et Groningen.
Nuit du 13 au 14 sept. : Helsinki (Finlande). (Voir Franc-Tireur, 15 sept. 1954.)
17 sept., 16 h 45 à 18 h 28 GMT : Rome-Ciampino : des milliers de témoins, parmi lesquels des pilotes militaires et des officiers de l’armée italienne suivent les évolutions l’un objet en forme de demi-cigare à une altitude de 1 200 m. Vitesse : 260 à 180 km/h avec arrêts brusques, chutes et retournements. Une sorte d’antenne apparaissait au milieu de l’appareil. Quand celui-ci se déplaçait une courte traînée lumineuse sortait de la pointe arrière. Ses évolutions furent suivies en même temps par la foule et par les radars, il disparut finalement vers le nord-ouest. (Voir Presse française 20 sept. 1954.)
17 Sept, 16 h 48 : Pitigliano Toscane. (Voir Franc-Tireur, 17 sept. Le Figaro, 18 sept.).
18 sept., 20 h 30 à 21 h05 : Danané (500 km au nord-ouest d’Abidjan). Un objet lumineux rouge circulaire ou elliptique arrive à vive allure et s’immobilise dans le ciel. Au nombre des témoins sont le chef de poste, le médecin, etc. Un rapport détaillé avec croquis des différentes phases observées a été rédigé par l’administrateur Vernhet.
20 sept. 23 h 00 : Aéroport de Santa Maria (Açores portugaises). Un gardien de l’aéroport décrit un objet se posant au sol et son prétendu « pilote ». Une série d’observations est faite durant cette période au-dessus des Açores et dans cette zone de l’Atlantique par des pilotes de ligne. (Voir observation du 27.)
21 sept. 4 h 50 à 5 h 50 : Zurich-Hardturmstrasse. Deux objets décrivent de grands cercles au-dessus de la ville. Puis l’un s’immobilise au-dessus de l’autre.
27 sept., 3 h 20 : Avion de la ligne New York-Lisbonne, par 38°12 de latitude N. et 37°66 de longitude, volant à 6 000 m. Temps clair et sans nuages. Un objet lumineux extraordinairement brillant est signalé à la surface de l’océan.
27 sept., le soir : Swendborg (Danemark). Observation du type II. (Voir Paris-Presse, 29 sept. 1954.)
28 sept. : Bjuv (Suède) et Stockholm. Photographies d’objets volants. (Voir Le Figaro, Combat, La Croix, 30 sept. Le Figaro, 2 oct. Libération, 4 oct., etc.)
Le 1ᵉʳ octobre est enregistré un rapport de type I qui vaut la peine d’être mentionné, car il n’était sûrement pas influencé par la « vague » française (qui était loin de son maximum puisque les fameuses observations de type I qui allaient déclencher toute la crise n’avaient pas encore été faites) : À Dhubri (Inde) une « assiette lumineuse avec une longue traînée atterrit dans un champ, puis décolla ». (Combat, 3 nov., dépêche AFP, etc.)
Le 2 octobre des observations sont faites au Canada, en Tunisie (Mégrine Coteaux), en Écosse (Perth). C’est le jour du « réseau Poncey » en France.
Les jours suivants incluent Mantoue (Italie), La Jungfrau, l’île de Mytilène (Grèce), Francfort (Allemagne), Ried (Autriche), Boscochiano (Italie), Bombay (Inde), Seefeld (Tyrol), Huy (Belgique), Northolt (G. B.) et Beyrouth (Liban).

Figure 25: Nombre d’observations faites par jour pendant la vague de l’automne 1954.
Le 9 octobre au soir à Munster (Westphalie) M. Willi Hoge décrit une observation du type I. (Voir dépêche AFP du 11 octobre et Le Parisien, 12 octobre, Combat, Le Figaro (même date), Paris-Presse, 13 octobre.)
Au même moment, à l’aérodrome de Muzka, près d’Alexandrie (Égypte) est décrit un objet lumineux qui se déplace en passant du rouge à l’orange puis au vert et au bleu. Il s’éloigne à une vitesse « foudroyante ». (Voir en particulier Combat et Le Figaro, 12 octobre.)
À Beyrouth, le 9 à 22 h 15, M. Max Favell décrit un « engin » qui, après être resté immobile dans le ciel, s’est posé puis a décollé à la verticale en tournant sur lui-même, et a disparu. (Voir le Journal de l’Orient, 11 octobre). Le 10 ou le 11 au soir : observation à Yaoundé (Cameroun). (Voir Combat et Le Figaro, 12 octobre.)
Entre le 10 et le 15 octobre : vague d’observations en Thaïlande en Birmanie. (Voir en particulier La Croix, 17 octobre.)
Le 10 octobre, observation à Brazzaville, le 11, à La Varende près d’Oran.
Le 12 octobre la vague française a dépassé son point critique (fig. 25). Un phénomène de Presse est déchaîné. Les scientifiques refusent de s’intéresser à une série de faits présentés avec tout l’attrait du « sensationnel ». Pourtant, c’est à Téhéran que l’observation la plus « extrémiste » est faite : une « soucoupe volante » aurait tenté d’enlever un habitant de Téhéran, Chasin Faili ! Voir à ce sujet Etollat, quotidien du soir de Téhéran, 13 octobre 1954. Canular ?
Exagération par la rumeur publique d’un fait mal décrit à l’origine ? Probablement[14](index_split_133.xhtml#footnote-14) . Le 12 octobre un rapport du même caractère vient du Maroc (forêt de la Mamora). Le même jour à 19 h, un « objet » est signalé dans l’île de Madère.
Le 14 octobre en Suède, d’après le Service suédois de la défense, ont été observés deux « globes » se dirigeant vers l’est, projetant une vive lumière blanche devenant rouge sur les bords. Ils prirent de l’altitude et disparurent au-dessus de Sjuhserad. Une observation semblable est faite le même jour à Lerdala. Le même jour encore un cas de type est décrit. En Thaïlande.
Entre le 15 et le 25 octobre c’est une vague yougoslave. Des rapports sont enregistrés à Ljubljana, Sarajevo, Belgrade et Zagreb (cf. France-soir et Paris-Presse, 27 octobre). Entre le 15 et le 18 d’autres observations sont faites en Italie, à Salerne et Vietri sul Mare (Combat 20 octobre).
Le 15 est faite l’observation si bien connue de Southend (Angleterre) ainsi que celles de Rovigo et Po-di-Gnocca. D’autres cas existent : Paço de Arcos (Portugal), possible type Il, aussi Trente et Gênes (Italie).
Le 16 octobre est tout aussi international : Forlimpoli, Pescara, Varèse, Rome, Mirafiori en Italie ; Wazemme, Arlon, Montelange, Turnhout, Sibret en Belgique, Casablanca au Maroc, sont au nombre des lieux intéressés.
Le 17 octobre nous trouvons, entre autres : la sierra de Peneda au Portugal, Porto, O Alvito et Lisbonne, puis Rome et l’île de Capri, puis Madrid (cf. Combat, 19 octobre), puis Milan le 18, l’Espagne à nouveau, puis, le 19, Brazzaville, Léopoldville et Pointe-Noire. Le même jour, vers 21 h, Bondowoso, à l’est de Java.
Le 20 octobre, observation en Angola, puis à Schleswig en Allemagne. Le lendemain c’est la banlieue de Naples (incertain) et Kongsvinger à 80 km d’Oslo (cf. dépêche AFP 22.10.54, 18B 10-12). Pour ce même jour une observation allemande est trouvée dans l’Astronomie (bulletin SAF) année 1955, p. 12 :
« M. Januszewaki, de Reutingen (Allemagne du Sud) aperçut le 21 octobre dernier, à 18 h 45, deux objets ovales et blancs qui se déplaçaient à une vitesse vertigineuse vers le nord-ouest. Ils disparurent soudain comme s’ils s’étaient évanouis. Notre collègue évalue à 8 000 m l’altitude de cette apparition. »
Dans les jours suivants d’autres observations sont faites à Pesaro (Italie), à 20 km d’Andulo (Angola), près d’Oran, près de Rabat, à Uige (Angola) à Fort-Dauphin (Madagascar), à Wildon et Indenburg (Styrie), à Graz, à Vienne, à Tanger.
Un « OVNI » est photographié à Und, en Hongrie avant le 27 octobre (date précise inconnue (Dépêche AFP du 27, 10 h 54), et journal Esti-Bud) par un instituteur. On trouve encore Orense (Espagne), El Hajeb (Afrique du Nord), Florence (Italie), Yaoundé (Cameroun, 28 octobre), Berlin (Allemagne), Uccle et Dieghem (Belgique).
Nous arrivons en novembre. D’après les fichiers français seuls, la « vague » est proche de sa fin. Les observations continuent cependant à s’accumuler, venant de tous les points du monde. Citons :
Le 1ᵉʳ nov. : Calcutta (Inde), Comté de Kent (G. B.), Terreiro do Paço (Portugal), Poggi di Ambra (Toscane), Assam (Inde), Torquay (G. B.).
Le 2 nov. : La Corogne (Espagne), Oudja et Banca (Afrique du Nordi).
Le 3 nov. : Londres et Brazzaville.
Vers le 8 novembre sont rapportés les cas de Waterloo, lowa (États-Unis), Wilcania (Nouvelle-Galles du Sud, Australie).
Le 12 nov. : Terceira (Açores) événements relatés par le directeur de l’observatoire météo dans le journal Uniao-Lusitania. Le 13 : Près de Curitiba (Brésil). Le 14 : près de Tournai (Belgique), etc. Le 20 : Temara près de Rabat (Maroc, dossiers français). Le 21 : dix-neuf disques sont vus par les passagers d’un avion brésilien au-dessus de la Paraïba, relaté par Keyhoe. Le 27 : le navire « Lumière », au large de Maceio, par 11°32’5 de latitude S. et 35°04’ de longitude O., aussi Espinhal (Portugal), Moscou (URSS).
Par cette liste extensive, nous cherchons, non seulement à constituer une référence compacte, mais à montrer la nécessité d’investigations sérieuses à l’échelle mondiale. Des enquêteurs armés de leur simple bonne volonté ne peuvent guère travailler qu’à l’échelle locale. Quant aux organismes militaires, leur définition n’est pas axée vers la recherche et l’augmentation des connaissances fondamentales mais sur la nécessité de rassurer l’opinion publique d’un pays donné. Un autre cadre que le cadre militaire devra donc être trouvé si l’on revient un jour sur l’idée que toutes les observations s’expliquent par des phénomènes classiques.
Il est bien certain que la plupart des rapports auxquels nous venons de faire allusion seraient, d’après les critères de l’ATIC, classés « information insuffisante ». Mais si un travail d’amateurs, consistant simplement à lire les journaux attentivement, a pu amasser tant de données (28 observations par jour pendant les vingt premiers jours d’octobre 1954), que ne pourraient faire quelques chercheurs scientifiques au courant du problème et dotés de quelques moyens ?
On voit aussi que l’idée que les événements de 1954 sont essentiellement français, se limitent aux faits relatés dans le deuxième ouvrage d’Aimé Michel, et doivent être interprétés dans la perspective d’un phénomène sociologique affectant un petit pays très dense et psychologiquement fermé sur lui-même, est simplement inexacte. La liste des rapports que nous avons mentionnés donne au contraire à penser que l’on pourrait, au prix de quelques recherches, retrouver la même densité d’observations dans n’importe quel pays d’Europe et démontrer que toute la Terre a été affectée simultanément par les mêmes phénomènes. C’est une perspective qui donne à réfléchir. Bien que la psychologie des masses ait été souvent invoquée dans les interprétations de témoignages, cette science n’a pas dans ses archives, que nous sachions, un seul exemple de propagation d’une rumeur hallucinatoire de manière pratiquement instantanée, sur l’ensemble de la planète, rumeur s’appuyant sur des descriptions aux caractères constants. Un écho anormal ou un vol d’oiseaux sauvages peuvent dans bien des cas expliquer tel ou tel témoignage. Mais nous ne voyons pas de quel effet connu procèdent les rapports de visions d’objets circulaires quand ils sont faits au même moment et dans les mêmes termes (parfois mot pour mot) par des centaines d’Indiens et des milliers d’Italiens. Quand un paysan du plateau de Millevaches, qui n’est certainement pas un lecteur de littérature d’avant-garde, vient faire la même description, nous nous permettons de considérer que cela dépasse les bornes de l’hallucination ou de la psychose telle que les manuels les décrivent.
## La vague de 1957
Après celle de 1954, à laquelle tant de passions sont donc attachées, la plus importante vague mondiale fut celle de 1957. Son caractère vient de ce qu’elle a eu surtout pour théâtre les régions du monde où les moyens de communication sont les plus développés et où l’opinion publique est le plus sensible à tout stimulus émotionnel. Elle est marquée par deux particularités :
1° Elle coïncide avec le lancement du second satellite artificiel de la Terre, son observation la plus importante ayant eu lieu la veille du lancement, Levelland (Texas).
2° Ce n’est pas une véritable vague mais un « sommet » soudain de grande amplitude et de faible durée qui, ramené à l’échelle de la vague de 1954, apparaîtrait comme une variation secondaire noyée dans l’ensemble des observations, puisque le maximum du nombre de rapports, atteint le 6 novembre, ne dépasse pas 40, en comptant les observations non américaines, alors que la valeur de quarante observations par jour a été dépassée cinq fois, et de beaucoup, au cours du mois d’octobre 1954.
Plusieurs circonstances défavorables jouent dans l’étude de ces rapports. D’abord, la tension émotionnelle du peuple américain après le lancement du second satellite russe[15](index_split_134.xhtml#footnote-15) .
La richesse de cette période (particulièrement après le 10 novembre) en météores brillants. Et surtout l’exceptionnel éclat de la planète Vénus tout au long de cette période (mais la distance de la Terre à Vénus était loin de son minimum, atteint en février de l’année suivante).
L’élimination des rapports manifestement erronés, ou présentant tous les caractères de rapports erronés, est donc importante si l’on veut étudier le phénomène lui-même et non pas une combinaison inconnue de météores, de planètes et de canulars. Les principes suivis dans cette élimination sont exposés en détail dans la troisième partie.
De nombreux exemples de mésinterprétations de Vénus seront donnés, et l’on verra que le dépistage de telles erreurs n’est pas si difficile qu’on veut bien le laisser entendre parfois, et que les caractères des « vraies » observations sont assez marquants pour que les risques courus du fait de l’introduction de « bruit » puissent être considérés comme assez réduits.
Par « vraies » observations, nous entendons des rapports comme celui de Levelland, dont la description sera trouvée dans le Levelland Sun News du 5 novembre et dans le Hokley County Herald du 8 novembre, ainsi que dans de nombreux journaux du début du mois. Nous en avons donné un au chapitre II de cette deuxième partie. Il est intéressant de noter qu’au moment de la série d’observations au Texas, un pilote de l’Union sud-africaine poursuivait deux « disques » manœuvrant séparément au-dessus de Johannesburg, et qu’un autre « OVNI » était noté à Cracovie (Pologne) le 4 novembre à 19 h 30. Le 5 novembre, les listes d’observations au-dehors des États-Unis incluent Saint-Domingue, Andria (Italie, à 19 h 00) et Wegnez (Belgique), où est faite une description très semblable, presque mot pour mot, à celle de Theriot (Louisiane). Le 6 novembre on trouve Séoul (Corée), Kagoshima (Japon), Itaipu (Brésil). Cette dernière observation est très intéressante dans le contexte de Levelland : un « gros disque » survole un fort militaire dont le système électrique général cesse de fonctionner.
Le 7 novembre c’est du Chili, de Canberra (Australie), 17 h 02 GMT) et de France que viennent des rapports. L’observation française est faite à 18 h 45 au-dessus de l’usine atomique de Marcoule. Le 8 novembre est aux États-Unis le jour des observations du type I (ex. : Sloanville, New York) et il n’est pas nécessaire d’épiloguer sur leur caractère psychologique possible. Nous préférons nous en tenir aux observations plus sérieuses de Conscripto-Bernardi (Argentine) et de Santiago-du-Chili, et surtout aux deux rapports figurant aux archives astronomiques : celui de l’observatoire de Toulouse (Haute-Garonne) à 18 h 50 qui a fait l’objet d’un certain nombre de commentaires, et celui de l’observatoire du Mont Stromlo (Australie, 3 h 00) par quatre astronomes professionnels ; ce dernier rapport n’a pas été démenti. (Voir chapitre I.).
Le 9 novembre nous trouvons des observations à La Paz (Bolivie, 10 h 55), Londres (5 h 30) et Nicosie (Chypre). Le 10 : Skaryzew (Pologne, 11 h 00), Shiroi (Japon). Le 11 : Madrid et Bruitrago (Espagne), Lubeck (Allemagne). Le même jour, plusieurs ingénieurs de l’usine Rocketdyne à Santa Susanna observent un grand « OVNI » ovale et deux disques plus petits volant en formation au-dessus de la San Fernando Valley (Californie, 16 h 30, cf. Keyhoe).
D’autres observations sont faites les jours suivants. L’une des plus intéressantes est celle de Santa Cruz de Tenerife (14 h 00), le 15 novembre, qui vient s’ajouter à la liste des cas du type Levelland. Le lendemain, une autre observation est faite au Brésil, tandis qu’un « OVNI » est photographié à Madrid. Le 23 novembre commence une véritable vague européenne. Quant aux rapports sud-américains, ils restent fréquents dans toute cette période. Mais il n’est pas douteux que l’information réunie sur ces événements est encore insuffisante. Les cas nord-américains, en revanche, sont bien connus.
## Conclusion.
Le « phénomène MOC », dans sa variation de fréquence, apparaît donc en dernier ressort comme la superposition d’un phénomène constant (qui peut être attribué à la génération de fausses observations par le public, mais tout aussi bien à un effet permanent existant réellement en dehors de l’imagination humaine, qu’il ait une cause naturelle où artificielle) et d’une variation temporaire se manifestant par l’apparition de sommets sur la courbe de fréquence, appelés « vagues ». Cette variation secondaire semble comporter une forte composante cyclique dont la corrélation avec le cycle des oppositions de Mars est intéressante, sinon démontrée absolument, mais elle présente aussi des accidents comme les vagues de 1947 et 1957 qui pourraient, selon certaines idées que nous avons rappelées, obéir à un cycle différent, bien que la preuve de l’existence d’un tel cycle soit impossible à apporter d’après la variation de faible longueur que nous considérons, ce qui limite singulièrement son intérêt.
Il nous reste une fois de plus à mettre en garde le lecteur contre des interprétations trop rapides de résultats numériques obtenus à la limite des possibilités analytiques, et prenant pour base des variations où le rapport signal/bruit est trop souvent défavorable. Dans toute recherche faisant intervenir les méthodes du calcul statistique, le passage de la corrélation mathématique à la corrélation physique est un point délicat. En effet, le calcul peut masquer certains effets importants, ou se trouver faussé par des circonstances physiques dont l’incidence est difficile à évaluer. En particulier, dans le cas qui nous préoccupe, de nombreux facteurs peuvent être intervenus, qu’il importe d’analyser en détail.
Le premier est sans doute le facteur géographique. Il est certain que les témoignages considérés dans le catalogue qui a servi de base à la présente étude sont surtout d’origine américaine et européenne. Est-ce à dire que des continents entiers comme l’Afrique ou l’Asie n’ont pas été touchés, ou de manière seulement exceptionnelle ? De nombreuses indications existent en faveur de l’hypothèse contraire : des vagues ont eu lieu, on en connaît approximativement les dates, mais le détail est inconnu[16](index_split_135.xhtml#footnote-16) . Un second facteur important à retenir est évidemment la densité de population. Il paraît normal qu’une région très dense comme la France donne un grand nombre de cas et qu’un pays africain en donne peu.
Ces réflexions nous conduisent à penser que l’influence d’un certain nombre de fausses données ou d’omissions doit être examinée. Mais il est relativement aisé de montrer que le hasard ne saurait avoir fait disparaître les « sommets » intermédiaires de la courbe pour ne laisser subsister que les maxima en rapport avec les oppositions de Mars (par exemple). Si le hasard est responsable d’une imprécision sur les données, il n’est pas probable qu’il ait déformé entièrement l’allure générale de la courbe.
Ne risque-t-on pas, d’autre part, d’exagérer l’importance de ces facteurs ? Des vagues qui se sont produites en des régions du monde éloignées des centres d’information occidentaux, peu peuplées, voire désertiques, sont venues à notre connaissance (Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Zélande, Brésil), et il arrive même que les témoignages soient plus denses dans les régions peu peuplées et d’accès difficile que dans les zones urbaines. L’homme de la campagne regarde davantage le ciel, le connaît mieux. Il est certes plus crédule en général, mais aussi plus proche de la nature, plus observateur, plus sincère. Si l’intensité des maxima est certainement en rapport avec les facteurs que nous avons mentionnés, leur situation même dans le temps nous semble au contraire objective et assez indépendante de conditions secondaires. C’est pourquoi nous nous sommes attachés à définir chaque vague soigneusement. En général les maxima sont produits par l’accumulation sur un faible intervalle de temps d’un grand nombre d’observations arrivant soudain de tous les points du globe.
C’est ainsi qu’il nous paraît intéressant d’avoir pu mettre en évidence un maximum de grande amplitude en 1956, alors qu’aucune vague n’avait été signalée, à l’époque, en aucun pays précis. C’est seulement en rassemblant les observations et en analysant leur fréquence que nous avons découvert le phénomène plusieurs années plus tard. (Il nous semble également intéressant de constater que les enquêtes américaines officielles ont laissé ce point de côté, les principes suivis dans le rassemblement des dossiers et la conduite des enquêtes ayant eu pour résultat un abaissement du rapport signal/bruit au lieu de son amélioration, et les documents réunis étant uniquement d’origine nord-américaine.)
Si l’on admettait le fait qu’une corrélation existe, de nature non seulement mathématique, mais physique, entre Mars et les données que nous possédons, comment pourrait-on l’interpréter ? Pourrait-on trancher définitivement entre les deux principales théories en présence ? Nous ne le croyons malheureusement pas. En effet, ceux qui ne croient pas à la réalité matérielle d’un « objet-soucoupe » verront dans ce résultat la confirmation que le phénomène est à mettre sur le compte de la psychologie des foules : des visions à caractère hallucinatoire sont engendrées par le rapprochement de la planète Mars, et des mésinterprétations de l’image de la planète par des pilotes ou des témoins au sol viennent s’ajouter à la confusion créée. La vague de 1957, intervenant au moment du lancement des spoutniks, s’interprète dans le même esprit sans difficulté. La même explication joue pour n’importe quelle série d’observations si l’on fait intervenir Vénus et Jupiter qui, dans une théorie psychologique, n’ont pas de raison de jouer un rôle moins important. Quant à ceux qui croient à la réalité des « soucoupes volantes », eux non plus ne considéreront pas les conclusions de cette étude comme une preuve. Cette preuve, ils la trouvent dans le caractère même de certains témoignages où les conditions d’observation et la sincérité des témoins leur paraissent des garanties suffisantes. Ils ne verront ici qu’une indication d’une liaison entre le « phénomène MOC » et Mars, qu’ils auront tendance à interpréter comme appuyant l’idée du caractère objectif des dos Soucoupes volantes » et leur nature de vaisseaux interplanétaires, soit qu’ils proviennent directement de Mars, soit que la planète leur serve de relais.
D’un autre côté, il est important de ne pas perdre de vue que tout phénomène apparaissant dans un contexte plus ou moins étrange peut être mis en rapport avec une circonstance astronomique. On trouvera toujours un astre dont l’opposition, la conjonction, la quadrature ou la brillance maximale tombera raisonnablement près. Les phénomènes périodiques ou pseudo-périodiques comme celui qui nous occupe ici sont encore plus dangereux à analyser. Car dans le jeu infiniment varié des périodes régissant les cycles astronomiques, on peut toujours trouver une valeur « pas trop éloignée » de celle de la pseudo-période en question. Si l’on admet l’entrée en jeu ou la superposition de deux mouvements périodiques, on peut représenter n’importe quoi, avec une bonne précision, à l’aide de cycles planétaires. C’est pourquoi nous nous sommes limités à des calculs très élémentaires. Tout édifice plus sophistiqué construit sur les seize années d’observations que nous possédons serait pur exercice intellectuel. C’est pourquoi nous répugnons aussi à nous prononcer sur la théorie du cycle de cinq ans introduite par le Dr Fontes. Que le « phénomène » se manifeste sous forme de vagues est également certain : les meilleures observations sont faites aussi bien dans les périodes creuses que dans les moments de « sommet ». La corrélation des moments de maximum avec les oppositions de Mars est parfois curieuse. La coïncidence de la période avec le cycle martien est une autre indication intéressante. Mais l’attribution pure et simple du « phénomène MOC » aux « Martiens » est, sur les données dont nous disposons, un enfantillage aussi grotesque que celui qui consiste à expliquer tous les rapports par des arguments du type « la Terre se trouvait alors à proximité d’un amas de météoroïdes » puisque nul critère sérieux ne peut être introduit dans la discussion.
Par cet inévitable rapprochement avec la vie martienne, le « phénomène MOC » rejoint l’un des problèmes les plus poignants et les plus sérieux de l’humanité. Pour l’astronome, ce n’est qu’une énigme de plus au compte d’une planète traditionnellement bizarre. Pour l’homme de la rue, c’est la perspective de changements stupéfiants, auxquels il n’est pas douteux qu’il soit bien mal préparé.
# 11
RECHERCHES SUR LES « MOC ».
## Revue des expériences précédentes.
Nous avions fait plus haut la remarque que les observations du « phénomène MOC », bien que diversement rapportées et commentées, pouvaient être ramenées à un nombre limité de types définis, spécifiquement différents les uns des autres et dont les caractères se retrouvaient dans tout le domaine étudié ; cette remarque nous avait conduits à définir un certain nombre de types. À cette classification était joint un système de codification des caractères suivants :
1. Nombre d’objets décrits par le rapport.
2. Nombre des témoins.
3. Circonstances spéciales : photographie, contrôle-radar
4. Dimensions évaluées par le témoin.
5. Source principale de l’information.
Un premier catalogue d’observations, limité à cinq cents cas bien connus, avait été établi (catalogue base zéro) qui était axé sur ce premier système de classification. Mais il ne rendait pas compte de nombreuses propriétés qui s’avèrent intéressantes à étudier du point de vue physique, et n’utilisait pas au maximum les possibilités de la carte perforée. Nous avons donc été amenés à définir, pour une étude plus complète sur le problème, un nouveau système de classification qui est décrit dans notre appendice IV.
Un tel système de classification peut être appliqué à deux problèmes de base qu’un groupe de chercheurs rencontre en période de « vague », lorsque les rapports arrivent chaque jour par dizaines, et qu’il est critique de décider immédiatement lesquels sont importants et méritent une étude approfondie, et lesquels sont, selon toute probabilité, dénués d’intérêt.
Ce n’est pas là un problème imaginaire : en automne 1957, tant de rapports furent envoyés par les bases de l’Armée de l’Air au bureau central de l’Air Technical Intelligence Center (ATIC) à Dayton (Ohio) que les lignes de communication en furent saturées. La situation, à un certain moment, fut si dramatique que des communications importantes, ayant trait à la sécurité du pays, auraient pu être retardées ou noyées dans le flot de dépêches entre les télétypes. Ce courant emportait de bonnes et de mauvaises données, en vrac, et à une telle allure qu’aucun travail de classification et de contrôle ne pouvait être fait avec les méthodes employées alors, et maintenant encore, à Dayton. Il fallut plusieurs mois pour que la situation se clarifie et que les enquêtes locales commencent à donner des résultats.
Un système d’analyse effectif du type que nous suggérons aurait servi à éliminer presque tous les rapports sans intérêt, les codant pour utilisation statistique ultérieure. Il aurait réduit considérablement le délai dans la transmission des données et aurait présenté aux enquêteurs une situation clairement tenue à jour. Pour chaque observation, il aurait donné des informations sur la confiance que l’on pouvait accorder aux descriptions, et aurait suggéré des directions de recherche où des interprétations conventionnelles auraient pu être trouvées rapidement.
La seconde tâche qui peut être effectuée aisément avec l’aide d’un bon système de classification est la constitution d’un catalogue d’observations comprenant des milliers de cas, sous une forme compacte. Un tel catalogue contient toute l’histoire récente du phénomène et il est directement accessible. Des cartes perforées sont extensivement utilisées dans la préparation de cette référence générale, d’où une série de statistiques peut être extraite sans difficulté. Notre groupe possède plusieurs versions de tels catalogues, en expansion constante, et notre expérience dans la manipulation des sources d’information sur les « MOC » est probablement unique. Plusieurs problèmes majeurs se posent à ce sujet.
## Sources d’information.
Le catalogue dont nous venons d’exposer le principe résulte de la combinaison d’indications venant de sources diverses, dont chacune couvre plutôt une période déterminée. Ces indications, suivant les cas, se confirment ou s’opposent, et un choix a été souvent nécessaire, comme on le verra en détail ci-dessous. La période actuellement la mieux connue est celle de 1954, où les cas bien définis ont été analysés dans plusieurs ouvrages, et pour lesquels nous avons pu exercer un contrôle méticuleux des sources un revenant à l’origine de chaque témoignage à l’aide des dossiers constitués par C. Garreau, des collections de journaux et de nos documents personnels. Le problème de la date n’a cependant pas pu être absolument résolu dans tous les cas.
La liste d’observations couvrant le plus large domaine fut longtemps celle fournie par G. Quincy. La description des observations y a souvent été trouvée incomplète, et chaque cas a dû être repris à la lumière d’autres documents partiels s’appliquant plutôt à telle ou telle période. Dans de nombreux cas, nous pensons avoir retrouvé le document original utilisé par Quincy dans la constitution de sa liste (c’est le cas par exemple de nombreuses observations américaines qui étaient citées dans d’autres ouvrages) et priorité a été rendue au premier auteur.
À partir de 1954, nous avons trouvé de nombreuses indications dans le fichier général d’Aimé Michel. Malheureusement, la masse de documents auxquels ce fichier renvoie n’a pu être dépouillée entièrement, et une certaine incertitude pèse donc sur la dernière partie du catalogue : nous espérons pouvoir prochainement reprendre de manière plus serrée l’étude de cette période. À titre de contrôle nous avons étudié toutefois la corrélation des indications fournies par ce fichier et celles de Quincy, dans la période 1955-1959. Cette analyse de la corrélation de nos deux sources de base a été faite soigneusement et donne un résultat très positif.
Dans l’ensemble, la cohérence interne des données ayant conduit à la constitution du catalogue a été jugée satisfaisante, et l’on peut estimer que chaque observation a en général été contrôlée d’après deux documents indépendants au moins, et davantage en 1954.
Au cours de la constitution du fichier de base, toutes les observations venant de sources notoirement fantaisistes, ainsi que les témoignages visiblement grotesques ont été répertoriés sur une liste spéciale pour contrôler leur éventuelle récurrence sous une autre forme. De même ont été écartés tous les cas où une explication triviale a été donnée, soit par une enquête officielle, soit à l’issue de notre propre analyse, et où la démonstration a été faite de l’origine naturelle ou humaine du phénomène (mystifications reconnues, ballons-sondes, météores, satellites artificiels). Par la suite, les périodes essentielles de l’histoire du phénomène ont été révisées dans le détail, et enfin l’ensemble du catalogue a été repris, observation par observation. Cette analyse critique supplémentaire a permis le rejet d’un certain nombre de cas, l’élimination des observations données en double (deux sources indépendantes donnant parfois la même observation avec une erreur d’un mois sur la date) et l’attribution de poids dans de nombreux cas.
Cette analyse a été faite selon les règles suivantes :
1. Toute observation rapportée par des témoins dispersés dans une région d’un rayon approximatif supérieur à 5 km a fait l’objet d’une étude spéciale dans l’optique d’une interprétation par un phénomène météorique. La méthode suivie pour l’élimination de ces cas est illustrée plus loin.
2. Toute observation faite entre le crépuscule et l’aube, et relative à un objet ponctuel se déplaçant de manière continue, pour la période postérieure à 1957, a été examinée comme pouvant être attribuée à un des satellites artificiels américains ou soviétiques visibles à l’œil nu. Un exemple d’identification de satellite est également donné ci-dessous.
3. Un soin tout particulier a été apporté à l’étude critique des observations « récurrentes ». En effet, un certain nombre de localités figurent dans le fichier à des dates diverses, parfois près d’une dizaine de fois, ce qui ne peut être justifié que dans un cas exceptionnel. Ces exemples de récurrence peuvent être significatifs dans l’étude du phénomène, indiquant une particularité locale conduisant à une recherche intéressante, encore que nulle indication réellement précise n’ait jamais été présentée dans ce sens. Mais, elle peut aussi être interprétée soit par une erreur de date ayant causé des duplications, soit par la présence dans la localité en question d’une source spécialement fantaisiste[17](index_split_136.xhtml#footnote-17) . Une autre explication se présente dans les régions à faible densité de population, lorsque tout rapport fait dans une vaste zone désertique est ramené à la seule localité importante du pays. Les observations « récurrentes » de certaines villes d’Amérique du Sud ou d’Afrique n’ont pas d’autre origine. Tous ces cas ont été étudiés soigneusement d’après une liste alphabétique générale tirée du catalogue. Les cas réellement douteux ont été signalés par un poids défavorable.
4. Les témoignages spécialement extraordinaires, dont le caractère peut à juste titre soulever la suspicion, ont été repris en détail. Cette analyse est facilitée par le fait que de tels cas sont en général cités par des sources nombreuses, les reporters et les investigateurs officiels ayant interrogé les témoins très complètement et immédiatement après les événements. Lorsque ces observations nous ont paru ainsi Spécialement bien établies (ce qui n’implique pas que nous acceptions les interprétations qui en ont été données, dans un sens ou dans un autre) nous les avons signalées par un poids approprié : elles sont à inclure sur une liste de faits relevant typiquement du « phénomène ». Les observations de type I en particulier ont toutes été revues plusieurs fois. L’excellente analyse qui en a été faite dans le catalogue spécial de Quincy, groupant deux cent cinquante cas parmi les mieux connus, nous a servi de guide dans l’étude des abondants documents concernant le sujet.
Pourtant, le mouvement de chaque parcelle de matière lancée dans l’espace est connu avec une extrême précision, et l’identification des satellites considérés comme « objets mystérieux » est immédiate en général. Dans quelques cas particuliers, on est forcé d’avoir recours à des méthodes plus élaborées que la simple consultation d’une table, quand il s’agit d’identifier de manière définitive une observation rapportée avec une erreur d’heure ou de date. Un tel fait s’est présenté avec le témoignage suivant :
La photographie III a été prise par M. Samper à Azazga (Grande-Kabylie). Date donnée par le témoin : 6 août 1961 à 20 h15, TU. Direction de « l’objet » : sud-ouest à nord-est. Hauteur sur l’horizon : faible. Magnitude inférieure à celle de Jupiter. Le cliché est dit avoir été pris entre 20 h 05 et 20 h 10 TU.
Le fait que les heures indiquées ne concordent pas avec celle du passage de ÉCHO I incita le témoin à envoyer son cliché à Aimé Michel qui nous transmit le document. Ayant reconnu la trajectoire et la magnitude de « l’objet » comme celle de ÉCHO I, et sa position comme vraisemblable étant donné la position de l’observateur, nous demandâmes à P. Neirinck, observateur assidu des satellites artificiels, de bien vouloir examiner la photographie, ce qu’il nous fit l’honneur d’accepter. L’identification de « l’objet » fut conduite de la façon suivante :
« La magnitude limite atteinte sur l’agrandissement est, dans la région de l’objet (And.) + 6,5 ; dans le centre supérieur (Lac.) + 7,5 ; la magnitude apparente de l’objet sur le cliché est + 4,3 au début, + 5,4 à la fin. Déclinaison de comparaison : + 47°. Réduction à la déclinaison + 20°: 4,0 au début. Magnitude de ÉCHO I à cette déclinaison (moyenne des proches passages à altitude moyenne) : + 3. Magnitude réelle de l’objet (à l’altitude 1 500 km) + 1,5 au début.
« Arc enregistré : 14°6. Vitesse angulaire d’après les données fournies par le témoin (5 minutes) = 0°049 par seconde, vitesse très inférieure à celle de ÉCHO 1, même pour une hauteur angulaire de 15°. Vérification du temps de pose annoncé d’après les traînées laissées par les étoiles sur le film photographique : étoile mesurée 15 And. (déclinaison + 40°) choisie pour sa distance polaire et son éclat moyen. Sa traînée, ainsi que celles de ses proches voisines, est de 0°49 T 0203. Le sens des vibrations de l’appareil paraît sans incidence sur la longueur de la traînée. La pose a donc été de 0°49/0°101 soit 154 s – 2,56 mn, d’où la vitesse réelle de l’objet : 14°6/154 – 0°095 par seconde. Cette vitesse correspond parfaitement à celle de ÉCHO 1 ! pour la portion de trajectoire enregistrée.
« S’il s’agit de ÉCHO I, il faut conclure qu’une erreur a été commise sur l’heure ou sur la date. Trois cas sont possibles : erreur de 1 ou 2 jours : passages possibles 5 août 1961 (apex 20 h05°21 ») ou 8 août (apex 20 h 10° 9 »). Erreur de 1 heure : passage possible 6 août, (apex 21 h25‘26 »).
« La question peut être tranchée par l’étude des coordonnées du premier point de la trajectoire enregistrée : ces coordonnées sont 23 h 01, + 47°0 et les coordonnées azimutales correspondantes :
6 août à 20 h 05 TU N. Az= 052° h= 27°
6 août à 21 h 05 TU 055° 36°5 (3ᵉ cas)
5 août à 20 h 05 TU 052° 26°4 (1ᵉʳ cas)
8 août à 20 h 05 TU 053° 28°3 (2ᵉ cas)
“Le troisième cas donne un point trop lointain pour l’azimut et la hauteur donnés (pour une altitude de 1 500 km) et 21 h 29 TU. Aucune correspondance dans ce cas. Le second cas donne un point à 20 h12 mais 300 km trop loin. Le premier cas situe le point correspondant à l’azimut et la hauteur donnés à 20 h 01’ 4”” et à une distance géocentrique par rapport à l’observateur exactement égale à la hauteur angulaire observée : elle est de 189, soit 2 000 km. La distance à vol d’oiseau est 2 670 km. La magnitude de ÉCHO 1 (+ 3 pour les proches passages, sur clichés) est à cette distance + 4 sur clichés. La vitesse angulaire correspond également.
« Le cliché répond donc aux mesures suivantes :
Satellite artificiel ÉCHO I.
Date : 5 août 1961.
Durée de la pose : de 20 h01’ 4” à 20 h 04’O”TU.
Lieu : Azazga, Grande-Kabylie.
Le soleil s’étant localement couché à 18 h52TU, le cliché doit être assez exposé, malgré la brièveté de la pose. »
## Exemples de mésinterprétation de la planète Vénus.
Les rapports attribuant aux phénomènes que nous cherchons à étudier des effets optiques ayant pour source un objet astronomique sont extrêmement courants. Leur étude est relativement facile, et elle s’avère assez instructive, car elle montre sans contestation possible la limitation de la perception sensorielle et son remplacement inconscient par l’imagination, effet bien connu des astronomes qui ont cherché à fixer des détails des surfaces planétaires. Elle met aussi en évidence la faiblesse des témoignages portant sur les formes et les mouvements quand les objets en jeu sont d’un faible diamètre apparent. Nous insisterons sur ce point, car il nous semble que de nombreuses hypothèses sur les formes fantastiques et les manœuvres complexes attribués aux « soucoupes volantes » sont basées sur de tels rapports, dont l’étude critique n’a pas été menée assez loin.
Il ne peut être objecté sans mauvaise foi à l’identification d’un rapport détaillé par référence à la planète Vénus ou un astre brillant, quand l’analyste a eu entre les mains une description suffisante et des positions précises. L’apparence de l’astre, son diamètre apparent, sa couleur, son rougissement progressif quand il atteint l’horizon, ses changements de forme et de couleur apparents quand il est vu dans un instrument d’optique moyen, l’heure de l’apparition, la durée de l’observation et la lente descente de « l’objet » vers l’ouest fournissent des critères sûrs. Dans de nombreux cas les témoins ont donné des mesures de position en coordonnées locales, voire des photographies, qui peuvent être contrôlées exactement, par référence à une éphéméride. Tous ces éléments rendent l’interprétation finale indiscutable. Nous allons donc passer en revue certaines descriptions trouvées dans des témoignages relatant la vision d’un objet mystérieux dont l’identité avec Vénus a été démontrée. Ces observations furent courantes aux États-Unis durant la vague de 1957, qui s’est ainsi trouvée affectée d’un « bruit » considérable. Grâce à des analyses simples, de tels rapports indésirables peuvent heureusement être éliminés.
1ᵉʳ novembre. – Detroit (Michigan) 23 h 35 GMT. Objet rond, vert et blanc, taille d’un pois, observé stationnaire durant une heure. Scintillant.
3 novembre. – Long Beach (New York), 21 h 30 G.M.T. Objet rond, taille d’une dîme (pièce de 10 cents) quand sa brillance est maximale, d’une tête d’épingle au minimum. Émettant des « rayons de lumière ».
4 novembre. – Milwaukee (Oregon), 2 h 00 le 5 novembre G.M.T. Grand objet ovale, orange brillant, mêlé de blanc. S’effaça à l’horizon. Vu une heure.
5 novembre. – Port-Arthur (Canada), 23 h 15 G.M.T. Objet de forme ovale, taille : entre celle d’un pois et celle d’une tête d’épingle. Estimé vingt fois plus gros que la polaire. Blanc brillant, changeant à l’orange puis de nouveau blanc. Semblait entouré d’une brume brillante. D’après certains observateurs, l’intérieur de l’ovale présentait une apparence « écailleuse ». Un point noir se déplaçait lentement sur « l’objet » dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, ce qui permit aux témoins de trouver que « l’objet » accomplissait une évolution sur lui-même en une minute. Le brouillard entourant « l’objet » était de trois fois son diamètre. La couleur changea au rouge quand il disparut à l’horizon. Trajectoire ouest. Observation faite avec des jumelles, durée 1 h 33 min.
5 novembre. – Aiken (Caroline du Sud), 23 h 30 G.M.T. Objet en forme de cigare, taille d’un pois à bout de bras, blanc brillant comme une lumière fluorescente, change au rouge et à l’ambre. Brillants points blancs à l’intérieur de « l’objet ». Longue queue avec apparemment trois traînées bleues, considérées comme des « flammes bleues », à peu près aussi grosses que « l’objet ». Pas de bruit. Objet stationnaire la plupart du temps, mais faisant parfois de brusques écarts. Sembla s’éloigner de l’observateur puis s’effaça graduellement, sa couleur devenant rouge puis ambre. Observé avec des jumelles pendant une heure environ.
5 novembre. – Texas et Nouveau-Mexique, 3 h 00 G.M.T. Objet de taille d’un ballon de basket-ball, argenté puis rouge, semblant en rotation sur lui-même, descendant vers le sud-ouest et s’effaçant. Vu vingt minutes avec des jumelles.
6 novembre. – Buffalo (New York) 22 h 30, G.M.T. Objet en forme de poire, taille d’un B-52, métallique, planant au sud-ouest puis s’effaçant. Vu dans des jumelles pendant 15 à 25 minutes.
10 novembre. – Hopkins et Saint-Paul (Minnesota), 0 h 30 GMT le 11. Objet rouge à orange, couleur changeante parfois devenant blanc brillant, taille d’une balle de base-ball. Observé au télescope et à la jumelle pendant une demi-heure. Se déplaça trois fois en trois minutes. Progressait, puis s’arrêtait, et ainsi de suite. Direction générale sud-ouest.
11 novembre. – Saint-Charles (Missouri), 0 h 10 le 12 G.M.T. Objet rond surmonté d’une partie triangulaire, taille d’une grosse étoile, observé vers le sud pendant une heure. La partie ronde était blanche et la partie triangulaire rouge. Cette dernière partie tournait sur elle-même à la manière de banderoles en haut d’un mât dans une fête. Pas de son. L’objet avait des déplacements verticaux et latéraux.
15 novembre. – Harrisburg (Pennsylvanie), 23 h 20 G.M.T. Objet en forme d’œuf vu une demi-heure dans des jumelles. Blanc au début, puis laissant des points rouges en disparaissant. Tournait sur lui-même et semblait lancer des pointes de lumière.
20 novembre. – Dayton (Ohio), 22 h 15 G.M.T. Objet d’apparence solide vu stationnaire pendant vingt minutes. Pure couleur blanche. Paraissait avoir quatre pointes. Taille d’un phare d’automobile. Vu vers le sud-ouest.
25 novembre. – Santa Roso (Texas), 20 h 45 G.M.T. Objet vu pendant plus de trois heures, se dirigeait vers l’ouest. Rond, de la taille d’une balle de base-ball. Couleur brune dans les jumelles, blanc sans jumelles…
L’étude des nombreux rapports de cette catégorie est intéressante, car elle conduit à certaines remarques sur la confiance que l’on peut accorder aux observateurs, ou du moins à la majorité d’entre eux. Nous ne trouvons en effet aucune description où les témoins se soient déclarés « paralysés », ni aucun cas de moteur arrêté ou de perturbation de la télévision, bien que dans la plupart des rapports les auteurs croient bon d’affirmer qu’ils ont vu une « soucoupe volante ». Les erreurs commises par ces personnes sont donc tout à fait dans les limites naturelles et illustrent aussi bien la sincérité des témoins que la faillibilité des sens et de l’imagination humaine. On ferait la même remarque à propos des observations de météores ou de ballons : les témoins ont été surpris, intrigués, mais ils ont décrit sincèrement ce qu’ils ont vu ou cru voir, et l’on peut aisément identifier l’origine du rapport d’après leurs descriptions, même quand l’imagination a joué à un point considérable comme dans le cas du 11 novembre rappelé ci-dessus. Aucune confusion n’est donc possible, et c’est faire preuve de mauvaise foi que de prétendre que le « phénomène MOC » n’existe pas en prenant pour base des observations erronées, si nombreuses soient-elles. Car une analyse raisonnablement conduite montre que ce « bruit » peut être éliminé grâce à des critères extrêmement simples, et si clairs que le travail pourrait être fait par un ordinateur, de même d’ailleurs que la plus grande partie de la codification des observations. Nous n’insistons sur ces fausses observations que pour montrer combien elles obéissent à des lois claires, et avec quelle simplicité le chercheur de bonne foi peut les éliminer. Les rapports qui restent ensuite sur sa table de travail ont un tout autre caractère.
# 12
LA PHYSIQUE DES « MOC »
## Un problème de méthode.
Une fois éliminés les témoignages résultant d’erreurs et de mésinterprétations, nous parvenons à l’établissement d’une liste homogène d’observations codées qui obéissent à notre définition du « phénomène MOC ». Cette liste, extraite des fichiers originaux auxquels l’étude statistique ne peut s’adresser directement, est donnée dans un système codé fondé sur les quatre autres types que nous avons indiqués.
La question de savoir si cette liste elle-même contient autre chose que des mésinterprétations et des erreurs demeure évidemment ouverte. D’un autre côté, si le « phénomène MOC » (que l’on peut à ce point concevoir soit comme un ensemble de faits que la science ne décrit pas actuellement, soit comme une série d’événements liés à des effets déjà connus, mais étudiés de manière très fragmentaire comme l’éclair globulaire}) existe en dehors des interprétations classiques, il doit pouvoir s’extraire du bruit général au cours d’un traitement statistique approprié, guidé par des considérations physiques simples.
On ne peut espérer trancher cette question qu’en fondant une étude descriptive d’ensemble, et non en reprenant les cas un à un pour les soumettre à nouveau aux explications classiques, car une importante quantité de faits restera de toute façon inexpliquée, ne serait-ce que par le caractère fragmentaire de l’information dont nous disposons. Nous ne ferions donc que déplacer le problème en dissipant le capital-information dont nous disposons, et qui ne peut être utilisé pleinement que dans une analyse globale.
D’autre part, on sait d’avance qu’une méthode consistant à interpréter chaque cas isolément fera disparaître automatiquement le fait original ou le « phénomène » nouveau s’il existe. Le risque d’introduction d’erreurs de perspectives est trop grand pour que l’on puisse compter sur une telle méthode pour mettre en évidence un fait nouveau. Et ce n’est pas merveille si l’on a pu « expliquer » de cette façon presque tous les cas américains. Il suffisait pour cela de pousser de plus en plus loin la complexité des phénomènes classiques dont on permettait l’intervention : aucune limite n’est posée. Aucun chercheur n’a jamais songé à définir le vraisemblable. Où s’arrête le plausible d’une explication ? La nature présente d’infinies combinaisons de phénomènes. Si l’on s’autorise à prendre ce chemin (et c’est effectivement le seul ouvert si l’on part avec l’idée que toutes les observations doivent posséder une explication classique) on est conduit à faire intervenir un éventail de phénomènes naturels de plus en plus complexes, et cet éventail s’ouvrant à l’infini, toute observation devra se résigner à y trouver son logement, à un niveau ou un autre. Mais cette analyse présente-t-elle des garanties réellement sérieuses ? Les tenants du caractère non classique du « phénomène MOC » ne sont-ils pas fondés à noter que ces interprétations sombrent vite dans l’incontrôlable, voire dans un domaine où les hypothèses introduites prennent un caractère arbitraire ?
Or les techniques d’analyse de phénomènes dont l’observation est dénaturée par un bruit d’origine psychologique ou instrumentale sont bien au point. Des méthodes de traitement statistique de grandes quantités d’information sont connues et utilisées chaque jour dans des problèmes semblables. Seul, le caractère original ou, disons-le : « maudit », du problème que nous étudions ici, en a-t-il découragé l’emploi dans l’analyse des témoignages[18](index_split_137.xhtml#footnote-18) ?
Il nous semblerait quant à nous que, même si la physique ne retire rien à l’étude du « phénomène MOC », et même s’il apparaît que les témoins ont décrit de pures productions de leur imagination, l’intérêt d’une recherche sérieuse sera grand pour le psychologue. Quelle que soit l’interprétation que l’on souhaite voir triompher, la sincérité scientifique impose la définition d’une méthode de recherche réservant toutes les possibilités. Cette méthode pourrait consister à définir des critères de classification et à rassembler des listes d’observation comme nous avons tenté de le faire, puis à conduire sur ces données une étude qualitative, sans perdre de vue l’application ultérieure des résultats à des investigations purement physiques.
Une description des observations actuellement rassemblées s’adresserait d’abord aux heures et aux durées d’apparition, chercherait à préciser les phénomènes des types les mieux définis, puis s’intéresserait aux caractères physiques découlant des témoignages.
## L’heure et la durée des observations.
Deux remarques peuvent être faites :
1° La quantité d’observations de type III connaît une nette augmentation entre 20 h et 21 h. Ce nombre tombe rapidement quand la nuit s’avance, plus rapidement semble-t-il que la loi bien connue de diminution du nombre de témoins éventuels.
2° En revanche, cette loi est bien suivie quand on considère les observations de type I, dont la production dans la journée, entre 6 h et 18 h apparaît comme très exceptionnelle. Il semble donc que l’on puisse conclure que la fréquence potentielle de cas du type I est constante de 19 h à 6 h. Si l’observation d’un tel phénomène ne relève pas de la psychologie pure, mais correspond à une manifestation physique réelle quelle qu’elle soit, on peut donc estimer que du seul fait de l’heure on perd 50 % de l’information théoriquement accessible sur ce type.
La question de la durée des phénomènes de type II est étudiée page 197.
L’étude des heures et durées d’apparition des phénomènes de type IV est, comme nous l’avons dit, moins intéressante, en raison du niveau de bruit plus élevé qui affecte ces cas, bruit venant soit des mésinterprétations de ballons et d’objets astronomiques qui ont été si déformées que l’identification a échappé aux critères que nous avions admis, soit de l’inclusion de météores qui n’ont pu être rejetés sur la base de l’information incomplète dont nous disposions.

Figure 26: Fréquence d’observations du type I et du type III au cours de la journée.
On trouve pourtant, si l’on fait cette étude, un résultat qui vient confirmer la variation déjà observée pour les types I et III Le nombre d’observations s’élève très brusquement entre 17 et 18 h passant par un maximum aux environs de 20 h. Il retombe ensuite à la manière des cas de type III, plus rapidement que ceux de la catégorie I. Ces statistiques, illustrées par les figures 27 et 28, ont porté sur plus de six cents cas. 60 % d’entre eux se placent entre 17 h et 23 h. L’étude de la durée des observations est moins nette. Les deux extrémités du graphique n’ont probablement pas de signification. On notera pourtant qu’une grande proportion de cas présente une durée de plusieurs minutes, voire dix minutes à une demi-heure.
On ne peut rien dire, évidemment, des cas de courte durée, sinon que l’assimilation à des météores devrait être recherchée à nouveau. En revanche, certains des cas très longs (plusieurs heures) sont encore sujets à discussion ; un exemple typique est celui de Washington en 1952, cas que nous avons rappelé.

Figure 27: Heures d’apparition des phénomènes de type IV.
Il est difficile de dire, sur le nombre encore insuffisant des données que nous possédons, si le comportement du phénomène est significativement différent, au cours des « vagues ». Cette étude s’imposera quand une liste d’observations plus étendue aura été réunie.
Du moins cette étude montre-t-elle que les apparitions du « phénomène MOC » ont une durée notable, souvent supérieure à cinq minutes, atteignant parfois plusieurs heures (une vingtaine de cas de type IV ont une durée supérieure à une heure et demie). Ces apparitions sont essentiellement nocturnes, surtout celles des types I et III.

Figure 28: Durées d’apparition (type IV).
## Le Martien du crépuscule.
Nous venons d’étudier la répartition horaire des observations de type I : leur nombre s’élève à partir du crépuscule et décroît à l’aube. La fatigue, les erreurs d’appréciation, les mésinterprétations qui vont de pair avec de telles circonstances seront donc justement invoquées contre l’idée de leur caractère sérieux. La situation est encore moins nette quand on en vient à l’analyse des rapports où des « êtres » sont décrits, sortant des « soucoupes volantes » pour un temps plus ou moins long. Le fait, non seulement que ces « êtres » n’aient jamais été capturés, mais que l’on n’ait jamais retrouvé d’objets ou de traces précises après leur prétendu passage, rend évidemment sceptique sur la qualité de ces rapports du point de vue de l’élucidation du « phénomène MOC » lui-même.
En fait, les Commissions d’enquête officielles rejettent souvent ces témoignages sans le moindre examen, et Ruppelt signale lui-même (2) : « Il y avait (un autre dossier) marqué CP, ce qui voulait dire « Crackpot » où nous placions les récits des gens qui avaient vu atterrir des soucoupes volantes. » Cet aveu est assez énorme. Si ce dossier C. P. n’avait pas été inventé pour éliminer à priori les rapports un peu trop « bizarres », lesdits rapports auraient pu être étudiés par les psychologues et, si vraiment ces cas étaient des « hâbleries », la question des atterrissages serait aujourd’hui résolue. On aurait ainsi pu éviter sans doute le caractère « sensationnel » attaché aux témoignages français de 1954, et faire l’économie des polémiques que les inventions d’Adamski et de Scully parviennent encore à soulever. En effet, la tendance mythomaniaque n’est pas aussi généreusement répandue qu’on veut bien le laisser entendre, elle constitue un ensemble de caractères psychologiques bien connus et aisément décelables par le spécialiste.
Un pilote, un douanier, un garde-barrière, ne sont pas censés perdre la tête avec cette facilité. On ne peut pas classer leurs observations en déclarant qu’ils ont « simplement » eu des hallucinations ou inventé un conte de Science-fiction. La simple sécurité de la société mériterait que l’on s’y attarde un peu plus.
Bien entendu, puisque nous n’excluons pas la possibilité pour les « MOC » d’exister en tant qu’engins matériels volants, nous ne pouvons leur refuser l’aptitude à s’approcher du sol, à s’y poser, ni la possibilité pour leurs « occupants » de sortir de leur appareil. Mais dans ce domaine le physicien ne doit pas avancer d’hypothèse avant que le spécialiste directement intéressé, c’est-à-dire le psychologue, ait analysé les rapports et rendu ses conclusions.
On trouve parfois des descriptions de « pilotes » de stature moyenne, habillés tantôt de vêtements brillants, tantôt de combinaisons ordinaires : ces observations sont assez anodines. On peut les expliquer, surtout quand le témoin est seul, par la mésinterprétation d’un simple atterrissage d’hélicoptère en difficulté vu dans les conditions du crépuscule ou de l’aube, par une personne sous l’emprise des histoires fantastiques des journaux. Mais souvent, d’autre part, les auteurs des rapports décrivent franchement les « petits êtres ». Ils s’accordent sur les caractères de leur visage, leur petite taille, etc. Dans tous ces rapports, le personnage le plus intéressant est, jusqu’à preuve du contraire, le témoin lui-même. Certes on retrouve souvent le joyeux drille qui voulait faire une bonne farce, l’illuminé qui entend des voix, ou simplement le triste escroc.
Il n’en reste pas moins que l’on souhaiterait pouvoir évaluer de manière plus sérieuse et plus directe la personnalité des témoins qui ont donné des signes évidents de sincérité, souvent même de la plus extrême terreur.
## Le grand cigare.
Parmi les quatre principaux types d’observation que nous avons définis, celui qui maintenant nous paraît le plus susceptible de fournir des indications claires sur la nature du « phénomène MOC » voire d’apporter le moyen de trancher entre les théories en présence, est le type II. La présentation qui en a été faite dans les ouvrages français (5, 26) a largement découragé, il est vrai, par son caractère étonnant, les spécialistes américains : « Si vraiment des cas d’une telle durée, et d’une telle définition, étaient liés aux observations de « soucoupes volantes », pensèrent-ils, le problème serait certes différent ; mais les dossiers américains n’en donnent aucun exemple. Il faut donc que ces rapports Soient les produits du caractère fantastique de la vague française de 1954, et l’on peut les considérer comme des exagérations ou des hallucinations, d’autant plus que si des événements aussi caractéristiques s’étaient effectivement produits en Europe, les Forces Armées et les scientifiques officiels n’auraient pas attendu les amateurs pour en faire l’étude. »
Nous nous sommes donc attachés à vérifier l’existence des observations de type II pour aboutir à leur description précise. Et non seulement cette étude conduit à la découverte de nombreux cas américains, mais elle fait apparaître le cas de type II comme le plus clairement défini de tous. Pourquoi donc ces rapports ont-ils échappé à l’attention des enquêteurs ? À notre avis, un phénomène de filtrage les a fait passer inaperçus.
Les dossiers officiels n’ont jamais été étudiés comme un tout, susceptible d’analyse globale, de classification, de traitement au niveau général, mais comme une collection de témoignages qu’il fallait expliquer un à un. Certes les phénomènes de type II que nous avons retrouvés n’avaient pas été expliqués : presque tous portaient la mention « information insuffisante » ; mais ils étaient ainsi noyés, dissous dans une catégorie statistique qui groupe des centaines de météores incertains, de ballons douteux, de rapports fragmentaires et d’enquêtes incomplètes. Il ne s’agit pas là d’une classification, mais d’un montage filtrant d’une logique telle que toute série d’observations en sort déformée. Une analyse construite sur un système de classification cohérent permet au contraire de rejeter les principaux constituants du bruit et de faire porter la description sur des catégories pures.
Les cas de type II s’imposent alors comme les plus dignes d’attention. Ces cas sont assez rares ; mais ils présentent des caractères si nets qu’ils peuvent être considérés comme réalisant le « phénomène MOC » par excellence. Nous allons passer ces caractères en revue.
Durée d’observation. Une définition complète des cas de type II devrait mentionner leur remarquable durée. L’image (ou l’objet) mise en jeu a un mouvement lent, parfois erratique, à une altitude modérée de l’ordre d’un kilomètre ou deux. Comme nous le verrons, la durée d’observation est au moins de plusieurs minutes pour les cas du groupe A, et très généralement supérieure à dix minutes. Ceci exclut donc complètement les mésinterprétations de météores se séparant en plusieurs parties à la fin de leur trajectoire. Des observations durant environ dix minutes, mettant en jeu un « objet » doué d’un mouvement lent, ou même vu stationnaire dans le ciel à une altitude modérée, telles sont les premières caractéristiques des rapports de type II.
Turbulence atmosphérique. Une nébulosité diffuse est très souvent associée à l’objet principal décrit par les témoins, comme si les conditions thermodynamiques étaient modifiées dans son voisinage. Le point de savoir si ce phénomène principal perturbateur est effectivement un objet matériel est, à vrai dire, incertain. Un cas d’écho-radar sur un tel phénomène est cependant connu. Certains témoins décriront la chose comme un objet entouré d’une nébulosité, d’autres parleront simplement d’un nuage présentant une forme étrange et semblant être le siège d’une agitation extrême. Sa couleur attirera en général leur attention.
Forme, luminosité, couleur. La forme générale de ce « nuage », décrit ou non comme constitué autour d’un objet matériel, est souvent trouvée semblable à celle d’un cigare ou d’un cylindre vertical, mais des descriptions de « Sphères » ou d’ovoïdes ne sont pas pour autant inexistantes. Lorsqu’elles ne s’accompagnent d’aucune autre caractéristique bien définie, elles provoqueront évidemment la suspicion : de nombreux ballons pourront présenter l’apparence d’ovoïdes verticaux à mouvement erratique, circulant lentement à une altitude moyenne. La luminosité de « l’objet » permet alors de juger l’observation plus en détail. Les phénomènes de type II sont toujours lumineux par eux-mêmes, et non par lumière réfléchie. Les témoins les décriront très souvent comme « fluorescents ». La nature de cette luminosité est encore un caractère permanent : dans une observation, les témoins décrivirent le cylindre vertical comme semblable à un « bâton blanc » quand il était vu à l’œil nu, et comme un « tube fluorescent » quand il était vu à la jumelle. La forme aussi est très spéciale : les mots « crayon », « tube », « bâton », sont communs dans les descriptions. Dans les cas du groupe B très bien définis, nous admettrons pourtant les « sphères » ou les formes incertaines, en raison des phénomènes de nébulosité qui ont été signalés, etc., qui peuvent évidemment avoir trompé l’observateur.
Processus de génération. Les cas de type II-B sont ceux qui présentent effectivement le processus de génération. Des images ou des objets de faible diamètre apparent, de forme sphérique ou discoïdale, sont décrits. Leur nombre varie entre une et une douzaine. Ils tombent en chute libre apparente de la base du « nuage », arrêtent brusquement leur chute verticale après quelques secondes et partent à grande vitesse dans une direction précise, en ligne droite. Deux objets successifs prendront en général des directions différentes. Éventuellement, on décrit leur retour à l’objet principal, qui sera demeuré stationnaire : ils s’arrêtent brusquement à proximité immédiate du nuage, puis semblent y être « happés ».
Remarques. Il est évidemment malaisé de fixer la part d’imagination dans ces descriptions. Nous avons eu des difficultés à extraire ces cas des dossiers, ce qui nous fait considérer la probabilité de rencontre de témoins connus déjà avertis de l’existence de ces caractères avant la date de leur observation comme extrêmement faible. On notera aussi l’abondance des détails vraiment peu vraisemblables dans une relation imaginaire : la fluorescence bizarre, très différente des descriptions habituelles de « soucoupes », le mouvement lent, erratique, la durée d’observation, l’émission des objets secondaires, tous ces traits se retrouvent parfaitement exposés dans les descriptions effectuées dans les cinq parties du monde. Or la presse spécialisée ne transcrit pas fidèlement ces observations : elle les dénature quand elle les rapporte, et l’on doit revenir aux documents de base pour trouver leur vrai caractère. L’invention pure nous semble donc exclue par cette concordance très remarquable.
Certains rapports montrent les « cigares verticaux » se déplaçant au milieu d’énormes formations d’objets volants. Ces observations sont très impressionnantes et mériteraient peut-être que l’on crée pour elles, un groupe II-C. Actuellement pourtant, elles sont encore trop rares pour justifier cette introduction (Oloron, Gaillac, Lemps). La qualité et le nombre des témoins ayant garanti la réalité de ces phénomènes est un autre trait important des cas de type II et contribue à écarter l’idée d’une pure mystification. L’altitude et la luminosité des objets les fait apercevoir dans une surface considérable, et le nombre des témoins peut être très élevé. Un autre facteur joue pourtant qui tend à réduire le retentissement de ces observations : le phénomène se produit en général au-dessus de régions éloignées des centres de communications et il est très souvent nocturne. Cela explique qu’il ait pu, en certains cas, se prolonger plusieurs heures, sans intervention d’appareils d’interception.
Exemples. Nous avons déjà donné plusieurs exemples de cas de type II, en rappelant notamment les observations de Pouilly-sur-Vingeanne, Moscou et Ponthierry, puis d’Oloron et Gaillac. Un témoignage encore plus complet, car il décrit en détail la génération des objets secondaires, est celui donné par M. Miserey dans le cas de Vernon (Eure), (nuit du 22 au 23 août 1954, une heure du matin). L’auteur du rapport est un commerçant de Vernon qui venait de mettre sa voiture au garage quand il aperçut, sur la rive sud de la Seine, une pâle lumière qui éclairait la ville, et découvrit dans le ciel, à 300 m d’altitude environ, une masse lumineuse immobile ressemblant à un gigantesque cigare vertical.
« Je contemplais cet étonnant spectacle depuis un moment, raconte M. Miserey, lorsque soudain, du bas du cigare, surgit une espèce d’objet en forme de disque horizontal qui d’abord tomba en chute libre, puis ralentit, et soudain bascula et fonça horizontalement à travers le fleuve dans ma direction en devenant très lumineux. Pendant un temps très court, je pus voir ce disque de face. Il était entouré d’un halo d’une vive luminosité.
« Quelques minutes après qu’il eut disparu derrière moi vers le sud-ouest à une prodigieuse vitesse, un second objet semblable au premier se détacha comme lui de l’extrémité inférieure du « cigare » et manœuvra de même. Un troisième objet lui succéda, puis un quatrième. Il y eut alors un intervalle un peu plus long, et enfin un cinquième disque se détacha du « cigare » toujours immobile. Celui-là laissa tomber beaucoup plus bas que les précédents, jusqu’au ras du nouveau pont où il s’immobilisa un instant en oscillant légèrement. Je pus alors voir très nettement su forme circulaire et sa luminosité rouge, plus intense au contre, atténuée sur les bords, et le halo ardent qui l’entourait. Après quelques secondes d’immobilité il bascula comme les quatre premiers et démarra lui aussi en flèche, mais vers le nord, où il se perdit dans le lointain, un reprenant de l’altitude. Pendant ce temps, la luminosité du « cigare » avait disparu, et le gigantesque « objet », qui avait peut-être 100 m de long, s’était fondu dans les ténèbres. Le spectacle avait duré trois quarts d’heure environ. »
« Quand, le lendemain, M. Miserey raconta sa vision, signale Aimé Michel (6, p. 18) la police lui apprit que deux agents qui effectuaient une ronde vers une heure du matin avaient eux aussi observé le phénomène, ainsi qu’un ingénieur des laboratoires de l’armée qui circulait à la même heure en voiture sur la nationale 181, au sud-ouest de Vernon. »
Le phénomène inverse (réintégration des objets secondaires) fut observé par l’équipage d’un avion américain au-dessus du golfe du Mexique, le 6 décembre 1952. Les observations de l’équipage et des passagers du Boeing Centauresse de la BOAC, à 150 miles au sud-ouest de Goose Bay le 29 juin 1954 sont, à notre avis, probablement relatives à un phénomène semblable à celui d’Oloron, quoique l’objet ait été vu à une distance trop grande pour qu’une interprétation réellement solide puisse être avancée. Mais des cas plus nets se sont produits aux États-Unis à partir de 1957, comme on le voit sur la liste donnée ci-dessous. Ces cas appartiennent tantôt au groupe A, tantôt au groupe B. L’un des plus nets est celui de Reseda (Californie) le 28 mars 1957 à 22 h 35, d’une durée de trois à cinq minutes. Le témoin décrit un objet en forme de « cigare », stationnaire, d’un diamètre apparent comparable à celui d’un DC-6 à une distance de 1 000 ou 1 500 pieds. L’objet était entouré d’une luminosité brillante de forme elliptique, cinq fois moins brillante environ que la luminosité propre de l’objet central. Le petit axe de cette ellipse était égal à la demi-longueur de l’objet, et son grand axe était trois fois plus grand. Bien que les rapports de brillance n’aient pu être évalués correctement par l’observateur, la description de cette luminosité est intéressante. Rapprochés des autres caractères de ce témoignage, elle indique certainement un phénomène de type II-A. Mais déjà le 19 avril 1950 à Dallas (Texas)avait été décrit « un tube vertical lumineux d’une couleur semblable à celle du fer chauffé ».
Mais la série d’observations du 19 août 1959 fournit une base de comparaison plus nette avec les cas européens. Il s’agit de cinq témoignages intéressant l’est des États-Unis.
Le premier de ces rapports est douteux : à 15 h 37, à la latitude de Washington, à 80 miles de la côte, un radar enregistra sept échos non identifiés. Ces échos correspondaient à des objets qui auraient eu deux ou trois fois la dimension d’un avion C-124. Les vitesses estimées furent de 3000 à 7800 miles par heure. Ces échos durèrent chacun une minute, et la dernière fois deux échos se présentèrent simultanément sur l’écran, ayant les mêmes caractéristiques. Tous disparurent de manière instantanée. Ce comportement, en l’absence de contact visuel, et de contrôle par une autre station donnant une base de recoupement, peut être attribué à une propagation anormale des ondes-radar due à des interférences météorologiques. Cette information est donc affectée d’un poids défavorable.
À 18 h55, Mme Neylan décrivit le passage d’un « objet » lumineux vertical de couleur rouge, se déplaçant très vite à une grande altitude, suivant une trajectoire rectiligne, et allant vers le sud-est. Cette observation fut faite à 6 miles à l’ouest de Mitchell AFB, dans Long-lsland, c’est-à-dire très près de New York. Toutes les confusions sont évidemment possibles.
La troisième observation est celle de Trenton (New-Jersey) à 19 h45. Le témoin est M. Salbego qui, se trouvant dans le nord de Trenton, eut son attention attirée par la brillance inhabituelle d’un « objet » qui se trouvait à une faible hauteur sur l’horizon au sud-est. Il décrit cet « objet » comme un « cigare » vertical allongé, très lumineux, entouré de vert bleuté le centre étant de couleur orange. Pendant les premières vingt-cinq minutes, ce « cigare vertical » effectua huit ou dix virages à angle droit. Ce point a été explicitement précisé par le témoin dans sa réponse à une demande d’information du service officiel qui examina son rapport. Il quitta « l’objet » de vue une seule fois (après vingt-cinq minutes d’observation) pour donner un coup de téléphone. « L’objet » principal était ensuite entouré de cinq « objets » brillants disposés approximativement en cercle. Ils parurent tous se regrouper à nouveau avant de disparaître au nord-est.
La nuit était claire et sans nuages. Pleine lune, bonne visibilité. Aucun écho radar n’a été enregistré dans cette zone sur un objet inconnu. Toutes les recherches sur les

Figure 29: Carte des événements du 19 août 1959. L’observation d’Elburn (Illinois) faite à 20 h 30 ne figure pas sur cette carte.
lancements de ballons ou les opérations d’entraînement qui auraient pu fournir une base d’identification des objets en question ont été négatives. L’observation totale avait duré cinquante minutes. Le témoin est un ancien ingénieur sur les B-24 et a fait son service dans le second escadron électronique expérimental.
Le même jour à 20 h 30, le copilote et le pilote du vol 333 des United Airlines, en route pour Des Moines (Iowa) virent au-dessus d’Elburn (Illinois) une série de trois ou quatre lumières brillantes comme un phare d’automobile vu à un bloc de distance. La lune était brillante et beaucoup d’étoiles étaient visibles. Les objets étaient de couleur blanche et présentaient des contours nets. Leur grosseur était celle d’un poids tenu à bout de bras. Ils disparurent brusquement au nord-nord-ouest. Ils étaient apparus à l’ouest-nord-ouest.
Encore plus tard, à 21 h10, à Shelton (Connecticut) un objet ressemblant à une étoile de première grandeur apparut, mais décrivant une trajectoire en spirale. L’objet passa au-dessus des témoins et disparut en trois minutes.
Il est difficile d’affirmer que tous ces événements sont liés entre eux. On peut seulement attirer l’attention sur de telles concentrations d’observations évidemment indépendantes sur une région précise, dans une période qui n’est pas riche en observations, et n’était pas favorable à l’apparition de témoignages dus à l’autosuggestion par la Presse.
Certains phénomènes encore plus récents sont difficiles à interpréter ou à classer, et l’on aimerait en trouver une explication classique. Le cas que nous allons citer relève, par l’ensemble de ses caractères, du type II. Mais il montre bien, en même temps, combien la théorie « extraterrestre » du « phénomène MOC », qui l’attribue à des objets matériels pilotés, est insuffisante et enfantine. Le 25 octobre 1963 à 18 h 45, un appareil volait entre Saint-Louis et Mitchell AFB, se dirigeant vers cette ville, à une altitude de 6 500 pieds. Soudain les pilotes aperçurent au-dessus d’eux une masse bien définie, aux contours nets, accompagnée d’un objet plus petit. Ils modifièrent leur route pour se diriger vers ces objets. Ils virent alors le plus petit d’entre eux grossir tandis que le plus gros rétrécissait, l’ensemble semblait s’éloigner d’eux. Ils reprirent leur route vers Mitchell, tout en continuant leur surveillance des « objets ». Ils virent alors là masse (maintenant unique) se désintégrer en dix à vingt petits « objets » et tout le groupe disparut, sauf un point qui ressemblait à un avion vu de l’arrière. Il diminua et les pilotes cessèrent leur observation. Mais à 19 h « l’objet » réapparut, et ils ne parvinrent pas à s’en rapprocher. Son diamètre apparent était celui d’un 707 vu à deux miles de distance. Puis il cessa de grossir et, à nouveau, un point apparut. Ce petit point grossit et le gros « objet » rétrécit comme la première fois. Finalement les deux « objets » avaient complètement changé leurs rôles. À 19 h15 l’avion ne s’était toujours pas rapproché du « phénomène ». Les témoins décidèrent de rentrer. Ils se posèrent à Mitchell à 19 h40.
Tous ces témoignages font apparaître le « phénomène MOC », comme soumis à des lois originales, où notre imagination ne sait découvrir que des schémas bien insuffisants. Nous allons en voir d’autres exemples.
# 13
LES SOUCOUPES VOLANTES
## La théorie « extra-terrestre » n’explique pas tout.
L’existence des « soucoupes volantes » en tant qu’engins matériels pilotés est admise sans discussion par de nombreux enthousiastes, sur la base des descriptions faites par quelques témoins, qu’ils retiennent sans contrôle sérieux. Or les informations que nous venons de réunir montrent à notre avis que, même si l’on admet que les observations ne sont pas toutes explicables par des effets classiques, et qu’un phénomène original est défini par leurs caractéristiques, l’assimilation de ce phénomène à une manifestation « intelligente » est une tout autre question.
La science-fiction a certes préparé les imaginations à l’irruption dans notre environnement d’engins extra-terrestres. Mais sur la base de ces descriptions les « enthousiastes » nous semblent oublier un peu trop vite les caractères de la majorité des rapports au profit du petit nombre de témoignages qui paraissent confirmer leurs désirs. Entre ces désirs et la réalité existe un large fossé.
En premier lieu, il semble difficile d’admettre que les « objets » décrits comme des « petits disques » (ceux qui, parait-il, auraient été vus au sol) puissent être des véhicules interplanétaires au sens de notre technologie. Si les vitesses parfois trouvées par les radars (et l’on sait combien ces mesures sont contestables) sont supérieures à la vitesse circulaire, et autorisent donc à concevoir les « objets » comme susceptibles de voyages interplanétaires, les descriptions concordantes leur donnent un diamètre et une épaisseur beaucoup trop faibles pour assurer aux éventuels « pilotes » (si petits soient-ils !) une protection valable contre les radiations cosmiques. (Voir à ce sujet 205, 206). Certains enthousiastes pensent tourner aisément cette difficulté en interprétant les objets de type II (grands cigares ou sphères des nuées) comme de gigantesques « vaisseaux-mères » semblables à nos porte-avions. Ces stations cosmiques seraient d’énormes constructions abritant cinq à quinze « soucoupes » qu’elles libéreraient au moment voulu, selon le processus décrit à Vernon par M. Miserey ou à Trenton par M. Salbego, puis reprendraient en charge selon la manœuvre décrite en Australie et au-dessus du golfe du Mexique, la flotte entière effectuant éventuellement des déplacements d’ensemble comme à Gaillac, Oloron ou au Labrador. Il est assez facile de montrer que ces hypothèses, quand on les prolonge logiquement, se terminent dans l’obscurité et la contradiction. En effet, on s’attendrait, non seulement à observer beaucoup plus souvent les phénomènes de type I, mais aussi à voir ces fameux « vaisseaux » lorsqu’ils s’éloignent de notre globe. D’une part les réponses à ces critiques sont restées vagues : abordent-ils la Terre par son cône d’ombre ? Ou bien, au contraire, disent certains, en gardant toujours le Soleil derrière eux ? Tout cela est invérifiable. Et il resterait à trouver par quel mystère le territoire des États-Unis qui bénéficie d’une extensive couverture-radar, est si souvent violé.
D’autre part, nous pensons avoir montré que, si l’on admet la réalité objective des phénomènes de type II, et l’hypothèse qu’ils sont dus à des « objets » au sens courant du terme, c’est-à-dire à des corps physiques matériels, alors les « sphères lumineuses sortant d’un cylindre brillant » décrites à Augermanland en 1752, par exemple, s’y rattachent automatiquement. Plus généralement, si nous suivions cette théorie, nous devrions admettre que nous n’assistons depuis 1946 qu’à la recrudescence d’une série d’événements aussi anciens que notre civilisation elle-même. Dès lors, l’idée qu’ils sont provoqués par une technologie supérieure ne semble pas se soutenir : cette « technologie » n’évoluerait-elle pas au cours des siècles ? Enfin, il ne faut pas oublier que la majorité des témoignages ne met en jeu ni des « cigares » verticaux ou horizontaux, ni des disques à structure définie, mais des ovoïdes ou des boules de lumière pure qui, eux, trouvent directement leur correspondance dans les phénomènes hhyaiques que nous commençons à étudier aujourd’hui.
Dans les pages suivantes, notre point de vue sera de considérer le « phénomène MOC » comme causé par un objet physique (sans préjuger de sa nature matérielle) et nous chercherons, sur la base des observations les plus significatives, à en définir les caractéristiques, sans vouloir utiliser les indications obtenues dans un jugement de valeur sur les théories en présence. On ne peut honnêtement refuser d’étudier les informations proposées par les témoins sérieux au sujet des formes, des dimensions et don mouvements des « objets » dont ils ont rapporté la vision, quand l’analyse a montré que leur témoignage était sincère et détaillé.
## Dimensions.
Dans la grande majorité des rapports étudiés, les phénomènes décrits par les témoins leur sont apparus comme centrés sur un objet matériel. Nous avons déjà insisté sur ce fait à propos des témoignages venant de groupes écartés les uns des autres, par exemple, les habitants de villages voisins, quand ces groupes décrivent simultanément les mêmes phénomènes, ou donnent des descriptions différentes qui, replacées dans leur succession chronologique, forment l’image d’un comportement cohérent.
Constatons qu’une certaine portion du ciel ou des nuages ust masquée par « l’objet » : les descriptions des témoins qui le voient sous des angles différents se renforcent mutuellement, montrant qu’il occupe bien une certaine portion de l’espace. Le comportement continu des corps décrits (bien observé, par exemple, dans le cas de Rome Ciampino) semble exclure l’idée d’une simple image, dont on attendrait plutôt des glissements furtifs, des disparitions soudaines ou excessivement rapides, des changements de forme, etc., toutes caractéristiques que l’on trouvera effectivement dans certains cas, mais non dans les rapports auxquels nous faisons allusion ici et qui constituent, répétons-le, une majorité. On voit donc que les témoins n’ont aucune raison, au cours de leur observation, de penser qu’ils sont en présence d’autre chose que d’un corps physique matériel. Un premier problème apparaît quand il s’agit d’évaluer les dimensions approximatives de cet objet.
En l’absence de tout repère, et de toute structure clairement reconnaissable sur « l’objet », une estimation de ce genre ne peut obéir qu’à une simple loi psychologique. Aussi ne sommes-nous pas surpris de constater sur un diagramme où sont rassemblées les données relatives à 168 rapports de type IV où des dimensions apparentes ont été proposées, que bon nombre de témoins considèrent les corps comme exagérément petits ou exagérément immenses, puisque de telles dimensions sont impossibles à contrôler. Quant aux indications intermédiaires, elles suivent simplement une loi de répartition aléatoire dont on ne peut rien retirer, sinon l’observation que les auteurs de rapports excluent l’existence d’« objets » de plus de 30 m’ou de moins de 2 m dans les cas de type IV les plus courants.
Les observations de type I sont évidemment plus intéressantes à considérer de ce point de vue : si les prétendus objets se sont posés, il est vraisemblable que leurs dimensions ont pu être estimées avec quelque précision par rapport aux éléments du paysage masqués par ces corps. Compte tenu du caractère discutable de ces témoignages (ce qui n’enlève rien au fait que des dimensions, à tort ou à raison, ont été estimées) on trouve que, d’après quatre-vingt-onze déterminations indépendantes, le diamètre du prétendu « objet » lié à ces rapports est de 2 à 10 m (« dimensions d’une camionnette », « d’un wagon », « d’une meule » sont d’ailleurs des termes que les auteurs emploient souvent). Une des bonnes descriptions est celle du « cigare » de Marignane, dont la longueur était de 5 m, l’épaisseur de 1 m. À deux comportements distincts : « objet » associé aux observations de type IV d’une part, « objet » au sol d’autre part, se trouvent donc associées, semble-t-il. des dimensions différentes.

Figure 30: Dimensions attribuées par les témoins aux objets vus au sol dans 91 cas du type I
On possède trop peu de renseignements sur les observations du type III (23 « objets » de dimensions connues seulement sont utilisables) pour les considérer comme une base d’étude valable. Quant aux observations de type II, elles ont été passées en revue au chapitre précédent.
Nous venons d’examiner rapidement les dimensions des « objets » décrits le plus couramment dans la majorité des rapports, On ne peut rejeter toutefois certaines informations trouvées dans des cas exceptionnels. Nous retiendrons surtout « l’objet » vu par Chiles et Whitted dont la longueur était d’une trentaine de mètres.
## Formes.
Dans une première approximation, et en excluant les visions de type Il, les formes décrites se répartissent en trois groupes : celles qui dérivent du « disque », celles qui dérivent du « cigare » et celles qui dérivent de la « sphère ».
Les « objets » les mieux définis sont certainement les « disques ». D’après ce qui a été dit plus haut, leurs dimensions les divisent en trois groupes :
« L’objet » que nous appellerons « disque Mantell » serait un cône très évasé à base plate, brillant d’un éclat métallique. Son apparition a été très exceptionnelle et ses caractères nous semblent, même après tout ce qui a été dit de part et d’autre, assez discutables et obscurs. Nous le retenons seulement pour mémoire.
La seconde catégorie de « disques » est beaucoup plus courante. Elle a été maintes fois décrite et l’on en possède au moins neuf bonnes photographies. D’après l’observation de Paul Trent à Mac Minnville (Oregon) nous désignerons cet objet sous le nom de « disque Oregon ». La forme décrite est celle d’une assiette renversée, portant une sorte de protubérance au centre de la partie supérieure. Nous avons vu que son diamètre était de 20 à 30 m.
Enfin nous trouvons le disque que nous avons décrit dans la première partie de cet ouvrage à propos des cas de type I, et dont M. Farnier, membre de la Société des ingénieurs civils de France, avança en 1954 la description suivante : « J’ai vu passer au-dessus de ma propriété, à Jouy-sur-Morin, un gros disque de 8 à 10 m de diamètre, tournant sur place en laissant échapper des lueurs rouge-violet, avec un sifflement rappelant un peu l’arrivée d’un avion à réaction.
L’engin était à environ 400 m de hauteur et plana plus de vingt minutes au-dessus de moi. J’ai donc eu le loisir de bien l’examiner. L’engin disparut ensuite en direction de Coulommiers.
« Ancien commissaire auprès de l’Aéro-Club de France, ayant servi dans l’aviation, je n’ai pas été victime d’une hallucination et cet engin n’était pas un ballon-sonde, mais une aile épaisse circulaire planant sur place et se déplaçant à très grande vitesse en prenant progressivement de la hauteur ». (Lettre du témoin à un journal de Coulommiers.) Nous proposons donc de nommer cet « objet » de la troisième catégorie « disque Farnier ».
Parmi les « objets » dont la forme dérive du « cigare », nous retiendrons surtout le corps décrit par Chiles et Whitted auquel ils attribuèrent une longueur de 30 m’et une épaisseur égale à celle de deux Dakota.
Enfin, décrivant la « sphère » (et laissant de côté les des « boules » de lumière comme celles décrites par Gorman et Combs) nous rappellerons surtout les visions rassemblées pur Aimé Michel sous le nom de « soucoupes-méduses », relatives à des « engins » hémisphériques dont la partie inférieure serait douée de « sources de lumière », à savoir don liolles verticales pendant sous l’objet, échangeant entre elles leurs couleurs et donnant ainsi une impression de tournoiement ». Voir à ce sujet la description de Foussignargues le 27 septembre 1954.
## Caractéristiques de vol
Ce sont les caractéristiques cinématiques des prétendus “objets. qui ont d’abord attiré l’attention des spécialistes et soulevé leur incrédulité. Une description d’objet en déplacement continu à vitesse moyenne évoque directement la mésinterprétation d’un appareil classique, même dant les cas de « sphères lumineuses » ou de « disques brillants-, étant donné les illusions courantes provoquées par la auto réflectivité des avions et même quand les témoins ont décrit des changements de forme ou des appareils triangulaires. On consultera sur ce sujet (208) dans l’esprit de nombreuses observations faites après 1957. Quant aux opérations de ravitaillement en vol, elles sont certainement responsables de nombreuses confusions, spécialement de nuit.
Toutefois les possibilités actuelles des avions, et a fortiori leurs performances au moment des grandes « vagues » classiques il y a dix ans, sont limitées à des régions précises du diagramme altitude-vitesse (213). Or les observations de « MOC » qui ont donné lieu à de bonnes mesures de ces qualités, si on les portait sur le même graphique, le noirciraient complètement.
Bien entendu, les points se portant dans des zones extrêmes du diagramme sont inacceptables : les très hautes vitesses n’ont guère de valeur. Quant aux fortes accélérations, elles ne peuvent être mesurées qu’au radar et évoquent toujours des échos anormaux d’origine météorologique. Tant de mésinterprétations sont possibles dans les descriptions faites depuis un avion en vol que l’on ne peut les prendre pour base d’une étude physique sérieuse que lorsqu’elles viennent confirmer d’autres indications obtenues optiquement ou par radar, comme dans l’excellent cas de Ceuta (Maroc) rappelé figure 31. Plus intéressants que les observations extrêmes sont les rapports d’« objets » lents à altitude moyenne, vus du sol, durant le jour, par des témoins indépendants ne se trouvant pas à l’intérieur d’un véhicule. Malgré toutes ces restrictions, où on trouve un nombre suffisant pour établir une base de recherche. La position du Soleil, l’altitude des nuages et la direction du vent étant souvent connues, ces rapports pouvant fournir une étude sérieuse. Ils relèvent généralement du « disque Oregon » si couramment décrit. Les caractères les plus communément indiqués sont alors les suivants :
1. Position oblique de « l’objet » dans les périodes d’accélération et de décélération.
2. Possibilité d’immobilisation à n’importe quelle altitude.
3. Changements de couleur avec la vitesse.
4. Intensité des effets secondaires au cours des manœuvres très brusques.

Figure 31: Performances d’un MOC observé au radar et par des pilotes militaires français à Ceuta (Maroc) le 2 décembre 1954.
Ces indications n’ont cependant pas été rapportées dans un nombre suffisant de témoignages pour pouvoir être considérées sans précautions. Le fait que le mot d’antigravité ait été prononcé par certains scientifiques ne doit pas faire perdre de vue que nulle interprétation physique ne peut actuellement rendre compte de ces descriptions, même sur le plan théorique pur, et que les nombreux physiciens qui préfèrent rejeter ces indications comme mal observées ou mêmes truquées sont, dans le cadre actuel, parfaitement fondés à le faire.
## Effets secondaires.
On trouve dans les rapports des descriptions de six différentes sortes d’effets secondaires, que nous classons ici bar leur caractère de gravité. Ce sont les suivants :
1. Déplacement d’air et bruit.
2. Perturbation de la boussole.
3. Traces matérielles.
4. Sensation de brûlure aux yeux et à la face chez le témoin.
5. Arrêt des moteurs d’automobiles, perturbation des instruments de bord des avions.
6. Paralysie des témoins.
Les effets 1 et 3 peuvent être attendus de toute mésinterprétation d’objet volant classique, par exemple d’un atterrissage d’hélicoptère, et leur étude ne saurait apporter d’élément intéressant sur le plan général. Pour le 6, on est fondé à l’interpréter à la lumière des expériences d’autosuggestion qui sont décrites dans tous les manuels de psychologie.
Nous n’écarterons pas 4 de la même manière, car nous trouvons là un fait accessible à l’examen médical, donc au contrôle. Il nous reste donc les effets décrits par de nombreux amateurs qui les résument en affirmant que « pour obtenir tous ces effets, il suffit de créer, à proximité des objets conducteurs visés, un champ magnétique assez puissant et variant assez rapidement ».
Cette appréciation est manifestement inexacte, surtout quand on prétend l’étendre à « la production de courants induits dans le corps humain, sans le toucher ». Les effets biologiques des champs magnétiques très puissants ou au contraire très faibles sont actuellement inconnus ou, plus exactement, connus pour être inexistants à toutes les puissances et à toutes les fréquences que nous sommes en mesure de produire. (Voir 209, 210, 211, 212.) Ils n’ont fait l’objet d’études systématiques que récemment et n’ont mis en évidence que l’apparition de certaines vagues sensations gustatives chez les expérimentateurs dont les dents portaient des plombages. Nous sommes loin de la paralysie subite décrite par les auteurs des rapports en question !
Seuls les déviations de la boussole, les blocages de postes de radio et les arrêts de moteur sont des indications ayant quelque apparence de sérieux. Nous allons donner quelques exemples de cas bien décrits :
« Le 6 novembre 1957 à 21 h, une observation faite près du lac Baskatong au nord d’Ottawa, et mentionnée par Mebane (6) peut être résumée comme suit : M. Jacobsen et trois de ses amis écoutaient la radio sur un poste à piles lorsqu’ils aperçurent une brillante sphère lumineuse jaune blanc d’un diamètre apparent inférieur à celui de la lune, qui se tenait immobile, apparemment quelques centaines de pieds au-dessus d’une colline située à deux ou trois miles. Du haut et du bas de la sphère jaillissaient des cônes de lumière qui illuminaient les arbres et la surface inférieure des nuages. Les témoins ne recevaient plus la radio. L’un d’eux, qui possédait un poste à ondes courtes, découvrit qu’il ne pouvait même plus capter les signaux lointains, mais qu’il recevait, sur une courte longueur d’onde, un signal extrêmement puissant, rapidement modulé, « un peu comme le Morse, mais ce n’était pas du Morse » (le témoin est technicien électronique). Ce signal était si fort qu’il avait bloqué le récepteur, effet bien connu des personnes qui habitent à proximité d’un émetteur puissant. Quinze minutes plus tard l’objet partit lentement vers le sud, entrant dans les nuages. À 21 h 30 il avait disparu, et la radio fonctionnait à nouveau normalement. »
Le 10 novembre 1961 l’agence Tanyoug transmit la dépêche suivante, intitulée « Incident radio-électrique mystérieux en Croatie » :
« Belgrade. Il y a quelques jours, l’émission diffusée par la Htution locale de radio de la ville croate de Vukovar a brusquement cessé. Dans le studio, les lumières se sont éteintes, puis ont clignoté pendant trente ou quarante secondes. Les instruments de mesure ont accusé une forte augmentation de la tension électrique. Au même moment, un étrange nuage gris sombre passait au-dessus de la ville pour disparaître rapidement poussé par le vent. Un technicien de la radio, écrit le journal belgradois Politika, a observé une autre phénomène insolite. Plusieurs tubes l’éclairage à vapeur de sodium, qui se trouvaient sur une étagère isolée de tout appareil ou fil électrique, se sont mis émettre de la lumière. Aucune explication scientifique n’a été trouvée jusqu’à présent au rapport, s’il y en a un, entre un nuage et les phénomènes observés à la station de radio. »
Nous avons déja rappelé l’observation similaire faite à lHipu (Brésil) à l’occasion des cas de 1957. L’un des rapports les plus sérieux de cette catégorie est celui du Lock Ravon Dam, que nous allons décrire maintenant avec plus de détails.
## Le cas du barrage de Lock Raven.
Le 26 octobre 1958 vers 22 h 30, deux personnes affirment avoir aperçu un « MOC » stationnaire au-dessus d’un pont métallique près du barrage de Lock Raven, au nord de Baltimore (Maryland). Leur voiture cessa de fonctionner quand ils approchèrent et le « MOC » décolla verticalement environ une minute plus tard. Les deux hommes souffrirent de brûlures légères au visage et furent examinés à l’hôpital Saint-Joseph de Baltimore. Une investigation officielle détaillée fut faite. Les deux témoins étaient MM. C. et S. Voici leur description de l’expérience :
### Rapport de M. C.
« Nous roulions en voiture le dimanche 26 octobre près du barrage de Lock Raven. Après avoir passé le barrage proprement dit, il y a une route en lacets qui descend dans la vallée et interdit toute vue du lac. On ne peut voir ni le lac ni le pont qui le traverse. Ensuite vous dépassez le barrage, puis vous tournez sur la gauche, et le pont apparaît devant vous à 200 ou 250 yards[19](index_split_138.xhtml#footnote-19) . Nous prîmes ce tournant et nous vîmes, de cette distance, ce qui apparaissait comme une sorte d’objet en forme d’œuf, aplati et de grandes dimensions, suspendu 100 à 150 pieds[20](index_split_139.xhtml#footnote-20) au-dessus du sommet de la superstructure du pont, au-dessus du lac.
« Nous ralentîmes et décidâmes de nous rapprocher pour étudier « l’objet ». Nous avançâmes vers lui en suivant la route qui mène vers le pont. Quand nous arrivâmes à 75 ou 80 pieds du pont la voiture cessa complètement de fonctionner. Tout se passait comme si le système électrique était affecté : les lumières et les phares s’éteignirent, le moteur était mort. M. S. qui conduisait, mit les freins, actionna le démarreur une ou deux fois. Nous n’obtînmes aucun ronflement du moteur, nous étions assez effrayés à ce moment.
« Nous sortîmes de la voiture tous les deux. Sur cette route, il n’y a aucun endroit pour se cacher ou courir, ce qui ant probablement ce que nous aurions fait. Aussi avons-nous mis la voiture entre « l’objet » et nous. Nous l’observâmes dans cette position pendant trente à quarante-cinq secondes et alors, je suis sûr de la succession des événements, il parut donner un brillant éclat de lumière blanche al nous sentîmes tous les deux de la chaleur sur nos visages. En même temps, il y eut un bruit très fort que j’interprétai comme une sourde explosion, et M. S. entendit un – « claquement de tonnerre ».
« Alors, très rapidement, d’une manière telle que nous ne pouvions réaliser la succession exacte des événements, « l’objet » commença de s’élever verticalement. Il ne changea pas de position, pour autant que nous puissions dire, en s’élevant. Le seul caractère différent qu’il ait eu en s’élevant était sa grande brillance et le fait que les contours devenaient brouillés, si bien que nous ne pouvions distinguer la forme. Il mit cinq à six secondes pour disparaître entièrement. Nous étions très effrayés. »
### Rapport de M. S.
« Vers 22 h 30, en roulant le long de Lock Raven Boulevard, nous prîmes un tournant. Il faisait très noir, la visibilité était claire, il y avait des constellations dans le ciel, etc. Pour autant que nous nous souvenions, il n’y avait pas de lune. Nous découvrîmes un objet en forme d’œuf suspendu au-dessus du pont numéro un. C’est après avoir passé le barrage. « L’objet » était à notre connaissance à 75, 160 pieds de haut. Il y a quelque incertitude sur son altitude exacte. Nous étions plutôt inquiets en voyant « l’objet » et nous n’étions pas qualifiés pour dire exactement à quelle hauteur il était.
“Quand nous vîmes « l’objet », d’abord il était à peu près h 300 yards de distance. Nous roulions à 25 ou 30 miles à l’heure environ, car la route était mauvaise. Nous allions môme plutôt vite et nous ralentîmes à 10 ou 12 miles à l’heure et arrivâmes à 75 ou 80 pieds de « l’objet ». Nous ne pouvons pas dire les distances exactement. Après avoir reparlé plus tard, nous pensâmes que c’était à peu près la distance que nous avions dite. Le système électrique de la voiture apparemment lâcha, comme si quelqu’un avait retiré la batterie, ou un autre genre de dérangement de cette sorte. J’essayai de remettre en marche, mais il n’y eut ni ronflement ni rien. Je mis les freins et nous regardâmes simplement « l’objet » au travers du pare-brise.
« Ensuite nous décidâmes de sortir de la voiture et de la mettre entre nous et « l’objet ». La route était très étroite : d’un côté le lac, de l’autre, le flanc de la falaise. Il n’y avait pas de place pour se sauver. Nous l’aurions probablement fait si nous avions pu, mais nous étions terrifiés par ce que nous voyions.
« Nous pensâmes que c’était peut-être un ballon de la Marine. Nous essayâmes de rationaliser sur sa nature. Bien entendu, le fait que le système électrique de la voiture avait lâché nous rendait assez soupçonneux.
« Nous essayâmes d’estimer la distance approximative de cette chose, par la formule C2 = A2 \+ B2 soit C2 = 75 pieds au carré plus 120 pieds au carré ce qui donnerait à peu près la distance de « l’objet ». Bien que nous ne soyons pas sûrs, nous estimions qu’il faisait à peu près 100 pieds de long puisqu’il occupait approximativement un tiers du pont, à la hauteur d’où il était. Nous l’observâmes pendant environ trente secondes, puis il émit une lumière terriblement brillante.
« Il était lumineux auparavant, avec une lueur irisée, mais cette lumière semblait aveuglante, et à peu près au même moment nous ressentîmes une terrible vague de chaleur. Cela ne ressemblait pas à la chaleur d’un objet qui brûle, mais à une lumière ultra-violette ou un genre de radiation quelconque. Nous ne pensâmes pas que cela ressemblait à la chaleur d’un haut fourneau.
« « L’objet » disparut à nos regards en cinq à dix secondes après avoir lancé un formidable coup de tonnerre, qui ressemblait au bruit d’un avion passant le mur du son. Quand il eut disparu, nous revînmes à la voiture et mîmes en marche ; elle démarra immédiatement. Nous approchâmes du pont, fîmes demi-tour avant de le traverser, et soudain, à grande vitesse, revînmes vers le croisement de la route de Lock Raven et de Joppa road…
«… Pendant que nous faisions notre rapport, nous avons ressenti une sensation de brûlure sur le visage. Nous n’y prêtâmes pas attention sur le moment, nous demandâmes seulement à la police si nous avions le visage rouge. Les policiers répondirent que non, mais nous continuâmes de ressentir la sensation de brûlure. Après notre rapport, nous quittâmes la police et allâmes à l’hôpital Saint-Joseph pour essayer de déterminer si nous avions reçu un genre de radiation. Le docteur nous examina et déclara que le visage de M. C. était légèrement rouge et non le mien. Il nous examina sérieusement, prenant notre tension, etc. Ce n’était qu’un examen superficiel, mais il déclara que nous n’avions rien à redouter. Un sergent de la police qui apparemment avait suivi un cours sur les radiations mentionna que si cela avait été une brûlure radioactive, nous n’aurions pas ressenti la brûlure immédiatement et cela aurait mis un certain temps à se développer. Bien entendu, cela nous fit penser que nous n’avions rien à craindre au sujet de la radio-activité. Nous quittâmes l’hôpital et rentrâmes. Le lendemain mon visage devint un peu plus rouge et les gens que je rencontrai le remarquèrent. »
L’information suivante fut obtenue d’un témoin indépendant, M. M. :
le 26 octobre 1958, à 22 h 46, cette personne, estimée digne de toute confiance, décrivit un objet lumineux blanc, qui disparut instantanément après s’être dirigé droit vers le nord-est pendant une minute.
L’information suivante fut obtenue de M. L. et M. H. :
1. Le 26 octobre, à l’heure indiquée par MM. S. et C., plusieurs personnes travaillant dans un restaurant proche de la scène entendirent le son mentionné dans leur observation. Il est décrit comme un double « boom », mais le second pourrait être un écho. Ces personnes ne virent pas « l’objet ».
2. Le 27 octobre 1958, entre 21 h 05 et 21 h 15, MM. L. et H. virent un objet lumineux suspendu au-dessus d’un champ alors qu’ils suivaient la route de Lock Raven sur laquelle se trouve le pont. L’objet apparut et disparut instantanément. Deux autres personnes, M. et Mme H. Mentionnèrent que le même soir, rentrant à leur domicile, elles virent « un objet » lumineux suspendu au-dessus d’un champ.
Tous les témoins sont jugés sincères, intelligents et dignes de confiance. À la suite des investigations dont ils furent l’objet, et de la publicité faite autour du cas, M. S. déclara :
« J’espérais que ce que j’ai vu aiderait à l’intérêt de la nation ou à son information et peut-être aiderait à comprendre un peu mieux les choses. Je sais que cela existe, maintenant que je l’ai vu moi-même. Je ne dis pas que c’était une « soucoupe volante », je ne sais pas. Mais au moins je sais que les « MOC » existent. »
## Un étrange rapprochement.
Il est intéressant de rapprocher le cas du barrage de Lock Raven d’une observation française faite deux jours seulement plus tard, dans des conditions étonnamment semblables. Il est important de souligner d’abord que le cas de Lock Raven ne reçut aucune publicité aux États-Unis, et qu’il est publié dans ce livre en détail pour la première fois : le public français n’en avait donc aucune connaissance deux jours seulement après l’observation de « l’œuf de lumière ».
Le témoignage que nous voulons signaler est celui de M. Jean Boyer, pisciculteur au Beylon-de-Montmaur, qui rentrait chez lui en fourgonnette, venant de Saint-Julien-en-Beauchêne, le mardi 28 octobre 1958. Certains détails de l’observation ont été publiés dans Le Dauphiné Libéré du 30 octobre 1958, mais l’essentiel des informations que nous avons obtenues résulte d’une enquête directe.
« Je me trouvais, déclara M. Boyer, au quartier de Pont-la-Dame et me préparais à grimper la côte des Égaux lorsque j’aperçus dans le ciel à l’aplomb même de Pont-la-Dame, dans la vallée du Grand Buëch, un « disque » lumineux immobile. J’arrêtai ma voiture et mis pied à terre. Il devait être 19 h 55. « Je regardais le « disque » affectant l’allure de deux assiettes collées l’une contre l’autre et j’estime qu’il devait être entre 200 et 400 m de hauteur. Tout à coup au bout de doux à trois minutes, quelques étincelles jaillirent en même temps que l’engin s’élevait en flèche à une vitesse vertigineuse, laissant dans son sillage d’abord une gerbe de feu puis une faible lueur qui disparut. En même temps, je ressentis les effets d’un déplacement d’air qui secoua également ma fourgonnette. »
Le journal local n’en dit pas plus long. L’enquête directe permit d’apprendre de nouveaux détails, que voici :
M. Boyer revenait de Saint-Julien-en-Beauchêne. Il parvenait à 600 ou 700 m de Pont-la-Dame (fig. 32), lorsqu’il aperçut au-dessus du pont de chemin de fer et se détachant nettement, une ombre de forme oblongue, qui oscillait légèrement de gauche à droite. Il s’approcha donc et descendit de voiture pour se placer au-dessous de « l’objet » sur le pont de la route de Serres (voir le plan, fig. 33).
À ce moment, il vit donc très bien « l’objet » puisque, moins prompt à s’émouvoir que les deux Américains au barrage de Lock Raven, il eut le courage de se placer directement sous « l’objet ». Il le décrit comme absolument circulaire : d’un second cercle concentrique plus petit s’échappaient des étincelles rouge sombre. Ayant laissé sa fourgonnette éclairée, il revint sur ses pas pour éteindre ses phares ; c’est au moment précis où il éteignit ses phares que l’objet, dans une gerbe d’étincelles d’un blanc éclatant (ressemblant au magnésium), démarra pour se perdre immédiatement dans le ciel. Il y eut au même moment un très gros effet de souffle. Mais l’engin a démarré sans émettre aucun son. (Première différence avec l’observation américaine. On notera aussi qu’aucune perturbation du moteur de la voiture ne fut enregistrée.) Il y eut cinq autres témoins (187).
## Réflexions sur un pont de fer.
Le cas de Lock Raven Dam est un exemple de témoignage à partir duquel des quantités physiques précises (charge électrique de « l’objet ») peuvent être calculées. La durée de l’observation est au moins remarquable, et la distance des témoins à la source d’énergie peut être évaluée avec une bonne précision (photo V). Quant au type de leur véhicule, il peut être retrouvé aisément. Il en est de même dans plusieurs dizaines de rapports du même genre.

Figure 32: La scène de l’observation de Pont-la-Dame
D’un autre côté, l’analyse microscopique des nombreux clichés obtenus (au moins une dizaine de bonnes photographies de « disques », et autant de films de cinéma montrant des images circulaires isolées ou « en formation ») pourrait conduire à l’obtention de profils de luminosité et d’isophotes. Bien entendu, en l’absence de standardisation, ces indications resteraient générales. Elles permettraient du moins de se faire une idée de la répartition de la luminosité sur la surface de l’image et c’est là une voie d’accès à l’étude de l’énergie qui donne naissance à cette luminosité. De même pourrait-on déterminer si un objet matériel solide est la cause de ces phénomènes.

Figure 33: Plan approximatif du quartier de Pont-la-Dame.
À notre avis, le cas du Lock Raven Dam pose un grave problème de méthode. Une chose est de définir des statistiques, une autre est de se pencher avec sincérité sur de tels rapports et d’apporter au public une réponse qui satisfasse son envie de comprendre et de connaître. Le nombre et la valeur des témoins, l’excellence de leur description, le caractère remarquablement complet des investigations officielles sur le cas, montrent que les observations du « phénomène » ne sont pas simplement de vagues et incontrôlables rumeurs. De nombreux cas semblables se sont accumulés au cours des seize dernières années. Ils constituent, grâce aux excellentes investigations de l’U.S. Air Force et de quelques groupes de personnes sincères et responsables, une base de recherche solide.
Notre conclusion sera donc nette : l’évidence en faveur de l’existence du « phénomène MOC » est écrasante. Si les théories concernant sa topographie (alignements) semblent insuffisantes, si les hypothèses sur son origine extra-terrestre (« Soucoupes volantes ») laissent beaucoup de points obscurs, en revanche, les recherches statistiques globales et l’étude physique des meilleurs cas font apparaître le phénomène comme un ensemble cohérent qui résisté aux interprétations classiques. Son étude peut apporter des éléments essentiels dans notre connaissance de la psychologie humaine et notre compréhension de l’univers où nous vivons. La seule manière de conduire cette recherche est de remettre l’ensemble des dossiers, officiels et privés, à une nouvelle commission scientifique disposant de pouvoirs étendus, travaillant ouvertement et librement, encourageant la discussion et au besoin la contradiction, disposant de ses propres fichiers, pouvant rechercher les informations à toutes les sources, prendre en mäin, éventuellement, l’interrogatoire des témoins, et être capable de définir des méthodes de recherche originales basées sur les dernières découvertes scientifiques.
# CONCLUSION
## Valeur des informations obtenues.
Diverses voies de recherche peuvent être suivies dans l’étude du « phénomène MOC ».
La première d’entre elles, soutenue par la volonté de parvenir à une explication rapide des rapports, et partant le l’idée que le témoignage d’un pilote ou d’un observateur entraîné est toujours préférable à celui d’un témoin quelconque, veut aboutir à la définition d’un échantillon limité comprenant uniquement des cas dignes d’être soumis à l’attention de comités de savants, dont chacun est appelé à examiner successivement chaque observation dans le détail à la lumière de sa seule spécialité. Cette méthode nous semble pécher au moins sur quatre points :
1. Elle écarte a priori l’interprétation du phénomène comme principalement psychologique.
2. Elle aboutit à la constitution d’une liste type de cas pris comme représentant authentiquement le « phénomène », qui résulte d’une sélection parmi les observations originales, sélection obéissant à des critères posés, consciemment ou non, a priori, et non pas déduits par l’analyse de l’étude des témoignages dans leur ensemble.
3. Elle fausse les propositions relatives des observations des différents types, faisant disparaître les uns (type I) et masquant entièrement les autres (type II) par un effet de sélection, accordant un poids supérieur à une certaine catégorie de témoins, à laquelle correspondent certains types d’observations plutôt que d’autres.
4. En extrayant chaque observation de son contexte, elle ne permet pas d’apprécier le phénomène dans son ensemble et de s’en former une vue générale. Elle interdit donc la naissance et le développement de toute idée originale portant sur la structure de la répartition des observations ou sur la variation du phénomène dans le temps, et limite la discussion des rapports à une pure évaluation de probabilités.
Nous avons cherché dans ce travail à explorer une voie de recherche toute différente, basée sur l’idée que l’on ne peut espérer définir le « phénomène MOC », en l’absence de toute théorie physique plausible, que par l’ensemble de ses manifestations, c’est-à-dire par un ensemble d’observations rapportées par des témoins humains, et par conséquent affectées toutes d’une certaine quantité d’incertitude, qui est variable de manière complexe en fonction du moment, de l’entraînement de l’observateur, de son âge, de son imagination, etc. Renonçant à examiner la question de l’interprétation de chaque cas particulier, elle déclare sans intérêt toute explication qui ne serait valable que dans les limites de temps, d’espace, de durée restreinte, ou pour un échantillonnage de cas réduits. L’expérience ayant montré qu’une forte composante psychologique était présente dans les descriptions du phénomène intervenant dans ses périodes d’intense activité, nous avons aussi adopté pour principe de ne pas rejeter les observations qui pourraient sembler fantastiques, à moins que la preuve n’ait été faite de leur inexactitude.
Sur cette base, nous avons voulu :
1\. Décrire les aspects que prenaient les divers comportements du phénomène quand on les considère successivement dans la perspective du psychologue et dans celle du physicien.
2\. Produire des études statistiques basées sur un catalogue aussi général que possible, pour étayer les diverses thôsos qui sont avancées pour l’interprétation du phénomène, mais sans chercher à trancher, par application d’un jugement personnel, entre les théories restant en présence après cet examen.
3\. Montrer comment les documents originaux et les distributions de fréquence obtenues pourraient être étudiés Hi l’on s’attachait à regrouper et à analyser de manière sérieuse, et en s’entourant de toutes les garanties d’un travail officiel, les informations concernant le sujet.
Aucun caractère définitif ne saurait donc être attaché aux résultats que nous avons présentés. C’est surtout en lai que base de référence et de description générale du phénomène et des idées qui s’y rattachent que ce travail pourra être utile. En effet, les tenants de chaque théorie, comme nous l’avons remarqué à propos de la corrélation possible avec Mars, ne peuvent interpréter ces résultats comme venant à l’appui de leurs propres thèses. Il faut donc rechercher maintenant, à côté des méthodes définies dans cet ouvrage, dont nous préconisons l’extension à de massives quantités de documents, quelles sont les tentatives originales qui permettraient de trancher de manière définitive la question de la nature physique des « MOC ».
## Comment clarifier complètement la nature des « MOC » ?
Les tentatives qui peuvent être faites dans ce sens se divisent en deux groupes.
1. Si le « phénomène » continue d’être observé à la surface du globe, on peut espérer trancher la question de sa nature physique en établissant des stations (ou en dotant d’un équipement simple des stations existantes, scientifiques où militaires) judicieusement choisies et en tentant d’obtenir des spectres, des indications polarimétriques et des photographies standardisées des images en question.
2. Si l’on estime que la décroissance relative du phénomène signifie que la probabilité d’observation d’une « Vague » importante est trop faible pour que la solution précédente soit rentable, alors seules les observations spatiales, et en particulier les expéditions automatiques et pilotées, à destination de la lune, de Vénus et de Mars, pourront être considérées comme décisives.
Dans cette optique, la possibilité de rencontre, au cours d’expéditions spatiales, de traces de civilisation, voire d’être vivants ou même de vaisseaux spatiaux d’origine extra-terrestre, doit être considérée franchement, dès maintenant, si l’on ne veut pas négliger un facteur essentiel de la sécurité des expéditions. Il est probable que les voyages en direction des planètes nous donneront bientôt le moyen de trancher entre les principales théories du « phénomène MOC ». Les tenants de ces théories pourraient donc se contenter d’attendre cette réponse dans cinq, dix ou vingt ans. Mais la nécessité de prendre à ce moment, qui pourra être critique, une série de décisions importantes, ne doit pas être perdue de vue.
Si rien n’est rencontré dans l’espace qui puisse être rattaché au « phénomène MOC », si, sur aucun des corps planétaires explorés, n’est relevée trace de civilisation, alors le psychologue aura la responsabilité de dépouiller désormais seul la masse des documents assemblés dans ces dernières années. Si un phénomène physique nouveau est trouvé entre-temps, qui explique convenablement l’ensemble des faits, alors son étude immédiate sera d’une grande importance et toutes les données rassemblées sur les observations auront leur valeur. Et si l’exploration spatiale révèle que des civilisations extra-terrestres existent, alors l’idée que nous nous formerons du degré d’avancement de leur technologie, de leur maturité morale, et des relations qu’elles ont pu entretenir avec notre planète dans le passé sera sans aucun doute décisive dans notre attitude à leur égard.
Le terme de « phénomène MOC », recouvre certes un ensemble de faits irritants. Il pose un défi à notre conception physique et philosophique du monde, mais on ne peut éternellement refuser de l’étudier. Et il se pourrait même qu’en fin de compte, nous dépendions de la sincérité avec laquelle nous conduirons cette recherche.
# APPENDICES
# 1
POUR LE CALCUL DES GRANDS CERCLES
Les conventions que nous avons suivies pour calculer lus grands cercles sont les suivantes : le nœud d’un grand cercle est défini comme le point où un mobile qui parcourrait ce grand cercle dans le sens de la rotation terrestre (de l’ouest vers l’est) traverserait l’équateur en passant de l’hémisphère Sud à l’hémisphère Nord. La longitude T de ce point et l’inclinaison i (angle du grand cercle et de l’équateur en ce point) sont les deux quantités qui définissent complètement le grand cercle et nous permettront de calculer son tracé théorique complet sur le planisphère. Toutes les coordonnées sont relatives au méridien de Greenwich et exprimées en degrés décimaux. Les points d’observation situés sur un même grand cercle sont numérotés dans l’ordre de leurs latitudes croissantes.
Pour calculer une table qui nous permette de tracer aisément sur un planisphère la projection du grand cercle nous déterminons, pour chaque latitude (x) variant, par exemple, de dixième de degré en dixième de degré, les quatre longitudes des points qui se trouvent sur le grand cercle et qui ont pour latitude ± x.
Lorsque plus de trois points sont utilisés dans le calcul pratique, il est naturel de vouloir lisser les valeurs des paramètres obtenus. Une méthode de lissage par moindres carrés a été décrite par nous dans une autre publication (16) et le professeur Menzel en a proposé une généralisation mieux adaptée aux observations américaines (dont la longitude atteint 90°, ce qui causait une inégalité des poids attribués aux observations dans nos formules initiales) dans un article pour la Flying Saucer Review (255). Ces méthodes sont commodes lorsqu’une grande précision est recherchée sur la base d’observations dont les coordonnées sont bien connues.
Lorsqu’on examine le problème de l’application pratique de cette méthode, il est visible que la précision exigée par les calculs intermédiaires et le grand nombre d’opérations nécessaires dans chaque cas, rendent illusoire l’idée d’un calcul à la main et à la table de logarithmes. Le temps nécessaire pour dresser un tableau complet du tracé d’un grand cercle serait considérable et d’inextricables questions de précision se poseraient. L’utilisation d’ordinateurs nous a permis de tirer parti de la généralité de la méthode décrite avec un gain de temps et de précision. La majorité des calculs de base sur les grands cercles ont été faits avec un ordinateur IBM 1620[21](index_split_140.xhtml#footnote-21) . On avait réservé la possibilité de changer le pas de tabulation en cours de calcul, de cinq degrés à un dixième de degré (en latitude).
Nous donnons ci-dessous, comme illustration, le calcul de l’alignement Bayonne-Vichy d’après cette méthode. La table est faite de degré en degré, excepté dans l’intervalle 47° à 499, où les points sont donnés tous les dixièmes de degré en latitude. Si nous portons ces points sur un graphique et en coordonnées rectangulaires et y reportons aussi les points d’observation, nous pouvons vérifier que ces points sont effectivement représentés avec grande précision par le grand cercle.
La méthode peut alors être utilisée pour vérifier les hypothèses concernant la structure des « réseaux orthoténiques ».
Afin de faciliter la manipulation des grands cercles, un système de codes mnémotechniques leur a été attribué : chaque grand cercle a été désigné par un nom rappelant les points d’observations qui le définissent ; Bayonne-Vichy est ainsi appelé « BAVIC », etc. La table suivante donne la liste des grands cercles qui ont ainsi été calculés, avec leur numéro, leur date, les points utilisés et leur référence dans le catalogue de coordonnées. Pour les points ne figurant pas dans le catalogue, nous avons utilisé les coordonnées suivantes :
Lézignan : — 2.758, 43.200
Duclair : — 0.698, 49.482
Saint-Savinien : + 0.682, 45.882
Chalette : — 2.740, 48.015
Saint-Bihy : + 2.969, 48.380
Tassenières : — 65.516, 46.926
Les Aubiers : + 0.590, 46.958



# 2
POUR LA SIMULATION DES RÉSEAUX ORTHOTÉNIQUES
Les questions Soulevées par le calcul des grands cercles et la vérification des alignements se ramènent aux cinq problèmes élémentaires suivants :
1. Étant donné, en longitude et latitude, deux points de la surface terrestre, calculer la longitude du nœud et l’inclinaison du grand cercle terrestre qui passe par ces deux points, par une méthode trigonométrique directe.
2. Étant donné N points sur la surface terrestre, calculer pin moindres carrés la longitude du nœud et l’inclinaison du grand cercle terrestre qui représente « au mieux » ces Points.
3. Étant donné un point de la terre, défini par ses coordonnées, un grand cercle terrestre, défini par la longitude du nœud et l’inclinaison, calculer sur la sphère la distance orthogonale du point au grand cercle.
4. Étant donné la longitude du nœud et l’inclinaison d’un grand cercle, calculer le tracé théorique de ce grand cercle sur le planisphère.
5. Étant donné deux points sur la surface terrestre, définis par leurs coordonnées, calculer la distance sphérique qui les sépare.
Toutes les recherches que nous avons faites jusqu’à présent sur la topographie du « phénomène » qui nous intéresse ont fait appel à une ou plusieurs de ces situations, et les contrôles que nous allons définir maintenant vont utiliser les réponses à quatre d’entre elles. La méthode employée a été définie pratiquement dans nos publications antérieures et nous ne la répéterons pas. Elle est d’ailleurs parfaitement classique.
Diverses procédures pour la génération de nombres au hasard peuvent être trouvées commercialement. Si n° est un nombre impair entre 1 et 246 – 1, la formule :
ni= ni-1. 513 (mod 246) définit une suite d’entiers positifs compris dans le même intervalle que nm. Si l’on pose :
xi – ni. 2-46 on définit ainsi une suite de nombre au hasard compris entre 1 et 0. Des tests statistiques ont été faits sur des échantillons de tels nombre et la méthode a été trouvée satisfaisante (voir les publications de Control Data).
Deux séries de nombres au hasard étant engendrées dans l’intervalle (0,1) sont considérées comme définissant des points dans un carré, en coordonnées cartésiennes.
Une première transformation les distribue dans un rectangle ABCD, dont nous désignons la longueur par AC = 4b et la largeur par AB = 2a (fig. 34).
Pour simuler la géométrie de la surface de la France nous allons fixer les proportions du rectangle de telle sorte que a = b√3\. Un hexagone inscriptible dans un cercle de rayon 2b est alors défini si l’on trace les deux horizontales y = b et y = – b comme indiqué sur le graphique. Posons :
z=|y| √3 et w = |x|
On rejette tous les points du rectangle qui sont extérieurs à cet hexagone en ne gardant que les paires (x, y) qui vérifient la relation :
w ≤ AB – z
Une simulation plus complète peut très aisément être déduite du cas de l’hexagone, si l’on rejette aussi tous les points appartenant aux domaines suivants :
x négatif y > 3/2
X-._—a/ y > b
x – – a/2 – y(a/b) y positif b/2
x : – a/2 y négatif

Figure 34: Figure géométrique simulant le territoire français.
et si l’on garde, en outre, les points appartenant à la région :
x > a/2 y négatif > – 3 b/2
On obtient finalement, un polygone de surface 5,1255 b2 √3 soit 0,5548 BD2, si BD = 1 000 km, cette surface vaut 554 800 km2. Nous avons donc là une représentation géométrique convenable de la région étudiée, qui peut être aisément adaptée pour le traitement sur ordinateur. Finalement, nous transformons toutes les coordonnées de telle sorte que x varie entre + 5° et – 8° et y de 42° à 51°, prenant cinq décimales pour chaque coordonnée, de façon à représenter exactement les conditions du problème des alignements.
Quand ces points ont été définis au hasard sur une surface simulant la France, il nous reste à trouver une méthode objective pour la découverte des alignements. Les opérations à exécuter sont les suivantes :
1° Calculer, pour chaque groupe de deux points qui peut être trouvé dans la distribution originale, les éléments du grand cercle qui les joint.
2° Calculer les distances orthogonales de tous les autres points de la distribution à ce grand cercle et faire la liste de tous ceux qui se trouvent plus près de cette ligne qu’une distance limite ô donnée.
3° Si cette liste est vide, abandonner cet alignement et retourner au problème 1.
4° Si cette liste n’est pas vide, recalculer les éléments du grand cercle par moindres carrés, utilisant les deux observations de base et les points de la liste.
5° Recalculer la distance des points entrant dans ce calcul au nouveau cercle théorique moyen. En déduire l’erreur maximum, l’erreur probable, la déviation standard.
6° Calculer la distance qui sépare les points extrêmes sur l’alignement.
7° Enregistrer le nombre total de points trouvés sur l’alignement, les numéros de référence des points de base, la longitude du nœud et l’inclinaison, la longueur totale.
Celle méthode conduit, pour une distribution de N points sur le territoire considéré, à N (N – 1)/2 calculs de grands corcles et à N (N – 1) (N – 2)/2 calculs de distances, au minimum. Pour une distribution originale de trente points, on doit donc faire plus de 30 000 calculs de distance : on voit ici combien il est illusoire d’essayer de découvrir avec des moyens élémentaires ou par intuition tous les alignements présents dans une distribution donnée.
Un programme exécutant la séquence d’instructions définie plus haut a été réalisé pour un ordinateur rapide. l’intérêt de ce programme réside dans le fait qu’il peut être appliqué aussi bien à des distributions réelles qu’à des distributions simulées.
# 3
CATALOGUE PRÉLIMINAIRE DE 500 OBSERVATIONS










# 4
SYSTÈME GÉNÉRAL DE CODIFICATION
## Bref rappel sur la codification des observations de « MOC. ».
Aucune large quantité d’informations ne saurait être maniée sans l’aide de catalogues et d’index basés sur des systèmes de codes. La définition d’un code optimum pour un problème donné est matière à discussion scientifique. Toute tentative faite sans l’assistance d’un analyste professionnel ne peut conduire qu’à la confusion : c’est un point qui est abondamment illustré par l’histoire des groupes d’‘enthousiastes qui ont dirigé leurs efforts vers l’analyse globale des observations de « MOC » sans se préoccuper de cet aspect du problème.
L’Armée de l’Air américaine, elle, a bien vu cette difficulté et elle a employé à plusieurs reprises des systèmes de codes. Un exemple resté classique est celui du Rapport 14 du projet « Blue Book ». Les consultants scientifiques de l’Air Force ont souvent utilisé d’autres systèmes de classification pour leur usage personnel.
Le premier système de classification/codification qui ait été appliqué au « phénomène MOC », considéré comme tel (c’est-à-dire comme un phénomène original, sans présupposer qu’il se ramenât à des effets connus) fut la méthode que nous introduisîmes en 1963 dans un article pour une revue britannique (203). Il s’agissait du système exposé au chapitre II du présent ouvrage. La recherche s’est maintenant développée aux États-Unis dans une direction semblable. Des techniques de traitement de l’information, spécialement adaptées au calcul d’indices de confiance ont été appliquées à divers aspects des données contenues dans les rapports.
D’autres systèmes pour la pré-sélection des cas significatifs ont été suggérés, mais n’ont pas encore été appliqués à des situations réelles. Cette activité semble ouvrir une ère nouvelle dans l’histoire de l’étude des « MOC », ère qui verra des scientifiques professionnels appliquer sans honte les techniques avec lesquelles ils sont familiers, aux informations contenues dans les rapports d’observation : ces rapports contiennent en effet, aux yeux du mathématicien, une information sur laquelle il se refuse à porter un jugement de valeur, et qui est tout aussi digne d’intérêt que l’information relative à n’importe quel phénomène naturel, sociologique ou psychologique.
Le code que nous allons décrire ici est une version améliorée de notre ancien système. Les témoignages traités par ce procédé sont classés, puis codés, et finalement perforés sur cartes IBM en vue de leur intégration dans les analyses globales.
## Système de classification.
Sans répéter nos définitions du chapitre III, nous allons seulement indiquer ici les différences et les généralisations qui ont été proposées depuis l’introduction du système primitif (1961).
### TYPE I, CLASSES A, B, C, et D :
La définition générale du type I n’est pas changée. Nous appellerons classe A, l’ensemble des manifestations du phénomène consistant en la vision par les témoins d’une image inhabituelle, cette image paraissant être celle d’un engin se trouvant à la surface du sol ou à proximité du sol (« à hauteur d’arbre » maximum). Nous appellerons Classe B l’ensemble des manifestations où cet « objet » a été décrit, dans les mêmes conditions, à proximité de la surface de l’Océan ou d’une nappe d’eau importante. La Classe C rassemblera les prétendues visions d’« objets » dont les occupants auraient semblé manifester un intérêt dans le témoin lui-même (gestes à distance, signaux lumineux) et enfin la classe D rassemble les cas où un véhicule terrestre semble avoir été l’attention du prétendu « objet », comme dans le cas de Monticello rappelé au chapitre I.
### TYPE II, CLASSES A B ETC :
La définition des classes A et B n’est pas modifiée. Nous avons introduit une classe C où la « sphère des nuées » est décrite accompagnée d’objets secondaires la suivant dans sa course sans y pénétrer ou s’en détacher (Oloron, Gaillac, Lemps).
### TYPE III CLASSES A, B, C, D ET E :
Nous appelons « Observation du type III » un cas où un prétendu « objet anormal a été rapporté évoluant dans l’atmosphère, sa trajectoire ayant donné lieu à un point d’immobilité au moins, ou un cas où la trajectoire de l’ « objet » permet la définition d’une verticale précise. Les définitions des quatre classes vont éclairer immédiatement cette déclaration.
Classe A. Le mouvement général de déplacement s’interrompt pour faire place à un mouvement de montée ou de descente « en feuille morte » à la verticale d’un point précis, ou à un mouvement pendulaire à altitude constante, ou à une série de déplacements en « zigzag ».
Classe B. Le mouvement général de déplacement s’interrompt pour faire place à un temps d’immobilité au moins.
Classe C. Observation répondant à la définition précédente (classe B) mais comportant en plus la description d’un changement de comportement pendant l’immobilité : soudain changement d’éclat, émission de faisceau lumineux, etc.
Classe D. Un objet s’anime soudain d’un mouvement incohérent, ou bien plusieurs objets ont semblé se livrer à un « ballet aérien » ou à un « Combat ».
Classe E. Objet changeant de course brutalement, ou décrivant un petit cercle, ou planant.
On voit que l’immobilité n’est plus le seul critère pour le classement dans le type III, ce qui permet d’inclure des observations dont le mouvement, sans s’interrompre absolument, a paru spécialement centré sur un lieu précis.
### TYPE IV, CLASSES A, B, C ET D :
La définition générale est conservée. Elle s’applique surtout aux observations que nous regroupons maintenant dans la classe A. Trois nouvelles classes vont être définies.
Classe B. Observation où un objet volant non identifié est dit avoir montré un intérêt spécial envers un avion en vol.
Classe C. Rapport dans lequel plusieurs objets ont semblé évoluer de concert ou « en formation », sans s’arrêter.
Classe D. Elle rassemble les témoignages décrivant un ou plusieurs « objets » traversant le ciel sans s’arrêter, mais en suivant une course ondulatoire ou saccadée.
### TYPE V, CLASSES A, B ETC :
Classe A. Cas de phénomènes lumineux où d’« objets » inconnus apparaissant comme des sources ponctuelles et traversant le ciel rapidement. Cette définition s’applique à des phénomènes imparfaitement expliqués par l’éclair globulaire. Les cas de météores lents ou « bradytes » analysés jadis par C. Flammarion, et dont nous avons donné plusieurs exemples, sont des cas-limites de cette catégorie.
Classe B. Cas de phénomènes lumineux ponctuels immobiles dans le ciel et non identifiés à un astre connu.
Classe C. Cas d « objets » lumineux ponctuels se déplaçant d’un lent mouvement continu dans le ciel nocturne, et non identifiés comme des satellites artificiels ou des avions volant à haute altitude.
REMARQUE GÉNÉRALE SUR LE TYPE V :
On voit que les observations classées sous le type V sont généralement entachées d’incertitude plus grande que celles des autres classifications, à cause non du manque de qualité des témoins, mais des circonstances mêmes de l’observation, et notamment du fait que les « objets » décrits sont sans dimension (sources ponctuelles). Ainsi ta classe A est susceptible de contenir des mésinterprétations de météores ou de vols de missiles. La classe B, des cas de ballons-sondes. La classe C, des cas de satellites artificiels si les données contenues dans le témoignage ne permettent pas une interprétation précise. Il existe toutefois un nombre suffisant d’observations irréfutables où les données sont d’une très haute qualité, pour justifier l’introduction de ce type.
## Codification des caractères secondaires.
Le code décrivant l’observation de manière compacte est aisé à comprendre. L’information comprend deux mots, chaque mot étant constitué de six lettres ou chiffres. Le premier mot rassemble les caractères « externes » de l’observation, c’est-à-dire les points du témoignage qui sont de nature à nous aider dans notre appréciation de la confiance qui doit être accordée au rapport en général. Le second mot décrit le comportement du phénomène, rassemblant les caractères qui sont les plus indépendants de la personnalité du ou des témoins, et des conditions d’observation.
Les informations suivantes sont considérées comme « externes » :
1° Le pays où l’observation a eu lieu (deux lettres).
2° Le nombre des témoins (un chiffre).
3° Les conditions générales de l’observation (une lettre).
4° Les effets physiques associés au phénomène, d’après le témoin ou la majorité des témoins (deux lettres). Les informations suivantes sont considérées comme « internes » :
5° Le type de l’observation (un chiffre entre 1 et 5).
6° La classe (une lettre entre A et E). Lorsque le type est I, et la classe A, la lettre À est par convention remplacée par le nombre de « pilotes » qui ont pu être décrits auprès de l’« objet ». Si le rapport n’indique pas une telle observation, un zéro est inscrit dans la case correspondante.
7° Le nombre d’« objets » décrits (un chiffre).
8° La forme décrite (une lettre).
9° La couleur, suivant les estimations des témoins (une lettre).
10° Les dimensions avancées par le témoin (un chiffre). Code utilisé pour 2,7 et 9 (nombre de témoins, nombre d’objets et dimensions) :
Nous suivons simplement l’échelle suivante :
Code | Nombre
de témoins | Nombre
d’objets | Dimensions
---|---|---|---
0 | observation par instrument automatique | Ne s’applique pas | Moins de 1 m
1 | 1 témoin | 1 objet | 1 à 2 m
2 | 2 témoins | 2 objets | 2 à 5 m
3 | 3 témoins | 3 objets | 5 à 10 m
4 | 4 témoins | 4 objets | 10 à 20 m
5 | 5 témoins | 5 objets | 20 à 30 m
6 | environ 10 | 6 objets | 30 à 60 m
7 | Plusieurs dizaines | 7 objets | 60 à 100 m
8 | centaines | 8 objets | environ 100 m
9 | milliers | 9 objets | immense
10 | Plusieurs témoins, nombre exact nombre inconnu | Plusieurs objets, nombre exacte inconnu |
11 | | objets en très grand nombre |
## CODE UTILISÉ POUR LES CONDITIONS GÉNÉRALES D’OBSERVATION (3) :
Observation par personnel spécialisé (astronomes, météorologistes, techniciens des fusées, observateurs de satellites) : lettre A.
Observation faite avec l’aide d’un instrument d’optique : jumelles, télescope : lettre I.
Observation faite au cours d’un orage : lettre O.
Observation faite par des pilotes de vol : lettre P.
Observation faite au radar : lettre R.
Observation faite simultanément par des pilotes de vol et un radar au sol : S.
Observation ayant laissé des traces indiscutables : lettre T.
Observation faite par des témoins se trouvant à l’intérieur d’un véhicule fermé au sol (automobile, autocar, train) : lettre V.
## CODE UTILISÉ POUR LES OBSERVATIONS PHYSIQUES (4) : DEUX LETTRES.
Première lettre :
Objet entouré d’un halo où d’une lumière diffuse : lettre A.
Objet basculant sur lui-même : lettre B.
Objet se séparant en plusieurs parties : lettre D.
Objet émettant des étincelles : lettre E.
Objet émettant de la fumée : lettre F.
Objet émettant des éclairs : lettre H.
Objet portant des tigelles : lettre M.
Objet oscillant latéralement : lettre O.
Objet émettant un faisceau de lumière : lettre P.
Objet laissant une traînée : lettre O.
Objet laissant une odeur : lettre R.
Objet tournant sur lui-même : lettre S.
Objet montrant une structure de « nid d’abeilles »
lettre T.
Seconde lettre :
Objet variant d’altitude brusquement : lettre A.
Objet disparaissant à la verticale : lettre B.
Objet émettant de la chaleur : lettre C.
Objet variant brusquement en direction : lettre D.
Groupe d’objets ayant un vol d’ensemble : lettre F.
Objet volant à très grande vitesse : lettre H.
Objet immobile : lettre I.
Objet produisant des effets secondaires non décrits par le code : K.
Objet produisant des effets électromagnétiques : lettre M.
Objet produisant du bruit : N.
Témoin « paralysé » : lettre P.
Chaleur, effets électromagnétiques, « paralysie » : lettre Q.
Radio-activité : lettre R.
Trajectoire incohérente : lettre S.
Brusques variations de vitesse : lettre V.
Le code n’étant pas principalement orienté vers une étude physique ne décrit ces particularités du rapport qu’en termes généraux. Nous travaillons également, dans un esprit tout différent, sur un code orienté vers l’investigation des propriétés purement physiques du phénomène. Le présent code n’utilise les indications ci-dessus que dans le but d’une étude statistique où elles permettent de porter un jugement plus précis sur la confiance qui peut être accordée aux différents témoignages. Un certain manque de rigueur dans la définition des observations physiques externes est donc acceptable. Les formes et les couleurs, par contre, doivent être définies sans ambiguïté.
## CODE UTILISÉ POUR DÉCRIRE LES FORMES ET LES COULEURS [8, 9] :
A | Triangulaire, delta | Argent, brillant.
---|---|---
B | Méduse (jellyfish) | Bleu.
C | Cylindre, tube | Changeante.
D | Disque | Bicolore.
E | Objet ponctuel | Blanc éblouissant.
F | Cône, sommet vers le haut | Feu ou incandescent.
G | Champignon | Reflets métalliques.
H | Hémisphérique |
I | Trop complexe pour être décrit |
J | | Jaune.
K | Croissant | Lumière clignotante.
L | Lueur ou tache informe | Simple source de lumière, constante.
M | Meule | Multicolore.
N | Nuage | Noir, obscur, sombre.
O | Nuage | Orange.
P | Protéiforme | Phosphorescent.
Q | Marmite | Grisâtre.
R | Marmite | Rouge.
S | Toupie (Top) | Fluorescent, luminescent.
T | Toupie (Top) | Blanc mat, terne.
U | Assemblage de plusieurs objets | Aveuglant.
V | | Vert.
W | | Violet.
X | Apparence d’un objet manufacturé. |
Y | | Translucide, transparent.
Z | Apparence « immatérielle » | Doré.
Aussi bien dans les formes que dans les couleurs, il s’agit simplement de décrire fidèlement les termes mêmes employés par les témoins en favorisant autant que possible leur regroupement, sans distorsion, dans une liste homogène, sans aucun jugement de valeur.
Dans la dernière colonne de la carte, nous perforons une lettre indiquant un intérêt spécial de l’observation en question : E signifie s’étant éteint ou ayant disparu soudainement.
F signifie qu’un film ou un cliché de l’objet a été pris.
M signifie que l’observation a un intérêt militaire ou stratégique.
P signifie que l’observation a un intérêt physique spécial (en général, non décrit par le code : il faut donc se reporter au rapport original).
R signifie que l’observation est récurrente, c’est-à-dire qu’elle a déjà été observée au même endroit.
T signifie que le témoin est une personnalité connue.
C signifie que le cas est intéressant pour plusieurs de ces raisons.
## Confiance accordée à une observation de « MOC » et sa codification.
Nous classifions principalement les observations de « MOC » d’après le comportement décrit, parce que c’est là un des caractères qui sont le moins affectés par l’expérience du témoin en tant qu’observateur et la distorsion au cours de la transmission du rapport (par la Presse, par la rumeur, etc.). D’autres caractères, comme la forme, la couleur, seront souvent oubliés ou changés. Mais las manœuvres observées, ou le fait que l’objet ait été vu posé au sol, par exemple, constituent un invariant du témoignage.
La confiance qui peut être accordée au rapport, une fois ce rapport transcrit de manière impersonnelle, est un facteur d’importance qui doit être traité indépendamment.
Le « poids » que nous attachons à chaque observation n’est pas seulement une indication de la valeur de l’observateur, mais aussi de l’importance du rapport dans une étude du phénomène. Autrement dit, ce poids est une réponse à la question : « Dans quelle mesure une théorie générale du « phénomène MOC » doit-elle représenter, ou ne pas contredire, la présente observation ? » Cette indication est donnée sous la forme suivante :
Un astérisque (*) indique les observations qui devront absolument être représentées par toute théorie d’ensemble du phénomène, soit parce que l’évidence obtenue est irréfutable, soit en raison du nombre élevé des témoins, ou de leur qualification technique, étant entendu que ces témoins se trouvaient dans des conditions d’observation favorables.
Un signe plus (+) indique les cas significatifs où nous pensons que la sincérité des témoins est établie, et que le phénomène décrit est représentatif du phénomène que nous étudions.
Aucun poids n’est indiqué (blanc) lorsque l’observation est un témoignage ordinaire.
Un signe égal (=) signale des cas douteux où le témoignage peut à notre avis être interprété (quoique avec difficulté) par un effet conventionnel.
Un signe moins (-) signale les observations qui, à notre avis, n’ont rien à voir avec l’étude que nous conduisons ici, mais que nous sommes obligés de conserver en raison des répercussions qu’elles ont eues dans la rumeur publique, au moins à l’échelle locale.
## Définition de l’activité « MOC ».
Dans certaines applications, nous désirons étudier la corrélation de la fréquence de témoignages se rapportant à des objets « inconnus » avec un phénomène périodique tel que les oppositions de Mars. La plupart des auteurs ont utilisé des graphiques où ils donnaient simplement le nombre d’observations par an ou par mois. Dans l’étude présentée ici, nous avons examiné le nombre d’observations par semaine ou par quart de mois. Mais le nombre des observations n’est pas en lui-même un bon indice du niveau d’activité puisqu’il peut refléter trivialement l’intérêt du public (à la suite d’un livre, ou d’un film) ou des conditions météorologiques favorables ! Il est donc important d’éliminer cet effet autant que possible dans une étude plus raffinée.
Indice de confiance
Type | Classe | * | + | Blanc | = | −
---|---|---|---|---|---|---
I | A | 8 | 6 | 4 | 0 | 0
B | 8 | 6 | 4 | 0 | 0
C | 8 | 6 | 3 | 0 | 0
D | 5 | 3 | 1 | 0 | 0
II | A | 8 | 7 | 4 | 1 | 0
| B | 10 | 9 | 5 | 2 | 0
C | 8 | 7 | 4 | 1 | 0
III | A | 7 | 5 | 3 | 1 | 0
B | 7 | 5 | 3 | 1 | 0
C | 8 | 6 | 4 | 1 | 0
D | 8 | 6 | 3 | 1 | 0
E | 6 | 4 | 2 | 0 | 0
IV | A | 6 | 3 | 2 | 0 | 0
B | 6 | 3 | 2 | 0 | 0
C | 6 | 3 | 2 | 0 | 0
D | 6 | 3 | 2 | 0 | 0
V | A | 5 | 2 | 1 | 0 | 0
B | 2 | 1 | 1 | 0 | 0
C | 2 | 1 | 1 | 0 | 0
Considérons à nouveau notre système de classification en types, et notre système de poids ou d’indices de confiance : devons-nous considérer que, dans une période où l’on note six témoignages se rapportant à des observations de lumières bizarres aperçues la nuit, l’activité que nous cherchons à analyser est la même que dans une période où l’on a rassemblé une observation du type II faite par des témoins compétents, et cinq rapports où des objets ont été vus au sol ? Certainement pas.
Quelle que soit la nature du phénomène que nous étudions, nous avons donc besoin d’un bon système de notations afin de mettre en évidence non seulement le nombre des observations, mais aussi leur qualité, de sorte que dix cas douteux ne viendront pas introduire artificiellement une corrélation apparente avec un événement qui serait en fait indépendant de ce phénomène. Nous sommes encore en train d’expérimenter divers systèmes de coefficients. Nous en donnons un exemple dans la table, au verso, où l’on remarquera que toutes les observations données avec le poids (—) disparaissent, ainsi que la plupart des cas donnés avec le poids (=), et que les observations d’objets ponctuels ou de simples lumières n’ont qu’un rôle très réduit. Les notes sont données de zéro à dix, la note maximum correspondant au type II, qui est le moins sujet à confusion.
## Conclusion.
À notre avis, l’introduction de puissantes méthodes de traitement de l’information dans le domaine de la recherche sur les « MOC », qui a si longtemps été considérée comme indigne d’une étude scientifique détaillée, est le signe d’un changement de l’attitude des scientifiques professionnels envers le problème en général : en effet, ces techniques n’auraient pu être développées ni utilisées de manière intensive sans la collaboration d’un, nombre important de scientifiques officiels, ni sans la bienveillance des services les plus directement intéressés. Nous espérons que ce changement d’attitude se généralisera au fur et à mesure que les méthodes introduites ici porteront de nouveaux fruits. Car c’est dans un tel changement d’attitude que réside le seul espoir de découvrir la nature et l’origine de cet important phénomène.
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35. Les auteurs désirent adresser leurs remerciements aux chercheurs qui ont bien voulu mettre à leur disposition certains documents personnels, en particulier A. Michel, C. Vogt, R. Veillith.
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350. SEEVIOUR, Peter M. « Foundations of Orthoteny ». F.S.A. XI, 2 (march-april 1965), pp. 10-12.
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352. « Controverse sur l’existence des MOC » (correspondance entre MM. P. NEIRINCK et R. VEILLITH). Lumières dans la nuit, N° 74, mars-avril 1965.
353. VERVISCH, Roger, « Une soucoupe volante photographiée en Belgique ? » Le Soir Illustré, 16 juin 1955.
354. BOOHER, Jake. « Policeman recaills night which changed his life ». The El Paso Times, Sat. april 24, 1965.
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356. TERRENCE, Arthur. « Con man nets 300 G by scaring thousands into believing Venus is going to invade the Earth ». National Enquirer, oct. 25, 1964, pp. 10, 11.
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358. COHEN, Daniel. « Should we be serious about UFO’s ? » (critique de « Anatomy of a Phenomenon »). Science Digest, june 1965.
359. MENZEL, Donald H. « Orthoteny. A lost cause ». FE S.R. XI, 3, pp. 9-11.
360. MICHEL, A. « Reflections of an honest liar. F.S.A. XI, 3, pp. 11-14
Ce volume a été achevé d’imprimer sur les presses de Maury Imprimeur à Malesherbes le 25 avril 1979
Dépôt légal : 2° trimestre 1979
N° d’imprimeur : D79/6932
N° d’éditeur : 7400
# Notes
[[←1](index_split_003.xhtml#citation-1) ]
Après deux chapitres d’information générale, l’étude de la topographie du phénomène comprend les chapitres III à V. La deuxième partie comprend les chapitres VII à X et la troisième partie les chapitres XI à XII.
[[←2](index_split_004.xhtml#citation-2) ]
Les numéros placés entre parenthèses renvoient à la bibliographie placée à la fin du volume.
[[←3](index_split_007.xhtml#citation-3) ]
Ouvrage figurant dans la même collection.
[[←4](index_split_028.xhtml#citation-4) ]
Voir par exemple (121) : « Les astronomes savent que les recherches spectroscopiques sur les atmosphères des planètes ont montré l’impossibilité, sur les autres planètes du système sua, d’une vie comparable à celle existant sur la Terre. » (J. Gauzit, astronome français.
[[←5](index_split_038.xhtml#citation-5) ]
Ces calculs, ainsi que les études de simulation et d’auto-covariance, exposés plus loin dans ce livre, ont été effectués à l’aide d’ordinateurs électroniques.
[[←6](index_split_045.xhtml#citation-6) ]
Ceci s’applique surtout aux cas des types IV et V.
[[←7](index_split_046.xhtml#citation-7) ]
E. Buelta en a proposé une interprétation différente dans (106).
[[←8](index_split_047.xhtml#citation-8) ]
Certains scientifiques en profitent pour ridiculiser les témoins. Selon A. Danjon, alors directeur de l’observatoire de Paris, les observations sont l’œuvre de quelques « paysans du Texas ».
[[←9](index_split_052.xhtml#citation-9) ]
Témoin la promotion d’une capsule de satellite Discoverer au titre de « Chevalier Noir ».
[[←10](index_split_054.xhtml#citation-10) ]
Les observations essentielles de la période 1947-1953 ont été décrites et analysées en détail par les tenants des diverses interprétations, surtout par Menzel, Keyhoe et Aimé Michel. Consulter à ce sujet (3, 23, 26). Nous citons nous-mêmes ces cas sans avoir la prétention de fournir des « explications » qui ne sauraient être générales, mais seulement à titre d’illustrations et de repères.
[[←11](index_split_060.xhtml#citation-11) ]
L’objet apparaît invariablement au témoin comme un appareil volant. Certains ajoutent qu’ils ont vu les pilotes de ces appareils, soit comme de « petits hommes », soit comme des êtres semblables à nous. C’est un point que nous étudierons en détail au chapitre XII.
[[←12](index_split_061.xhtml#citation-12) ]
Ce comportement avait déjà été décrit, ne serait-ce que dans les observations anciennes rappelées par C. G. Jung. Mais nous ne croyons pas que des objets d’une forme aussi nettement « irrationnelle » aient été décrits avec tant de détails avant le cas du Vauriat, d’autant plus étrange qu’il se porte avec la plus extrême précision sur l’alignement Bayonne-Vichy. il y a là matière à une enquête approfondie. Une certaine probabilité existe pour que l’on se trouve en présence d’une fraude. Mais si l’observation est confirmée, plusieurs remarques importantes pourront être faites, qu’il serait évidemment imprudent d’aventurer sur la foi d’une simple coupure de journal.
[[←13](index_split_065.xhtml#citation-13) ]
De nombreuses églises de France sont illuminées la nuit. Sur les observations publiées par l’Astronomie, voir (36). L’observation de Beine est un bon exemple de cas du type II rapporté par un témoin de culture technique incontestable, et publié par la Presse scientifique.
[[←14](index_split_066.xhtml#citation-14) ]
À propos des rapports « d’enlèvements » nous ferons seulement la remarque que dans aucun des rapports du type I contenus dans les dossiers français on ne trouve mention d’un témoin ayant déclaré qu’il était monté à bord ou même qu’il avait touché l’objet qu’il décrit.
[[←15](index_split_067.xhtml#citation-15) ]
Le premier satellite artificiel (Spoutnik 1) fut lancé le 4 octobre 1957. Le second (Spoutnik 11) fut lancé probablement dans la nuit du 3 au 4 novembre, peut-être le 4 novembre à 4.40 T.U. Voir à ce sujet (115). La remarque de Mebane dans (6), p. 236, ne s’applique donc pas.
[[←16](index_split_068.xhtml#citation-16) ]
Voir par exemple Pravda, 8 janvier 1961 ; Smena, n° 10, 1961, Jeune Technique, 1958.
[[←17](index_split_070.xhtml#citation-17) ]
Certaines villes françaises, sans cette précaution, se répéteraient des dizaines de fois. Aux États-Unis, les villes de Dayton et San Antonio sont spécialement généreuses en « fausses soucoupes », mais le record actuel est détenu par Hawthorne (Nevada) avec deux mille « MOC » en un mois !
[[←18](index_split_072.xhtml#citation-18) ]
Le rapport 14, qui rassemblait les conclusions de l’Air Force sur la base du projet « Blue Book », en 1955, malgré l’appareil mathématique mis en jeu, ne peut être considéré comme une étude descriptive et statistique complète.
[[←19](index_split_082.xhtml#citation-19) ]
Un yard : 90 cm.
[[←20](index_split_082.xhtml#citation-20) ]
Un pied : 30 cm.
[[←21](index_split_090.xhtml#citation-21) ]
Sur l’ordinateur IBM 1620 le temps de calcul et d’impression d’un grand cercle était donné par la formule : t = 20 + 12 i, en secondes, i étant la valeur de l’inclinaison en degrés.