TRINITY: The Best-Kept Secret
Synthesis dossier
TRINITY :
Le secret le mieux gardé
Jacques F. VALLÉE
Paola Leopizzi HARRIS
TRINITY: le Secret le Mieux Gardé
par
Jacques F. Vallée & Paola Leopizzi Harris
Copyright © 2021 StarworksUSA, LLC et
Documatica Research, LLC
Traduction française par Jacques Vallée et Flamine de Bonvoisin
Tous droits réservés.
Première édition, Juillet 2021
Deuxième édition, Septembre 2021
ISBN: 9798547469879
Publié par StarworksUSA, LLC (Longmont, Colorado)
et Documatica Research, LLC (San Francisco, Californie)
Quatrième de Couverture: Photo par Paola Leopizzi Harris
Aucune partie de ce livre ne peut être utilisée ou reproduite de quelque manière que ce soit sans autorisation écrite, sauf dans le cas de courtes citations contenues dans des articles critiques et des citations brèves.
Ce livre est chaleureusement dédié aux témoins
pour leur détermination et leurs observations :
M. Jose Padilla
M. Remigio Baca
Mme Sabrina Padilla
et à leurs familles
qui ont accepté de nous confier leur témoignage
TABLE DES MATIERES
FIGURES
AVANT-PROPOS
PREMIÈRE PARTIE : Le Destructeur des Mondes
CHAPITRE UN : Jumbo et le Gadget
CHAPITRE DEUX : San Antonito, le 16 août 1945
CHAPITRE TROIS : Le ranch Padilla, 18 au 25 août 1945
CHAPITRE QUATRE : Les secrets sont gardés
DEUXIÈME PARTIE : Porte de l’Etalon
CHAPITRE CINQ : Première visite sur site, octobre 2018
CHAPITRE SIX : Ground Zéro
CHAPITRE SEPT : Deuxième visite du site, avril 2019
CHAPITRE HUIT : Les secrets sont dévoilés
TROISIEME PARTIE : L’Armature en Silumin
CHAPITRE NEUF : L'enquête
CHAPITRE DIX : L'appareil et les rêves
CHAPITRE ONZE : Retour au laboratoire
CHAPITRE DOUZE : Une Trinité de Secrets
QUATRIÈME PARTIE : Dix-neuf ans plus tard
CHAPITRE TREIZE : Base aérienne de Wright-Patterson
CHAPITRE QUATORZE : Synchronicité à Socorro
CHAPITRE QUINZE : Hynek change d’avis
CHAPITRE SEIZE : Modèles mondiaux, témoin surprise
CHAPITRE DIX-SEPT : En Bord de Route
CONCLUSION
ÉPILOGUE
REMERCIEMENTS
NOTES ET RÉFÉRENCES
LIVRES ET MONOGRAPHIES
INDEX des Personnalités et des Sujets
À PROPOS DES AUTEURS
FIGURES
1\. San Antonio, Nouveau-Mexique : « Owl Bar & Café »
2\. Mon ami, Ron Brinkley, dernière rencontre, octobre 2017
3\. Carte de White Sands avec le site de Trinity
4\. Assemblage du « gadget » sur le site de Trinity, juillet 1945
5\. Le char blindé utilisé par Enrico Fermi
6\. Le cylindre de confinement « Jumbo, » sur sa remorque
7\. Inspection de Jumbo sur le site de Trinity en 2019
8\. Le témoin Jose Padilla à San Antonito, dans son enfance
9\. « Mama Grande » (1856-1940), cheffe locale des Apaches
10\. Paola Harris examine les données avec Paul Hellyer, 2006
11\. Le colonel Corso et Paola Harris : conférence à Pescara, 1998
12\. Paola Harris sur le lieu de l’atterrissage avec M. Padilla en 2016
13\. Au même endroit en 2018, la végétation vénéneuse
14\. Carte détaillée du site de Trinity, avec la trajectoire probable
15\. L'enceinte de « Fat Man, » la bombe au plutonium de Nagasaki
16\. La « chambre principale » de l'assemblage du plutonium
17\. Discussion de l'affaire sur le terrain avec M. Jose Padilla
18\. Recherche d'échantillons résiduels dans le lit de l'arroyo
19\. À flanc de colline : reconstitution de la trajectoire de l’objet
20\. L’armature en Silumin
21\. Dessins originaux de l'engin par M. Padilla
22\. Composition chimique simple de l’armature métallique
23\. Apparence et terminologie dans la structure des « entités »
24\. Trois objets d'intérêt : analyse des dimensions et des formes
25\. Affidavit d'Opal Grinder
26\. Reconstruction par Ray Stanford de la géométrie du site
27\. Analyse par Bill Powers des traces remarquables
28\. Notes du Dr. Hynek sur l’insigne Socorro et le faux initial
29\. Formes et dimensions de trois appareils vus au sol
30\. Témoignage de Sabrina, février 2021
AVANT-PROPOS

OWL BAR & CAFÉ
San Antonio, Nouveau-Mexique,
Octobre 2017
AVANT-PROPOS
OWL BAR & CAFÉ
San Antonio, Nouveau-Mexique
Octobre 2017
Si mon ami Ron Brinkley n'avait pas insisté pour m’offrir un verre au légendaire Owl Bar & Café (le Café-Bar de la Chouette) à San Antonio, au Nouveau-Mexique, je ne me serais jamais plongé dans le drame complexe de Trinity, ni dans les vieux dossiers oubliés concernant le premier crash d’OVNI de l'histoire moderne.
Nous revenions en voiture après un long et fatigant voyage d’exploration consacré à des fouilles dans les plaines de San Augustin (1), pour essayer de vérifier d’anciennes histoires sur les premiers crashs d'objets inconnus, et d'en rapporter des matériaux que nous pourrions tester en laboratoire. Il existait de nombreuses rumeurs, remontant aux années 1940, venant d’agriculteurs et d’éleveurs qui affirmaient avoir ramassé d'étranges morceaux de métal sur leurs terres, après avoir vu un objet étrange dans le ciel, souvent sous le nez des soldats qui se vantaient de détenir des secrets et menaçaient les habitants d’emprisonnement, ou pire, s'ils parlaient de ce qu'ils avaient trouvé.
Secret ou pas, soixante-dix ans s'étaient écoulés, et nous avions en fait ramassé un certain nombre d’intéressants morceaux de matière déchiquetée, venant sans aucun doute du crash de « quelque chose. »
J'étais pressé de les rapporter dans un laboratoire de la Silicon Valley, où des collègues avaient prévu de les soumettre aux plus modernes équipements de test. Je connaissais les vieilles histoires, dont j’avais vérifié certaines, concernant la « perte » ou le vol de tels objets, et je me sentais donc responsable de sécuriser nos données une fois pour toutes. J'avais un avion à prendre pour rentrer à San Francisco et j'étais un peu nerveux. Pourtant, je connaissais Ron depuis assez longtemps pour me fier à son instinct. Ce n’était pas la première fois que nous poursuivions des témoins insaisissables, escaladions et descendions les collines de l’Ouest Américain autour de sites où les habitants parlaient de lumières non identifiées et de rencontres effrayantes, et que je déterrais des débris intéressants. Nous étions tous les deux poussiéreux et fatigués du long trajet en voiture, de l'exposition à un air raréfié et au soleil direct à cette altitude, et il n’a pas eu de mal à me convaincre qu'une tasse de café bien chaude et un morceau de tarte aux pommes, ou une bière avec des amandes salées, constitueraient une pause bienvenue sur la route du retour à l'aéroport d'Albuquerque.
Je savais aussi qu'il devait avoir autre chose à me dire; ou m'apprendre.
Au fil des ans, j'ai appris à aimer l'atmosphère particulière et la pureté du ciel du Nouveau-Mexique. J'avais voyagé là-bas avec le Dr. Hynek, dans les années 1970, pour travailler à l'Observatoire de Corralitos. J'y étais retourné de temps en temps pour des réunions scientifiques à Los Alamos et dans d'autres endroits où existait un vif intérêt professionnel, quoique discret, pour les OVNIs. Mais ce dernier voyage avait été le plus beau, une étude passionnante du haut désert, aboutissant à la récupération d'échantillons de matériaux enterrés depuis longtemps à un endroit que les chercheurs locaux avaient soupçonné, d'après leurs propres observations, contacts et confidences de voisinage, être le site réel d'un très étrange accident.
Ron, le gars du coin, était fier de son ascendance au Nouveau-Mexique. Ses ancêtres y avaient géré des milliers d'hectares, élevant des Longhorns sur de vastes ranchs, bien avant que White Sands ne devienne une énorme base militaire, que l'Ouest américain ne devienne un endroit moderne avec de grandes villes, des universités, des usines et des aéroports, et ne perde une partie de son unique beauté. Et pourtant, le mystère était resté.
^ ^ ^
« Il faut que tu voies cet endroit, » me dit Ron tandis que nous nous installions près du mur où des dizaines de vieilles photos, souvenirs de la Seconde Guerre Mondiale, des morceaux de lettres et de nombreux billets en dollars agrafés sur le plâtre, flottaient dans l’air chaque fois que quelqu'un ouvrait la porte.
« C'est ici que tout a commencé, » a-t-il poursuivi. « Dix-neuf-quarante-cinq. Oublie tout ce que tu as entendu sur le fameux crash de Roswell : c’est un cas très important, évidemment, mais il est survenu deux ans plus tard; il y a beaucoup d'histoires contradictoires à son sujet, mais aucune preuve tangible ne subsiste. Personne n'était là pour voir tomber l’engin. Quant à l’observation de Kenneth Arnold, le pilote qui a inventé le terme de « soucoupe volante, » c’était aussi en juin 1947. C’est important, mais seulement en fonction de ce qu’on a raconté au public. Ou pas ... »
« Oui, mais les journalistes ont adoré, » ai-je dit. « Les gens pouvaient s'y identifier. »
« Les journalistes ont adoré, oui, et les téléspectateurs l'ont aimé encore plus, » a répondu Ron, « mais dans ce processus, tout le monde avait raté le cas le plus important. Il s'était tranquillement déroulé ici, exactement un mois après la première explosion nucléaire de l'histoire, comme en réponse directe à celle-ci. Personne n'en a parlé pendant de nombreuses années. C'est arrivé à quelques kilomètres de ce restaurant. C’est là que nous devons commencer. »
La serveuse s'est approchée et a pris notre commande. L'endroit était calme. Les habitués buvaient au bar, se détendant après une journée de travail. Ron appuya son dos contre la cloison en bois et désigna l'espace ouvert entre nous et les autres tables.
« En 1945, les scientifiques du projet Manhattan habitaient ici, à San Antonio, au moment critique de l'assemblage de la bombe, » dit-il aussi calmement que s'il parlait de ses voisins dans un petit village endormi. « Si tu étais un savant américain arraché à ton campus universitaire par l'armée, ou un physicien atomiste européen lauréat du prix Nobel travaillant dur pour vaincre Hitler, c'était le seul endroit décent pour un repas. »
J'ai essayé, en vain, d'imaginer la scène. Certaines des photographies étaient encadrées; elles montraient les gros avions à hélices de l'époque, des hommes en treillis debout devant un hangar. Les images étaient vieilles et avaient viré au brun. Il y avait aussi des caricatures et des affiches encourageant la discrétion sur la guerre, des avertissements sévères contre les rumeurs et les ragots.
J'ai absorbé tout cela. Ou plutôt, ça m'a absorbé. Je connaissais les faits historiques. Mais il me paraissait impossible, en tant que Français né en 1939, de rapprocher ces quelques bouts de papier, ces images fanées, ces dessins crus des cataclysmes de l'âge atomique, et ce drôle de bistrot dans la petite ville de San Antonio, au milieu d'un désert Américain.
^ ^ ^
Je me souviens de la Seconde Guerre mondiale. Comment pourrais-je l’avoir oubliée? La ville française où je suis né était comme un cadenas sur la grande rivière Oise et la seule route directe entre la Normandie et Paris.
Elle avait été prise par les Allemands en 1940, et trois ans plus tard, elle devint une cible importante pour les Britanniques et les Américains : dans les semaines et les jours qui ont précédé le débarquement en Normandie, ils devaient couper la route aux renforts allemands. Pontoise fut bombardée dix-huit fois avec furie lors de raids de la Royal Air Force et de l'armée Américaine. Une grande partie de la ville fut réduite en cendres fumantes. Elle fut finalement libérée le 30 août 1944.
Pour un enfant de cinq ans, une guerre mondiale est étonnamment simple : la première maison dont je me souviens, louée par mes parents, était située sur une colline surplombant la rivière et les deux ponts stratégiques. Elle fut détruite par une bombe américaine égarée au milieu de l’enfer. Notre deuxième maison, plus loin de la rivière, était également située sur une colline d'où nous pouvions voir la vallée et même Paris au loin, par temps clair. J'étais alors en âge de regarder les batailles aériennes avec mes parents, quand nous savions qu'il n'y avait pas d'abri viable : sans relâche, les batteries allemandes tiraient sur les Alliés. Les avions tombaient, s'écrasaient en flammes. Alors les tireurs d'élite visaient les pilotes en parachute, impuissants dans le ciel. C'était plus rapide et moins cher que de faire des prisonniers. Il n’y avait rien là qu’un enfant de cinq ans ne puisse regarder, entendre et comprendre facilement; et se souvenir des détails précis, même si j'ai eu beaucoup de chance de ne pas voir la mort de près.
C'était un combat, un combat « normal, » dans une guerre classique, avec des balles et des explosifs chimiques. J'en ai vu les résultats. Mais ni moi ni mes parents n'avions le concept de la guerre atomique. Aujourd'hui encore, il n'y a jamais eu d'explosion nucléaire en Europe occidentale.
Maintenant, je pensais à la France, au loin, en mangeant une tarte aux pommes dans un restaurant tranquille au Nouveau-Mexique, et mon ami Ron me rappelait que nous étions à quelques kilomètres seulement de Trinity, le site de la première explosion atomique de l'histoire.
Mon esprit imagina la scène; il dériva dans son horreur et sa splendide immensité. Ron s’est mépris sur mon silence. Comme s’il était contrarié que je ne fasse pas assez attention à ses remarques, il se pencha au-dessus de la table et insista : « Cette vieille maison, façon ranch, délabrée, celle que nous avons dépassée en arrivant, de l'autre côté de la rue, c'est là que le Dr. Robert Oppenheimer était installé à l'époque (2). Il venait ici, toujours avec une mallette pleine de papiers. J’ai parlé aux anciens : ils le saluaient, et ils l’appelaient simplement « Oppie. » Ils n’avaient aucune idée de ce qu’il faisait vraiment. Mais ils en savaient assez pour le laisser tranquille et ne pas poser de questions.
« Il s'asseyait dans ce coin là-bas, loin des GI et des cow-boys, parfois avec des collègues venus d'Oak Ridge et de Chicago, pour travailler sur les équations de la bombe. Certains s'étaient échappés d'Italie, de Pologne, de Hongrie, de Tchécoslovaquie, d'Allemagne, de partout. »
Ron conclut, calmement : « Cet endroit est légendaire. Il a changé le monde. »
Je faisais confiance à Ron, à son sens de l'histoire, à sa passion pour les détails sur la vie des populations locales qu'il connaissait si bien. Une autre réalité se peignait lentement dans mon esprit alors que j'écoutais son récit des quatre semaines qui ont tout changé.
Il a bu une gorgée, s’est penché en avant, complètement dans son sujet :
« Le premier essai a eu lieu le 16 juillet 1945. C'était une bombe au plutonium, suspendue à une tour à l'endroit qui devint connu, dans les futurs livres d'histoire, sous le nom de Ground Zéro. Les militaires ont alors su qu’ils étaient prêts. Trois semaines plus tard, le 5 août (le 6 août au Japon), « Little Boy, » une bombe à l'uranium, nouvelle mais relativement simple, réduisit Hiroshima et ses habitants en fine poussière radioactive. Et à peine trois jours plus tard, le 8 août, une bombe au plutonium qu’on avait nommée « Fat Man » en hommage à Winston Churchill, a pulvérisé l’immense complexe militaire naval et la ville de Nagasaki.
« Le 14 août, abasourdi et découragé, l'empereur du Japon, Fils du Ciel vivant, capitula sans conditions. Et deux jours plus tard, le 16 août, le premier crash d'OVNI de l'histoire moderne eut lieu à quelques kilomètres d'ici.
« Ce qui est bizarre, c'est que personne n'a fait de recherche sérieuse à ce sujet. À quelques exceptions près, les gens qui se disent ‘ufologues’ sont restés obsédés par Roswell. »
« Pourquoi donc? » ai-je demandé.
« Parce que l'armée a tout très bien caché et que les deux témoins de l’accident en question avaient trop peur pour s'exprimer. »
Il poursuivit : « La communauté scientifique a été tenue dans l'ignorance, comme d'habitude. Il y avait de bonnes raisons à cela. »
J’ai alors réalisé que Ron avait insisté pour prendre un verre à l’Owl Bar & Café pour me dire tout cela. Nous avions assez longtemps travaillé ensemble pour qu'il sache que j'allais comprendre, et explorer la piste qu'il avait tracée.
^ ^ ^
En tant que chercheur en ufologie, on m'a reproché de ne pas m'intéresser suffisamment aux cas de contact et de « soucoupe écrasée, » comme Roswell.
L'accusation est justifiée.
Jeune scientifique en Europe, j'avais lu en Français les livres du fameux « Professeur George Adamski, de l'observatoire du Mont Palomar » avec un intérêt amusé et de francs fou-rires quand il parlait de ses prouesses scientifiques (il avait un petit télescope sur les pentes de la montagne) et de ses amours extrasolaires (3). Etant donné l’attitude supérieure affichée par les Européens « éduqués, » il était facile de rejeter toutes ces balivernes de soucoupes américaines, d’autant plus que les scientifiques américains faisaient la même chose.
Un autre défenseur des « contactés, » Frank Scully (4), était plus crédible, mais son élaboration technique s'est rapidement évaporée, et
une fois de plus, je me suis retrouvé avec un scepticisme de circonstance.
Nous nous sommes tous trompés sur Scully, mais c'est une autre histoire…

Fig. 1 : San Antonio (Nouveau Mexique) :
Le fameux « Owl Bar & Café »

Fig. 2 : Mon ami, Ron Brinkley, lors de notre dernière rencontre
octobre 2017
Le 21 juin 1947, il y eut un incident sur l'île Maury, à Puget Sound, dans l'État de Washington, considéré comme le premier « crash » américain complet avec des résidus métalliques et plusieurs témoins. Il s’est produit juste avant la célèbre observation par un pilote privé, l'homme d'affaires Kenneth Arnold, et sembla soutenir sa crédibilité, mais il n'a donné qu'un tas de scories et beaucoup de publicité bienvenue pour la presse populaire, sans aucune donnée valable. Mes collègues m'ont assuré que c'était un canular. Je n'en suis pas si sûr, et regrette de ne pas avoir donné suite à ce « canular. » Aujourd'hui, j'aimerais en avoir un petit échantillon, et le tester, pour voir.
Lorsque j'ai déménagé aux États-Unis avec ma femme Janine en 1962, nous avons emporté avec nous à Austin, au Texas, la première base de données internationale, cohérente et dûment informatisée, sur des cas d'OVNI sélectionnés. J’y ai travaillé sur la première carte numérique de Mars pour la NASA et enregistré des observations galactiques à l'Observatoire McDonald tout en poursuivant l'étude statistique du phénomène OVNI : après avoir éliminé des sources d'erreurs connues comme la planète Vénus, les météorites bizarres et le gaz des marais, des modèles définis ont émergé, dans l'espace et le temps. Cela nous amena à correspondre avec le Dr. Hynek, le consultant scientifique de l’armée de l’air sur le projet Blue Book (5).
En 1964, je l'ai rejoint à l'Université Northwestern pour préparer un doctorat et poursuivre cette recherche. Les soucoupes « écrasées » n'étaient pas à l'ordre du jour, mais Allen avait lu tous les rapports. Il m'a montré pourquoi il y avait des imprécisions dans chaque histoire. Soit certains témoins manquaient, soit le témoignage était douteux ou de seconde main, ou des preuves essentielles ne pouvaient simplement pas être trouvées : peu importe jusqu’à quel point vous regardiez, il n'y avait rien qu'un scientifique puisse rapporter au laboratoire, et le secret n'en était pas la seule raison, ni même la principale.
Certaines histoires à propos de « ballon météorologique spécial, » de radiosondes en grappe à haute altitude pour la détection atomique, ou de mannequins d'essai testant des parachutes, ont été proposées comme « explications. » Personne n’y comprenait plus rien.
Lors d’une réunion à la base de Wright-Patterson dans l'Ohio, que j'ai visitée avec Hynek en 1964 grâce à une autorisation spéciale de deux jours, on nous a montré une armoire en métal contenant de nombreux morceaux de minéraux étranges soigneusement étiquetés et du métal ordinaire tordu que le public américain avait envoyé. à l'Armée de l'Air comme ... ce mot longtemps torturé, mal utilisé et égaré à nouveau: Evidence!
Même après que le chercheur Stanton Friedman et d'autres aient sérieusement enquêté et rendu publique l'affaire Roswell du début juillet 1947, avec sa rafale de témoignages, la recherche sur le terrain n'a rien donné de plus que la preuve de mensonges flagrants, continus et stupides.
Les preuves des mensonges officiels sur les OVNIs ne sont pas des preuves de la réalité des OVNIs.
Les postures bureaucratiques trompeuses au service de la tranquillité administrative n'ont rien de nouveau, même sous la forme de contre-vérités devant le Congrès, sous serment, en uniforme, votre main droite sur la Sainte Bible.
Les quelques scientifiques qui suivaient avec obstination les rapports, interrogeaient des témoins et compilaient des dossiers sérieux ne pouvaient que se regarder, secouer la tête et demander: « Si vous étiez assez intelligent pour venir jusqu’ici à partir d'Alpha Centauri, pourquoi vous planteriez-vous sur la ferme de ce gars-là ? »
Je n’ai toujours pas de réponse à cette question. Mais que se passe-t-il si vous n’êtes pas du tout originaire d’Alpha Centauri ? Si votre vaisseau spatial était conçu pour s'écraser ? Si c'était un cadeau ? Ou un message ? Ou un avertissement ? Le début plein d'espoir d'une conversation stratégique ? Et s'il ne s'agissait pas d'un « vaisseau spatial » au sens primitif actuel du mot ? Et si vous ne vous souciez pas de la mort des occupants ?
Personne n'avait sérieusement envisagé ces alternatives.
^ ^ ^
Une fois établi aux États-Unis, avec un doctorat en intelligence artificielle et un emploi dans la vraie science, j'ai redoublé d'efforts pour sonder certaines de ces histoires. En conservant un parti pris critique, voire sceptique, j'ai commencé une collection d'artefacts qui s'est étendue à quelque vingt-cinq objets, principalement (mais pas toujours) de composition métallique, provenant de quatre continents. Mais une telle collection, comme celle de « Wright-Patt, » ne prouve rien en elle-même. J'ai donc recherché les premiers croyants et même les cultistes.
J’ai rencontré George Hunt Williamson, l’un des partisans d’Adamski, qui m’a laissé perplexe. Il avait signé l’affidavit déclarant qu’il était témoin d’un « contact » qu’Adamski avait revendiqué en novembre 1952, mais il m’avoua qu’il n’avait pas réellement vu un extraterrestre, ni même une soucoupe. Je suis allé sur le site, dans le désert de Mojave, pour comprendre la configuration du terrain: peut-être avait-il aperçu une silhouette et une sorte de lumière dans le ciel ? (6) Je suis revenu les mains vides.
Quand mes travaux en informatique m'ont amené à l'Université Stanford et au SRI, j'ai contribué au développement de réseaux sociaux sur le premier réseau Arpanet et sur Internet en devenant un des directeurs de recherches parmi le groupe des « Investigateurs Principaux » pour la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA). Ce travail me mit en contact avec des équipes gouvernementales au « top niveau » qui avaient leurs propres dossiers -- et un intérêt considérable mais discret -- sur le problème des OVNIs.
Ces mêmes contacts se sont élargis lorsque mes collègues et moi avons développé une série de fonds de capital-risque pour investir dans l’espace, la médecine et la haute technologie, activité que je poursuis aujourd'hui. Parallèlement à cette passion professionnelle, j'ai continué à rechercher activement l'histoire et la structure du phénomène OVNI.
Pendant la majeure partie de cette période, les données gouvernementales sur les objets récupérés et les prétendus cadavres extraterrestres étant hautement classifiées, j'ai essayé de trouver ailleurs des preuves convergentes. À Chicago, j’avais parlé à Ray Palmer, un homme remarquable, le rédacteur en chef d’Amazing Stories et de Flying Saucers, les premiers magazines de « pulp » sur le sujet. Il avait lancé les premiers rapports et financé les enquêtes ultérieures de Kenneth Arnold. Mais il ne pouvait que répéter des histoires que j'avais lues une douzaine de fois. Elles avaient toutes commencé à l'été 1947.
S'il y a eu un véritable crash d'OVNI en 1945, deux ans avant Roswell, mais seulement quatre semaines après la première explosion atomique, c'est un fait historique extraordinaire.
D'une part, cela signifie que pratiquement tous les livres sur les OVNIs, dont la première phrase est toujours: « L'ère des soucoupes volantes a commencé le 24 juin 1947 lorsque l'homme d'affaires Kenneth Arnold a vu un objet non identifié dans le ciel…» sont erronés. L’observation d’Arnold est fiable et a déclenché une fascination des médias pour le phénomène, mais le cas de 1945 était plus important.
Le crash de San Antonio représente une source de questions-clés que l'on ne peut plus éviter. La première étant: « Pourquoi tout le monde l'a-t-il oublié? » La seconde: « Y a-t-il encore des témoins dans les parages? » La troisième: « Pourquoi diable seraient-ils restés silencieux toutes ces années? » Et la quatrième: « Où sont ces fichues preuves? »
Ce sont des sujets que Paola Leopizzi Harris, journaliste italienne fort bien informée, avait commencé à aborder avant moi, et même avant Ron Brinkley. Formée officiellement en Italie en tant qu'éducatrice, associée de longue date à la recherche et traductrice du Dr. Hynek, elle avait été sur le site avant tout autre enquêteur. Elle est la seule chercheuse à avoir rencontré les deux témoins et enregistré leur témoignage.
Paola Harris m’écrivit fin juillet 2018 lorsqu'elle a pris conscience de mon intérêt sérieux pour l'affaire, et nous avons pris des dispositions pour nous rencontrer en septembre lorsqu'elle est venue donner une conférence en Californie. Paola m'a fait part de sa frustration de ne recevoir aucun soutien pour analyser les données:
« J'y travaille depuis sept ans et les seules personnes à le prendre au sérieux sont à l'extérieur du pays, » a-t-elle déclaré. « Les chercheurs américains ne font presque aucun travail sur le terrain, arguant que cela coûte cher et prend trop de temps! Je peux vous apporter un échantillon métallique venant d'un appareil récupéré à l'intérieur de l'engin par le garçon de neuf ans qui l'a détaché de la paroi intérieure. »
Lorsque j'ai réalisé tout le travail qu'elle avait accompli, et après avoir parlé de ce qui pouvait être poursuivi, nous avons rapidement constitué une petite équipe pour réexaminer les faits et approfondir les recherches sur les quatre questions ci-dessus. Vous verrez comment elles se sont révélé liées de manière remarquablement rationnelle, malgré leur nature extraordinaire et parfois choquante. Nous avons été en mesure de porter ces observations initiales au niveau logique suivant. Mais cette enquête elle-même ouvre des questionnements encore plus profonds.
Nos découvertes font l'objet de ce livre.
Elles remettent en question la nature même de ce domaine de recherche et, effectivement, de la science. Elles posent des interrogations fondamentales non seulement pour quelques scientifiques, mais pour l'humanité elle-même: son histoire passée; son présent et son avenir.
Dans les semaines qui ont suivi cette discussion sympathique à l’Owl Café, j'ai commencé à rassembler les documents accumulés au hasard dans mes propres fichiers sur des événements connexes de l'époque: des dossiers portant des noms comme Alamogordo, Socorro, Los Alamos, San Antonio (la ville du Nouveau-Mexique, pas celle du Texas), White Sands, ainsi que toutes les notes prises au fil des ans, après des rencontres avec des collègues de la NASA, Lawrence Livermore, Oak Ridge et Brookhaven, ces laboratoires atomiques visités au cours de mon travail scientifique et de ma carrière informatique; tous les grands centres de recherche où il y avait des scientifiques gouvernementaux actifs prêts à me parler, toujours officieusement, de ce qu'ils avaient vu et fait.
D'autres chercheurs qui avaient exploré les sites du « sud-ouest » avant moi ont gracieusement partagé leurs propres documents de recherche. Paola a compilé de vastes répertoires de notes, de films et d'enregistrements pour que nous puissions les transcrire et les réviser. Ils dépeignent un panorama étonnant pour reconstituer la véritable histoire de la saga OVNI. L'image qui s'en est dégagée est celle d'une époque dangereuse, une période de créativité presque surhumaine, de science à la limite extrême du secret et du danger, d'expérimentation folle avec des éléments inouïs dans toute l'histoire, sans directive sûre pour contrôler leur libération, et en fait, aucun précédent moral pour évaluer l'ampleur de la destruction qui suivrait, ou le gaspillage possible de milliers de vies humaines.
La leçon d'histoire très directe de Ron Brinkley à l’Owl Café, un jour d'octobre 2017, a lancé la recherche qui a abouti à ce livre. Les événements que nous sommes sur le point de décrire, ainsi que les détails, étape par étape, de notre enquête avec ses rebondissements, démontrent l'existence de niveaux de réalité que la science n'a pas encore réussi à reconnaître, alors même qu'elle a débloqué la puissance de l'atome: quelqu'un d’autre est en train de nous observer.
De cet autre domaine de réalité sont venues des formes matérielles que nous pouvons percevoir, décoder et partiellement comprendre, mais les phénomènes étaient au-delà de la technologie humaine de l'époque, et restent une énigme aujourd'hui.
Qui sont ces émissaires d'ailleurs? Une fois mises de côté les mythologies trompeuses accumulées autour du problème – les histoires idiotes de bases martiennes et les illusions politiques sur des installations nazies au pôle Sud, les spéculations sur les races supérieures, et l’obsession des complots compliqués ourdis par de soi-disant initiés du gouvernement -- nous nous retrouvons avec des preuves évidentes d’une intelligence inconnue.
Pourquoi serait-il surprenant que la conscience prenne des formes plus vastes que ce que nos cerveaux limités ont imaginé? Et comment pouvons-nous commencer à concevoir un programme de recherche approprié, capable d'interagir avec d'autres manifestations de la vie dans un univers fantastique que nous avons à peine commencé à cartographier?
Je souhaitais vivement partager avec Ron la surprise de nos premières conclusions mais nous l'avons perdu en août 2018. Il était sur son vélo, à cinq heures du matin, en route vers son travail dans une boutique de l’aéroport d’Albuquerque qui vendait de l’art indien aux touristes. Un camion fou en excès de vitesse l'a frappé violemment, trainant son corps en lui écrasant la tête, malgré le casque qu'il portait.
Ronny, tu nous manques. La recherche que tu as inspirée se poursuivra. Mais je ne traverserai plus jamais la grande prairie sans penser à ce que tu m’as appris sur la beauté de cette région, ses habitants, leur histoire et les mystères dont ils se souviennent.
^ ^ ^
PREMIERE PARTIE

LE DESTRUCTEUR DES MONDES
Désormais je suis la Mort, le Destructeur des Mondes.
Bhagavad Gita
cité par le Dr Robert Oppenheimer, à Ground Zéro
16 Juillet 1945
CHAPITRE UN
JUMBO ET LE GADGET
« Laura, ne craignez pas de devenir veuve. Si Enrico explose, vous exploserez avec lui… »
Quelle cruelle déclaration à la femme d'un ami! Ce fut pourtant la phrase solennelle et réaliste du physicien italien Emilio Segré à Laura Fermi, lors de sa visite au scientifique atomiste Enrico Fermi et à sa famille à Chicago en 1943. Laura a parfaitement compris ce qu'il voulait dire. À l'époque, Fermi, lauréat du prix Nobel (7), qui avait fui l'Italie fasciste en 1938, passait la plupart de son temps à mener les travaux classifiés sous les gradins du stade de Stagg Field, à trois rangées de maisons de leur domicile.
La « pile atomique » qui permit d’observer la première réaction en chaîne contrôlée de l'histoire y fut testée le 2 décembre 1942 sous sa direction.
Dans le plus grand secret.
Deux ans plus tard, les recherches scientifiques avaient déménagé au Nouveau-Mexique et la famille Fermi vivait à Los Alamos, où Laura travaillait comme assistante médicale du Dr. Louis Hempelmann, du Los Alamos Health Group. « Au début de juillet (1945), » écrit Laura dans ses mémoires intitulées Atomes en Famille « les hommes avaient commencé à disparaître de la mesa et le mot Trinity flottait dans l’air avec insistance. » (8)
Le 15 juillet 1945, il ne restait que les femmes dans la ville de Los Alamos. Cet après-midi-là, des amis de Laura lui ont dit qu'ils allaient se rendre dans les montagnes de Sandia, près d'Albuquerque, à environ 140 kilomètres au nord du site de test secret qu'ils ne connaissaient que sous le nom de Trinity, et d'y passer la nuit, dans l'espoir de « voir quelque chose. »
Le lieu avait été choisi en partie parce qu'il se trouvait sur le champ de tir d'Alamogordo Bombing and Gunnery, établi en 1942. La Jornada del Muerto (« Voyage du Mort »), ainsi nommée à juste titre, avait été sélectionnée à cause de la sécurité et du secret que permettait son isolement. Pourtant, comme le mentionnera une brochure de l'armée, « c’était assez proche de Los Alamos pour en faciliter les trajets aller-retour. »
Il faut se rappeler qu'un aller-retour de près de 500 kilomètres dans un désert brûlant est considéré une courte escapade selon les critères du sud-ouest américain. L'armée avait envisagé sept autres sites en Californie, au Texas, au Nouveau-Mexique et au Colorado avant de choisir Trinity. Les soldats avaient commencé à s’y rassembler à l'automne 1944 et la population augmenta tout au long de 1945 à cause de l'arrivée du personnel technique. Ils étaient accueillis par une plaine au sol pauvre où peu d'arbres poussaient parmi des milliers d'hectares de sable recouvert de mesquite et de créosote, avec pour rare divertissement la présence occasionnelle de crotales. À l'horizon sud-est se trouvait la masse gris-bleu des montagnes du Malpais, formant un arrière-plan devant lequel se dressaient trois pics plus petits: Oscura (2.670 m), Little Burro, et Mockingbird, sur une diagonale de 32 kilomètres du nord-est au sud-ouest.
Ces trois sommets avaient donné à la région son beau nom de Trinity, qui allait bientôt entrer dans les archives de l’histoire comme le symbole de l’introduction du monde à l’âge atomique. Trinity a également marqué la fin de l'innocence, s'il y en a jamais eu une, pour l'Amérique -- et le reste de l'humanité.
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Au matin du 16 juillet 1945, Laura Fermi entendit parler d'une lumière « flamboyante » vue à l'aube par l'un des patients de l'hôpital de Los Alamos, éveillé à 5h30 du matin. Elle avait hâte d'apprendre ce

Fig. 3 : Carte de White Sands, le site de Trinity et de deux rencontres rapprochées avec des OVNIs. Noter que Los Alamos est situé à 240 kilomètres au Nord de Socorro.
qui s'était passé et pourquoi une lumière aussi surnaturelle avait précédé le soleil. Quelques hommes sont rentrés chez eux ce soir-là, épuisés, la peau sèche et apparemment durcie. Parmi eux se trouvait Enrico Fermi, si fatigué qu'il rentra chez lui en titubant et s'effondra dans son lit. Le lendemain, il dit qu’il n’avait pas été en mesure de conduire pour rentrer et avait demandé à un ami de prendre le volant. Un journal local a mentionné la lumière extraordinaire, si brillante que même une jeune fille aveugle l'avait remarquée. Peut-être qu'un dépôt de munitions avait explosé? Les gens étaient suffisamment disciplinés pour retourner à leur travail sans plus de rumeurs. Mais une voisine, Genia Pieiris, qui avait toujours réussi à apprendre les choses avant tout le monde, prit Laura à part et chuchota: « Ecoutez, à Trinity, ils ont dû faire exploser… une bombe atomique. »
Ce matin-là, Enrico Fermi était parmi les premiers scientifiques sur le site. Il avait fait une évaluation préliminaire de l'énergie de l'explosion. Ses premiers calculs terminés, il monta dans un char Sherman recouvert de plomb pour absorber les radiations et il recueillit des échantillons dans la cavité, large d’environ 800 mètres que la bombe au plutonium de 19 kilotonnes avait creusée dans le désert (cf.Fig.5). Le général de brigade Thomas Farrell décrivit le spectacle:
« Les effets pourraient bien être qualifiés de « sans précédent, » magnifiques, prodigieux et terrifiants. Aucun phénomène artificiel d'une telle puissance ne s'était jamais produit. Les impressions lumineuses défiaient toute description. La région toute entière était éclairée par une lumière brûlante d’une intensité plusieurs fois supérieure à celle du soleil de midi. » (9)
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A partir de là, implacable et mortelle, s’est déroulée l'histoire d’un monde nouveau.
Suite à ce « test » réussi d'une bombe appelée simplement « le gadget, » qui contenait six kilogrammes de plutonium, les choses allèrent très vite. Le Pentagone en avait assez de mener une terrible guerre d'usure contre ce qu’il restait de la grande puissance militaire japonaise, dans des batailles désespérées avec des pertes élevées des deux côtés, sur chaque petite île perdue à travers le Pacifique. En outre, ils ont dû soupçonner que les physiciens allemands étaient sur le point de tester une bombe historique similaire, une « bombe de fin de guerre. » (10)
Le 5 août 1945, une bombe à l'uranium de conception simple surnommée « Little Boy » a été larguée sur Hiroshima par l'équipage de l'Enola Gay. Le président Truman n'a pas tardé à révéler sa nature au monde. Et trois jours plus tard, le 9 août 1945, comme Ron me l'avait bien rappelé, le « Fat Man » à base de plutonium de 4900 kg environ, basé sur la conception du « Gadget » testé sur le site à Trinity, a pulvérisé le complexe militaire sophistiqué du port de Nagasaki, fierté de l'industrie lourde du Japon, cœur de son invincible Marine. Entre autres, elle a vaporisé l'usine de munitions qui avait fabriqué les torpilles qui avaient coulé les navires américains à Pearl Harbor.

Fig. 4 : Assemblage du « Gadget » sur le site
de Trinity, Juillet 1945
Le 15 août 1945, l'empereur du Japon, brisé, humilié et désemparé, a publié un « Rescrit impérial de reddition » acceptant les termes de la déclaration de Potsdam ; et le 2 septembre 1945, ses légats en redingote et haut-de-forme, ont signé l'instrument de reddition sur le pont d'envol de l'USS Missouri.
Deux jours après la reddition de l'empereur, juste un mois après l'impressionnant test atomique de Robert Oppenheimer, Enrico Fermi et leur équipe vedette de physiciens, un objet étrange sort de nulle part, tourne dans le ciel au-dessus des collines infestées de mesquite à moins de 20 kilomètres au nord de Trinity, et s'écrase sur un ranch du Nouveau-Mexique, comme pour souligner l'énormité de ce qui s'était passé; ou pour le reconnaître? Ou pour offrir un avertissement peut-être, un signe que quelqu'un d'autre avait tout regardé? Ou même, selon ma propre spéculation, pour ouvrir une voie historique et stratégique parallèle, une voie qui a même surpassé l'asservissement de la force atomique?
Est-ce pourquoi, quelques années plus tard, un scientifique du gouvernement canadien, Wilbert Smith du Projet Magnet, serait personnellement mis au courant de la recherche américaine sur les OVNIs, dont on lui a dit qu'elle était classifiée « plus haut que la bombe atomique » ?
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Arrêtons-nous ici un moment.
Avant de passer à autre chose, il est important de vraiment comprendre ce qui est arrivé à Trinity, comment tout a été géré et pourquoi cela a inauguré une nouvelle ère pour la race humaine: fermant soudain une porte à la guerre conventionnelle et à des siècles de politique tribale et nationale, pour ouvrir celle d’un nouveau monde non moins dangereux, complexe et finalement terrifiant.
Le projet Manhattan, formé en juin 1942, avait secrètement reçu la mission de développer une bombe atomique. A partir d'informations du Renseignement et de rapports confidentiels de réseaux de scientifiques européens rassemblant des informations sur les projets allemands (comme le groupe créé par mon défunt éditeur et ami Jacques Bergier, l'un des premiers espions atomistes français, impliqué dans la recherche de l’eau lourde en Norvège et dans la découverte de la base de fusées de Peenemünde), il était déjà clair que les nazis travaillaient sérieusement à une percée nucléaire.
Le projet Manhattan mit en œuvre trois énormes installations au sein de villes secrètes pour des objectifs scientifiques spécifiques: la diffusion de gaz et les processus électromagnétiques à Oak Ridge, dans le Tennessee; les réacteurs nucléaires capables de produire le plutonium nécessaire, à Hanford, dans l’Etat du Washington; ainsi que

Fig. 5 : Le char blindé utilisé par Enrico Fermi pour collecter
des échantillons d’explosion

Fig. 6 : Le cylindre de confinement « Jumbo » sur sa remorque
lourde à Pope, Nouveau Mexique
la conception et la construction effective de la bombe à Los Alamos au Nouveau-Mexique, sous la direction du Dr Robert Oppenheimer. Afin d'étalonner les instruments de mesure de radioactivité, un essai préliminaire fut effectué le 7 mai 1945 sur le site de Trinity. Ce n'était pas une arme nucléaire, mais plutôt une « bombe sale » qui utilisait un explosif conventionnel d'une puissance de 100 tonnes mélangé à
des matériaux obtenus à Hanford, et en dispersait le rayonnement sur ce que l'armée appela poétiquement « une zone assez large. »
Dans l’intervalle, l’équipe du Dr Oppenheimer mit au point deux modèles de véritable bombe atomique: un modèle simple utilisant de l’uranium 235, dont les scientifiques étaient convaincus qu’il n’exigerait pas d’essais préliminaires; et aussi le schéma au plutonium, plus complexe, où les charges d'explosifs conventionnels en forme de lentille se déclencheraient toutes exactement à la même milliseconde pour comprimer une boule de plutonium en une masse critique afin de déclencher une réaction nucléaire en chaîne. Une grande première scientifique.
Le travail sur le plutonium était complexe, car sa conception devait comprendre non pas une explosion, mais deux: premièrement, l'explosion conventionnelle des charges de TNT pour comprimer le noyau; ensuite, la réaction en chaîne elle-même dans laquelle les atomes se fracturent, libérant une énergie et des neutrons en quantité énorme qui, à leur tour, frappent et divisent plus d'atomes ... le tout en un millionième de seconde.
Il y avait un risque majeur: si la réaction en chaîne ne s’initiait pas, le TNT inonderait le paysage du Nouveau-Mexique de poussières de plutonium hautement radioactives. Non seulement cela gaspillerait du plutonium extrêmement rare, mais cela mettrait en danger pendant des siècles, toute vie dans une importante partie des États-Unis. Des projets ont donc été lancés pour tester l'explosion à l'intérieur d'une enceinte « sûre, » une cuve si grande, si épaisse et si solide qu'elle pourrait contenir la première explosion et permettre la récupération du plutonium si la réaction en chaîne ne se matérialisait pas.
Ils ont appelé le gros appareil de test « Jumbo. » Ils ont conçu une extraordinaire chambre en acier qui mesurait 7,6 mètres de long, 3,7 mètres de diamètre et pesait 214 tonnes !
Fabriqué dans l’Ohio par la firme Babcock & Wilcox, Jumbo fut amené à Pope, au Nouveau-Mexique, par train spécial. Il a été transporté sur le site de Trinity sur une remorque à 64 roues spécialement construite (Figure 6), tirée par deux tracteurs Caterpillar DC-7, l'un poussant et l'autre tirant. L'armée a construit un radeau spécial pour faire traverser le Rio Grande à « Jumbo. »

Fig. 7 : Inspection de « Jumbo » sur le site de Trinity en 2019
Une brochure récente de l'armée (9) mentionne qu'en fin de compte, Jumbo n'a jamais été utilisé pour le test parce que les scientifiques se sont progressivement convaincu que la conception de la bombe au plutonium fonctionnerait: pourquoi gaspiller des matériaux précieux?
Le 12 juillet 1945, les deux hémisphères de plutonium venant de Hanford ont été amenés au Ranch McDonald pour y être assemblés. Invité à signer un reçu pour ce dépôt, le général de brigade Thomas Farrell se souvient d’avoir exigé de le tenir et de le manipuler: « j'ai pris ce lourd ballon dans ma main et je l'ai senti se réchauffer. J'ai ressenti sa puissance cachée. Ce n’était pas un morceau de métal froid, c’était vraiment un morceau de métal qui semblait fonctionner à l’intérieur. Puis, peut-être pour la première fois, j'ai commencé à croire certaines des histoires fantastiques que les scientifiques m'avaient racontées à propos de cette énergie nucléaire. »
Laissé sous une tour en acier à seulement 240 mètres de Ground Zéro, Jumbo survécut à son exposition de la première explosion nucléaire lorsque « Gadget » a explosé (la tour en acier, par contre, a été volatilisée).
En fin de compte, Jumbo n'a été utilisé que l'année suivante, pour des essais d'explosifs non nucléaires. Une importante section d'acier repose désormais sur un piédestal du centre-ville de Socorro, où l'accident est honoré d'une plaque explicative après un vol tumultueux quelque peu imprudent.
Jumbo n'a jamais été utilisé pour un test radioactif. Il n'a été mis en service qu'une seule fois, un an plus tard, lorsque l'armée a fait exploser huit bombes conventionnelles de 500 livres à l'intérieur. Parce que l'appareil se tenait verticalement, selon une brochure officielle, les bombes étaient empilées au fond, ce qui a fait exploser les deux extrémités du cylindre, comme j'ai pu le voir lors d'une visite sur place (Fig. 7). Aujourd'hui, ce qu’il reste de Jumbo se trouve toujours sous le soleil du désert. Il n’est pas près de se déplacer. Il est le témoin persistant de l'énormité du défi humain et scientifique que les militaires avaient entrepris à cet endroit abandonné du monde.
À courte distance au nord-ouest du site de Trinity, des centaines de citoyens de San Antonio, au Nouveau-Mexique, étaient sur le point de connaître le même « pouvoir caché » qui avait tant impressionné le général Farrell.
Mais ils n'en furent jamais avertis.
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CHAPITRE DEUX
SAN ANTONITO, LE 16 AOÛT 1945
A moins to 30 kilomètres au nord-ouest de Trinity se trouvait le ranch de la famille Padilla, décrit par le chercheur Ryan Wood dans son livre de 2005 Majic Eyes Only comme « une maison traditionnelle en adobe, avec un puits dans la cour et une camionnette rutilante que José (le fils de neuf ans) était autorisé à conduire, car il était le seul (jeune) homme de la famille à ne pas servir dans les forces armées, à l'époque » (11). Le père de José, Faustino Padilla, travaillait pour le Refuge fédéral sur un site en développement, El Bosque Del Apache près de San Antonio, géré par la WPA (Administration des projets du Corps civil de conservation).
La famille complétait ses revenus en élevant du bétail dans un grand ranch loué au « Bureau of Land Management » (l’Administration du Territoire), et une grande partie du travail quotidien sur la propriété était déléguée à José, souvent aidé par son ami « Rémé » (Remigio) Baca, qui avait deux ans de moins.
Habitant si près de Ground Zéro, les familles de José et de Rémé vont bientôt connaître un changement soudain dans leur existence, et les deux garçons seront les premiers témoins de l'événement extraordinaire qui marque le véritable début de l'ère des OVNIs aux États-Unis, un cas encore inexpliqué aujourd'hui malgré ses répercussions évidentes dans les débats actuels.
Pour l'armée, cet événement ne fut qu'une mission de plus pour enquêter localement sur la destruction d'une tour radio et pour récupérer un étrange engin tombé du ciel pendant un orage. Les jeunes soldats de l'unité en question se rendaient à peine compte de l'endroit où ils se trouvaient, de l'histoire du lieu, ou des longues traditions des gens qui vivaient sur place. D’ailleurs, ils ne s'en souciaient guère: ils sont arrivés avec une Jeep et un gros camion, ont fait ce qu'on leur avait dit de faire et sont rentrés à White Sands quelques jours plus tard.
Pour nous, cependant, étudiant les événements à la lumière de 75 ans de données accumulées, ce que les deux garçons ont vécu à cet endroit spécial doit être mis en lumière et analysé dans le contexte complet de la technologie et de la culture américaines à ce moment critique où la Seconde Guerre mondiale se terminait.
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La famille de Rémé Baca vivait dans des conditions très similaires à celles de José Padilla: le père de Rémigio Baca, qui avait d'abord travaillé comme métayer, devint plus tard assistant à l'hôpital des anciens combattants à Albuquerque. Les deux hommes étaient aussi occasionnellement employés par nul autre que Conrad Hilton, qui possédait plusieurs entreprises à San Antonio, y compris le tout premier hôtel Hilton, et par un M. Alliare, qui y dirigeait une entreprise commerciale. Les membres de la famille Baca étaient des colons de longue date de la région, descendants des Espagnols d'origine qui avaient établi le gouvernement de la Nouvelle-Espagne. Rémigio (« Rémé ») fait remonter ses racines familiales au capitaine Cristobal Baca, originaire de Mexico, qui s'installa au Nouveau-Mexique avec sa femme en 1600. Leurs descendants allaient devenir des notables de l'État, tandis que José Padilla trace en partie son ascendance à des immigrés espagnols plus récents, mais aussi à la longue histoire de sa lignée amérindienne à travers la famille de sa mère.
Les premiers habitants de la région étaient répartis en trois groupes autochtones: « les Mogollon, qui vivaient sur les hautes terres du Nouveau-Mexique et de l'Arizona; les Hohokam, fermiers des déserts du sud, et les Anasazi Pueblo, habitants des hautes mesas au nord, » nota Rémé dans un mémoire intitulé Born on the Edge of Ground Zero. Mais ces tribus étaient déjà en déclin lorsque les Espagnols sont arrivés et ont développé leurs propres colonies, tandis que cinq tribus du peuple Apache étendaient leur pouvoir dans toute la région et dans le nord du Mexique, souvent au prix de luttes sanglantes. (12)
Danny Many Horses, un artiste moderne, ami de Paola et gardien de la tradition des Apaches Mescalero dans le sud-ouest, m'a fourni un précieux bagage sur l'histoire troublée de la région lorsqu'elle a attiré les Espagnols du Mexique et les colons blancs venus de l'Est. En 1743, un chef espagnol accepta finalement de désigner les zones du Texas que les Apaches devaient occuper, facilitant ainsi la fin des batailles pour les terres. Une mention de Wikipédia rappelle que lors d'une cérémonie en 1749, un chef Apache a enterré une hache pour symboliser la fin des combats, d'où le terme que nous utilisons encore aujourd'hui : « Enterrez la hache de guerre ! »
Au fil du temps, les Indiens Apache ont développé un lien avec les Blancs de la région. Au début, les relations semblaient bonnes et les Apaches se sentaient protégés. Au fur et à mesure que les choses progressaient, cependant, les raids des colons recommencèrent, avec le massacre des Amérindiens et le vol de leurs biens et de leur bétail.
À la fin de la guerre civile américaine, après 1865, la violence s'est aggravée. De nombreux soldats Confédérés vaincus sont venus vers l'ouest à la recherche de nouvelles fortunes. Certains sont allés en Californie et au Nevada, où de l’or avait été découvert en 1849, tandis que d’autres se sont joints aux batailles de l’armée américaine contre la population indienne. C’était une période horrible, car l’une des tactiques préférées du Gouvernement était de tuer tous les buffles d’une région pour priver les tribus de leur source traditionnelle de viande. Les Apaches étaient des guerriers nomades; ils ont formé des alliances avec les peuples sédentaires et les ont protégés, mais les tireurs d'élite Blancs ont continué à tuer des animaux partout au Nouveau-Mexique et en Arizona, décimant les troupeaux, affamant les habitants.
De nombreux Apaches se sont retirés dans leurs cachettes des montagnes et ont suivi la sagesse de leurs aînés. Ils voyaient des orbes multicolores, « pas seulement des éclairs, » m'a dit Danny Many Horses: « ces lumières signifiaient qu'Ussen, le Donneur-de-Vie, le Dieu Omnipotent, veillait sur eux. Il leur a dit que des créatures hideuses allaient descendre des nuages si les tribus ne vivaient pas en harmonie. Il y avait des esprits dans la lune, dans les étoiles: les Apaches pouvaient entendre leurs grognements, au-dessus des montagnes.
Avec le temps, la population locale, y compris les Hispaniques et les membres des Pueblo et d'autres tribus, ont pu à nouveau vivre en paix avec les colons Blancs. Parmi eux, il y avait la tribu Apache Chririkawa, dont José Padilla descend du côté de sa mère: son arrière-grand-mère n'était autre que «Mama Grande», Maria Amada Chavez, (1856-1940) qui était une cheffe locale. Mama Grande était reconnue comme l'autorité communautaire de la région, où l’on se souvient d'elle comme d'une femme sage et puissante. La communauté de San Antonito porte le nom de son fils, «Little Antonio».
En 1940, on enregistrait seulement 35 Indiens Apache vivant dans l'état de l'Oklahoma, mais en 1970, un chiffre d'environ 1500 fut retenu au Nouveau-Mexique.
Du côté du père de José, en revanche, la famille Padilla est d’origine espagnole récente: son grand-père Trini était originaire de Barcelone et son père Faustino naquit en février 1890 à Franklin, au Texas, une communauté qui fait maintenant partie de l’agglomération d’El Paso.
Quant au site de l'accident de 1945, avec sa topographie harmonieuse et son accès à l'eau, c'était un lieu de prédilection pour les tribus lorsqu'elles se déplaçaient dans la région. Elles y plantaient leurs tentes et y abreuvaient leurs chevaux. Parmi les traces retrouvées sont des troncs d’arbres brûlés et évidés qu'elles utilisaient comme conduites d'eau, et l'archéologue culturel Kay Sutherland a émis l'hypothèse que les images peintes des Mogollon, conservées sur des surfaces en pierre, avaient pu être utilisées là « comme une porte mystique vers le monde des esprits. »
Mystique ou pas, le lieu était destiné à servir d'interface avec des réalités inconnues.
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« Inez Padilla, la mère de José, venait de voir son mari Faustino partir au travail, » se souvient Rémé Baca, « et José Padilla buvait une tasse de chocolat chaud lorsque le flash de la bombe au plutonium, la longue sonorité mortelle et la vague de chaleur sont arrivés, roulant sur le paysage. Surprise, sa mère a jeté un coup d'œil au flash de lumière à travers une fissure dans la porte. Inez a subi la perte permanente de la vue de cet œil. » (12)
José a cherché un abri lorsque l'explosion s'est produite et il se souvient du vent chaud de l'explosion qui a englouti la maison trois minutes plus tard. Rémé Baca lui-même avait sept ans à l'époque. Il mentionne avoir été réveillé par son lit qui bougeait, comme s'il sautait, alors qu'une lumière vive pénétrait dans sa chambre. « On aurait dit qu'un train passait par la porte d'entrée, » se souvient-il. L'onde de choc brisa des vitres jusqu'à 190 kilomètres de distance.
Dans les jours et les semaines suivants, les gens se rendirent compte que ce qu’ils avaient vu et entendu n’était pas simplement le résultat d’un essai explosif ou d’un accident dans une zone de stockage de munitions du champ de tir d’Alamogordo, comme l’armée l’avait initialement annoncé. Mais toute l’histoire ne fut connue qu’après Hiroshima, le 6 août, lorsque le président Truman en fit l’annonce officielle au monde.
Avec la destruction de Nagasaki le 9 août, et les négociations qui suivirent pour la reddition du Japon, tout le monde a finalement commencé à respirer plus librement, sachant que le conflit touchait à sa fin et que les soldats allaient bientôt revenir dans leurs familles et reprendre leurs emplois. Autour de San Antonio, l’activité quotidienne semblait prête à revenir à la normale.
Personne n'a vu l'objet arriver du ciel.
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Bien que le cas ait été en grande partie négligé, ou noté brièvement puis oublié au milieu de tous les arguments télévisés sensationnels à propos de Roswell, quelques enquêteurs se sont intéressés à l'histoire. Timothy Good, un chroniqueur soigneux de l'ufologie moderne, a brièvement mentionné le crash dans son livre de 2007 Need to Know:
En août 1945, (…) deux jeunes garçons, José Padilla et Rémé Baca, effectuaient diverses tâches au ranch Padilla à San Antonito, près de San Antonio, au Nouveau-Mexique, lorsqu'ils virent une lumière brillante, accompagnée d'un son d’écrasement. Finalement, ils sont tombés sur une longue entaille dans la terre, au bout de laquelle gisait un engin gris terne en forme d'avocat, avec une protubérance vers l’arrière, qui pouvait être vu à travers la fumée de son épave en feu. Des morceaux de métal brillant ressemblant à une feuille d'étain étaient éparpillés parmi les débris. Un morceau qui s'était logé sous un rocher se déplia instantanément. Il a été conservé dans la maison du ranch pendant un certain nombre d'années. (13)
Timothy Good donne comme source « des entretiens personnels à Seattle » (près de l'endroit où Rémé Baca s’était installé) les 6 et 7 juin 2004, et « de nombreuses communications ultérieures avec les deux témoins. »
Il a évidemment fait une étude sérieuse, mais il s’est ensuite tourné vers ses autres enquêtes. Il y eut pourtant une exception notable à la négligence qui a entouré l'affaire: au cours de longues interviews détaillées que la journaliste d'investigation italienne Paola Harris a faites le 5 juillet 2010 après avoir retrouvé Rémé Baca à son domicile à Gig Harbor, dans l'État de Washington, elle comprit pourquoi l'affaire comblait d'importantes lacunes dans l'histoire de l'engin non identifié qui avait été récupéré par les militaires. (14)
Elle compléta cet entretien par une conférence téléphonique détaillée avec José Padilla, alors officier de la police de la route à Rowland Heights, en Californie. Travaillant de manière indépendante, guidée par sa connaissance approfondie du phénomène à travers le monde, et peut-être par un sens de l'histoire ressenti plus intensément par les Européens, elle a saisi l'importance profonde du cas, le tout premier crash d'OVNI dans l’histoire américaine récente, deux ans avant Roswell.
Le cas n’a pas été reconnu, simplement parce que l’histoire initiale n’avait pas été suivie par des personnes en quête de publicité; et peut-être parce que d’autres raisons, plus obscures, la rendaient inaccessible. Paola s’est donc mise au travail, a parrainé des équipes techniques pour l'aider, a tranquillement retrouvé les informations connexes et a commencé à fouiller dans les détails. Des journalistes de la télévision l'ont suivie sur le site avec leurs caméras. Parmi eux se trouvaient le vidéaste californien James C. Fox (réalisateur des documentaires Je sais ce que j'ai vu, puis Cinquante ans de déni et plus récemment The Phenomenon) et le journaliste Mexicain expérimenté Jaime Maussan.
Des ufologues et quelques chercheurs individuels sont aussi venus, mais l'affaire ne semblait pas avoir le mystère et l'aura stimulante, ni la théâtralité politique et l'attrait public du crash de Roswell qui était géographiquement proche : alors ils ont finalement laissé le cas de côté, tandis que Paola poursuivait ses enquêtes.
Les transcriptions qu'elle a partagées avec moi (légèrement éditées ici pour plus de clarté) laissent peu de doute sur ce qui s'était passé dans les jours qui ont suivi l'incident.
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Les interviews de Paola ont commencé avec les souvenirs de Rémé le premier jour, comme il l'a simplement déclaré: « Ce qui s'est passé, c'est qu'après l'accident, nous sommes rentrés chez nous, au ranch. »
Paola a poursuivi: « Pouvez-vous me dire la date de tout cela? La date approximative ? Nous savons que nous sommes en 1945. Nous sommes au mois d’août… »
Rémé: Et c'était, environ le 15 (C'est une contradiction avec la date donnée par José Padilla, qui a noté le 16 août, un jeudi. Nous avons vérifié cette date plus tard).
Paola: D'accord, alors quel est le père qui vous a envoyé, et vous aviez quel âge? (Note)
Rémé: J'avais sept ans et José en avait neuf. Le père de José, Faustino, nous avait demandé, quelques jours plus tôt, de localiser une vache prête à avoir un veau.
Paola: Et vous étiez sur deux chevaux séparés?
Rémé: Oui, nous étions sur deux chevaux séparés. Voici ce qu'il nous a dit: « Vous savez, quand vous en aurez l'occasion, je veux que vous alliez contrôler cette vache parce qu'elle est sur le point de vêler, et nous voulons nous assurer de l'avoir avant quelqu'un d'autre, qui mette sa marque dessus. » Ce que nous faisions périodiquement, c’est que nous montions à cheval et allions vérifier toutes les clôtures, faire la « chevauchée des clôtures, » c’est comment nous appelions cela: vérifiez les clôtures, assurez-vous qu’elles n’ont pas été brisées. Si elles le sont, vous les réparez, vous avez une petite trousse à outils. Si un poteau est tombé, vous le soutenez, et plus tard vous revenez pour
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Note : Les pages se tournaient rapidement: le 14 août 1945, deux jours avant le crash de San Antonito, une équipe de scientifiques américains s'était envolée vers l'Europe « pour rassembler des informations et des équipements relatifs au progrès des fusées allemandes. » (Rémé Baca, op.cit., p. 98)
le remplacer. Donc, nous marchions le long des clôtures, et quand nous en avions fini avec cela, nous montions au sommet des collines et faisions l'inventaire. José regardait à travers ses jumelles et comptait le stock. J'écrivais les chiffres. Compter les vaches. Alors que vingt-cinq têtes de bétail peuvent ne pas sembler beaucoup, Faustino avait acheté du bétail Whiteface en Espagne et était en train de démarrer un troupeau Whiteface. Elles semblaient bien réussir sur ce type de terrain.
C’est donc ce que nous faisions. Et puis bien sûr en hiver quand il neigeait, nous devions parfois briser la glace dans l'abreuvoir, pour que les animaux puissent boire, et transporter des balles de foin ou de luzerne vers la zone du moulin à vent, afin que les animaux puissent manger.
Paola: C'est pendant la journée que vous y êtes allés…?
Rémé: Oui, c'était pendant la journée. José est venu à cheval, nous avons sellé le mien et nous sommes partis. Ma mère savait que nous allions travailler au ranch Padilla.
Paola: Il avait neuf ans et vous en aviez sept?
Rémé: Oui. Nous sommes partis pour rechercher cette vache. Et donc, pendant que nous étions là-bas, il n'était pas anormal à la fin de l'été, d'avoir des orages et des éclairs et cette fois ce n'était pas différent, nous nous sommes donc réfugiés sous une corniche. Nous avons mis pied à terre car le terrain était escarpé et rocheux et les chevaux ne sont pas à l’aise sur les rochers, ils se blessent les sabots. Nous avons remplacé les brides par de la corde et les avons attachés pour qu'ils paissent, et nous avons continué à pied. Nous avons marché et sommes arrivés à un endroit où il y avait un bouquet de buissons de mesquite, de créosote ou de greasewood comme ils l'appelaient dans la région, des pins, de la sauge et des cactus.
En marchant vers la touffe de mesquite, nous avons entendu un gémissement et nous avons découvert la vache que nous recherchions, elle avait donné naissance à un veau. C’était le début de ce nouveau troupeau qu’on appelait les Whiteface : une vache rouge avec un visage blanc et des pattes blanches. Faustino avait acheté une vache et un taureau en Espagne et les élevait. Whiteface était l'une des races de bovins qu'on utilisait aux États-Unis à l'époque, pour la viande. Nous l'avons donc trouvée et ensuite nous sommes descendus dans une petite zone où il y avait un surplomb rocheux. José avait préparé un

Fig. 8 : Le témoin José Padilla à San Antonito,
dans son enfance

Fig. 9 : « Mama Grande » (1856-1940), cheffe locale
des Apaches Chirikawa
déjeuner, quelques tortillas et peut-être quelques pommes. Nous nous sommes assis pour manger et la tempête et la pluie sont arrivées. Nous sommes restés là pour ne pas être trop mouillés. Ensuite, cela s'est en quelque sorte calmé un peu, et c'était fini. Nous nous apprêtions à monter et à jeter encore un coup d'œil à la vache pour vérifier qu’elle se nourrissait, et à regarder le veau de plus près. Pendant que nous faisions cela, nous avons entendu cette forte détonation.
Paola (surprise): Vous avez entendu le crash?
Rémé: Nous ne savions pas que c'était un crash, à ce moment-là. Nous avons entendu ce bruit et le sol a tremblé, et des souvenirs sont revenus de l'explosion de la bombe atomique : « Testent-ils à nouveau, ou quoi? » Nous avons donc regardé autour de nous, vu de la fumée provenant de quelques canyons plus bas, par là. Alors José a dit: « Allons-y et jetons un œil, voyons ce qui se passe. » Nous avons commencé à marcher, et nous avons vu un peu de fumée dans cette direction. En atteignant la crête, la fumée est devenue intense. Ensuite, nous avons descendu la pente pour regarder ce qui semblait être une grosse entaille dans le sol. On aurait dit qu'une niveleuse était passée par là. Nous ne connaissions personne qui aurait une niveleuse de 30 mètres de large, mais cela ressemblait certainement à une telle lame, creusant sur environ 30 cm de profondeur. Nous avons commencé à marcher sur cette route, c'était assez difficile pour nos pieds et c’était chaud. La plante de nos pieds était chaude.
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Arrêtons-nous ici un instant. Ce que Rémé Baca décrit avec désinvolture est un événement remarquable. Un objet qui creuse une gouge aussi large, de 30 cm de profondeur, tout le long du flanc de la colline, déploie une très grande quantité d'énergie. En quelques minutes, l'engin a sculpté une large cicatrice dans le paysage, un travail qui aurait pu prendre plusieurs heures pour un bulldozer. De plus, l'appareil a dû heurter le sol avec une vitesse élevée et un élan horizontal énorme. Il devait être extrêmement solide car il ne s'est pas brisé malgré cette libération d'énergie: Nous devons garder tous ces éléments à l'esprit lorsque nous commencerons à déchiffrer les paramètres physiques de l'affaire.
Ce n’était certainement pas un ballon météorologique, mais ce n’était pas non plus simplement un modèle basé sur une quelconque idée de tromperie, dans le cadre d’une hypothétique opération de contre-espionnage. La gouge dans la terre, l'augmentation de la température du sol, les plantes en feu, la fumée persistante et le fait que l'objet a conservé son intégrité pendant cet événement catastrophique, tout cela montre que les deux garçons ont été les témoins d’une chose bien réelle: un véhicule très solide d'un type et d'une fonction inconnus.
Une autre preuve que l'accident s'est produit tel que les enfants le décrivent provient de l'équipage d'un B-29 en mission d'entraînement survolant Walnut Creek, qui a déclaré avoir vu de la fumée: ils pensaient qu'un avion avait peut-être heurté la tour Marconi avant de s'écraser.
Paola est revenue sur le souvenir du son par Rémé:
Paola: (Était-ce) le même son que lorsque la bombe a explosé?
Rémé: Semblable au son lorsque la bombe a explosé, et c’était encore frais dans nos esprits. Lorsque la bombe a explosé, José et sa mère s’étaient levés tôt le matin. La bombe a explosé après que son père soit parti travailler. La mère de José a regardé le flash à travers la fissure dans le montant de la porte et à la suite de l'exposition, elle a perdu la vue dans cet œil. Selon José, ils ont ressenti la chaleur intense et le tremblement du sol.
Paola: Donc le son était familier ...
Rémé: Très familier. Ils étaient plus proches de l'explosion de la bombe que moi. Mon lit s'est écrasé contre le mur et il m'a fait rebondir en-dehors; ma mère s'est levée et a essayé de m’expliquer que c'était probablement la tempête qui causait tout cela.
Paola: Pour en revenir à l'histoire, vous avez entendu ce son… Et vous rappelez-vous quelle heure il était?
Rémé: Je n’avais pas de montre. Probablement quatre ou cinq heures de l'après-midi, peut-être plus tard.
Paola: Je demande çà parce que vous pouvez voir ce que vous regardez, il ne fait pas encore noir.
Rémé: Non, il ne fait pas noir. Mais en regardant cette route en pente, il y a beaucoup de fumée. Nous nous sommes donc retirés là où nous pouvions prendre l'air et boire un peu d’eau de la cantine et en quelque sorte rassembler nos idées et essayer de comprendre de quoi il s'agit. J'ai demandé à José: « Est-ce un avion qui est tombé ? » Je n’avais vu que des avions en l’air. Nous vivons dans une petite ville. Je ne vois pas beaucoup d’avions. José dit: « Je ne sais pas, peut-être que quelqu'un est blessé et peut-être que nous devons les aider. » J'ai dit « OK, d'accord, » et nous avons donc continué à essayer de nous rapprocher.
Paola: Par le chemin que la niveleuse avait laissé…
Rémé (la corrigeant): Le chemin que l'engin avait laissé. Cela ne va pas tout droit. Ça avance, et puis ça fait un virage à droite, comme un
« L. » Nous aurions pu voir quelque chose mais vous savez, il y a tellement de poussière dans l'air, et c'est humide à cause de la pluie, et puis une partie de cette végétation, cette broussaille huileuse brûle, donc la fumée entre dans nos yeux, c'est vraiment difficile à voir et à comprendre ce qu’il se passe.
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Arrêtons-nous à nouveau ici, car il est intéressant d’entendre les garçons décrire les buissons en feu. Il vient de pleuvoir fort, l'air est très humide, mais la créosote brûle, pas l'épave elle-même, bien que ce soit une hypothèse naturelle que lance Timothy Good dans son livre.
Maintenant, les deux garçons sont naturellement secoués: ils sont allés sur le terrain pour trouver une vache et soudain ils sont témoins d'un événement effrayant et complexe, un objet étrange tombant du ciel.
L'interview se poursuit:
Rémé: Nous sommes remontés et nous nous sommes reposés, puis nous sommes revenus, et José a sorti ses jumelles et commencé à chercher de quoi il s’agissait. Il m’a dit: « Tu sais, il y a quelque chose là-bas. Voyons si on peut se rapprocher. » Encore une fois, on essaie de se rapprocher et finalement ça commence à s'éclaircir un peu. Le temps semble passer très vite. Nous regardons à travers les jumelles et je peux voir le trou sur le côté de cet objet. L'objet est en forme d'avocat.
Paola: C'est donc un objet rond comme un avocat, et vous pouvez voir qu'il y a un trou. À quelle distance diriez-vous que vous étiez de l'objet?
Rémé: Je dirais environ quelques centaines de pieds. (Quelques dizaines de mètres)
Paola: Et puis vous avez vu l'intérieur du trou depuis quelques centaines de pieds?
Rémé: Non, pas l'intérieur du trou. José dit: « Regarde ça! » Alors je regardais à travers les jumelles ces petites créatures qui allaient et venaient.
Paola: Allaient-elles vraiment vite?
Rémé: C’était comme si elles glissaient.
Paola: Elles glissaient…
Rémé: Pas vraiment un glissement, mais plutôt un transfert d'un endroit à un autre par la volonté. Ce type de glissement. Et pendant que je regarde cela, des choses ont commencé à arriver dans mon esprit.
Paola: Oh, vraiment ...
Rémé: Je les vois et je ressens ce truc fou, comme si je me sentais vraiment désolé pour elles.
Paola: Euh, hm…
Rémé: Je suis vraiment triste, comme si c'étaient des enfants aussi.
Paola: Et vous aviez un souci pour eux? Et vous pensez… avez-vous ressenti quelque chose à cause de l'accident?
Rémé: Oui, je pense que oui : j'entends ce son aigu qui vient d’eux. Nous ne savions pas quoi penser. Les seuls sons aigus que nous connaissions étaient ceux des lapins quand ils ont mal, et aussi le son d'un nouveau-né quand il pleure.
Paola: Je trouve cela intéressant. Alors vous avez entendu ce même son….
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Jusque-là, l’enregistrement de Paola décrit deux garçons curieux réagissant à ce qui ressemble à un accident. Ils se rapprochent dans un effort pour résoudre leur confusion bien compréhensible devant ce qu'ils trouvent. Dans l’atmosphère de l’époque, où les histoires de soldats tués, d’incidents mortels et d’avions en difficulté étaient courantes, la tâche principale était de porter secours si vous étiez le premier sur les lieux, à des kilomètres de tout support.
Rémé confirme à Paola que la situation était émouvante, mais quelque chose d'autre lui vient alors à l'esprit, au-delà de la réalisation qu'ils viennent d’assister à un accident d'avion:
« Ensuite, nous avons vu ces images, dans nos têtes, » dit-il.
Surprise, elle lui demande de répéter cette déclaration, et il confirme qu'il y avait comme des photos, ajoutant: « Je ne savais pas ce que c'était. Je me souviens de ce qu’elles étaient, j’avais des photos, mais je ne savais pas ce qu’elles signifiaient à l’époque, et je ne le sais toujours pas. Ils ont dû savoir que nous étions là. »
Cette déclaration est importante, car elle marque le premier exemple d'une sorte d'interaction entre le phénomène et ses témoins qui est fondamentale pour notre compréhension éventuelle du problème des OVNIs en général: Les témoins font partie intégrante de l'événement.
Paola: Pouvaient-ils te voir, si jamais ils regardaient dehors? Je veux dire…
Rémé: Je ne sais pas.
Paola: Mais je veux dire, il y avait un trou… s'ils levaient les yeux, pourraient-ils voir ces deux garçons?
Rémé: Oui, je suis sûr qu’ils le pouvaient, s’ils pouvaient voir.
Paola: C'était à peu près 200 pieds… (Soixante mètres)
Rémé: Oui, c'était à environ 200 pieds de nous. Cependant, il y avait de la fumée et de la poussière, donc ce n’était pas très clair.
Paola: Alors qu'est-ce que vous avez fait les garçpns, vous vous êtes enfuis?
Rémé: Nous les avons regardés et maintenant il commençait à faire nuit, et nous avons fait une longue randonnée pour rejoindre les chevaux et retourner au ranch. Mais José veut entrer dans l’objet, et moi pas.
Paola: Il voulait entrer dans le vaisseau? José voulait entrer?
Rémé: Et je dis, « José, qu'est-ce que c'est? » Sa réponse est « Je ne sais pas. » « D'accord. Si tu ne sais pas ce que c’est, je n’y vais pas. Il n'y a pas moyen. Je veux aller à la maison. Je ne veux pas entrer. Tu dois y aller seul. Je rentre à la maison, Je te rencontrerai au ranch. » Et il dit: « Eh bien alors, regardons un peu; tu sais, peut-être que t’as raison. Je ne sais pas ce qu’ils sont. Ils ressemblent un peu à des enfants, des enfants très étranges. »
José a vu les êtres et maintenant il est désemparé. Il se rend compte que c'est peut-être trop étrange pour Rémé, sept ans, et il lui cède, bien que laissé à lui-même, sa curiosité l’aurait probablement conduit tout droit vers l'engin.
« Alors vous avez eu toute une conversation à ce sujet? » demande Paola, et Rémé se souvient: « Oh, oui! » Et alors José dit: « Bon d’accord, regardons juste un peu plus longtemps, puis nous devrons rentrer à la maison. Ta mère est probablement inquiète, il se fait tard, et je suis sûr que papa est inquiet… »
La réalité de la maison et de la famille se réaffirme, et devient la raison de quitter les lieux, une décision critique sur laquelle nous reviendrons plus tard, quand Paola parlera à José en personne et obtiendra sa version des faits. Mais le devoir des enfants envers leurs parents l'emporte à la fin, et ils rentrent chez eux.
Paola: Puis-je vous demander si vous et José avez eu une conversation sur ce que vous avez vu, pendant toutes ces années?
Rémé: José a quitté San Antonio en 1954 et je suis parti en 1955. Pendant les années où nous étions là-bas, oui, nous en avons parlé. De 1955 à 2002, nous n'avons eu aucun contact. Depuis 2002, nous comparons nos notes.
Paola: Vous avez comparé les notes? Et se souvient-il des choses?
Rémé: Mieux que moi. Il a un esprit photographique. Il a commencé l'école à l'âge de quatre ans.
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C’était la fin du premier jour, le jour de l'accident. Ils n'avaient pas tenté de pénétrer à l'intérieur de l'objet à ce moment-là. Les deux garçons ont convenu qu'il était plus sage de rentrer à la maison « parce qu'il se faisait tard. » Alors ils ont descendu la pente, sont remontés sur les chevaux et sont partis.
« Il faisait noir à ce moment-là, et il faisait très noir au moment où nous sommes arrivés au ranch, » se souvient Rémé. « Et le père de José nous attendait, il était inquiet. Nous sommes donc entrés, et José lui a raconté l'histoire de la vache puis il a commencé à lui parler de l'accident; et je lui ai aussi dit ce que j'avais vu, et alors son père a dit: « Eh bien, la première chose que nous devons faire est de vous ramener à la maison. Cela appartient probablement au gouvernement, c'est probablement cela. Nous devons, peut-être, rester à l’écart. »
Et alors ils m'ont ramené à la maison, j'ai laissé mon cheval là-bas et ils s'en sont occupés. Ils m'ont ramené à la maison et Faustino a eu une longue conversation avec ma mère au sujet de l'objet que nous avions découvert sur le ranch de Padilla. Faustino a souligné que cela pourrait mettre son emploi en danger, puisque mon père travaillait pour le gouvernement. »
À ce stade de l’enregistrement, il y a un autre échange entre Paola et Rémé au sujet de la taille de l'objet, que les deux enfants mesurèrent « en l’arpentant » lorsqu'ils revinrent sur le site les jours suivants. José Padilla, qui a inspecté l'engin ovoïde du mieux qu'il le pouvait sans être détecté, a déclaré qu'il mesurait environ 8 à 9 mètres de long et 4,3 mètres de haut, ce qu'il savait « parce que les chevrons d'une maison mesurent 4,3 mètres de haut. »
Pas mal pensé pour un gamin de neuf ans.
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CHAPITRE TROIS
LE RANCH PADILLA
Du 18 au 25 Août 1945
Maintenant nous sommes au troisième jour, le samedi 18 août, et deux hommes, à savoir le père de José et un policier de l'État, sont sur le point de monter à bord du véhicule accidenté venu d'Ailleurs. Il ne s'était pas passé grand-chose la veille, car les enfants avaient été tenus à l'écart par Faustino, le père de José, qui avait besoin d'aide à la maison pour les tâches de jardinage. José et Rémé ne sont donc revenus sur le site que le samedi, conduisant le camion familial pour guider Faustino et l'officier à l'endroit où se trouvait l’engin.
À ce moment-là, à savoir le troisième jour, comme Rémé Baca l'a dit à Paola lors de la poursuite de leur entretien, « José est venu me chercher, et je suis retourné chez lui avec lui, et là nous avons rencontré Eddie Apodaca, un policier de l’État, et ami de la famille. Faustino lui avait demandé de nous accompagner sur le lieu du crash. Ils sont montés dans la voiture de police et nous avons pris la camionnette. Nous avons roulé aussi loin que possible avec les véhicules et avons parcouru à pied le reste du chemin jusqu'au lieu de l'accident. Lorsque nous nous sommes approchés du site du crash, en regardant vers le bas de la colline, nous ne pouvions pas voir l'objet. »
Paola : Qu'est-ce que vous voulez dire ? Vous êtes-vous approchés très près du site du crash ?
Rémé : Il ne s’agit pas de terrain plat : il s’agit de collines, de canyons et d'arroyos. Debout au sommet de l’une d’elles, en regardant vers l'endroit où nous avions vu l'objet, il n'était plus visible pour nous, à ce moment-là. Aucune explication. Nous ne pouvions tout simplement pas le voir. C’était comme s’il était parti. José a dit « Eh bien, je ne sais pas ce qui se passe. »
Eddy et Faustino m’ont dit : « Qu’est-ce que tu as dit avoir vu ? » Ma réponse a été : « C'est là-bas, mais on ne peut pas le voir. » Faustino a proposé : « Descendons et jetons un coup d'œil. » Nous avons commencé à descendre, et là nous l'avons vu. L'objet était recouvert de beaucoup de débris et j’ai demandé à Faustino : « Comment se fait-il que nous ne puissions pas le voir de là-haut ? » Il a répondu qu'il ne savait pas.
Paola : Vous dites que c'était presque invisible ?
Rémé : Je ne pouvais presque pas le voir. Ensuite, nous sommes arrivés en bas et ils ont dit « D'accord, vous restez ici, et nous allons y entrer. »
Rémé s'arrête là, comme intrigué par ses propres souvenirs, et Paola doit le relancer :
Paola : Alors, Rémé, ils sont entrés… Qu'est-ce qu'ils ont trouvé ?
Rémé : Ce qu'ils ont trouvé, ils ne nous l'ont pas dit. Tout ce que je sais, c'est qu'ils ont eu un changement complet d'attitude. Quand nous descendions la colline vers l'objet écrasé, ils doutaient beaucoup de nous.
Paola : Oui, je sais, je sais.
Rémé : Alors ils ont pénétré dans l’objet et nous sommes restés là, nous nous sommes assis et on les a observés. Et ils y étaient cinq ou dix minutes et ils sont sortis. Ils avaient changé ; un changement complet d'attitude. Ils étaient presque comme des personnes différentes. Ils avaient vu quelque chose qu'ils n'avaient jamais vu auparavant.
Qu'est-ce que les adultes ont vu à ce moment-là, qui a eu un impact si puissant sur eux ? Quoi qu'il en soit, l'intensité de la situation s'était élevée, ainsi que le besoin d’en garder un secret absolu. Sur l'enregistrement de Paola, Rémé continue :
Rémé : Ils sont sortis et ils ont dit : « D'accord. Voilà ce qui se passe. Je veux que vous écoutiez. C'est très difficile. Vous êtes sous serment. Tu n'en parles à personne, ni à ton frère, ni à ton cousin, ni à ta mère, ni à ton père, c'est notre affaire. Nous allons nous en occuper. Et la raison en est que vous pourriez avoir des ennuis. Nous voulons vous éviter des ennuis. » Nous avons donc accepté ces conditions et ils nous ont fait un grand discours, et nous les avons pris très au sérieux.
Paola : Mais est-ce qu'ils vous ont dit ce qu'ils avaient vu à l'intérieur ?
Remé : Non.
Paola : Ils ne l'ont jamais raconté ?
Rémé : Non. Ils n'ont pas dit ce qu'ils ont vu. (Note)
Paola : Ils n'ont pas... Mais ils n'ont vu aucune des créatures, parce qu'elles n'étaient pas là ?
Rémé : ça ne les concernait pas. Parce que nous leur avons posé des questions sur les créatures : « Où sont-elles, parce que nous ne pouvons pas les voir à travers ce grand trou ? » « Il n'y a pas de créatures là-bas, » ont-ils dit : « Eh bien, vous savez, peut-être qu'ils sont partis. Peut-être que quelqu'un les a pris. Peut-être…. »
Paola : Y avait-il des preuves que l'armée était venue, une preuve quelconque ?
Rémé : Une preuve ? Nous avons vu quelque chose comme des traces de balai, ou une marque de râteau, mais encore une fois, cela pouvait être un animal, ou un serpent qui ait fait ces marques.
Paola : Parce que logiquement, si les militaires avaient pris les créatures, ils auraient aussi dû montrer qu'ils avaient été là d'une manière ou d'une autre. Autrement dit, ils ont attendu au moins 24 heures avant de prendre l'engin ?
Rémé : Peut-être qu'ils ont laissé des traces qu'ils avaient été là, mais nous n'étions pas au courant.
Paola : Bon, avant de prendre l'engin ?
Rémé : Non, l'engin lui-même a mis plusieurs jours à sortir de là !
Paola : Combien de jours ?
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Note: Dans Born on the Edge of Ground Zéro, Rémé Baca écrit :
« Quand Apodaca et Faustino étaient à l’intérieur de l'objet, ils étaient toujours visibles pour nous. » (12)
Rémé : Oh, plusieurs jours. Premièrement, ils allaient apporter du matériel de construction pour la route, faire une nouvelle route et une nouvelle barrière, amener un camion avec une remorque surbaissée, construire un cadre sur la remorque, amener une grue et charger l'engin sur la semi-remorque…
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Maintenant, les enfants sont de retour à la maison en milieu d'après-midi, mais ils ont hâte de retourner sur le site. Il faut beaucoup de temps pour faire le trajet en passant par les routes, mais cela peut se faire en une demi-heure à cheval, en coupant à travers les collines. Cette fois, aucun adulte n'est avec eux. Et ils ont des excuses toutes prêtes, au cas où des questions seraient soulevées.
Paola : D'accord. Vous alliez y retourner…
Rémé : Nous travaillions dans cette zone : nous avons aussi vérifié cette clôture. Nous avions des clôtures à réparer et des poteaux de clôture à remplacer. Il y avait aussi du bétail avec des veaux là-bas.
Paola : Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
Rémé : Finalement, nous sommes arrivés là-bas, nous étions à cheval, venant d'une direction différente, du côté opposé de la crête. Nous avons vu des militaires ramasser des choses.
Paola : D'accord. Eh bien, c'est ce que je venais de vous demander : Comment saviez-vous que l'armée était là avant, vous avez dit que les créatures n'étaient pas là...
Rémé : L'armée n'était pas là tout le temps.
Paola : Mais les créatures étaient parties, donc je me demandais, les militaires devaient être là pour les prendre ?
Rémé : Nous n'avons pas vu les militaires les prendre. S'ils l'ont fait, c'était avant notre arrivée. Mais nous n'avons jamais pu vérifier l'engin, tout ce que nous avions à faire était de descendre et de récupérer quelques débris et de les jeter dans cette crevasse et nous avons essayé de les recouvrir de terre et de pierres. Après le départ des deux Jeeps, la nuit tombait déjà et nous devions rentrer à la maison.
Il faut noter que M. Padilla, lorsqu'il a été interviewé par nous, ne s'est rappelé que d’une seule Jeep à ce stade, pas deux. Il semble que l’équipe de l'armée envoyée pour récupérer l'engin soit venue de White Sands Proving Grounds à l'Est (voir la carte sur la figure 14). Le contingent militaire serait reparti vers l'Ouest sur l’ancienne route US-85, mais les enfants ne pouvaient pas le savoir à l'époque.
La conversation s'est poursuivie au sujet du matériel qu’ils avaient ramassé : « À quoi ressemblait ce matériel, que vous avez jeté dans la tranchée ? » a demandé Paola. Rémé répondit : « Un peu comme ce morceau que je tiens dans ma main. » (Remarque : une feuille de papier métallique).
Paola (prenant le papier métallique) : C'était comme ça ?
Rémé : C'était dur. Le premier jour, j'avais obtenu un morceau de ce type de papier d'aluminium et je l'avais montré à José. Cela m'a rappelé celle qui enveloppait les cigarettes Philip Morris que ma mère fumait. Je l'ai pris et je l'ai mis dans ma poche...
Paola : Qu'est-il arrivé à ça ?
Rémé : Je l'ai utilisé pour réparer le cylindre du moulin à vent.
Dans une conversation ultérieure, Rémé décrivit ce morceau de papier d'aluminium : « Il mesurait environ 15 cm de large et presque 40 cm de long. »
Tout peut tôt ou tard être utilisé dans une ferme: les enfants ont récupéré le métal de l'engin inconnu pour fixer la goupille de secours du puits de la propriété de Faustino, et ils n'y ont plus jamais pensé pendant plus de cinquante ans, jusqu'à ce que la recherche les ait réunis.
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Sur la cassette de Paola, l'interview se poursuit, centrée sur les événements du quatrième jour, le dimanche 19 août.
Rémé se souvient que José est venu chez lui : « Nous avons rassemblé des piments, des poivrons verts, des tomates, parce que nous avions un potager et eux n'en avaient pas, et nous avons rempli quelques sacs de légumes et nous en avons apporté un chez lui. Nous sommes arrivés par la porte de derrière. Et quand nous sommes entrés, il y avait un véhicule militaire devant la maison ; il y a un soldat là à la porte moustiquaire en train de parler à son père, alors nous contournons par l'arrière et nous traversons la cuisine pour les rejoindre. Faustino dit: « Entrez, les gars. » Nous l'avons donc rejoint et il parle à un Latino, le sergent R. Avila, et il l'a invité à entrer.
Le sergent Avila dit : « Je suis ici pour l'armée américaine et ce que je dois faire, c'est obtenir votre permission pour entrer couper la clôture et installer un portail, car nous avons un de nos ballons météorologiques expérimentaux qui est tombé par inadvertance sur votre propriété. »
Paola (riant) : Il a appelé ça un ballon météo ? Ces mots-là?
Rémé : Un ballon météo expérimental ! Et donc, « nous devons récupérer cela, nous avons donc besoin d'une autorisation pour le faire. » Alors son père a dit : « Pourquoi ne pas entrer par la garde du bétail comme tout le monde, au lieu de couper ma clôture ? » Et Avila a dit, « parce que l'équipement que nous allons amener est plus large que votre garde du bétail, il ne passera pas par-là. » Il dit: « En attendant, vous avez un portail qui se verrouille et il nous faut une clé pour entrer couper cette clôture, et mettre une porte. »
Il poursuit : « Nous allons installer une bonne porte pour vous. Et puis nous devons apporter du matériel de construction de routes, des niveleuses et ainsi de suite et voir si nous pouvons aplanir une route pour y faire entrer un camion et sortir de là ce ballon météo. »
Alors finalement, le père de José dit : « D'accord. » Ils parlaient tous les deux principalement en espagnol. Il dit: « D'accord, allez-y et faites-le. » Et Avila dit: « Gardez un œil sur l'endroit et assurez-vous que personne n'y va, parce que vous savez, c'est vraiment important, nous ne donnons pas d’information à qui que ce soit. Nous ne voulons pas causer de problèmes aux gens, alors essayez de garder un œil dessus, afin que ceux qui n'ont rien à faire là-bas n'y aillent pas. Faustino a dit, « OK, » et le sergent Avila est parti, et c'est à ce moment-là qu'ils ont officiellement commencé le processus de préparation de la zone pour enlever l'objet.
D'après le témoignage séparé de José, la construction de la barrière et de la nouvelle route aurait pu commencer le lundi 20 août, bien qu'il ait fallu quelques jours pour construire un chemin de terre suffisamment solide pour contenir en toute sécurité un véhicule à dix-huit roues transportant un soi-disant « ballon météo expérimental » qui pesait plusieurs tonnes...
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Rémé a également dit à Paola que « la récupération n'était pas comme ce qu’on voit maintenant dans les films sur les ovnis, avec des gens en uniforme tombant en rappel des d'hélicoptères, et tout aseptisé. Rien de tel! »
Paola était surprise : ils ne portaient pas de vêtements de protection… ?
Rémé : Ils portaient des treillis ordinaires, ils ont monté une tente, une radio jouait de la musique, de la « Country Music. »
Paola : Vous les regardiez, alors ?
Rémé : Oui, nous les regardions, aussi souvent que nous le pouvions, parfois le matin et parfois le soir. C'était notre travail, de vérifier et d'entretenir les clôtures, de suivre le troupeau, y compris les chevaux. Nous pouvions entendre la musique de la radio. Il y avait un gars près de la tente et deux ou trois autres qui travaillaient à ramasser les débris. Ils amènent ce semi-remorque, ils ont un soudeur, un soudeur à l'acétylène, et ils construisent ce support pour qu'ils puissent y mettre l'engin parce qu'il doit être penché sur le côté. Ensuite, nous avons compris qu'ils faisaient cela, parce qu’ils devaient le passer sous le viaduc à un angle de quarante-cinq degrés pour le dégager.
Paola : Ils l'ont attaché ou mis une bâche dessus ?
Rémé : Oui, ils ont mis une bâche dessus.
Paola : Et ils l’ont attaché ?….
Rémé : Ces soldats étaient des jeunes, et ils allaient souvent à l’Owl Bar & Café.
Paola : C'était le Bar de la Chouette… ?
Rémé : L’Owl Bar & Café, géré par Estanislado Miera. Sur le parking, il y avait un panier de basket où nous pouvions jouer. Ils avaient ce qu'ils appelaient une « Fontaine, » une fontaine à soda, et ils vendaient des glaces et des shakes, de la nourriture. Ils avaient aussi un juke-box. C'est là que les soldats allaient socialiser. Parfois, Estanislado sortait et nous demandait de venir, on l’aidait à hacher la viande pour les hamburgers, à laver la vaisselle, et à nettoyer l'endroit.
Paola : Et donc les gars sont allés là-bas ?
Rémé : Eh oui, c'est là qu'ils sont allés déjeuner, c'est là qu'ils sont allés dîner.
Paola : Et vous les avez vus ramasser des débris au site du crash ?
Remé : Oui...
Pour moi, en lisant ceci au XXIe siècle, le récit de Rémé semble presque trop simple, trop terre-à-terre. Un objet extraordinaire tombe du ciel sur cette pente isolée ; les militaires ne sont pas préparés à y faire face, alors ils improvisent : ils envoient un groupe de jeunes recrues qui s'en moquent et en quelques jours ils nettoient le site, ramassent ce qu'ils peuvent de l’étrange matériel éparpillé par le choc, et apportent une grue pour évacuer l'objet dans les plus brefs délais. Aucune des précautions dont nous serons témoins dans les efforts ultérieurs de récupération d'OVNI ou dans les films de Spielberg, avec un équipement désinfecté et des équipages en combinaison spéciale contre les risques bactériologiques, n'est mentionnée à San Antonio en 1945. On n'y pense même pas.
Les soldats vont et viennent, ils mangent au restaurant voisin pendant que les enfants, sans surveillance, ramassent des objets sur le flanc de la colline et en gardent des morceaux pour jouer plus tard : Il y a de la toile d'araignée brillante, des cheveux d'ange, maintenant glorifiés en appelant cela « fibre optique » : c'est une curiosité. Et la bande de métal aux propriétés étranges est utilisée à bon escient dans les années qui suivent, lorsque la famille doit réparer un moulin à vent. Mais tout cela a du sens.
Bien sûr, c’est comme cela que cela devait se passer : personne ne pouvait être préparé à un tel événement. Rémé et José agissent sous l'impulsion du moment, surveillant tout, attendant l'occasion de saisir une preuve, un objet qui pourrait être utile, ou un jouet, ou un bibelot.
L'opportunité se présente quand la récupération est arrivée à son terme. En utilisant leur nouvelle route, l'armée est arrivée avec un gros camion et ils ont apporté une grue qui, connaissant la taille de l'objet, devait mesurer 6 ou 7 mètres de haut. Sur la bande, Rémé dit à Paola que le dernier jour, il les a vus soulever l'engin et le traîner sur la semi-remorque.
Paola : Est-ce qu'ils vous ont vus ?
Rémé : Je ne sais pas s'ils nous ont vus, ni s'ils s'en souciaient.
Paola : Autrement dit, vous faisiez partie du décor…
Rémé : Eh bien, vous savez, ils ne nous cherchaient pas, et il y avait de la végétation sur le flanc des collines et nous n'étions pas très grands, donc c'était facile pour nous de nous cacher.
Paola : Mais vous n’êtes pas allés leur parler, ou quoi que ce soit ?
Rémé : Oh, on leur parlait parfois au café, mais pas beaucoup, parce qu'on n'avait rien en commun. Le travail qu'ils faisaient ne leur semblait pas si important. Cela ne leur paraissait pas grand-chose. Nous pensons que personne n'était au courant de l'importance de cet objet, certainement pas nous. Des années plus tard, un des soldats a épousé la cousine de José.
Paola : Vous venez de dire que l'un d'eux a épousé la cousine de José, et la question évidente que tout le monde se poserait… Est-ce que ce militaire qui a épousé la cousine de José a parlé de l’incident ?
Rémé : Avec José, non. Mais avec le père de José.
Paola : Avec le père de José ? Ce militaire l'a fait. Vous souvenez-vous de ce qui a été dit ?
Rémé : Je n'étais pas là. Mais José le saurait. D'après ce que j'ai compris, au fil des ans, il est devenu de moins en moins convaincu qu'il s'agissait d'un ballon météo... Il faisait juste son travail, ramassant les débris, impatient de terminer sa mission et de rentrer chez lui. La guerre était terminée et de nombreux soldats avaient été confinés sur Stallion Site au cours des 90 derniers jours.
Paola : Il ne savait pas ? Donc, son travail était juste de faire de la récupération. Mais il pensait que ce n'était pas un ballon météo… Alors, vous les gars, vous étiez à la fontaine à sodas, et alors que s’est-il passé ?
Rémé : On allait là-bas, on achetait un Coca, on écoutait la musique…
Bien sûr, c’est ce qu'ils faisaient ! Le célèbre crash de Roswell et l'observation de Kenneth Arnold, ainsi que toute l’effervescence de la presse américaine, n’auraient lieu que deux ans plus tard. Le terme de "soucoupe volante" ne faisait pas partie du vocabulaire et de toute façon, cet engin n'était pas un disque. Aucun média ne l’a mentionné. Aucun rapport n'a été fait, sauf au quartier général de White Sands. Pour José et Rémé, pris au milieu d'une opération militaire très ciblée qui était complexe, unique, secrète et évidemment improvisée, c'était juste une aventure personnelle étrange.
Et pourtant, les enfants ont fait bien plus qu'écouter Bing Crosby ou les Andrew Sisters sur le juke-box café, chantant Don't fence me in, ou Doris Day dans Sentimental Journey...
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Après ces journées de travail sur le site, l'engin fut incliné sur le côté en toute sécurité pour ne pas heurter le pont, recouvert d'une bâche bleu clair attachée aux côtés de la plate-forme de la semi-remorque. Les soldats étaient prêts à l’emporter vers le terrain d’essais de White Sands. Le détachement de l'armée allait donc quitter les lieux au plus tôt le jeudi 23 août ou, plus vraisemblablement, le samedi 25 août. (Note)
Lorsque Paola l’interroge sur les événements de ce dernier jour, Rémé répond : « Il semblait que les gars ne savaient même pas que nous existions. Ils étaient prévisibles. Nous l'avions assez bien compris, et ce dernier jour, José est venu me chercher et nous sommes allés sur le site, assis dans les broussailles où ils ne peuvent pas nous voir. Nous les regardons conduire le camion à l'extérieur de la barrière et ils ont bien attaché la bâche. José a dit: « Je crois qu'ils vont l’emmener ce soir. » J'ai dit « Ouais, que dirais-tu d'un souvenir? »
Paola (surprise) : Vous avez dit ça ?
Remé : Oui. Pendant la guerre, nous avons perdu tant de parents qu'il n'était pas rare d'avoir quelque chose pour se souvenir d'eux lorsque nous faisions nos prières. Parce que quand ils sont morts à la guerre, ils ne sont jamais revenus. Ils ont apporté un cercueil en plomb et quelques gardes avec, et ils les ont enterrés. José a dit : « Descendons et attendons un peu jusqu'à ce qu'ils partent, et puis nous irons là-bas. » Nous avons attendu un moment puis tout le monde est parti, ils avaient ces camionnettes militaires, et ils sont partis.
Donc nous savons où ils vont, et ils seront partis un certain temps. Nous nous sommes frayé un chemin là-haut, et là où se trouvait la crevasse, ils avaient passé la niveleuse, donc personne ne saurait même qu'une crevasse avait existé. Ensuite, nous sommes passés à l'extérieur de la clôture, vers l'arrière du camion et nous avons mesuré l’objet. Si on faisait un pas assez grand, il mesurait à peu près 90 centimètres.
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Note : Sur le site Web d'Amazon.com, un homme du nom de Bill Brothy a fourni le commentaire suivant :
« Le groupe de bombardiers B-29 de mon père, le 231ème de l’Alamogordo Army Air Force au Nouveau-Mexique, a récupéré ce vaisseau spatial du 15 au 17 août 1945. »
En réalité, comme nous l'avons vu, l'objet a dû rester sur le site un peu plus longtemps, bien qu'en effet Brothy, Sr. ait pu sécuriser le site le 17 août si son commandant, le général Maurice Arthur Preston, l'a laissé en charge jusqu'au lendemain, lorsque le colonel de l'armée Turner a pris le relais. Mais le détachement vu par Rémé et José ne semble pas être une équipe d'aviateurs, et l'objet n'a pu être évacué qu'une semaine plus tard.
Peut-être que c’était approximatif, mais ce sont les mesures que nous avions, 8 à 9 mètres de long et environ 4,3 mètres de haut. Et puis nous avons regardé la partie inférieure de l'engin, car nous ne l’avions pas vue, elle était cachée. Alors maintenant, nous voyons l'ensemble. Mon gars, cette chose est un monstre, c'est gros ! Maintenant, nous pouvons voir le dessous. Et en dessous, il y a comme trois petites échancrures, des petites rainures en dessous, de chaque côté. (…) Et alors, José retire une partie de la bâche, exposant l'ouverture sur le côté de l'engin, pendant que je tiens la bâche ouverte. José grimpe dans l’ouverture.
Paola : Il est entré dans l’ouverture ?
Rémé : Oui, et j'étais partiellement à l'intérieur aussi, tenant la bâche, laissant entrer la lumière. Pour commencer, il n'y a rien là-dedans.
Paola : Mais il pouvait en voir la forme ? Par exemple, s'il y avait plusieurs morceaux? Était-ce lisse tout autour? S'il y avait des panneaux, s'il y en avait… essayez de m’expliquer !
Rémé : José a dit qu'il y avait… comme des rainures tous les quelques pieds.
Paola : A-t-il vu des panneaux, comme des panneaux de contrôle ?
Rémé : Non. Il a vu un seul panneau, comme un grand panneau. Nous parlons, peut-être d'environ 75 centimètres.
Paola : C'était fixé au mur, ce panneau ?
Rémé : À la cloison, peut-être la paroi arrière.
Paola : C'était le panneau qui est à l'intérieur, comme vous avez dit, de la cloison. Mais c'est contre le mur, ce panneau. Non? C'est attaché à la cloison?
Rémé : Oui, à la cloison. Qui serait le mur du fond, pour nous.
Paola : Alors à quelle vitesse a-t-il pu retirer cette chose? Je veux dire, est-ce qu'il a réussi ?
Rémé : Il a essayé de l’ébranler et il n'a pas pu, alors nous sommes allés chercher un levier à l'avant de la semi-remorque… Quelque chose comme une barre à mine, ça s'appelle une « barre de triche » dans l'industrie du camionnage, on s’en sert pour tester la sécurité des chaînes qui maintiennent le chargement.
Paola : Vous avez décrit les attaches, et à quoi elles ressemblaient…
Rémé : Oui, des attaches à sens unique. Elles vont dans un sens et elles ne peuvent pas sortir. C'étaient des attaches dentelées qui se trouvaient à l'intérieur des trous, et c'est ce qui retenait cette pièce de support au panneau qui se trouvait sur la cloison (le mur arrière). Les attaches étaient jaunes…
Paola : Les attaches étaient jaunes. Avez-vous vu d'autres choses colorées là-dedans?
Rémé: Des mèches de couleur argentée que je comparerais à des cheveux d'ange. Pas de sièges ou quoi que ce soit, rien… ça a dû être nettoyé, ou peut-être qu'il n'y en avait pas. Je ne pouvais voir aucun instrument, comme des jauges, des cadrans, un volant, des pédales de frein, rien de tel.
Paola : C'était gris, à l'intérieur ?
Rémé : Une partie de ce vaisseau était plus sombre sur la partie inférieure que sur la partie supérieure, d'un gris plus clair.
Paola : Est-ce qu'il est sorti de là en courant ? Pensait-il qu'ils allaient le découvrir ? Ou bien, étiez-vous tranquilles parce que vous saviez où se trouvaient les militaires, et qu'ils allaient prendre leur temps, alors vous avez juste pris votre temps aussi?
Rémé : Nous avons essayé de nous dépêcher, nous avions peur d'être découverts. Relaxé? Vous plaisantez ! Je ne me suis pas détendu depuis !
Paola : C'est du métal assez lourd, cependant… pas vraiment ? Cela ressemblait-il à un métal terrestre? Vous ne pouviez pas le savoir ! Mais la pièce comme le paquet de Phillip Morris était différente. D'où vient-elle?
Rémé : Quand il s'est écrasé et que nous sommes allés pour la première fois sur le site du crash, il y avait des morceaux de matériel qui ressemblaient à des cheveux d'ange. On l’a utilisé à cette époque-là, lorsque les gens n'avaient pas d'électricité, pour décorer leurs arbres de Noël. Le matériel était semblable à des cheveux d'ange. J'ai aussi trouvé un morceau de métal brillant.
Paola : Y avait-il des poutres en « I » ?
Rémé : Je n'aurais pas su à quoi ressemblait une poutre en « I. »
Paola : Vous n'avez pas vu de poutres structurelles ?
Rémé : Pas que je me souvienne.
Paola : Alors vous vouliez un morceau de métal…
Rémé : … et nous l'avons pris.
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Une fois cette partie de la découverte clarifiée, une question majeure restait : qu'était-il arrivé aux créatures que les deux garçons avaient vues après l'accident ? A quoi ressemblaient-elles? Étaient-elles humaines ? Et si elles n'étaient pas humaines, que pourrions-nous en apprendre ?
Paola a ramené la discussion au tout-premier après-midi pendant la tempête, lorsque l'objet s'est enfoncé dans la colline et s'est immobilisé avec une grande entaille ouverte et plusieurs créatures en détresse évidente à l'intérieur de l'engin endommagé.
Paola : Avez-vous déjà discuté tous les deux, quand vous étiez enfants... Avez-vous déjà discuté des êtres ?
Remé : Oui. Leurs têtes étaient comparables à celles d'une « campamocha. » C'est ce que nous avons vu.
Paola : Comment ça, vous les avez vus et ils ressemblaient à un insecte ?
Rémé : Oui, pour nous, au début, ils étaient moches. Leurs têtes ressemblaient à une campamocha.
Paola : Pouvez-vous le dire en anglais ?
Rémé : La traduction la plus proche serait comme… un insecte, une mante religieuse.
Paola : Oh, ça aurait été…
Rémé : De grands yeux globuleux… vous savez. Tout le monde les appelle des « Gris, » je suppose, mais je n'ai pas vu de Gris, donc je ne sais pas.
Paola : Mais ça aurait pu être tout autre chose…
Rémé : Ils avaient de grands yeux globuleux, nous ne savons pas s'ils mesuraient exactement 1,20 m, ce n'est qu'une estimation. 1,20 mètre de haut, avec des bras minces, fins comme des aiguilles.
Paola : Je ne comprends pas, pour « aiguille mince » ?
Rémé : Je ne sais pas combien de doigts.
Paola : Mais je veux dire, ils semblaient planer ? Portaient-ils des tenues ou...?
Rémé : Eh bien, soit ils portaient des combinaisons très serrées, soit leur peau était très serrée. Paola : De quelle couleur, toujours grise, la combinaison ?
Rémé : Oui, gris clair.
Paola : Et la tête était assez grosse ? Je veux dire, proportionnellement ?
Rémé (nerveux) : La tête semblait assez grosse et ressemblait à celle d’une campamocha.
Paola : D'accord, c'est bon...
Rémé : Pas comme on dit…
Paola : Non, non, je comprends. Non, non, non, parce que j'ai déjà entendu ça. C'est bon.
Rémé : Si vous en voyez (une illustration) … je vais devoir en prendre une photo…, mais « campamocha » le décrit bien.
Paola : Et vous avez dit qu'ils glissaient, au lieu de marcher ou de courir. Ils « semblaient » glisser.
Rémé : On dirait qu'ils glissaient. Comme si leur simple volonté les déplaçait d'un endroit à un autre.
Paola : Mais vous saviez quelque chose, ils ont dû se connecter avec vous à un moment donné. Vous avez dit que vous aviez des images dans la tête.
Rémé : Oui, j'en suis sûr.
Paola : Vous savez, je ne verrais pas les yeux si les yeux ne me regardaient pas.
Rémé : José et moi regardions l'engin à travers une paire de jumelles, nous nous relayions. Ils regardaient, mais nous ne pouvions pas les regarder directement dans les yeux, je m'en souviens, c'est assez loin, je sais, mais ce que nous ressentions c’était ce pur chagrin. Nous nous sentions vraiment désolés pour eux, parce que nous pouvions ressentir leur douleur. Ils semblaient être comme nous, des enfants.
Paola : Ah, d'accord. C'était certainement intéressant.
Rémé, je n'ai pas de mots pour ça, pour comparer quelque chose comme ça ! Ils semblaient avoir été blessés.
Paola : Ils ont été blessés. (…)
En écoutant à nouveau cette partie du dialogue de Paola avec notre premier témoin, légèrement modifiée pour plus de clarté et en partie résumée ici, je pense qu'elle met en évidence plusieurs faits remarquables, dont le moindre n'est pas la forte émotion de Rémé. Il s'en souvient si vivement, soixante-dix ans plus tard, que Paola doit le rassurer : « Ça va bien... » dit-elle.
Mais ça ne va pas du tout. Et nous verrons dans les chapitres suivants que ça ne va pas bien pour José non plus. Et ça n'allait pas bien pour Faustino et le policier lorsqu'ils sont entrés pour la première fois à l'intérieur et sont sortis de l'engin submergés par une forte émotion. Tout cela est réel : il ne s'agit pas de la simple observation d'un véhicule accidenté. Il ne s'agit pas non plus de reconstituer une scène quelques jours plus tard, comme à Roswell : nous avons deux témoins sur place lors de l'accident, et deux adultes visitant l'engin et pénétrant à l'intérieur moins de quarante-huit heures plus tard.
Dans une description extraordinaire de ses émotions, Rémé rappelle que l'angoisse des petites créatures semblait se transmettre à lui. Lorsque l'engin avait traversé le paysage et s'était enfoncé dans la colline, déclenchant une augmentation de la température, accompagnée de brouillard et de fumée, le temps lui-même avait semblé changer. Maintenant, les enfants « ressentent un pur chagrin, » comme si cette émotion accablante leur avait été communiquée par ces créatures non humaines, qui peuvent se déplacer d'un endroit à un autre, semble-t-il, en glissant instantanément, « mais leur ressemblent, à eux les enfants. »
Paola : Autre chose : vous et José… Avez-vous reparlé d'eux ?
Rémé : Oui, nous avons parlé d'eux, quand nous étions sûrs que personne d'autre n'était là.
Paola : Qu'a dit José à propos des êtres ? Je sais ce que vous avez ressenti pour eux. Qu'a-t-il dit à leur sujet ? Est-ce qu'il a ressenti la même chose que vous ?
Rémé : La même chose, oui. Se sentait-il désolé pour eux ? Pas autant que moi, mais il l'a ressenti.
Paola : Étiez-vous terrifiés quand vous les avez regardés, ou vouliez-vous vous rapprocher, ou est-ce qu'ils vous ont simplement dégoûtés, ou vous avez juste eu pitié d'eux, ou... ?
Rémé : Normalement, je serais désolé pour des amis, des parents s'il leur arrivait quelque chose comme cela. Mais je ne connaissais pas ces créatures. Nous étions curieux. C'étaient des étrangers, nous ne savions pas qui ils étaient, mais nous savions qu'ils étaient différents.
Paola : Ah, d'accord. Alors vous avez ressenti leur émotion.
Remé : C'est vrai.
Paola (réalisant les implications) : Oh, … vous avez ressenti leur émotion…
Rémé : Et donc ces sons, nous avons essayé de comprendre quels étaient les sons. Nous les leur avons attribués.
Paola : C'est probablement de là qu'ils venaient. Combien de temps pensez-vous que cette expérience a duré, quand vous étiez là ?
Rémé : Tout le temps qu'ils étaient là.
Paola : C'est-à-dire ?
Rémé : Probablement une demi-heure à 45 minutes.
Paola (abasourdie) : Vous êtes restés une demi-heure à 45 minutes en présence de ces êtres ? Vous n'aviez pas peur ?
Rémé : Nous avions peur, ouais.
Paola : Et vous êtes quand même restés …
Rémé : Nous n’avons pas bougé. José était aussi curieux que moi à propos des créatures, il voulait les aider. Oui, José a essayé de me convaincre d'entrer dans l'objet pour les aider, et là j'essaie de l'éviter, mais je suis aussi inquiet.
Paola : José allait y aller et...
Rémé : Nous ne savons pas ce qu'ils sont, qui ils sont ni ce qu'ils font là-bas. Je ne me sens pas à l’aise avec ce sujet-là…
Paola : Vous n'êtes pas tout à fait sûrs de ce que cette expérience a produit… Eh bien, je vois bien que vous pourriez être confus à propos de… c'est un long moment. Je veux dire, je pense que les gens ordinaires auraient peur et s'enfuiraient après les avoir vus, mais vous êtes restés…
Rémé : Quelque chose nous a retenus là.
Paola : Quelque chose vous a retenus. Parce que vous avez essayé de comprendre.
Rémé : Oui, j'essayais de comprendre. Alors finalement, nous avons dû partir, rentrer au ranch.
Il est intéressant de noter que Paola, intervieweuse toujours parfaite et impartiale, se retrouve ici obligée d’avancer sa propre explication de la sidération des enfants: « Vous essayiez de comprendre, » suggère-t-elle, offrant une raison rassurante de leur confusion. Et nous voyons Rémé, qui était clairement émotif quelques minutes auparavant, saisir cette opportunité de réconcilier ce long moment passé sur place avec José, à regarder les créatures en pleurant, avec ce qu’aurait fait une personne tout à fait normale confrontée à cette scène étrange :
« Oui, » dit-il, « on essayait de comprendre. »
Et c'est ce que nous essayons encore de faire ici, soixante-seize ans plus tard.
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CHAPITRE QUATRE
LES SECRETS SONT GARDES
En prenant de l’âge, José et Rémé, meilleurs amis à l'école, parlaient parfois de leur expérience en privé, mais ils étaient assez futés pour ne jamais l’évoquer devant d’autres personnes, même lorsque des observations d'OVNI importantes ont fait l'actualité mondiale, comme le cas de Kenneth Arnold en juin 1947, et surtout le crash de Roswell début juillet 1947, à quelque 190 kilomètres à l'est de Trinity, ou encore l'atterrissage de Socorro en avril 1964, à seulement 13 kilomètres au nord.
L'expression "Soucoupe volante" est finalement entrée dans la langue anglaise, mais les deux garçons, toujours méfiants des représailles des autorités, ont gardé leur terrible secret vis-à-vis de leurs amis, des journalistes et des ufologues indiscrets. D’ailleurs, ils n'avaient rien vu qui ressemble de près ou de loin à une « soucoupe. »
L'attitude de l'armée, rigide dans le secret extrême et dans les explications absurdes (« c'étaient des ballons sondes »), et le manque d'intérêt des scientifiques, se sont combinés pour créer une atmosphère où tout témoin intelligent comprenait la sagesse de se taire. C'est encore vrai aujourd'hui, en Europe et dans les Amériques. Bon nombre des cas les mieux documentés et les mieux observés ne sont pas signalés, sauf, occasionnellement, à quelques scientifiques de confiance connus pour avoir pris le risque de s’exposer.
Le 24 avril 1964, un officier de police de Socorro, Lonnie Zamora, a repéré un OVNI qui avait atterri dans un ravin, juste au nord du ranch Padilla. À ce moment-là, les deux garçons avaient grandi et pris des emplois en dehors de la région. Alors qu'il était encore au lycée, Rémé avait déménagé à Tacoma, dans l'État de Washington. José Padilla était revenu de Corée et était devenu officier de la Police de la Route à Rowland Heights, en Californie. Ils étaient pris par leur travail, ils élevaient des familles. Ils sont restés en-dehors des controverses médiatiques qui faisaient rage à propos des OVNIs.
Les scientifiques et le public en général ne se rendent sans doute pas compte que de nombreux témoins font de même aujourd'hui, même s'ils ont en leur possession ce qu'ils pensent être la preuve de la réalité d'un phénomène inconnu; ou, devrais-je dire, surtout s'ils ont un tel indice sous la forme d'un souvenir, dont la propriété réelle pourrait impliquer des entités inconnues.
José et Rémé n’étaient peut-être pas réellement propriétaires de ce qu'ils appelaient le « Trésor, » bien qu'il ait été trouvé sur des terres familiales, des terres indiennes, mais l'armée n'en avait pas non plus un droit très clair (Note), et les propriétaires d'origine, quels qu'ils soient, étrangers ou non, n'avaient fait aucun effort physique ou juridique pour le récupérer; le mieux était donc de se taire, comme les deux hommes l'ont rappelé plus tard dans leurs conversations avec Paola, qui a cherché à en reconstituer la chaîne de possession sur cet intervalle de plusieurs années.
Lorsqu'elle a demandé : « Alors vous avez la pièce, qui l'a gardée ? » La réponse de Rémé a été : « José l'a gardée pendant à peu près quelques jours, puis, après cela, il me l'a apportée et je l'ai cachée sous les planches du lieu de stockage de l'autre côté de la rue. José m'a dit que des soldats avaient contacté son père et voulaient la permission de fouiller dans sa remise à outils et dans sa maison, et il ne voulait pas causer d'ennuis à son père.
Paola : Et alors ?
Rémé : Les militaires sont allés dans le hangar de sa maison. Ils ont pris du métal, de vieux ballons météo qui s'étaient effondrés sur le
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Note : L'armée aurait été dans une position très délicate pour expliquer à un juge fédéral ce que faisait un support métallique en rotation à l'intérieur d'un « ballon météo expérimental » pesant plusieurs tonnes, dont ils ne pouvaient expliquer l'origine…
ranch et du matériel pour l’inscription des électeurs qu'il y avait stocké. Ensuite, le berger, un ami de longue date de mon père, est venu en ville pour conduire les moutons dans les parcs à bestiaux, où ils ont été gardés pendant la nuit et chargés dans des wagons le lendemain et expédiés. En fait, nous sommes allés avec lui dans les parcs à bestiaux, où ils campaient -- ils faisaient une si bonne soupe ! Et nous les avons rejoints pour le dîner, puis sommes rentrés à la maison.
Le lendemain, le berger a emménagé dans le bâtiment de débarras et a donné un jeune agneau à mon père. Lorsque José et moi avons retiré une pièce de cet appareil, notre souvenir, nous l'avions nommé « Tesoro. » Nous étions les seuls à connaître son nom. Traduit, cela signifie « Trésor. »
Paola : D'accord. Trésor.
Rémé : C'était donc notre Tesoro. Le berger vient à la maison un matin, alors que nous terminons le petit déjeuner. Mon père est à la maison en vacances et il n'est pas au courant de notre secret bien gardé. Le berger frappe à la porte, je réponds et il dit : « Je peux parler à ton père ? » « Certainement, entrez. » Papa dit : « Entre, Pedro, prenons une tasse de café; nous terminons juste notre petit-déjeuner. » Alors, nous sommes assis, nous finissons et Pedro dit: « Alejandro, tu sais, je vais devoir quitter cet endroit. » « Pourquoi donc? » « Eh bien, dit-il, vous savez, la nuit dernière, je dormais et je me suis réveillé. J'ai vu une lumière là-bas près du puits. Il y avait cette lumière et je…. » (Rémé hésite, ému)
Paola : D'accord. Il a vu une lumière près du puits…
Rémé : … près du puits, et il dit : « J'ai regardé par la fenêtre et alors, il y a ces trois bestioles dans ma chambre, alors que la porte est verrouillée… » Et alors il montra le sol : « … et ils disent : « Tesoro. »
Paola : Ah non ! Vous ne m'avez jamais raconté cette partie de l'histoire ! C'est incroyable! Oh mon dieu.…
Rémé : Et donc, ils pointent là. Et alors il répète: « Tesoro, il y a un trésor là-bas. » Et donc ces gars font ça, et Pedro dit : « J'ai mon fusil et je vais leur tirer dessus parce qu'ils n'ont rien à faire chez moi. Et donc j'ai pris mon fusil et ils sont partis. Mais vous savez quoi, ils ont traversé le mur ! Peux-tu le croire, Alejandro ? Mon cœur bat la chamade et je prie en silence, je ne veux pas avoir d'ennuis. »
Or mon père ne savait rien de l'expérience du ranch Padilla (avec la pièce de métal emportée- JV).
Paola : D'accord.
Rémé : Alors mon père a dit : « d'accord. » Il dit à mon frère aîné : « Dave, allons vérifier, apporte une pelle et un pied de biche. » Et donc il prend le pied de biche et défait les planches et il descend et dit: « Où ça?. ».. Et Pedro a pointé « Juste là. Au centre de la pièce. » Je prie en silence: « Oh, mon Dieu, j'espère qu'ils ne le trouveront pas. » Alors il creuse au centre, il ne trouve rien, et il creuse avec la pelle, et il n'y a rien. Il dit: « Il n'y a rien ici, » alors ils reclouent les planches, puis mon père dit: « Eh bien, cela n'arrivera probablement plus jamais. Ne t'en fais pas. Si c'est le cas, faites-le moi savoir et nous vérifierons à nouveau. » Donc tout le monde était content, et c'en était fini.
« J'ai vu José le lendemain au bureau de poste, et je lui ai dit : « Hé, tu dois venir chercher ce Tesoro, parce qu'il se passe trop de choses autour. » Alors il vient chercher le Tesoro et le ramène à la maison, et le met avec d'autres trucs sous sa maison. A cette époque, nous avions de l'espace sous les bâtiments, à cause des inondations. Alors José met le Tesoro dans des boîtes sous sa maison et c'est là qu'il est resté jusqu'en 1963, date à laquelle il est revenu après avoir déménagé en Californie. José avait déménagé en Californie à la fin de 1954. En 1963, il est retourné (au Nouveau-Mexique) pour réparer son moulin à vent car il avait acheté des pièces de moulin à vent d'occasion. Le gardien buvait beaucoup et José a eu du mal à le retrouver. José a décidé de ramener toutes les boîtes à la maison à son retour en Californie, et de les mettre dans le grenier de son garage. »
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Nos deux témoins ne communiqueront plus jusqu'à ce qu'une recherche d'ascendance sur Internet, comme par hasard, les ait remis en contact via le réseau, et que leur intérêt pour l'incident ait été ravivé.
Comme Rémé le dira à Paola Harris en 2010, « La plupart des boîtes contenaient de la vieille vaisselle, des bouteilles, des papiers quelconques, des lettres, des magazines et des déchets inutiles, et c'est là que tout est resté jusqu'en 2001-2002 lorsque j'ai rencontré son fils sur Internet, et son fils m'a informé que son père s'appelait José et qu'il venait de San Antonio. Je l'ai appelé et j'ai ravivé nos expériences de

Fig. 10 : Paola Harris examine les données avec
l’Hon. Paul Hellyer, Toronto 2006

Fig. 11 : Le Colonel Corso et Paola Harris lors d’une conférence
à Pescara (Italie) 1998
jeunesse et la découverte d'un objet en forme d'avocat, qui s'était écrasé sur le ranch quand nous étions petits, et que nous recherchions une vache prête à avoir un veau.
« Comment diable avions-nous appelé cette pièce que nous avons enlevée de cet objet ? Del Oro ? Socorro ? Ah, Tesoro ! Oui c'est ça! Tesoro. »
« Tu sais quoi, dit José, je te parie qu'elle est toujours là, dans le grenier depuis si longtemps que je l'avais oublié. Laisse-moi jeter un œil et voir si je peux la retrouver. »
L'auteur anglais Timothy Good, analyste notoire des OVNIs, a reçu un morceau de l'objet à tester lorsqu'il a rencontré Rémé à Seattle. Dans son livre Need to Know, il se souvient avoir examiné et analysé le « souvenir » : il apparaît décidément terrestre, point concédé par les témoins. Ressemblant à une armature quelconque, il mesure 30 cm de long, pèse environ 425 grammes et contient un certain nombre de trous pour des attaches. Une coupure de section faite pour l'analyse, ainsi que des tests à l'acide, ont révélé que le métal était de l'aluminium des séries 200, ou similaires.
Une pièce semi-circulaire plus petite, que les témoins pensent provenir de l'engin, a été retrouvée des années plus tard à l'entrée du ranch. Les tests indiquent de l'aluminium de la série 330/380 ou similaire. (13)
Lorsqu'elle a interviewé Rémé et sa femme Virginia (« Ginny ») à Gig Harbor quelque trois ans plus tard, Paola a soigneusement reconstitué l'histoire de l'objet et la chaîne de propriété, pour clarifier la succession des événements.
Paola : C'est la même pièce dont vous vous souvenez, cette même pièce ?
Remé : Oui. Tesoro. Il l'a retrouvé, et donc il l'a expédié par Fedex.
Paola : Il vous l'a envoyé par Fedex parce que vous le vouliez, n'est-ce pas ?
Remé : Oui. Parce que je voulais le faire tester.
Paola : Comment José et toi, Rémé, vous êtes-vous retrouvés pour parler de vos expériences ?
Rémé : Eh bien, je voulais commencer à faire des recherches, trouver…
Paola : Ok, donc 1994, il y a dix ans, il y a plus de dix ans…
Virginie : Il fallait qu'il retrouve José. Après avoir trouvé José, tout a commencé à sortir.
Paola : Quand avez-vous retrouvé José ?
Rémé : Vous savez, quel était mon problème, j'essayais de me souvenir de quand…
Paola : Mais en quelle année pensez-vous avoir trouvé José ?
Rémé : En 2002. C'était après son opération. Il a été opéré à cœur ouvert. Alors je faisais tout. En fait, j'ai fait un voyage au Nouveau-Mexique avec des gars de Californie et…
Virginie : Nous vivions en Californie.
Rémé : Oui, nous avons vécu en Californie. C'était en juillet, je pense… L'un des premiers projets après ma retraite était de faire notre généalogie, et j'utilisais Internet, et par hasard j'ai rencontré une personne du nom de Padilla et nous avons commencé à discuter, et je lui ai demandé qui était son père, et il a dit « José » et qu'il était né à San Antonio, et je l'ai informé que nous étions amis.
Paola : Quelle était la taille de San Antonio ?
Rémé : Eh bien, ils avaient six familles d'origine. La population n'était pas si grande, entre 50 et 75 personnes dans la région.
Paola : Alors en même temps, vous vous souvenez de l'année où c'est arrivé ?
Rémé : Cela s'est produit vers la fin de 2001 ou le début de 2002.
Paola : On est donc en 2002, après toutes ces années, vous avez pu vous connecter avec l'autre petit garçon qui était sur cette colline. Vous aviez sept ans et lui neuf, et vous avez pu vous connecter et comparer vos notes ?
Remé : Oui.
Paola : Et vous avez dit qu'il avait dit quelque chose de très important, quand vous l’avez appelé. Vous avez dit…
Rémé : Il a dit : « As-tu mentionné ce que nous avons découvert à des membres de ta famille ? Et si tu l’as fait, quelle a été leur réaction ? » Et j'ai dit: « Ils ne m'ont pas cru. »
Paola : D'accord.
Rémé : Et il m’a dit qu'il avait eu le même problème.
Paola : Mais vous me disiez que pendant très longtemps votre femme, Ginny, ne vous croyait pas, jusqu'à ce que vous ayez une autre observation, et puis tout s'est retourné.
Remé : C'est vrai.
Paola : Et puis elle est devenue une très bonne partenaire dans cette recherche.
Rémé : Très favorable, oui.
Paola : Très favorable. D'accord, donc très rapidement, vous avez fait un modèle de l'engin que vous et José avez vu, et c'est le trou dont vous avez parlé… (Note : une partie évidée sur la photo).
Remé : Oui. C'est une réplique de l'engin et du trou qui… Essentiellement, en reconstituant ce que nous avons appelé « survol, » quand l’engin a heurté une tour ; c'était une tour radio ou radar de plus de 15 mètres de haut, et cette tour avait ce qu'ils appelaient un chargeur de vent. Et donc en parlant à d'autres ingénieurs et ainsi de suite, cet engin peut avoir transité par là et peut avoir été affecté par la foudre qui a frappé la tour. Puisque la tour aurait été mise à la terre, le jus va dans le sol. Si l'engin n'était pas mis à la terre et qu'il se coinçait entre eux, une partie pourrait être brûlée.
Paola : D'accord, et plus tard, vous avez d'autres morceaux de métal que vous avez pris en l'espace d'une semaine environ, ils ont fait le nettoyage, mais (il y a) un morceau de métal que vous venez d’étudier récemment, qui a beaucoup de petites bulles qui semblent avoir été soumises à la chaleur.
Virginia : Je crois qu'ils appellent ça de la chaleur EMT. C'est une chaleur très élevée et intense qui fond le métal, qui doit être vraiment chaude pour faire fondre cela.
Paola : Alors qu'est-ce qui nous fait penser que cette pièce qui a des crêtes et des petits cercles, qu'est-ce qui nous fait penser que c'est une pièce extraterrestre ? Vous l'avez fait analyser….
Rémé : Cette pièce en particulier contient des fibres de type carbone et donc si vous remarquez cette pièce, même s'il y a quelques fusions là-bas, elle transfère cette chaleur d'un côté à l'autre. Et cela empêche la fusion.
Paola : D'accord, et vous avez fait analyser ça, et vous avez toutes les analyses sauvegardées ? Remé : Oui
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Revenant aux échantillons obtenus par Rémé et José, Paola a poursuivi: « Il y a une autre pièce, celle qui ressemblait à du papier d'aluminium, comme l'intérieur d'une boîte à cigarettes Philip Morris, qui était un léger morceau d'aluminium. Pouvez-vous décrire cette pièce ? Ou qu'en avez-vous fait? »
Rémé : Eh bien, lorsque nous avons commencé à emprunter la route menant au site de l'accident, cette pièce était sous un rocher et je l'ai vue briller et elle bougeait de haut en bas, alors je l'ai sortie de sous le rocher et je l'ai en quelque sorte roulée : vous pouvez la plier, et vous la pliez encore et elle revient toujours dans la même position qu'avant ! Aujourd'hui, ils appellent cela « memory metal, » un métal à mémoire, mais à l'époque, nous ne savions pas ce que c'était.
Un mot prudent sur l'histoire technique est important ici car, comme dans le cas du transistor, de nombreux livres sur les OVNIs ont décrit de manière incorrecte comment certaines inventions sont nées. Alors que l'effet transistor était connu depuis les années 1930 (un ancien brevet allemand le prouve), et n'a donc pas été dérivé du crash de Roswell, il en va de même pour les métaux à mémoire. Dès 1932, un scientifique du nom d'Arne Olander avait découvert la pseudo-élasticité d'un alliage d'or et de cadmium. Six ans plus tard, en 1938, Greninger et Mooradian avaient démontré le même effet dans un alliage cuivre-zinc, même si ce n'est qu'en 1949, puis en 1951, que cet « effet mémoire » a été largement rapporté. Les alliages nickel-titane modernes comme le Nitinol ont été découverts par accident et développés en 1962-63 par la Marine Américaine.
Cela démontre que, même si le concept physique était connu depuis des années, aucune application pratique du type décrit par nos témoins n'aurait été réaliste en 1945, encore moins dans un engin avec la structure et les capacités de celui qui s'est écrasé sur la terre de Padilla. Il se plaçait plusieurs années trop tôt dans la pratique, même si le concept était déjà là, en science.
Rémé Baca a donc raison de dire « qu’à l'époque, nous ne savions pas ce que c'était, » et il poursuit en parlant toujours à Paola :
Rémé : J'ai pris ça, je l'ai mis dans ma poche et je l'ai ramené à la maison, je l'ai montré à José et j'ai joué avec pendant un moment. J'avais une boîte dans laquelle j'avais quelques pièces « Indian Head » que je gardais. Donc je l'ai mis dedans, puis j'ai pris cette cannette de Prince Albert et je l'ai mise dans le puits. Et c'est resté là pendant un bon bout de temps jusqu'au jour où mon père est revenu à la maison en vacances. Nous avions de la chance s'il rentrait à la maison une fois par mois, car il travaillait à Albuquerque à l'hôpital des anciens combattants. Quand il est arrivé à la maison, il travailla sur le moulin à vent et il a dit : « Je ne peux pas réparer ce machin. Peut-être que toi et José vous pouvez l’emmener et le faire souder ? »
Nous l'avons donc démonté. J'ai parlé à José, et nous sommes allés dans son pick-up à Socorro et nous l'avons emmené chez un forgeron, et on lui a demandé s'il pouvait le souder. Les pas de vis étaient usés. Et alors il l'a regardé et il a dit : « Vous ne pouvez pas faire ça, parce que c'est fait de laiton et je n'ai aucun moyen de souder du laiton. » Donc ça ne s'est pas très bien passé. Nous sommes revenus au puits pour voir ce que nous pouvions faire. On le serrait mais il glissait. Alors, dans un moment de désespoir, j'ai dit : « José, tends la main derrière ce morceau de bois et il devrait y avoir une cannette de Prince Albert là-dedans. » Il a trouvé la boîte. Il y avait ce petit morceau d’aluminium que nous avions trouvé sur le site du crash. Peut-être que cela fonctionnerait ? Nous avons pris cette feuille qui ressemblait à de l’aluminium et nous l'avons enroulée dans le pas de vis, puis nous avons attaché les extrémités fermement et elle n'a pas glissé, alors j'ai pris l'une des clés Stillson (un type de clé réglable), José a tenu l'autre, et nous l'avons resserré. Nous sommes allés brancher le moulin à vent et il a commencé à pomper de l'eau. Ça a marché!
Paola : Ça a marché ?
Rémé : L’appareil a créé un vide et pompé de l'eau.
Paola : Chose très, très ingénieuse à faire avec un morceau de matériel extraterrestre !… (Rires)
Rémé : Nous ne savions pas. Aucun moyen de savoir ! Et donc avec le temps, José est reparti, puis je suis reparti, je suis allé dans l'État de Washington et je suis allé étudier, puis je me suis finalement marié, et nous avons élevé une famille. Parfois, ma mère et mon père nous rendaient visite. Une fois, mon père est venu seul nous voir et il a passé la nuit chez nous. Ginny lui a préparé des côtelettes d'agneau. C'était son plat préféré. Alors que nous étions assis à table en train de dîner, mon père se tourne vers moi et me dit : « Rémé, je ne sais pas si tu t'en souviens, tu sais, ce cylindre que tu as fixé sur ce moulin à vent ? Cà fonctionne toujours. Je ne sais pas ce que tu lui as fait ! »
J'ai répondu que j'étais content que ça marche. Je ne pouvais pas me résoudre à lui raconter la vraie histoire, parce qu'il n'était pas censé savoir…
Paola : … d'où ça venait ?…
Rémé : … qu'il s'agissait d'une forme de technologie extraterrestre avancée ! Il ne l'aurait jamais cru. Et il ne croirait pas que nous avons des téléphones aujourd'hui, des téléphones portables que vous pouvez mettre dans votre poche. Et donc, cela aurait été trop pour lui, alors je l'ai juste remercié: « Super, je suis content que ça marche. »
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Une grande partie de mes recherches sur les OVNIs a impliqué des études sur le terrain sur trois continents. Au cours de ce processus, j'étais au courant d'environ 40 ou 50 rapports ou descriptions d'accidents et de récupérations au fil des ans, mais peu ont été documentés. Je ne me suis donc pas engagé sérieusement dans l'étude de ces matériaux, jusqu'à ce qu'il y ait suffisamment de pièces pouvant être étudiées parmi les cas solides accumulés dans mes propres dossiers, envoyés par les enquêteurs de terrain ou par les témoins eux-mêmes, avec peu ou pas de publicité.
Dans ce processus, j'ai trouvé une précieuse collègue en Paola Harris, qui avait passé autant de temps que moi à étudier les dossiers officiels et, plus important encore, à rencontrer les témoins eux-mêmes. Mais alors qu'une grande partie de mon travail couvrait la France et les États-Unis, elle avait fait des recherches sur les cas les plus significatifs depuis son bureau en Italie, et a ensuite mené un travail de terrain approfondi au cours de nombreux voyages en Amérique Latine. (15) En conséquence, nous avons découvert qu'à nous deux, nous avions réalisé une évaluation globale assez juste de la nature du phénomène qui reflétait la réalité massive, non documentée, de milliers d'observations inexpliquées « sur le terrain » sur tous les continents.
Notre recherche transcendait l'obsession nord-américaine pour les dossiers militaires, les vains efforts pour obtenir de l'argent de Washington et les querelles médiatiques sans fin au sujet de théories du complot, jamais prouvées.
Nous ne pouvions que rire ou pleurer devant les rumeurs sauvages sur toutes les chaînes câblées et les émissions radio de fin de soirée au sujet de prétendues bases américaines sur Mars et du canular étrange connu sous le nom de « Serpo » qui a conduit des chercheurs naïfs dans un labyrinthe d'où ils n’ont pas encore émergé. (16)
Parmi les enquêtes les plus notables de Paola figurent son association à long terme avec la recherche au Canada grâce aux bons offices de l'honorable Paul Hellyer, ancien ministre de la Défense nationale (Fig. 10) et son travail d'examen et de documentation des expériences du colonel Corso, sans aucun doute l'officier de l'armée américaine le plus compétent couvrant le terrain à titre officiel dans la période qui nous intéresse ici, à savoir la fin de la Seconde Guerre mondiale et les débuts de la guerre froide.
La version italienne du livre de Corso, que Paola a guidée tout au long de la publication, était heureusement libérée des contraintes qui lui étaient imposées aux États-Unis par son agent et son éditeur, une forme de censure qui avait rendu furieux le vieux soldat. Paola et moi avions des connexions de longue date dans ces domaines, fondées sur la confiance et nous connaissions les mêmes dossiers. J'avais passé du temps avec le colonel Corso à la fois seul et avec des collègues à Las Vegas, et j'ai également tenu une base de données en français des cas au Canada, où j'avais effectué plusieurs voyages professionnels en lien avec des investissements technologiques.
La science a peu à voir avec la politique, la publicité ou la religion. Cela ne part pas de la croyance et cela ne se fait pas au moyen du lobbying auprès du Congrès, ni en recueillant et en exagérant des rumeurs: cela commence par des recherches individuelles sur des données concrètes et des expériences reproductibles. J'ai donc suivi ce que d'autres scientifiques et chercheurs privés faisaient dans le domaine des matériaux récupérés, j'ai écouté leurs présentations et j'ai essayé de donner un sens à ce qu'ils ont trouvé, en les aidant chaque fois que je le pouvais. Certaines histoires m'ont laissé sceptique; d'autres, en particulier à propos de Roswell, m'ont laissé confus et assez écœuré ; et d'autres encore me fascinaient. C'est toujours le cas, mais les choses ont évolué : nous avons maintenant de vraies données, ainsi que les moyens et les outils pour amener la recherche à un niveau beaucoup plus élevé.
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Le lecteur peut se trouver distrait par les affirmations récentes, dans la presse et à la télévision, concernant des idées présentées comme des « percées uniques » ou des révélations imminentes sur les extraterrestres. Telle est la vie intellectuelle en Amérique en ce nouveau siècle : colorée, superficielle, agressive, savamment commercialisée, vantarde, parfois brillante... et trop souvent trompeuse. Une grande partie est motivée par des choses qui ont plus à voir avec la commodité politique et publicitaire, ou tout simplement la cupidité opportuniste qu'avec une véritable recherche. Cela correspond à un désir d'influencer les systèmes de croyances des jeunes générations, plutôt qu'à un effort sérieux pour préserver et s'appuyer sur l'exactitude des faits. Et le raisonnement y est entièrement basé sur des raccourcis plus ou moins spectaculaires.
Faire briller la promesse de la « divulgation des OVNIs » est une stratégie marketing aussi bonne que n'importe quelle autre, car les progrès ne peuvent être mesurés par aucune norme réaliste, et il n'y a pas de point final défini pour la recherche. C'est aussi, en grande partie, une promesse vide, parce que chaque segment, groupe et culte parmi les foules colorées des congrès sur les OVNIs a défini la « divulgation » différemment. Les réactions du public à l'exposition de la réalité du phénomène, combinées à l'ignorance de sa nature, peut produire des effets imprévisibles et déroutants, au grand désarroi des responsables.
Naturellement, la communauté universitaire a bien compris la mascarade et a généralement refusé de s'impliquer. Mais sans la profondeur des connaissances et la tradition de débat ouvert du monde universitaire moderne, très peu de progrès réels peuvent être faits dans ce domaine, parce que les vieilles théories ne fonctionneront pas. Cette confusion dans les médias modernes a été l'un des facteurs qui ont découragé Rémé et José de rendre publiques leurs données.
L'effet négatif le plus évident de l'atmosphère créée par les rumeurs à la télévision par câble et les podcasts Web (avec quelques exceptions louables) est le retrait silencieux des témoins et des chercheurs qui possèdent des preuves réelles, souvent inquiétantes. Le fait que les deux témoins du crash de San Antonio soient restés silencieux pendant toute leur vie active en est un excellent exemple, mais j'en ai d'autres tout aussi pertinents dans mes quelque 500 dossiers sur plus de 50 ans. Cela devrait nous dire quelque chose sur les chances de réels progrès quand on fait défiler les témoins à la télévision en reformulant leurs expériences pour des re-créations de studio impressionnantes, en ignorant la véritable énigme et en effaçant toute complexité si elle ne s'intègre pas bien entre deux publicités.
Dans le vrai monde de la recherche, l'étude sérieuse de matériaux inexpliqués provenant d'OVNIs a une longue histoire distinguée. À l'université Stanford, le professeur Sturrock a mené et publié depuis les années 1980 des analyses de la célèbre explosion d'un engin inconnu à Ubatuba au Brésil (17). D'autres chercheurs au sein de groupes comme le CUFOS et le MUFON (18) ont également mené de sérieuses recherches sur le terrain et des analyses chimiques bien avant le début du 21ème siècle. J'avais occasionnellement contribué à ce travail et j'avais été invité à participer à des études officielles de cas similaires avec des enquêteurs français, brésiliens et russes, mais mes principaux intérêts de recherche restaient ailleurs.
Lorsque j'ai publié la première évaluation « à référés » de cas d'OVNIs avec des données physiques tangibles en 1998 (19), j’ai pris le point de vue d'une recherche globale de modèles d'information et de paramètres énergétiques, plutôt que de reprendre les données médiatiques dont une grande partie, franchement, m'a laissé sceptique. L'opportunité de ré-enquêter sur le cas de San Antonio de 1945, qui m'apparaissait comme le principal « pivot » historique, m'a fait réintégrer le problème sous un nouvel angle.
Lorsque Ron Brinkley et moi avons commencé notre travail sur le terrain (« The Plains » du Nouveau Mexique) grâce aux efforts inlassables de Chuck et Nancy Wade, et lorsque j’ai pris conscience de l'histoire locale des matériaux récupérés, j'ai commencé à prendre des conseils auprès de chercheurs antérieurs. M. Steve Murillo, de la Paranormal Research Society de Los Angeles, m'a encouragé dans cette direction. C'est lui qui m'a présenté Paola Harris en juillet 2018. J'ai alors pris conscience du travail d'enquête approfondi qu'elle avait effectué au cours des neuf années précédentes, lorsqu'elle a parrainé certaines études sur le terrain par des chercheurs indépendants et a activement mis en réseau des scientifiques de haut niveau et des responsables gouvernementaux aux États-Unis et dans d'autres pays.
Associée du professeur Hynek pendant de nombreuses années, Paola avait rassemblé des dossiers importants sur des cas répertoriés dans son Italie natale, tandis que ses contacts au Canada lui donnaient accès aux documents historiques remontant aux études scientifiques menées par Wilbert Smith, des dizaines d’années avant, études sur lesquelles j’avais mes propres informations partielles.
Mme Harris avait aussi effectué un travail approfondi avec le colonel Corso, l'homme que l'armée avait chargé de tester le matériel récupéré des OVNIs écrasés dans les années 1950 et 1960. Grâce à l'opportunité de travailler avec le National Institute for Discovery Science de Robert Bigelow, j'avais passé deux jours fascinants avec lui, dans des moments en privé, et il m'avait fait part de ses inquiétudes concernant certaines expériences inédites qu'il avait également mentionnées à Paola. Ce partage de l'histoire réelle des premiers accidents a construit un lien de confiance entre nous.
L'histoire du Ranch Padilla n'était pas simplement une rumeur ufologique de plus, amplifiée par des séries télévisées plus ou moins bidon, reformulées dans des tons à la mode. Il s'agissait de données réelles, solides et importantes sur le plan historique, et elles n'avaient jamais été mises au grand jour sur une base scientifique cohérente. C'était ce que les chaînes privées n'osaient pas toucher parce que cela risquait de contrarier certains sponsors, et la réalité gênante que les experts universitaires hésitaient à prendre en compte, car il n'y avait aucun soutien financier pour poursuivre un tel travail de frontière.
Alors que nous avions commencé à partager des données au cours de l'été 2018, je n'ai rencontré Paola Harris que lorsque l'affaire de San Antonio nous a donné l'occasion de travailler ensemble. J'ai pu me rendre à Albuquerque en octobre de cette année-là, et j'ai alors commencé à me documenter à partir de la mine d’informations qu'elle avait discrètement amassée dans les années précédentes. Une grande partie était centrée sur l'affaire Padilla, alors presque oubliée, que nous étions impatients de porter à un nouveau niveau d'analyse.
Lorsque nous avons examiné les transcriptions, les cartes, les premières interviews vidéo et la vaste collection de photographies et d'enregistrements de Paola, il est devenu évident que l'affaire avait mûri au fil des ans, malgré la longue séparation entre les deux témoins -- ou peut-être à cause de cela. Il n'y avait eu aucune publicité, aucune grande histoire, aucun intérêt de la part des reporters de télévision et seulement une attention occasionnelle de quelques ufologues. Paola disposait des seules données historiques cohérentes et était impatiente d'améliorer la recherche.
Aujourd'hui, nous pouvons nous émerveiller du fait que la signification de l'événement a été éclipsée pendant si longtemps, bien qu'il ait eu lieu tout près de la première explosion nucléaire, dans le temps et dans la géographie.
Les questions stratégiques étaient évidentes : ce n'était pas un cas d'OVNI ordinaire, un automobiliste bloqué ou un touriste de passage voyant une lueur étrange. Pourrait-il s'agir d'une réponse à la bombe ? Le début d'un dialogue ? Un avertissement?
Avant de pouvoir entretenir de telles spéculations, il y avait beaucoup de travail à faire. Certaines des déclarations de Rémé Baca, par exemple, n'étaient pas claires pour un scientifique. Il y avait des contradictions encore à élucider dans les témoignages. Le site lui-même changeait avec les années, les inondations et les interventions occasionnelles du Bureau of Land Management, auprès duquel le terrain était loué.
Certaines de ces actions officielles n'avaient pas beaucoup de sens non plus. Après avoir enlevé l'engin, par exemple, les équipes gouvernementales sont revenues deux fois :
- la première fois en 1953, apparemment pour rechercher toute preuve que l'armée avait manquée, ou tout morceau de l'objet qui aurait pu tomber de la remorque alors qu'ils s'éloignaient de la propriété sur les chemins de terre;
- et la deuxième fois en 2017, lorsque des employés civils ont planté une végétation intensément toxique précisément sur la zone où l'engin s'était immobilisé après avoir dévalé la pente, déversant encore des débris.
Ces actions officielles nous ont semblé bizarres. Étions-nous trop méfiants à l'égard de la volonté officielle de garder le secret ? Ou manquait-il encore des signes clés de l'importance du crash, de sa relation avec l'aube de l'âge atomique ?
Il fallait aussi se demander s’il y avait un élément de technologie de pointe qui faisait défaut, dans le sens des spéculations classifiées qui feraient surface dans les années suivantes sur les effets quantiques, l'énergie noire et les « entraînements de distorsion » ? Lorsque nous avons discuté de cet aspect, il nous est apparu évident que tout le monde utilisait des hypothèses dépassées.
Alors qu’on a beaucoup glosé sur la recherche de composition complexe des résidus d'OVNI et des rapports isotopiques, la vérité nue est qu'une technologie très avancée n'est pas forcément ésotérique : la future propulsion automobile (au-delà des voitures électriques d'aujourd'hui avec leurs batteries désastreuses pour l'environnement) peut n'impliquer rien de plus que l'hydrogène, l'élément le plus simple et le plus abondant de l'univers, et produire de l’eau pure comme échappement.
Dans ces conditions, pourquoi posons-nous comme principe que les véhicules « Alien » doivent utiliser des matériaux horriblement complexes ?
La seule façon d'apporter un nouvel éclairage à ce vieux problème était de poursuivre nos recherches, sans préjugés sur des extraterrestres ou sur les théories de la physique contemporaine.
Le moment était venu de mettre les documents de côté et de passer du temps, sur le site même, avec M. Padilla, un homme qui avait été témoin des faits sur le ranch de sa famille, soixante-douze ans auparavant.
^ ^ ^
DEUXIÈME PARTIE

PORTE DE L’ETALON
Aucun phénomène créé par l'homme, d'une puissance aussi énorme, ne s'était jamais produit (...) Le pays tout entier était baigné d’une lumière brûlante, nettement plus grande que celle du soleil de midi.
Brigadier-général Thomas Farrell, 1945
CHAPITRE CINQ
PREMIÈRE VISITE SUR SITE
OCTOBRE 2018
Le 12 octobre 2018, un vendredi, j’ai pris l’avion pour Albuquerque et j'ai rencontré Paola Harris à l'aéroport. Comme mentionné précédemment, Steve Murillo, de la Paranormal Research Society de Los Angeles, m'avait mis en contact avec Paola Harris et son équipe quelques mois auparavant. Il s'agissait de ma première visite sur le site, mais Paola y était déjà allée quatre ou cinq fois. Elle connaissait bien la complexité de ce paysage et les meilleures routes pour y accéder.
Nous sommes allés directement à San Antonio. J’avais en mémoire des impressions que Virginia (« Ginnie »), l'épouse de Rémé Baca, avait judicieusement captées lorsqu'elle avait visité la région avec son mari :
« C'est surprenant, le nombre de maisons en pisé que l'on rencontre à San Antonio, en conformité avec le patrimoine traditionnel du Nouveau-Mexique. San Antonio comprend aussi bien des maisons en brique, en stuc et en charpente, que d'autres styles encore. Les briques d'adobe ont été fabriquées sur place, en ville, à très peu de frais. San Antonio est une très petite ville du centre du Nouveau-Mexique, ancrée dans les valeurs, croyances et attitudes traditionnelles et conservatrices de sa population.
« J’aurais cru que la découverte par José et Rémé d'un engin extraterrestre, de par sa nature même, aurait remis en question ces croyances et attitudes conventionnelles. Cela n'aurait peut-être pas été acceptable pour eux non plus, car cela aurait exigé une confrontation, et une fois réalisée, il serait impossible de la rejeter. »
Paola m'a présenté José Padilla à l’Owl Bar. Rien n'y avait changé depuis ma première visite avec Ron Brinkley, exactement un an auparavant. M. Padilla a quelques années de plus que moi. Cet homme qui a toujours vécu en plein air, a de longs cheveux gris ondulés et une approche active et amicale des gens et des événements. C'est aussi un policier à la retraite avec une longue expérience de la société et une évaluation rapide des gens. J'ai dû réussir le premier test, car il m’a posé des questions sur mon parcours et sur l'état de mes recherches : je lui ai parlé de l'intérêt croissant pour le sujet OVNI chez mes collègues scientifiques, avec un regain d’attention pour les données dures, les échantillons récupérés et autres preuves physiques : nous avons maintenant accès à des méthodes extrêmement fines pour tester les matériaux, lui dis-je, avec des instruments améliorés par rapport à ceux utilisés auparavant, soit trop peu fiables, soit trop chers. Certains d'entre eux n’ont été inventés, perfectionnés et mis en pratique qu'au cours des dernières années.
La serveuse a apporté nos repas, avec pour moi, un « chili dog, » vieille tradition du sud-ouest qui m’avait manqué depuis mon séjour au Texas, au grand amusement de Paola, peu habituée à voir un Français manger des saucisses nageant dans la sauce piquante d’un plat de haricots noirs à la Mexicaine. José nous a parlé de son expérience, enfant, pendant la terrible période de la Seconde Guerre mondiale. Il a confirmé que les scientifiques du projet Manhattan venaient à l’Owl Bar pour se nourrir mais aussi pour acheter des denrées de base : c'était la seule épicerie à plusieurs kilomètres à la ronde.
La sécurité était intense dans la zone: quand ils ont vu des hommes sérieux, portant des mallettes en cuir pleines de papiers, les clients habituels ont pensé qu’il s’agissait d'hommes d’affaires, peut-être des agents d'assurance. Les officiers du contre-espionnage de l'armée ont sans doute encouragé cette idée, et il fallut de nombreuses années avant que les habitants ne se rendent compte qu'ils avaient pris leurs repas dans la même pièce que Robert Oppenheimer, Hans Bethe, Enrico Fermi, Phillip Morrison ou Edward Teller, princes de la physique internationale. Von Neumann lui-même était passé par là. Et cette structure délabrée de l'autre côté de la rue, c’était le complexe en ruine où certains scientifiques avaient vécu au moment des tests atomiques de Trinity.
M. Padilla a accepté de nous emmener le lendemain sur le site du crash. Nous nous sommes organisés pour le rencontrer en ville et pour rouler ensemble jusqu’au ranch où tout s'était passé.
^ ^ ^
Une tempête typique du Nouveau-Mexique menaçait, lorsque nous sommes arrivés après un court trajet en voiture au sud de Socorro sur l'autoroute 25, l'historique route Pan-Américaine, jusqu'au petit groupe de fermes et de ranchs sous le nom de San Antonito. Nous avons atteint un large portail, une route transformée en un chemin de terre et le véhicule loué par Paola a dansé sur le terrain accidenté pendant ce qui a semblé être une longue période avant d'atteindre un endroit où nous pouvions nous garer sur la terre ferme en cas de pluie torrentielle. Et là, nous avons laissé la voiture et regardé le paysage.
J'ai découvert une vallée harmonieuse entre deux rangées de collines, menant à une dépression ovale où poussaient d'étranges herbacées jaunes, hautes d'environ un mètre. Malgré ce calme apparent, connaissant les inondations soudaines du désert du Nouveau-Mexique, je pouvais imaginer des jours où ce paysage serait loin d'être harmonieux.
Quant aux plantes jaunes coriaces, je ne les reconnaissais pas.
Dans le large clivage entre les collines, l'horizon bleuté était clair sous le ciel gris et tourmenté. Les trois sommets des montagnes de la Trinity étaient clairement visibles, comme des V inversés dans une courte ligne. Du nord-est au sud-ouest : Oscura, Little Burro, et Mockingbird.
Entre nous et Trinity, Ground Zéro s’étalait plus bas dans le désert, invisible pour nous. Nous avons commencé à prendre les mesures dont nous avions besoin, à comprendre la configuration du terrain, à planifier nos prochaines étapes. Notre idée de départ, d'étudier le site du crash et de creuser le sol à la recherche d’indices, était évidemment irréaliste, à cause de la végétation dense et toxique. Nous étions à environ 65 kilomètres des trois sommets et à moins de 40 de Ground Zéro. José Padilla a souligné la trajectoire incurvée que l'objet avait dû suivre pour frapper la tour Marconi à quelques 600 mètres de là et s'écraser sur la zone où poussaient les mauvaises herbes jaunes. Comme c'est aimable de la part du gouvernement, pensai-je, de marquer l'endroit exact à l’intention des ufologues en visite ! Mais ils auraient pu indiquer l'endroit avec des fleurs plus élégantes.
M. Padilla nous a dit que des petites fleurs avaient poussé là après l'accident, formant une couronne. L'endroit était resté assez nu, mais avec le temps il pouvait voir leur large cercle. C'était la première observation au sol que nous pouvions relier à d'autres cas où des végétaux semblaient avoir été stimulés par un agent externe. L'un des cas les plus célèbres que j'avais examinés était celui de Delphos au Kansas, où une telle plante, un type de champignon, poussant à partir d'un endroit souterrain, avec ses fruits à égale distance du centre, était devenue proéminente après un « atterrissage. »
Les botanistes que nous avons contactés avaient identifié la plante et nous avaient dit que la rapidité de sa croissance, dans le cas de Delphos, avait pu être stimulée par un rayonnement électromagnétique. Après l'incident, la plante est devenue fluorescente, fait assez rare, d’après les spécialistes. À l'époque médiévale, le phénomène de ces vastes champignons rayonnants donnait lieu à des histoires, des légendes et des contes sur les « anneaux des fées. »
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« Il y a eu un orage le jour où l’objet est tombé, » nous a dit José.
« Nous avons entendu quelque chose comme un Bang ! sonique et nous avons vu de la fumée. Nous sommes montés sur nos chevaux. La chose avait heurté cette très haute tour, elle s'est stabilisée, est descendue dans cette zone et s'est écrasée, laissant une longue entaille dans la terre, aussi longue qu'un terrain de football. (Note) La végétation a pris feu. Ce jour-là nous avons pu nous approcher jusqu’à environ 90 mètres. Il y avait un trou ; nous avons vu de petits hommes courir dans les deux sens comme pris de panique.
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Note: Il restait de petits fragments de la tour sur le sol lorsque Paola Harris s'est rendue sur le site pour la première fois, avant que le major Frank Kimbler ne les enlève. Plus tard, Mme Harris a trouvé un connecteur électrique provenant de la tour détruite.
Nous y sommes restés environ deux heures, puis nous sommes rentrés à la maison et nous avons tout raconté à mon père. Il a appelé la police d'État.
« Nous y sommes retournés deux jours plus tard, mais la plupart des objets éparpillés avaient été emportés, à l'exception de l'engin lui-même. Sa forme extérieure était un ovale, presque 10 mètres de long, 4 mètres de haut, avec un petit dôme vers l'arrière. La couleur était rouille grisâtre, pas une vraie couleur. Nous avons suivi toute l'opération de récupération.
« Le dernier jour, l'objet était sous une bâche bleue, prêt à être emporté, alors nous avons attendu que les gardes s’en aillent et je me suis glissé à l'intérieur : c'était comme du laiton jaune, lisse mais pas brillant. J'ai vu un panneau là-bas, d'environ 75 par 60 centimètres. Il y avait un anneau de cuivre, cela ressemblait à un appareil électrique. Une tige de métal maintenait la chose, avec un cadran pivotant. »
Il nous montra l'endroit avec l'herbe jaune et drue (Fig. 13) : « C'est la zone où il s'est écrasé, après cet arc très large qui a suivi le choc contre la tour. C'est un lieu traditionnel ancien pour les Indiens ; un endroit sacré des Apaches. »
Nous nous sommes rapprochés du site du crash. Les plantes atteignaient plus haut que mes genoux. Paola, qui les avait fait analyser, a déclaré que leur nom était « Cockelspur. » Elle a signalé que les toucher déclenchait une réaction allergique intense avec des effets immédiats et douloureux, moyen de dissuasion sûr contre toute personne déterminée à chercher dans la zone des traces de l'accident. Personne ne semblait savoir qui les avait plantés. Je ne pouvais qu'être d'accord avec l'observation selon laquelle la sélection était délibérée : si le Federal Bureau of Land Management (Bureau Fédéral de Gestion des Terres) avait voulu empêcher l'érosion ou des coulées de boue, il aurait pu utiliser de nombreux autres types de plantes.
« Dès qu'ils ont réalisé ce que nous avions trouvé, l'Army Air Force est venue chez nous, » a déclaré José en réponse à nos questions.
« Ils ont demandé à mon père la permission de couper la clôture et de construire une route, « pour récupérer leur ballon météo. »
« Je n'avais que neuf ans à l'époque, » poursuivit José sèchement, « mais je savais déjà que cet objet n'avait rien d’un ballon météo ! On nous a dit de ne pas revenir, mais le crash était sur nos terres, alors nous sommes quand même revenus. Nous savions bien comment nous

Fig. 12: Paola Harris sur le site de l’atterrissage avec M. Padilla
en 2016

Fig. 13: Au même endroit en 2018, avec la végétation vénéneuse nouvellement plantée
cacher des soldats. Ils ont creusé une route spéciale pour amener un gros camion à plateforme surbaissée ; ensuite, ils ont construit un grand cadre en A pour soulever la chose. » (20)
José et Rémé ont rapidement remarqué que l'armée ne surveillait pas toujours l'objet avec attention : les jeunes soldats profitaient de chaque occasion pour aller à l’Owl Café prendre des repas, boire de la bière et faire la cour aux serveuses. Alors, les deux enfants sortaient de leur cachette, comme M. Padilla me l'a dit, pour jeter un nouveau coup d'œil autour de l'engin inconnu. La plupart des objets éparpillés avaient été enlevés, et les petits êtres désemparés qu'ils avaient vus tituber le premier jour s'étaient échappés, ou bien ils avaient été capturés et emmenés, mais il y avait un panneau attaché au mur incurvé intérieur, avec un dispositif métallique qui pivotait ; José nous a confirmé qu'il l'avait audacieusement arraché :
« J'ai dit à Remigio d'aller chercher une barre de triche dans le camion de l'armée, » m'a dit José, souriant au souvenir, « et j'ai emporté cette chose ! »
De retour en ville, à l'insu de son père, ils l'ont cachée sous le plancher d'une cabane où dormaient parfois des ouvriers agricoles.
« L'armée est venue demander à mon père s'il était au courant du vol de quelque chose dans l'objet, et il a dit non. Mais un berger qui dormait dans la cabane a été effrayé une nuit par des hombrecitos (petits hommes) qui ont dit qu'ils cherchaient le trésor, leur tesoro … Il raconta l'histoire ce matin-là en arrivant à la maison, encore tremblant de la rencontre. »
Les enfants ont gardé bouche close, leur père n'a pas cru à l'histoire de son employé et l’armature en métal est restée secrète. José a récemment donné la pièce à Paola, qui en a coupé une petite section pour que je l'analyse.
Elle avait déjà été testée au Mexique (le 24 octobre 2017) au Centro Educacional Analitico où l'ingénieur chimiste Bernabe Hernandez Santos a trouvé une prépondérance d'Aluminium (757 mg par gramme) suivi d'un élément « illisible » de 34,6 mg, de zinc (27,0), de fer (6,5) et un autre inconnu pour 158,5 mg. Tout cela ne correspondait pas tout à fait.
« Je ne crois pas aux éléments illisibles, » ai-je dit à Paola. « Il doit y avoir de meilleurs résultats quelque part et de toute façon, nous allons refaire les mesures. »
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Revenu à Socorro, mauvais sommeil et inquiétude : pourquoi et comment Ron a-t-il disparu ? Me demandais-je en me retournant dans mon lit.
Il aurait dû être avec nous, profitant de l’enquête qu'il avait inspirée, y ajoutant sa grande patience et sa capacité à noter les détails dans leur contexte.
Paola accepta de s'arrêter à nouveau à Albuquerque sur le chemin du retour vers l'aéroport, et de visiter l'immeuble où il habitait. « Peut-être a-t-il déménagé, ou a-t-il été victime d’un accident ? » pensais-je. Je ne voulais pas croire qu'il pouvait m‘en vouloir à propos de quelque chose, il me l'aurait dit.
Le lendemain, Paola nous a conduits à Coal Avenue où les habitants ont confirmé que Ron avait loué une chambre dans un bâtiment rectangulaire à un seul étage disposé autour d'une cour. Nous avons de nouveau fait le tour du complexe. Une femme est sortie de l'un des appartements, nous lui avons posé des questions sur Ron et elle a dit catégoriquement qu'il était mort :
Deux mois plus tôt, avant l'aube, alors qu'il se rendait à vélo à son travail dans un magasin de l'aéroport, il avait été renversé par un camion roulant à toute vitesse. Toutes ses affaires personnelles avaient été envoyées à son frère. L'appartement avait déjà été reloué à de nouvelles personnes.
Je suis allé au magasin où il était employé. Ils m’ont dit ne pas être en contact avec son frère. Je l'avais craint. Le Nouveau-Mexique est un endroit difficile et il peut devenir laid, même sous l’étalage de sa beauté cosmique. J'avais pensé à un accident de voiture sur les routes de montagne qu’il parcourait pour son deuxième travail, distribuant des bulletins d'information dans les réserves indiennes, parlant aux gens du coin, écoutant leurs histoires. Je ne savais pas qu'il se rendait à l'aéroport à vélo.
J'ai parlé de Ron à Paola, de notre amitié de plusieurs années ; il avait connu ma femme et mes enfants, il est resté avec nous quand j'ai construit un petit observatoire dans le comté de Mendocino. Nous avons fait de nombreuses expéditions ensemble et j’admirais son esprit vif et original. En attendant le vol, j'ai acheté des boutons de manchette turquoise dans sa boutique d’art Navaho pour conserver au moins un signe de tout ce qu'il représentait pour moi. De retour à San Francisco, j'ai trouvé cette lettre de son frère Ken et de Melissa, sa belle-sœur, répondant à ma demande précédente :
« Votre inquiétude est apparente et légitime. Ron a eu un accident le 6 août. Il se rendait au travail à vélo et a été heurté par derrière par un automobiliste.
Malgré le port d'un casque, il a perdu la vie en raison de lésions cérébrales importantes. C'était un délit de fuite, mais ils ont trouvé le conducteur et il sera jugé pour ce qu'il a fait à Ron, et pour l’indifférence de l'avoir laissé mourir sur la route de cette façon. »
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CHAPITRE SIX
GROUND ZÉRO
Notre seconde visite dans la région devait avoir lieu le 6 avril 2019. La journée commença par une coïncidence intéressante qui a entraîné un changement de plan. Nous avions convenu de nous retrouver pour le petit-déjeuner au café du motel, et de nous rendre ensuite directement sur le site du « crash. » Je me suis levé tôt et j'ai attendu Paola et son compétent assistant, Bill Crowley, un enquêteur de Los Angeles ayant l'expérience des recherches sur le terrain. Ils étaient en retard et j'avais faim. J’ai donc pris mon café et cherché quelque chose à lire.
Quelqu'un avait laissé le journal quotidien sur une table voisine. Mes yeux sont tombés sur la première page, des informations locales y mentionnaient une manifestation politique durant laquelle un groupe de défenseurs de l'environnement serait au bord de la route menant à Ground Zéro pour protester contre la poursuite des travaux sur les armes nucléaires.
Pourquoi allaient-ils organiser une telle manifestation au milieu d'un désert vide ? Parce que c'était l'une des deux seules dates au cours de l'année où le site atomique était ouvert au public. Les voitures allaient donc s’aligner sur des kilomètres pour prendre le virage à cette intersection particulière.
Article complet en page trois.
Lorsque mes amis sont arrivés, je leur ai annoncé un changement de plans et j’ai pris le volant pour un trajet imprévu jusqu’à Trinity.
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Une fois quittée la route principale pour celle qui bifurque vers la base militaire, le paysage vous embrasse dans son silence et sa majesté de manière inattendue. Sans vous en rendre compte, vous conduisez le long des immenses fonds marins d'un océan préhistorique, sans autres frontières que les montagnes lointaines, à des heures de route, sombres et floues contre le ciel bleu uniforme dans la chaleur matinale.
Vers le sud on voit la vaste étendue de White Sands, avec seulement le vague contour de la chaîne de Sevilleta (un refuge national) loin au nord. Cinquante kilomètres plus loin se trouve la Chupadero Mesa, perdue dans la brume. La beauté secrète et l’immensité des « Plaines » vous capturent, même si au premier abord leur apparence uniforme a pu sembler inintéressante, sans arbre ni point de référence humain. Un sentiment d'éternité finit par s'installer, serrant votre cœur et vos poumons à cette altitude, suggérant un mystère ou un danger invisible dans la fine atmosphère.
Pour soulager la vague anxiété qui nous envahissait, je branchai la radio, récompensé par une émission musicale. Pedro, de Las Cruces, dédiait une chanson à sa petite amie, et nous avons eu droit à un duo d'accordéon et de trompette qui a rempli le désert de mélodies d'espoir, d'amour et de la tristesse des séparations : Cuando podria verte ? Quand pourrai-je te revoir ?
D'une manière ou d'une autre, tout se met en place si vous vous détendez tout en surveillant le compteur. Pourtant, une quinzaine de kilomètres plus tard, vous n'avez toujours pas vu signe de vie, rien n’a changé et vous commencez à réaliser que quelque chose ne va pas en observant la végétation clairsemée et la plaine poudreuse. Les plantes naines elles-mêmes ont l'air bizarre : les madrones et les manzanitas devraient être plus grands ; il devrait y avoir de vrais buissons; il devrait y avoir beaucoup plus d'herbe, et de grands cactus.
Maintenant, les gens continuent d'arriver en voiture et en moto. Familles avec enfants, touristes un peu hébétés comme nous, déroutés dans le paysage plat et uniforme avec sa végétation étrange, ses buissons de mesquite anormalement courts. Les mariachis continuent de jouer. L'annonceur intervient pour dire joyeusement à Maria, de Santa Fe, que Francisco, sur un destroyer de la Marine quelque part, lui dédie une chanson pour son anniversaire. Et vous vous rendez enfin compte qu'il y a une raison aux plantes dégénérées et aux arbres rabougris : il y a soixante-quinze ans, le paysage a été irradié, par la lumière mortelle de Trinity.
Le Dr Oppenheimer, en regardant le test, n'avait-il pas cité la Bhagavad Gita : « Je suis le Destructeur des mondes… » ? Plus réaliste, moins poétique mais non moins impressionné, le général de brigade Thomas Farrell avait écrit : « Les effets pourraient bien être qualifiés d'inédits, de beaux, de prodigieux et de terrifiants. »
L'immensité de la plaine dévastée que nous traversons est un témoignage silencieux du spectacle impressionnant dont le général voulait rendre compte : sa déclaration résonne encore en moi quand je me souviens de ce ciel vide et de cette végétation en décomposition.
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C'est un soulagement d'atteindre Stallion Gate où un garde sans arme, en treillis, un adolescent joyeux -- le premier être humain que nous ayons vu depuis longtemps -- nous fait signe de rejoindre le flot de voitures, de camionnettes et même de quelques limousines officielles aux vitres arrière dépolies, coincées dans la circulation. L'engin massivement noir, silencieux et climatisé, avec ses antennes, son conducteur en costume-cravate noir bien visible, et les silhouettes cachées de ses occupants semblaient aussi bizarres, dans ce paysage, qu'un vaisseau spatial de la dimension X.
A la clôture, les jeunes soldats vérifient nos cartes d'identité et nous font signe d'avancer dans le désert, avec encore des kilomètres à parcourir avant le parking. A droite (Nord) se trouve une autre route menant au ranch McDonald où les scientifiques avaient assemblé la bombe au plutonium. A gauche, un autre large périmètre de clôture et au-delà, un obélisque noir, gauche et trapu, marquant l'endroit de la première explosion.
Comme la plupart des sites militaires, celui-ci est simple, basique, les différentes parties documentées en anglais très clair sur quelques affiches -- et cela semble d'autant plus terrible à cause du poids de sa signification historique : ici, en juillet 1945, l'humanité a été propulsée dans un monde nouveau, terrible, dont nous ne sommes jamais sortis. Les foules américaines, si diverses dans leur composition, leurs motivations, leurs dialectes et leurs comportements, semblent souvent

Fig. 14 : Carte détaillée du site de Trinity, avec la trajectoire probable de l’objet
unies par une ferveur contenue qui lie les familles hispaniques, les couples en habits du dimanche et les étudiants blagueurs, les durs à cuire en moto, les touristes et leurs appareils photo aux lentilles fantaisistes, parmi des familles noires, des voisins basanés et de jeunes

Fig. 15 : L’enceinte de « Fat Man, » la bombe au plutonium de Nagasaki
visiteurs asiatiques, et bien sûr nous trois, Paola et moi et son assistant, en mission de recherches au sujet d’une force mystérieuse – ou d’un farceur cosmique inconnu. Mais les spéculations s'évaporent lorsque les grands gamins en camo nous dirigent vers un vaste parking, quelques kilomètres plus loin. Visiblement, ils apprécient le soulagement d'une journée au service du désert. Une ville entière s'assemble dans la poussière.
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Milieu de matinée : des centaines d'autres voitures arrivent ; des véhicules de toutes marques, formes et âges manœuvrent dans toutes les directions. Nous cherchons des repères, et je prends quelques photos pour retrouver notre voiture dans l'après-midi. il est alors temps de suivre les files de visiteurs errant vers le « Marqueur, » cette affreuse pyramide, en réalité un simple empilement de pierres noires, mais pour l'armée un exemple notable de grand art paysager, là où se trouvait autrefois la fameuse tour. Ici, pas de végétation du tout.
À 5 h 29 min 45 s MWT (« Mountain War Time ») le 16 juillet 1945, l'explosion à 15 000 degrés Fahrenheit, un niveau de chaleur équivalent à celui trouvé à la surface du Soleil, a tout détruit, fait fondre la tour d’acier, creusé une dépression dans le sol environnant et a même créé un nouveau minéral, la « trinitite, » une substance brillante et verdâtre ressemblant à du verre fondu.

Fig. 16 : La « chambre principale » de l’assemblage
du plutonium au ranch McDonald
Il faudra des années avant que les détails du processus de formation de la trinitite ne soient enfin compris, car la chaleur de l'explosion a fait fondre le sable du désert d'une manière particulière, jamais vue auparavant et en fait impossible à reproduire avec un processus naturel. Dans un rapport publié dans le numéro d'automne 2005 du Nuclear Weapons Journal, les scientifiques Robert Hermes et William Strickfaden ont finalement pu expliquer ce qui s'était passé : au lieu de
se trouver fondu par l'explosion, comme on aurait pu s'y attendre, une grande partie du sable a d'abord été happée dans la boule de feu, tout en haut dans l'atmosphère, où elle se comportait comme l'eau dans un nuage ordinaire : de minuscules gouttelettes se sont agrégées en gouttelettes plus grosses et elles ont été précipitées sur Terre sous forme d’une pluie de verre en fusion. La boule de feu les a ensuite fusionnées en une surface lisse.
Je me suis souvenu qu’Enrico Fermi, ce matin-là, avait fait la première évaluation de l'énergie obtenue par l'explosion. Ensuite, il était monté dans un char Sherman spécialement recouvert de plomb pour absorber les radiations (Fig. 5) et il avait exploré la dépression de 600 mètres que la bombe avait creusée dans le désert où nous nous tenions maintenant, tandis que les visiteurs se dispersaient autour de nous sur le large espace clos par des barbelés.
Comme nous, ils ont erré en proie à une admiration silencieuse, allant du modèle de Fat Man (en fait, une copie du boîtier du dispositif compliqué au plutonium de 10 800 livres lancé sur Nagasaki, voir Fig. 15) jusqu’à l'étonnant cylindre en acier de Jumbo.
Détour imprévu, pris sur un coup de tête, déclenché par la découverte aléatoire d'un journal laissé au café du motel, notre visite à Ground Zéro est une expérience que je n'oublierai pas tant que je vivrai.
Elle nous a fourni, de la manière la plus opportune, un modèle, une expérience idéale pour mieux comprendre ce que Jose Padilla et Remigio Baca avaient vu sur un ranch paisible, un mois après que le gadget ait transformé Ground Zéro en un lac de verre couleur de jade.
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CHAPITRE SEPT
DEUXIÈME VISITE SUR SITE
AVRIL 2019
Le lendemain, lorsque nous nous sommes réunis à l'hôtel, une étrange coïncidence s’est manifestée quand Paola et Bill Crowley m'ont rejoint. Nous venions de nous asseoir au restaurant. Bill avait commencé à nous expliquer où nous pourrions louer l'équipement dont nous allions avoir besoin (principalement des détecteurs magnétiques et un capteur de radioactivité standard), lorsqu'un homme s'est approché de notre table et a serré la main de Paola. Il s'agissait de George Waldie, un ami du géologue Richard Sigismond, chercheur connu qui avait travaillé avec le Dr Hynek. Sigismond était devenu mon meilleur conseiller en géologie quand je l’avais rencontré à Boulder, mais il était mort depuis quelques années.
Nous avons rejeté l’impression que ces présences revenaient de l'Au-Delà pour être avec nous… Qu'est-ce qui a amené George Waldie au Nouveau-Mexique, et s'attendait-il à nous trouver dans ce restaurant particulier ? L'épisode n'a jamais été clarifié, mais c'était le deuxième incident bizarre de ce voyage, et il a jeté une ombre déconcertante sur notre petite expédition alors que nous nous dirigions vers le parking.
Acheter une pelle et une houe, louer deux détecteurs et empiler des bouteilles d'eau à l'arrière de la voiture a pris quelques heures. J'ai pu apprécier l'énergie et la perspicacité de Bill. Sa trajectoire de vie avait des points communs avec celle de Ron : lui aussi avait passé du temps en Alaska, il aimait être seul dans la nature, s'était porté volontaire comme gardien dans les tours forestières pour alerter les secouristes en cas d'incendie ou de foudre ; il avait passé du temps au Japon et comprenait les subtilités culturelles. Il était également membre d'un groupe de recherche à Los Angeles, avec une expérience d’enquêteur.

Fig. 17 : Discussion de l’affaire sur le terrain avec
M. José Padilla à San Antonito
Nous avons visité plusieurs magasins d’Albuquerque pour rassembler le matériel dont nous avions besoin, ainsi que des provisions et des boissons, avant de repartir vers le sud, au Padilla Ranch.
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Une inondation récente dans la région avait endommagé les routes. Nous partions retrouver Jose et visiter à nouveau la propriété. L’inondation aurait-elle fait remonter des morceaux de métal à la surface, avons-nous envisagé avec espoir ?
Mais elle avait pu tout aussi bien les enterrer encore plus profondément ; ou les emporter en aval à des kilomètres, où ils ne seraient jamais retrouvés.
J'ai à nouveau posé des questions à propos des mauvaises herbes jaunes si coriaces : d'où venaient-elles? Si elles n'étaient pas originaires de la région, qui les avait plantées ? Elles n'étaient pas là lorsque Paola avait emmené les chercheurs Lori Wagner et James C. Fox sur le site. D'autres investigateurs avaient posé la même question, des années avant nous. Paola nous a dit qu'en 2012, elle avait présenté M. Padilla à des chercheurs indépendants qui se sont également rendus sur le site avec elle et ont été intrigués par ce problème. Les plantes formaient un ovale parfait d’environ 10 mètres à l’endroit où l'engin s'était arrêté en 1945.

Fig. 18 : Recherche d’échantillons résiduels dans le lit de l’arroyo
« Pendant soixante-dix ans, rien ne poussait au centre et il y avait de minuscules petites fleurs sur les bords, » selon un rapport que Paola mit à ma disposition. « Nous avons décidé de prélever des échantillons du sol au centre l'année dernière et nous avions ces échantillons, qui se sont tous asséchés. Rien d'important n'était dans ces matériaux à l'époque. » En juillet 2015 l'emplacement a été retrouvé transformé, avec la spectaculaire croissance de plantes hautes et robustes que le lecteur peut voir sur ma photographie (figure 12). Paola et le groupe ont alors réuni une équipe comprenant David Garcia, qui a participé à la collecte d'échantillons, et Tom Hamlin, le premier chercheur sur le cas en 2012.
Il s'agissait d'une équipe d’enquêteurs compétents et nous devions apprendre les leçons de leur expérience passée. Certaines de leurs conclusions étaient détaillées et utiles :
« Le site d'atterrissage ovale initial (...) collecte de l'eau mais s'assèche immédiatement, » ont-ils rapporté. (Note). Les fois précédentes, Paola avait trouvé l'endroit stérile : rien ne poussait au milieu mais le nouveau rapport disait :
« Cette année, pour une raison quelconque, il y avait ces plantes d'apparence inhabituelle au centre de la végétation que l'on ne voit nulle part ailleurs, ni sur les terrains du Bureau of Land Management, ni sur les terres louées à José Padilla et à sa famille, ni sur leurs 80.000 acres. Nulle part près de l’Owl Bar and Café ou n'importe où à proximité, nous ne les avons vues. Elles sont vénéneuses et extrêmement irritantes. Mon assistant, Tom Hamlin, les a arrachées à la main et immédiatement il a eu une réaction allergique. Son visage est devenu rouge et irrité. Certaines parties de ses mains et de ses bras ont aussi développé des démangeaisons, et nous avons très rapidement constaté que nous ne pouvions pas toucher ces plantes. »
L'ironie des choses est que ces végétaux ne se trouvent que dans ce cercle de 10 mètres de diamètre où l'engin a atterri. L'équipe en a coupé quelques-unes, en portant des combinaisons Hazmat couvrant leur visage et leur corps avec des lunettes, du ruban adhésif, des gants et des bottes. Ils ont également prélevé des échantillons d'eau. Malheureusement, cette première analyse a été retardée et les résultats furent incomplets, générant seulement la supposition que les plantes pourraient être du Jimson Weed, mais cela s'est avéré faux.
Ce sont des choses que vous traversez lorsque vous menez une enquête sérieuse : ce qui semblait évident s'évanouit. D'autres obstacles se présentent, inattendus, lancinants et parfois dangereux. Ils vous font perdre votre temps.
Je dois expliquer ces détails parce que ce sont des choses que vous ne verrez pas à la télévision, avec ses dialogues scénarisés et fluides entre des chercheurs intrépides qui creusent toujours au bon endroit et présentent des graphiques impeccables à partir de leurs ordinateurs de terrain. Même guidée par des gens qui étaient là à l'époque et connaissent bien le territoire, la finalité de l'enquête est incertaine.
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Note : Voir Paola Harris : Dawn of the Atomic Age : Mystery in San Antonio, in New Mexico, on the crash site. Journal du MUFON n°578, juin 2016. Elle ne se conforme à aucun schéma net. Vous devez suivre votre intuition puis inventer de nouvelles procédures ; après quoi on doit tout vérifier, et recommencer.
Quelques années plus tôt, Paola Harris etait retournée sur le site avec le chercheur australien James Rigney pour recueillir de nouveaux échantillons, et cette fois, l'analyse avait discrédité l'idée du Jimson Weed. Par contre, une étude ADN menée par le botaniste Dr. R. Jason B. Reynolds de la Colorado State University conduisit à une identification positive. Il en a été de même pour une étude parallèle du bureau extérieur de BLM Socorro.
« A partir des photos que nous avons prises, les Park Rangers ont identifié ces plantes comme étant du Night Shade et du Xanthium strumarium (Cocklebur). Nous attendons une analyse formelle, » indique le rapport. De toute évidence, les plantes avaient été placées exprès sur le site. Or il s'est avéré que les deux types de végétaux étaient toxiques : la verte (le bourdon) et l'argentée, qui était de la morelle, a prévenu le rapport des Park Rangers, travaillant toujours à partir des photographies en couleur, au loin, en sécurité dans leurs bureaux.
« Qu'y a-t-il sous le sol dans ce diamètre de dix mètres ? » a demandé quelqu'un. Les sept jeunes soldats affectés au nettoyage du site en 1945 avaient jeté de nombreux petits morceaux dans une tranchée, comme me l'avait précisé José lors de ma première visite. Mais quand on m'a dit : « Tout ce qu'il faudrait, c'est un bulldozer creusant 6 mètres plus bas…, » j'ai eu envie de rire. Pour moi, l'idée de creuser était irréaliste pour plusieurs raisons, notamment la simple exigence de maintenir la stabilité des pentes dans la région, et parce que cela nécessiterait un permis fédéral et une autorisation du BLM (Bureau of Land Management), autre impasse. Il y en aurait d'autres. Nous avons abandonné l'idée de récupérer des artefacts sur le site.
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Après toute cette discussion sur l'étendue et la raison de ces plantes maléfiques, en arrivant sur le site lui-même, nous avons eu une surprise: le barrage en terre avait été renforcé et reconstruit après les dernières pluies, et la moitié de la zone ovale où les plantes s'étaient dressées lors de ma première visite étaient maintenant aplaties au même niveau que le sol en amont. Sur toute cette zone, les plantes toxiques avaient été enlevées. A la suite du nivellement, tout morceau de matériau datant du moment de l'accident était enfoui encore plus profondément, rendant futile toute tentative de détection magnétique, bien que nous ayons cependant courageusement essayé, en suivant notre chemin en lignes parallèles le long de la zone où l'objet ovoïde s’était posé. Jose, Bill et moi avons passé le reste de l'après-midi à explorer la zone en aval (figure 16) sans aucune chance de détecter quoi que ce soit d'intéressant le long du lit du ruisseau à sec.
Pendant le dîner, dans un restaurant thaïlandais où nous nous sommes détendus en partageant nos souvenirs du Dr. Hynek et en évoquant d'autres cas d'accidents, Paola a fouillé dans son sac et en a extrait une plaque de métal brut fracturée qui lui avait été remise lors de son premier voyage sur le site, avant même la formation du ravin. Elle avait été trouvée (avec deux autres pièces) par un autre enquêteur expérimenté intrigué par l'histoire, James C. Fox. En l'inspectant, j'ai trouvé qu'elle présentait un trou avec des filets pour une vis, et un test rapide a révélé un diamètre standard, indiquant clairement un fragment d'une plaque ordinaire, probablement un débris de la tour Marconi. En fait, j'ai pu acheter pour quelques centimes la vis exacte qui s'insérait bien dans le trou et je l'ai montrée à mes amis déçus : un autre sentier qui ne mène nulle part.
De retour à Silicon Valley, il a fallu quelques heures aux spécialistes pour confirmer l'identification des plantes que j'avais cueillies avec une certaine appréhension malgré les gants que je portais, et ramenées dans des sacs plastiques scellés.
« Les Park Rangers avaient raison, c'est bien du simple bourdon, » a déclaré le chercheur en repoussant son microscope, « mais celles-ci ne sont toxiques que comme jeune pousse, au stade de cotylédon. Si le bétail mange les plantes nouvellement germées, cela leur est toxique. Fondamentalement, la graine est toujours toxique lors de sa première éclosion. Lorsque les premières feuilles poussent entre les cotylédons, la toxine a disparu. » Il ajouta en riant : « Du moins, c'est ce que dit la littérature…»
« Pourquoi quelqu'un planterait-il une chose aussi nocive dans une région où vous élevez du bétail ? » ai-je demandé. « ça me dépasse, » a-t-il répondu. « C'est assez pervers. Si elles s'en nourrissent au mauvais moment, les vaches tomberont malades et elles peuvent mourir. »
Qui a prétendu qu'étudier les ovnis ne vous aiderait pas à parfaire votre éducation ? Chaque étude de site, chaque escalade des collines et des canyons pour atteindre un lieu d'atterrissage m'a appris quelque chose de spécial sur les précautions à prendre, le besoin de références, les détails d'une bonne orientation et surtout un sens aigu de la discrimination que vous devez exercer, entre ce qui est vraiment important et ce qui s'avérera finalement hors de propos. Je suis encore en apprentissage.
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Quoi d’autre n'allait pas ? Me demandais-je. Et surtout, que manquait-il ? La plupart des scientifiques intéressés par le phénomène OVNI se concentrent sur la physique et les données primaires sur l'aérodynamique, comme de bons élèves lors d'un examen. S'ils pouvaient donner un sens à ces paramètres, peut-être pourraient-ils construire des appareils volants similaires ; les breveter ; et peut-être que cela donnerait aux États-Unis un avantage militaire sur un adversaire, ou un indice pour une entreprise spatiale révolutionnaire.
En tant que scientifique, vous partez de ce qui est le plus pertinent, principalement de ce qui peut être mesuré ou estimé : masse, taille, forme, altitude, vitesse. Si vous avez de la chance, le témoin vous donne une référence à des points du paysage, une trace au sol, une corrélation avec un effet physique : des panneaux métalliques vibrants, de la végétation brûlée, des vagues dans l'eau, une batterie démagnétisée. Vous posez des questions sur la lumière, son intensité et ses couleurs, sa corrélation avec l'accélération. Les fichiers informatiques compilés par de nombreux groupes privés contiennent de telles informations. Il en va de même pour les registres tenus par l'armée. Pourtant, tout bon scientifique vous dira que, pour être utiles, de telles données doivent être corrélées ou calibrées par rapport à quelque chose de plus spécifique : un effet connu, un signal de référence. C'est une exigence pratique dans la plupart des situations, car il y a des limites rationnelles à l'observation humaine. Alors vous demandez l'heure exacte, les faits environnementaux que tout témoin connaîtrait, le vent, la température, le temps, les sons dans la région. Tout cela aidera à replacer le témoin dans la scène, et stimulera le cerveau pour mieux se souvenir des détails.
Un pilote dans le cockpit d'un avion de chasse n'aura pas le même sens de la situation qu'un opérateur devant un écran radar ou une sentinelle figée sur place par une lumière d'en haut, qu'il ne comprend pas. C'est là que le phénomène OVNI s'avère le plus insoluble, malheureusement, rendant la plupart des bases de données ordinaires d'une utilité limitée, quelle que soit leur taille. Ensuite, vous vous rendez compte que l'analyse d'un tel événement n'est pas comme un simple examen de physique, où vous pouvez aligner quelques équations, découvrir des modèles parmi les nombres, faire des hypothèses, brancher les chiffres connus et simplement faire le calcul.
La vieille et très sage recommandation : « ferme-la et calcule ! » ne s'applique plus tout à fait.
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Nous avions fait un bon travail en reconstituant la trajectoire, en inspectant le site, en analysant les plantes, en recompilant les jours, les heures, la durée, les contraintes de la météo. Nous avions calculé ce qui pouvait être calculé. Et pourtant, nous ne pouvions pas inclure assez de détails pour commencer à proposer des scénarios raisonnables sur l'engin : d'où il venait, comment et pourquoi il s'était écrasé, et ce que signifiait réellement son intrusion à ce moment historique.
Les obstacles sont devenus évidents lorsque nous avons examiné les résultats de nos visites sur place, nos entretiens avec M. Padilla et les riches observations que d'autres avaient notées avant nous. Ce qui manquait encore à nos analyses concernait la dimension humaine, le milieu social, les cultures autour du site, les langues parlées, voire les variations de sens des mots.
Plus d'un demi-siècle s'était déjà écoulé, et L'Amérique avait profondément changé. Etaient en jeu non seulement la psychologie des témoins mais aussi leur parcours préétabli, la diversité de la population qui les entourait, ses traditions et ses croyances. De telles variables ont rarement été prises en compte dans les analyses d'observations d'OVNI ou la compilation de catalogues d'observations. Lorsque les témoins sont des militaires, il existe un processus fixe d'interrogation et de traitement, et cela ne commence jamais par l'anthropologie. Même lorsque l'affaire se produit parmi des civils et est signalée à la police, la procédure commence et se termine par « Dites-nous juste les faits, Madame ! »
Certaines questions subtiles ne sont jamais posées.
Personne ne se soucie de savoir si le témoin a été terrifié par des cauchemars récurrents, ou a vécu d'autres incidents étranges, des années plus tard. Les enquêteurs sont humains, et ils se comportent selon des schémas qu'ils pratiquent depuis longtemps, schémas qui fonctionnent bien dans des événements conventionnels comme des accidents de voiture ou un cas de vol de biens.
Prenons la toute première observation des deux enfants : de nombreux indices auraient dû attirer notre attention sur la complexité de leur témoignage. Lorsqu'ils ont été témoins pour la première fois du désarroi autour de l'engin écrasé, du trou béant sur le côté de l'objet et des trois créatures à bord, et lorsqu'ils ont entendu les cris comparables à ceux d'un lapin qu’on tue, Jose et Rémé sont restés figés pendant une heure et demie, ce qui est en totale contradiction avec leur nature d'enfants de la campagne actifs et occupés. Ils n'étaient pas physiquement paralysés, et pourtant une force les a collés sur place avec un sentiment de fascination. Que s'est-il passé dans leurs yeux, leurs oreilles et leur cerveau ? Pourquoi avaient-ils l'impression que les créatures « inséraient des choses dans leurs esprits? »
Quand ils rentrèrent chez eux ce soir-là, Rémé pleurait en silence, tous deux avaient à l’esprit des images qu'ils ne pouvaient pas rapporter à leur vie actuelle, des visions qui transcendaient leur expérience : des choses dans le ciel, des catastrophes révélées au-delà de l'esprit d'un enfant, en grande confusion.
Ils avaient aussi le sentiment que les sons de la nature s'étaient arrêtés : pas d'oiseaux chanteurs, pas de bruissement de feuilles : trait caractéristique de nombreux récits rapportés plus tard, dans beaucoup de cas de rencontres rapprochées à travers les États-Unis et d'autres pays. Et plusieurs années après cela, les cauchemars, la prise de conscience qu'un autre niveau d'existence empiétait sur leur vie américaine ordinaire ; jusqu'à ce que les véritables dimensions des événements de Trinity deviennent évidentes.
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CHAPITRE HUIT
LES SECRETS SONT DEVOILES
Toute connaissance de l'accident de San Antonio aurait disparu pour toujours si un événement fortuit ne s’était produit, une recherche Internet dans les archives généalogiques qui reconnecta les deux principaux témoins après leurs nombreuses années de séparation et de silence.
L'Army Air Force avait depuis longtemps tiré un rideau pudique autour de l'épisode ; tous les soldats avaient repris leur vie civile. En 1947, ce groupe lui-même disparut dans les limbes de la bureaucratie militaire, remplacé par une « US Air Force » indépendante de l’Armée, et quiconque a pris en charge le dossier au bureau supérieur de la sécurité du Département de l'énergie nouvellement créé et à la Commission de l'énergie atomique a clairement compris que son travail consistait à enterrer le dossier le plus profondément possible.
De même, sur le plan académique, ignorant les dommages dévastateurs que la radioactivité allait causer pendant longtemps aux habitants de cette région du Nouveau-Mexique, les chercheurs de White Sands avaient tourné la page. On passait l’éponge sur les anecdotes à propos du projet Manhattan. Même les connotations politiques avaient été oblitérées.
Comme Rémé Baca l'avait rappelé avec éclat, si vous parliez trop des affaires de Ground Zéro, ou si vous vous souveniez de trop de détails, le gouvernement pouvait vous envoyer pour une longue cure de repos à « Las Vegas, » le surnom d’un asile d'aliénés de la région. Malgré des parallèles notables, le traitement n'y était sans doute pas aussi rude que pour les citoyens qui parlaient trop en Russie communiste, mais tout le monde savait que la Seconde Guerre mondiale allait se prolonger en guerre froide, qui durerait plus longtemps que celle des canons et serait tout aussi dangereuse à sa manière.
À cette époque, fascinés par toute la nouvelle Physique qu’ils n’avaient pas étudiée à l'université, les historiens se concentraient sur la bombe elle-même. Les écrivains ont appliqué leurs talents à l’analyse des derniers jours de la guerre avec le Japon. Ils ne s'intéressaient pas non plus aux phénomènes ou créatures inhabituels qu’auraient pu apercevoir deux enfants de la campagne un mois après la bombe.
En 2003 seulement, réunis grâce à une recherche généalogique astucieuse sur Internet, les deux amis, Remigio et José, ont à nouveau comparé leurs souvenirs et retrouvé les détails de leur expérience. Ils ont réalisé l'importance de ce qu'ils avaient vu et ont décidé le moment venu de raconter leur histoire à un journaliste, un ancien camarade de classe de l'école primaire de San Antonio. Il s'appelait Ben Moffett. Ils lui faisaient confiance car il était le seul à connaître la culture et l'ambiance de la région, son paysage et ses habitants.
Cette année-là, il a donc publié le tout premier article jamais écrit sur le crash de 1945 dans un journal régional. Mais il faudra encore six ans (précisément jusqu'en mai 2009) avant que Paola Harris ne l'apprenne à Rome.
Elle m'a raconté comment cela s'était passé : définitivement réinstallée aux États-Unis, elle avait contacté Remigio Baca et son épouse Virginia, et en juillet 2010, elle s'était rendue à Gig Harbor, Washington, pour les interviewer en personne. Là, elle a vu « l’armature » que José avait retirée de l'engin, et Rémé lui a montré un dossier comprenant une analyse effectuée par son beau-frère à Los Alamos. L'analyse en question a montré que la pièce était faite d'un « ancien alliage d'aluminium ordinaire. »
Les détails ont été révélés dans l'interview ultérieure de Rémé avec Paola, quand il lui a dit: « Quand je suis revenu de Californie, j'ai pris ma retraite dans (l'État de) Washington, j'ai parlé à José, José et moi communiquions sur la généalogie. Et puis José m’a tendu la main, nous avons commencé à collecter et rassembler des données sur ce que nous avions découvert là-bas. José m'envoyait les informations trouvées par son fils (Sammy), et je les parcourais. Il avait trouvé un article de journal que Ben Moffett, un de nos amis d’école, avait écrit dans l'un des journaux de Socorro quelques années auparavant. (20) Cela comprenait une visite à l'école primaire de San Antonio où il s'est entretenu avec les enseignants, et ils l'ont donc informé des méthodes d'enseignement actuelles »
La guerre et ses conséquences étaient oubliées. Les gens étaient passés à autre chose. L’intérêt ne concernait plus les secrets atomiques, mais les ordinateurs et Internet. Même l'ère Apollo et les alunissages étaient de vieilles histoires pour ce journaliste local. Il allait falloir du temps, pour s’intéresser sérieusement au crash de San Antonito.
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Pour nous, l'étape suivante consistait à reconstituer la séquence exacte à travers laquelle l'incident était venu à la lumière du jour. C'était évidemment important, et Paola a approfondi la question en demandant à Rémé Baca comment l'article de journal de Ben Moffett traitait l'histoire de la région.
Rémé : Ils essayaient de le mettre à jour sur l'utilisation des ordinateurs (...) Donc, son article a mentionné certains des étudiants de sa classe, et il a omis José et moi… Pensant qu'il pourrait être surpris que nous soyons toujours là, je lui ai passé un coup de fil.
Paola : Vous avez remarqué l'absence de vos noms dans l'article qu'il avait écrit sur ses camarades de classe, et vous aviez l'impression qu'il ne se souvenait pas de vous…
Rémé : Alors je l'ai appelé et dès que j'ai dit : « C'est Rémé, » il a dit : « Oh, oh, vous savez, je ne me souvenais pas de votre nom. C'est pourquoi je ne l'ai pas fait... » et il s'en est excusé. Nous avons commencé à parler ; il était à la retraite et travaillait pour le journal (...) « Eh bien, vous êtes à la retraite. Vous devez faire quelque chose ? » J'ai dit: « Je travaille sur la généalogie. » « Que fais-tu d'autre ? »
« J'essaie de faire des recherches sur cet objet que nous avons découvert sur le ranch Padilla, quand nous étions enfants... »
Sa réponse fut « qu'il n'était pas dans les OVNIs. » Mais quelques semaines plus tard, Ben m'a appelé et m'a informé qu'il voulait écrire toute l'histoire, et c'est ainsi que tout a commencé.
Paola : D'accord, en 2002. Quand Moffett a-t-il écrit l'histoire ?
Rémé : En 2003, je crois.
Paola : Parce que vous savez, je l'ai lue en Italie, cette histoire. J'ai été sidérée, elle m'a beaucoup frappée. Je ne pouvais pas comprendre comment les gens n’avaient pas fait de recherches.
Rien de plus ne serait arrivé, même après l'article du journal, et bien que Rémé Baca et José Padilla soient à nouveau en communication, si Paola n'avait pas décidé de poursuivre ce qui était, pour elle, un épisode historique important que nous avions tous raté. Rémé a essayé de trouver des informations sur Internet et est revenu les mains vides. Alors il a parlé à des ufologues, mais ils l'ont ignoré, pensant : « Si c'était si important, pourquoi n'est-ce pas connu ?, » Rémé semblait sortir de nulle part, inventant cette histoire pour attirer l'attention. Comme l'a dit Paola : « Si cela avait été vrai, cela aurait été aussi gros que Roswell ! »
Rémé a repris cette remarque : « Même les personnes qui ont enquêté sur Roswell, je leur ai parlé… Et l'autre, ce docteur, quel que soit son nom, l'atomiste… le gars qui… »
Paola : Oh, vous parlez de Stanton Friedman. (21)
Rémé : J'ai finalement parlé une dizaine de minutes avec lui. Et il a dit : « Vous savez, quand j'enquêtais sur Roswell, il y a eu un appel téléphonique, un gars a appelé, et il me parlait d'un accident à San Antonio. Mais ce n’était pas important à l’époque, donc je n’avais pas vraiment de raison d’y donner suite. »
Paola : Donc la progression de votre histoire, c’est que vous avez essayé de parler aux gens pour que ce soit pris au sérieux, parce qu'une partie de vous voulait vraiment en parler, mais les gens sont restés fermés, parce que tout d'abord -- Je vais vous dire pourquoi ils vous ont ignorés : l'histoire est trop stupéfiante. C'est une énorme histoire. Ce n'est pas seulement : « J'ai eu une petite observation et il y a eu ça... » C'est énorme ! C'est très, très gros. S’il y avait plus de témoins le cas serait plus important que Roswell parce que vous avez les matériaux, les artefacts pour le prouver. Donc, si vous deviez deviner, combien de témoins pensez-vous qu'il y aurait, qui parleraient ? D'abord, il y a José, puis vous…
Rémé : Nous avons parcouru toute la liste.
Paola : Alors, après la mort d'Apodaca… Et la famille d'Apodaca ?
Rémé : Ils sont partis. L'âge vous rattrape !
Paola : Qui d'autre ?
Rémé : Eh bien, tout d'abord, les seuls témoins, les seules personnes impliquées, étaient le père de José, moi-même et José… Il y avait quelques personnes… une des personnes qui était là qui a épousé le cousin de José…
Paola : Est-ce que cette personne est toujours… ?
Rémé : Non, ils sont partis.
Paola : Et même le berger…
Rémé : Ils étaient vieux, alors…
Paola : Alors, ça vous dit quoi ? Que vous avez la responsabilité… que vous êtes les seuls qui restent. Je veux dire, il n'y a personne d'autre. Sinon, cela reste inexploité. Les circonstances de ce phénomène que nous essayons d'archiver dans l’histoire, vous les connaissez. Il n'y a personne d'autre.
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Il n'y a personne d'autre… nous avons donc le défi d'étudier l'un des cas les plus riches de rencontre rapprochée, et le plus ancien de l'histoire de l'après-guerre, un cas que les témoins ont gardé pour eux … de 1945 à 2003 !
Comme nous allons le voir, il y avait de bonnes raisons à leur silence. Cela venait en partie du simple fait qu'en grandissant, José et Rémé se sont séparés et ont suivi différentes professions, l'un dans l'État de Washington, l'autre en Californie. Mais il y avait d'autres raisons, plus effrayantes. Les bombes atomiques avaient mis fin à la guerre des canons, mais la guerre froide ne faisait que commencer. Le secret et la paranoïa devenaient encore plus impératifs et intenses.
Tout le monde avait peur. Parce que tout le monde était suspect.
En 1954, durant quatre semaines le Dr. Oppenheimer lui-même fut traîné devant une audience sur la sécurité de la Commission de l'énergie atomique qui a révoqué son autorisation (par une décision à deux contre un) et l’a laissé brisé, même s’il a été reconnu qu'il n'avait jamais trahi aucun secret. Interviewé en 2013, Roy Glauber, s'est rappelé l'avoir brièvement vu après l'audience : « Ses cheveux étaient devenus gris, ce qu'il y en avait, et il avait l'air usé et épuisé. » (22)
Aujourd'hui, un article détaillé dans Wikipedia note : « La perte de son habilitation de sécurité a mis fin au rôle d'Oppenheimer dans le gouvernement et la politique. Il est devenu un exilé universitaire, coupé de son ancienne carrière et du monde qu'il avait contribué à créer. La réputation de ceux qui avaient témoigné contre Oppenheimer a également été ternie, et l’honneur d'Oppenheimer lui-même a ensuite été partiellement réhabilité par les présidents John F. Kennedy et Lyndon B. Johnson.
La brève période où la science était considérée comme « un sacerdoce de politique publique » a pris fin et, par la suite, elle ne servirait l'État que pour offrir des opinions scientifiques étroites. Les scientifiques travaillant pour le gouvernement ont été informés que la dissidence n'était plus tolérée.

Fig. 19 : A flanc de colline : reconstitution
de la trajectoire de l’objet
Ce n'était guère un environnement où des témoins authentiques de phénomènes extraordinaires, si proches d'une zone militaire stratégique, décideraient de se manifester. Et ce n'est pas non plus un contexte où l'on peut faire de la bonne science. Quant à l'histoire complète, elle ne peut être reconstituée qu’aujourd'hui, comme nous le faisons ici, dans ce livre, étape par étape.
Le niveau suivant du témoignage de Rémé Baca allait traiter de la scène réelle et de son souvenir des détails. Il s'est avéré, pour le plus grand plaisir de Paola, que sa mémoire était claire.
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Le plan général de l'histoire a été présenté dans les chapitres précédents, mais il ne peut être pleinement saisi sans les petits détails, les contraintes régionales, les motivations plus fines des gens pour faire certaines choses; ou ne pas les faire. Et on ne peut connaître les faits réels qu'à partir d'un entretien direct avec les témoins, qui peuvent s'aligner parfaitement dans certains domaines et différer dans d'autres, en fonction de leur emplacement et de leurs perceptions à l'époque.
Rémé Baca eut la générosité de relater pour Paola cette expérience de 1945, alors qu'il était âgé de sept ans, confronté à un événement qui a mystifié les scientifiques, les militaires et ceux qui cachent les données depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Sa femme Virginia (« Ginny »), qui avait souvent entendu l'histoire, a soutenu son témoignage en disant à Paola : « Dans la zone où il a touché le sol, ce vaisseau a glissé sur un long chemin. Et donc, cela a laissé des ecchymoses dans le paysage. »
Paola : Et ces traces sont toujours là ?
Remé : Oui. Je vous ai montré les photos.
Virginie : Et aussi cette tour…
Paola : La tour est toujours là ? (23)
Virginia : Non, l’objet l'a touchée. Ils ont dit que ça l'avait frappé.
Paola : C'était une tour radar ?
Rémé : C'était une radio ou radar, on ne sait pas ce que c'était. Cela aurait pu être une radio… C'était une tour d'environ 15 mètres, elle avait ce qu'ils appelaient un chargeur à vent, une petite hélice, et elle l'a frappée. Et nous avons pensé que le son que nous avions entendu, était le choc frappé entre les éclairs, parce que la foudre frappait probablement cette tour.
La tour avait probablement un paratonnerre, donc (la décharge) la frappe et elle est mise à la terre, elle va dans le sol. Mais l'engin était probablement proche de cette tour et la foudre a traversé l'engin et c'est ce qui a causé…
Paola : … le dysfonctionnement ? La totalité …
Rémé : ... et ensuite ils ont pu manœuvrer cet engin pour qu'il ne tombe pas, car il aurait dû s’écraser. Ça aurait dû, ça aurait dû tomber.
Paola : Autrement dit, il a glissé puis a fait un virage …
Rémé : …pour s'arrêter contre un grand mur de terre. Nous avons fait tout ce que nous pouvions, parce que nous étions de jeunes enfants, parcourant chaque nouvelle information, parlant à n'importe qui d'autre qui aurait su quelque chose… sans vraiment attirer l'attention.
Paola : C'était le premier crash, avouons-le, dans toute l'histoire des crashs. (Note)

Fig. 20 : L’armature en Silumin
À ce stade de son enquête, Paola devait reprendre le récit du moment où l'engin a heurté la tour jusqu'à la récupération du support métallique, afin que les détails exacts puissent être examinés une fois de plus. Il n'y a pas de place pour l'ambiguïté ou les « devinettes » dans une telle recherche: On recueille l'histoire, puis on reprend et on recommence, sous un autre angle.
Paola : Autre chose, parlez-moi du café, du fameux bistrot où Oppenheimer… J'ai besoin de savoir parce que je suis fascinée par Oppenheimer. Si vous lisez la vie du Dr. Robert Oppenheimer, jusqu'à
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Note : On connait maintenant nombre d’incidents précédents au vingtième siècle, notamment à Cap Girardeau en 1941 et en Italie sous Mussolini, en 1934. (Voir la bibliographie)
sa mort, il a eu toutes sortes de problèmes… Il s'est opposé au nucléaire, son habilitation top secret lui a été retirée, et Kennedy la lui a rendue (…) Il a vécu l'enfer, à cause de cette situation. Alors, le bistrot s'appelait comment ?
Rémé: Owl Bar and Café.
Paola : Et vous dites qu'il y avait une « fontaine, » une fontaine à glaces ?
Rémé : Fontaine, c'est comme ça qu'ils les appelaient : une fontaine.
Paola : Oui, je me souviens. J'ai vécu au temps de la fontaine !
Rémé : Ils avaient un jukebox et un flipper.
Paola : Un jukebox, un flipper et un bar. Vous pouviez avoir de l'alcool…
Rémé : Il y avait un bar, et ils faisaient des hamburgers…
Virginie : Ils le font toujours.
Rémé : Oui, ils le font toujours. Et du piment. Ils faisaient des hamburgers avec du piment, des « burgers au piment vert » comme ils les appelaient.
Paola : Et en 1945, c’était ouvert ? Et Oppenheimer y allait ?
Virginia : C'était le seul endroit où s'arrêter.
Rémé : 190 kilomètres de Los Alamos à Trinity… (Note)
Paola : Avez-vous rencontré Oppenheimer ?
Rémé : J'ai vu un gars qui lui ressemblait. Je ne savais pas qui était Oppenheimer à l'époque.
Paola : C'était un homme très mince, très mince.
Rémé : Il portait un petit chapeau.
Paola : D'accord. Et donc vous avez vu ces gens entrer et sortir de là…
Rémé : … et on écoutait certaines des choses dont ils parlaient. Je n'étais pas très avancé en anglais et…
Paola : Comment venaient-ils ? En voiture ?
Rémé : Un entourage.
Paola : Un entourage de voitures ? Et c'est là que ces hommes se sont arrêtés la nuit…? Était-ce le jour ou la nuit que vous avez sauté sur le… quand vous avez récupéré l’armature ?
Rémé : C'était la nuit.
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Note : la distance réelle par la route est plutôt de 230 kilomètres, selon mes cartes.
Paola : C'était la nuit, et c'est à ce moment-là que tous ces jeunes se sont arrêtés et que le camion à plateforme était là, et vous avez pu sauter dessus et enlever cet objet du panneau ?
Rémé : Ils quittaient le site et ils allaient manger, et aussi…
Paola : Mais c'était la nuit, et ils ne vous ont pas vu y monter?
Rémé : Non, on était loin de l’Owl Bar.
Paola : Là où ils ont laissé le camion, c’était loin de l’Owl Bar?
Rémé : Oh oui, il était encore sur le site du crash.
Paola : Donc vous avez fait ça sur le site du crash, alors qu'ils étaient à l’Owl Bar. Je pensais qu’ils l'avaient garé devant (le restaurant).
Virginia : Non, il était toujours sur le site du crash. Ils allaient partir dans la nuit.
Paola : Ils allaient partir dans la nuit. C'était donc la dernière nuit, et vous avez décidé d'aller sauter et d’enlever ce morceau-là, d'un panneau...
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Nous devrions à nouveau nous arrêter ici pour noter une divergence entre le souvenir de Rémé Baca des événements de cette soirée et le témoignage ultérieur de José Padilla, qui a dit à Paola que le soleil était encore au-dessus de l'horizon lorsqu'il est monté dans l'engin. En fait, cet ensemble de circonstances lui a permis d'obtenir une description claire de son intérieur.
La conversation s'est également poursuivie en notant la proximité de l'accident de San Antonito avec l'observation extraordinaire, en avril 1964, par le policier Lonnie Zamora, d'un engin ovoïde similaire atterri juste à l'extérieur de Socorro qui a laissé des empreintes profondes dans le sol, seulement à une douzaine de kilomètres au nord. (24) Certains membres des mêmes familles y furent concernés.
Paola a fait remarquer : « Vous savez, j'ai entendu cela tellement de fois, de tellement de gens. La femme de Lonnie Zamora est une cousine de José Padilla, c'est une coïncidence. »
Rémé : Souvenez-vous, il n'y a que six familles...
Paola : L'affaire Zamora est une affaire très importante parce qu’on l’a tous regardée, vous savez, dans ce domaine. Qu'est-ce que c'était ? A dix ou douze kilomètres seulement. C'était donc un foyer de différentes situations, cet endroit. Non seulement l'affaire Zamora, mais cette affaire….
Rémé : … Il y avait d'autres membres liés aux Padillas et aux Bacas qui avaient des ranchs là-bas, qui connaissaient aussi les Foster de l'histoire de Roswell, et ils communiquaient beaucoup avec eux. À cette époque, vous savez, les ranchs n'étaient pas très proches. Ils étaient loin, donc c'était une escapade, d’aller de l'un à l'autre. Il y avait des gens qui habitaient là-bas et travaillaient à Roswell, qui venaient en congé (…) Donc le soir certains des habitants, parce que c'était une petite ville, pas grand-chose à faire, certains des gars venaient et ils parlaient de Roswell.
L'une des choses très claires pour nous était que les gens qui savaient quelque chose, ou pensaient savoir quelque chose, à propos de Roswell, finiraient dans ce qu'ils appelaient « l'hôpital de Las Vegas… » C'était un établissement psychiatrique, ils s’en souviennent probablement encore, mais après notre crash là-bas, après ce crash… en 1945, il semblait y avoir beaucoup d'observations… ils les appelaient des fantômes.
Je me souviens d'un gars qui était allé à une danse, et il rentrait chez lui et il a commencé à courir, il ne pouvait pas voir ce qu'il fuyait. Il a dit que des créatures étaient après lui. Il pensait que c’étaient des démons ou quelque chose comme ça. Il y a eu beaucoup d'apparitions, je suppose qu'ils les appelaient des fantômes. Donc, beaucoup de choses se sont passées après cette période. Et il y avait des gens qui venaient, qui n'avaient pas leur place là-bas. Dans une petite ville d'une cinquantaine d'habitants
Paola : Des types des Renseignements ? Des « Hommes en Noir? » Je ne sais pas comment vous voulez les appeler ?
Rémé : Non, ce n'étaient pas des « Men in Black, » juste déroutants. Vous ne portez pas une chemise blanche à San Antonio, sauf si vous allez à un enterrement ou à un mariage. Vous portez un costume, d'ailleurs, dans ce cas-là.
Paola : De quelles années parle-t-on ici ?
Rémé : Nous parlons de 1947-1948.
Paola : Après Roswell, d'accord.
Rémé : Et donc les gens ont plutôt bien compris le message… Fermez-la ! Et ils étaient habitués à ça, le projet Manhattan leur avait appris à la fermer, et ils l'ont fait. Ils n'ont pas remis en question notre capacité à nous taire. Chaque fois que José et moi en parlions, nous ne restions pas à l'école. Nous allions sur son ranch et là-bas nous discutions au milieu des collines, nous parlions de cette histoire quand personne d'autre n'était là. Nous avons été très prudents. Parce que nous savions quelles pourraient être les conséquences…. Ce n’est pas le genre de choses qui arrive à Roswell.
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Dans la dernière partie de son interview de 2010, Paola revient sur la publication de l'affaire : après tant de temps, comment les témoins veulent-ils voir se dérouler ce processus ?
Paola : Et votre histoire devrait sortir comment ? Comment la présenter au mieux au public ? Qu'aviez-vous en tête?
Rémé : Nous aimerions creuser, vous savez, aller creuser. Appelez cela une tranchée ou autre chose, là où les jeunes soldats ont jeté des morceaux, et cela a été recouvert, au fil du temps, nous aimerions creuser cela et voir s'il reste des morceaux. (…)
Paola : Les soldats, pourquoi les jetaient-ils là-dedans ? Ils ne voulaient pas les emporter ?
Remé : Je le crois. Je suppose qu’il faut donner du crédit à ces soldats. Nous avons découvert cet engin exactement 30 jours après le test de la bombe à Trinity. Ils ont été confinés au camp de base de Stallion Site pendant 90 jours. Ils ne pouvaient pas sortir de là, parler à quiconque, boire un verre de pop ou quoi que ce soit d'autre. Ils ont été limités à cette zone jusqu'à ce que soit terminé le test de la bombe. Et puis après le test, ils les ont relâchés pour qu'ils aient un peu de liberté et ainsi de suite. Et puis ce crash a eu lieu et ils travaillaient à nouveau, faisant de la récupération ! Il s'agissait d’hommes jeunes profitant de chaque occasion pour socialiser avec les gens là-bas, c'était probablement la première fois qu'ils pouvaient le faire en trois mois.
Paola : Donc ils n'ont pas vraiment bien travaillé…. ce n'était pas un ramassage méthodique des morceaux. En d'autres termes, « nettoyons ce truc et allons prendre de la crème glacée ou de la bière, et tant pis si une partie est laissée pour compte ? »
Rémé (riant): Je ne crois pas qu'ils avaient suivi un cours formel de récupération d'engins extraterrestres ! Nous étions en guerre.
Paola : Et vous avezdit qu'ils ne portaient même pas de combinaisons biologiques, cela n’existait pas?
Rémé : Ils ne savaient pas, et nous non plus, s'il s'agissait d'un vaisseau extraterrestre…
Quand Paola rappelle à Rémé qu'il a vécu avec ce secret pendant plus de 60 ans, il répond : « C'est long. Je n’ai pas vraiment vécu avec ça pendant 60 ans, parce qu'à un certain moment j'ai compris qu'il n'était vraiment pas possible de faire les choses qu'on voulait faire, vous savez, pendant que j'étais ici dans l’Etat de Washington, poursuivant ma vie, élevant une famille et ainsi de suite. José faisait de même en Californie. Il y a eu un moment où nous ne nous sommes pas concentrés là-dessus. Peut-être que nous n'étions pas prêts.
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En 2017, Paola avait bouclé ce premier cycle de recherche en remontant jusqu’à José Padilla. Encore une fois, son objectif était un retour possible sur le site dans l'espoir de résoudre certains des détails, et peut-être de découvrir des preuves plus tangibles de l'objet : « Nous irons dès que vous serez prêt à partir,» lui a-t-elle dit. « Je ne sais pas non plus ce que font Rémé et sa femme. Je ne sais pas ce qu’ils prévoient, mais la fin septembre me semble bien, car il fait plus frais et si vous prévoyez une heure précise (…) peut-être que vous trouverez d'autres morceaux, à cause de l'eau qui érode le sol, il pourrait y en avoir là-bas. Il y a eu beaucoup de recherches. Juste des gens… qui s’y promènent. »
M. Padilla lui a rappelé qu'il était « né et avait grandi là-bas. »
Paola : Oh, je sais. Je sais que vous savez ce qui s'est passé, mais pensez-vous que… ce ne sont pas des touristes, n'est-ce pas ? Ce ne sont que des curieux ?
José : Des chercheurs de curiosités, et il y a aussi beaucoup de tireurs à la carabine qui s'entraînent à la cible là-bas.
Paola (riant) : Bon, ça va ne pas être drôle !
José : C'est juste de l'entraînement à la cible ; ils mettent en place des cibles, comme des bouteilles et des canettes. Je sais que les gens de la ville ont du mal à comprendre çà.
Paola : C'est vous qui avez pris ce pied de biche, et qui avez enlevé ce morceau, n'est-ce pas ?
José : Exact. Je suis celui qui a utilisé la barre de triche pour secouer la pièce du panneau.
Paola : Et vous avez vu le panneau sur lequel c'était fixé ?
José : Oui. Vous pouvez voir que c'est propre. Les pièces qui sont là maintenant….
Paola : Ce serait 62 ans plus tard. Oui, vous savez, ça fait beaucoup d'années !
José : La pièce a été conservée. Rémé l’a gardée. C'était son tesoro. Son trésor…
Paola : Y en a-t-il d’autres, quelque part ?
José : Je ne pense pas.
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Les nouveaux plans une fois convenus, mais sans encore de calendrier précis, la conversation est revenue sur le sujet des êtres qui avaient été vus dans l'engin après le crash :
Paola : Puis-je vous demander, très rapidement, vous rappelez-vous à quoi les créatures ressemblaient ?
José : Eh bien, nous étions des enfants alors. Je ne mesurais qu'un peu plus d’un mètre, et ils étaient un peu plus petits que moi. Une sorte de gris clair.
Paola : Vous vous souvenez s'ils vous regardaient directement ?
José : Je ne sais pas s'ils regardaient directement, je sais qu'ils allaient et venaient, ils couinaient…
Paola: C'est en fait un bon mot, parce que Rémé disait aussi qu'ils semblaient « pleurer de douleur. »
José : Je pense qu'ils étaient blessés. Parce que je voulais y aller pour aider et…
Paola : Mais vous avez eu trois jours d'aller-retour là-bas.
José : Nous avons eu une semaine, pendant qu’ils le nettoyaient. Nous avions l'habitude de laisser nos chevaux sur cette crête.
Paola : Ils vous ont vus ? Ils ne vous ont pas vus, n'est-ce pas ?
José : Nous étions assez rusés. Je connais mon territoire !
Paola : Vous étiez assez rusés. Donc vous avez vu les soldats jeter des pièces dans ce fossé?
José : Oui, tout ce qu'ils ne voulaient pas ramasser, je suppose que ces morceaux étaient trop nombreux.
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Lorsque Paola a évoqué un retour sur le site, la question suivante était de trouver une date convenant à Rémé et José. José a accepté l'idée : « Il n'y aura pas de problème, » a-t-il déclaré. « Même s’il y a des tireurs sur cible, et le sol doit être chaud. »
Paola (riant) : Bon, ce ne sont pas les tireurs sur cible alors, qui nous inquiètent… !
José : Non, je ne pense pas. Parce que les choses se sont un peu calmées depuis, donc….
Une fois rassemblées les informations pratiques de José, la conversation est revenue sur les expériences de Rémé à la suite de l'observation elle-même. Nous devons garder à l'esprit que pendant que les deux enfants rentraient chez eux dans le noir, Rémé, de deux ans plus jeune que José, pleurait sur son cheval et avait du mal à vivre l'expérience.
Paola : Avez-vous eu des expériences étranges, après votre observation ? Des rêves étranges, tout ce que vous pensez être lié à votre observation de l'engin et à votre proximité avec lui ? Dans vos rêves, que sont ces choses orientées vers l'espace, à part votre vision d’une sorte de catastrophe d'un gratte-ciel, de gens qui tombent, et tout ce genre de choses….
Rémé : Eh bien, une partie de mes rêves se passait quand j'étais sur le vaisseau, et il y en avait d'autres dans le même vaisseau, mais plus loin. (…)
Paola : Avez-vous vu les êtres ? Étaient-ce le même genre de personnage ?
Rémé : Non, je n'ai pas vu les êtres. Et cela n’avait ni rime ni raison.
Paola : Vous avez vu cela en dormant, ou juste en rêvassant ?
Rémé : Je ne rêvais pas. J'étais au lit. Il y avait des choses bizarres et je les ai vues. Au bout d'un moment, c'est déprimant, parce que vous ne vous sentez pas vraiment bien.
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TROISIEME PARTIE


L’ARMATURE EN SILUMIN
Le problème, avec les OVNIs, est que « quelqu’un » fabrique le Réalité pour nous, et nous ne savons pas qui c’est… Se peut-il qu’il existe une Conscience qui déplace le point médian du système humain, en altérant subtilement nos statistiques ?
Professeur Robert Jahn
Doyen de la Faculté des Sciences de l’Ingénieur
Université de Princeton
CHAPITRE NEUF
L'ENQUÊTE
« Au bout d'un moment, c'est déprimant, parce que vous ne vous sentez pas vraiment bien, » avait déclaré Remigio Baca à Paola en 2010. Je me sentais ainsi moi-même en 2019, en rentrant du Nouveau-Mexique après mon deuxième voyage sur le site.
En fait, je dois reconnaître que nous avions plus de questions qu'au début. Lorsque je lui ai reparlé, début mars 2020, Paola habitait le Colorado et le monde était entré en mode confiné à cause de la pandémie de coronavirus. Je lui ai suggéré de profiter du confinement pour réexaminer tout ce que nous savions, et « reprendre les choses par le haut. » Sauf que maintenant, nous devions tout faire à distance, par téléphone, Internet et la merveille douteuse d'un logiciel peu sûr, connu pour ses fuites, mais étonnamment pratique, appelé "Zoom".
A cette époque Rémé Baca était décédé (25), mais en nous basant sur nos enquêtes sur site, nous avons pu ré-interviewer soigneusement José Padilla, maintenant âgé de quatre-vingt-deux ans, qui ne craignait plus de libérer la célèbre « armature » de l’US Army puisqu'il était bien hors de portée du bras long de la loi. Etant donné son âge, il voulait nous aider, une fois pour toutes, à comprendre et à documenter les événements de 1945. Quant à moi, je venais d'avoir quatre-vingts ans, j'étais impatient de l'écouter et d'apprendre, car ce qu'il disait pouvait apporter de la clarté et de la substance à un mystère qui m'avait intrigué, professionnellement et personnellement, pendant la majeure partie de ma vie. Il fallait tout recommencer, dis-je à Paola, en partant de l'engin lui-même. Pour la première fois, on pouvait apporter des éléments précis aux scientifiques. Nous en avions assez des spéculations ésotériques de la littérature : nous avions besoin de connaître les dimensions réelles, le poids, les matériaux et un modèle général de l'extérieur et de l'intérieur. Nous avons donc dressé une nouvelle liste de questions et elle a encore une fois exploité l'excellente mémoire de José.
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La première série d’entre elles, alors que nous examinions les transcriptions précédentes pour atteindre un plus haut niveau de précision, concernait le métal et les débris qui avaient jonché le sol après l'accident.
Paola : Bon maintenant, s'il n'y avait plus rien là-bas, qu'est-ce que ces soldats emportaient ? Et il y avait un panneau cassé : Que diable ramassaient-ils ?
José : Des morceaux de … comme du métal écrasé, … de l'aluminium : quand ça casse, ça ne se brise pas en morceaux, ça se désagrège. Ils poussaient dans ce trou-là des morceaux de métal désintégré.
Paola : Avez-vous vu l'un d'entre eux ramasser quelque chose ?
José : Ils ont juste donné des coups de pied dans ce qui restait. Vous voyez, ils étaient censés ramasser ça, l'emballer et le mettre dans une boîte ou quelque chose du genre, pour l'emporter. Ils ne l'ont pas fait. Ils étaient trop paresseux pour travailler. Ils sont juste allés l'enfoncer dans une petite crevasse, vous savez, et ont mis de la terre par-dessus.
Paola : Et vous, les garçons, avez-vous fait ça aussi ?
José : Non, non, nous n'avons pas fait ça.
Paola : Bon alors, quoi…
José : Après que ça s'est passé, un jour et demi plus tard, quand on est revenus avec Eddie Apodaca, le policier, quelqu'un avait nettoyé, comme avec un râteau, et il n'y avait pas de morceaux par terre.
Paola : OK, donc les morceaux que les soldats poussaient avec leur pied, diriez-vous que c'étaient des petits morceaux, ou y avait-il des gros morceaux ?
José : Non, non, il y avait juste des morceaux qui étaient…, bon sang, on peut juste les ramasser à la main, vous savez : du métal désintégré.
Paola : Du métal désintégré. Je ne peux pas imaginer ce que c'est, mais...
José : Ce sont des morceaux de métal comme… OK, la fonte, parlons de la fonte maintenant. La fonte, vous ne pouvez pas la casser. Elle va se désintégrer. Si vous la frappez avec un marteau, elle tombera en morceaux.
Paola : C'est donc ce en quoi consistaient les débris, mais si c'était un panneau et que le panneau n'était pas cassé, quelle partie l’était ?
José : Ça a dû être... je dirais, vous savez, que c'était une partie qui s'est cassée hors de... hors de l'objet. Les morceaux de métal là, que ces gars envoyaient dans la crevasse à la pelle, étaient probablement des morceaux d'une charnière ou d'un support qui maintenait ce panneau.
Paola : Vous savez José, quand vous dites ça, on dirait que ça a été fabriqué. Pourtant, vous n’aviez vu aucune vis ou quoi que ce soit, tout était lisse. Il semblait que vous parliez de quelque chose qui aurait pu être fabriqué. Mais même l'extérieur de l'engin, est-ce que tout était lisse ?
José : Oui, c'était lisse.
Paola : Vous avez dit que c'était gris. Est-ce qu'il brillait au soleil ?
José : C'était un gris, un métal gris qui… peut-être dû à la fumée, ou la chaleur, quand il flottait vers le bas, ou quelque chose…
Paola : En d'autres termes, quand il s'est écrasé, il a traversé une situation de chaleur.
José : Eh bien, non. Il y avait juste quelques égratignures à l'endroit où il se trouvait, sur le sol.
Paola : Il y avait des égratignures ?
José : Oui, sur le panneau extérieur. Mais c'était une zone lisse, vous savez.
Paola : Quel temps faisait-il quand tout cela s'est produit ?
José : C'était humide. Il pleuvait, mais la pluie a cessé. Mais quand ça… je vous le dis, cette chose était si chaude quand elle a touché le sol, qu'elle a déclenché un incendie ! Et le Boum…
Paola : ….quand vous avez entendu le Boum ou la détonation, et que vous pensiez que c'était encore la bombe, y avait-t-il eu un éclair et un orage ?
José : Non, c'était après.
Paola : Y a-t-il eu un éclair et un orage ?
José : Il y a eu un éclair et un orage, mais lorsque ce « Boum » s'est produit, je crois que c'est à ce moment-là que cet objet a heurté la tour.
Paola : L'état du tonnerre et de l'orage pourrait-il affecter cette chose, pensez-vous ?
José : Eh bien… mon… (Rires), mon opinion est que cet « éclair » a projeté à terre cet objet, quel qu'il soit, ça l'a fait tomber, et il a heurté la tour.
Paola : La foudre, en le frappant, a électrifié l'engin, puis il est allé percuter la tour, ensuite il s'est écrasé ?
José : Exactement : il s'est écrasé à cet endroit, où il a dérapé jusqu'au bout… jusqu'à s'arrêter.
Paola : Eh bien, Jacques a peut-être d'autres questions à vous poser, car il essaie de tout recréer.
En effet. D’expérience, je savais que l'histoire que nous allions reconstituer à partir des récits parfois divergents des deux principaux témoins serait contestée, déformée dans une douzaine de podcasts et enfouie au milieu d’informations fausses ou délibérément trompeuses par des gens naïfs ou pas si naïfs : des individus qui ont tendance à se présenter autour de telles enquêtes. Mais il y aurait aussi des enquêtes sérieuses de la part de scientifiques véritablement intéressés.
Nous devions faire de notre mieux, en précisant les caractéristiques physiques de l'objet lui-même, comme s’il s’agissait d’artisanat manufacturé. Tous les analystes qui allaient nous suivre ou examiner notre travail voudraient en connaître les dimensions et les matériaux - deux domaines que M. Padilla a abordés avec beaucoup de compétence dans nos entretiens -- mais aussi le poids, la densité et d'autres caractéristiques.
L'objet était parti depuis longtemps, et le mieux que nous puissions faire était une estimation.
C'était à notre portée, d'après les paramètres des outils utilisés par l'Armée pour le récupérer, à savoir la grue pour le soulever et le camion pour l'emporter : et cela nous a conduits à générer une nouvelle liste de questions.
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Paola : Nous devons savoir deux ou trois choses. Quand vous vous êtes approché du camion à remorque, quelle longueur pensez-vous qu’il avait, à votre avis ?
José : La remorque ? Treize ou quatorze mètres de long.
Paola : Quelle taille pensez-vous que l’engin mesurait ? Il était incliné sur le côté, n'est-ce pas ?
José : On recommence. Le camion… La remorque à plateau mesurait quatorze mètres de long ; l'objet mesurait neuf mètres sur cinq environ.
Paola : Neuf mètres sur cinq, d'accord. Quand vous êtes entrés, vous êtes passé sous la bâche. Est-ce qu'il faisait noir?
José : Oui, c'était le cas.
Paola : Il faisait sombre, comment pouviez-vous voir quoi que ce soit ?
José : Eh bien, quand la bâche était ouverte, à travers le trou, le soleil brillait, venant de l'ouest.
Paola : Quand vous avez tiré la bâche à travers ce trou, avez-vous pu voir ce qui se trouvait à l'intérieur ?
José : C'était clair.
José nous disait qu’à ce moment-là, les soldats avaient enlevé tous les objets en vrac qui auraient pu se trouver à l'intérieur de l'engin. Sur place, l'armée était maintenant prête à emmener l'objet, solidement attaché sur la remorque, vers une base militaire ou un laboratoire. En reconstituant les circonstances physiques, nous avancions. Mais de nombreuses questions subsistaient.
Paola : On voudrait savoir, avez-vous touché la paroi ? Etait-ce du métal, du plastique ? Qu'est-ce que c'était?
José : Le sol était en métal, le revêtement aussi.
Paola : Qu'est-ce que c'était, était-ce comme de l'acier ? Avez-vous touché le mur ?
José : C'étaient des panneaux métalliques.
Paola : Oh, c'était des panneaux ? Vous voulez dire, il y avait des séparations ?
José : Panneaux métalliques à l'intérieur, tout autour. Vous voyez, l'objet était de forme ovale.
Paola : Pourquoi avez-vous dit « panneau » ?
José : La paroi, comme à l'intérieur du mur ; c'était des panneaux : c'était du métal.
Paola : Vous avez mis les mains sur le mur ?
José : Oui, je l'ai fait.
Paola : Et on ne voyait aucun meuble ? Ou quelque chose à l'intérieur ?
José : C'était propre, comme si quelqu'un était passé, et avait tout nettoyé, sauf cette pièce que vous avez (Note : l'artefact de la figure 20), et les parois...
Paola : Est-ce la seule... la seule chose que vous ayez vue ? Avec ce panneau sur le mur ?
José : Oui ; et le petit dôme, tout en haut.
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On lit souvent des témoignages sur des objets en forme de soucoupe avec un dôme transparent ou translucide. J'en avais moi-même observé un à Pontoise en 1955, avec deux autres témoins (l'un d'eux à 500 mètres de moi, équipé de jumelles). Mais l'engin que José nous décrivait était très différent : ce n'était pas du tout un disque ; il était en forme d'œuf ou d'avocat, et il y avait une petite bulle de verre ou de plastique, non pas tout en haut mais vers l'arrière, d’après les dessins de José (Fig. 21).
José le confirma à nouveau à Paola, lorsqu'elle demanda : « Et le dôme, de quoi pensez-vous que le dôme était fait ?
José : OK… pour moi, c'était transparent comme du plastique.
Paola : Ça avait l'air clair comme un plastique. Était-il assez grand pour contenir un ou deux hommes ?
José : Ah, cette chose mesurait environ soixante-dix à quatre-vingt-dix centimètres de large, et une forme ovale, et on pouvait voir à travers.
Paola : Etes-vous monté dans ce dôme ovale, et qu’avez-vous constaté ? Pouviez-vous monter là-haut ?
José : Non. Je ne pouvais pas monter, car il était incliné, mais, depuis le sol je pouvais voir à travers.
Paola : Oh, c'est intéressant ! On pouvait voir à travers depuis le sol. Un homme pourrait-il s’y installer?
José : S'il y avait une échelle, ou une sorte d'objet, cela soutiendrait un homme là-haut.
Paola : Alors, si c'était un petit homme… Est-ce qu'un petit homme pourrait monter là-bas et regarder?
José : Oui, ils le pourraient, parce qu'ils seraient plus petits que nous. C'était comme une tour de guet ou quelque chose comme ça.
Paola : Mais pouviez-vous y monter, à votre âge, ou était-ce trop petit pour vous ?
José : Non, j'aurais pu monter là-haut si j'avais eu une échelle et une sorte de poignée à laquelle m'accrocher…
Paola : Alors, vous pouviez voir l'intérieur du vaisseau, parce que le soleil entrait ?
José : Exact.
Paola : Vous vous en souvenez vraiment bien ?
José (énergiquement) : Oh, oui !
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Notre liste comprenait encore deux questions, l’une sur l'impression finale que José a eue en entrant dans le véhicule et l’autre sur ses souvenirs des petits occupants. Nos interrogatoires séquentiels avaient déjà couvert ces éléments, mais il y avait des divergences entre José et Rémé qui reflétaient la profondeur des informations manquantes et les différences naturelles dans les réactions psychologiques à un événement traumatisant.
Paola : Ensuite vous remettiez la bâche. OK, maintenant, le trou ? Le trou était-il parfaitement rond ou était-il dentelé ? Était-il déchiqueté là où il est sorti?
José : Il me semble qu'un panneau entier a été éjecté…
Paola (surprise) : Oh, alors, allez-y…
José : C'était comme un panneau entier, vous savez, quand il a heurté la tour, il est tombé. Il mesurait environ un mètre vingt de large sur près de trois mètres de haut. A l'intérieur, le plafond était de quatre mètres et demi.
Paola : Le plafond était de quatre mètres et demi, à l'intérieur. Donc, quand il a heurté la tour, ce n'était pas un trou dentelé : le panneau que vous avez vu s’était éjecté.
José : On aurait dit un panneau qui venait de se briser.
Paola : Ça faisait partie du vaisseau, mais c'était un panneau, tout n'était pas déchiqueté ou explosé.
José : Non, ça avait l'air parfait, à part les morceaux qui étaient, qui sont tombés par terre, vous savez. Mais le panneau était grand et il a explosé.
Paola : Avez-vous vu des matériaux qui se replient, comme l'aluminium, que Rémé avait à l'intérieur ?
José : Non, cette chose a été nettoyée, à l'exception de ce mécanisme que j'ai sorti (l’armature).
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Paola : Maintenant, je vais vous parler des petites créatures. Quand vous regardiez à travers les jumelles, de quelle couleur semblaient-elles être?
José : Soit ils portaient un uniforme, soit leur peau était comme… un gris clair.
Paola : OK, vous pensez qu'ils portaient un uniforme ou que leur peau était gris clair. Et qu'en est-il de leur tête ?
José : Ils étaient petits et avaient de longs bras qui atteignaient jusqu'aux genoux.
Paola : Mais comment était leur tête ? Était-elle de la même taille (que les humains) ?
José : La tête était une sorte de poire, vous savez, une forme de poire.
Paola : Oh, une tête en forme de poire, d'accord. Était-elle grande, petite ou de la même taille ?
José : La tête était juste un peu plus grosse que la poitrine.
Paola : Donc c'était plus gros que leur poitrine. Pensiez-vous que la tête était trop grosse, quand vous la regardiez ? Ou pensiez-vous que la tête était normale ?
José : Je pense que la tête était normale. La seule chose que je comprenais était que, pour moi, ils ressemblaient à une fourmi rouge.
Paola : C'est à cause de la forme, non ? La forme vous a fait dire ça, une fourmi rouge ?
José : oui.
Paola : Vous avez vu leurs yeux ?
José : Les yeux étaient une sorte de larme, en longueur.
Paola : Donc c'était comme des yeux asiatiques, presque, non ? Des larmes, en longueur. En d'autres termes, diriez-vous qu'une partie de l'œil s'enroulait autour de la tête ?
Table 1 : CALENDRIER DE L’ARMEE
POUR LA RECUPERATION DE L’ENGIN
16 au 25 Août 1945
Date T°, météo Témoins Objet Occupants Opérations
__________________________________________________________________________________
Jeudi 16 tonnerre José & Rémé Heurte une Trois Un aviateur voit la
& pluie cherchent un veau tour radio, insectoïdes scène et deux
66/92 nouveau-né, crash « jeunes Indiens »
voient 3 créatures_________________________________________________
Vendr.17 67/97 Rapport : autorités Aucune Aucune Aviateur Brothy ___________________Jardinage chez eux donnée donnée___ sur les lieux______
Samedi 18 69/98 1.Visite du site avec la Apodaca et Absents Colonel Turner
Police (Apodaca) père Padilla (US Army) :
2\. Reviennent seuls choqués site nettoyé______
Diman.19 69/100 Témoins sur site Déclaration de
l’Armée : ballon !
Demande d’accès
Lundi 20 Traces Témoins sur site Elargir l’entrée
de pluie à 9 mètres
65/98_____________________________________________________________________
Mardi 21 Traces Témoins sur site Gros camion avec
de pluie remorque
65/81_____________________________________________________________________
Mercrdi 22 Témoins sur site Les soldats
61/85_____________________________________________________amènent une grue_
Jeudi 23 61/88 Témoins sur site Construisent un
______________________________________________________ cadre en métal____
Vendr 24 62/93 Témoins sur site Les soldats
__ chargent l’objet___
Samedi 25 66/93 Témoins sur site ---→ Armature enlevée Soldats relaxent
Le camion part
Note : Les données météo viennent des archives de Socorro et de la base aérienne d’Holloman.
José : Sauf s'ils avaient des lunettes. Il me semblait soit qu'ils portaient un uniforme, soit que c'était la forme de leur corps et de leurs yeux.
Paola : Alors leurs yeux étaient en forme de larme, en longueur, vous avez dit, pas de nez, non ? Nez et bouche ?
José : La bouche ? Comme un petit trou, comme la bouche d'un bébé : petite, et le nez, c'était comme deux petits trous.
Paola : Et les oreilles ?
José : Les oreilles étaient un peu… vraiment petites. De petites oreilles minuscules, et ce trou, vous savez.
Paola : D'accord. Et ils n'avaient pas de cheveux ? C'était donc une tête chauve, non ?
José : Exact.
Paola : Maintenant, quel bruit faisaient-ils ? Aviez-vous l'impression qu'ils communiquaient ?
José : Pour moi, ils semblaient être blessés, et ils faisaient, oh, je dirais, comme un lapin qui a été blessé ; ou un nouveau-né qui pleurait.
Paola : Un nouveau-né qui pleurait. Et quand vous les avez regardés à travers les jumelles, avez-vous pensé qu'ils savaient que vous les regardiez ?
José : Ah, non ! Personne ne nous regardait ; ils ne savaient pas que nous les regardions. S'ils nous avaient observés, je pense qu'ils seraient venus vers nous. Ces êtres avaient peur. Et je savais qu'ils étaient blessés. Ils étaient excités, je suppose. Ils faisaient des va-et-vient.
Paola : Par va-et-vient, vous voulez dire glisser ? Et combien en avez-vous vu ?
José : Ils étaient trois.
Paola : Vous en avez vu trois. Et il n'y avait pas de mort ? Vous n'en avez pas vu un mort ?
José : Non.
Paola : Vous en avez vu trois. Et Rémé vous a-t-il dit ce qu'il avait vu ?
José : Non, il ne l'a jamais fait. Je sais qu'il a regardé, il a vu à travers les jumelles.
Il a vu deux hommes que j'avais vus. Je lui ai dit qu'ils étaient blessés, c'est à ce moment-là que j'ai décidé que je voulais aller là-bas et aider, et il n’a pas voulu, et c'est tout.
Paola : En avez-vous parlé quand vous êtes rentré à la maison, des êtres étranges qui se trouvaient là-dedans ?
José : Oui, nous avons fait ça. (Note)
Paola : Et comment les appeliez-vous ? Parce que vous n'aviez aucune référence à quoi que ce soit.
José : Je les appelais Hombrecitos. Vous savez, petits hommes.
Paola : Petits Hombrecitos. Vous pensiez que c'étaient des hommes.
José : De la façon dont ils se déplaçaient et la nôtre, il semblait qu'ils étaient plus âgés que nous.
Paola : Alors vous ne les appeliez pas « petits enfants, » vous les appeliez petits hommes.
José : Oui. Il me semblait que je voyais, vous savez, des nains.
Paola : Des nains. Quand vous y pensez, et je sais que vous le faites, est-ce que ça vous a semblé bizarre ? Ou normal, parce que vous aviez neuf ans ?
José : De toute ma vie, je n'ai jamais rien vu de tel. Et j'ai été surpris… Je voulais y aller et voir ce qui se passait. J'aurais aimé (inaudible) y être allé. Mais si je l’avais fait, je ne serais pas là pour vous le dire !
Paola (riant) : Je sais ! Mais quand vous aviez neuf ans, qu'avez-vous pensé ? Pensiez-vous qu'ils étaient normaux ? Des humains ?
José : Je pensais que c'étaient des humains.
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Paola et moi avons soigneusement retranscrit cette cassette et l'avons tous les deux relue plusieurs fois, notant les termes utilisés et admirant la précision avec laquelle José se rappelait ces événements de 1945 avec les mots d'un policier qualifié, afin de reconstituer les détails pour nous. Il y avait beaucoup de choses entre les lignes ; beaucoup de choses qui nous semblaient incomplètes ou inconsciemment supprimées ; et il y avait beaucoup de choses que nous ne comprenions tout simplement pas.
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Note : Rémé Baca avait déclaré précédemment : « L'objet était occupé par des formes de vie distinctement non humaines qui étaient vivantes et se déplaçaient à notre arrivée, quelques minutes après l'accident. »
Il nous paraissait maintenant évident que l'information reposait sur plusieurs couches et que la clé ultime du phénomène ne se trouvait peut-être pas dans la couche physique et technique, mais dans les niveaux plus subtils de l'environnement humain : la société culturelle et multiraciale du magnifique Sud-Ouest américain, et dans la relation inconsciente que le phénomène avait pu établir avec l'esprit des témoins choisis. Et ces derniers venaient d'être engloutis dans la première explosion atomique à grande échelle de l'histoire de l'humanité, fait que les ufologues avaient complètement raté.
Au bout d'un moment, la vérité s'est imposée à nous : même si les physiciens le considéraient comme tel, Trinity n'était pas simplement un « test. » Trinity ne signifiait rien de moins que la première explosion à grande échelle d'une bombe atomique sur le sol américain, sachant qu'une partie de la population américaine resterait dans l'ignorance et serait exposée. Était-ce la clé qui nous manquait, pour comprendre l'appareil qui s'est écrasé à San Antonito ?
Les scientifiques considéraient leur bombe comme un test de physique ; les militaires comme un test d'armement. Les historiens, aujourd'hui, utilisent encore ce mot : « tester. » Ce n'est qu'une première approximation, un grossier euphémisme. Il n'y avait rien de réduit dans les six kilogrammes de plutonium à l'intérieur du gadget. C'était une vraie bombe, grandeur nature. C'était le jumeau de la bombe qui allait pulvériser Nagasaki. Elle a fait le même travail qu'une bombe au plutonium à grande échelle.
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White Sands est peut-être un désert, mais le recensement de 1940 a noté 38 000 personnes vivant à moins de cent kilomètres de Trinity. Dans leur livre de science politique de 1991 Trinity's Children (26), Bartimus et McCartney mentionnent la beauté du haut désert et des montagnes de chaque côté de l'Interstate 25 lorsqu'elle serpente vers le nord depuis Las Cruces, au Nouveau-Mexique, jusqu'à Buffalo, Wyoming. Mais les critiques de leur livre ont été frappés par le fait que depuis l'avènement de l'âge atomique, la région « a toujours joué un rôle majeur, attirant sur son étendue de milliers de kilomètres, les physiciens nucléaires, les concepteurs de superordinateurs et les dirigeants de l'aéronautique. L'isolement a, bien sûr, été un autre grand avantage, tandis que les faisceaux laser, les chasseurs furtifs et les chars endurcis jouent à des jeux de guerre, et que les missiles défectueux se préparent à exploser parmi seulement quelques éleveurs pour se plaindre. » Ils soulignent également que « le méchant dans cette histoire est, et a toujours été, le secret. » On pourrait dire la même chose aujourd’hui, au sujet des OVNIs.
Les auteurs du livre commentent que l'explosion de dix-neuf kilotonnes du Gadget « n'était pas une très efficace : elle n'a pas utilisé tout le plutonium. Ainsi, de minuscules morceaux de plutonium non explosé ont été dispersés sur des centaines de kilomètres. »
Une étude officielle de 1978 a conclu que l’endroit était « l'une des zones les plus contaminées au plutonium aux États-Unis, à la fois en termes de quantité de plutonium déposé et d’étendue. »
Les partisans de l'option nucléaire soulignent qu'Oppenheimer et son équipe ne pouvaient pas prévoir l'ampleur des dégâts pour la population. L'argument a une part de vérité : le rapport sur l'explosion du colonel Stafford I. Warren, chef de la section médicale du District de Manhattan, observe que « le test était plusieurs fois supérieur à celui attendu par le groupe scientifique. » Une autre estimation dit qu'il était quatre fois plus élevé. Le colonel Warren a poursuivi en signalant que « la masse et le sommet de la colonne de nuages ont atteint une hauteur phénoménale, estimée à des degrés divers entre 15.000 et 20.000 mètres. » Il a ajouté que « la partie médiane (du nuage radioactif) s'est déplacée vers l'ouest et le nord-ouest. »
Ce qui l'a amenée juste au-dessus de la communauté de San Antonio.
Il note que l'énergie était de l'ordre de dix kilotonnes de TNT. Comme nous l'avons vu au chapitre 1, Enrico Fermi a obtenu près du double de ce chiffre. Rémé Baca rappelle que « des débris de retombées, ressemblant à une poussière semblable à du sable, « comme de la neige » ou « comme de la farine » couvraient le paysage désertique. Elle a enduit des clôtures et des poteaux, des bâtiments, des toits et des cordes à linge. Il a également plu la nuit après l'explosion de Trinity. A cette époque de l'histoire du Nouveau-Mexique, lorsque les toits de nombreux éleveurs et agriculteurs retenaient l'eau de pluie dans des citernes et des barils (...) celle-ci était contaminée par des débris radioactifs, notamment de la poussière de plutonium. »
Personne n'en a été informé.
Des contaminants en grande quantité, y compris de l'iode-131 (qui affecte la glande thyroïde) et de nombreux autres isotopes radioactifs se sont infiltrés dans le lait de chèvre et de vache, le gibier et les poulets, et les œufs de volaille. Pourtant, aucune mesure de protection n'avait été recommandée à la population, comme on aurait pu le faire sous quelque prétexte : le bruit et la lumière de l'explosion n'avaient-ils pas été « expliqués » à la population comme un accident dans un dépôt de munitions ? En 2008 (!) seulement un examen des Centers for Disease Control (CDC) a avoué que les doses reçues par les victimes de Trinity n’avaient jamais fait partie d'une évaluation scientifique et médicale, même si le personnel biologique du projet Manhattan était sur place et devait être conscient des dangers.
Au moins, au moment où ils l'ont larguée sur le Japon, ils avaient réajusté les capteurs de pression pour déclencher la détonation à 600 mètres d'altitude, afin d'éviter d’induire à long terme les mêmes dommages que la bombe lorsqu'elle avait explosé chez eux, au Nouveau-Mexique. Mais aucune évaluation des dommages épidémiologiques ou génétiques à long terme n'a jamais été lancée pour les populations « sous le vent » de Trinity.
Dans son livre remarquable, 140 Days to Hiroshima, écrit du point de vue des Japonais, l'historien David Dean Barrett rappelle que le général Marshall avait envisagé la possibilité d'utiliser des bombes atomiques comme armes tactiques, « pour attendrir les forces japonaises. » Il avait examiné les données scientifiques et médicales provenant d'Alamogordo et « il pensait que les forces américaines feraient mieux de faire face aux risques de radiation qu’a un très grand nombre de défenseurs japonais. »
Barrett poursuit en notant que ni Marshall, « ni personne d'autre aux États-Unis, y compris les scientifiques du projet Manhattan, n'a clairement compris ce que ces risques impliquaient. »
« En fait, six ans après les attaques atomiques contre le Japon, le gouvernement des États-Unis utilisait toujours les soldats et les Marines américains essentiellement comme des cobayes humains, en les plaçant à seulement trois kilomètres de l'épicentre des explosions nucléaires, puis quelques instants plus tard, une fois la vague de l’explosion passée, en les conduisant jusqu'au point de détonation... »
Peu importe le délai de six ans : le livre de Barrett met en évidence le fait que dix-sept ans après Hiroshima et Nagasaki, le Pentagone ignorait encore tous les dangers des radiations pour la santé : « Au Nevada Test Site (...) des soldats Américains et des Marines ont été placés dans des tranchées à seulement trois kilomètres du centre d'une explosion nucléaire. Une fois l'onde de choc passée au-dessus d'eux, ils ont marché jusqu'à Ground Zéro.
Les anciens combattants atomiques, comme ils sont nommés à présent, ont contracté, un ou plusieurs des vingt et un différents cancers, en raison de leur exposition aux rayonnements.
Au final, le gouvernement américain a payé 800 millions de dollars de dédommagements. » (Op.cit. p.278)
David Barrett conclut que ce qui semble clair d'après la durée des tests, est « le peu qu'ils savaient auparavant. » La même affirmation s'applique à ce qu' « ils » savent des OVNIs, et en particulier des quelques découvertes rapportées dans la littérature ouverte, sur leur composition matérielle.
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Le catalogue des cas physiques non classifiés où la récupération d'un échantillon matériel a été effectuée dans des conditions fiables est réduit, mais il fournit une base pour quelques comparaisons simples. Nous avons sélectionné onze des études les plus intéressantes, dont les résultats ont été publiés au cours des 40 dernières années : dès 1998 je les avais discutés et publiés en détail.
De nouveaux cas se produisent et sont décrits avec une fréquence inégale, donc notre collection s'étoffe et nous allons continuer à rapporter les découvertes physiques ; il est donc important de placer l'accident de San Antonito dans la perspective de ces autres incidents connus.
Pris dans leur ensemble, ils forment une tapisserie intéressante.
Cas n°1 : 17 avril 1897 à Aurora (Texas)
L'histoire, racontée à l'époque dans un journal régional, affirmait qu'un objet inconnu « a navigué au-dessus de la place publique et, ayant atteint la partie nord de la ville, est entré en collision avec la tour du moulin à vent du juge Proctor (les rapports l'ont indiqué comme un moulin à vent, mais c'était un guindeau) et s'est effondré avec une formidable explosion, éparpillant des débris sur plusieurs hectares. »
Le navire avait un pilote, continuait l'histoire, et il est mort dans l'accident. Il « n'était pas un habitant de ce monde, » et lorsqu'ils l'ont enterré, des papiers indéchiffrables ont été trouvés sur sa personne. Quant à l'objet métallique, il semblait être fait « d’une combinaison d'aluminium et d'argent. »
Considérant l’histoire comme une anecdote américaine intéressante, mon ami Don Hanlon et moi l’avons publiée en 1967. Notre article a ravivé l'intérêt pour cet incident : il a fait l'objet d'une nouvelle enquête en 1973 par William Case, un journaliste du Dallas Time-Herald, et par le personnel de la compagnie d'aviation McDonnell Douglas. Leurs recherches sur le site ont mis à jour des éléments étonnamment solides : quelque chose de très étrange s'était réellement produit à Aurora. (Note)
Un fragment aurait été récupéré du puits et un autre, découvert à 50 mètres au NO du guindeau, a été retrouvé enterré à environ 10 cm dans le sol. Le premier fragment était en fusion lorsqu'il a voyagé dans les airs et heurté le sol. Un autre fragment du puits était également en fusion lorsqu'il a heurté le guindeau en bois. Ce qui était unique à propos de ce fragment du puits, c'est que le métal en fusion avait carbonisé le bois en heurtant la structure du guindeau et que des morceaux de ce bois carbonisé, ainsi qu'un clou carré, se sont enfoncés dans le métal.
Le fragment récupéré par M. Case et son équipe était constitué d'aluminium (83 %) et de zinc (environ 16 %) avec d'éventuelles traces de manganèse et de cuivre (désolé, pas d'« argent »). Selon les techniciens de McDonnell, cette combinaison pourrait provenir de nombreux alliages d'aluminium courants, mais pas avant 1908.
Un expert de longue date sur l'affaire m'a écrit : « En raison des caractéristiques de ces deux fragments métalliques et de l'endroit où ils ont été trouvés, il serait difficile de concevoir qu'il s'agisse d'un canular. Brawley Oates, une personne âgée vivant sur le terrain près du puits, nous a remis les fragments, étant plus préoccupé par sa santé, puisqu'il avait bu l'eau du puits avant qu'il ne soit bouché. Il n'avait aucune envie d'être sous les feux de la rampe. Il ne nous a pas échappé que, comme l'engin ovale vu par Padilla et Baca, l'objet d’Aurora a heurté une tour avant de s'écraser au sol : deux accidents similaires, à
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Note : Rapport de la société McDonnell sur l'affaire Aurora, par Holliday, J. E., non publié, daté du 13 août 1973. Les enquêteurs sur place étaient Ronald A. et N. Joséph Gurney (12 mai 1973).
un demi-siècle d'intervalle... Si ceux-ci sont pilotés par des extraterrestres, qu'est-ce que cela nous apprend sur leurs compétences en navigation ?! »
Cas n°2 : 21 juin 1947 à Maury Island (État de Washington)
Cet après-midi-là (trois jours avant la célèbre observation de Kenneth Arnold), quatre personnes se trouvant sur un bateau près du rivage de cette île située près de Tacoma, ont rapporté une observation qui a depuis laissé perplexe et divisé les chercheurs. Selon l'article publié, les témoins étaient M. Harold Dahl, un opérateur de sauvetage, son fils de quinze ans et deux membres d'équipage. Ils avaient un chien avec eux. Ils ont rapporté avoir vu un groupe de six grands objets plats en forme de beignet volant à une altitude estimée à 600 mètres. Leurs trous centraux mesuraient environ 8 mètres de diamètre et brillaient d'une couleur or-argentée.
Un des objets a soudainement commencé à vaciller et il est tombé à une altitude de 150 mètres au-dessus du bateau. Un autre disque est tombé (comme pour aider celui en difficulté, selon Dahl).
Une explosion sourde fut entendue et de nombreuses feuilles d'un métal léger et mince sont sorties de l'ouverture centrale dans l'objet troublé tandis que les témoins étaient couverts de fragments chauds et sombres dont la couleur ressemblait à de la roche de lave ou du laiton. Le chien touché par l'un des fragments serait décédé.
Le rivage fut retrouvé jonché de matériau vitreux et de feuilles d'argent. Dans une série d'enquêtes confuses, les autorités militaires et le FBI ont attribué l'affaire à un canular, conclusion adoptée par de nombreux ufologues, mais je ne pense pas qu'une telle déclaration puisse être tirée des faits rapportés.
Comme l'a commenté M. Ray Palmer :
« Voilà, nous y sommes. Les échantillons (...) n'étaient pas des scories ni de la roche naturelle. Qu'étaient-t-ils? »
Cas n°3 : juillet 1952 (Washington, DC)
Des informations obtenues par le célèbre journaliste Frank Edwards ont confirmé un incident où un morceau métallique « est tombé » d'un disque volant.
Un fragment représentant environ un tiers de son volume a été examiné quelques années plus tard par un chercheur officiel du gouvernement canadien, M. Wilbert Smith.
De plus de 2.5 cm de taille, il était remarquablement dur et aurait consisté en « une matrice d'orthosilicate de magnésium » composée de fragments mesurant 15 microns.
Interrogé par deux chercheurs civils, MM. C.W. Fitch, de Cleveland, et George Popovitch d'Akron (Ohio), Smith a ajouté qu'un pilote de l'US Navy était à la poursuite d'un disque volant lorsqu'il « a vu un fragment scintillant brillant se détacher et tomber au sol. »
Récupéré une heure plus tard, il pesait 250 grammes. Smith aurait montré l'échantillon à l'amiral Knowles.
Nous aurons plus à dire sur ce fragment - et sa remarquable origine dans un chapitre ultérieur.
Cas n°4 : 14 décembre 1954 à Campinas (Brésil)
De nombreux témoins auraient observé trois objets en forme de disque en vol au-dessus de la ville. Encore une fois, l'un d'eux a commencé à vaciller rapidement et a perdu de l'altitude.
Les autres objets l'ont suivi et il s'est stabilisé à environ 100 mètres. À ce moment-là, le disque en danger a répandu un mince filet de liquide argenté.
Le matériau aurait éclaboussé une vaste zone, y compris les toits, les rues, les trottoirs et même les vêtements laissés à sécher. Une analyse effectuée par un laboratoire gouvernemental brésilien anonyme aurait identifié l'étain (Sn) comme composant principal des échantillons.
Une analyse indépendante réalisée par un chimiste privé, le Dr. Risvaldo Maffei, a rapporté que 10% du matériau était composé d'autres éléments, mais il n'a fourni aucune donnée précise.
Cas n°5 : 11 novembre 1956 sur l'île de Väddö (Suède)
Le professeur Sturrock de l'Université Stanford, en Californie, a obtenu un échantillon qui aurait été récupéré par deux témoins d'un phénomène aérien.
Bien que le matériau semble être du carbure de tungstène courant, une étude menée par M. Sven Schalin dans un laboratoire d'avions SAAB, ainsi que dans des instituts scientifiques anonymes en Suède et au Danemark, a révélé qu'il contenait également du cobalt et était compatible avec les produits manufacturés.
Cas n°6 : Probablement 1957 à Ubatuba, près de Sao Paolo
(Brésil)
Cet incident bien étudié a été révélé grâce aux efforts d'un enquêteur dévoué, le Dr Olavo Fontes et de Jim et Coral Lorenzen de l'Aerial Phenomena Research Organization (APRO) en Arizona. Le rapport initial indiquait que sur la plage d'Ubatuba des témoins avaient rapporté avoir vu un disque qui a plongé à grande vitesse vers l'océan, s'est élevé à nouveau à environ 35 mètres et a explosé, inondant la zone de fragments métalliques brillants, dont certains sont tombés en eau peu profonde ou sur le sable. Quelques fragments ont été analysés au Brésil par le Dr. Luisa Barbosa dans un laboratoire spécialisé dans les analyses de production minérale. Elle a identifié les principaux composants comme étant du magnésium très pur, plus pur que le magnésium produit commercialement. Des travaux ultérieurs sous la direction du professeur Peter Sturrock ont été menés à l'Université Stanford et à l'Université d'Orsay en France, confirmant que le matériau était du magnésium et de l'oxyde de magnésium, avec une quantité infime d'« impuretés, » principalement de l'aluminium, du calcium, et du fer. Bien entendu, nous ne savons pas quel rôle précis les « impuretés » peuvent jouer ici.
Cas n°7 : 13 juillet 1967 à Maumee (Ohio)
Vers 23h26 une collision entre une voiture et une lumière non identifiée a produit des résidus sous la forme de deux échantillons de métal sur la route et de « matériau fibreux, également métallique, sur la voiture. » Les deux témoins étaient des vétérans de la Marine, dont un spécialiste du radar. Dans leur rapport de police, ils ont indiqué qu'ils avaient rencontré de manière inattendue une source de lumière intense, comparable à l'arc d'un soudeur, au milieu de la route alors qu'ils voyageaient vers l'ouest sur Stitt Road en direction de Whitehouse, Ohio.
Déviant vers la droite, la voiture a dérapé sur environ 20 mètres, les deux hommes s'attendaient à une collision, mais aucune trace de l'objet n'a été laissée lorsque la voiture s'est arrêtée. Cependant, du matériau « fibreux » a été trouvé plus tard sur la voiture. Selon Coral Lorenzen de l'APRO et le rapport Condon de l'Université du Colorado, il contenait 92% de magnésium.
Cas n°8 : Début des années 1970 à Kiana (Alaska)
Le professeur Sturrock a obtenu l'un des deux fragments récupérés de cet échantillon inhabituel, trouvé par un Esquimau sur une berge de rivière, suite à l'observation d'un phénomène aérien inconnu. Chaque spécimen est argenté, léger et semble avoir été versé à l'état fondu à partir d'une source proche du sol. La composition exacte est inconnue.
Cas n°9 : 1975 ou 1976 à Bogota (Colombie)
Deux étudiants de l'Université de Bogota étaient sur le point de prendre un taxi vers 4 heures du matin lorsqu'ils ont entendu des bruits métalliques au-dessus de leur tête. Ils ont vu un disque, d'environ 4 mètres de diamètre, se balançant dans les airs comme s'il avait du mal à maintenir son altitude de 10.000 mètres environ, une estimation évidemment approximative compte tenu des conditions. Quatre objets sont apparus, volant autour du premier comme pour lui porter secours. Des jets de liquide ont ensuite été expulsés de l'objet principal alors que les témoins s'abritaient sous un arbre et regardaient le liquide tomber sur le trottoir, produisant de la vapeur.
Après avoir laissé le matériau refroidir dix minutes pendant que les objets s'envolaient, les témoins ont récupéré deux morceaux de métal d'environ 10 centimètres sur 2.5 et un centimètre d'épaisseur. La première analyse a été réalisée en Amérique centrale par un ingénieur d'une compagnie pétrolière. Il a découvert que l'échantillon était composé d'un alliage d'aluminium avec du magnésium et de l'étain, et d'autres matériaux non identifiés. Le matériau était facile à couper, non magnétique et présentait une granulation très fine.
En 1985, j'ai obtenu un échantillon de ce matériel de M. Ricardo Vilchez, un chercheur latino-américain, et je l'ai apporté aux États-Unis pour une étude plus approfondie à l'Université du Texas, grâce au Dr. Harold Puthoff de l'Institute for Advanced Studies at Austin. En effet, nous l'avons trouvé composé principalement d'Aluminium (93,7%) avec du phosphore (4,8%), du fer (0,9%), des traces de soufre et une couche d'oxy-carbure inexpliquée. Une analyse ultérieure par SIMS (spectroscope de masse à ions à balayage) a révélé de l'aluminium et du magnésium ainsi que du potassium, du soufre, du sodium et du silicium. Le phosphore et le fer sont apparus sous forme d'oligo-éléments (pas d'étain).
Cas n°10 : 17 décembre 1977 à Council Bluffs (Iowa)
Dans cet incident, que mes collègues et moi avons analysé en détail, deux habitants de la ville ci-dessus, une banlieue est d'Omaha (Nebraska) ont vu un objet tomber au sol à 19h45 à proximité d'une digue à Big Lake Park, aux limites nord de la ville. Un éclair lumineux a été observé, suivi de flammes de plus de 2 mètres de haut.
Lorsque les témoins sont arrivés sur les lieux, ils ont trouvé une grande partie de la digue recouverte d'une masse de métal en fusion qui brillait en rouge-orange. L'incident est particulièrement intéressant car, arrivés sur les lieux en quelques minutes, la police et les pompiers ont pu identifier et interroger onze témoins en tout.
Deux des témoins avaient indépendamment vu planer à basse altitude, un objet rouge avec des lumières clignotant en séquence autour de la périphérie. L'échantillon récupéré a été analysé à l'Iowa State University et à la société Griffin Pipe Products, ce qui a permis de déterminer que le métal était principalement du fer avec de petites quantités d'éléments d'alliage tels que le nickel et le chrome, à l'exclusion d'une origine météoritique ou de tout autre événement naturel. L'incident n'a jamais été expliqué.
Cas n°11 : vers 1978 à Jopala, près de Puebla (Mexique)
Alors que je faisais des recherches au Mexique en novembre 1978, des enquêteurs de la région m'ont signalé la chute et la récupération d'un résidu métallique d'un objet volant inconnu. L'objet, tombé dans les montagnes près de Puebla, s'est avéré être composé de fer et de silicium. (1,13 %) avec des traces de manganèse (0,84 %), de chrome (0,77 %) et de carbone (0,28 %).
Ces dernières années, d'autres incidents incluant plus d’échantillons physiques provenant d'Amérique du Sud, de Russie et de France, entre autres pays, ont été signalés.
Table 2 :
COMPOSITION CHIMIQUE POUR LES ECHANTILLONS LES MIEUX CONNUS

Alors que la métallurgie évolue avec de nouvelles générations d'alliages « à haute entropie » aux propriétés remarquables, pourquoi ce vaste corpus de données précises a-t-il été ignoré si longtemps? Et pourquoi, aujourd'hui encore, les scientifiques s'obstinent-ils à rester studieusement ignorants de son existence ?
En plus des analyses de la composition chimique, des recherches avancées ont été effectuées sur les rapports isotopiques au sein des éléments trouvés dans ces échantillons. En particulier, certains auteurs ont suggéré que le magnésium d'Ubatuba avait été artificiellement altéré, une question encore en suspens aujourd’hui.
Mes collègues et moi refaisons ces mesures avec des méthodes plus précises pour découvrir la vérité. Nous avons appliqué les mêmes techniques aux échantillons disponibles, et, après un examen par les experts appropriés, nous espérons pouvoir publier ces résultats dans la presse scientifique, afin de les placer dans la littérature « officielle, » où ils n'ont jamais été admis. Mais on est encore loin du calibre d'investigation que mérite le sujet.
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CHAPITRE DIX
L'APPAREIL ET LES RÊVES
Après une journée sur place et un passage en revue des nouvelles données de M. Padilla, j’ai retrouvé Paola tôt le lendemain matin et nous sommes allés dans un café tranquille pour mettre à jour notre « Liste » d’objectifs et planifier la journée.
La prochaine série de questions de cette fameuse liste concernait le positionnement exact de l'armature et la façon dont elle avait été récupérée par l'enfant. J'étais désormais convaincu qu'il s'agissait d'un objet industriel courant, mais Paola n'était pas d'accord, et je devais admettre qu’un mystère subsistait.
En fait, c'était devenu encore plus déroutant : comment cette pièce en alliage d'aluminium brut s'est-elle retrouvée fixée à la paroi intérieure du véhicule extraordinaire que l'armée était si pressée d’emmener et de cacher dans un laboratoire tenu secret, où elle repose vraisemblablement aujourd'hui ? Armés d'un nouvel ensemble de données, nous sommes retournés voir José pour essayer de répondre à cette question.
Paola : OK, vous aviez l'impression qu'il fallait vous dépêcher ? Et arracher cet objet métallique de la paroi ?
Jose : Non… Voyez-vous, l'objet était en quelque sorte penché, incliné, et le mécanisme était sur le mur, et comme j'étais debout, je pouvais le regarder de biais. C'est pourquoi j'ai appuyé avec cette « barre de triche » et la goupille est tombée sur le sol. Il n'était presque pas debout. (Note)
Paola : Alors la goupille est tombée par terre, parce qu'elle était penchée... elle n'était pas droite. Ce que je vous demandais : étiez-vous nerveux parce qu'une sentinelle risquait de vous trouver? Vous n'étiez pas pressé ?
José : Non.
Paola (riant) : Pourquoi ? N'aviez-vous pas peur ?
José : (très sérieux) Non. Je n'ai jamais eu peur.
Paola : Alors, vous pensiez pouvoir prendre tout votre temps?
Jose : Eh bien, quoi qu'il arrive, j'étais sur place, et j'allais suivre mon plan.
Paola (riant) : OK, OK José, mais n’avez jamais eu peur d'être découvert ?
José : Non. Tout le monde était parti ! Il n'y avait pas « d'extraterrestres » sur place, et les soldats n’étaient plus là, alors j'ai pensé que nous avions tout le temps pour faire ce que nous allions faire.
A ce point de l’interview, nous nous faisions une image assez complète des événements ayant conduit José et Rémé à emporter un artefact pris à l'intérieur d'un objet qui, faute d'un terme plus scientifique, doit bien être appelé un OVNI. Aucun autre témoin, dans l'histoire connue, n'a fait cela avant eux, ou depuis. Tout matériel important associé à ces objets est entre les mains des gouvernements et interdit aux chercheurs sans autorisation spécifique et sans « besoin de savoir. »
En ce qui concerne le commentaire de M. Padilla selon lequel il n'a « jamais eu peur, » cette déclaration peut sembler une vantardise ou l'auto-indulgence d'un vieil homme. Au fil de plusieurs rencontres avec lui, je me suis fait une opinion différente : son attitude calme et patiente avec nous était trompeuse, car il y avait tellement de choses par dessous qui reposaient sur une force inhabituelle, un courage et une connaissance de la valeur des gens que seul un policier peut acquérir.
C’est devenu évident parce que Paola et moi étions très inquiets à
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Note: Ce que M. Padilla a appelé une « barre de triche » est ce qu'on appelle maintenant communément un « pied de biche. »
propos d’une opération chirurgicale imminente qu'il devait subir, une procédure pour extraire une balle qui s'était logée dans son abdomen alors qu'il arrêtait un criminel en Californie pendant ses années de vie active.

Fig. 21 : Dessins originaux de l’engin par M. Padilla

Fig. 22 : Composition chimique simple de l’armature métallique
À son âge, l'anesthésie elle-même pouvait être problématique. Au grand soulagement de tous, un examen plus approfondi du placement de la balle par rapport aux organes vitaux a heureusement conduit les chirurgiens à réaliser que tout pouvait être laissé en place. Mais le patient, lui, ne montrait aucun signe d'angoisse.
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Nous avons discuté des souvenirs de José à propos des êtres eux-mêmes. Accepterait-il de subir une hypnose professionnelle (pas du genre amateur !) si cela pouvait améliorer son souvenir de cette première soirée ?
José : Hmmm, non, ma mémoire, vous savez… je me souviens très bien de ce que j'ai vu et la chose c'est que … j'aurais aimé y être allé (note : le premier jour). Je pourrais peut-être vous en dire plus. Mais je ne suis pas allé à l'intérieur pour rencontrer ces…ces enfants, ou quoi que ce soit, vous savez. C'est tout ce que j'ai vu ; et ce que j'ai vu, je me souviens encore de tout ça.
Paola : Oui, je sais. Jacques a du mal avec le fait que vous ayez dit que cela ressemblait à une fourmi rouge (littéralement « fourmi de feu ») et ensuite vous dites cela ressemblait à des « petits hommes. »
Alors, la fourmi rouge, c'est juste la description de leurs longs bras, ou bien étaient-ce des insectoïdes ?
Jose : Le truc, c'est que… ce que je voulais dire par le fait qu'ils ressemblent à une fourmi rouge, c'est une ferme de fourmis que j'avais, que j'ai achetée pour les enfants, une fois. Et la façon dont elles se dressent... Je restais là et les regardais travailler. Elles travaillent 72 heures par jour, vous savez ! (rires) Et parfois, elles se tiennent debout, dans une position verticale et ça me rappelle quelque chose, vous savez, comme ces gens étaient…
Paola : Mais eux, mais… vous avez dit « ces gens, » donc vous pensez que ce sont des gens, au lieu de fourmis ?
Jose : Ouais, c'étaient des gens. Mais je les imagine, par la façon dont ils se déplaçaient, comme une fourmi rouge, d'accord ?
Paola : D'accord. Bien. Maintenant, une chose qui m'intéresse, Rémé m'a dit qu'il avait eu une vision de gens tombant des gratte-ciel, qu'il avait eu une vision…ils ont flashé quelque chose dans on cerveau. Vous en souvenez-vous?
Jose : Non. Je… le rêvais. Mais dernièrement, je n'ai pas, je n'ai pas rêvé. Mais j'avais l'habitude de rêver après ça, que, il y avait, comme, des nuages, qui tombaient du ciel. Et puis je me réveillais en sueur, et ça effaçait tout. Quelques fois quand je rêvais, il y avait, il y avait des… comme des nuages ou quelque chose comme ça, qui tombaient du ciel, mais ils n'ont jamais touché le sol. Je me réveillais et tout disparaissait.
Paola : C'était effrayant ?
José : Non.
Paola : Pourquoi transpiriez-vous ?
Jose : Je crois que c'était un rêve, vous savez, (causé par) ce que j'ai vu, ce qui s'était produit. Et à ce moment-là, il me semble qu'un rêve comme ça, c'est comme quand quelqu'un appelle, et que vous ne pouvez pas l'atteindre pour l'aider.
Paola : Vous avez dit « des nuages tombaient du ciel ? »
Jose : Oui, des nuages tombaient du ciel. Je m’attendais à ce qu’ils se désintègrent ou quelque chose comme ça, mais ensuite ils touchaient le sol, et je me réveillais en sueur.
Paola : Que pourraient être ces nuages ?
José : Je, euh, je ne sais pas… depuis que…
Paola : Depuis… allez-y ?…
Jose : Ça aurait pu être ce, ce quelque chose, que ces gens mettaient, euh, donc comme un rêve… rien ne s'est passé.
Paola : Je ne veux pas interpréter votre rêve ou quoi que ce soit, mais les nuages, quand j’imagine ceux de votre région, je me représente les champignons des expériences atomiques qui se sont déroulées dans le Nevada après cela. Ou croyez-vous qu'il s'agissait de nuages normaux ? Auraient-ils pu tester des nuages ?
Jose : Non, c'étaient des nuages qui… comme la foudre qui frappait là-dedans, et il pleuvait, et nous étions, euh, à nous abriter sous cette falaise. C'est comme ça, il me semble, les nuages comme ça, ils se brisaient en quelque sorte, mais ils n'ont jamais touché le sol.
Paola : Donc c'était des nuages éclair. Dans votre rêve, y avait-il des éclairs ?
Jose : C'étaient des éclairs, des éclairs de nuages, mais il semble que, j'ai dû rêver assez fort ou quelque chose comme ça, j'avais l'habitude de me réveiller en transpirant. Quelque chose m'a réveillé !
Paola : OK, vous n’avez jamais vu les créatures dans vos rêves ?
José : Euh, non.
Paola : Et vous aviez quel âge au moment de ces évènements ?
José : J'avais... neuf, dix, onze ans.
Paola : Et, Jose, avez-vous déjà vu, quand vous viviez là-bas, avez-vous déjà vu quoi que ce soit dans le ciel, comme un OVNI, ou avez-vous eu une observation ? Avez-vous regardé vers le ciel pour les chercher ?
José : Euh, non. Nous n'avons jamais... Je n'ai jamais pensé à quoi que ce soit, à ce qui venait de se passer, vous savez. C'est quelque chose qui s'est passé, que j'ai vécu, que je n'avais jamais vu auparavant.
Paola : Donc vous n’avez pas levé les yeux pour voir s'ils allaient revenir ? Ou bien, levé les yeux dans le ciel, pour… en d'autres termes, c'était une expérience unique pour vous, et puis vous l'avez laissé tomber ?
José : Oui, je l'ai fait. J'ai fait ça. Mais parfois j'avais l'habitude de m'arrêter et de réfléchir pendant un moment, à propos de ce qui s'est passé là-bas, et puis, notre…
Cela faisait un jour et demi juste quand nous sommes revenus, ce qui était trop long, nous sommes restés (loin) trop longtemps. Je pensais, vous savez, que, peut-être... qu'il y avait quelqu'un là-bas, qui est venu les chercher, ces créatures.
Paola : Oh, eh bien, j'ai entendu des histoires comme ça aussi, vous savez, que les leurs viennent les chercher. Oui, j'ai entendu ça aussi.
Jose : Comme des éclaireurs… ils ont des éclaireurs qui, euh, viennent cueillir l'objet ou les petits hommes, ou quoi que ce soit d'autre.
Ils viennent les chercher, et c'est probablement ce que j'ai pensé, qu'après qu'on soit retourné là-bas, ça a été nettoyé, comme avec un râteau.
Vous savez, pour moi, la première chose qui me vient à l'esprit à ce sujet… quelqu'un était venu les chercher !
Paola : Ils ont jeté des branches ? Ils n'ont pas jeté de terre sur l'engin ? Ils ont jeté des broussailles ?
Jose : Ils ont jeté… des morceaux de broussailles – qui étaient cassés.
Paola : Et vous avez dit que les arbres à mesquite étaient beaucoup plus gros (à l’époque), alors ils ont jeté des morceaux de mesquite ?
Jose : Oui, les mesquites là-bas, c'était presque des arbres. Les cactus étaient alors plus grands, plus grands que nous ! Et comme vous l'avez vu, vous y êtes allée quelques fois, vous avez vu comment sont les cactus… ils sont vraiment petits. Les mesquites sont presque tous morts. (Note)
Paola : Donc vous pensez que les changements dans une grande partie de la flore là-bas sont dus au crash ?
José : Oui, c'est vrai. C'était ma réflexion.
Paola : Cette zone est différente à cause du crash, et je sais que quand j'y suis allé avec vous, je pouvais parfaitement voir le cercle, et rien n’a poussé au milieu.
Jose : Oui, eh bien, j'ai la photo de vous et moi dans le cercle... elle est toujours là (Fig.12). J'avais une photo d'autre chose que mon fils avait prise, pendant que je me promenais là-bas et ce cercle était là, et puis tout d'un coup, ces plantes vertes ont commencé à sortir, vous savez. Toutes ces… choses qui se sont produites, aussi longtemps que j'ai vécu là-bas, je n'ai jamais rien vu de tel.
Paola : Et on parle de soixante-dix ans, presque…
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J'écoutais José Padilla, essayant de reconstruire la situation à laquelle il était confronté et comment elle affectait sa vie, et la Silicon Valley moderne semblait très loin dans mon esprit, cachée derrière un brouillard de spéculations, de probabilités et de potentiels, le tout basé sur des hypothèses intéressantes sur la réalité.
La réalité de José, par contre, était immédiate et terriblement évidente : quelque chose n'allait pas avec la manière dont l'Académie nous avait enseigné le monde et présenté les choses, elles ne correspondaient pas aux modèles officiels. A Palo Alto ou à Paris, si vous êtes un scientifique, un ingénieur ou n'importe quel autre type de travailleur technique, lors de cocktails mondains, les gens sont susceptibles de vous poser des questions sur les OVNIs.
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Note : ce changement dans le paysage, que nous avons également noté sur notre chemin vers Ground Zéro, est un effet durable des radiations, pas du crash de l'OVNI. Il est important de garder à l'esprit que la région de San Antonio porte essentiellement les blessures d'une zone de guerre, dévastée par une explosion nucléaire à grande échelle, et pas seulement un « test. »
Vous êtes censé poser votre verre, effacer tout sourire persistant de votre visage et réciter sérieusement le discours officiel : « Oui, il y a des observations, et ces flics et pilotes sont vraiment des gens fiables, mais ils peuvent être trompés, vous savez, comme nous tous, par ces phénomènes optiques dans le ciel, sans parler des prototypes secrets du Pentagone. Tout sera révélé en temps voulu... »
C'est la réponse que les gens attendent, car ils veulent être rassurés. Or rien de tout cela n'a de sens, quand vous regardez les données réelles. Dans une récente critique d'un livre divertissant mais sceptique sur les OVNIs de Sarah Scoles au titre racoleur : Ils sont déjà là, un grand magazine scientifique ne pouvait qu'être d'accord avec son auteur (Note) : « Cela donne une bonne histoire, avec des idées intéressantes sur les humains, mais malheureusement, pas de vrais extraterrestres venus de l'espace. »
Peu importe le fait que l'idée éculée d'extraterrestre des réalisateurs d’Hollywood du siècle dernier ne soit qu'une des nombreuses hypothèses sur les OVNIs, ou que les autres pages du même magazine regorgent chaque semaine d'idées et de théories bien articulées, sur des formes de vie potentielles et sur la conscience dans l'univers qui pourrait se manifester d'une infinité de manières, toutes admissibles selon la science officielle d'aujourd'hui. Dans ce contexte, le rejet superficiel des OVNIs, et les critiques qui les embrassent dans une nouvelle couche de ridicule, peuvent être considérés comme la véritable raison du long silence de nombreux témoins, comme ceux que Paola et moi avons rencontrés dans nos propres recherches dans les dernières décennies.
Là, se trouvent les données manquantes.
Le magazine n'a même pas signalé les erreurs flagrantes dans le livre qu'ils examinaient : ils ont paresseusement répété les données erronées selon lesquelles « les premières soucoupes volantes ont été rapportées en 1947 et sont devenues partie intégrante de la culture populaire malgré l’absence d’évidence scientifique pour leur existence. »
En réalité, certains témoins des premiers cas comme M. Padilla sont toujours en vie et peuvent parler des objets physiques qu'ils ont réussi
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Note : New Scientist, 5 décembre 2020, page 30
à observer et du matériel récupéré en 1945, et même avant. Ils l'ont fait dans des circonstances qui n'ont jamais fait partie de ce que les sociologues universitaires aiment appeler la « culture populaire. »
Populaire... par opposition à quoi ? Toute culture ne vient-elle pas des gens ?
Un simple examen de la littérature de recherche sur les OVNIs - oui, une telle chose existe - aurait révélé des études minutieuses de cette question.
Pour ne citer qu'un exemple, un article présenté lors d'une conférence de l'AIAA (American Institute of Aeronautics and Astronautics) tenue en 1975 a trouvé pas moins de 52 témoins de cas de rencontres rapprochées avant 1947.
Le nombre de témoins « précoces » connus a considérablement augmenté depuis la publication de cette enquête, prouvant qu'il ne s'agit pas d'un effet sociologique fallacieux ou de rêves techniques modernes (Poher & Vallée, 1975).
Pour ceux qui prennent la peine de regarder les vrais rapports, vérifiés par une enquête sérieuse sur le terrain et apportés au laboratoire, le phénomène se révèle infiniment plus complexe -- et plus intéressant.
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CHAPITRE ONZE
RETOUR AU LABORATOIRE
L'affaire Padilla est unique dans les annales des recherches sur les OVNIs et la vie « extraterrestre » pour pas moins de dix raisons :
(a) Deux témoins étaient sur place lorsque l'engin s'est écrasé.
(b) Ils connaissaient intimement la région.
(c) Ils ont eu un accès discret à la scène tous les jours sauf le deuxième jour, jusqu'à ce que l'engin soit enlevé.
(d) Ils ont pu s'en approcher furtivement avant qu'il ne soit emporté.
(e) Trois des témoins, dont José Padilla, son père, et un policier de l'État, ont pénétré dans l’objet et passé du temps à l'intérieur à différentes occasions.
(f) Un appareil métallique inexpliqué a été détaché et récupéré de la paroi intérieure de l'engin.
(g) Nous disposions de cet appareil pour notre propre inspection détaillée au moment de la rédaction de ce livre.
(h) L'un des deux témoins, M. Padilla lui-même, est toujours en vie avec une mémoire intacte à l'âge de quatre-vingt-trois ans après une longue carrière en tant qu’officier de la police de l’Etat de Californie.
Ces raisons donnent au cas un intérêt scientifique accru, même par rapport à Roswell ou à d'autres épisodes de « crash » dans la littérature. De plus, il faut considérer que :
(i) Paola Harris a longuement rencontré Rémé Baca et sa famille il y a dix ans, enregistrant une interview très détaillée avec lui.
(j) Nous avons eu un accès direct au site à de nombreuses reprises au cours de cette recherche, passant plusieurs jours à chaque fois avec notre équipe de recherche et notre instrumentation.
Dans une note de bas de page de son livre, Majic Eyes Only, Ryan Wood avait observé : « On ne sait pas à quel point José et Rémé s’étaient approchés du site de l'accident ou du périmètre militaire. Soit ils ont eu beaucoup de chance de ne pas être découverts par les gardes, soit ils étaient très loin. »
A l'époque, il était raisonnable pour Ryan Wood de faire cette hypothèse mais d'après nos propres recherches, rien de tout cela n'était le cas. Au contraire, comme nous l'avons vu tout au long de cette enquête, les deux enfants (qui étaient sur place avant l'arrivée des soldats) ont profité de leur très bonne connaissance du terrain et de leur expérience du désert pour rester cachés. On ne pouvait espérer de meilleurs observateurs. Ils étaient équipés de jumelles qu'ils savaient utiliser tous les jours avec le bétail, et ils échappaient à la détection sur le terrain accidenté.
Les enfants ont également noté les schémas des mouvements militaires : ils pouvaient deviner combien de temps les jeunes soldats seraient en ville pour manger et boire, parfois, comme le tout dernier jour, relâchant complètement leur surveillance car aucune menace crédible n'existait pour leur mission.
Surtout, les enfants se sont avéré être des observateurs exceptionnels, même à leur jeune âge. Ce n'est pas étonnant : le père de José comptait sur eux pour faire régulièrement le décompte du bétail et même en vérifier les marques d’identification à grande distance. Ils se déplaçaient facilement à cheval sur un terrain où même une Jeep avait du mal à naviguer. Ils étaient habitués à suivre les animaux dans la région, sur une très grande propriété de milliers d'hectares. Grâce à nos multiples déplacements sur le site, nous avons aussi déterminé exactement où ils se trouvaient lorsqu'ils ont surveillé le détachement de l'armée. (Note)
Dans notre suivi avec José, nous avons établi le fait qu'ils sont entrés dans la zone par l'arrière (plutôt que par l’ouverture principale) et ont rampé jusqu'au ravin que l'on peut voir sur la figure 18. Cachés parmi les buissons et les petits arbres, ils pouvaient observer chaque mouvement, souvent à 30 mètres, sans être détectés. José a également
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Note : Trois enquêteurs bien informés : Timothy Good, James C. Fox et le journaliste mexicain Jaime Maussan, ont également enregistré des entretiens avec Rémé Baca, confirmant les informations de Mme Harris.
rappelé qu'ils venaient parfois de l'ouest et qu'en s'allongeant à plat parmi les mesquites derrière la ligne supérieure des collines, ils avaient une vue plongeante sur la scène de récupération. Si les soldats les voyaient (ils l'ont probablement fait au moins une fois, puisqu'il y a une référence à « des enfants indiens » dans les registres militaires, et ils ont été vus depuis un avion), ils n'auraient jamais imaginé que les enfants comprenaient l'importance de ce qu'ils faisaient.
Si l'armée était assez naïve pour essayer de tromper les parents avec une histoire stupide sur les ballons météo (pourquoi auriez-vous besoin d'apporter une grosse semi-remorque et une grue pour charger un ballon météo que vous auriez pu dégonfler ?) ils ont dû penser que les deux « petits indiens » ne pourraient jamais avoir la moindre idée de ce qu'était l'engin handicapé. Leurs propres commandants n'ont jamais su que les enfants observaient leurs mouvements avec patience en utilisant des jumelles de terrain aussi performantes que le modèle militaire.
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Trois analyses de pièces métalliques associées au crash ont été rapportées avant la nôtre. Dans son livre de novembre 2005, Magic Eyes Only, qui mentionne environ 93 allégations d'accidents d'OVNIs, Ryan Wood consacre un chapitre de six pages aux souvenirs de Rémé Baca au sujet du cas de San Antonio en 1945. Il ne précise pas quand il lui a parlé, et nous savons qu’ils ne se sont jamais rencontrés, mais il mentionne avoir examiné « un morceau de débris de crash apparent récupéré sur le site par Rémé Baca et José Padilla » (Note) que Rémé était réticent à discuter en détail.
Rémé a déclaré qu'il avait soumis l’objet à diverses organisations scientifiques pour une étude plus approfondie : « En plus des tests locaux menés dans l'État de Washington, nous avons commencé à travailler avec le Dr. Smith, du département de métallurgie d'une installation internationale, où ont été utilisés trois microscopes à balayage électronique différents pour regarder les métaux et analyser
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Note : Rémé Baca n’a pas raconté toute l'histoire à Ryan Wood : José Padilla est celui qui a courageusement grimpé sur la remorque où l'engin attendait son expédition. C'est également lui qui a trouvé la pièce de métal près de la porte du ranch et l'a donnée à Rémé Baca pour qu'il la garde.
leur composition élémentaire. Ils ont d’abord trouvé que le métal semblait être essentiellement un silicate d'aluminium. Cependant, Il y avait plus d’information, car le « Dr. Smith » a apparemment trouvé un pourcentage inhabituellement élevé de carbone dans l'échantillon. Rémé Baca rapporte avoir coupé certaines pièces et en avoir poli d'autres pour mieux les examiner, ce qui a conduit à la découverte de ce qu'il appelle des « structures étranges » :
« Nous avons obtenu de superbes photos de structures très étranges dans les métaux. Elles ressemblaient à des petits squelettes d'insectes écrasés dans le métal. En outre, il existe de courts brins d'un autre matériau qui, selon nous, peuvent être des fibres de carbone. Cette sorte de « pilosité » sur le métal a suscité de nombreuses questions de la part des universitaires et des opérateurs des microscopes électroniques. »
La description se poursuit avec des affirmations encore plus surprenantes: « L’utilisation d’un mélange de carbone et d'autres matériaux en traces augmente considérablement le pouvoir conducteur, éliminant la résistance à l'électricité tout en produisant un transfert de chaleur. Il semble y avoir là un potentiel de protection thermique ou de fabrication de puces informatiques. »
Comme nous ne pouvons pas savoir avec certitude qui a fait les tests ni où, et qu'aucune des « grandes images » n'a été publiée, les découvertes revendiquées par « le Dr. Smith, plus un généticien et un scientifique ayant une formation en métallurgie » restent au mieux des données curieuses, au pire des vantardises anecdotiques.
Rémé Baca est décédé en 2013, nous n'avons donc pas eu l'occasion de poursuivre les détails de cette analyse. Heureusement, nous possédons les conclusions bien étayées du chercheur expérimenté Timothy Good qui traite de l'analyse dans son livre très détaillé Need to Know (13). Il se souvient d’avoir examiné et photographié le « souvenir » récupéré par les garçons (c'est-à-dire le fameux Tesoro) lorsqu'il a rencontré M. Baca à Seattle les 6 et 7 juin 2004 :
« Cela semble absolument terrestre, » écrit-il, « point concédé par les témoins. Ressemblant à un support quelconque, il mesure 30 centimètres de long, pèse 425 grammes et présente un certain nombre de trous pour des fixations quelconques. Une section coupée pour analyse, ainsi que des tests à l'acide, révèlent que le métal est de l'aluminium de la série 200, ou similaire. Une pièce semi-circulaire plus petite, que les témoins pensent également provenir de l'engin, a été retrouvée des années plus tard à l'entrée du ranch. Les tests ont détecté de l'aluminium de la série 330/380 (ou similaire). »
Une troisième étude, une vaste enquête australienne réalisée en 2016 (27), a également révélé que l'échantillon de métal n'était pas radioactif et qu'il avait deux composants principaux. Confirmant les déclarations de Rémé, M. James Rigney et ses collègues en ont parlé comme d’un objet contenant « de l'aluminium et du silicium; tous deux sont sous la forme d'alliages hyper-eutectiques de la série 4000, également connus sous le nom de « Silumin » couramment utilisés dans l'industrie, l'automobile, l'armée et l'aéronautique. » Ils ont conclu que « L'analyse montre que l'échantillon est terrestre. »
Leur test, que l’on peut voir sur la Fig. 22, a confirmé que l'objet était composé de 87,06 % d'aluminium, 10,45 % de silicium, 1,97 % de cuivre et 0,53 % de magnésium, typique d'un alliage d'aluminium moulé sous pression AA 383,0 (donc, probablement pas dans la série 200 comme signalé à Timothy Good).
Le silicium est couramment ajouté à l'aluminium pour abaisser le point de fusion du métal sans le rendre cassant. Le rapport ajoute que l'échantillon avait probablement été moulé au sable. Cela signifie qu'il aurait pu être produit sur place par un groupe technique de l'Armée pour ses propres besoins, ce qui expliquerait pourquoi il ne portait ni marque, ni marquage industriel standard. Une étude de suivi a trouvé une composition de 87,09 % d'aluminium, mais seulement 2,70 % de silicium, 1,83 % de cuivre, aussi du carbone à 2,03 %, du fer à 0,94 %, du zinc à 1,66 %, du calcium à 1,19 % et du manganèse à 0,54 %. Le magnésium ne fait pas partie des résultats de laboratoire.
A la demande de Paola Harris, une autre pièce, actuellement sous notre garde, a été coupée du support par M. Sid Goldberg, un chercheur canadien, travaillant avec un artisan qui a déclaré qu'il était « trop mou pour être en aluminium, » et il « n’a pas l’odeur de l'aluminium une fois coupé. » En fin de compte, les différentes analyses s'accordent généralement à dire que le matériau est un alliage aluminium-silicium ordinaire, avec des traces communes d'autres éléments.
« L'échantillon s'avère standard et banal, » conclut sans ambiguïté l'étude australienne, mettant fin aux récits de high-tech extraterrestre, tout en nous laissant de nombreuses questions subsidiaires. La forme et la fonction rappellent généralement des dispositifs actionnant des aubes mobiles, comme le mécanisme des puits d'eau, et la section de mât des éoliennes, par exemple dans la liste des pièces normalisées de la société Aermotor largement utilisées dans l'industrie (28). Pourtant, ils ne correspondent à aucun des produits spécifiques que nous avons trouvés jusqu'à présent. De même, l’objet pourrait provenir d'un appareil militaire ou d'un avion. Quant au « plus petit morceau » mentionné par Good, il s'agissait d'un fragment de poutre en I sur lequel il y avait des inscriptions. Cet objet mesurait environ un mètre.
Comme nous l'avons vu, Il a été trouvé en 1953, par un cousin de José Padilla, qui l'a vendu comme de la ferraille, une fin sans cérémonie pour un objet que l'on croyait provenir de l'autre bout du Cosmos.
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Dire que le « souvenir » est un objet humain ordinaire ne répond pas à nos questions fondamentales. Aucune des analyses que nous avons reconstituées ne tire le rideau final sur ce que Paola et moi avons commencé à appeler en plaisantant « Le mystère de l’Armature en Silumin. » Cet instrument alambiqué peut sembler standard, mais il n'est pas négligeable. Nous devons encore nous demander ce que le fragment ordinaire, d’origine humaine, d'un gadget en aluminium de basse technologie faisait à bord d'un engin fantastique tombant du ciel au milieu d'une tempête, brisant la tour Marconi de la base de White Sands alors que son équipage de petits insectoïdes glissait bizarrement à travers la cabine. Rappelons que le support, montré « tel quel » sur la figure 20, n'était relié à aucune tige, crochet ou poulie, comme ses caractéristiques et son ouverture semblent l'indiquer pour sa fonction principale : où est le reste de l’appareil ?
Au moment où José l'a « libéré, » il tournait simplement dans un cercle de cuivre, maintenu au mur de l'engin par une tige assez lâche pour qu'un enfant de neuf ans puisse l’extraire. Se pourrait-il que l'appareil découvert par José Padilla ne fasse pas partie de l'équipement d'origine du véhicule, mais soit plus prosaïquement une bobine assemblée à la hâte par les soldats à partir d'objets trouvés sur place ? Peut-être avaient-ils besoin de quelque chose d'aussi simple qu'un appareil pour enrouler un cordon électrique ? Peut-être était-ce un débris de la tour radio détruite, commodément ramassé à proximité et réutilisé par l'armée comme outil d'enroulement ? D'autres éléments décrits par les garçons suggèrent une construction humaine (et non pas « extraterrestre »): Autour du panneau déchiré par l'accident (dommage étonnamment mineur, soit dit en passant, pour un atterrissage aussi long et tumultueux), ils ont vu « des morceaux étranges qui pendaient partout, et ressemblaient aux cheveux d'ange que nous utilisions pour décorer nos arbres de Noël. »
Plus tard, certains chercheurs spéculeront sur les fibres optiques, mais la description s’apparente plus simplement à des brins d'amiante ou d'isolant. Au moment de la récupération, les enfants ont vu les soldats ériger un cadre en forme de L (ou de A) : « Il dépassait d'un côté et ils l'ont incliné pour qu'il s'adapte à l'épave sur la remorque. La partie éraillée était en bas, à l'extérieur du cadre. »
Plus de détails sont devenus visibles : « C'était un objet de surface lisse, la moitié inférieure était plus sombre que le haut , » a écrit Rémé. La tour Marconi, qui semble avoir dominé la partie nord du polygone d’essais de White Sands, aurait généré sa propre énergie avec une petite hélice mue par le vent, et peut-être que le support en aluminium spécialement conçu vient de là ? Cela expliquerait pourquoi l'appareil était toujours à l'intérieur de l'engin le dernier jour, contrairement à d'autres matériaux que l'armée a pu y trouver.
Ce n'est qu'une des nombreuses hypothèses, mais elle expliquerait également le fait que l'armée voulait désespérément le récupérer, retournant ostensiblement interroger Faustino sur la localisation de leur équipement, envoyant ensuite une équipe regarder sous le plancher d’une maison et même revenant quelques semaines plus tard avec des véhicules pour chercher… quelque chose que la patrouille avait égaré.
Tout cela représente beaucoup d'activité militaire pour un support en aluminium ordinaire. Rappelons que certaines créatures de petite taille, décrites indépendamment par le berger mexicain terrifié en des termes similaires à ceux utilisés par les enfants, ont traversé le mur de sa cabane pour exiger le Tesoro. Il semble que tout le monde dans le système solaire ait soudainement voulu récupérer ce banal morceau d'alliage d'aluminium.
J'ai cette fameuse armature devant moi sur mon bureau au moment où j'écris ces pages. Selon les normes de la Silicon Valley, elle ne vaut pas beaucoup plus qu'un enjoliveur du vieux camion de votre voisin. Dans l'espace physique, c'est un objet commun. Alors pourquoi semble-t-il détenir une telle importance ? Peut-être l’armature n'était-elle pas intéressante d'un point de vue scientifique, mais si trop de personnes en parlaient, elle aurait pu exposer la véritable portée du travail de récupération: cela pourrait constituer la preuve d'une implication militaire dans une opération que l'armée voulait refermer une fois pour toutes, comme la collecte d'un ballon météo ordinaire : ils allaient utiliser avec succès la même explication deux ans plus tard à Roswell. Mais vous ne pouvez pas clouer un support en aluminium sur la paroi intérieure d'un ballon météo, aussi sophistiqué soit-il. N’importe quel enfant de neuf ans le sait. Alors, que faisait-il là ?
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Imaginez maintenant une salle, ou un laboratoire, quelque part à Silicon Valley, où les différentes pièces du puzzle ont été rassemblées par notre petite équipe : les cartes militaires, les cartes routières, les images de l'époque. Vous auriez également l’armature elle-même, divers modèles 3D de celle-ci, les microphotographies du métal et les enregistrements des trois principales analyses, épinglés au mur. Il y aurait une reconstruction préliminaire des calculs d'énergie, du trajet probable de l'objet et des dommages physiques sur le chemin de l'accident. (Rappelez-vous la chaleur extrême qui a dissuadé les enfants lorsque le véhicule a creusé un long et large sentier dans le sol). Et puis, en colonnes parallèles, par date et heure, toutes les déclarations faites par ceux qui s'y sont rendus ou ont interrogé les témoins avant nous, répertoriant les différents intervenants, les véhicules impliqués, et les questions restées sans réponse dans les dossiers que Paola et moi avons pu réunir.
Dans cette pièce, vous pourriez voir un autre grand écran, montrant le terrain où l'objet reposait, et les changements qui l'ont affecté au fil des ans au fur et à mesure de la surélévation du niveau du sol. Les traditions régionales en parlent comme d'un lieu où se réunissaient les tribus indiennes en raison de la proximité de l’étang : il y avait là un site rituel Apache, un cercle sacré de rochers, à côté d'un creux vraisemblablement inondé, qui fournissait de l'eau pour les chevaux et le bétail. La zone a été progressivement remplie de terre par les autorités locales pour contrôler le débit d'eau. Lorsque j'ai visité le site pour la première fois, on ne pouvait certainement pas y abreuver des animaux.
L'article de Ben Moffett dans le Mountain Mail (20) faisait également référence à la crevasse où a été jetée une partie du matériel de l'engin (Moffett l'appelle « bric-à-brac »), une crevasse qui avait été « récemment recouverte » (donc vers 2003) par un bulldozer pendant les travaux de lutte contre les inondations. C'est toujours une zone active : comme nous l'avons vu précédemment, entre mes deux visites sur le site avec Paola, quelqu'un avait encore envoyé une niveleuse pour reconstruire un barrage en terre ou une berme, afin d'arrêter les coulées de boue risquant d’affecter toute la zone en aval et même de couper la Route Pan-Américaine. Au cours du processus, la niveleuse a détruit la végétation du site de l'accident sans état d’âme, retirant aisément la moitié des plantes toxiques plantées auparavant… ce qui a malheureusement rendu impossible de récupérer les petits morceaux de métal qui pouvaient y être enterrés, désormais 6 mètres sous la surface.
Sur notre « mur analytique, » vous verrez également un historique de l'intervention de l'armée, par jour et par type de fonction. D'où vient le détachement, et où ont-ils emporté l'étrange objet ? C'était la première récupération d'OVNI écrasé dans l'histoire atomique, il n'y avait donc pas d'unité pré-organisée et pas de protocole standard.
Alors l'armée a improvisé.
Premièrement, selon Rémé, ils ont envoyé des véhicules capables de progresser sur un terrain accidenté. M. Padilla ne se souvient que d'une Jeep, pas de deux. À ce moment-là, du point de vue d'un officier militaire, sur la base du témoignage de deux jeunes garçons, c'était peut-être en effet « juste un de nos ballons météorologiques expérimentaux. » Mais il y avait toujours le légitime souci d'espionnage atomique : quelqu'un devait vérifier chaque incident.
A ce stade nous savons déjà que l'objet n'était pas un engin de l'inventaire des États-Unis, ayant subi un accident lors d'une tempête et s’étant écrasé sur la terre de quelqu'un. Ce n'était pas non plus un appareil allemand, soviétique ou japonais avec le genre d'équipement qui aurait instantanément fait passer la découverte à un tout autre niveau d’urgence.
Personne ne savait ce que c'était, ou ne s'en souciait, du moins au début. Comme lors de l'incident ultérieur à Roswell, l'armée n'avait aucun détail sur ce qui s'était passé jusqu'à ce que, quelques jours plus tard, un agriculteur de la région leur parle de l'accident et les mène sur le site. L'armée n'avait rien perdu, elle n'avait oublié aucun dispositif expérimental et ne recherchait rien. Les militaires avaient remarqué le coup subi par la tour Marconi mais cela pouvait être expliqué par la puissante tempête ce jour-là. Ils n'avaient qu'un bref rapport de Brothy sur un objet inhabituel. Dans une zone du désert du Nouveau-Mexique surveillée jour et nuit par trois radars modernes pour détecter toute reconnaissance ennemie potentielle autour du site atomique, le fait même qu'un intrus anonyme puisse voler avec un engin ovale de plus de 8 mètres de long au milieu d'une tempête sans être détecté soulève des questions intéressantes. Cela semble impliquer, soit une furtivité électromagnétique (un concept encore loin dans l’avenir), soit un vol très court : d'où vient-il ?
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Remontons le calendrier au samedi 18 août 1945. Même si, au départ, on a pu penser que la foudre avait frappé la tour Marconi, l'armée est désormais au courant de l'incident, par l'alerte de Faustino et aussi à cause des dommages causés à l’équipement. Intensifiant l'urgence de l'affaire, à ce moment-là, à bord de leurs Jeeps, les éclaireurs de l'armée auraient fait un rapport, mais ils seraient arrivés trop tard pour voir le moindre signe des hombrecitos.
Peut-être ont-ils couvert l'objet avec des arbustes, du mieux qu'ils pouvaient, pour le cacher à tout intrus, jusqu'à ce qu'ils reçoivent des ordres précis. Mais là encore, il n'y a pas eu d'intervention immédiate avec un protocole de pré-autorisation, pas d'arrivée sur le site du crash de spécialistes des équipements de matières dangereuses, aucune des reconnaissances scientifiques comme nous le verrions aujourd'hui : des mesures précises, une documentation photographique et des précautions environnementales, ainsi que le personnel du contre-espionnage enregistrant chaque détail et contrôlant les rumeurs.
M. Padilla se souvient d’avoir vu un avion tourner en rond et pense qu'il a pu être piloté par un pilote de l'armée de l'air de longue expérience, à savoir M. Brothy (29 ans) qui n’a laissé que quelques détails.
La récupération semble avoir été laissée à une unité locale disponible. Pas à pas, ils ont improvisé. De notre point de vue, ils ont fait un travail louable. Sur la base de leur rapport sur la taille et l'estimation du poids de l'objet, les militaires ont manifestement décidé de récupérer l'engin, de le sécuriser et de l'examiner, ce qui impliquait d'envoyer un gros camion et un véhicule avec un châssis spécial. A cette fin, ils avaient besoin de l'autorisation de M. Faustino Padilla pour remplacer son portail étroit et envoyer une niveleuse construire une route décente, encore quelques jours de travail. Ils ont également insisté sur le fait qu'il devait garder le silence.
En d'autres termes, comme nous avons reconstitué les événements au chapitre Deux, l'accident s'est très probablement produit le jeudi 16 sous les yeux des deux garçons, qui l'ont signalé le soir-même. Le lendemain, vendredi, ils ont été tenus à l'écart pendant qu’ils aidaient Faustino (qui n'avait pas perdu de temps à appeler les autorités) dans les tâches de jardinage. Conduisant le camion familial, ils ne sont revenus sur le site à l'endroit précis avec le policier d'Etat Eddie Apodaca que le samedi 18.
A ce moment-là, jour numéro trois, Rémé et José regardent les deux hommes grimper dans l'objet, alors vide de toute créature, mais quelqu'un a fait un grand nettoyage et ratissé le sol autour du site de l'accident. Vraisemblablement, Apodaca a tout de suite rapporté ses découvertes. Si le 19 l'armée venait voir Faustino pour obtenir l'autorisation d’agrandir la porte, elle ne pourrait investir le site avec de l'équipement lourd qu'au cinquième jour (lundi 20 août), même si la Jeep a pu revenir la veille, et commencer les travaux de détail.
En ce qui concerne la mission de l'Armée, la situation était aussi normale que possible… lorsque vous dormiez à côté d'un appareil en forme d'avocat qui avait en quelque sorte plongé du ciel ! Le vendredi 24 août, recouvert d'une bâche bleu clair et attaché à la semi-remorque, l'engin était prêt à se déplacer le lendemain. Une date probable pour le retour de l'avocado à White Sands est le samedi soir, le 25 août 1945.
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Nous devons prendre en considération un autre élément fantastique de l'affaire. Le métayer mexicain engagé par Faustino pour s'occuper des moutons, Sr. Pedro Anaya, un ami de longue date d'Alejandro Baca (le père de Rémé) n'avait aucun intérêt pour la technologie et était peu conscient de ce qui se passait à San Antonito. Ainsi, son rapport indépendant, en tant que témoin terrifié d'un incident connexe, en fait un élément particulièrement important de l'histoire.
Rappelons qu'après avoir « libéré » l’armature de sa place sur le mur de l'objet écrasé, José l'a gardée pendant quelques jours, puis il a entendu que l'armée demandait à son père la permission de fouiller à travers la maison et la remise à outils; il a alors glissé l'objet volé à Rémé, qui l'a caché sous le plancher de la cabane de stockage de sa famille, de l'autre côté de la rue.
Au chapitre Quatre, nous avons mentionné que l'armée avait inspecté la maison de Padilla et était repartie avec des objets en métal, du matériel stocké par Faustino et même de vieux ballons météo qui s’étaient abattus sur la propriété. Les éleveurs de la région étaient habitués à trouver les déchets des soldats sous la forme de ballons météorologiques errants que les militaires utilisaient dans les sondages atmosphériques, et ils les rendaient périodiquement, et je dois dire que je trouve cette explication des OVNIs assez amusante.
Elle rend encore plus improbable que les témoins aient été dupés par la référence au « ballon météorologique » adoré par les sceptiques académiques. On invente encore régulièrement des explications absurdes dans le but de rejeter les rapports d'OVNIs pour le bénéfice et la tranquillité d'esprit des scientifiques universitaires, accros à d'élégants raccourcis par fausse conscience professionnelle.
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En résumant les informations obtenues jusqu'à présent, nous devons nous rappeler que Sr. Anaya était venu en ville comme membre de l'équipe qui gardait les moutons dans les parcs à bestiaux. Il a dormi dans la cabane et a été réveillé par un objet lumineux à l'extérieur (d'ailleurs, qu'était cette source ?) et par des « bestioles » dans sa chambre, qui se sont enfuies quand il a sorti son fusil.
Rémé se souvient que le berger avait parlé à son père de « trois petits gars laids, d'environ un mètre de haut, qui ont commencé à mettre des choses dans son esprit. »
Les dossiers militaires et les rapports techniques ont longtemps évité le sujet des entités étranges décrites par des témoins en rapport avec des rencontres d'OVNIs. Ils ne les ont mentionnés que dans le contexte de certains « effets psychologiques » non spécifiés, d'ivresse
des témoins ou d'identifications erronées. Ce n'est qu'au début des années 1960 que les comptes rendus de témoignages aborderont sérieusement le problème paranormal, mais nous les avons toujours trouvés répertoriés dans le cadre d'un examen psychiatrique ou de soupçons de consommation de drogue.
Lorsque des effets psychiques étaient impliqués, ils étaient rejetés par les psychologues comme l’impact du stress ou encore de vagues effets « dissociatifs » : ces raccourcis sommaires, non étayés par des entretiens avec les patients ou des tests sérieux, sont une parodie de la science et un travesti de son éthique. Ainsi, il est remarquable de trouver ces connexions dans le crash de 1945 près de Trinity: bien sûr, il y avait eu des histoires d'hommes venus de Mars et d'extraterrestres volants dans les bandes dessinées, les histoires de « pulp » et les premiers ouvrages de science-fiction d'Edgar Rice Burroughs, mais il n'y avait pas de littérature grand public sur les OVNIs, suggérant, même vaguement, des effets psychiques, à l'époque aux États-Unis. Charles Fort a mentionné des météores anormaux, des bolides et des phénomènes célestes apparemment conscients, mais ils n'ont pas joué un rôle dans l'incident de San Antonio, où il est peu probable que cette littérature ait circulé.
Pourtant Rémé Baca allait témoigner : « Les créatures étaient comme nous – des enfants, pas dangereux. Je pouvais voir les petites créatures se promener, se déplacer ; soit elles avaient une combinaison gris-blanc, soit elles avaient une capuche ou peut-être pas de cheveux, c'était difficile à distinguer. S'ils portaient des combinaisons, elles étaient moulantes. »
Rémé avait insisté : « Ils étaient tous les trois comme titubants, ne semblaient pas capables de garder leur équilibre. Ils semblaient glisser d'un bout à l'autre (…) des sons venaient continuellement de l'objet. Des sons aigus, comme le cri d'un lapin blessé, ressemblant presque à ceux d'un nouveau-né qui pleure, très émouvants. »
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Dans cette affaire de San Antonio de 1945, aucune des personnes impliquées (les témoins, leur famille ou l'armée) n'a utilisé l'un des termes ou des « mêmes » que nous associons couramment au phénomène aujourd'hui.
Même le terme de « soucoupe volante » n'était pas encore utilisé.
Il faudra encore deux ans avant que Kenneth Arnold ne lance la littérature sur les « soucoupes volantes, » près de dix ans avant que l'Air Force n'invente le terme « OVNI » et près de vingt ans (1964) avant qu’à ma demande insistante basée sur les données françaises et son expérience directe avec l’atterrissage de Socorro, le Dr. J. Allen Hynek n'accepte de considérer les « occupants » dans son livre.
Dans leur effort pour rendre l'ensemble du phénomène rationnel, ou simplement compréhensible, de nombreux auteurs ont passé sous silence les particularités et les contradictions des témoignages des témoins qui cherchaient simplement à exprimer leur perplexité ou leur terreur face à des entités capables de placer des images dans leur esprit ou de communiquer des concepts transcendants ou même apparemment absurdes. La plupart des chercheurs civils activement impliqués dans cette recherche refusent encore aujourd'hui de reconnaître l'angle « psychique, » dans leur désir d’être pris au sérieux par le public, le gouvernement et par des scientifiques incrédules.
Il y a même une dissonance intéressante entre Rémé et José sur ce point. Le témoignage de Rémé comprend une mention de « formes de vie distinctement non humaines, vivantes, qui se déplaçaient à notre arrivée, quelques minutes après l’accident. » José, de son côté, insiste pour appeler les créatures « hommes, » comme on le voit dans ses dialogues avec Paola et moi, bien que dans certaines transcriptions il les compare à des fourmis (Fig. 23).
Pourtant Rémé était assez précis. Il a dit: « Ils avaient de grands yeux globuleux… vous n'allez même pas remarquer le nez parce que les yeux étaient si grands. (Les êtres) étaient minces, vous savez, minces signifie maigres, ils étaient minces. »
Ailleurs, il dit à Paola : « Tout le monde les appelle des Gris, je suppose, mais je n'ai pas vu de Gris, donc je ne saurais pas. »
Le nom qu’il utilise pour les désigner est « Campamocha, » terme espagnol pour une Mante religieuse. Il les appelle aussi simplement « des créatures à l'allure étrange, » se déplaçant à l'intérieur. José a utilisé un autre nom espagnol pour eux : « Niño de la Tierra, » un insecte connu sous le nom de « criquet de Jérusalem » en anglais. Il a mentionné qu'ils avaient quatre doigts.
« Ils avaient l'air stressés, et ils se déplaçaient rapidement, comme s'ils étaient capables de se transposer d'une position à une autre en un instant. Ils étaient sans expression, comme des ombres, mais c’étaient définitivement des êtres vivants. Je ne voulais pas m’impliquer dans quoi que ce soit, quoi qu'il y ait à l'intérieur. » (12, p.38)
Pourtant, sur le chemin du retour, chevauchant son cheval en pleurant d'impuissance, Rémé n'a pas pu repousser l'expérience, et a eu lui aussi des visions dont il se souvenait 65 ans plus tard :
« J'ai vu ces images dans ma tête…, » a-t-il dit à Paola en 2010. (12, p.113), « mais je ne savais pas ce que c'était. Je peux me rappeler de
 
A B
Créature décrite par des étudiants « Jérusalem cricket » aussi appelé
au Dr. John Mack au Zimbabwe, « Niño de la Tierra » représenté
en 1994 ici sans deux de ses bras
 
C D
« Mante Religieuse » connue au « Fourmis Rouges » debout
Mexique comme « Campamocha »
Fig. 23 : Apparence et terminologie dans la structure anatomique
des « entités »
ce qu'elles sont, j'ai comme des photos, mais je ne savais pas ce qu'elles voulaient dire à ce moment-là, et je ne sais toujours pas. »
Le Dr Jeff Kripal de l'Université Rice a souligné que dans les récits modernes les Aliens sont souvent décrit comme insectoïdes :
Ces figures obsédantes sont fréquemment comparées à une immense mante religieuse ou à un insecte à taille humaine. Ils communiquent avec les humains par télépathie. Les immenses yeux en amande sont comparés à ceux d'insectes… Les visions modernes d'abduction reproduisent ainsi dans des détails étranges et précis la pensée de Frédéric Myers : la même forme insectoïde parfaite (stade imaginaire de Myers), les mêmes pouvoirs télépathiques (Myers a inventé le terme)… Comment expliquer des résonances aussi précises entre ce chercheur psychique victorien et notre littérature contemporaine sur les enlèvements ? (30).
Cette analyse du professeur Kripal est très pertinente. Elle s'applique bien aux impressions des enfants, en 1945, à San Antonio, à l'exception du fait qu’ils étaient pleinement conscients à l'époque, n'avaient jamais été soumis à l'hypnose, n'étaient pas les victimes d'un enlèvement réel ou imaginaire, et ne peuvent être suspectées d'être influencés par des notions médiévales sur Magonia ou par la littérature ésotérique victorienne -- à la différence des personnes enlevées dont nous entendons régulièrement le témoignage à la télévision aujourd'hui.
Ils ont vécu leur calvaire bien des années avant que le sujet des enlèvements, ou l'expression même de « soucoupe volante, » ne soit jamais pris en compte par les chercheurs.
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CHAPITRE DOUZE
UNE TRINITY DE SECRETS
Tout, dans cette histoire, semble aller par trois. Cela permet de se souvenir facilement des détails. Trois bombes atomiques ont explosé à l'été 1945, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale :
Une à Trinity
Une à Hiroshima
Une à Nagasaki
Il y avait trois Campamochas vivants à bord de l'engin récupéré par l'armée, bien qu'il ne soit pas certain qu’ils les aient capturés, ou même vus, car leur rapport est vague.
Outre ces créatures, il y avait trois « petits gars laids » qui « ont commencé à mettre les choses dans l'esprit » du berger. Or il n'était au courant d'aucun des événements précédents.
Par ailleurs, au moins trois artefacts métalliques ont été récupérés : l’armature elle-même, la feuille d'aluminium utilisée pour fixer un moulin à vent et une poutre en I qui a été éliminée comme ferraille. Des propriétés inhabituelles n’ont été décrites que pour la feuille, qui était censée retrouver sa forme d'origine une fois pliée, comme certains des matériaux issus du site du crash de Roswell. Malheureusement, il n'y a aucun moyen de vérifier cette affirmation.
Le seul objet que nous ayons pu tester était l’armature, qui s'est avérée être une pièce commune de la technologie humaine, pour autant que nous le sachions pour le moment... En fait, la seule chose étrange à propos de l’armature est la raison pour laquelle tant de créatures humaines et non humaines semblent désireuses de la récupérer – et de la cacher !
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Lorsqu’à la suite d'une enquête sérieuse et convergente menée par plusieurs équipes, vous regardez le cas sous cet angle, beaucoup d'hypothèses ou d'explications faciles et commodes s'évaporent.
Tout d'abord, nous devons nous poser une question qui semble absurde, ou du moins bizarre : et si l'objet était conçu pour s'écraser ? Et si la vie des créatures à bord était sans importance?
Absurde? Peut-être. Mais regardez quel lourd fardeau de responsabilité les esprits les plus brillants des États-Unis venaient de prendre, au nom de la science et dans la poursuite de la guerre: des milliers de civils sont morts à Hiroshima quelques secondes après l'explosion ; autant à Nagasaki ; il y aura des maladies à long terme pour de nombreux survivants et l'horrible perspective d'un déploiement à grande échelle des nouvelles armes dans les guerres futures. L'Union soviétique aura bientôt sa propre bombe, suivie des Britanniques, des Français, des Chinois, d'Israël et même de certains pays en permanence au bord d’un conflit, comme l'Inde et le Pakistan.
Il semblerait que l'appétit était irrésistible pour ce que l'on appellera par la suite des « armes de destruction massive, » même lorsqu'il est devenu généralement admis que les vainqueurs ne survivraient pas plus longtemps que les vaincus.
Il n'était pas non plus possible de prétendre ignorer leurs impacts à long terme sur des populations mal documentées : les effets de la bombe étaient facilement visibles chez nous, en plein Nouveau-Mexique. Au nom du secret, les autorités militaires n’ont pas voulu relocaliser ni protéger la population locale, mais elles connaissaient à peu près les retombées du « Trinity Test » : une terrible responsabilité et un prix énorme en misère humaine.
Le dictionnaire « American Heritage » définit un euphémisme comme « l'utilisation d'un mot ou d'une expression douce, délicate ou indirecte à la place d'un mot plus clair et plus précis, qui, en raison de sa signification ou de ses associations ou suggestions, pourrait être offensant, désagréable ou gênant. »
Appeler ce qui s'est passé à Ground Zéro un « test » constitue un bel euphémisme scientifique, car la puissance de la bombe a été estimée de manière scientifique à 19 kilotonnes, ce qui la situe entre Hiroshima (12 à 18 kilotonnes) et Nagasaki (21 kilotonnes). L'engin de Nagasaki était du même type que le Gadget, mais il a explosé à 600 mètres pour éviter une contamination radioactive à long terme de la zone, par opposition à l'explosion à White Sands, qui a eu lieu au niveau du sol, avec les pires effets sur l'environnement. Pourtant, les historiens, copiant aveuglément le discours du Pentagone, continuent de qualifier l'expérience de Ground Zéro de « test, » alors qu’il s’agissait d’une explosion en vraie grandeur.
Remigio Baca se souvient d'une voisine nommée Cecelia parlant de ses animaux de ferme atteints d'une maladie inconnue : « Il y a une sorte de mucus qui sort de leur bec ; certaines vaches ont perdu leurs poils. » Une autre femme, Ana Lee, a déclaré que ses sœurs avaient développé des kystes et fait trois fausses couches. « Nous n'avons découvert les dangers des radiations qu'après la guerre ; ils auraient dû nous avertir des risques. » (12, p.15)
Le livre de Rémé Baca fournit un examen intégral qui donne à réfléchir sur l'impact de l'événement de Trinity, citant des documents gouvernementaux ne laissant aucun doute sur le niveau de contamination au plutonium et l’étendue de la zone touchée au Nouveau-Mexique. Une étude de terrain datant de 1983 a noté, près de Ground Zéro, de vastes zones où la végétation ne repoussait pas, même 38 ans après. C'est une des choses qui nous ont frappés lors de notre long trajet jusqu'à Stallion Gate : l’absence des arbres, des buissons, des cactus abondants qui animaient les descriptions d'avant 1945 du ranch Padilla. Le long de la route menant à Ground Zéro, nous n’avons vu que des milliers d'hectares de mauvaises herbes à faible croissance et des buissons courts. Aujourd’hui encore, la zone du site du crash elle-même reste assez nue.
Pour être juste, peu de temps après l'examen des retombées, l'armée recommanda que les futurs tests aient lieu au moins à 240 kilomètres des zones peuplées, ce qui a conduit à la relocalisation permanente du champ de tir au Nevada. Cette décision est arrivée trop tard pour la maison des Padilla, qui se trouvait à moins de 32 kilomètres au nord-ouest de Trinity. Pendant la première demi-heure, les retombées de la bombe ont dérivé vers le nord-est, puis les vents se sont ensuite déplacés vers le nord-ouest, la région de San Antonito, déposant au moins un quart des débris radioactifs de Trinity sur une région s'étendant jusqu'à Chupadera Mesa. Ils se sont déversés sur la région pendant des jours.
Un mois après l'événement de Trinity, si des visiteurs venus d'ailleurs avaient voulu goûter aux effets de la première explosion atomique, ils n'auraient pas pu trouver un endroit plus approprié sur la Terre. Au crédit de l'armée américaine, le terrible impact du « test » de Ground Zéro a été noté, étudié et rapporté. (Note)
En relisant les documents de l'époque, j'ai compris un élément important : le but de la bombe n'a jamais été de répandre la radioactivité ou ses retombées. Il s'agissait surtout d'une destruction massive et instantanée au moyen d’un énorme déplacement d'air et d’une température extrême : essentiellement, une tempête de feu géante et mortelle. Ainsi, sur la base des mesures précipitées dans la région de San Antonio où était tombée une grande partie des débris radioactifs, les scientifiques ont donc recalibré les dispositifs d'Hiroshima et de Nagasaki afin qu'ils explosent à cette altitude plus élevée, environ 600 mètres, épargnant du pire le peuple japonais et permettant, à terme, de reconstruire les villes que la guerre avait pulvérisées.
En me souvenant de mes voyages au Japon, et des réunions d'affaires avec des cadres financiers dans des régions qui avaient été ciblées pendant la guerre, je ne pouvais m'empêcher de penser que le responsable de cette décision à Ground Zéro méritait une sorte de médaille. Mais je ne pense pas que Tokyo lui enverra de sitôt une branche de cerisier en fleurs.
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Revenons à notre laboratoire isolé avec tous les graphiques, cartes et calculs épinglés aux murs. Sans a priori sur les événements, il nous reste à reconstituer une maquette de l’objet, à partir des différents témoignages des principaux témoins. N’ayant pas accès aux dossiers
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Note : La puissance destructrice des bombes atomiques utilisées à Trinity et au Japon était mesurée en kilotonnes. Quelques années plus tard, avec le développement des bombes à hydrogène, les explosions étaient mille fois plus puissantes et se mesuraient en mégatonnes d'équivalent TNT.
du groupe de travail militaire, nous pouvons seulement utiliser comme sources Rémé et José, mais cela se trouve être approprié car ils étaient sur place pendant neuf jours complets (y compris le jour de l'accident lui-même) et pouvaient voir l'objet sous différents angles pendant le processus de récupération. Ils ont pu s'en approcher et le toucher, à l'intérieur comme à l'extérieur. Notons que, contrairement aux rumeurs ultérieures, et à divers dessins trop imaginatifs dans les magazines d'ufologie, ils ne décrivent pas du tout un disque ou une « soucoupe volante » mais, comme le dit José, quelque chose ressemblant à la forme d'un avocat aplati, de 7,50 mètres de long (plus ou moins 1,5 mètre) qui n’était pas extrêmement lourd.
Dans notre suivi de la première série d'entretiens, Paola et moi avons sondé le souvenir de M. Padilla au sujet du chargement de l'objet sur la remorque surbaissée. Plus précisément, combien d'essieux, combien de roues sur cette remorque ? Il s’est clairement souvenu d’un 18-roues militaire avec quatre essieux et un tracteur à l'avant, tirant une plate-forme de 11 mètres pouvant être abaissée au sol pour ramasser de lourdes charges, le même type de véhicule représenté sur ma photo de la figure 15. Son estimation approximative du poids de l'objet lui-même était de moins de 4 tonnes et demi, un bas de gamme pour un tel camion.
Notons que « Little Boy » pesait 4350 kilos et Fat Man 4670 kilos, du même ordre de grandeur. Cela nous donne une idée des valeurs des paramètres physiques dont nous avons besoin : il s'agissait essentiellement d'un objet lourd de la taille d'une grosse camionnette et du poids de deux Ford F-150. Pas étonnant que José Padilla, à neuf ans, n'ait pas pu le bouger lorsqu'il a essayé !
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Lorsque nous assemblons tous les témoignages, nous nous retrouvons avec un objet ayant la forme montrée sur la figure 24 : un véhicule bulbeux, arrondi, de couleur grise ou foncée, construit à partir d'un métal inconnu, sans rivets ou vis visibles reliant les différents panneaux ensemble, avec un plancher plat et un plafond très haut, de plus de quatre mètres. Et aucun moyen de propulsion visible. Vraisemblablement, il y a un peu d'espace sous le plancher, mais nous ne savons pas s'il présente quelque chose d'intéressant, comme ce que les physiciens du gouvernement considéreraient comme un moteur.
Le seul autre élément de la forme est le très petit dôme transparent, décentré. Il est également extrêmement fort, ayant subi sans se briser un accident et un glissement catastrophique sur un terrain accidenté de la longueur d'un terrain de football. Un panneau s'est brisé mais lorsque, le dernier jour, José Padilla examinera le dessous (l'objet est posé latéralement sur la remorque, sinon la charge n'aurait pas pu passer sous l'autoroute sur le chemin de Stallion Gate) il voit des rayures et des abrasions profondes sur la surface, mais pas de cassure. Il n'y a ni ouverture, ni appendice.
Notons au passage que s'il avait subi le même crash catastrophique à cet endroit, n'importe quel avion de l'époque se serait cassé en plusieurs morceaux. Le fait que « l'avocat » ait pu garder son intégrité (sans culbuter) dans les circonstances, même après avoir détruit une tour radio en descendant, nous dit quelque chose sur sa remarquable construction. En soi, cela aurait justifié l'attention des entrepreneurs en ingénierie classifiée qui ont ensuite été invités à analyser l'accident. En 1945, la seule façon d'assembler de grandes plaques métalliques impliquait des rivets visibles.
Ensuite, nous devons nous demander si l'objet, en tant qu'appareil physique mais aussi en tant que « signal » symbolique, ressemble à quoi que ce soit, dans son environnement de l'époque, et deux connexions viennent immédiatement à l'esprit : la bombe atomique elle-même avait la forme d'un avocat, et notre vieil ami « Jumbo » est un cylindre allongé aux extrémités arrondies.
Après avoir examiné ces deux objets, sur place à Ground Zéro, Paola et moi avons été frappés par leurs similitudes. Représentées ensemble sur la figure 24, les trois formes invitent à une réflexion sérieuse. Jumbo, en particulier, a plusieurs points communs avec l'objet écrasé. Il a une très forte intégrité et des dimensions très similaires : 8 mètres de long et 4 mètres de diamètre extérieur. Comme l'appareil écrasé, il est vide. Une différence majeure est le poids : Jumbo pèse 214 tonnes, contre notre estimation approximative d'environ cinq tonnes pour l'objet Padilla. Sur la figure 15, la photo que j'ai prise de l'emballage de « Fat Man, » la forme d'un avocat est à nouveau évidente, bien que sa taille soit bien sûr plus petite mais son poids est dans une fourchette similaire : il avait une masse de 4,7 tonnes, ce qui le rapproche de « notre » avocat.
Un agent externe essayait-il de nous dire quelque chose ? Quelles inquiétudes cela a-t-il soulevé dans l'esprit des savants atomistes ? Ont-ils même été informés de l'intrusion ? (31) ... et la question la plus importante : La conversation a-t-elle continué ?
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En avançant dans cette voie et cherchant conseil auprès de scientifiques et d'historiens de cette période, nous avons naturellement été accueillis par des points de vue sceptiques, que nous avons bien enregistrés. Une grande partie du scepticisme est myope, née de préjugés et de jugements hâtifs, antagoniste jusqu'à la malhonnêteté et généralement inutile, mais il y a aussi un sens positif à ce mot, directement dérivé de ses racines grecques en philosophie.
Dans cette lignée plus saine, l'école du scepticisme enseigne que devant des observations nouvelles il faut considérer les phénomènes conventionnels et épuiser la recherche des causes subtiles dérivées des connaissances établies, avant de se précipiter dans de nouvelles théories et des revendications fantastiques. Nous étions impatients d'utiliser ce « bon » scepticisme pour clarifier le paysage qui se précisait devant nous.
Un argument persistant contre la nature « extraterrestre » des crashs, et en particulier les crashs d'OVNI d'après-guerre aux États-Unis, concerne la possibilité d'une ingérence soviétique et même, dans une hypothèse extrême, de survivance de projets souterrains nazis impliquant sabotage, confusion ou intimidation sur le sol américain. Naturellement, Tout au long du projet Manhattan, l'armée américaine était en état d'alerte, et l'on savait que les Russes et les Allemands soupçonnaient de nouveaux développements radicaux à White Sands et à Los Alamos, et s'efforçaient d'intervenir et de s'infiltrer. Cela nous a renvoyé à l'état des connaissances internationales sur les armes secrètes, réelles ou imaginaires, et leur développement jusqu'en 1945 : l'engin vu par Rémé et José pourrait-il être un dispositif inventé par un ennemi, déployé soit comme outil de collecte de renseignements, soit simplement comme outil d'intimidation ou comme avertissement ?
Il faut admettre que la date, deux jours après la capitulation du Japon, assurait que quiconque écraserait cet engin sur le ranch de Padilla capterait toute l'attention de l'armée américaine.
Quel est l'argument logique contre l'organisation et la gestion de l'événement par des forces humaines ? Il existe une vaste littérature sur les armes secrètes allemandes, le renseignement soviétique et l'état de l'art de la recherche aérospatiale, mais elle ne fournit rien qui ressemble à ce que nos quatre témoins principaux (José, Rémé, Faustino et Apodaca) avaient vu pendant le crash ou dans les heures qui ont suivi. Mis à part le fait que, si vous étiez un ennemi pur et simple ou une nation concurrente, il serait insensé d'exposer un prototype expérimental et de le donner aux États-Unis, nous verrons dans les chapitres suivants que la technologie impliquée était encore plus extraordinaire que les enfants ne pouvaient l’imaginer.
En fait, nous n'avons rien de tel encore aujourd'hui.
Un document déclassifié du renseignement américain intitulé « Evaluation des capacités allemandes » a examiné « les armes réelles ou potentielles que les Allemands peuvent utiliser contre les opérations de l'USSTAF en 1945, » mettant de côté « celles pour lesquelles il manque des preuves d'une utilisation possible pour le futur » et se concentrant sur les fusées, depuis le V-1, le V-2 mais incluant aussi les « bombes Phoo, » les ondes magnétiques, les gaz applicables aux avions et même la bombe atomique allemande, considérée peu susceptible d'être opérationnelle dans la période considérée. À l'époque, un rapport supplémentaire intéressant se concentrait sur « les interférences de moteurs par des perturbations électromagnétiques, » ce qui est naturellement pertinent dans de nombreux rapports d'OVNIs modernes des civils et des militaires. Mais encore une fois, rien de tout cela ne concerne le véhicule extraordinaire vu à San Antonito. Nous avons dû laisser cette recherche de côté et examiner d'autres sources de confusion ou d'erreur.
Dans un livre très complet intitulé Man-made UFOs, 1944-1994, Renato Vesco et David Hatcher Childress passent également en revue la gamme complète des véhicules secrets conçus, construits et testés par l'Allemagne nazie vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. Certains d'entre eux étaient remarquables par la façon dont ils anticipaient les plates-formes d'armes modernes, mais là encore, il ne faut pas confondre une expérience intéressante avec un engin volant pleinement développé. À l'exception des Feuerball et Kugelblitz mentionnés ci-dessus, les conceptions atteignant un certain niveau de test dans les usines et les aérodromes de Spandau à Prague en 1943-1944, appartenaient à deux familles d'engins : les soucoupes circulaires équipées de turboréacteurs ou de turbines à gaz, et les fusées avancées ou avions fusées.
Dans son introduction à ce livre très bien documenté (au prix d'une certaine confusion), W.A. Harbinson, auteur du roman Genesis, remarque, citant Vesco : « le Feuerball était une machine volante plate et circulaire, propulsée par un turboréacteur spécial, qui a été utilisé par les Allemands pendant les dernières phases de la guerre à la fois comme dispositif antiradar et comme arme « psychologique » contre les pilotes humains. »
Bien que cette référence soit intéressante à l'aube de la saga des soucoupes volantes modernes, rappelons-nous que tous ces appareils avaient une propulsion conventionnelle selon les normes modernes et ne ressemblaient pas à ce que Rémé Baca et José Padilla ont observé. Peu importe jusqu’à quel point j'ai essayé de suivre les complexes recherches des auteurs, je n'ai rien trouvé ressemblant à l'engin écrasé à San Antonito, qui n'avait certainement pas de moteurs conventionnels et n'était ni un disque ni une fusée.
Poursuivant notre enquête, je me suis interrogé sur les êtres décrits par les deux enfants à bord de l'engin. J'ai retrouvé un ancien rapport militaire qui cartographiait les « lieux de lancement et d'atterrissage de mannequins anthropomorphiques » dans la région de White Sands (Projet aéromédical Air Force n°7218)
Il s’agit d’une autre série de projets bien réels, concernant des expériences sur de futurs appareils destinés à être utilisés par les humains dans la haute atmosphère ou dans l'espace, y compris des combinaisons de vol spéciales et des parachutes. Les articles testés étaient des mannequins humanoïdes se rapprochant de corps réels en taille et en poids. Selon une carte de l’époque, ils ont été principalement lancés depuis les montagnes de San Andres directement à l'ouest de White Sands, et ont été récupérés après de courts vols en ballon ou en fusée depuis le champ d'essai de Jordana jusqu'aux montagnes de Sacramento et même à Roswell.
Malgré des implications intéressantes, car certains de ces appareils et leurs « pilotes » tombaient dans la région de San Antonio, ces explications sont inutiles pour notre propos car la période est complètement fausse. Rappelons que l'armée de l'air n'existait même pas au moment du crash de Padilla et que l'armée américaine ne disposerait de ballons ou de fusées habités sophistiqués que plus tard, lorsque des équipements allemands seraient déplacées vers les sites d'essais dans le sud-ouest. De plus, les enfants avaient vu de près des créatures vivantes ne pouvant être confondues avec les mannequins humanoïdes. Malgré des parallèles historiquement intéressants, ils n'ont aucune valeur explicative dans le cas de José Padilla : les mannequins anthropomorphes étaient simplement suspendus à des parachutes largués de ballons et aucun engin sophistiqué n'a participé à leur lancement ni à leur récupération.
D'un point de vue pratique, rappelons également que ces tests n’ont commencé que quand le Projet Paperclip a réinstallé les ingénieurs allemands et leurs fusées dans des bases du Sud-Ouest où Wernher von Braun a lancé le premier V-2 de White Sands au printemps 1946. Rappelons aussi que la recherche spatiale a longtemps été un sujet de ridicule aux États-Unis. Un livre remarquable intitulé The Pre-Astronauts, de Craig Ryan (Naval Institute Press, 1995) note : « de la fin des années quarante au milieu des années cinquante, « l’espace » est resté un gros mot au Pentagone et dans les salles du Congrès. Évoquer le sujet, c'était inviter les railleries. »
Un peu comme le mot « OVNI » aujourd'hui...
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Satisfaits qu'il n'y ait aucune preuve d'une technologie humaine de l'époque se rapprochant de ce que José Padilla avait vu, nous sommes revenus aux détails de l'affaire. Après avoir clarifié les circonstances de l'événement, avec un modèle provisoire de l'objet qui a résolu les diverses interprétations et les erreurs évidentes de certaines descriptions fantaisistes antérieures, Paola et moi nous sommes retrouvés devant une autre série, plus subtile, de questions ouvertes. Après avoir reconstitué l’enchaînement des événements, tant du point de vue de l'Armée que de la réalité locale du site, un certain nombre de nouvelles interrogations ont émergé. La première question concernait la tour Marconi, puisque nous avions établi que l'engin l'avait heurtée sur le chemin du site du crash.
« La carte n'est pas le territoire, » comme l'a dit fameusement Alfred Korzybski dans son Second Principe de Sémantique Générale, mais vous n'avez pas besoin de ce rappel au milieu d'un désert où les conditions météorologiques et de terrain peuvent changer radicalement autour de vous en moins d'une demi-journée. Quelque chose d'aussi simple que la reconstruction de la position de la tour radio nord pour la chaîne de White Sands était devenu un casse-tête intéressant, mais bien sûr, essentiel pour la trajectoire de notre « avocat. »
La conversation a commencé avec Paola:
« Vous m'avez donné une carte de 1982, qui est magnifique. »
José : Ah, la carte… J'y ai tout mis.
Paola : D'accord, vous avez mis la maison Padilla, et le puits, vous y mettez plein de choses. Et la tour !? La tour est intéressante là où elle se trouve. C'est la tour Marconi ?
José : La tour était sur une carte BLM. Celle qui a fait la carte, est celle qui m'a donné cette lettre pour un permis d'entrer là-bas.
Paola : Mais la tour n'est plus là, alors comment a-t-elle mis ça là-dedans ?
José : Elle était là. Elle a mis tout ce qui... Je ne me souviens plus de son nom, elle est déjà à la retraite. C'est elle qui a écrit ça, toute la carte, puis j'ai ajouté toutes les petites choses là-dedans, comme Diamond-A Ranch, et le moulin à vent, et Walnut Grove.
Paola : Oui je comprends ça, mais la tour... Si la carte date de 1982, la tour était détruite à ce moment-là. Pourquoi est-elle sur la carte ?
José : La tour n'était plus là, elle a été détruite. La tour a été retirée de là, bien après, voyons, 19, euh, 45, 50 - 56.
Paola : La tour a été retirée de là en 1956, mais la carte date de 1982. C'est comme 25 ans plus tard. Pourquoi la tour est-elle toujours sur la carte ? Avez-vous mis la tour là-bas?
José : Non, non, la fille du BLM a mis la tour là parce qu'elle savait qu'il y avait une tour là, elle l'a posée à cet endroit-là.
Paola : Donc ce que nous avons, c'est un problème. Nous devons regarder la trajectoire de la façon dont cette chose est entrée. Elle a heurté la tour et a atterri à l'endroit où vous avez le X. D'où venait-elle donc ? D’au-dessus de vos têtes? C'est arrivé derrière vous? Et puis c’est allé atterrir là-bas? Je veux dire : d'où, de quelle direction est venu cet engin ?
José : La direction d'où venait l'engin était San Antonio, comme venant du site de Trinity, puis il a fait un virage et quand il a heurté la tour, cela l'a retourné et il a atterri là où il s'est écrasé.
Paola : Donc vous pensez que l'engin venait du site de Trinity ?
José : C'était mon sentiment, que cela venait de Trinity.
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Fig. 24 : Trois objets d’intérêt : analyse des dimensions
et des formes
Le prochain puzzle était tout aussi important. Cela avait à voir avec les circonstances dans lesquelles la tour avait été démontée, ainsi que la barrière installée par l’armée en 1945 pour faire passer leur gros camion. Il s'agissait également d'un des échantillons de métal récupérés sur le site. Paola s'est donc renseignée sur le moment où l'armée est revenue.
José : C'était en 1956, ou en 57 ? C'est à ce moment-là que mon cousin allait là-bas et que la police américaine l'a arrêté sous la menace d'une arme. Il ne pouvait pas y entrer parce que c'était une propriété fédérale et ils ne voulaient pas le laisser y entrer. À cette époque, c'était, euh, 56 ou 57 quand ils ont tout démoli. Le portail, et la tour.
Paola : Ils ont aussi démoli le portail ?
José : Oui, ils ont pris le portail, ils ont abattu cette tour. C'est alors que mon cousin se promenait sur son cheval et qu'il a trouvé un morceau d'aluminium, là-bas au milieu du champ. À environ cinq, six kilomètres au sud-ouest de l'endroit où s'est produit l'accident.
Paola : Vous voulez dire la poutre en I, la pièce en poutre en I ?
José : Oui, la poutre en I.
Paola : Oui, d'accord, donc cette année-là, vous avez dit 1956, le gouvernement fédéral est venu et a enlevé toutes les preuves?
José : Oui.
Paola : Ils ont emporté le portail qu'ils y avaient mis, et ils ont emporté la tour qui a été détruite ?
José : En fait, des gens avaient déjà démonté le portail, l'ont pris et l'ont vendu comme ferraille.
Paola : Alors que faisaient les soldats là-bas ?
José : Ils cherchaient quelque chose. Mon cousin et un de mes amis allaient là-bas pour vérifier, et la police militaire les a arrêtés devant cette barrière pour le bétail, et leur a dit, vous savez, qu'ils ne pouvaient pas y entrer. C'est à ce moment-là qu'ils ont démoli ce portail, ils ont abattu la tour et ils l'ont démolie, voilà tout.
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Petit à petit, les morceaux d'histoire remontaient à la dérive dans le courant du temps, à travers cette mémoire remarquable de M. Padilla, et la mémoire collective de cette région isolée du Nouveau-Mexique.
La partie suivante du récit, encore incomplet, concernait l'intégrité de l'engin lui-même, lorsqu'il s'est immobilisé contre le barrage de l'arroyo. Paola a relayé ma question à ce sujet.
Paola : Jacques se demande si ce panneau qui a explosé et a été endommagé était une porte ? Si ce n'était pas une porte, si ce n'était qu'un panneau, alors comment ces êtres pouvaient-ils entrer à l'intérieur ?
José : Eh bien, cette pièce n'a jamais été retrouvée ; cette partie qui est sortie de ce crash. Quand il a heurté cet angle de cette tour, cette pièce est tombée. Je ne sais pas si c'était une porte, une porte de secours ou quoi. Mais cela n'a jamais été retrouvé.
Paola : OK, donc si c'était un engin qui n'avait pas de porte, c'était juste un panneau. Pensez-vous que c'était un panneau ou pensez-vous que c'était une porte?
José : Pour moi, c'était comme si c'était une porte.
Paola : Ça ressemblait à une porte parce qu'elle était intacte ? Était-ce un panneau intact ou était-il tout déchiqueté?
José : C'était un panneau qui n'avait pas de charnières. Ou peut-être qu'il y avait un certain type d'adaptateurs, une chose « pop-out, » comme une prise d'urgence.
Paola : Donc ce n'était pas comme un morceau qui s'est cassé. Vous n'avez pas vu des morceaux partout, n'est-ce pas ? Je veux dire, était-il cassé ou est-il juste éjecté ? Comment, je veux dire... parce que si cela faisait partie de l'engin, alors il n'y a pas de porte, et comment les êtres sont-ils entrés là-dedans ?
José : Pour moi, euh, c'était comme une porte qui venait de sortir.
Paola : Parce que... pourquoi ? C'était propre ? Je veux dire, le panneau était-il au sol ?
José : Il y avait des... quelques bosses là où ça a heurté les coins de cette tour.
Paola : Il y avait des bosses dessus ?
José : Oui, là où ça a heurté, les coins du métal de la tour. Et je ne sais pas s'il y avait une aspiration, ou une sorte d’instrument, qui a fait sortir cette chose.
Paola : Parce que les gens vont demander, comment les êtres sont-ils entrés là-dedans ? Est-ce qu'ils viennent de traverser le mur ? Comment sont-ils entrés là-dedans – vous pensez que c'était une porte.
José : Eh bien, il y avait un moyen qui, si cela leur appartenait, vous savez, il y avait un moyen pour qu'ils puissent y entrer, s'ils voulaient y entrer ou en sortir.
Paola : Oui, s'ils pouvaient traverser le mur, comme ils l'ont fait dans la cabane du berger ?
José : C'est ce que j'allais vous dire. C'est-à-dire qu'ils entrent dans un mur là-bas, je veux dire qu'ils peuvent entrer n'importe où. Maintenant, d'une certaine manière, vous savez, j'aurais aimé pouvoir y aller et les toucher pour voir de quoi ils étaient faits.
Paola : Vous pensez que ce panneau était une porte, alors. Vous pensez que cela aurait pu être une porte, ou c'était juste un autre panneau, la façon dont les panneaux étaient à l'intérieur, n'est-ce pas ?
José : À l'intérieur, il semblait qu'il y avait des panneaux, mais seule cette section, juste là, est celle qui est sortie, et elle n'a jamais été retrouvée. La seule chose qui a été récupérée est ce morceau de métal que mon cousin a trouvé sur le terrain en rentrant chez lui à cheval. Mais il n'a jamais rien découvert (d'autre), jusqu'à présent, et il ne croit toujours pas aux OVNIs. Alors il s'en fichait. Il pensait que c'était un morceau de métal. Il l'a jeté sur ce tas d'ordures, pour le vendre comme ferraille.
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Reste la question de savoir à quoi ressemblait réellement le panneau et ce qui lui était arrivé. La meilleure hypothèse, comme nous l'avons vu auparavant, était, qu'alertée par les observations du pilote sur la fumée et le crash, une petite équipe de l'armée est entrée le deuxième jour (lorsque les enfants ne pouvaient pas venir sur place) et a emporté une partie du matériel. Paola a demandé : à votre avis, quelle était la taille du panneau ?
José : Euh, le panneau mesurait environ, euh, 1,20 mètre sur presque, presque 2,75 mètres.
Paola : Donc vous pensez que quelqu'un est allé là-bas et a ramassé le panneau ?
José : Quelqu'un a ramassé le panneau et l'a pris.
Paola : OK, et quand vous et Rémé êtes allés là-bas, avez-vous déjà vu la tour détruite ?
José : Un coin avait été touché ; en haut, environ aux trois quarts de la hauteur. Sur environ un quart, tout était mutilé.
Paola : Donc vous saviez que c'était une chose réelle. Parce que vous avez entendu le Boum, puis vous avez vu la partie mutilée de la tour et puis vous avez vu ce qui a causé les dégâts, vous l'avez vu.
José : La partie mutilée de la tour était au nord-ouest.
Paola : OK, mais savez-vous que c'est l’appareil qui l'a fait ? Vous savez que l'OVNI l'a fait ?
José : C'est la seule chose que j'ai pu comprendre, vous savez, parce que les morceaux qui étaient tous dispersés en faisaient partie. Je l'appellerais les cheveux d'ange, peu importe ce que c'était, qui était sur le sol là-bas. Parce que c'était un assez grand espace où cette chose est venue, d'où elle a frappé, jusqu'à l'endroit où elle a atterri. C'est un long chemin. Et il y avait beaucoup de choses éparpillées.
Paola : Donc les cheveux d'ange étaient éparpillés un peu partout ?
José : C'était dispersé comme, quand quelque chose explose, ça explose sur un long chemin, vous savez. C'est pourquoi ce morceau de matériel que mon cousin a trouvé était à plus de 6 kilomètres au sud de là. Pour moi, il semblait que c'était une sorte d'isolant, entre les panneaux.
Paola : OK, mais c'était près de la tour ? Ou était-ce sur le site du crash ?
José : Certains d'entre eux étaient près de la tour là-bas, là où il s'est écrasé, et la plupart étaient sur le sol où ils ont atterri.
Paola : C'est tellement important José, ce détail, je peux le voir.
Désormais, nous pouvions reconstruire un meilleur modèle de la collision avec la tour, c'était important pour comprendre les dommages réels causés à l'engin, qui semblaient limités à ce seul panneau. Mais nous ne pouvions toujours pas expliquer le fait que la « porte » elle-même manquait, alors le dialogue s'est poursuivi :
Paola : Quand vous regardiez avec les jumelles, avez-vous vu ce panneau de porte, ou la pièce au sol - l'avez-vous vu, ou avez-vous…
José : Non, non, c'était perdu.
Paola : Eh bien, vous savez, à quelle distance se trouvait cette tour de l'endroit où elle a atterri ?
José : Cela a explosé quand…quand il a frappé la tour et nous ne savons pas où il a explosé.
Paola : Alors vous ne l'avez jamais vu, en fait ?
José : Non, non, on ne l'a jamais vu. Le seul morceau, vous savez, que mon cousin a trouvé était peut-être un morceau de ça. Mais c'était à plus de six kilomètres de là.
Paola : OK, donc, en d'autres termes vous n’avez jamais vu le panneau, la porte, on appelle ça la porte, mais ce n'est pas forcément une porte, c'était juste un panneau.
José : Non, je ne l'ai pas vu. C'était juste, euh, éjecté, je suppose, de cet impact…
Paola : Ensuite, vous avez dit que vous pensiez que le panneau a peut-être été enterré sous quelque chose parce que personne ne l'a trouvé. Peut-être qu'il est enfoui sous la terre.
José : Oui, ça pourrait l'être, vous savez. Le sol évolue. Il grandit rapidement en quelques années et euh, mon cousin a eu de la chance d'avoir trouvé ce morceau de métal qui gisait. Il passait par là, euh, les vents ont emporté beaucoup de choses et de la poussière, et puis il a découvert ça, en plus.
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Il peut sembler que nous insistions sans fin avec de telles questions, mais ce n'est pas tous les jours que vous avez un témoin authentique d'un crash d'OVNI, si capable de rappeler des détails de la catastrophe. Nous avons donc centré nos discussions sur l'autre matériel récupéré sur le site, à savoir les « cheveux d'ange » et la trajectoire exacte de l'engin avant qu'il ne touche le sol. Dans les semaines et les mois suivants, nous aurions beaucoup d’interrogations sur ces « cheveux d'ange. » Paola, en contact quotidien avec M. Padilla, a d'abord posé des questions sur le matériel qu'il avait ramassé.
Paola : A propos des « cheveux d'ange, » pensez-vous qu'ils viennent de ce panneau, et que c'était à la tour ?
José : J'ai l'impression que ces « cheveux d'ange » sont sortis de ce (panneau), comme une isolation.
Paola : Vous avez dit que c'était blanc, comme une toile ? Comme des cordes – était-ce des cordes ?
José : C'était blanc, euh, blanc clair, comme une toile, mais, dans beaucoup de petits morceaux, vous savez, que vous pouviez souffler, comme une isolation.
Paola : Mais c'était comme des cordes ? C'était des cordes ?
José : C'était étrange. C'était la première fois que je voyais ça.
Paola : Mais c'était comme des ficelles... Ou plutôt une toile ?
José : Une toile. Comme une toile, euh, on peut la souffler et comme une fleur, quand on souffle sur une fleur et que les pétales tombent.
Paola : Donc vous et Rémé avez vraiment ramassé ces choses ?
José : Oui, nous l'avons fait. Une chose que nous avons essayé de faire est de le brûler.
Paola : Mais vous l’avez touché – était-ce léger ?
José : Nous l'avons touché et c'était bien, comme une toile, vous savez, c'était un beau matériau. C'est pourquoi j'ai le sentiment que, tout ça, cheveux d'ange ou autre chose, ou isolation, quand ça a frappé si fort, ça a juste explosé et s'est désintégré et s'est envolé.
Naturellement, Paola a pensé que nous pourrions récupérer une partie de ce matériau : il serait intéressant de faire une analyse approfondie de ses composants.
Paola : Combien y en avait-il ? Beaucoup?
José : Nous en avons accumulé pas mal. On le mettait dans un sac.
Paola : Vous l’avez mis dans un sac ?
José : Oui, et nous avions l'habitude d'avoir des décorations pour Noël et de nous en servir…
Paola (riant) : Vous vous moquez de moi ! Vous avez utilisé ces cheveux d'ange dans le sac pour les décorations de Noël, et peut-être qu'ils viennent d'une autre planète ?
José : Je suppose, vous savez, nous l’avons fait ! (rires)
Paola : Mon Dieu, vous vous moquez de moi, José ? (rires) Vous savez ce que vous dites ? Vous dites que vous avez pris toute cette isolation de l'intérieur d'un vaisseau spatial et fait des décorations de Noël, vous avez vraiment utilisé ce genre de choses ?
José : Une grande partie de ça, vous savez, que nous avons trouvée par terre, nous l'avons mise dans un sac, et nous l'avons ramenée à la maison et nous en avons donné une partie. Et les gens autour du hameau là-bas, ils l'ont utilisée sur les fenêtres des maisons. Cela ressemblait à de la toile d'araignée...
Paola : Combien de sacs avez-vous ramassé de cheveux d'ange, vous pensez ?
José : Nous avions un sac où nous mettions les haricots. Eh bien, c'était la taille d'un sac. C'est en fait comme la taille d'un tambour de 200 litres.
Paola : Mais qu'est-ce que vous avez fait ? Je veux dire, est-ce que vous vous promeniez juste pour le ramasser, le mettre là-dedans ?
José : Nous l'avons juste ramassé et emmené là-haut, et nous avons décidé plus tard que ce serait un bon... Nous n'avions pas assez de coton pour faire des cheveux d'ange à mettre sur les fenêtres et nous l'avons mis, et ça faisait bien.
Paola : (rires) José, donc vous n’avez jamais vu ça, sauf quand vous l’avez récupéré vers la semaine du 16 août, n'est-ce pas ? Vous n'avez jamais vu ça nulle part ?
José : Ah, non. Vous savez, beaucoup de gens qui le voyaient nous demandaient où nous l'obtenions. Nous leur avons dit que nous venions de le trouver. Et c'était tout. Vous savez, c'était un secret.
Paola : A combien de personnes l'avez-vous offert ?
José : Certains d'entre eux étaient nos voisins, et certains éleveurs.
Paola : D'accord, et puis….
José : Une chose que, euh, que nous avons essayé, était de le brûler et il ne brûlait pas.
Paola : Qu'est-ce qui vous fait penser à le brûler ?
José : Eh bien, pour essayer ; ça ne marchait pas.
Paola : Vous étiez en train de le faire, vous vouliez voir si ça brûlait, et ça ne s'enflammerait pas.
José : Comme le coton, vous savez, vous pouvez, euh, allumer une allumette dessus, et ça va brûler. Et ce truc n'a pas du tout brûlé. (Note)
Paola : Ça n'a pas brûlé ; de quelle couleur était-ce déjà ? Vous avez dit un blanc clair ?
José : C'était un blanc clair, comme une toile d'araignée. Vous savez quand une toile d'araignée devient poussiéreuse ? C'est comme ça qu‘était la couleur. Pendant la saison de Noël, ils avaient vu que nous avions décoré nos maisons avec ça sur les fenêtres, et les gens qui passaient, vous savez, ils avaient vu ça, et ils s'arrêtaient et demandaient, ce que c'était? Vous savez... c'est une chose étrange.
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Note : Ceci est important, car un très ancien prototype de fibre optique aurait été détruit par la chaleur d'une torche. Le matériau n'était donc pas la fibre optique telle que nous la connaissons.
Cela ressemble à une toile d'araignée. A cette époque, on utilisait du coton. Et ils ont remarqué que ce n'était pas du coton. Ils nous ont demandé où nous l'avions récupéré. Nous n'avons pas dit où nous l'avions ramassé, vous savez, mais nous en avons donné aux gens, et ils ont décoré leurs fenêtres avec.
Paola : Mais José, le crash était en août... Vous l’avez mis au garage jusqu'en décembre ?
José : Non, nous avions des sacs dans lesquels nous l'avons mis, et nous l'avons juste, euh, stocké dans la caserne.
Paola : Qu'entendez-vous par stockage dans la caserne ?
José : Au Ranch, nous avions des cabanes, où les éleveurs dormaient puis se levaient le lendemain matin, vous savez, et nous les appelions « les casernes. » Et nous les avons mis dans des sacs là-dedans, et nous les avons simplement laissés là.
Paola : Autrement dit, vous ne l'avez pas utilisé tout de suite ; vous avez attendu au moins six mois.
José : Juste pour la saison de Noël, nous l'avons utilisé et c'était bizarre, comme le coton que nous utilisions avant, nous pouvions le brûler. Ce truc-là, on allumait une allumette dessus et ça ne brûlait pas.
Paola : Ça ne brûlait pas du tout, alors vous grattiez une allumette et… Qu'est-ce qui vous a fait penser à gratter une allumette ?
José : Pour voir, voir si ça allait exploser ou quoi que ce soit, vous savez.
Paola : Parce que vous étiez des petits enfants, et vous vouliez voir si ce truc allait exploser !
José : Euh, hein, je voulais juste, j'étais curieux, de quoi était fait ce truc, vous voyez ? Si ça brûlait ou pas...
Paola : Mais si cet engin a frappé la tour, la plupart des cheveux d'ange n’étaient-ils pas autour de la tour ?
José : Non, la plupart ont explosé. Avec l'impact, le panneau a dû se désintégrer, les cheveux d'ange ont soufflé partout, et ils s'accrochaient dans les buissons et sur le sol.
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Quand Korzybski déclara « La carte n'est pas le territoire, » il devait avoir en tête le Nouveau-Mexique, pensai-je en remontant une fois de plus le chemin de terre. Nous devions cerner plus précisément une autre pièce du puzzle : la trajectoire de l'engin avant qu'il ne s'écrase, ce qui impliquait de reconstituer comment il était entré en collision avec la tour Marconi, mais nous ne savions pas où se trouvait la tour, et les cartes n’étaient d’aucune aide. Au cours de l'enquête, il était devenu clair, que non seulement « la carte n'est pas le territoire, » mais que certaines des choses marquées sur la carte étaient seulement le vague souvenir ou le fantôme disparu de structures ayant existé autrefois, qui n’étaient plus sur le terrain après 1980.
Afin de conclure cette phase de notre enquête, nous devions localiser la tour avec une plus grande précision. Si les cartes locales souffraient un peu de l’imagination fiévreuse du cartographe, alors seul quelqu'un ayant grandi sur la propriété pouvait nous dire ce qui s'y trouvait réellement.
Paola a demandé : « la carte que vous nous avez donnée, elle montre une tour. Ce n'est vraiment pas près de la porte où vous entrez. Alors, y avait-il deux tours ? »
José : Euh, non, non, non.
Paola : Eh bien, là où la cartographe a mis la tour sur la carte que nous avons, ce n'est pas près de la porte ou de la garde du bétail. Elle l'a mise ailleurs, dans le nord.
José : Eh bien, non, quand elle a dessiné cette carte pour nous la donner en 1980-vers 1983-ou peu importe, elle a juste mis la tour là pour montrer qu'il y avait bien une tour, vous savez.
Paola : Donc ce n'est pas forcément exact, n'est-ce pas ? C'est juste un espace réservé?
José : Non. Cette tour était... vous vous souvenez quand on a trouvé un petit bout de fil ?
Paola : Oui, c'est près de la garde du bétail. Et donc Jacques se demandait, quand l'engin a heurté la tour, est-ce qu'il est descendu ou est-ce qu'il est remonté, parce qu'il regarde l'élévation. On dirait qu'il est remonté (si nous parlons de la tour au nord-JV).
José : Euh, non, pas tout à fait, parce que c'est en descente. De cette tour, tout va vers le sud et tout à l'arrière est presque en descente, jusqu'à l'endroit où s'est produit l'accident.
Paola : D'accord, parce que Jacques regarde des cartes topologiques et s'interroge. Je lui ai dit : « Non, ça a dérapé, tu sais, ça a dérapé très loin. » Et Jacques a dit : « Alors, quand ça a dérapé, est-ce qu'il a fait un virage à gauche ?
José : Euh, quand il a dérapé, voyons : il a frappé, allant vers l'ouest, quand il a frappé, il est allé vers le sud… oui, il a tourné à gauche.
Paola : Et c'est là que ça s'est arrêté ? Pensez-vous qu'il a heurté quelque chose, ou qu'il s'est juste arrêté?
José : Euh, ça s'est arrêté, c'était la fin, parce qu'il n'y avait nulle part ailleurs pour que ça puisse déraper.
Paola : Oh, parce que s'il continuait à déraper, où déraperait-il ?... sur l'arroyo ?
José : Euh, non, vous voyez où cette route – elle a été construite ? C'est là que c'est tombé. Comme s'ils avaient pu guider jusque là-bas.
Paola : OK, donc ce que vous dites, c'est que la nouvelle route est presque la trajectoire de l'engin ?
José : Exact.
Paola : La tour a été construite sur une colline. C'est près du portail. Et elle a été construite comme un signal pour que les avions ne viennent pas percuter, dans quoi – la colline ?
José : Vous vous souvenez des falaises ? Elles étaient du côté opposé. Où nous nous sommes abrités ? La tour a été construite là-bas, pour qu'ils puissent signaler aux avions qui passaient par là, pour qu'ils ne heurtent pas cette colline, parce que c'était le point le plus élevé.
Paola : Oui, d'accord, j'ai compris. Ce n'était peut-être pas une tour radio. Était-ce encore une tour radio ?
José : Mon père a nommé l'endroit « Pico del Italiano. » Cela signifie Italian Peak, qui est sur la carte. Et je ne sais pas si l'armée ou quoi que ce soit d'autre a construit cette tour ; le but de cela, selon lui, est qu’un avion qui volerait du sud, d'El Paso, allant vers le nord, ne heurterait pas cette colline sur laquelle la tour était construite.
Paola : OK, eh bien, Marconi a construit des tours radio, c'est pourquoi ils l'ont nommée ainsi. Donc, vous savez alors, quand votre père et l'autre gars sont allés là-bas, ils n'ont certainement pas trouvé la porte (panneau). Personne n'a jamais vu la porte, n'est-ce pas ?
José : Euh, ce panneau n'est jamais reparu.
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Paola : Donc, c'était du côté nord de Walnut Creek. Il est vraiment difficile de voir la ligne du ruisseau là-bas. Mais sur la carte de Jacques, on voit que le site de l'accident est un peu plus loin, je me souviens qu'il fallait environ cinq kilomètres pour y arriver. Alors, quand vous avez dessiné l'image des dégâts, comment avez-vous réellement vu les dégâts et combien de temps cette tour était-elle là ? La tour radio que l'engin a heurtée.
José : Celle où s'est produit le crash ?
Paola : Oui, c'est tombé ? Ou avez-vous juste vu les dégâts, et c'était là depuis un moment ?
José : Non, non ! Je suis monté là-haut. J'ai grimpé, et j'ai vu que c'est là, c’est ce que j'ai inscrit sur les schémas que j'ai écrits, que les dégâts ont été faits par le sud-est. C'est là que ça a frappé.
Paola (étonnée) : Alors, en fait, à neuf ans... vous êtes monté sur cette tour ?
José : Oui, je l'ai fait.
Paola : Qu'est-ce qui vous a fait penser que ça venait de Trinity ?
José : La façon dont j'ai vu ça, le ricochet, comment ça a frappé. Et il a rebondi vers le sud-ouest à partir de là.
Paola : Le ricochet. Intéressant! Pouviez-vous voir le site du crash lorsque vous y êtes monté ?
José : Non. C'était trop loin. Je n'ai pas grimpé jusque-là. Mais j'ai grimpé... à 25 mètres de haut... j'en ai grimpé environ les trois quarts. C'est là que j'ai vérifié où les dégâts étaient, d’où ça venait, ça venait de l'Est, je veux dire comment l'appelez-vous ? Trinity. Cela venait de là. Quand il a frappé, il a touché le coin du pilier et il a ricoché, d’après les impacts – il a ricoché et s'est dirigé vers le sud-ouest.
Paola : C'est incroyable parce que c'est une situation de traces physiques et vous avez grimpé et vous avez vu les dégâts, donc quelque chose a dû endommager (cette tour). Combien de temps avez-vous grimpé après le crash ?
José : Euh, juste après ça, euh, cet appareil a été déplacé de là.
Paola : En d'autres termes, après qu'ils l'aient emporté, vous l’avez escaladé, comme quoi, une semaine ou deux, après ou ?
José : Eh bien, oui. C'est à ce moment-là que nous avons commencé à trouver cette chevelure d'ange dont je vous parlais.
Paola : Et cette photo que j'ai envoyée, elle ressemblait à ça ?
José : Euh, non. Non, c'est complètement, complètement différent. J'ai vérifié et ce n'était pas comme ça. C'était comme une toile d'araignée, euh, c'est difficile à expliquer. Mais c'était comme une toile d'araignée, qui se répandait n'importe où, sur les buissons.
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Ce n'était pas la fin de la conversation, car il y eut une présence militaire dans cette région pendant de nombreuses années, et Paola était intriguée par certains des incidents suggérant une recherche continue des traces de l'incident.
Elle demanda : « Vous disiez, quand ils ont arrêté votre cousin Ed sous la menace d'une arme, en quelle année était-ce ?
José : Je crois que c'était 19 euh, 50….1956. Juste là avant de monter la colline, avant de descendre au niveau où se trouvait la tour, devant l’entrée par où passe le bétail.
Paola : Et qu'est-ce qui s'est passé ?
José : Ils ont fait demi-tour. Ils ont fait demi-tour et sont rentrés chez eux, puis ils sont montés sur les chevaux et sont sortis par l'arrière; la façon dont je vais au Diamond A Ranch.
Paola : OK, alors ils vous ont expliqué qui les a arrêtés sous la menace d'une arme ? Était-ce les militaires ?
José : C'était l'armée et ils m'avaient dit qu'ils cherchaient quelque chose, mais Ed n'a jamais su que j'avais été témoin de cet accident. Il ne savait rien de cet accident. S'il avait su, il y aurait mis plus d'efforts, nous comprendrions mieux ce qui s'était passé. Peut-être qu'il aurait pu garder cette barre qu'il a trouvée. Mais il ne savait rien jusqu'à ce que nous commencions, quand vous êtes arrivée, vous savez.
Paola : Je sais, mais vous m’avez aussi dit quelque chose sur vous et votre femme revenant en 1983, et vous ne pouviez pas y aller. Vous alliez montrer à votre femme où vous aviez été élevé. Avez-vous également été arrêté sous la menace d'une arme?
José : Non, en 1983, c'est à ce moment-là que je suis passé chez le manager local de BLM. C'était à l'époque où mes garçons étaient déjà grands, et je lui ai demandé si je pouvais avoir un permis pour que mes garçons jettent un œil à l'endroit où je suis né, vous savez.
Paola : Autrement dit, vous n'avez jamais été arrêté ? Mais Rémé
vous a-t-il jamais dit qu'il avait vu le dossier sur cette affaire ? Que la gouverneure de l'État de Washington lui a permis de consulter le dossier, car il l'avait aidée à la faire élire ? Elle a donc sorti un document, qui se trouve dans les dossiers de la Commission de l'énergie atomique.
BIEN SÛR! Ai-je réalisé.
Pas étonnant que l'affaire n'ait jamais été dans Blue Book, ni dans aucun dossier de l'Air Force : les secrets atomiques étaient sauvegardés sous leur propre système d'autorisations P, Q et R.
Sauf exigence spéciale, le dossier de San Antonito ne serait même pas accessible aux scientifiques possédant des autorisations supérieures à Top Secret de la plupart des agences de renseignement, ou du reste de l'exécutif, jusqu'au Président.
Et cette prise de conscience a tout changé.
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QUATRIEME PARTIE

DIX-NEUF ANS PLUS TARD
Mon esprit est partagé quand la question se pose de révéler ou
non ces connaissances au monde. Une fois cette décision prise,
aucun recul n’est possible, or nous avons devant nous l’horrible
exemple de l’énergie atomique.
Wilbert Smith,
Directeur du projet Canadien de recherché ufologique, 1961
CHAPITRE TREIZE
BASE AÉRIENNE AMERICAINE
DE WRIGHT-PATTERSON
Le vingt-quatre avril 1964, un vendredi, je me suis éveillé à l'aube dans un motel à Fairborn, Ohio, à temps pour un petit déjeuner matinal avec le Dr J. Allen Hynek et un briefing à 8 heures du matin sur les analyses d'OVNIs sur la Base de Wright-Patterson de l'US Air Force. Nous avions tous les deux quitté Chicago la veille et nous avions pris un dîner frugal dans l'avion pour Dayton, où le capitaine Quintanilla et sa femme nous ont accueillis.
Cela allait être un voyage court, mais très intéressant et mémorable pour moi. Nous avons passé la fin de soirée au Club des Officiers de « Wright-Patt, » à nous détendre et à socialiser avec les hommes qui dirigeaient le Projet Blue Book, le bureau OVNI chargé de concentrer les rapports d'objets volants non identifiés provenant de l'armée et de la population civile des États-Unis.
Un court trajet en voiture nous a conduits à un autre ensemble de portes. Après que les gardes eurent vérifié nos autorisations (pour moi, un simple laissez-passer officiel de deux jours, puisque je n'étais pas encore citoyen américain), nous avons été conduits à l'impressionnant bâtiment en aluminium sans fenêtre de FTD, (la division de technologie étrangère de l'USAF, pas les fleuristes…) qui détenaient les archives complètes et originales de Blue Book. Il y avait alors quelque 10.000 rapports dans les dossiers. Certains d'entre eux consistaient en une courte transmission d’un téléscripteur; d'autres remplissaient cent pages de cartes, de photographies et de relevés de données physiques.
Encore aujourd’hui, il y a beaucoup de mythologie sur ces fichiers : où ils se trouvaient, ce qu'ils contenaient, qui avait accès et comment ils étaient traités. La plupart des Américains et de nombreux amateurs d'ufologie ont été induits en erreur par les personnalités de la télévision d'apparence sérieuse déclarant que les enregistrements, bien sûr, étaient classifiés SECRET. Si vous suivez l'une des séries de vidéos à sensation sur les OVNIs au fil des ans, qu'ils soient américains ou étrangers, vous « savez » que les fichiers Blue Book étaient super-classifiés, car les réseaux écrivent toujours cela en grosses lettres rouges sur l'écran.
Même la dernière série Project Blue Book sur le « History Channel » perpétue le mythe. Les scénaristes ont besoin de gonfler leurs reportages et de toute façon, ils savent que le public attend cette nouvelle. Qui veut passer une heure à regarder une histoire d'OVNI qui ne promet pas une sorte de grande révélation ? Qui prendrait le temps d'examiner des données de recherche ordinaires, aussi fascinantes soient-elles ? La gloire et l'aura mystérieuse de la « Divulgation » sont promises à nouveau…
Bien sûr, s'ils avaient été secrets, il n'y aurait eu aucun moyen pour moi, jeune citoyen français sans titre officiel particulier, de m'approcher de cette base aérienne, et surtout de ce bâtiment, puisque je n'avais même pas un passeport américain. À cette époque, vous deviez résider aux États-Unis cinq ans avant même de pouvoir demander la citoyenneté. Et la simple citoyenneté ne vous ferait pas passer à côté des Marines avec leurs mitrailleuses postés à l’entrée. Si vous n’êtes pas familier avec l'armée, vous êtes excusable de ne pas comprendre qu'une archive non classifiée et entièrement publique peut être hébergée dans l'un des bâtiments les plus secrets et les mieux défendus du pays.
Vous aviez besoin d'une très bonne raison d'être là, et d'une invitation formelle. La bonne raison, pour moi, était que ma femme Janine et moi avions déjà passé des années à construire, filtrer et éditer une base de données internationale d'observations d'OVNIs et d’en tirer des statistiques. En conséquence, j'avais un système de recherche informatique, multi-dimensionnelle et à jour, pour le phénomène mondial des ovnis, contrairement à l'US Air Force. Je terminais un doctorat en intelligence artificielle et je prévoyais de poursuivre des analyses de plus en plus complètes sur les données mondiales, qui incluaient déjà certains des meilleurs cas du Blue Book après exclusion de ceux explicables tels que les météores, les planètes, les phénomènes atmosphériques et les satellites. J’avais prévu de refaire le travail d'évaluation de leurs 10.000 cas, ce qui prendrait du temps mais était relativement simple à trier avec un bon logiciel (et un horrible gâchis si vous n'aviez pas un bon logiciel).
De nombreux scientifiques aux États-Unis avaient des qualifications égales ou supérieures aux miennes, et ils auraient pu demander l'accès aux mêmes fichiers, mais ils étaient trop occupés à pontifier à la télévision, comme le Dr Carl Sagan ou le journaliste d'Aviation Week Philip Klass, expliquant pourquoi il ne pouvait y avoir de vrais OVNIs dans les fichiers qu'ils ne daignaient pas regarder. La raison pour laquelle ils n'avaient pas examiné les données était que ce serait une perte de leur temps précieux, qu'ils ont consacré à « éduquer le public » en passant à la télévision, ce qui était un meilleur choix.
Ce qui, dans le cas du brillant Dr. Carl Sagan, était probablement vrai. Les seuls scientifiques qui sont allés à « Wright-Patt » et ont examiné sérieusement les données réelles après Hynek et moi sont venus beaucoup plus tard. Il s'agissait du Dr. David Saunders de l'Université du Colorado et du Dr. James McDonald, physicien de l'atmosphère à l'Université de l'Arizona. Ils en sont revenus horrifiés.
À ce stade, le lecteur curieux est autorisé à demander : « Si les fichiers de Blue Book n'étaient pas classifiés (à quelques exceptions près qui impliquaient la détection par des systèmes militaires secrets tels que des prototypes de radar), pourquoi étaient-ils situés à l'intérieur d'un bâtiment métallique sans fenêtre sur l'une des bases aériennes les plus vastes, les mieux équipées et les plus redoutables du pays ? » La réponse est principalement une question de commodité : les rapports d'OVNI étaient recueillis localement par les nombreuses bases de l'armée de l'air et ils étaient diffusés à travers un réseau de communication militaire selon des procédures et des codes précis. Il était donc naturel que le bureau (trois officiers et deux secrétaires, à l’époque) soit logé à l'intérieur de ce bâtiment. Mais Allen et moi avions des copies des fichiers à l'observatoire de l’Université Northwestern, et avec une autorisation officielle, nous aurions pu les partager avec toute demande d'accès de bonne foi émanant d'un chercheur universitaire.
Cela ne signifie pas que l'approche de ce bureau était aussi décontractée qu'une promenade dans les bois. Une fois que vous aviez passé les portes, vous étiez admis dans le bâtiment de FTD où vos informations d'identification étaient scannées par un autre groupe de gardes, et si vous regardiez vers le plafond, vous pouviez admirer un chasseur à réaction suspendu au-dessus de votre tête. En regardant de plus près, vous vous rendiez compte que ce n'était pas un avion familier mais un MiG soviétique avec une étoile rouge sur la queue. Cela vous mettait dans l'ambiance, avec une subtile suggestion de ce qui se passait à l'intérieur de ce bâtiment.
Ensuite, on vous informait du fait que les conversations étaient interdites en dehors du bureau spécifique auquel vous étiez affecté, et si vous aviez besoin de faire pipi, quelqu'un vous emmènerait à l'endroit approprié, se tiendrait à côté de vous jusqu'à ce que vous ayez terminé et vous ramènerait. A part ça, tu pouvais faire ce que tu voulais.
Dans cette atmosphère raffinée, le bureau du Projet Blue Book lui-même était assez détendu pour un groupe qui faisait partie de l'ATIC, l'Air Technical Intelligence Center. Au quotidien, l'activité consistait à filtrer les communications, qu'il s'agisse de télégrammes du réseau de l'armée de l'air ou de lettres de citoyens. Bon nombre des observations qu'ils contenaient pouvaient être identifiées, auquel cas on répondait assez rapidement en se référant aux cartes des étoiles, aux données météorologiques ou aux programmes de la NASA. D'autres cas exigaient quelques appels téléphoniques et parfois une visite sur place (surtout lorsqu'il s'agissait d'un étrange résidu métallique, ou de traces réelles dans le sol, ou de photographies). Et dans les cas restants, le personnel faisait une supposition éclairée, qui s'est souvent avérée fausse. (32)
Lorsque les choses dégénéraient, le projet envoyait une demande au Dr. Hynek pour qu’il se rende sur place, contacter la police locale ou d'autres autorités et rencontre les témoins pour rédiger un rapport complet.
Le bureau contenait également une grande armoire en métal à doubles portes, ses étagères garnies de boîtes de « choses » que les gens avaient trouvées après de supposés atterrissages d'OVNI, et expédiées à WPAFB. La plupart étaient des roches aux formes ou aux couleurs inhabituelles que de bons citoyens avaient trouvées sur le site et associées d'une manière ou d'une autre à leur observation. Le personnel de Blue Book identifiait le minéral (il y avait plus d'une centaine de spécialistes avec le titre de PhD (« docteur ») à la Division de la technologie étrangère, couvrant toutes les sciences, donc le sergent Moody ou un autre officier n'avait qu'à marcher dans le couloir pour obtenir la réponse) et une lettre de remerciement polie serait envoyé aux citoyens qui avaient signalé le cas.
Le Dr Hynek et moi avions notre propre liste d'affaires en suspens, mais il s'agissait des affaires les plus difficiles et non résolues pour lesquelles nous étions impatients de savoir ce que le projet avait donné lors de ses dernières enquêtes. Les heures passèrent donc rapidement. Ensuite, le moment attiva un autre déjeuner frugal et le capitaine Quintanilla nous fit visiter les autres installations du site.
J'allais apprendre une autre leçon.
Le temps était typique de l'Ohio, gris, humide, nuages bas, brouillard persistant. Nous ne nous sommes pas arrêtés près des pistes, mais Quintanilla a pointé du doigt la base du SAC (le Strategic Air Command) à travers les vitres de la voiture et l'humidité. Je me souviendrai toujours des rangées de B-52, sombres géants, papillons nocturnes, le bout de leurs ailes touchant presque le sol, à côté d'étranges petites collines, des bunkers à l'intérieur desquels les équipages attendaient un événement auquel personne ne voulait penser, sauf que c’était la guerre froide et vous ne pouviez pas arrêter de penser à ces vols sans retour possible, car dix minutes après leir décollage, Wright Patt lui-même se désintégrerait dans un nuage en forme de champignon glorieusement lumineux. Une sentinelle berçant une arme montait la garde au pied de chaque avion.
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Nous sommes rentrés au bureau d’humeur très sérieuse et avons continué nos discussions sur les statistiques que le Projet rapportait au Congrès chaque année – généralement un bref résumé avec une déclaration finale telle que « Cette année encore, notre Projet a réussi à expliquer 95 % de tous les cas soumis à l'USAF par les services publics et militaires américains ; ce qui suggérait que, si un peu plus d'argent était alloué, Blue Book expliquerait probablement les 5% restants en effectuant une analyse technique plus détaillée, mais le budget ne le rendait pas possible à l'époque.
C'était exactement ce que le Congrès voulait entendre. Si vous pouvez expliquer 95% de quelque chose, vous devriez être capable d'extrapoler juste un petit peu et de rendre compte de l'ensemble, n'est-ce pas ? Ce qui est souvent vrai en science, et un raccourci acceptable même pour les jurys de droit pénal. Sauf que n’importe quel cours « Renseignements-01 » enseigne exactement le théorème inverse : vos statistiques sont faussées : parce que les 95% ont probablement été plantés là par quelqu'un avec l'intention de vous tromper ou de vous aveugler, et les 5% que vous négligez sont conçus pour vous tuer.
Si cette logique vous échappe, veuillez lire Bodyguard of Lies, de l'historien Anthony Cave Brown : Adolph Hitler avait 95% des informations sur le débarquement de Normandie parce que les services de renseignement Alliés s'en sont assurés. Vous n'oublierez jamais ce livre, et vous apprendrez également quelque chose sur l'histoire de l'informatique réelle, plus précise que tous les textes promotionnels d'entreprise sur le Web.
Les Romains l'avaient dit de la meilleure façon, la plus consise : In cauda venenum. Tout le poison est dans la queue. C'est toujours vrai de nos jours. Les cours d'Intelligence dans les agences de Renseignement vous auraient aussi appris que vous ne pouviez pas faire un bon travail d'analyse et toujours plaire à vos patrons en même temps. Les officiers affectés à Blue Book tournaient dans ce bureau tous les deux ou trois ans, et ils étaient très impatients de passer à des promotions plus intéressantes dans des endroits comme le Japon, le Commandement européen en Allemagne ou (pour les plus chanceux) la base aérienne de Honolulu. Tout le monde savait que Blue Book était une impasse pour n'importe quel officier, mais tant qu'ils étaient là, le personnel voulait bien faire, donc le capitaine Quintanilla était vraiment curieux de connaître les moyens plus scientifiques de traiter ses données, ce qui était la principale raison de notre voyage.
Nous avons discuté du partage du logiciel que je développais à Chicago et de la sauvegarde des statistiques de Blue Book avec quelque chose de plus défendable, même si cela signifiait que le nombre de cas « non identifiés » augmenterait une fois les procédures correctement nettoyées ; parce qu'il y avait cette faible possibilité que « toute cette histoire d'OVNIs bidons » soit réelle, armée et dangereuse. Potentiellement, un cauchemar politique. Dans ce cas, il y aurait l'enfer à payer pour les sceptiques du gouvernement et les démystificateurs du monde universitaire qui avaient nié les faits pendant des années.
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L'après-midi s'est terminée et le capitaine Quintanilla a eu la gentillesse de nous inviter chez lui pour un dîner, de la musique et un peu de détente avec son personnel et leurs épouses, donc il y avait de la danse et de la bonne humeur. Tout le monde s'est tellement bien amusé que Hynek et moi avons raté notre vol ; alors il a été décidé que nous prendrions un avion plus tard : encore plus de cocktails, et les dames voulaient continuer à danser, alors nous avons raté le vol de 9h29, et nous avons fini dans un luxueux club pour prendre un verre tardif, ce qui a eu pour effet de détruire la véritable camaraderie que cette journée exceptionnelle avait créée.
Dans la fausse sophistication de ce lustre en or et de ce club de velours rouge, écoutant de la musique sirupeuse au fil des heures, j'avais l'impression de comprendre enfin, de l'intérieur, quelque chose de la culture de l'Air Force, une culture que je respecte toujours profondément : ce n’était ni la glorieuse image télévisée des braves pilotes dans leurs étonnantes machines, ni la terrible misère de monter la garde pendant des heures interminables au pied d'un bombardier chargé de suffisamment de technologie mortelle pour mettre fin à toute civilisation, peut-être par erreur (Note), mais bien quelque chose d'autre : la conquête de ce qu'il y a de meilleur en chacun de nous, la démonstration d'une maîtrise intelligente de notre monde et la capacité de scruter à l'horizon des mystères comme le phénomène des objets volants non identifiés, quelque chose que l'Armée de l'Air a réellement compris (les pilotes parlaient entre eux, en tant que pilotes) mais ne pouvait pas admettre publiquement au-delà du pabulum que le Pentagone a donné au public.
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Note : le Strategic Air Command a été mis en alerte par erreur trois fois depuis la Seconde Guerre mondiale avec les codes nucléaires activés, et l'intention de bombarder des cibles soviétiques. En 1979, un réparateur a accidentellement lancé un test dans les ordinateurs de Cheyenne Mountain. Au moment où l'erreur a été découverte, les pilotes de chasseurs et de bombardiers étaient prêts à décoller avec des armes nucléaires activées. L'année suivante, une puce informatique défectueuse déclencha une alerte.
Les scientifiques ne savaient pas ce que les pilotes voyaient, et le public non plus parce que la télévision filtrait toujours la vérité, mais Blue Book savait, au fond, qu'il y avait un phénomène réel, même s’il était désastreux de le dire pour un officier de carrière.
À notre insu, alors que nous prenions un autre Cognac dans ce club chic, de plus en plus frustrés par les retards, les vols manqués, la fausse atmosphère festive (et pour moi, l'image persistante de ces sombres papillons géants sur cette piste à quelques kilomètres de là, chargés de bombes à hydrogène), quelque chose se passait dans un terrain sale, poussiéreux et vide au sud de Socorro, Nouveau-Mexique, qui allait bouleverser Blue Book et, au-delà de Blue Book, tout ce qui tenait encore le fragile édifice des « explications académiques » du phénomène OVNI.
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CHAPITRE QUATORZE
SYNCHRONICITÉ A SOCORRO
L'appel est arrivé le matin du mardi 28 avril 1964, quatre jours après notre visite à Dayton. Hynek et moi avions repris notre travail quotidien. J’examinais les graphiques d'une expérience biologique pour laquelle j'avais écrit le programme à la Faculté de médecine de l'Université Northwestern, située au centre de la ville de Chicago, lorsqu'un technicien noir du département de physiologie est venu me chercher au centre de calcul : ma femme Janine, à la maison depuis la récente naissance de notre fils, a relayé un message urgent de Mimi Hynek, lui disant qu'Allen venait de prendre l'avion pour le Nouveau-Mexique ce matin-là après un appel d'urgence de Blue Book, et qu'il voulait me parler.
Lorsque j'ai réussi à joindre Mimi, elle m'a donné les détails qu'elle les connaissait : Oui, un engin non identifié s'était posé là-bas, sur un train d’atterrissage à trois pieds, laissant des traces profondes; sur place, se trouvaient des témoins, y compris des agents de la police, et Allen avait reçu du capitaine Quintanilla l'ordre de se précipiter là-bas pour enquêter. Il avait pris le premier vol disponible à O'Hare, était maintenant à Albuquerque, et voulait savoir si je pouvais le rejoindre ce soir-là à la base aérienne de Kirtland.
Il s’avéra difficile de rejoindre Allen sur le terrain, mais quand je lui parlai, les choses avaient déjà avancé. Il m'en fit un résumé : quatre jours plus tôt, dit-il, dans la soirée du vendredi 24 avril, mettant le feu aux buissons, un engin gris-blanc en forme d'œuf avec un étrange insigne rouge s'était posé sur quatre pieds (pas trois), laissant de profondes empreintes dans le sol sablonneux et rocheux d'un terrain vague avec une végétation de broussailles juste au sud de Socorro.
Un policier de la ville nommé Lonnie Zamora avait tout vu et s'était précipité sur le site, craignant une explosion dans une cabane où de la dynamite était stockée. Allen avait interviewé le policier et l'avait cru. L'armée de l'air, par contre, rejetait son témoignage.
Zamora avait vu l'objet au sol et, debout à côté, deux occupants humanoïdes de petite taille, mais il n'a pas eu le temps de noter les détails car l'engin avait décollé sur une sorte de faisceau vertical bleuté qui a fait un bruit de tonnerre et enflammé la végétation, avant de s'envoler horizontalement. Trois agents du FBI travaillant à Socorro sur une affaire criminelle locale s’étaient précipités sur place pour rencontrer Zamora et l'avaient aidé à documenter les traces.
Allen interviewait de nombreuses personnes; il avait déjà accumulé beaucoup de notes, et il serait bientôt sur le chemin du retour, donc, après tout, le meilleur plan était de rester à Chicago et de construire un cadre de référence pour les témoignages complexes, y compris les mesures de terrain et les enregistrements qu'il rapportait.
Je l’ai assuré que j'alerterais Bill Powers (l'ingénieur en chef de l'observatoire de Dearborn) et notre groupe de scientifiques intéressés, à Northwestern et à l'Université de Chicago, pour que, dès son retour, ils préparent une revue de fonds et soutiennent une analyse sérieuse. Après avoir raccroché, j'ai donc réuni notre petite équipe ; nous avons commencé à regarder les cartes et les horaires.
Certaines choses ont tout de suite attiré notre attention. D'autres se sont développées dans notre esprit seulement des années plus tard, comme dans un lent processus d'intégration, après une étude plus approfondie et une comparaison avec d'autres cas. Et d'autres événements nous ont tout simplement déconcertés.
Un élément nous a tout de suite frappés, Allen et moi : si l'engin avait atterri vers 18 h 45 ce vendredi-là, alors l'événement coïncidait avec le moment où nous venions de quitter le bureau de Blue Book à Wright-Patterson Air Force Base près de Dayton, Ohio ; notre seule visite conjointe à ce bureau.
Etait-ce une sorte de test ? Un défi pour notre intégrité en recherche? Ou une sorte de blague sophistiquée, une énigme invraisemblable, et pourtant sérieuse ? Quel moment pour déclencher ce qui allait devenir l'atterrissage américain le mieux documenté d'un objet volant non identifié!
Rétrospectivement, le capitaine Quintanilla, le projet Blue Book, moi et mon logiciel de documentation informatique, le Dr. Hynek lui-même et tous les ufologues du monde avions tous manqué une autre chose essentielle ; à savoir le lien désormais évident avec l'affaire José Padilla de 1945 à San Antonio, car personne dans notre groupe (ou en fait, au Projet Blue Book) ne l’apprendrait avant soixante ans.
D’ici là, Hynek et Quintanilla seraient décédés.
Personne n'était au courant pour deux bonnes raisons : premièrement, parce que José et Rémé n'allaient rapporter nulle part ce qu’ils avaient vu avant l'arrivée d'un nouveau siècle, et deuxièmement, parce que les très rares personnes au courant, à la Commission à l'Énergie Atomique et au projet Manhattan, encore secret, avaient intérêt à n’en parler à personne.
Cet état de fait s’est poursuivi lorsque l'armée de l'air des États-Unis fut créée en septembre 1947.
L'objet tombé à San Antonito avait disparu, les traces avaient disparu et les dossiers eux-mêmes disparurent jusqu'en 2010 environ, lorsque la journaliste italienne, Paola Harris, en ayant entendu parler à Rome a commencé à reconstituer les données manquantes et à retrouver les témoins encore en vie.
C'est elle qui leur a donné la parole et s'est rendue sur le site pour illustrer leur expérience.
Le catalogue des rapports Blue Book pour 1945 ne contient que quatre dossiers. Ils venaient de ces premiers projets d'OVNI de l'Air Force, Sign ou Grudge, puisque Blue Book lui-même n’a été créé qu'en 1952. En conséquence, la façon dont ils ont été traités a naturellement varié avec les politiques existantes des différentes époques.
D’après ma base de données de l'Air Force, ces quelques dossiers étaient liés à : (1) une observation à Habbebishopsheim (Allemagne) en avril 1945 où un soldat américain avait signalé un objet en forme de disque descendu avec un mouvement oscillant et ayant atterri, à 35 km au nord-ouest de la ville, un rapport apparemment sans suite ; (2) un survol de l'atoll de Truk dans le Pacifique le 2 mai, évalué comme un avion ordinaire ; (3) un rapport civil à San Angelo, dans l'ouest du Texas, envoyé le 17 juillet, évalué, ce qui est remarquable, comme une observation à distance du premier champignon atomique au Nouveau-Mexique; et (4) un témoignage d'un civil à Westport, Indiana en septembre, évalué comme « imagination, » terme qui couvrait une grande variété de péchés dans le bréviaire de l'Air Force.
Même dans ses dossiers classifiés de Sign et Grudge, l'Air Force n'avait aucune information liée aux ovnis du Nouveau-Mexique pour 1945. Personne n’était en mesure d'établir un lien entre Socorro et l'affaire de San Antonio qui s'était produite dix-neuf ans auparavant.
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L'histoire officielle de l'affaire Socorro est si connue que nous ne la résumerons ici qu'à partir des sources les mieux documentées. L'officier Zamora, âgé de trente et un ans à l'époque, témoigna à plusieurs reprises (33) et ses déclarations furent toujours cohérentes avec ses révélations à ses collègues et au FBI lorsqu'il a été débriefé, tard dans la première nuit, immédiatement après l'observation, puis dans les jours suivants par Hynek.
L'atterrissage a eu lieu « dans un ravin du côté sud de cette ville du désert, juste avant 18 heures ce vendredi soir. L'officier Zamora a déclaré avoir vu deux petites silhouettes ressemblant à des humains à l'extérieur de l'engin, mais il a par la suite refusé tout autre commentaire sur ce détail. » (Ray Stanford, dans son excellent livre Socorro Saucer in a Pentagon Pantry, p.6, citant une émission de radio d'Albuquerque).
Beaucoup plus tard, après avoir démissionné de la police, Lonnie Zamora lui-même décrira la scène dans un documentaire pour l'émission Unsolved Mysteries (Production 1532-8011) et expliquera qu'il patrouillait, et se rendait au palais de justice dans la voiture Socorro-2, quand il a vu un chauffard filer sur la route ; il a commencé à le poursuivre, en descendant la rue Park. Voyant tout à coup un gros nuage de poussière à sa droite, il pensa qu'il ferait mieux de monter là-haut pour vérifier de quoi il s’agissait : une bonne décision policière qu'il regrettera plus tard.
Le chemin de terre était mauvais et il a fallu deux ou trois essais pour que la Pontiac de 1964 monte, touchant le sol et faisant patiner ses pneus, jusqu'à une zone d'où il a vu un objet blanc à sa gauche, qu'il a d'abord pensé être une voiture renversée.
À ce moment-là, Zamora a appelé sa base pour effectuer un premier rapport. Mais une fois monté au sommet de la colline, il s'est retrouvé à regarder un gros engin ovale blanc posé au sol, incompatible avec tout ce qu'il connaissait. Deux « pilotes » de petite taille en combinaison blanche se tenaient à côté de l'engin. Ils ressemblaient à de petits adultes ou à de grands enfants, mesurant un mètre environ. Ils ne portaient pas de casque, ce qui signifie qu'ils pouvaient respirer notre air. Ils semblaient occupés par quelque chose, et un peu surpris de le voir.
Décidant d'enquêter, Zamora a essayé d'appeler à nouveau sa base pour signaler qu'il allait sortir de sa voiture, mais sans raison apparente, la radio avait cessé de fonctionner. Alors il a laissé la voiture de patrouille, s'est dirigé vers l'objet et l'a observé pendant quelques instants jusqu'à ce qu'il entende un Boom! venant de l'engin. A ce moment-là il s’est sauvé, plongeant et se cachant derrière sa voiture selon la classique pratique militaire, s'attendant à ce que l’étrange chose explose. Depuis cette position, jetant un coup d'œil au-dessus de sa main droite, il put voir une flamme sortir du dessous, alors que l'objet volait à quelque 7 mètres dans les airs. Il a plané quelques instants, puis s'est lentement envolé vers l'ouest, en silence.
Le premier appel de Zamora à sa base avait alerté ses collègues.
Un policier nommé Sam Chavez s'est précipité sur les lieux : il a trouvé Lonnie très pâle et en état de choc. Il avait perdu ses lunettes et sa casquette et ressemblait à quelqu'un qui s'était mal battu. De la fumée sortait de l'herbe, dans l'arroyo où l'objet avait atterri, aussi craignant une éventuelle radioactivité ou d'autres dangers inconnus, les deux agents, Chavez en tête, sont descendus vers le site avec quelques appréhensions.
Comme à San Antonito, le mesquite brûlait là où l'objet avait atterri. Les deux agents ont demandé des renforts. L'appel a été entendu par un agent du FBI nommé Howard Burns alors au poste de police au sujet d'une affaire fédérale. Il a décidé de venir, suivi de son collègue Mike Martinez, et plus tard d'un groupe d'autres personnes dont un capitaine de l'armée nommé Richard T. Holder.
Des années plus tard, interrogé par un journaliste de télévision, Holder a rappelé comment il s'était impliqué : « À l'époque, Nous habitions Socorro; nous avions deux fils. Nous avions prévu d'aller faire du shopping à Albuquerque le lendemain matin, c’est-à-dire samedi matin. Nous allions nous coucher tôt. Ce soir-là, entre 19 h 30 et 20 h 30, j'ai reçu un appel téléphonique de mon officier de service.
« J'avais deux lieutenants, nous avons alterné le service entre nous trois, ce qui était essentiellement une affaire de garde. S'ils avaient besoin de nous, ils nous appelaient chez nous ou au numéro de téléphone que nous leur donnions. Et le lieutenant ne pensait pas que j'allais le croire, mais il me dit d'une voix quelque part entre mystifiée et rauque, avoir reçu un appel d'un agent du FBI annonçant qu'ils avaient un rapport d'objet volant non identifié, dont il pensait qu’il appartenait à l'armée.
« Etant l'officier du grade le plus élevé de l'armée dans la région, je devais me rendre au poste de police. J'ai donc appelé le commissariat et l'agent du FBI a dit que oui, c'était vrai : s'il vous plaît, venez ici. »
Holder a bouclé la zone cette nuit-là. Pensant qu'un appareil de test s'était éloigné du champ de tir, il se dit qu'il avait besoin d'aide et de sécurité. Il s’est arrangé pour que le sergent responsable et plusieurs policiers militaires le rencontrent sur le site :
« Nous avons commencé à prendre des mesures précises, à collecter des échantillons de débris et à évaluer, disons, ce que l'on pourrait appeler les empreintes de véhicules dans cette zone. »
Ils ont été les premiers à prêter attention aux empreintes laissées par les pieds de l'objet et aux petites marques laissées par les occupants. Lonnie avait vu un insigne sur le côté de l'engin. Intelligemment, craignant de ne pas s'en souvenir clairement plus tard, il attrapa le premier morceau de papier à sa portée et le dessina. L'insigne était rouge sur blanc, d'environ 60 centimètres sur 30. Sans le montrer à personne, il le mit dans sa poche.
Zamora retourna au palais de justice avec ses collègues ; entrés tous ensemble, ils ont verrouillé la porte et ont commencé à le bombarder de nombreuses questions, Burns et Chavez menant l'interrogatoire, qui a duré au-delà de minuit.
Cela a dû être assez stressant, car en l'absence de toute explication logique, certains des officiers présents sont allés jusqu'à suggérer que Zamora aurait pu inventer le tout pour attirer les touristes à Socorro.
Dans l'un des documentaires télévisés, l'intervieweur lui demanda Avez-vous bien dormi cette nuit-là ? et Zamora répondit catégoriquement : « Non, je n'ai pas dormi du tout. »
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Le lendemain matin, le samedi 25 avril 1964, le Projet Blue Book est officiellement arrivé à Socorro, en la personne du sergent Moody et du major William Conners, officier d'information de la base aérienne de Kirtland. Zamora avait été appelé à l'avance par le bureau de l'Air Force à Alamogordo, et on lui avait dit d'être prêt à les rencontrer.
Alors qu'ils balayaient la zone avec un compteur Geiger et la trouvaient à des niveaux normaux, le capitaine Richard Holder, qui s'est identifié comme le commandant du site du Stallion Site de White Sands, a rejoint le groupe avec l'agent du FBI Arthur Byrnes Jr. On a demandé à Zamora de répéter son histoire et à son tour, l'Air Force lui a parlé des nouvelles preuves; le site avec les trous creusés par le train d'atterrissage avait été bouclé et mesuré, et de petites empreintes avaient été positivement confirmées.
Interrogé sur les dimensions, Lonnie a comparé l'objet en forme d'œuf à un bus VW, ou deux fois la taille d'une voiture ordinaire, peut-être jusqu'à dix mètres de long sur trois mètres de haut.
Ce qui le comparerait à l'objet que Jose Padilla, neuf ans, avait vu et effectivement mesuré à San Antonio en 1945 : environ huit mètres de long sur trois ou quatre mètres de haut.
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CHAPITRE QUINZE
HYNEK CHANGE D’AVIS
Le samedi 2 mai 1964, le Dr. Hynek était revenu du Nouveau-Mexique. Il m'a parlé avec une certaine difficulté parce qu'il avait déboité sa mâchoire en trébuchant sur des pierres sur le terrain vague où s’était produit l’atterrissage et il avait dû trouver un médecin en urgence pour se faire soigner. Comme il nous l'a raconté lorsque nous avons pu nous réunir, sur le plan personnel, le voyage au Nouveau-Mexique et toutes les interviews médiatiques frustrantes ayant suivi avaient été un calvaire.
Sur le plan officiel, les choses ne s'étaient pas bien passées non plus; en fait, l'affaire était devenue une intense source d'embarras et de friction contenue entre Hynek et Quintanilla. Une fois rompue, la confiance qui avait existé entre le Projet Blue Book, son consultant scientifique et notre équipe à Chicago n'a jamais été complètement rétablie par la suite. Quintanilla s’est trouvé dans une position inconfortable à la tête de Blue Book, et Hynek dans une situation tout aussi impossible en tant que conseiller scientifique.
L'Armée de l'air était clairement frustrée par les événements de Socorro en raison de la dimension nationale que prenait l'histoire dans les médias les plus visibles. Le Pentagone et le FBI étaient au courant de l'affaire, la police locale était submergée par les détails techniques et, sa propre enquête avortée, l'Armée de l'air n'avait fait aucun progrès.
Le Projet Blue Book avait appelé des renforts en convocant Moody et Conners, mais ils n'avaient rien fait pour améliorer la situation. Le Dr. Hynek, qui n'avait même pas été alerté de l'affaire au début, avait été envoyé là-bas en dernier recours. Compte tenu de l’intense visibilité médiatique de l'affaire, on peut supposer que Quintanilla n'ait pas été satisfait de la qualité des rapports qu'il avait reçus. Il comptait sur le Dr. Hynek pour apporter une aura rationnelle autour de l'enquête et pour fournir une interprétation scientifique nuancée de l'observation et des traces. Le Dr. Hynek était-il également destiné à être jeté en pâture à la presse si les conclusions de Blue Book s'avéraient erronées ou impopulaires ?
Les choses n'ont pas du tout suivi cette direction.
Le Dr. Hynek avait été accueilli à l'aéroport d'Albuquerque par le major Conners au volant d'une voiture officielle et les choses ont tout de suite mal tourné. Pour commencer, un pneu creva sur la route vers le site, or la voiture n’était pas pourvue de pneu de rechange, donc le meilleur consultant scientifique de l'Air Force sur la question a dû se faire prendre en stop par un automobiliste complaisant pour se rendre à Socorro, où il a finalement rencontré Zamora et Chavez. Il a trouvé les deux officiers furieux de l’atmosphère hostile de leur interrogatoire auprès de Moody et de ses collègues de l'Air Force. De la tension et du ressentiment existaient à tous les niveaux.
Des années plus tard, au cours d'une interview pour l'émission télévisée Unsolved Mysteries, l'historien des OVNIs Jérome Clark le dira plus directement et, d’après mes souvenirs, plus précisément :
« Le fait qu'ils ne puissent même pas transporter leur principal consultant scientifique d'un endroit à un autre était en quelque sorte symbolique de l'incompétence générale de l'enquête de Blue Book. »
Une fois arrivé à Socorro, Hynek a trouvé en Zamora et Chavez deux hommes extrêmement aigris par l’attitude insultante et accusatrice de l'Air Force. Il a pris le contrôle de la situation en renvoyant Moody et en se rendant directement avec eux sur le site de l'atterrissage. Après plusieurs jours de confusion, il était très difficile d’effectuer un véritable examen physique avec sérénité : ni Moody ni les forces de l'ordre locales n'avaient pris soin de préserver la zone que le FBI avait correctement bouclée le premier soir. Elle avait été piétinée par les badauds et les collectionneurs de souvenirs : il restait peu de choses des premiers témoignages.
Ce n'était cependant pas le seul problème d’Hynek. Des rapports circulaient selon lesquels d'autres témoins avaient vu l'objet en vol vers le site. L'un d'eux venait d'Opal Grinder, le gérant d'une station-service sur North California Street : juste avant 18 heures ce jour-là, un homme au volant d'une Cadillac verte, voyageant avec sa femme et ses trois garçons s'était arrêté et s'était plaint de « quelque chose qui traversait l'autoroute d'est en ouest » qui « a presque décollé le toit de notre voiture. » Pensant qu'il pourrait s'agir d'un avion sur le point de s'écraser, l'homme a voulu le signaler, et Grinder a finalement déposé un affidavit officiel. (Version ultérieure signée Fig. 25) L'Armée de l'Air l'ignora soigneusement.
Ce n'était que le début. Le rapport officiel du capitaine Holder mentionne qu'« à l'arrivée à l'emplacement du bureau dans le bâtiment du comté de Socorro, nous avons été informés par Nep Lopez, l'opérateur radio du bureau du shérif, qu'environ trois rapports portant sur une flamme ou une lumière bleue dans la région….(de l'observation de Zamora) avaient été effectués par téléphone; le dispatcher a indiqué que les heures et minutes étaient à peu près similaires. »
Ces trois rapports avaient été faits avant que l'incident ne soit rendu public. Ils n'ont jamais été sérieusement pris en considération.
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Une carte du site d'atterrissage publiée par le chercheur indépendant Ray Stanford montre les cinq touristes du Colorado conduisant vers le Nord sur l'autoroute 85; elle révèle également deux autres témoins sur l'autoroute 60, à savoir Paul Kies, 24 ans, et Larry Kratzer, 26 ans, tous deux de Dubuque, Iowa, qui ont observé l’atterrissage lui-même depuis le sud-ouest. Les recherches minutieuses de Ray Stanford ont révélé qu'ils se dirigeaient vers le nord-nord-ouest vers Socorro (voir la carte, Fig. 26). Ils ont dit que l'objet était accompagné de flammes et de poussière brunâtre, probablement soulevée par la voiture de Zamora.
Dans l'ensemble, M. Stanford a identifié, outre Lonnie Zamora lui-même, onze témoins visuels et deux témoins auditifs. Lorsque Hynek a proposé d'étendre l'enquête à ces autres témoins, étape assez évidente pour tout scientifique, l'Air Force a catégoriquement refusé son autorisation, si bien que leur meilleur consultant scientifique a dû s'appuyer sur des données de seconde main, y compris les excellentes recherches indépendantes effectuées par Ray Stanford, arrivé à Socorro à peu près au même moment. Comme nous le verrons, Stanford a adopté une approche parallèle mais elle était plus large et, franchement, plus scientifiquement fondée. L'Air Force a également interdit au Dr. Hynek de consulter des enquêtes comparables, telles que des observations antérieures d'objets ovales avec d'étranges « flammes » bleues disponibles dans nos bases de données. Là encore, en présentant l'affaire comme une observation très brève d'un seul témoin par un policier ordinaire, le Projet Blue Book pouvait rassurer le Congrès et l'auguste et sceptique communauté universitaire américaine quant à l'absence de toute menace sérieuse pour la Nation dans son ensemble, ou pour les théories scientifiques classiques. Le fait que l’appareil ne corresponde à aucun engin volant connu, maintenant ou alors, ne dérangeait pas la Division de la technologie étrangère à Wright-Patterson: c'était trop éloigné de sa compétence normale. (Note)
Un résultat inattendu de cette stratégie discutable a été mon aptitude à convaincre le Dr. Hynek de la similitude des atterrissages américains et des cas européens -- comme ceux enregistrés par des douzaines de témoins dans la vague d'OVNI française de 1954 que je n'arrêtais pas de lui présenter. C'étaient certaines des choses dont nous venions de discuter à Wright-Patt, où les équipes n'avaient pratiquement aucune connaissance sérieuse des observations d'OVNIs d'autres pays. Hynek fut également amené à admettre que le Projet Blue Book, bien que pourvu d’une certaine valeur en tant que canal pour le suivi des rapports à travers le pays, avait perdu toute valeur scientifique pertinente. Et il a compris qu'il était utilisé pour étayer des théories approximatives sur les observations afin de maintenir la communauté universitaire dans sa magnifique indifférence, en violant ses propres standards et les motivations personnelles qui l’avaient poussé à se lancer dans une carrière scientifique en tant que jeune astronome.
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Note : Il est intéressant de remarquer que l'étude de l’Université du Colorado de 1967-69 menée par le professeur Condon, qui prétendait faire une évaluation rigoureuse des données américaines, et a été applaudie par l'Académie des sciences et le New York Times, n'a jamais consulté les documents de l'affaire Socorro et ne l'a même pas inclue dans son index !
Le soussigné, jure solennellement que le vendredi 24 Avril 1964, vers 5:50 à 6:00 p.m., est arrivé à la station-service « Whiting Bros » (1409 N. California, Socorro, N.M.) dont je suis le manager, ce qui était d’après ma certitude une Cadillac verte d’environ 1959, conduite par un homme assez grand, de corpulence moyenne, cheveux couleur sable. Son épouse, je suppose, et je pense, leurs trois enfants (tous des garçons, le plus âgé ayant apparemment 11 ou 12 ans d’âge) étaient dans la voiture avec lui.
L’homme ci-dessus a rapidement proclamé quelque chose comme, « Vos avions volent vraiment bas, par ici ! » Il se mit à expliquer, « quelque chose qui volait en traversant la route d’est en ouest a presque enlevé le toit de ma voiture… juste au sud de la ville, au nord de l’aéroport et à peu près en ligne avec la décharge. Il semblait avoir des problèmes, parce que j’ai vu une voiture de police quitter la route et monter la colline dans cette direction. En venant en ville j’ai vu une autre voiture de police se diriger par là… »
Quand j’ai suggéré qu’ils pouvaient avoir vu un hélicoptère, il a dit, « Cà serait vraiment un drôle d’hélicoptère ! »
Mon fils Jimmy a aussi vu les cinq personnes en question et croit se souvenir que leur voiture avait des plaques du Colorado.
Jimmy et moi n’avons pas été trop impressionnés par le rapport de cet homme parce que nous n’avions pas encore entendu parler du rapport de Lonnie Zamora. Dès que nous avons entendu ce que Lonnie avait vu, nous savions que les touristes qui s’étaient arrêtés à notre station avaient dû voir l’objet que Zamora a vu, se dirigeant vers le ravin pour y atterrir.
C’est pourquoi j’ai rapporté l’incident avec les touristes – parce que je voulais que les gens sachent que d’autres personnes avaient vu le même objet vu par Lonnie Zamora. Lonnie n’était pas simplement en train « d’avoir des visions. »
Cet affidavit sera considéré comme notice au public à propos des faits décrits ci-inclus et de mon témoignage personnel à leur sujet.
Par conséquent, ayant fait serment, en présence des témoins listés ci-dessous, ce huit janvier 1967, je fais ce témoignage en signant ci-après :
_______________________________
Opal Grinder, Socorro, N.M.
Témoins:
Robert McCarey ______________
(Illisible)_____________________
Fig. 25: Affidavit original d’Opal Grinder
Comme nous l'avons vu ci-dessus, Ray Stanford, qui a effectué l'analyse privée la plus approfondie de l'affaire Socorro (33), a identifié un certain nombre de témoins indépendants. Leur témoignage était essentiel pour convaincre Hynek, qui sans cette confirmation n'aurait peut-être pas pris position sur le rapport de Zamora: il se retranchait souvent derrière un autre principe juridique latin : Testis unus, testis nullus : un seul témoin n'est pas un témoin... C’est vrai seulement si vous avez soigneusement évité de chercher les autres. Et en fait, si vous vouliez pousser l’argument jusque-là, s’agissant des pilotes nains de l'embarcation ovale blanche, effectivement Zamora avait été le seul témoin.
M. Stanford a également mené sa propre analyse des caractéristiques physiques de l'objet. Dans son excellent livre, il cite des spécialistes militaires qui ont examiné les traces et calculé que le poids devrait être de l'ordre de 8 à 10 tonnes pour produire les quatre empreintes mesurées par les officiers sur le site. Il a également commenté la compatibilité entre la densité apparente de l'engin, sa forme et son volume tels que décrits avec précision par Lonnie Zamora. L'objet était plus dense qu'un avion ordinaire mais ses valeurs soutenaient pleinement la cohérence des valeurs du rapport du policier.
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Le rapport officiel final des archives de l'Air Force qui repose sur la base du personnel de Blue Book contient de grosses inexactitudes, et il est difficile de les excuser comme involontaires.
Ray Stanford les énumère dans son livre :
• Le rapport indique que Zamora conduisait vers le nord à la poursuite d'un « speeder. » En fait, il roulait vers le sud, comme le confirmera un simple coup d'œil sur la carte.
• Même la route mentionnée est erronée: Zamora n'était pas sur l'autoroute 85 comme indiqué, mais sur Park Street. Il l'avait dit lui-même officiellement au cours du tout premier interrogatoire.
• Le rapport mentionne qu'il a vu des « flammes, » alors qu'il n'a parlé que d'« une flamme bleue. »
• L'Air Force écrit qu'il était à 250 mètres de l'objet quand il l'a vu pour la première fois. Toutes les indications de la police sont d'accord avec Ray Stanford sur une distance de seulement 140 mètres environ.
• Le rapport déclare que Zamora a vu « un ou deux » personnages « en combinaison. » Ce n'est pas ce que le témoin a dit. Il a déclaré

Fig. 26 : Géométrie de l’atterrissage à Socorro (Ray Stanford)

Fig. 27 : Analyse des remarquables traces de Socorro (Bill Powers)
avoir vu deux silhouettes dans « ce qui ressemblait à des combinaisons. » Il a ajouté que les vêtements étaient blancs, ce que le rapport passe sous silence.
• Zamora n'a pas dit voir de la « fumée » sortir de la base de l'objet.
• Les occupants étaient des nains : ce n'est mentionné nulle part.
• Le rapport affirme qu'il a garé sa voiture à 45 mètres du ravin, ce qui signifie qu'il aurait observé l'engin à environ 60 mètres. En réalité, il s'est garé au bord du ravin, le plaçant à seulement 15 mètres, une erreur d'un facteur de 4 !
Ray Stanford confirma les distances impliquées dans un message qui m'a été envoyé : « Hynek m'a demandé de commencer à faire les cent pas là où se trouvaient les empreintes de Lonnie, et il m'a regardé marcher jusqu'à l'endroit où l'échappement (de la flamme) avait rencontré le sol. Allen et moi avons convenu, sur la base de mes pas, que Lonnie avait été à environ 12 mètres de l'emplacement au-dessus du sol de l'objet. Lonnie était d'accord avec cette distance.
• L'Air Force écrit qu'« il n'y avait aucune preuve de marques d'aucune sorte, autres que des dépressions « peu profondes » sur le site. » M. Stanford demande : « Qu'en est-il du sable et de la roche vitrifiés ? Qu'en est-il du gros buisson coupé en deux par la flamme bleu-blanc ? »
• La déclaration officielle selon laquelle « Aucun autre témoin de l'objet rapporté par M. Zamora n'a pu être localisé » est un mensonge flagrant. L'Air Force connaissait les onze autres témoins.
• Les incohérences dans les déclarations éditées ou expurgées témoignent d'une volonté de minimiser l'étrangeté et de contester la fiabilité de l'affaire ; combiné à la censure des observations faites par les autres témoins, cela équivaut à une désinformation flagrante, dirigée contre le public américain et la communauté scientifique.
Ces erreurs accumulées rendraient pratiquement impossible à tout scientifique indépendant d'examiner les éléments de l'affaire et d'évaluer les conclusions du rapport de l'Air Force. En fait, pris ensemble, ils donnaient à la communauté universitaire l'impression d'une observation limitée à un seul témoin, d'un probable véhicule d'essai provenant de l'un des laboratoires militaires classifiés voisins. Ce qui était peut-être l'effet recherché.
Dans un livre publié en 1972 (34), résumant son expérience en tant que consultant scientifique de longue date du Projet Blue Book, le Dr. Hynek s'est finalement senti libre d'exprimer sa préoccupation personnelle, en tant que chercheur, au sujet des conditions imposées par les militaires. Dans une lettre officielle au colonel de l'Air Force Raymond S. Sleeper, datée du 7 octobre 1968, il écrit :
« J'espère sincèrement qu'enfin... je pourrai aider à transformer Blue Book en ce que le public et le monde scientifique ont déclaré qu'il était... : une organisation d'enquête dédiée à la défense du pays mais faisant aussi du bon travail scientifique ... Il est temps que Blue Book ne s'appelle plus, comme l'ont fait certains humoristes, la Société pour l'explication des faits non-étudiés. »
Dans le même ouvrage, (pp.144-145), revenant au cas Socorro, il observa : « J'ai fait de mon mieux à l'époque pour inciter l'Air Force à être un exemple de bon renseignement pour retrouver les témoins manquants, mais ils n'ont manifesté aucun intérêt. À l'époque, j'ai pensé que, s'il s'agissait d'une affaire fédérale impliquant des stupéfiants ou de la contrefaçon, le FBI aurait certainement localisé le témoin manquant. Comme il s'agissait simplement d'un cas d'OVNI, le parti pris habituel de ne rien faire a été suivi. »
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Une fois réunis à Chicago, nous avons recompilé les éléments que nous avions, avec ceux que le Dr. Hynek, toujours en colère et handicapé par sa mâchoire douloureuse en cours de guérison, rapportait du Nouveau-Mexique. La discussion a laissé de côté le fait que l'Air Force ne cherchait que des explications superficielles protégeant ses relations publiques. Au lieu de cela, notre étude allait dans deux directions : d'abord, un réexamen étape par étape de tout ce que Lonnie Zamora avait rapporté, y compris ses impressions et sentiments personnels avant, pendant et après son observation ; et deuxièmement, une tentative de placer l'objet, en tant qu'élément technologique, dans le contexte de ce que la physique et l'aérodynamique pourraient nous dire sur un tel appareil.
Ces deux éléments soulignaient l'honnêteté et la fiabilité du témoin principal, mais ils ajoutaient un niveau d'importance technique que l'Air Force avait complètement escamoté. Sur le site, le Dr. Hynek avait caressé l'idée que l'engin pourrait être un article de test pour un atterrissage lunaire, ou un « Air Force Pogo, » un prototype d'engin avec un cylindre central qui le propulserait vers le haut de la même manière qu’un bâton à ressort de type Pogo.
Situés si près des immenses installations des sites d'essai de White Sands, les habitants de Socorro étaient habitués aux survols de toutes sortes d'avions, d'hélicoptères et d'autres appareils en cours d'essai, mais ces objets n'avaient aucune raison d'atterrir sur un terrain vague de la ville, surtout dans une zone qui n'était même pas de niveau. Quiconque pilotait cet objet faisait confiance à son train d'atterrissage et se fiait à sa sophistication au point de ne même pas se soucier de la rugosité du terrain situé sous son engin.
Mes dossiers contiennent également une entrevue intéressante avec un policier nommé Ted Jordan, en patrouille ce soir-là. Il avait entendu l'urgent appel à l'aide de Zamora à la radio, et l'avait rejoint au sommet du ravin. Il avait soigneusement examiné les éléments présents autour du terrain vague, le traitant avec autant de soin qu'il l’aurait fait avec une scène de crime : policier méticuleux, il notait chaque morceau de carton, et les quelques journaux abandonnés. Il a été frappé par le fait qu'aucun d'entre eux n'avait brûlé, bien qu’ils aient des marques de chaleur évidentes; et lorsque l'engin avait décollé ils n'avaient pas été déplacés de leur emplacement initial, choses qu'il a pu déterminer en inspectant le sol directement protégé des éléments sous les cartons ou tout autre objet. Il témoigna :
« Je l'ai signalé à… il y avait eu… un enquêteur ici nommé docteur Allen Hynek ; et, ah, il m'avait informé que c'était un Pogo de l'Air Force : un avion à décollage et atterrissage vertical s’était posé. Nous étions en désaccord sur ce point. Je lui ai dit que sans être un expert de l'Air Force, j’aurais pensé que n'importe quel objet avec assez de poussée pour soulever un appareil de cette taille aurait certainement déplacé un morceau de carton. Alors je croyais que, quoi que ce soit, il n'avait pas de système de propulsion, comme un moteur à réaction. Je ne sais pas ce que c'était, mais Lonnie m'avait dit qu'après que la chose ait démarré, elle n'avait plus fait de bruit. Le son s'est arrêté quand il est parti. »
L'idée que l'engin vu par Zamora pourrait être un Pogo de l'Air Force a été revue par notre petit groupe, mais elle n'a pas survécu à l'analyse technique de Bill Powers : les traces au sol et l'absence de son en vol horizontal ont également réfuté le concept d’un engin propulsé par fusée, défendu par l'officier Jordan dans son rapport d'analyse de site, remarquablement dépourvu de toute idée préconçue. La forme de l'engin lui-même, avec son enveloppe aérodynamique, n'avait aucun rapport avec la structure ouverte et complexe de l'atterrisseur lunaire (avec un train d'atterrissage fixe rendant la mission extrêmement dangereuse), qui allait emmener Armstrong et Aldrin sur la lune en juillet 1969, cinq ans plus tard.
Les figures 26 et 27 résument les paramètres physiques du cas tels que nous les avons examinés. L'atterrissage a eu lieu dans un terrain vague accidenté que j'ai eu le plaisir de visiter plusieurs fois à la périphérie de Socorro, à la longitude 106°53' 53" Ouest et latitude 34°02'24" Nord, sans aucune raison logique explicable par le comportement des occupants ou des pilotes supposés.
M. William T. Powers, l'ingénieur en chef de l'observatoire de Dearborn, a soigneusement rassemblé tout ce qu'on savait sur les traces au sol (Fig. 27) et a fait une découverte des plus intéressantes : étant donné le terrain accidenté, bien que l'extension des quatre pieds ait varié, les diagonales du quadrilatère qu'ils formaient se coupaient exactement à angle droit. Cette autre caractéristique technique n'aurait pu être anticipée par Lonnie Zamora ni personne d’autre. Mais les implications en termes de sophistication de l’appareil étaient intéressantes. Un théorème en géométrie stipule que « lorsque les diagonales d'un quadrilatère sont perpendiculaires, les milieux de ses côtés et les pieds des perpendiculaires qui en résultent sur les côtés opposés se trouvent tous sur un cercle que l’on peut tracer autour du centre moyen des apex. »
Dans le cas de Socorro, cela signifiait que la figure soigneusement dessinée par la police sur le site était un cas très particulier : sur leur carte, le centre du cercle en question se trouvait directement au-dessus de la brûlure n°1, correspondant au centre de gravité de l'objet.
Bill conclut (35, p.50) : « Ce placement aléatoire des patins d'atterrissage entraînerait une répartition égale du poids de tout ce qu’ils soutenaient. »
Comparant l'objet Zamora à une sonde spatiale, il a ajouté:
« L'objet qui a fait les marques a supporté un poids important ou a frappé très fort, car le sol est dense. La NASA a conclu que les supports de Surveyor se sont enfoncés d'environ 6 centimètres dans le sol lunaire avec une force portante de 400 grammes par centimètre carré. La gravitation (sur la lune) est six fois plus faible, mais les pieds ne font qu'environ un quart de la surface des marques de Socorro ; nous devons supposer que la force équivalait à un tassement d'au moins une tonne sur chaque marque. »
Autant pour l'idée du « Pogo stick » de l'Air Force.
L’objet posé à Socorro était plus sophistiqué que tout ce que les États-Unis ont envoyé sur la Lune avant ou après 1964. Il n'utilisait pas de propulsion par fusée, mais un type de faisceau de particules ou d'énergie aux caractéristiques remarquables. Une fois en l'air il a cessé de faire du bruit; et il ne semblait pas devoir préserver sa stabilité en atterrissant sur n'importe quel type de terrain. Comme mon vieil ami Bill Powers l'a fait remarquer à juste titre, en hommage admiratif d'un ingénieur chevronné à un autre, « Nous sommes obligés de conclure que celui qui a conçu ce train d'atterrissage est un type intéressant. »
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Certaines des énigmes restantes concernant l'atterrissage de Socorro pourraient être résolues si nous disposions de tracés plus complets des empreintes, y compris des traces de pas et des marques sur les plantes, sous la forme de photographies détaillées du site. Pour porter un jugement indépendant, les scientifiques examinant le cas auraient besoin de ce genre de données. Il s’avère qu’à un moment donné, il y avait eu de telles preuves grâce au militaire de l'État du Nouveau-Mexique, Ted Jordan, l'homme qui, hormis Ray Stanford, a effectué l'examen le plus approfondi de la région en tant qu'officier formé à la documentation des scènes de crime. Alors, pourquoi n'avons-nous pas toutes ces photographies dans le dossier ?
Dans une interview ultérieure Jordan s'est vu poser la question et il a répondu : « J'avais dans mon appareil photo un rouleau de diapositives 35 mm de cet avion qui avait atterri, que j'avais prises sur le site …J'avais exposé la plus grande partie du film. Je transporte habituellement un rouleau de trente-six images. Et j'en avais pris la plupart sur le site ce jour-là ; il y avait beaucoup à photographier ; et j'ai pris beaucoup de photos. Et puis la… l’Air Force s’est retrouvée avec tout ça. Et je ne me souviens pas, pour le moment, si elles ont été remises au capitaine Holder ou à l'un des officiers de l'Air Force. Je ne m'en souviens pas. Mais je me souviens qu'ils m'ont dit qu'ils les développeraient et m'en enverraient des copies, et cela n’a jamais eu lieu. Plus tard, quand j'ai posé des questions, à ce sujet, ils m'ont dit que le film n'était pas bon -- il avait été atteint par les radiations. Et je n'ai jamais reçu le film. Je n'ai même jamais eu… je n'ai jamais reçu d'explication -- sauf verbale -- de leur destruction par les radiations, et que je ne recevrais aucun film. Lorsque je leur ai demandé de me les envoyer… « Allez-y, imprimez-les et envoyez-moi les tirages blancs, » ils ne l'ont même pas fait. »
Notre aimable lecteur se souviendra que dès le premier jour la présence de radiations avait été testée immédiatement et de manière très professionnelle -- ce qui n'était ni inhabituel ni difficile à faire, les spécialistes habitant à moins d'une heure du premier site d'essais atomiques au monde. Or il n’y avait aucune radioactivité. Les fonctionnaires mentaient, tout simplement, et sur toute la ligne. Bonne chance aux innocents scientifiques qui voudraient mener un examen indépendant du cas inexpliqué le plus important des dossiers du Projet Blue Book, impliquant un atterrissage d'OVNI, complet avec les occupants et les preuves physiques.
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Fig. 28: (A) L’insigne de Socorro, d’après les notes du Dr. Hynek
(B) Forme officielle (C) Fausse image diffusée par Blue Book.
Nous ne pouvons pas quitter l'environnement pittoresque et les mystères aérospatiaux autour de Socorro sans signaler encore une autre « explication » fantaisiste de l'observation de Zamora, mentionnée, cette fois, dans un supplément au journal local de Socorro, El Defensor Chieftain du 15 novembre 2003 sous la plume de James Easton, un journaliste indépendant vivant en Écosse.
M. Easton écrit pour un magazine britannique appelé Fortean Times, censé se consacrer à la poursuite des travaux du célèbre chercheur Charles Fort. Compilateur extraordinaire, Fort a passé une grande partie de sa vie à rassembler de minutieux enregistrements d'anomalies, telles que des objets volants inexpliqués au XIXe siècle et de curieux effets biologiques, médicaux ou atmosphériques décrits dans la presse scientifique, ayant défié les explications contemporaines. Beaucoup de ces effets le font encore, comme les observations de foudre en boule et de météores inhabituels. Ces vieux enregistrements sont précieux pour les physiciens professionnels d'aujourd'hui.
Ces derniers temps, cependant, Fortean Times s'est de plus en plus appliqué à une chasse plus gratifiante aux anecdotes bizarres ou excitantes qu'il pourrait citer comme exemple d'anomalie aux yeux du lecteur naïf, mais pour lesquelles des explications rationnelles ont été trouvées par un sceptique intelligent et bien informé.
Bien que certainement utile pour étouffer les spéculations vaines et les rumeurs, et que cela constitue un divertissement amusant, c’est tout le contraire de ce que Charles Fort a essayé de réaliser toute sa vie : il se considérait comme un censeur mais aussi comme un serviteur de la science, se centrant généralement sur des anomalies non résolues, négligées mais authentiques, venant de vrais observateurs, revues et publiées dans la presse scientifique, telles que des dizaines d'observations d'objets lumineux inexpliqués suivis (mais trop souvent ignorés ou superficiellement écartés) par des astronomes professionnels, et il a insisté pour que ils soient étudiés. Des décennies plus tard, Niels Bohr soutiendra cette approche lorsqu'il enseignera qu'« il ne peut y avoir de science sans anomalie. »
Le Fortean Times a publié la déclaration de M. Easton selon laquelle il avait finalement déterminé que Lonnie Zamora n’avait rien vu d'autre qu'un ballon, fait que « les preuves, les témoins, et les réponses de la CIA montrent clairement »:
« La soucoupe volante de Socorro était une montgolfière. » Problème résolu! Il fonde cette conclusion sur la déclaration que Zamora a faite à Ray Stanford au sujet du départ lent mais bruyant de l'objet, avec une flamme n’exerçant aucune poussée sur le sol, suivi d'un silence, alors qu'il planait et s'envolait horizontalement.
Supposons, dit-il, que la flamme provienne d'un feu à l'intérieur de l'engin ovoïde, faisant monter la température de l'air à l'intérieur (sans incendier le ballon ni asphyxier les deux pilotes ?) avec un échappement, en quelque sorte, dévié vers le bas : voilà ! Le ballon s'élevait majestueusement au-dessus de la tête du policier distrait, puis il s'éloignait en silence.
Les montgolfières, cependant, sont conçues avec une nacelle où les occupants peuvent respirer normalement alors que l'enveloppe au-dessus est remplie d'air chaud, configuration très différente d'un ovoïde rigide et fermé. De plus, les montgolfières ne pèsent pas neuf tonnes et ne se posent pas sur des pieds métalliques lourds et rétractables d'une grande sophistication géométrique.
Cherchant confirmation de sa thèse, M. Easton avait contacté Ed Yost, aéronaute bien connu au Nouveau-Mexique qui avait piloté un prototype de Raven Industries, le 10 octobre 1960, le premier vol en montgolfière améliorée. Cependant, il ne se souvenait pas de l’atterrissage près de Socorro d’aucun de ces engins. Ensuite, M. Easton a retrouvé un homme nommé Jim Winker chez Aerostar, qui avait repris Raven. M. Winker a confirmé que les montgolfières étaient redevenues populaires au début des années 1960 et que certaines d'entre elles étaient blanchâtres comme l'objet vu par Zamora mais, surtout, « elles avaient une plate-forme pour l'équipage. »
Cela confirme la présence de montgolfières dans la région d'Albuquerque, mais M. Easton lui-même note qu'il n'y avait qu'une vingtaine de ces nouveaux modèles dans tous les États-Unis. (La toute première traversée de la Manche en montgolfière avait eu lieu en avril 1963). Quant à la CIA, elle a pris grand soin de ne rien confirmer du tout, contrairement au titre aguicheur du journal de Socorro impliquant le soutien du gouvernement à la thèse d'Easton (« Les explications de la CIA rendent la réponse claire »). Au contraire, l'Agence avait sobrement déclaré qu'elle « ne pouvait ni confirmer ni nier l'existence de documents répondant à la demande. »
Une deuxième série de questions a également reçu le même traitement : la CIA a souligné à nouveau que sa réponse précédente s'appliquait toujours, ce qui a du sens parce qu’elle n'a ni intérêt direct ni compétence dans les affaires domestiques, y compris les montgolfières... Alors qui déforme la vérité ici ? Le journaliste, ou la CIA ?
Le lecteur doit noter que je n'exclus pas la possibilité de tests des ballons rigides avancés, en 1965, autour de l'installation de White Sands: cette hypothèse aurait eu un certain sens à l'époque, à l'exception du fait que les policiers, l'armée, le personnel de la base et le Dr. Hynek savaient reconnaître un ballon volant en plein jour. Si de tels appareils avancés étaient testés alors, quel était leur mode de propulsion ? Certainement pas « l’air chaud. » Et pourquoi n’existent-ils pas aujourd'hui, 56 ans plus tard, s’ils marchent si bien ?
Au moment de l’inspection détaillée du site par le soldat d'État Ted Jordan dans son étude professionnelle et méticuleuse de l'environnement, plusieurs éléments de preuve ont réfuté l'idée du ballon, mais ils ne sont sortis que plus tard, et des chercheurs comme M. Easton peuvent être excusés puisqu'ils n'y avaient pas accès.
Interviewé quelques années plus tard pour l'émission Unsolved Mysteries, Jérome Clark, un associé du Dr. Hynek pourvu d’une vaste connaissance historique du domaine, a souligné que « l'Air Force a déployé des efforts considérables pour trouver un avion qui ressemblait à l'objet rapporté par Zamora. Elle a constaté qu'un module d'atterrissage lunaire était en cours de test dans une base du sud de la Californie, mais il n'y avait aucune preuve qu'un tel engin ait été testé le 24 avril 1964, dans le désert du Nouveau-Mexique ou à proximité. »
L'Air Force a été intriguée par l’étrange insigne que Zamora avait signalé sur le côté de l'objet, et elle a déployé de grands efforts pour trouver quelque chose de comparable dans la technologie de l'aviation. On n'a rien découvert. L'insigne reste l'une des nombreuses énigmes intéressantes concernant l'affaire Zamora. Rien de tel n'a été rapporté depuis; et rien de tel n'avait été signalé auparavant. En plus des données que j'ai citées, le lecteur se souviendra que l'analyse officielle a montré que l'objet pesait 8 à 10 tonnes.
Dans des calculs séparés, Ray Stanford, dans le livre cité par M. Easton lui-même, avait publié une estimation de la pression sur chacun des pieds correspondant à un poids d'une tonne. Il faudrait beaucoup d'air chaud pour soulever un tel engin, beaucoup plus qu'il n'en faut pour faire flotter une autre « explication définitive » et rassurante dans le journal régional, ou dans un magazine pour sceptiques loin de la scène réelle, sur un autre continent.
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Le vrai problème de l'hypothèse de M. Easton, et de toutes les autres, se présente sous la forme d'un témoignage totalement indépendant donné, des années plus tard, par un expert de White Sands, le major Richard Holder, un retraité de l’Armée. J'ai déjà mentionné son nom à propos de l'enquête de l'Air Force. À l'époque, en 1964, c’était un capitaine très junior, affecté en tant que commandant au Stallion Range Center, l'extension nord du White Sands Missile Range. Il décrivait avec humour son domaine comme « environ huit cent kilomètres carrés de serpents à sonnettes, d'armoises, de beau pays, de pierre de lave. » Il avait sous ses ordres environ 120 militaires, chargés du soutien logistique et de la récupération dans cette zone de la Base. Le lundi suivant l'observation de Zamora, c’est-à-dire le 27 avril, le capitaine Holder a reçu un rapport direct sur un incident non publié survenu sur le champ de tir, sur le vecteur que l'objet Socorro devait suivre s'il continuait dans la direction signalée par Zamora.
Le témoin était un sous-officier très expérimenté, un vétéran de combat très décoré, proche de la retraite. Sa position était celle d'un maître mécanicien. Il avait initié une règle, soutenue par Holder, consistant à vérifier que chaque véhicule quittant la zone soit déclaré sûr et qu'une radio y soit installée. Au moment du départ, le véhicule était vérifié auprès de la police militaire à Stallion Point, inspecté à nouveau à mi-distance et contrôlé à son arrivée à White Sands, le tout pour des raisons de sécurité.
Personne ne voulait qu’un équipage ou une famille reste bloqué dans le désert : il est important de se rappeler que le White Sands Missile Range, la plus vaste installation militaire des États-Unis à l’époque, couvre 8300 kilomètres carrés, plus que l'État de Rhode Island et l'État du Delaware, combinés. Le soir de l'observation de Zamora, l'officier roulait sur une route de traverse, à peu près à mi-chemin entre le point intermédiaire et Stallion Range Center, à environ 60 kilomètres au sud de ce point, lorsqu'il a vu à sa droite (ouest) contre les montagnes, une lumière augmentant progressivement en intensité. Il a décrit ses couleurs à peu près comme Zamora l'avait fait.
La source devenant intense, le véhicule militaire est tombé en panne. Toute l'électricité à bord a cessé de fonctionner : la radio, les phares et le contact.
Le témoin est sorti du véhicule pour observer la lumière. Au fur et à mesure que son intensité diminuait, les phares sont revenus et la radio a de nouveau été entendue, avec des parasites. L'agent a démarré la voiture du premier coup, l'a conduite à destination, mise au garage et l'a fait examiner complètement : il n'y avait absolument aucun problème avec le véhicule.
L'incident a eu lieu environ une heure après l'observation de Zamora. Or je n’ai pu trouver aucune trace de son signalement au Dr. Hynek ou au Projet Livre Bleu.
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Nous avons donc désormais l’évidence de preuves « manquantes » sous la forme de photographies des traces et de l'environnement prises par un officier de la Police d'État, que le Projet Blue Book avait fait disparaître avec une explication bancale (buée radioactive) qui contredisait leurs propres mesures. Nous avons également des preuves du fait que le Dr. Hynek n'a jamais été autorisé à mentionner les témoins secondaires dont il avait connaissance, ni à partir à la recherche de nouveaux témoins possibles malgré sa mission d’effectuer une enquête scientifique. Rien de tout cela n'est du ouï-dire, mais le témoignage direct des acteurs principaux, versé au dossier. Et troisièmement, nous avons la preuve qu'une source hautement compétente, un officier supérieur de l'armée, vétéran de guerre, spécialisé dans l'ingénierie des véhicules militaires, a reconnu la panne totale de la voiture qu'il conduisait sur le terrain de White Sands alors qu'une lumière attachée à un objet volant augmentait d’intensité et illuminait sa position, une heure après l'observation de Lonnie Zamora, sur la trajectoire rapportée par le policier.
Il existe une quatrième série d'événements qui se rapportent plus directement au problème scientifique lui-même, celui des preuves matérielles. Puisqu'il touche directement au travail que mes collègues et moi-même effectuons actuellement, j'ai tendance à lui accorder une attention particulière. L'affaire découle des efforts de M. Ray Stanford, que nous avons déjà cité, qui menait des recherches indépendantes sur l'objet vu par l'officier Zamora.
Le mercredi suivant l'observation, le 29 avril, il était retourné sur le site pour vérifier une déclaration faite par Zamora au sujet d'une roche particulière partiellement brisée par l'un des pieds d'atterrissage de l'engin lors de son décollage. La perspicacité de Zamora était prémonitoire: lorsqu'il examina soigneusement la surface cassée, Stanford découvrit que des particules d'un métal brillant y étaient attachées, manifestement le résultat d'un grattage mécanique dur. La zone étant ouverte au public et n’étant soumise à aucune restriction, il a simplement pris la pierre et l'a mise dans sa voiture, espérant avoir l'occasion de procéder à un examen approfondi plus tard. Lorsqu'il a pu le faire, quelques jours plus tard à Phoenix, il a vérifié qu'il y avait des « matériaux pseudo-métalliques » accrochés à cette pierre.
D’après son livre, Ray Stanford a rencontré ses collègues du groupe d’amateurs du NICAP (36), MM. Richard Hall, Walter Webb et Robert McGarey, le 31 juillet 1964, à Washington, DC; ils se sont rendus au Goddard Space Flight Center de la NASA où le Dr. Henry Frankel, expert en matériaux, avait accepté de les rencontrer pour discuter d'une éventuelle analyse du résidu. Le récit de Stanford sur la réunion est fascinant, car il montre clairement que les scientifiques de cette unité de la NASA ont non seulement pris au sérieux les données sur les OVNIs, mais qu'ils étaient évidemment bien informés de l'événement de Socorro.
En regardant la roche au microscope, les particules métalliques étaient évidentes, et le Dr. Frankel a immédiatement noté que le matériau devait être à l'état fondu lorsqu'il avait été gratté sur la roche, après quoi il a suggéré aux visiteurs d'aller déjeuner, ajoutant qu’il les rejoindrait une fois le matériau collecté. Il a également été convenu que M. Stanford pourrait en conserver la moitié.
Frankel ne les a jamais rejoints à la cafétéria de Goddard. Lorsqu'ils sont revenus dans le laboratoire désormais vide, ils ont constaté qu'il avait laissé un seul technicien en charge. Lorsque ce dernier a rendu la roche à Stanford, elle avait été nettoyée, contrairement à l'accord oral que l'équipe du NICAP croyait avoir conclu avec la NASA. Selon le livre de Stanford, le Dr. Frankel est finalement revenu, et il a dit qu'ils avaient dû prendre tout le matériau « pour faire une analyse précise. » L'échantillon allait être placé sous rayonnement ce même après-midi, où il resterait tout le week-end. Lundi, il serait emmené pour des tests de diffraction des rayons X qui indiqueraient les éléments qu'il contenait. Il a ajouté : « J'informerai M. Hall des résultats par téléphone et si vous m'appelez mercredi, M. Stanford, je devrais pouvoir vous dire quelque chose de très précis. »
Ray Stanford était perplexe, mais les deux ufologues, Richard Hall et Walter Webb, ont conseillé de faire confiance à la NASA parce que le contact avec le Dr. Frankel était important pour l'organisation du NICAP. En effet, le mercredi 5 août 1964, Stanford a appelé Frankel, qui a immédiatement déclaré: « J'ai des nouvelles qui, je pense, vont vous rendre heureux. » Et il a poursuivi en expliquant que les particules qui s'accrochaient à la surface de la roche contenaient du zinc et du fer, mais les rapports ne correspondaient à aucun matériau connu pour être fabriqué sur terre, du moins selon les données de Goddard, qui étaient les plus complètes au monde. (37)
Le Dr. Frankel a poursuivi en disant que l'alliage ferait « un excellent revêtement hautement malléable et résistant à la corrosion pour un train d'atterrissage d'engin spatial. » Il a ajouté que le laboratoire travaillait toujours sur les oligo-éléments présents en faibles pourcentages et aurait une réponse dans une semaine. Mais lorsque M. Stanford a appelé le 12 août, la secrétaire du département lui a dit que son patron n'était pas disponible, et elle lui a demandé de rappeler, s'il vous plaît, le lendemain.
Le mercredi, Stanford a encore été invité à rappeler à la fin de la semaine suivante. Il a négocié un rendez-vous téléphonique pour le lundi, mais lorsqu'il a décroché d'une cabine téléphonique au Texas ce jour-là en rentrant chez lui en Arizona, la secrétaire lui a dit que « Dr. Frankel n'est pas prêt, pour le moment, à discuter des informations pour lesquelles vous appelez. »
Ray pourrait-il rappeler le lendemain ?
Ray Stanford doit être un homme très patient, car il a suivi ces instructions, de Corpus Christi cette fois. On lui a alors dit que le Dr. Frankel était dans une conférence de haute sécurité. Stanford a donc suggéré que le scientifique pourrait peut-être l'appeler à son numéro de l'Arizona, dès qu'il aurait les informations et serait disponible pour en discuter.
Frankel ne l'a jamais fait. Il semble qu'à ce moment-là, la responsabilité de l'échantillon ait été retirée de NASA-Goddard et reprise par une agence ayant officiellement le « besoin de savoir » sur les matériaux OVNI. (38) Les jours ont passé, et finalement un homme à consonance officielle nommé Thomas P. Sciacca, Jr. a appelé pour dire à Stanford que Frankel « n'était plus impliqué dans l'analyse. » Non seulement cela, a-t-il dit, mais « tout ce que la NASA vous a dit plus tôt était une erreur. L'échantillon a été déterminé comme étant de la silice, SiO2. » (39)
Selon M. Stanford, ce qui avait commencé comme un accord informel pour faire des tests sur un grattage étrange en guise de faveur à certains amis chercheurs avait ensuite été transformé en une analyse officielle à plus grande échelle par la NASA, puis à nouveau augmenté à un niveau où il a été jugé nécessaire de fournir une couverture non seulement à la confiscation des preuves de Goddard, mais à sa nature fondamentale.
Comme cela arrive souvent dans de telles situations, personne ne se souciait du fait que la conclusion officielle sur la composition de l'échantillon était simplement stupide : ils savaient que tout le monde serait heureux de voir disparaître le problème, même au prix d'une violation de la déontologie professionnelle, suivie de la publication de non-sens scientifiques. Tout chimiste de la NASA, confus au point d'analyser un échantillon banal de silice ordinaire et de conclure qu'il était composé de zinc et de fer, ainsi que de ces fameux « oligo-éléments » non divulgués, aurait dû être réaffecté à la maintenance des photocopieuses. Pourtant, les « responsables du gouvernement » sont restés fidèles à l'histoire, faisant taire les journalistes encombrants. Ils étaient même préparés à tout mettre par écrit, empruntant pour l'occasion le papier à en-tête de la NASA.
Il est intéressant de noter que lorsque le NICAP a publié son rapport final sur l'affaire Socorro dans UFO Investigator, il n'a cité que la couverture (la « silice ») qu’il savait fausse grâce à des informations détaillées et de première main. (Référence : UFO Investigator, numéro de septembre-octobre 1964).
Avec le recul de plus d'un demi-siècle, il semble que le Dr. Frankel et ses collègues de la NASA aient pu être sincères dans leur intérêt pour les preuves métalliques de Socorro, mais ils ont été prisonniers des demandes d'une autorité supérieure non spécifiée dont le quartier général, d’après des témoignages plus récents, est en Virginie…et qui n’est pas autorisée à subtiliser sans compensation les matériaux expérimentaux qui appartiennent à un chercheur américain…
La situation semble changer un peu aujourd'hui, car on a autorisé certains aveux hautement crédibles d'initiés du gouvernement et la publication de quelques dossiers, ainsi que des vidéos intéressantes d'objets inexpliqués publiés sur Internet. Mais la communauté universitaire, échaudée par ces anciens abus et ces petits secrets honteux entre amis, n'a pas encore daigné en prendre note.
Faut-il encore s’étonner, si les professionnels et les observateurs les plus qualifiés refusent désormais de soumettre leur témoignage (y compris les photos et les échantillons éventuels) aux autorités civiles ou militaires ?
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CHAPITRE SEIZE
MODÈLES MONDIAUX
TÉMOIN SURPRISE
Mon domaine est la science de l'information : j'ai été formé à rechercher ou développer des modèles - en astronomie, en médecine, dans les affaires - plutôt que d'extrapoler à partir d'une seule observation, aussi intéressante soit-elle.
À cet égard, je pense que nous avons fait deux erreurs majeures dans notre étude du phénomène OVNI.
La première est de supposer que le phénomène, s'il est réel, doit (comme dans la science-fiction classique), consister en des extraterrestres voyageant dans l'espace depuis une autre planète, à l'exclusion de toute autre possibilité ; et la deuxième a été d'attendre le seul cas absolument parfait que vous pouvez exhiber à la télévision et présenter au Congrès, qui prouvera « instantanément » l'existence des OVNIs, convaincra les sceptiques, conduira les scientifiques à déposer des brevets pour la propulsion spatiale ou de nouvelles armes, et dévoilera l’ultime clé du mystère.
Même l’affaire de l’escadre du porte-avions Nimitz, survolée en 2004 par un ou plusieurs objets sans mode évident de propulsion, apparemment capables de manœuvres d’une rapidité extraordinaire, n’a pas convaincu l’opinion scientifique.
Des découvertes uniques basées sur une seule observation ou un seul objet peuvent se produire, mais elles sont rares : la découverte de la Pierre de Rosetta qui a permis de décoder les hiéroglyphes, la chute soudaine de dizaines de fragments de minéraux bombardant la petite ville normande de Laigle qui ont endommagé de nombreuses maisons en quelques minutes et ont prouvé l'existence des météorites, ou le placement accidentel d'un morceau de radium à côté de plaques photographiques vierges dans un tiroir de laboratoire, qui a impressionné les négatifs et mis en évidence le phénomène de la radioactivité, furent des exemples d’erreurs chanceuses ou d’accidents heureux qui ont bouleversé le catéchisme académique et inauguré de nouvelles disciplines. Mais ils n'avaient de sens qu’à cause des modèles antérieurs de nombreuses autres observations devant être expliquées, et d’un échafaudage théorique préalable pouvant être adapté pour les gérer.
Pendant des siècles, les astronomes universitaires ont nié que des pierres puissent tomber du ciel, imputant les rapports à la prétendue stupidité des agriculteurs qui n'arrêtaient pas de ramasser des pierres étranges : dans la vie de tous les jours, tout semblait leur dire, qu'il n'y avait pas de pierres dans le ciel. Mais ils auraient également dû savoir que, si les agriculteurs n'avaient pas été aussi intelligents que les astronomes, nous serions tous morts de faim il y a longtemps.
Quelques accidents heureux ont fait avancer la science parce que certains modèles avaient été intelligemment reconnus et documentés, même si les scientifiques ont nié leur signification. En l'absence de ces modèles, les observations uniques auraient pu être simplement reléguées dans la catégorie des coïncidences bizarres, comme quelqu'un qui gagne à la loterie trois fois de suite.
Le Dr. Hynek m'a souvent dit que pendant des années il avait espéré trouver le cas unique propre à convaincre ses collègues, « monter les escaliers de l'Académie des sciences, » comme il me le disait en riant, « agitant ce papier en l'air avec une preuve définitive. »
Ce cas unique ne s'est jamais produit. Ce n'était pas Roswell, ce n'était pas l'observation de Kenneth Arnold, et ce n'était pas Socorro ou le Nimitz. Et si une observation presque parfaite se produisait avec des traces physiques évidentes, cela serait seulement significatif au sens du débat scientifique dans le contexte d'un modèle bien étudié et soigneusement documenté que chacun pourrait peser par rapport à ses propres critères statistiques indéniables.
Pour cette seule raison, j'ai recherché des cas présentant des caractéristiques similaires à ceux du rapport de l'officier Lonnie Zamora à Socorro en 1964 et à l'observation de M. José Padilla à San Antonio en 1945. Une observation dans le sud de la France en 1965, quinze mois après l’atterrissage de Socorro, en fournit un bon exemple.
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Nous sommes le 1er juillet 1965. Un agriculteur de 46 ans, M. Maurice Masse, s'est levé tôt pour travailler dans son champ dans la zone « Olivol » du plateau de Valensole, une belle région au pied des Alpes, où les raisins et les plants de lavande sont particulièrement appréciés, entre autres cultures. Ayant décidé d'avancer son travail avant que le soleil ne soit trop chaud, il est sur place à 5h45 lorsqu'il entend un sifflement qui l'intrigue. Sa première pensée est qu'un hélicoptère de l'armée en manœuvre va atterrir dans son champ, et il réagit avec colère et l'intention de dire au pilote d'aller choisir un autre endroit, sans discussion. Mais en contournant la butte qui le protégeait, il se trouve face à une étrange machine (Fig. 29).
Dans son témoignage enregistré devant le commandant Oliva, chef de la gendarmerie à Valensole, Maurice Masse a déclaré : « À une distance d'environ 30 mètres, j'ai vu un étrange engin dont la forme rappelait vaguement un ballon de rugby. Sa taille était approximativement celle d'une voiture (Renault) Dauphine, et il était de couleur terne. Il reposait sur quatre sortes de pieds métalliques et un support central. Cela ressemblait à une grande et monstrueuse araignée. Au sol, il y avait un être humain de la taille et de la carrure d'un enfant d'environ huit ans. Il portait un maillot d’une pièce, mais pas de casque, et ses mains étaient nues. À l'intérieur de la machine, je pouvais voir un autre être. Soudain, celui qui était au sol s'est retourné et m'a vu, et il a immédiatement sauté dans l'engin. Une porte coulissante s'est fermée derrière lui, et l'engin a décollé à une vitesse vertigineuse, ne dégageant ni fumée ni poussière. En une fraction de seconde, tout était terminé, et la chose était hors de vue. »
L'objet lui-même s'est peut-être envolé, mais les traces qu'il avait laissées dans le sol provençal étaient assez évidentes. Elles allaient faire l'objet de discussions techniques en France pendant de nombreuses années. Le Comité consultatif du CNES (40) auquel je participe actuellement à Paris n'a pas oublié l'affaire, qui reste dans ses dossiers des épisodes marquants et des cas « Non identifiés » ayant résisté à toutes les tentatives de rationalisation.
La première réaction lors d'une rencontre rapprochée avec un seul témoin (testis unus, testis nullus, comme l'avait dit le Dr. Hynek) est d'attribuer l'événement à des hallucinations ou à un canular. Mais Maurice Masse était un éminent citoyen de la ville (il possédait et gérait des entreprises importantes et sa femme était conseillère municipale ; elle fut ensuite élue maire de Valensole) et pendant la Seconde Guerre mondiale il s'était distingué en combattant dans les groupes de la Résistance, contre les Allemands sur le terrain accidenté des Alpes.
Maurice Masse n'était pas quelqu'un que l'on pouvait accuser facilement d'une escapade juvénile dans sa propre ville.
En France, comme aux États-Unis, les militaires ont d'abord tenté d'expliquer l'objet comme un appareil ordinaire. À Socorro, les responsables avaient tenté d'attribuer l'observation à un « Air Force Pogo » et plus tard au prototype inexistant d'un atterrisseur lunaire de la NASA. A San Antonio, le père de José avait appris que l'armée voulait récupérer son précieux « prototype » de ballon météo. Et à Valensole, les militaires français ont insinué qu'ils faisaient des manœuvres dans le coin, et que M. Masse avait donc simplement aperçu un hélicoptère léger, probablement une Alouette.
Maurice Masse a ri de cette gentille « explication, » et les gendarmes aussi : une Alouette aurait réveillé tout le village, et aucun représentant de l'armée n'avait pris la peine de venir examiner les marques enregistrées sur le terrain.
Comme on le verra dans le déroulement des enquêtes, ces doutes et insinuations ont troublé Maurice Masse et l'ont amené à dissimuler des éléments clés de son expérience à la police et aux journalistes. D'autres témoins locaux ont alors pris modèle sur leur ami Maurice et ont compris son attitude comme un signal clair de garder pour eux leurs propres observations, ce que les Français font très bien.
Cette situation devient courante dans l'étude du phénomène, notamment aux États-Unis, où les témoins les plus fiables en ont assez d'être ridiculisés à la télévision par des scientifiques pontifiants n’ayant pas pris la peine de s'informer sur les faits, car ils partent de l'hypothèse qu'ils connaissent déjà les réponses d'une manière générale, et ont seulement besoin de compléter quelques détails.
Le rapport de gendarmerie signé par M. Masse ne doit donc être pris qu'en premier aperçu, pourtant il est utile pour énoncer certains faits de base : « Nous nous sommes rendus sur les lieux de l’atterrissage, » écrivent les gendarmes. « Il ne fait aucun doute que quelque chose s'est passé là-bas. A l'endroit où se trouvait le support central, on peut maintenant voir dans le sol un trou de 20 centimètres de diamètre et d'environ 50 centimètres de profondeur. Et en rayonnent des marques en forme de « X » semblant confirmer la description des quatre pieds de la machine. Mais le plus étrange, est que, tout autour du trou, la terre est comme pétrifiée, dure comme du ciment, alors qu'ailleurs elle se désagrège et s'effrite dans la main. Mais dès le départ de la machine, le sol avait presque la consistance d'une boue liquide. Et c'est d'autant plus étrange qu'il n'a pas plu ici depuis longtemps. »
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Je suis arrivé à Valensole le 27 mai 1979, en compagnie d'une diplomate française qui avait rang d'ambassadeur et qui possédait une maison de vacances dans cette région des Alpes. Nous nous sommes arrangés pour rencontrer Maurice Masse le lendemain par l'intermédiaire de ses proches dans le village, et nous avons commencé à reconstituer son observation autour d'un verre dans un bar local, Chez Dédé, où se déroulait une grande partie de la vie sociale.
M. Masse nous a dit qu'à son avis, les êtres venaient de « quelque part d'autre » mais étaient humains comme nous, même si c’étaient des nains d'environ un mètre de haut avec des têtes surdimensionnées. Comme M. Padilla, il a peut-être jugé nécessaire de les considérer comme des « hommes » parce qu'ils semblaient avoir des expressions et des comportements qu'il pouvait reconnaître et avec lesquels il se sentait à l'aise. Au début il ne s'est pas concentré sur les différences, telles que la tête élargie par rapport au corps.
Lorsque j'ai évoqué la paralysie qu'il avait éprouvée à la fin de son observation, détail qu'il n'avait initialement signalé à personne, il n'a pas voulu en discuter. (41) Il ne voulait pas non plus évoquer les questions spirituelles qu’aurait pu lui inspirer l'expérience.
Lors d’une précédente visite, il avait montré à mon amie des vignes qui poussaient le long d'un vieux mur près de son champ, et lui avait dit : « Regardez toute cette vie, elle grandit, elle s'accroche à tout, puis elle mourra et il n'y aura plus rien d'autre. Pour nous, c'est la même chose. »
« Quelque chose d'inhabituel s'est-il passé depuis ? » ai-je demandé, sachant que les témoins sérieux gardaient souvent pour eux de tels témoignages.

Fig. 29 : Formes et dimensions de trois appareils vus au sol
Les gens savent que des observations répétées diminueront le sérieux du cas aux yeux des enquêteurs, et que cela pousse l'interprétation vers ces catégories psychologiques dont les scientifiques du gouvernement américain étaient si friands, de « l'imagerie liée au stress » au fameux « comportement dissociatif. »
La psychologie est une science sérieuse, mais le sujet dans ce cas s’était distingué comme résistant contre les troupes allemandes dans des combats de montagne très intenses et il était un excellent observateur de son environnement. A ce titre, il était respecté des gendarmes qui l'ont interrogé.
Il s'est avéré que Masse avait revu l'objet : cela s'était produit la nuit, au-dessus d'un autre de ses champs.
Il nous a suffisamment fait confiance, à ce moment-là, pour se sentir libre d'en discuter, et il s'est enthousiasmé dans sa description : il y avait des lumières de plusieurs couleurs, tourbillonnantes; de jolies couleurs; il a comparé cela à la trainée d'un merveilleux météore. Elles changeaient si vite qu'on ne les voyait pas vraiment : « Quand tu veux regarder le bleu, c'est déjà du rouge... » m’a-t-il déclaré.
Nous avons passé l'après-midi sur le plateau d'Oraison, où nous avons inspecté le site, et le lendemain nous avons retrouvé M. Masse dans son champ de Valensole, qu'il irriguait. Il nous a dit que voir un objet comme cela lui était arrivé, était « la meilleure chose que l'on puisse souhaiter à qui que ce soit, » ajoutant qu'un témoin ne devrait rien en dire, pas même à sa famille : « On en dit toujours aussi beaucoup trop, » et là encore il avait un point commun avec Zamora et avec Padilla. Il nous a aussi confié qu'il avait commencé à beaucoup penser à la mort.
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Les archives de l'Agence spatiale française montrent que quatre autres branches du gouvernement ont pris le rapport initial de la gendarmerie très au sérieux et ont mené leurs propres enquêtes. Cela inclut les agences de renseignement intérieures et extérieures, par rapport à d'éventuelles infiltrations d'agents ou d'autres événements hostiles, ainsi que les douanes françaises. Pourquoi les douaniers ?!
Quand j'ai posé la question, j'ai appris qu'ils avaient probablement la meilleure raison de s'impliquer : la région était parfois utilisée pour la contrebande financière entre la France et la Suisse, notamment pour l'or. Le Plateau d'Oraison était une référence appropriée et un site d'atterrissage sûr pour les hélicoptères.
Toutes ces enquêtes ont abouti à des résultats négatifs.
Tout au long de nos conversations avec Maurice Masse, en ville, autour d'un verre de pastis Chez Dédé, ou dans l'un de ses champs, mon amie et moi avons eu l'impression d'un homme très stable, émotionnellement et intellectuellement alerte et intelligent. Mais il y avait quelque chose de plus, le sentiment qu'il avait été éveillé à une gamme de perceptions ou d’aptitudes inconnues de lui avant son expérience, et qu’il en était resté intrigué. Après tout, il avait dit un jour à mon amie que « nous mourrons et il n'y aura rien d'autre. » Revenait-il sur cette certitude ?
Nous avons parlé à son ami « Kilou » qui nous a dit : « C'est comme s'il voyait maintenant tout de l’extérieur. »
Quand je l'ai interrogé à ce sujet, Masse lui-même l'a dit autrement. Il a dit qu'il avait surtout peur que ses expériences privées nuisent indirectement à quelqu'un d'autre, comme s'il avait pris conscience de pouvoirs externes qu'il n'avait jamais compris ou ressentis auparavant. Il nous a raconté une vision de la mort de son père, et d'autres rêves prémonitoires qui l'avaient surpris.
J'ai soulevé la question des traces laissées par les petits êtres. C'est un domaine qu'il n'avait jamais décrit aux enquêteurs du gouvernement français, et il a même plaisanté sur la lettre que les scientifiques de l'Agence spatiale du CNES avaient envoyée aux gendarmes, exprimant leurs remerciements pour sa collaboration : « Je ne leur ai pas dit la moitié de ce que j'avais vu, » ajouta-t-il en riant. Il a également refusé d'être interviewé à la télévision par Jean-Claude Bourret, personnalité médiatique bien connue, et il n'a jamais été impliqué dans des escarmouches avec la presse. Il ne s'est jamais disputé avec les sceptiques, dont il avait bien mesuré la lâcheté.
Il y a une supposition répandue, depuis le début de l'histoire de l'ufologie, de témoins toujours naïfs et transparents, véridiques avec les autorités dont ils espèrent une sorte de bénédiction ou du moins, de validation. C'est peut-être vrai dans certains cas, mais en étudiant des observations complexes dans un environnement sophistiqué comme la Provence, il faut plus qu'un questionnaire confus et d’un coup de téléphone de Paris pour faire ressortir la vérité des impressions intimes des témoins, de leurs doutes, et de leur conscience des changements en eux-mêmes.
C'était certainement vrai dans l'affaire Padilla-Baca dans l'environnement intensément secret des centres atomiques en 1945, et cela s'appliquait aussi à un vieux combattant de la Résistance sur les pentes des Alpes, où se faisaient encore sentir de nombreuses tensions.
À vrai dire, cela s'appliquait également à l'officier Lonnie Zamora, dont la vie professionnelle a été détruite par l’acharnement médiatique, le ressentiment de ses collègues dont la vie était perturbée, et l'obsession de l'Air Force de promouvoir n’importe quelle explication de ce qu'il avait vu, peu importe à quel point elle était fantaisiste ou techniquement stupide. Tout cela m'a amené à croire, au fil des ans, que les gouvernements et leurs discrets sous-traitants, y compris le renseignement militaire et les maîtres de l'aérospatiale, en savent beaucoup moins qu'ils ne le pensent, ou prétendent le savoir, sur le véritable phénomène, ses origines et ses conceptions.
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À ce stade de notre discussion avec Maurice Masse, j'ai pris un morceau de papier et dessiné ma meilleure estimation des impressions laissées par les petits pilotes, car je pensais qu'elles pourraient correspondre à des cas particuliers dans mes propres dossiers. Il m'a regardé sérieusement, a fait quelques corrections, et l’épisode a renforcé la confiance développée entre nous trois au cours de ces deux jours. Il a aussi décidé de ne plus irriguer ses champs la nuit, car il n’avait pas envie de revoir les objets. Ou leurs occupants. Et il a corrigé quelques détails lorsque nous lui avons rappelé son premier témoignage devant les gendarmes.
Comme nous l'avons vu dans le cas de Lonnie Zamora, un ajustement important concernait la distance à l'objet lui-même. Les journalistes avaient rapporté que Masse était soit à 30 mètres, soit à 50 mètres. Sur place, les gendarmes, avaient estimé 60 à 70 mètres. En vérité, d’après des mesures sur le terrain, il était à 80 mètres lorsqu'il a vu pour la première fois l'objet et les êtres, mais il s'était avancé furtivement à travers un vignoble (et non, comme le disaient les médias et les ufologues, à travers son champ de lavande) jusqu'à un point situé à moins de six mètres. Cela faisait une très grande différence, et là encore on voit pourquoi des discussions techniques basées sur la presse ou même des documents officiels, en l'absence d'analyse en personne, sur le terrain, peuvent être trompeuses, qu'elles soient fondées sur quelques morceaux de papier ou sur une base de données massive sur un réseau informatique. L’intelligence artificielle ne pourra pas corriger ces erreurs, faute de pouvoir envoyer les robots prendre un pastis Chez Dédé.
Appliquer l'intelligence artificielle à tout ce gâchis, sans une série d’expertises préalables tenant compte de tous les aspects historiques du phénomène, comme le proposent maintenant plusieurs groupes aux États-Unis et en Angleterre, risque de conduire à un énorme gaspillage d'argent et, plus important encore, à des conclusions fausses : en l'absence d’analyse critique des observations par des experts expérimentés., travaillant en équipe, on ne fera que répéter les erreurs des 50 dernières années.
Il est intéressant que les documents officiels aient indiqué que le témoin de Valensole avait vu l'objet et les occupants pendant 90 secondes. Ce n'est évidemment pas vrai, mais Maurice Masse l'a effectivement dit dans son premier témoignage, probablement pour minimiser l'importance de son expérience et les pressions exercées sur lui, car il avait peu de confiance envers ses interlocuteurs. Il avait vu beaucoup plus, et peut-être trop; il n'avait pas eu le temps de tout assimiler, alors il a décidé de garder la vérité pour lui. Encore une fois, la réaction d'un Partisan rusé.
Il avait aussi menti au sujet des petits êtres, disant qu'il en avait vu un à l'intérieur de l'objet. Pourquoi ? Il a peut-être pensé que cela pourrait rendre l'histoire plus crédible. Si les deux occupants étaient sur le terrain, ils devaient avoir une raison précise et une relation subtile avec lui dont il n'était pas prêt à discuter. Maurice Masse avait aussi menti sur les deux êtres lorsqu'il avait dit aux gendarmes qu'ils avaient des cheveux comme nous, car il comparait leur taille à des enfants, qui ne sont jamais chauves. En privé, il m'a dit que les êtres avaient bien la tête chauve.
Nous avons vu la même hésitation dans les réponses de M. Padilla aux questions de Paola, quand il continue de parler des « hommes, » tout en résistant inconsciemment aux détails qui pourraient indiquer que les créatures n'étaient pas tout à fait humaines. Ou peut-être pas humaines du tout ?
Le principal « détail » dissimulé pendant plusieurs jours par Maurice Masse avait à voir avec la paralysie qui l'a figé sur place lorsqu'un des occupants a pointé un petit appareil sur lui avant de s'envoler. Une fois l'objet parti, il est resté collé sur place pendant vingt minutes, debout mais incapable de s'éloigner, fixant le paysage vide, pensant qu'il allait mourir là, sans pouvoir appeler qui que ce soit.
Au bout d'un moment, les secrets qu'il gardait étaient trop nombreux : sa femme avoua à mon amie qu'au bout de quelques jours, Maurice avait fondu en larmes et lui avait tout confié sur son observation. Mais il n'a jamais publiquement dit la vérité sur un point: non seulement sur le fait que -- comme à Socorro - les deux êtres aient laissé des empreintes, mais qu'il soit retourné seul sur le site et qu'il ait lui-même effacé ces empreintes. . Lorsque nous l'avons rencontré ce jour-là, il nous a dit qu'il avait remarqué les mêmes empreintes de pas dans son autre champ, signe qu'ils reviendraient. Il avait l'impression que c'était devenu comme un signal privé de « eux » à lui, et qu'il voulait que cela reste ainsi.
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Maurice Masse, pour des raisons qui lui sont propres, hésitait à discuter des autres cas de la région. En ce sens, il protégeait ses amis locaux du genre de publicité stupide et des attaques sarcastiques des universitaires dont il avait fait l'objet: un cirque médiatique avait été déclenché par les premiers rapports et le barrage constant des explications furieuses de la part « d’experts » qui n'avaient pas pris la peine de se rendre à Valensole, ou de consulter les dossiers. La population locale autour de la zone s'était ressaisie, et gardait pour elle les informations pertinentes.
La campagne française peut être très fermée sur les événements locaux, trait social qui reflète des siècles de méfiance à l'égard du gouvernement et des autorités de toutes sortes, et donne à la vie du village français sa saveur particulière. (Il existe de nombreuses blagues savoureuses en France sur le sort des étrangers qui tentent d’arracher une déclaration claire aux agriculteurs locaux). C'est particulièrement vrai en Provence, autrefois une nation séparée de la France arrogante et vengeresse centrée dans un Paris lointain, perçu comme froid et méchant : les tensions de la décennie précédente qui ont donné lieu à des conflits locaux sanglants et presque à une guerre civile à la Libération du régime nazi n'ont jamais été totalement oubliées. Encore une fois, ce que nous avons vu là était une juxtaposition, sinon une tension permanente non déclarée, entre deux cultures très différentes.
Maurice Masse ne voulait rien nous dire de plus. C'est Kilou, devenu notre ami au cours de ces deux jours et connaissant mon guide depuis ses visites précédentes, qui nous a parlé de certains des autres cas, et de ses propres expériences, qui n'avaient jamais été rapportées à personne. Par exemple, il y avait eu un cas quatre ans plus tard, en octobre 1969. Là, les feuilles de deux arbres proches du site d'atterrissage avaient instantanément jauni, et des traces avaient été laissées dans un champ de blé où rien n’a poussé pendant les années suivantes. Nous avons visité l'endroit. Les agriculteurs nous ont dit que les traces avaient la forme d'un ovale de neuf mètres de long, comme la scène que Paola avait trouvée lors de sa première visite sur le site de San Antonito avec M. Padilla.
Dans un autre cas où nous avons également rencontré les témoins, un agriculteur et son équipe étaient occupés dans un champ à conduire deux tracteurs, l'un avec un moteur diésel et l'autre avec un moteur conventionnel; un objet non identifié a survolé à basse altitude et le tracteur conventionnel a perdu de la puissance. Celui qui était équipé du moteur diésel a continué à tourner.
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Un dernier mot concerne la « paralysie » qui a touché Maurice Masse. L'appeler par ce terme est un abus de langage : si Masse avait été soumis à une arme paralysante, il serait tombé et ses organes auraient pu être touchés. Ce qui s'est réellement passé était une incapacité, pas une paralysie. Elle a été déclenchée lorsqu'un des êtres a décroché un petit appareil de sa ceinture et l'a pointé sur lui alors qu'il émergeait du vignoble et leur faisait face, supposant toujours que l'engin était un prototype de l'armée française.
Comme je l'ai déjà mentionné, il s'agit d'une forme d'interférence du système nerveux où la victime ne tombait pas, même si elle était incapable de bouger.
Lorsque le chercheur Aimé Michel a publié ces éléments dans un magazine britannique spécialisé (42), il a émis l'hypothèse que l'effet pourrait être causé par une certaine forme de rayonnement affectant la formation réticulaire dans le cerveau. Ni Aimé ni moi n'avons de formation en médecine. L'article a attiré l'attention d'un médecin anglais, le Dr. Bernard E. Finch (43 ans), qui a trouvé l'idée très peu probable : Les centres réticulaires, dit-il, « contrôlent les services centraux, c'est-à-dire la respiration, le rythme cardiaque et le tonus musculaire, etc. Des interférences avec le système réticulaire sont susceptibles de provoquer des tremblements, des mouvements involontaires et des rigidités diverses. Par contre, ce qu’a vécu Maurice Masse, a été décrit plus adéquatement comme « une paralysie temporaire des muscles volontaires. »
Le Dr. Finch a écrit : « Cela s'expliquerait mieux par un champ de force affectant les cellules motrices situées sur la surface externe du cortex cérébral... le long d'une ligne allant des oreilles de chaque côté jusqu'au sommet du crâne. La zone sensorielle est derrière la zone motrice. Le champ de force produit donc son effet sur toutes les cellules superficielles du cortex cérébral, et ses effets s'estompent au fur et à mesure qu'il pénètre dans les tissus cérébraux, disparaissant de quelques millimètres vers l'intérieur. Cet effet d'amortissement est produit en raison de l'épaisseur du tissu cérébral, et comme les centres les plus vitaux sont profonds dans le cerveau, ils ne sont pas du tout touchés par le champ. »
Pourquoi cela expliquerait-il ce qui est arrivé à Maurice Masse ? Parce que, continua le Dr. Finch, « Les cellules de surface reçoivent l’effet du champ, entraînant une paralysie spastique et des changements sensoriels impliquant le toucher, la sensation et la vue. On peut seulement spéculer sur le mécanisme du champ proprement dit vis-à-vis des cellules nerveuses. De nature magnétique, l'isolation des fibres nerveuses est rompue, les courants nerveux (électriques) ne circulent pas, la cellule ne fonctionne pas et se remplit de granules qui apparaissent normalement en période d'activité intense. » Dans les trois jours qui ont suivi son observation, Maurice Masse n'a pas remarqué d'effet particulier sur ses habitudes de sommeil, mais le quatrième jour, il s'est soudainement effondré, pris d'un besoin de dormir auquel il n'a pu résister.
Le Dr. Finch a proposé d'expliquer cela par la durée de cicatrisation nécessaire aux cellules du cortex cérébral pour se remettre du champ de force intense, d'où le sommeil et la fatigue. Il a conclu : « Cela expliquerait également comment les actions réflexes, activées par des cellules profondément ancrées, sont toujours actives malgré le champ de force. » L'arme, continua-t-il, pointait probablement un faisceau concentré vers la tête.
Ce qui précède a été écrit par le Dr. Finch en janvier 1966. L'étude du cerveau a fait des pas de géant depuis lors, incluant de meilleures interprétations de ce que vit le témoin, mais il est utile d'avoir cette explication dans le contexte de l'époque, lorsque les armes de contrôle du cerveau étaient encore encombrantes et sur une planche à dessin. Il faut garder à l'esprit que l'appareil de 1965 tenu par « l'occupant » avait la taille d'un briquet... sans alimentation visible.
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Nous disposons désormais de suffisamment de données pour une comparaison fructueuse des caractéristiques des entités (ou plutôt des « occupants ») et des objets décrits dans ces rencontres.
1\. Dans les trois cas, les êtres en question respiraient notre air sans aucun appareil.
2\. Dans les trois cas, ils mesuraient environ trois pieds, ou 1,20 mètre, la hauteur d'un enfant moyen de huit ans (plage : 47 à 54 « pouces » en unités anglo-saxonnes).
3\. Dans les trois cas, ils portaient des combinaisons, mais pas de casque.
4\. Dans les trois cas, les témoins n'avaient pas peur d'« eux, » ou ont même rapporté le sentiment qu'« ils » avaient de bonnes intentions envers nous, bien qu'ils ne puissent attribuer cette impression à rien de particulier.
5\. Dans les trois cas, il y a eu un impact psychique sous la forme de visions, de rêves ou d'impressions « télépathiques » directes (rappelons-nous des rêves de « nuages tombant ») de José.
6\. Dans les trois cas, les témoins en savaient bien plus qu'ils ne l’ont rapporté à la presse ou aux autorités, et dans la mesure du possible ils ont évité toute publicité.
7\. Les trois cas semblaient suggérer une connexion avec l'espace extra-atmosphérique ou une connexion avec l'espace-temps, compatible avec l'état de notre culture humaine après la Seconde Guerre mondiale. Ils affichaient un comportement, une instrumentation et une maîtrise de l'ingénierie reconnaissables et (presque, mais pas tout à fait) compatibles avec les concepts humains de l'époque.
8\. La végétation normale n'a pas repoussé sur les deux sites de San Antonio et Valensole.
9\. Un champignon intéressant a été stimulé à San Antonio, comme dans d'autres cas inexpliqués dans la littérature.
10\. Dans les trois cas, l'objet a été décrit comme ayant une forme ovoïde, plutôt qu'un disque. Il n'y avait de "soucoupe volante" classique dans aucun de ces témoignages. En fait, il n'y a pas de soucoupe volante dans tout ce livre.
Maintenant pour certaines des différences:
1\. Dans le cas Padilla-Baca, les trois êtres étaient capables de se déplacer avec un mouvement linéaire instantané.
2\. Dans le même cas, ils ressemblaient à des insectes surdimensionnés, comme certains grillons.
3\. Dans le même cas (un crash) ils semblaient désorganisés, incapables de prendre le contrôle de la situation.
4\. Dans l'affaire Socorro comme dans l'affaire Valensole, la rencontre semblait être une mise en scène, où les êtres prétendaient être occupés mais manipulaient en réalité les perceptions d'un témoin humain qu'ils attendaient. Ils ont gardé le contrôle tout du long et ont quitté les lieux facilement.
5\. La forme de propulsion apparente semble être élective : elle variait entre les trois cas. Dans le cas de 1945, bien que l'engin ait semblé être orientable lorsqu'il est tombé, aucun mécanisme de propulsion n'était évident. A Socorro il y avait un bruit terrible et une lumière bleue mais pas d'échappement (tous les bruits et autres effets se sont arrêtés une fois l'objet planant à basse altitude). À Valensole, l'engin s'est soulevé silencieusement, puis s'est simplement effacé après une courte distance horizontale, sans bang sonique ni autre effet physique.
6\. Valensole était le seul cas (des trois) où une arme (non létale) a été utilisée.
7\. Valensole était le seul cas avec des effets physiologiques manifestes (paralysie, suivie d'un schéma de perturbation du sommeil).
Pour la plupart des ufologues américains, qui insistent pour prendre de telles observations strictement au premier degré (« Si ça ressemble à un vaisseau spatial, ce doit être un vaisseau spatial »), ces caractéristiques doivent être une preuve que nous sommes visités par des voyageurs venus de quelque part. Ensuite, soutiennent-ils, si des fonds étaient alloués pour mieux capter les informations et étudier les traces laissées par l'engin, nous pourrions apprendre des faits importants sur les voyages dans l'espace et peut-être aussi sur la médecine. C'est une réaction raisonnable, mais il ne faut pas trop s’en tenir à des d'hypothèses aussi simplistes.
En Amérique, notre culture de la recherche est telle qu'il faut présenter une hypothèse pratique à tester avant que quiconque ne vous attribue un contrat ou une subvention, de sorte que presqu’aucune recherche académique fondamentale sur le sujet n’a été possible depuis 1945, sauf peut-être dans des laboratoires hautement classifiés. Dans le reste du monde, il y a eu une spéculation théorique considérable et une documentation abondante des événements, avec une meilleure appréciation de l'importance des rapports historiques, mais la réaction des organisations a été similaire, sans incitation à financer des recherches actives sur le terrain, sauf pour des équipes de volontaires encadrés par le gouvernement, comme le groupe français de l'agence spatiale CNES, ou des études classifiées très spécialisées, nécessairement ciblées, concentrées sur le matériel collecté.
Il nous semble que le phénomène (et en particulier les trois cas détaillés que nous avons passés en revue ici) fonctionne en référence à une stratégie plus complexe. Il déploie juste ce qu'il faut pour intriguer les témoins et la société qui les entoure, et utilise une imagerie reconnaissable par nous, mais elle est suffisamment souple, dans le temps et dans l'espace, pour déjouer la simple analyse. Si cela est vrai, alors il est peu probable que nous apprenions quoi que ce soit de vraiment utile ou opérationnel sur le phénomène tant que nos études, officielles ou secrètes, ne concernent que la technologie manifeste sur la scène, mise en scène pour notre bénéfice, et conçue pour notre physique courante, avec ses contradictions non résolues.
Il y aurait une toute autre approche à adopter, si les personnes qui détiennent certaines des meilleures preuves physiques sortaient des sous-sols où elles se cachent depuis 1945 – les personnes qui sont venues récupérer leur « ballon météorologique » sur les terres de M. Padilla, et ont confisqué la « silice ordinaire » du matériel que M. Stanford leur avait soumis. Bien que la plupart des chercheurs continuent d'essayer d'extraire de telles données ou de les transformer en de nouvelles armes, nous pensons que le phénomène n'essaie pas de nous enseigner la physique ou la propulsion avancée. Plus fondamentalement, on dirait qu'il essaie de nous apprendre à transcender notre propre humanité. Sans quoi nous allons périr dans un nuage mental toxique de notre fabrication, lorsque notre civilisation atteindra son point de singularité.
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Le temps a passé. Les témoins ont grandi jusqu'à l'âge adulte, se sont mariés, ont eu leurs propres enfants. Pour l'épouse de Rémé Baca, Virginia (« Ginnie »), les Terriens étaient le centre de l'univers et le mot OVNI n'avait pas sa place dans leur maison, comme elle le rappelle dans Born on the Edge of Ground Zero :
« Peu importe le nombre de fois où Rémé a soulevé le sujet, je ne voulais pas le savoir. Il n'y avait rien de tel. Si cela avait été le cas, Dieu nous l'aurait fait savoir à travers ses enseignements, après tout. »
En 1994 ils vivaient à Tacoma, Washington. Elle avait visité San Antonio avec Rémé et était heureuse de constater que s'y trouvait l'une des plus grandes congrégations catholiques du comté. Un dimanche soir de juin, quelque chose allait changer la vision du monde de Virginia, même si cela n’altérerait pas sa foi. À ce moment-là, dit-elle, « Rémé avait décidé qu'il n'était pas si important pour lui de partager sa découverte de l'épave d'un vaisseau extraterrestre avec la société, ce n'était plus un problème pour lui. »
Ce soir-là, en juin 1994, vers 22:45, après avoir ramassé des affaires dans la cuisine, elle rejoignit Rémé à l'extérieur ; ils aimaient regarder les avions arriver pour atterrir à la base voisine, sous un ciel clair, sans nuage en vue. L'engin est venu de la direction du pont de Narrows et a fait un virage délibéré vers leur maison. Il était maintenant au-dessus d'eux. Il couvrait le ciel, et ils étaient en dessous. Un long silence suivit. « J’avais ce sentiment étrange qui m'a rappelé des souvenirs de mon enfance, » a déclaré Rémé. « Quand José et moi avons découvert cet objet écrasé près de San Antonio, il y avait un silence dans l'air. Il me semblait que le monde s'était arrêté. Maintenant, cela semblait se reproduire. »
« Vous ne pouviez trouver personne pour sauver votre âme dans la rue cette nuit-là, » a ajouté Virginia. « Les chiens arrêtaient d'aboyer. Les choses ne semblaient pas normales. Cet éclairage orange, vif et profond semblait être imprégné sous cet engin géant. Il semblait briller. Les couleurs semblaient projetées de l'intérieur de l'engin ou en émaner, au lieu de se refléter comme à partir d'une surface peinte, ou d'un miroir.
« Il n'y avait aucun bruit, aucun son. L'engin semblait simplement s’établir comme peint dans le ciel. C'était totalement incroyable. Cela dura plus de quinze minutes ; je le sais car j'ai vérifié l'heure à laquelle nous sommes rentrés dans la maison, et il était bien plus tard que onze heures. Soudain, l'engin s'est mis en mouvement : d'abord lentement, puis à une vitesse croissante. On apercevait comme un dôme au-dessus. Il a pris de la vitesse jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus le voir. »
Après cette expérience, Virginia alla s'allonger sur le canapé dans la pièce de devant; quand Rémé revint, il la trouva en larmes, répétant :
« Dieu ne nous a jamais dit quels autres mondes il avait créés. »
Lorsque Rémé a parlé aux militaires de la base aérienne McChord, ils lui ont dit ne plus accepter de rapports sur les « Bogies, » et ils l'ont renvoyé au J. Allen Hynek Center, où Paul Hynek a enregistré les données, et lui a dit que son père était mort.
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Le vendredi 16 octobre 2020, Paola et moi étions de retour à Socorro, pour rencontrer à nouveau M. Padilla, afin de mieux comprendre le site et de travailler sur les détails de ses observations. Le temps était beau, le ciel d'un bleu parfait à cette altitude, avec un peu de vent régulier, un temps de manches de chemise. José se remettait d'une opération de sa première blessure par balle, celle de Corée. La deuxième nécessiterait une autre intervention chirurgicale, dans plusieurs semaines. Il marchait avec une canne, mais après une période de dépression, son énergie revenait. Il escalada le terrain accidenté devant moi. La dignité de cet homme était exemplaire.
Lorsque Paola lui a posé des questions sur ses projets, il a déclaré qu'à 84 ans, il passait de plus en plus de temps au cimetière, où il venait d’acheter une nouvelle pierre tombale pour Faustino et préparer sa propre place, à côté de ses parents. Il nous a suggéré de visiter le site parce que de là-haut on pouvait voir tout le village, et j'ai conduit notre voiture de location en haut de la colline sur un chemin de terre jusqu'au plateau où les tombes les plus récentes étaient clairement délimitées en blanc fraîchement peint parmi les fleurs sauvages et les buissons trapus et bas qui poussaient librement. En effet, à partir de cet endroit, la vue, à l’infini sur la vallée, était magnifique, le silence et le vol occasionnel d'un oiseau de proie très haut au-dessus de nous formant un rappel adéquat : le souvenir saisissant de la blessure terrible de la bombe planait là, produit d'une époque de passion mondiale et de traumatisme collectif au nom de la science que seule l'histoire future serait en mesure de résoudre ; et d’absoudre ?
Ce qui nous avait amenés à cet endroit, était la preuve de l'écrasement d'un vaisseau extraordinaire avec des passagers étranges, et de la récupération bien observée, pendant toute une semaine, des indices du cas par l'armée des États-Unis ; dont certains étaient sous notre garde, grâce à un couple de gamins irrévérencieux.
Preuve de quoi ? Quel drôle de mot, « preuve, » ai-je soudain réalisé. On en parlait avec tant de désinvolture... Nous devions continuer à remplir les blancs de l'histoire, et José était désireux d'aider à la recherche, alors nous avons redescendu la pente pour passer du temps sur le site de l'ancienne maison de Faustino. Nous sommes également allés à la cabane du berger où les étranges créatures avaient fait leur apparition, maintenant juste une ruine pittoresque de murs en pisé et d'arbres tordus. Nous avons vu l'ancienne maison de Rémé, puis il était temps de remonter sur le site de l'accident, cartes en main, pour examiner ce que nous avions manqué lors des précédents voyages.
Il n'y a plus rien là où se dressait la tour Marconi; un visiteur occasionnel n'en trouve pas trace. Mais son souvenir est ravivé quand José décrit son escalade : il vérifia les poutres métalliques tordues à l’endroit où l'engin l’avait heurtée. Il nous a fait faire le tour du périmètre et a localisé les zones où les quatre pieds avaient été ancrés. Compte tenu de la distance parcourue, ce devait être une tour massive.
De la hauteur où nous nous tenions, les trois pics de la Trinity se détachaient nettement à l'horizon. Cela lui a rappelé des souvenirs de l'explosion nucléaire. « Ma mère m'a parlé de la grande lumière, et nous avons tous les deux été aveuglés d'un œil en la regardant, » déclara José en regardant vers White Sands. « Elle n'a jamais retrouvé la vue de cet œil. J'ai eu plus de chance qu'elle, j'ai récupéré ma vision, mais quand la gigantesque onde sonore est arrivée, mon tympan droit s'est rompu. Du sang coulait dans mon cou. Quand Faustino a vu ça, il a pensé que j'avais été touché par une balle. »
L'engin venait-il de Trinity, comme le pense José, en raison de l'emplacement du métal plié lorsque l'appareil a rebondi sur la tour et s'est écrasé près du barrage ? Et qu'en est-il de la toile d'araignée argentée déversée par le choc ? Ce matériau était répandu partout dans les buissons, dit-il. Les enfants étaient fascinés, ils l'ont rassemblé dans un grand sac. Tandis que nous nous tenions là, j'ai jeté un coup d'œil vers l'ouest, vu la silhouette de gros animaux sur la crête éloignée, et attiré l'attention de José. C'était la première fois en deux ans que nous y voyions du bétail. Nous avons donc conduit jusqu'au site de l'accident et avons trouvé un groupe d'une douzaine de vaches noires à côté du nouvel étang, et une vache blanche sur l'épaule de laquelle j'ai vu le vague contour d'une marque.
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Sur le chemin du retour à notre motel de Socorro, je me suis naturellement souvenu de l'enquête du Dr. Hynek. J’ai donc demandé à José des indications pour Park Street et j'ai emprunté le chemin de terre que Lonnie Zamora avait suivi jusqu'au site d'atterrissage, en 1964. Je m'attendais à beaucoup de changements dans le paysage, mais tout semblait très proche des descriptions d'écrivains comme Ray Stanford, dont j'ai utilisé une carte très fiable dessinée à la main, et d'Allen lui-même. En fait, les routes étaient devenues pires, rocheuses comme l'enfer, profondément érodées et en partie délavées par de nombreuses saisons de pluie.
José et moi avons grimpé la petite colline au-delà de la nouvelle église Baptiste pour inspecter le terrain. J'avais donc finalement bouclé cette boucle et je savais pouvoir m’appuyer plus fermement sur ce que j'avais écrit.
J'ai dîné avec Paola. Le service à l'intérieur avait été interdit, alors nous nous sommes attablés dans la cour du restaurant et avons parlé de nos vies, des gens que nous connaissions et des jeux compliqués auxquels jouaient les pouvoirs officiels. Je lui ai montré l'œil rouge de Mars qui nous fixait, haut dans le ciel pur du Nouveau-Mexique. La planète était à son approche la plus proche de la Terre depuis de nombreuses années.
Dans le décor classique du Nouveau-Mexique et de cette brasserie Socorro Springs, elle a partagé avec moi les tensions qu'elle ressentait et elle m’a dit pourquoi cette histoire particulière était si importante pour elle. Nous n'avons pas enregistré la conversation, mais elle m'a suffisamment marqué, et elle est encore assez récente, pour que je puisse la reconstituer.
Paola : C'est l'un des événements les plus importants sur lesquels j'ai jamais enquêté. J'ai partagé ce cas avec de nombreux chercheurs, et aucun d'entre eux ne l'a pris au sérieux car ils ne comprenaient ni les aspects techniques, ni le sérieux de ce cas particulier.
Jacques : Parce que les témoins étaient si jeunes ? Ils ne leur faisaient pas confiance ?
Paola : Les enfants ne mentent pas, certainement pas de cette façon, sur un tel événement. Tous les psychologues vous le diront.
Jacques : Ma femme était une spécialiste de la psychologie de l’enfant, souvenez-vous ? Janine me le disait souvent. Elle serait d'accord avec vous.
Paola : Ces enfants n'avaient aucune référence avec laquelle comparer ce qu'ils voyaient. Cela leur a gâché la vie ! Cela les a laissés sans solution, autre que de nous raconter l'histoire aussi précisément que possible pour la sauvegarder, comme nous essayons de le faire. Je chéris le dialogue intéressant que nous avons eu au cours de ces trois années. C'est personnel. Psychologiquement, il est important pour moi de donner un sens à cette étrange réalité.
Jacques : Vous avez déjà traité de cette réalité dans vos livres précédents, cependant.
Paola : Pas tout à fait comme ça; bien qu’en recueillant des témoignages avec des militaires et des membres du personnel du renseignement, j'ai maintenu de nombreuses amitiés. Il ne s'agit jamais seulement de collecter des données. Il s'agit aussi de partager et d’être capable d'empathie avec les témoins sur la nature des phénomènes. Ce qui me déçoit, c'est le manque de collaboration entre les chercheurs, même les plus dévoués.
Jacques : Le domaine s'est fracturé en de nombreuses petites voix discordantes, des canulars aux grandes théories sans rapport avec les cas réels… C'est ce que le public voit. Les fausses histoires sur les chaînes câblées sont tout aussi divertissantes que les vraies, parfois plus. Les gens réagissent avec leurs émotions, pas avec leur cerveau. Et les scientifiques sont les pires !
Paola : Tout est devenu avant tout un média de divertissement. Si nous pouvions tous partager des recherches et travailler ensemble comme vous et moi le faisons actuellement, Jacques, pensez à ce qui pourrait être découvert ! Nous pourrions apporter les idées que nous apprécions le plus, la participation de spécialistes dans un forum ouvert : les métallurgistes, les professionnels de la santé. J'y ai rarement eu accès et ils travaillent rarement ensemble.
Jacques : Ils n'ont jamais pris le temps d'enquêter sur des cas comme celui-ci. C'est complexe.
Paola : Pas vraiment, ce n'est pas complexe. C'est simple et c'est important. Le cas appartient à l'humanité, pas à vous, à moi, au gouvernement ou à quelqu'un chez Google. C'est vrai. C'est arrivé. Mais vous avez besoin d'une combinaison de différentes perspectives et de la capacité de faire rebondir des idées avec d’autres, comme vous et moi l'avons fait. C'est là que réside la complexité, l'intégration.
Jacques : Nous avons vécu cela toute notre vie : ça n’aide pas ?
Paola : Oui, toute ma vie a été de capturer les paroles exactes des témoins, mais cela ne m'a pas amené à tirer de conclusion sur ce mystère. Au lieu de cela, je me suis concentrée sur l'exactitude des faits, même si les perceptions individuelles étaient déformées. Mais ce cas est unique : il m'a déplacée dans un autre domaine, pour essayer de comprendre le sens de la réalité, la raison de cette manifestation et l'impact qu'elle a eu sur la vie de José, Rémé et Sabrina. Ils sont nos témoins, nos experts, nos explorateurs.
Jacques : Mais les écouter…Cela, en soi, donne un aperçu incroyable.
Paola : Je n’en suis pas si sûre. Je n'ai jamais vraiment examiné ce que tout cela pouvait signifier. Peut-être devrais-je faire confiance à ma capacité à donner un sens à tout le mystère, sur la base de ce qu'ils nous disent. Mais il est vrai que cette affaire nous a donné une nouvelle perspective, à la fois parce qu'elle implique des enfants, également l'histoire des Amérindiens, le gouvernement, des scientifiques engagés dans des projets top secret mortels, et une époque où l'humanité est entrée dans une ère dangereuse.
Jacques : Oui, une grande transition : l'âge atomique. Tout le monde le prend pour acquis maintenant. De l’Histoire ancienne.
Paola : Mais ils ont tort ! L'ère atomique est toujours d'actualité. Nous jouons encore à un jeu international d'échecs nucléaires où chaque coup gagnant mène à un « échec et mat » collectif.
Jacques : Peut-être, mais c'est plus complexe que les échecs, à cause de tous les niveaux de secret. Il est évident que les systèmes de renseignement sont dépassés par toutes les failles de leurs systèmes de classification abscons. Le problème des OVNIs l'a clairement montré. Rémé Baca en savait plus sur ce crash que le directeur de la Central Intelligence, cherchant la vérité dans les signaux ambigus de ses propres systèmes.
Paola : J'ai toujours été à l'aise dans l'ambiguïté. Mon objectif n'a jamais été de répondre à toutes les questions du grand public. Plus j'en apprends sur cette réalité, plus j'ai de questions ! Nous avons ça en commun.
Jacques : Ça, et la réalité sous-jacente de ce bel endroit : les couchers de soleil bleu rosé du Nouveau-Mexique et la liberté du haut désert. Un cadre idéal pour une énigme comme un crash d'OVNI !
Paola : Oui, le Nouveau-Mexique a sa propre mystique. Au cours de mes voyages, je suis allée au White Sands Missile Range où le colonel Philip Corso avait travaillé en 1957. Je suis même allée à la tristement célèbre Holloman Air Force Base. Mais chaque fois que je viens à Trinity, Stallion Site, le site de l'explosion de la bombe atomique, comme nous l'avons fait, j'ai la même émotion intense en voyant la déclaration d'Oppenheimer de la Bhagavad Gita sur ce marqueur au bord de la route : « Je suis le Destructeur des Mondes. » Remarquez le pluriel ! Pas seulement ce monde particulier… Tous les mondes… Je ressens un profond respect pour le pouvoir des développements scientifiques mais je redoute leurs implications.
Jacques : En parlant d'implications, nous devons réfléchir à ce que ce livre signifiera. Nous ouvrons une nouvelle enquête à San Antonito mais cela pourrait affecter notre vision et ouvrir une nouvelle prise de conscience publique du vrai problème… ou…
Paola : … Je sais ce que vous allez dire : ça pourrait tout aussi bien devenir le prochain cirque ufologique. C'est de cela qu'il s'agit, n'est-ce pas ?
Jacques : Faisons en sorte que cela ne se transforme pas en cirque, comme Roswell l'a fait, avec tous ces canulars, toute cette exploitation par des groupes, y compris les flagrants mensonges des militaires. Il a été si difficile pour les vrais témoins de faire entendre leur histoire ! Ce cas, avec le témoignage de José et Rémé… ce cas est unique. Vous êtes celle qui a pris la responsabilité de le révéler et de le documenter.
Paola : Tout ce que je sais, c'est qu'il restera avec moi pour le reste de ma vie. C'est probablement l'enquête la plus importante que j'aie jamais faite, peut-être la meilleure contribution que nous puissions apporter. L'ironie est que je suis passionnée par le fait de donner la parole aux témoins, de raconter l'histoire de José, Rémé et Sabrina…
Il faut se souvenir de ce qui s'est passé le 18 août 1945. Mais cela pourrait déclencher les mêmes réactions complexes que Roswell. J'ai rappelé que 1945 était aussi l'année de la naissance de Paola. Elle a commenté l'ironie de commencer sa carrière de chercheur avec le Dr. J. Allen Hynek et de la poursuivre avec moi. « Il y a quelque chose de métaphysique dans tout cela, » a-t-elle ajouté. « À moins que ce ne soit juste un gros jeu de simulation dans le super-ordinateur de quelqu'un dans le ciel, » ai-je dit, « comme le soupçonnent certains de mes collègues en IA. »
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En retournant sur cette colline, le lendemain, j'ai vu que Paola avait acheté des fleurs pour les tombes familiales (pourquoi n'y avais-je pas pensé ?) et nous avons passé du temps à écouter José se remémorer son enfance, les jours où il était officier de police en Californie, l'époque où il a reçu une balle, tous les changements dans sa famille, « de retour ici, » l’endroit dont il était parti.
Le virus Corona, dont la faiblesse relative au cours de l'été avait été trompeuse, remportait une nouvelle bataille en Amérique. L’amertume de la politique électorale était clairement à blâmer, divisant le pays de manière pénible. Mais ce n'était pas tout : les statistiques européennes étaient en fait bien pires, et en hausse. C'était un combat planétaire maintenant.
J'ai pensé à mes enfants et à cette nouvelle période de danger qui s'abattait sur nous. Je me sentais triste et effrayé.
En revoyant les photos récemment prises au cimetière, j'ai réalisé qu'elles racontaient une histoire si intense, de vie et de mort, de siècles passés, d'histoire cachée et redécouverte, que l'expérience m'a secoué. En me promenant dans les environs, j'ai découvert une borne funéraire du 17ème siècle derrière un bouquet de mesquite. Il y avait un autre marqueur isolé, très intéressant, visiblement sculpté par un artisan local, qui combinait un motif aztèque avec une croix chrétienne ; une fois de plus, je me suis retrouvé en admiration devant la majesté de ce paysage. Je commençais à comprendre comment on pouvait ressentir une forte émotion dans un désert ouvert à tous les vents. Le temps s'écoulait différemment. Ce n'était pas comme une image embellie dans un magazine ou quelques photos dans un documentaire vu sur le Web : c'était réel. Il y a des traces de vies vibrantes, il y a longtemps, qui sont étrangement présentes.
Debout à quelques kilomètres du site d'une explosion d'une bombe atomique, vous ne pouviez rien comprendre au présent sans reconstruire, documenter et analyser les minuscules détails du passé le plus profond ; et c'était là un livre ouvert, si seulement on ses donnait la peine de le lire. Même Ground Zéro était enraciné dans de riches couches de souvenirs que les scientifiques n'avaient pas eu le temps, ou pris le temps, de reconnaître.
Le désert n'était pas vide. Les gens sont peut-être décédés, les tribus ont peut-être migré à travers les montagnes jusqu'en Arizona, mais vous pouviez toujours interroger le paysage et obtenir des réponses, si seulement vous accordiez votre esprit à l'échelle des choses et du temps. Cela a déclenché en moi une autre réflexion pratique : certains habitants de la région se souviendraient-ils des objets brillants que José et Rémé avaient extraits des buissons sur le site de l'accident ? Et qu'en est-il de ce drôle de métal que vous ne pouviez pas plier parce qu'il se redressait toujours, mystérieusement ?
M. Padilla était sceptique quant à cette recherche : la « toile d'araignée » avait été largement distribuée à ses voisins de San Antonito, avait-t-il dit, mais plus tard, comme l'a affirmé le monde moderne, les gens ne l'avaient plus utilisée pour la décoration à Noël. Certaines familles ont déménagé, des choses ont été jetées. Certaines maisons avaient brûlé ou avaient été démolies, en hommage à l'époque « moderne. »
Quelqu'un, cependant, pourrait peut-être se souvenir de quelque chose, nous dit José. Il avait une nièce, plus jeune que lui, une fille venant d'une autre branche de la famille. Quand les choses avaient été difficiles, quelques années après la guerre, Faustino Padilla lui avait donné un foyer et l'avait élevée comme sa propre fille. Elle se souviendrait peut-être de toutes les choses brillantes avec lesquelles jouaient les enfants plus âgés. Après tout, personne d'autre dans la région n'avait de super jouets comme ceux-là !
Paola n'a pas raté un seul détail : ses instincts d'investigation ont pris le dessus. De retour chez elle dans le Colorado quelques jours plus tard, elle a décroché son téléphone et trouvé Sabrina.
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Lorsque Sabrina a répondu, la conversation a commencé par la présentation de Paola expliquant pourquoi elle s'intéressait à ces événements que tout le monde avait oubliés depuis longtemps.
Paola : J'ai besoin de votre aide. C'est pourquoi j'appelle...
Sabrina : Oh, d'accord, j'espère pouvoir vous aider.
Paola : Je dois vous demander votre âge, car j'aimerais prendre votre déclaration sur ce que vous avez vu. Alors, je dois vous demander votre âge.
Sabrina : OK, 67 ans. Je suis, … je viens de dire, ces années se passent comme ça, vous savez, mais qu'est-ce qu'on peut faire ? (Rires) Vous savez, nous y arrivons, d'une manière ou d'une autre.
Paola : Et bien vous avez67 ans, alors quand vous étiez à San Antonio, vous aviez quel âge ?
Sabrina : Oh, mon Dieu, quand j'étais là-bas, je suis allée à l'école primaire de San Antonio. C'était près de l'église là-bas - il y avait une église catholique, où nous avons tous fait notre communion. Mais je ne suis pas allé au lycée là-bas. Je suis allé au lycée ici, en Californie.
Paola : OK, et ce dont j'ai besoin, Sabrina, c'est que… j'ai besoin que….que vous vous souveniez si Faustino vous a emmenée sur le terrain, près de l'endroit où tout ça s'est passé.
Sabrina : Oui, j'y suis déjà allée, mais j'étais petite quand j'y suis allée et j'ai vu ça, c'était un spectacle terrible, vous savez. C'était très brûlé et, oui, c'était un spectacle terrible.
Paola : Alors, quel âge pouvez-vous me dire quel âge vous aviez ?
Sabrina (suivant sa propre idée): Je pense que quand j'ai vu ça, quand je suis allée là-bas, ça faisait déjà un certain temps. Ils avaient déjà pris, vous savez, ils avaient tout emporté. Tout était pratiquement déjà parti. Mais ce que je me souviens avoir vu, quand je suis montée là-bas toute seule – parce que vous savez que j'étais en quelque sorte, je n'étais même pas censée… être là-bas. Mais vous connaissez les enfants. Vous savez que je faisais des choses. Quoi qu'il en soit, je suis montée là-bas, mais je ne suis pas allée jusqu'au bout. Je pouvais le voir d'où je me tenais. C'était une bonne marche, car c'est comme un terrain accidenté. Et je pouvais voir que le sol et tout le terrain là-bas était noir, brûlé. Et je me souviens avoir vu un arbre qui était là. Et tout ce qui brûlait là-bas brûlait si intensément qu'il laissait l'arbre… vous pouviez juste voir le squelette de l'arbre … Vous savez ce que j'essaie de dire : quand quelque chose brûle si rapidement, il pourrait même laisser comme un squelette derrière, vous savez, comme si le squelette de l'arbre était toujours là. Cela avait juste l'air étrange, très étrange.
Paola : Mais quand vous avez vu la partie brûlée, avait-elle une forme, ou était-ce juste tout brûlé ?
Sabrina : Tout était brûlé là-bas, c'était une grande zone brûlée. C'était une zone immense.
Paola : OK, et avait-elle une forme particulière, ou était-ce juste brûlé partout ?
Sabrina : Eh bien à cette époque, c'était un grand domaine pour moi, parce que, vous savez, j'étais petite, bien sûr. On aurait dit que c'était plus grand qu'un terrain de football, je dirais.
Paola : OK, c'est vraiment intéressant, parce que la zone aujourd'hui est un cercle, les choses ont repoussé.
Sabrina : Oui, probablement beaucoup de choses ont grandi, mais mon oncle (José), il y a quelque temps, m'a dit que d’autres n'avaient pas vraiment poussé là-bas. Dans cette zone particulière où il y avait des arbres, c'était comme si les choses repoussaient à peine; et vous savez, il y avait ces petites plantes laides. Je les détestais, je m'en souviens. Et il a dit que c'était étrange comme rien ne pousserait là-bas, et puis tout d'un coup quelque chose a commencé à pousser et j'ai dit fais attention parce qu'après tout, tu sais, on ne sait pas ce qu'il y a encore là, tu pourrais avoir une sorte de maladie, ou quelque chose du genre, et c'est un homme âgé…
Paola : Oui, j'ai besoin de savoir quel âge vous aviez, par contre ?
Sabrina : Je pense que j'avais environ huit ans, sept à huit ans, (en 1960 ou 1961) quand je suis montée seule là-bas. Je n'étais pas censée y être. Il m'a fallu beaucoup de temps pour chaque aller et retour parce que vous devez traverser des rochers et beaucoup de terrains accidentés, et j'ai eu peur quand j'ai vu ça, parce que j'avais presque l'impression que j'allais dans une forêt noire, la façon dont elle a été brûlée et tout. Cela m'a juste fait peur et je me suis retournée et je suis rentrée à la maison, mais je me souviens de cette partie-là.
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Cette introduction informelle nous en disait déjà beaucoup : manifestement, Sabrina avait gardé un souvenir vivace de son séjour à San Antonio et de sa vision du site. Ses descriptions si spontanées, et ses réponses si directes, étaient riches d'images suggestives : le manque de croissance, la noirceur, la terre blessée, les « petites plantes laides » qu'elle détestait petite fille. Et quelque chose sur le site lui faisait peur. C'est le sujet qu’a poursuivi Paola:
Paola : Ils vous ont dit ce qui s'était passé ? Comment saviez-vous que vous n'étiez pas censée y aller ?
Sabrina : Eh bien, j'avais l'habitude d'y monter tout le temps parce que j'étais seule comme enfant, là-bas. Il n'y avait personne d'autre, et j'avais l'habitude d'aller là-haut pour voir les vaches et le cheval. Nous avions un cheval là-bas à un moment donné, et j'avais l'habitude d'y monter parce qu'ils avaient, comme une petite colline où... certains membres de ma famille venaient et ils pratiquaient le tir sur cible, le long de notre maison. Et puis ils avaient comme une saison de chasse. Alors, ce qu'ils faisaient, ils partaient à la chasse au cerf…
Paola : Mais comment avez-vous su que vous n’étiez pas censée y aller ? Faustino a-t-il dit : « N'y va pas » ?
Sabrina : Non, je venais flâner là-bas. J'avais erré là-haut plusieurs fois, cette zone qui était brûlée comme ça, et je suis tombé sur ça… ça me faisait peur là où je ne voulais pas continuer, ça avait juste l'air… ça ne me semblait pas bien pour moi, vous savez. Et puis étant une gamine, on a ces sentiments du genre : « Oh non ! »… (Rires)
Paola : …le sentiment que vous n’étiez pas censée y aller ?
Sabrina : C'était juste… J'y suis allée toute seule. Je me suis juste promenée là-bas parce que j'avais l'habitude d'aller au cimetière tout le temps, toute seule.
Paola : Je veux dire, ils n'ont pas dit : « Il y a eu un crash, on ne veut pas que tu sois là »… Ils ne vous ont rien dit ?
Sabrina : Non, ils ne m'ont jamais dit ça, parce qu'à ce moment-là, ils avaient déjà sorti la plupart de ces objets qui s'étaient écrasés, et tout avait disparu, mais ce n'était pas trop loin de l'endroit où ils avaient un cimetière, et j'allais au cimetière. J'avais l'habitude de me promener dans cette zone, où se trouvaient les vaches. Et c'est une petite marche.
À ce point de l’enquête, le témoignage de Sabrina commençait à combler les lacunes que nous avions constatées, concernant l'après-guerre à San Antonio, et tout avait du sens : la végétation en train de mourir, l'aspect effrayant du paysage après le crash, même s'il restait à voir si la zone brûlée était le résultat de cet épisode, ou d'un coup de foudre et d'un incendie sans rapport. Rappelons qu'au chapitre Deux, en passant en revue les témoignages, nous avions noté Rémé disant que le mesquite avait brûlé lorsque l'accident s'était produit. La remarque de Sabrina, de la reprise d’une croissance quelque peu active, par la végétation était intéressante. Comme tout visiteur de cette partie du Nouveau-Mexique peut le constater, nous savions cependant, que les plantes allaient restaient très faibles et que les grands arbres utilisés par l'armée pour camoufler l'engin en 1945 n'allaient jamais repousser.
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L'échange suivant porte sur l’intérêt de Paola concernant des échantillons ou des morceaux de matériaux inhabituels retrouvés dans la région après la récupération de l'engin et le départ des soldats.
Paola : Avez-vous déjà vu du métal, des morceaux, ou quoi que ce soit vous-même ?
Sabrina : Eh bien, j'ai vu les morceaux de métal…quand mon grand-père (Faustino) avait ces étranges petits morceaux ou bandes de métal à un moment donné. Je me souviens que j'étais petite et qu’on riait. Je me souviens que nous étions dans la cuisine en train de rire, parce que c'étaient de petites bandes de métal… elles n'étaient pas très larges et, vous savez, on les pliait et on les écrasait, et le plus étrange : elles s'aplatissaient tout de suite ! Je me fiche de la façon dont vous le pliez– vous savez comment vous pliez un morceau de papier et vous dites : « Oh, j'ai fait une erreur, je vais jeter ça ? » Vous le mettez en boule et vous le jetez à la poubelle. Quoi qu'il en soit, à chaque fois qu’on l’écrasait, qu’on le mettait en boule, il se redressait comme si de rien n'était ! C'était étrange…. Je me souviens que j'ai joué avec jusqu'à ce que je sois fatiguée et mon grand-père, je ne sais pas ce qu'il en a fait. Vous savez, il l'a peut-être jeté en pensant : « Qu'est-ce qu'on pourrait bien faire de ça ? »
Paola : Alors, votre grand-père Faustino l'avait. Où l'a-t-il gardé ?
Sabrina : Je ne sais pas. Je sais juste qu'il l'avait à ce moment-là, et j'ai eu l’opportunité de le toucher et je sais que je l'ai vu. J'ai juste pensé que c'était comme une blague, presque : vous savez, vous prenez cette chose et elle ne reste pas comme vous la laissez : elle se redresse.
Paola : Vous aviez quel âge quand vous jouiez avec ce truc ?
Sabrina : Oh, peut-être environ, peut-être environ sept ou huit ans.
Paola : Quand êtes-vous née ? Quand est votre anniversaire?
Sabrina : 27 mars 1953.
Paola : Donc, votre grand-père a eu ça pendant au moins, oh mon Dieu, sept ans, il a eu cette chose…
Sabrina : Eh bien, je ne sais pas combien de temps il l'a eu. Je viens de le voir (Note : cet objet) et euh... vous savez à ce moment-là, je me suis juste dit, à moi-même, « Comment pourrait-on utiliser quelque chose comme ça, même pour le garder ? » Vous savez, par exemple, lorsque vous trouvez quelque chose, vous dites : « Dois-je le garder ou le jeter, ou le donner ? » Mais je ne sais pas ce qu'il en est advenu. Je me souviens que nous avions l'habitude de l'appeler « cheveux d'ange, » mais mon oncle l'appelait « toiles d'araignée. »
Paola : Vous vous souvenez des « toiles d'araignées ? »
Sabrina : Oui, j'y ai touché. Je l'ai touché. Et pour vous dire à quoi ça ressemblait, de quelle couleur c'était, c'était comme les vieilles femmes, quand elles ont les cheveux gris, elles mettent cette couleur dedans et c'est comme de la cellophane, violacée.
Paola : Oui, ma grand-mère faisait ça.
Sabrina : Oui, eh bien, ces « cheveux » avaient du violet dedans. Il était violacé, un blond violacé. Et c'était brillant et ça brillait. Et je me souviens avoir joué avec ça plusieurs fois. Ma grand-mère l'avait dans un petit sac, dans un petit sac en plastique, et je ne sais même pas pourquoi elle l'avait, mais de toute façon j'y ai touché plusieurs fois. Mais je n'ai jamais joué longtemps avec. Et je vais vous dire pourquoi : Parce que ça faisait mal. Cela vous coupait les mains.
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Cette observation était sensationnelle. Sabrina, qui ne connaît pas grand-chose à la physique, venait de dire à Paola un fait qui a changé le cours de notre enquête. Non seulement elle décrivait le même étrange « métal de mémoire » qui serait signalé à Roswell deux ans plus tard, mais elle nous parlait de faisceaux de fibres qui brillaient encore sept ans après le crash, visibles dans l’obscurité.
L'une des conclusions possibles (que nous n'avons pas pu vérifier sans obtenir un fragment du matériau) était qu'il était radioactif ; et cela avait des implications sur la nature de l'engin : s'il s'agissait vraiment d'un véhicule extraterrestre venu de loin pourquoi aurait-il été affecté par la bombe atomique ? Y avait-il d'autres hypothèses ? Cela n'avait pas de sens. Vérifier cela était une priorité.
Paola : Savez-vous s'il en reste quelque part ?
Sabrina : Eh bien, j'en doute parce que depuis… nous avions la maison à l'époque, elle a brûlé et d'autres personnes l'ont maintenant. Mais je sais qu'elle le gardait dans un sac en plastique ; et je sais maintenant pourquoi, parce que c'était étrange. Je veux dire, il brillait même dans le noir. Vous savez, je me souviens quand on l'avait dans cette autre chambre. Il faisait toujours noir dans cette chambre-là, et ça brillait là-dedans, je m'en souviens, parce que nous avions à peine l'électricité à l'époque. Nous n'avions pas de plomberie intérieure, et euh, cette pièce en particulier était toujours…
Paola : Vous vous souvenez qu'il était dans un sac en plastique et maintenant vous l'appelez « Cheveux d'ange. » Votre grand-père l'appelait « Spider Webs. » Qu'avez-vous fait avec cette chose ?
Sabrina : Je ne sais pas. Je sais que mon grand-père avait probablement davantage de ces objets dans un sac. Vous savez, quand vous y pensez, quand vous êtes un petit enfant et voyez quelque chose comme ça, et vous pensez que c'est quelque chose que vous ne vouliez pas trop tripoter parce que j'ai, vous savez… quand vous le touchez, cela prend un peu de temps quand vous le touchez, cela vous couperait les mains. C'était comme un tas de petits rasoirs qui vous touchaient, je veux dire vous coupaient, mais en même temps vous ne saigniez pas. C'était très inconfortable, c'était presque comme s'il ne voulait pas que vous le touchiez. Je ne sais pas comment…
Paola : Non, vous l’avez très bien dit, mais José, votre oncle, dit qu'il l'a utilisé pour les décorations de Noël.
Sabrina : Oui, il le donnait aux gens et les gens le mettaient sur des arbres de Noël ou l'accrochaient autour. Parce que je pense qu'ils en avaient tellement… ils en avaient dans un sac de jute ou une sorte de sac qu'ils ont jeté à l'arrière là-bas, parce que, remarquez à l'époque, vous savez que nous l'avons fait. Je ne sais pas, ces choses, à quoi ça servait, à quoi pouvez-vous vous en servir ? Là-bas, nous utilisons généralement des choses plus pratiques pour notre mode de vie, vous savez. Donc, nous avons probablement gardé ça dans la maison là-bas, où nous avions un endroit où nous gardions les choses, vous savez ? Et nous en avions encore des photos quand j'étais petite, où nous vivions là-bas et je pourrais vous dire où il avait l'habitude de garder des choses comme ça. Mais depuis lors, il y a eu un incendie et il y a des gens qui vivent là-bas maintenant.
L'idée que les enfants ramassent les faisceaux de fibres d'un véhicule accidenté ressemblant à un engin spatial, et les donnent à leurs amis et voisins pour décorer des arbres de Noël, est un peu ahurissante. On s'y habitue au bout d'un moment : bien sûr, des enfants feraient ça ! Ils ne rapporteraient pas ces matériaux à Los Alamos; et ils ne les enverraient pas par courrier au Pentagone. Mais la conversation avec Sabrina nous réservait encore des surprises.
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Paola : Je peux venir vous rendre visite un petit moment ? Cela serait-il possible?
Sabrina : Laissez-moi prendre un stylo pour que je n'oublie pas, car je ne suis pas dans mon petit bureau en ce moment.
Paola : Vous souvenez-vous d'autre chose qui était bizarre, à part les cheveux d'ange et le papier d'aluminium ? Quelque chose, dont vous ne saviez pas ce que c'était à l'époque, parce qu'ils n'en ont pas parlé ? Vous vous souvenez de l'armée, venue voir votre grand-père ?
Sabrina : Eh bien, à l'époque j'étais petite et il y avait des gens qui montaient là-bas, et je ne savais pas pourquoi ils venaient. Mais vous savez comment, quand on est gamin, on voit les gens qui vont et viennent… Mais je me souviens de mon grand-père à un moment donné -- je me tenais à côté de lui pendant que ces gens lui parlaient. Il ne parlait pas beaucoup anglais, de toute façon. Ils avaient l'air d'être des policiers ou quelque chose du genre. Ils parlaient d'entrer dans la propriété, et il s'est retourné et il s'est presque mis en colère et il a dit : « Pourquoi ne venez-vous pas par devant, comme tout le monde ? »
Paola : C'est à ce moment-là que vous vous souvenez d’avoir vu des policiers, des militaires ?
Sabrina : Oui, ils venaient et c'était comme s'ils lui disaient de ne parler à personne, vous savez, comme si on avait fait quelque chose de mal. Et je me souviens d’avoir demandé à ma grand-mère, « Avons-nous fait quelque chose de mal ? » et elle ne voulait rien me dire, elle a juste… vous savez, les enfants restent à leur place ! (Rire)
Paola : Oui, donc vous avez le sentiment, quand vous étiez enfant, que quelqu'un avait fait quelque chose de mal.
Sabrina : Oui, comme si quelque chose n'allait pas. Pourquoi la police est-elle venue? Comme si quelque chose devait arriver ? Nous ne savons pas quoi ; ils sont venus dans un gros camion.
Paola : Quel genre de camion ? Un camion militaire ou ordinaire ?
Sabrina : Ça ressemblait à une Jeep ou quelque chose comme ça.
Paola : Une Jeep. OK, donc la seule chose dont vous vous souvenez, c'est que vous pouviez toucher le papier d'aluminium et les cheveux d'ange. Mais quand je viens vous voir, savez-vous si vous vous souvenez d'autre chose ? Parce que vous m’apprenez beaucoup quand vous me dites que votre grand-père était en colère.
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Comme Paola venait de le noter, notre troisième témoin recoupait tout ce que nous avions entendu ou soupçonné à partir des témoignages antérieurs de Rémé Baca et de José Padilla, sur la « toile d'araignée » et le métal à mémoire. De toute évidence, il y avait davantage de choses que même José ne l'avait su à l'époque.
Paola pensait que c'était la fin de l'entretien. Mais Sabrina était sur le point d'ajouter un autre souvenir qui amplifia encore l’énigme.
Sabrina : Une autre chose dont je me souviens, c'est que j'avais touché ça, vous savez… mon oncle m'avait donné un morceau de ce métal qu'il avait trouvé à l'époque, et j'ai eu ce petit morceau pendant longtemps, mais mes enfants l’ont perdu par ici. J'avais deux petits-enfants. Ils étaient fascinés par ça et ils l'ont égaré. J'aurais pu vous montrer le petit morceau.
Paola : Oh mon Dieu ! C'est tellement important Sabrina ! C'est important si jamais vous pouviez le trouver!
Sabrina : C'était une pièce qui s'est cassée et elle avait une forme, je dirais une forme de pyramide, mais elle était cassée. Nous l'avons eue ici pendant très longtemps, mais mes enfants ont été fascinés et ils ont commencé à le montrer à leurs amis. Personne n'y a cru, et ils ont fini par perdre ce fichu machin, et je ne sais pas où il se trouve maintenant. J'aurais aimé pouvoir garder ça pour vous le montrer...
Paola : Oui, mais les enfants, les enfants sauraient-ils où c'est ?
Sabrina : Non, on l'a cherché. Je l'ai cherché. Je n'ai commencé à le chercher que lorsque mon oncle a commencé à me parler de tout cela (note : notre enquête) et à ce moment-là, nous ne pouvions plus le trouver. Mais il avait tellement de morceaux avant de déménager là où il est maintenant… il avait tellement de morceaux comme ça, qui traînaient dans la maison, qu'il a trouvés quand ces gens (note : l'équipe de récupération de l'armée) sont venus là-bas, et ils ont jeté -- il les regardait -- et ils jetaient beaucoup de choses au hasard, pour qu'ils n'aient pas à les ramasser, et c'est ainsi qu'il est arrivé, en essayant d'obtenir certaines de ces pièces.
Paola : Qui était-ce ? Votre grand-père ?
Sabrina : Non, mon oncle. Mon oncle Joe. (José Padilla)
Paola : Donc votre oncle Joe avait beaucoup de ces objets.
Sabrina : Oui, il avait beaucoup de ces pièces qui… Vous voyez, quand ils (les soldats) sont venus, et ils nettoyaient et emportaient ces choses qu'ils ne voulaient pas que nous ayons sur la propriété après l'accident... le soir, ils en avaient assez de rester là-bas, alors ils sortaient un moment. Je suppose qu'ils sortaient en ville là-bas, parce que beaucoup de gens aimaient aller se saouler au bar à chouettes : c'était là que tout le monde allait boire. Tout le monde traînait là-bas. Je me souviens que j'aimais aussi y aller à Halloween, parce qu'ils me donnaient un tas de bonbons et d'autres trucs. Je n'aurais pas eu autant de bonbons en passant d'une maison à l'autre et tout ça, parce que les choses étaient si éloignées les unes des autres. Alors, j'aimais y aller. Ils me donnaient des sacs entiers de bonbons, quand c'était Halloween. C'était il y a très longtemps. Certains de ces gars étaient là-bas en train de nettoyer et euh, mon oncle les regardait, et avant qu'ils ne partent pour aller à l’Owl Bar, ils devaient nettoyer, et vous savez… beaucoup de ces morceaux de métal là-bas, ils les ont juste jetés sur le côté et ont mis de la terre dessus. Ils essayaient de faire un travail de nettoyage, mais ils ne pouvaient pas le faire rapidement. Cela leur a pris du temps. Il est allé là-bas plusieurs fois et a collecté des petits morceaux. J'avais un très bon morceau de ce métal mais, comme je l'ai dit, mes enfants l'ont jeté. J'ai été très déçue. J'aurais aimé pouvoir l'avoir, je vous l'aurais donné.
Paola : Non, je sais…c'est tout simplement incroyable que vous vous souveniez de tout cela, c'est très important : nous avons besoin de confirmer ce qu’a dit Oncle Joe, alors vous nous aidez vraiment.
Sabrina : Oui, eh bien je veux vous dire ça. Si quelqu'un tombe sur ces cheveux d'ange, faites attention ! Ce n'est pas bon à toucher pour les enfants, parce que j'étais une enfant et que je touchais ça. Ce truc, vous savez, ça vous coupe les mains. Ce n'est pas sûr de le toucher.
Paola : Alors, ce que vous dites, c'est que c'est irritant ? Ça ne vous fait pas saigner, mais ça vous brûle presque les mains ?
Sabrina : Et je suggère, si quelqu'un trouve ça et ne sait probablement pas ce que c'est, de ne pas y toucher. Laissez-le tranquille ! Ne faites pas ça !
Paola : Quand vous dites « ça coupe les mains, » vous voulez dire que ça les irrite ? Parce qu'il n'y avait pas de sang quand il est entré dans vos mains, non ?
Sabrina : Il n’y avait pas de sang, mais c'était, en même temps, un tas d'épingles qui piquaient.
Paola : Des épingles qui vous piquent ; des épingles. D’accord.
Sabrina : Oui, c'était effrayant. Partout, où la main touchait cette chose.
Paola : OK, Sabrina, merci beaucoup de m'avoir parlé. Je vous suis vraiment reconnaissante.
Sabrina : Je me souviens qu'ils avaient une autre bombe qu'ils ont envoyée, oh mon Dieu, c'était terrible. Je ne pense pas qu'ils aient documenté celle-là, mais je me souviens de cette bombe. Quand c'est sorti, c'était aussi rapide que c'est arrivé, c'était gros, et c'était le soir.
Paola : J'aimerais avoir les dates. Vous ne vous souvenez plus si c'était Noël, hiver, été…?
Sabrina : Mon Dieu, c'était il y a longtemps. On avait vraiment des hivers froids là-bas aussi, parce qu'on n'avait pas de gaz dans la maison, ou quoi que ce soit… On rentrait notre bois de la forêt, ce n'était pas loin, on allait au fond de la forêt récupérer des morceaux de bois et les ramener pour l'hiver. Je pense que je pourrais même avoir quelques photos de ce bois que nous avions l'habitude de collectionner... Tant de temps a passé et je veux juste vous dire Miss Paola, que j'apprécie les gens comme vous qui, vous savez, prennent le temps, … avec des gens comme nous. C'est quelque chose qui s'est passé et beaucoup de gens ne nous croient pas vous savez, et ça va rester dans ma vie. J'en parle tout le temps à mes enfants parce que je veux qu'ils sachent que c'est quelque chose qui s'est vraiment produit. Je ne l'oublierai jamais. Je ne pense pas que quelque chose comme ça ne m’arrivera jamais le reste de ma vie. OK, eh bien, je suis contente qu'il y ait des gens comme vous. Et une dernière chose que j'ai oublié de vous dire, c'est tout ce dont je me souviens à ce stade : ce morceau de métal, vous savez, il restait froid par une journée chaude.
Paola : C'est très important, vous vous souvenez qu'il restait froid par temps chaud ?
Sabrina : Oui, je me souviens, quand je tenais le morceau de métal c'était, comme l'été, au Nouveau-Mexique, il fait chaud là-bas. Quand il fait chaud, il fait chaud ! Quand il fait froid, il neige, et c'est, ooh ! Vous devez porter tous vos vêtements; vous connaissez cela. Mais je me souviens, quand il faisait vraiment chaud, on pouvait mettre ce morceau de métal sur son visage et c’était froid.
Paola : Alors, vous aviez ce matériau…
Sabrina : Oui, j'avais cette pièce, et vous savez, comme je l'ai dit, mes petits-enfants l'ont perdue ici autour de la maison. Je déteste cette perte, parce que c'était une très bonne pièce. C'était comme un petit biscuit, il avait la forme d'une pyramide, comme s'il avait été cassé de quelque chose. C'était presque une blague. Peu m'importe à quel point il est serré : « Je vais plier ce truc vraiment, vraiment serré et ça va rester comme ça... » Et ça s'est retourné tout de suite, comme si ça n'avait jamais été plié. C'était la chose la plus étrange. Je n'ai jamais vu ou rencontré quelque chose comme ça de toute ma vie, depuis lors.
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Notre premier entretien avec Sabrina fut précieux. Il complétait ce que nous avions appris de José et des interviews de Paola avec Rémé des années auparavant. Ils parlaient des cheveux d'ange, dont ils se souvenaient clairement, mais ils pensaient qu'il s'agissait de matériau de remplissage entre les panneaux, ou d'isolant. Cette observation avait du sens pour eux, mais Sabrina donnait des détails la contredisant, conférant un autre niveau de sophistication aux appareils. Et cela couvrait la période suivante où le Nouveau-Mexique, après la guerre et la bombe atomique, émergeait lentement dans l'Amérique moderne.
Ce que Sabrina dit à Paola confirme que les services de sécurité étaient toujours occupés à chercher « quelque chose, » des années après, provoquant la colère de Faustino Padilla lorsqu'ils se sont faufilés par la porte arrière. Ils ne faisaient pas partie de la police, qui n'arriverait pas dans une « grosse Jeep » et n’envahiraient pas avec désinvolture la résidence d’un paisible citoyen.
Un expert consulté à propos de ces observations a été frappé par le rapport de Sabrina, selon lequel la feuille conduisait la chaleur: elle était froide contre son visage par une chaude journée du Nouveau-Mexique, suggérant que le matériau contrôlait le flux de chaleur sur toute sa surface. L'impression d'épingles et d'aiguilles sur ses mains nécessitait également une explication physique. Une hypothèse est que les « cheveux d'ange » consistaient en une sorte de nanofibres qui se sont cassées lors de la manipulation et ont perforé sa peau à une échelle microscopique : « C'est en fait courant chez les personnes travaillant avec de la fibre de verre et de la fibre de carbone, » a-t-il observé. « On dirait que les fibres des cheveux d'ange étaient de très petit diamètre, pas assez grosses pour être vues à l'œil nu »…
Sauf que personne ne fabriquait ce genre de fibre, en 1945 !
Lorsque nous avons analysé ce que nous avions appris de Sabrina, nous nous sommes rendu compte qu'il y avait des lacunes dans notre compréhension de ce qu'elle décrivait, des lacunes aussi dans le calendrier et de subtiles contradictions dans ce qu'elle avait décrit. José l’expliqua par le fait qu'il avait quitté le Nouveau-Mexique alors qu'il était encore adolescent, alors que Faustino et Sabrina demeuraient dans la région. Il était temps de la rappeler, d'identifier les faits qui soutenaient la validité du témoignage, et de passer en revue les preuves matérielles dans l'ordre de leur importance.
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CHAPITRE DIX-SEPT
EN BORD DE ROUTE
En 1977, la MacMillan Publishing Company de New York a publié une version anglaise d'une remarquable histoire soviétique écrite par la célèbre équipe d'Arkady et Boris Strugatsky, simplement intitulée Roadside Picnic – Un piquenique au bord de la route. Considérés parmi les meilleurs auteurs de la science-fiction russe, les frères Strugatsky avaient placé leur très simple histoire dans la paisible ville canadienne d'Harmon où un événement extraordinaire s'était produit, laissant de curieux objets disséminés dans la campagne.
Dans son introduction à l'édition américaine, l’écrivain Théodore Sturgeon décrit l’histoire comme « une brève visite d'extraterrestres, » qui laissent derrière eux quelque chose comme des détritus après un pique-nique dans la campagne. On ne rencontre pas d'extraterrestres dans l'histoire : ils sont repartis depuis longtemps, mais leur portée est bien réelle :
La nature de ces rejets, produits d'une technologie totalement étrangère, défie la plupart des logiques terrestres, pour ne rien dire de la science analytique, et leur potentiel est illimité. Déformez ces potentiels en objectifs trop humains, la quête de la connaissance pure pour elle-même, la recherche de nouveaux appareils, de nouvelles techniques, pour atteindre de nouveaux sommets dans le bien-être humain ; la recherche du profit, avec sa compétitivité associée ; et la soif vorace d'armes nouvelles et plus terribles -- et vous avez le cadre de ce court et étonnant roman.
Dans Roadside Picnic nous suivons les rudes expériences de Redrick Schuhart, un jeune assistant de laboratoire dans un institut régional, qui se rend illégalement dans la zone interdite, le « Quartier de la peste » où les extraterrestres ont jadis atterri. C'est un trafiquant, un harceleur, violant souvent la sécurité, récupérant secrètement des gadgets extraordinaires, et les dispositifs dangereux qu’ont rejetés les visiteurs: certains libèrent de l'énergie, certains modifient l'écoulement du temps, d’autres s'attachent aux corps humains et les détruisent, et d’autres encore, comme la Boule Dorée, sont tout simplement au-delà de toute capacité humaine à les caractériser, et de l'imagination humaine pour les étudier, car ils prennent le contrôle de votre misérable esprit et vous engloutissent avant que vous ne puissiez réagir dans un apparent bonheur aussi dangereux qu’éternel.
Dans le cadre de son travail, Redrick emmène parfois d'éminents scientifiques universitaires en tournée officielle. Il s’amuse du visage émerveillé de son visiteur, toujours « calme et clair, » sans la moindre idée des dangers qu'il rencontrerait si Redrick ne le guidait pas avec sa grande expérience des périls qui les entourent:
Ils sont tous comme ça, les têtes d'œufs : le plus important pour eux, c'est de trouver un nom aux choses. Jusqu'à ce qu'il en ai trouvé un, il était trop pathétique à regarder. Mais maintenant qu'il avait une étiquette comme graviconcentré, il pensait qu'il comprenait tout et que la vie était un jeu d'enfant.
En terminant le cycle de nos recherches sur le site de San Antonio, nous n'avions aucune nouvelle théorie sur les graviconcentrés, ni une présentation soignée des dispositifs récupérés pour nous par des harceleurs comme Redrich Schuhart, avec son merveilleux inventaire de Pleins-de-vide, de Lampes de Mort, et de Comme-ci-Comme-ças, sans parler des Gelées de Sorcières. Au lieu de cela, nous avions simplement relevé quatre dispositifs physiques inhabituels associés au crash de San Antonito, un événement réel pour lequel nous avions les descriptions indépendantes d'au moins deux, et parfois trois témoins. Il y avait l’armature, bien sûr, récupérée à l'intérieur même de l'engin où elle était fixée au mur ; il y avait la feuille de mémoire; il y avait les faisceaux de fibres; et enfin des objets métalliques mal définis.
Même si nous n'étions pas d'accord sur sa fonction, nous avons rapidement convenu que l’armature n'était pas inhabituelle dans sa composition. Mes amis pensaient qu'elle faisait peut-être partie de l'équipement d'origine à bord de l'engin, alors que je soutenais quelle aurait pu être apportée par les soldats pour faciliter leur travail de récupération à l'intérieur du véhicule. Les objets métalliques étaient similaires à des échantillons collectés à d'autres endroits (notamment sur le site du crash près de Datil) que nous avions déjà analysés comme de l'aluminium ordinaire, bien que nous n'ayons aucune explication définitive de leur présence sur le site. Il restait la feuille de mémoire et les fibres, dont personne ne savait rendre compte. Maintenant, notre objectif était seulement d'améliorer notre compréhension de certains ou de tous ces appareils.
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La deuxième interview de Paola avec Sabrina a eu lieu en décembre 2020, et elle a commencé de manière inattendue par la désagréable révélation que quelque chose ou quelqu'un interférait avec notre enquête : Sabrina a été surprise de l’appel de Paola, car elle avait reçu un coup de téléphone de « quelqu'un » annonçant que nous ne serions pas au rendez-vous pour enregistrer son témoignage détaillé !
Naturellement, Paola a été quelque peu choquée, et elle demanda : « Combien de temps après mon appel, et que je me sois présentée, avez-vous reçu le message ? Combien de jours diriez-vous ? »
Sabrina : C'était le lendemain.
Paola : Le lendemain ?! D’accord...
Sabrina : C'est pourquoi j'ai cru que l'appel téléphonique venait de quelqu'un avec qui vous étiez affiliée, parce qu'il a dit : « Oh oui, nous la connaissons. Mais elle ne pourra pas venir. Nous allons venir nous occuper de tout. » Et j'ai répondu : « D'accord! » Et c'était fini, là, juste comme ça ! C'était comme, (rires) « Au revoir, salut et au revoir ! Et vous ne la verrez jamais ! » J'ai pensé: « Oh, je suppose qu'elle n’a pas pu voyager, peut-être. » Vous savez, je l'ai cru parce qu'ils ont dit « Paola, » et je ne connais pas beaucoup de gens qui s'appellent Paola, pour être honnête envers Dieu. Je ne connais personne d'autre que vous avec ce nom.
Paola : Bon, dites-moi, de quoi allaient-ils s'occuper ? Ont-ils mentionné quelque chose à propos de cette affaire?
Sabrina : Non, ils ont juste dit : « Oh, nous allons venir là-bas et nous occuper de ça. » Vous savez, parce que vous n’alliez pouvoir venir. Et j'ai dit: « D'accord. » Juste comme ça et c'était la fin de la conversation.
Paola : Honnêtement, vous avez pensé, que j'enverrais quelqu'un sans moi ?
Sabrina : Eh bien, je ne sais pas, parce que nous avions parlé avant, mais j'ai juste pensé : « Eh bien, peut-être qu'elle a été retenue et qu'elle va demander à quelqu'un d'autre de venir me parler. » J'y ai pensé de cette façon, et j'y ai cru pendant une minute. Je suis contente d'avoir mentionné ça, parce que je vois maintenant que ces gens ne sont pas ceux qu’ils prétendaient être.
Paola : Je ne sais pas qui snt ces gens, Sabrina, et Jacques non plus, parce qu'on n’a jamais parlé de vous à personne.
Sabrina : Ouais, c'est étrange. C'est un appel étrange. Mais, en ce moment, tout, beaucoup de choses étranges se produisent à la minute, semble-t-il, mon Dieu !
Paola : OK, donc Sabrina, à quoi ressemblait la voix ?
Sabrina : C'était un gars. Il avait l'air plutôt mature, au téléphone. Il ne m'a pas donné son nom, tout ce qu'il a mentionné était : « Oh, je connais Paola. Elle ne pourra pas venir. » Nous avons raccroché tous les deux et je suis retournée à mes occupations, parce que je pensais que peut-être vous l’aviez poussé à m'appeler, vous n’alliez pas faire le rendez-vous, qu'est-ce que vous voulez… C'était juste après que vous m’ayez appelée, le lendemain, en fait.
Paola : Dites-moi quelque chose. Vous a-t-il donné une date à laquelle il viendrait ?
Sabrina : Non, je n'y ai même pas pensé. J'ai pensé qu'il viendrait à la même date que vous, parce que je n'ai pas donné de date. J’ai mentionné: « Oh, eh bien, elle arrive. » Et il a dit, « Oh, je la connais, elle ne pourra pas venir, on va s'en occuper. » Et j'ai dit: « D'accord. » Mais c'était la fin de la conversation, nous n'avons pas échangé de dates et derrière cela, juste après que vous m'ayez appelée, j'ai pensé que tout allait bien, que vous connaissiez ces personnes. Mais je suis contente maintenant de vous en avoir parlé car je vois que je ne les connais pas et que vous ne les connaissez pas, quelque chose de vraiment étrange.
Maintenant, donc, nous étions confrontés à « quelque chose de vraiment étrange » qui s'est également avéré être illégal, car cela représentait une violation grave de la confidentialité téléphonique de Paola, et un crime. Tandis que certaines organisations en marge de la communauté du Renseignement ont déjà joué à de tels jeux, de nos jours, l'interception des communications privées n'est pas au-dessus du niveau de compétence de nombreux pirates informatiques, et il n'est pas non plus très difficile de se faire passer pour quelqu'un d’autre sur Internet ou par téléphone. Depuis longtemps, il est clair que les droits à la vie privée ont été compromis silencieusement, il y a des décennies, sans grande résistance. Mais, pour nous comme pour le témoin, la coïncidence était suspecte et inquiétante.
Après une dispute à ce sujet, j'ai dit à Paola que le gars n'était probablement qu'un connard de Foggy Bottom (note) qui se prenait pour James Bond, et que je voulais l'ignorer. Cet incident démontrait que « quelqu'un » était très attentif à l'étude en cours, Nous avons décidé que cela ne nous pousserait pas à recourir au cryptage ou à des méthodes hypocrites pour cacher nos horaires de voyage ou nos conversations téléphoniques. Si l'intrus avait l'intention de nous traquer, il trouverait d'autres moyens de contourner des astuces techniques ; et s'il faisait partie du gouvernement, il aurait un accès plus ou moins légal à tous les numéros ou clés de cryptage. Nous ne faisions rien de mal ; la conversation s'est poursuivie comme si de rien n'était, et Paola est revenue sur chaque détail.
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Paola : Eh bien, la principale raison pour laquelle je vous ai appelée est que je voulais juste poser quelques questions supplémentaires. Vous êtes importante pour nous Sabrina, parce que vous avez vu les quatre types de métaux, en plus de José et Faustino. Quand êtes-vous arrivée au Ranch Padilla ? En quelle année?
Sabrina : Oh, c'était en 53.
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Note : Nom humoristique que les Américains donnent au Département d’Etat (Affaires Etrangères) dont le principal bâtiment s’élève sur le site d’un ancien marécage à Washington.
Paola : Vous aviez quel âge quand vous avez commencé à vivre avec votre grand-père Faustino ?
Sabrina : J'avais à peu près deux mois.
Paola : Deux mois en 53, d'accord. Et vous avez commencé à comprendre ces choses à l'âge de six, sept ou huit ans, n'est-ce pas ? Le début des années 60 ?
Sabrina : Je suis allée jusqu'au site du crash et je l'ai vu par moi-même à ce moment-là.
Paola : Eh bien, vous vous rendez compte que c'est presque… c'était arrivé en 45, donc c'était comme quinze ans plus tard. Vous vous en rendez compte ? Quinze ans après le crash !
Sabrina : C'est vrai. C'est exact !
Paola : Et ça avait toujours l'air d’un désastre ?
Sabrina : Ça avait l'air terrible. En fait, j'aurais marché plus loin là-dedans, mais cela m'a juste donné… vous savez comment vous ressentez ce sentiment effrayant, comme « n'y vas pas » ? C'est ce qui m'est arrivé. C'était un grand espace pour moi à l'époque, comme je peux vous le décrire. C'était noir, brûlé, brûlé ! Je ne sais pas si vous venez de Californie, mais nous avons beaucoup d'incendies ici. Et quand quelque chose devient noir brûlé, comme une colline entière qui est brûlée, ça devient vraiment noir… C'est à ça que ça ressemblait. Mais je n'oublierai jamais, j'ai vu un arbre qui était là, et il avait brûlé si vite que le squelette de l'arbre se tenait là, mort.
Paola : Mais le problème est : à quoi le comparez-vous ? Vous souvenez-vous de l’époque où l’arbre était normal ? A quel âge vous souvenez-vous que c'était normal ?
Sabrina : En fait, je n'avais jamais vraiment prêté trop d'attention à l'arbre auparavant, car il y avait beaucoup d'arbustes à cette époque. Juste sauvages, vous savez, des plantes. Ils les appelaient Yerba Buena. Ils poussaient à l'état sauvage et ils poussaient partout. Il y avait beaucoup d'arbustes et de mesquite.
Paola : Sabrina, vous n’allez pas le croire : Ils ont changé le site tellement de fois depuis que j'y suis ! Et vous avez dit que tout était roussi, et puis vous avez vu « une sorte d'échancrure profonde. » Mais l'excuse qu'ils utilisent maintenant, est la construction d’un barrage pour que l'eau ne déborde pas.
Sabrina : Ohhh ! Oh, c'est bizarre. Je ne sais pas ce qu'ils font maintenant. Je suis surprise qu'à ce stade, ils n'aient pas construit des maisons par-dessus.
Paola : Non, ils n'ont pas construit de maisons, mais j'essaie de savoir combien de terre ils ont mis par-dessus ce que vous avez vu. Vous ne l'avez vu qu'une seule fois ?
Sabrina : Je pense que je ne l'ai vu peut-être que deux fois mais, vous savez, c'était il y a très longtemps Paola, pour être honnête avec vous. C'était pareil quand j'y suis retournée. Mais après cela, mon oncle m'a dit qu'il y avait eu une très grosse tempête, comme un raz-de-marée, qui est passé avec beaucoup d'eau. Cela a peut-être changé certaines choses. Il y a peut-être eu beaucoup de terre, parce qu'il y a eu une très grave catastrophe qui a tué beaucoup d'animaux. Pendant longtemps il y a eu une mauvaise odeur là-bas.
Paola : Quand vous regardez, à quelle distance étiez-vous de la tranchée elle-même ?
Sabrina : Je n'étais pas si loin de ça parce que j'avais déjà marché si loin, mais j'ai eu peur, alors je suis rentrée à la maison.
Paola : Mais à quelle distance en étiez-vous ? Y a-t-il un moyen que vous puissiez me montrer ?
Sabrina : Peut-être cinquante mètres, comme je dis, c'était comme de l'autre côté de la rue de ma maison, au sud en face de moi, c'est à peu près la distance à laquelle j'étais… cinquante mètres. C'était juste comme un tas de terre. Comme une petite colline… Je ne sais pas si vous avez déjà vu quelque chose arriver comme une avalanche, quand quelque chose de très dur descend et fait une empreinte et s'enfonce dans le sol, vous savez. Vous devez presque creuser, pour voir ce qui a fait cela. Parfois, les roches font des choses comme ça.
Paola : J'imagine ce que vous dites. Donc, ce n'était pas vraiment une profonde échancrure.
Sabrina : Ouais, parce que vous pouviez voir où quelque chose tombait et avait glissé pour faire cette empreinte, comme ça : ça tombait et ça glissait.
Paola : Mais vous avez aussi vu la partie où ça a glissé ?
Sabrina : Oui. C'était juste un peu, c'était juste étrange, vous savez, parce que tout était brûlé.
Paola : Mais vous avez dit « glissé. » Donc, vous avez dû voir quelque chose qui vous laisse croire que ça a glissé ?
Sabrina : Oui, ça a disparu comme ça, ce « quelque chose, » de la façon dont il est tombé. Il n'est pas tombé juste à cet endroit. Avant de s'arrêter, ça a un peu glissé, vous savez.
Paola : C'est parfait, Sabrina. Je vous remercie parce que… vous me dites ce que Rémé m'a dit, parce que quand il l'a décrit, il a dit qu'il a glissé et a tourné selon une courbe en L sur le sol.
Sabrina : Ouais, alors j'espère que j'ai pu vous aider avec ça.
Paola : Eh bien, ça m’aide, et puis je peux apporter quelques photos avec moi pour vous montrer comment ils ont gâché ça, au fil des ans.
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Cet échange, rapporté ici en détail, était important, car il documentait l'histoire du site du crash entre le moment où les enfants étaient sur place et le moment où Paola a commencé à le décrire, des années avant que je ne sois impliqué. Il a également établi que tout échantillon jeté par hasard par les soldats dans une crevasse du barrage en terre serait désormais inaccessible, sous une dizaine de mètres de terre bien tassée, avec un étang par-dessus. Mais cela a également provoqué les visites ultérieures des militaires, revenus sur le site des années après l'événement principal, pour des raisons que nous ne pouvions pas clairement comprendre. Le témoignage de Sabrina a été précieux pour combler ces lacunes.
Lorsque la conversation a repris, Sabrina, interrogée sur les opérations de l'armée sur le site, a commenté : « en venant là-bas et tout ça, je me souviens quand ils réparaient la clôture de mon oncle … Je ne sais pas pourquoi diable ils continuaient à venir, là où se trouvaient les arroyos. Ils ne passaient pas par devant, comme tout le monde, vous savez. Nous avions cette longue, longue allée pour notre propriété. Ils n'y venaient pas comme tout le monde. Ils voulaient passer par l'arrière de la propriété. Vous savez que nous avons gardé les vaches… »
Paola : Mais c'est qui, « ils » ? Un officier à la fois ou un groupe ?
Sabrina : Eh bien, quand ce militaire est venu là-bas et a fait cette ouverture, c'était comme un grand arroyo là-bas qui passait sous un pont. Ils ont fait en sorte que n'importe qui puisse y conduire. Et je me souviens, comme je l'ai dit, de ce même cousin à moi, il buvait beaucoup et il se saoulait et nous montions dans le camion et il nous emmenait faire un aller-retour. Nous n'étions pas censés y conduire mais nous… (Rires).
Paola : Comment savez-vous qu’on n’était pas censé conduire?
Sabrina : Parce que voyez-vous, ce n’était pas goudronné, c'était juste un chemin de terre. Nous ne l'avons jamais utilisé. C'est quelque chose quant ils sont venus et qu'ils ont fait.
Paola : Est-ce que votre grand-père a confirmé que les militaires avaient fait cette route ?
Sabrina : Eh bien oui, ce sont les seuls qui auraient pu le faire. Personne d'autre ne faisait rien là-bas. Vous voyez, il n'y avait rien d'autre qu'un arroyo qui passait par là.
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Ce sentiment de présence continue des militaires revient dans les témoignages de nos trois témoins. Bien que cela ne soit pas particulièrement préoccupant, cela montre que la zone était surveillée en permanence et que l'accès au site isolé était maintenu. La conversation a également décrit le contexte où Paola a pu passer en revue les informations déjà récoltées sur l'endroit où se trouve notre célèbre « armature » avec sa documentation, et valider ce que nous savions de Rémé Baca et de M. Padilla.
Paola a demandé : Parlons de l’armature. Vous avez dit avoir vu les garçons enterrer ce morceau de « support. » Pouvez-vous me décrire cela? Êtes-vous sortie de chez vous, et les avez-vous vu faire quelque chose ?
Sabrina : Non, ils l'avaient déjà enterré sous la maison. C'était juste à côté de la maison, dans ces pièces, on les appelait Viroca (Note JV : une annexe), de grandes pièces, j'y dormais parfois. Il ne m'a pas dit qu'ils enterraient ça là-dessous. Je savais juste qu'ils avaient enterré quelque chose, parce que j'ai vu la terre où ils avaient été, vous savez, ils ont déterré toute cette terre et l'ont remise, c'était juste à côté d'un vieux baril où nous avions l'habitude de garder du goudron. Vous savez, ce goudron noir ? Nous l'utilisions pour refaire la toiture de la maison. Ce n'était pas loin de là. Je n'ai pas posé trop de questions. Je ne m'en souciais pas trop, de toute façon. Je m'occupais de ma propre petite entreprise de neuf ans… (Rires) J'ai juste pensé, peut-être qu'ils font quelque chose là-bas, parce que, en fait, nous avons fait beaucoup de choses dans cette arrière-salle. Nous avions l'habitude de tirer sur cible. Avant, nous avions une toute petite fenêtre et il y avait comme une montagne juste à côté, un peu à côté de l'endroit où les vaches paissaient. Nous avions une vieille boîte à lait argentée, vous savez comment ils mettaient le lait, presque de la taille d'un baril, et nous tirions dessus tout le temps.
Paola : Vous savez, on est là aujourd'hui. Mais ce que j'essaie de faire, c'est d'avoir toute l'histoire, quand vous ne saviez pas ce que c'était. Quand vous avez dit que les garçons « l'enterraient »… Je n'ai pas parlé à José de ce que vous avez dit, donc cela rend les choses encore meilleures, parce que ni José ni vous ne savez ce qu’a dit l’autre. Vous êtes parfaite pour nous Sabrina, parce que vous ne connaissez pas (ces déclarations). Mais je me demande si vous vous souvenez les avoir vus : les avez-vous réellement vu enterrer les choses, ou savez-vous simplement qu'ils l'ont fait ?
Sabrina : OK, je sais que cette année-là, nous étions allés à la chasse au cerf. Ce fut une très bonne année, car nous avons attrapé deux cerfs, c'était beaucoup de viande pour nous, et cela nous a soutenus pratiquement toute l'année. Nous en avons même apporté une partie en Californie à ma tante et à d'autres membres de la famille, car nous avons mangé du cerf – de la viande de cerf devrais-je dire. Et à ce moment-là, ce que je pourrais vous dire, parce que j'étais une gamine, c'est soit ils l'ont mis (Remarque : le support métallique) sous la maison, soit ils l'ont sorti de sous la maison. L'un de ces deux faits s'est produit. Mon oncle a dû remettre ça à l'époque, toutes ces années ? L’armature est probablement restée là, elle n'a été retirée qu'au moment où j'ai vu qu'ils avaient creusé sous la maison.
Paola : OK, parce qu'il l'a emmenée en Californie, Dieu merci, parce que la maison a brûlé.
Sabrina : Oui, la maison a brûlé. C'était là depuis très longtemps, vous savez. Je me souviens que je n'aimais pas trop y jouer. On avait un gros bidon là-bas, pas un bidon, on disait des « tonneaux, » un tonneau dans lequel on gardait du goudron. Et puis une fois, mon cousin avec qui je vivais dans la maison, il a tué un serpent et l'a jeté là-bas. Et Paola, j'aime pas les serpents, d'accord ?
Paola : (Rires) Moi non plus, moi non plus… Oh mon Dieu !
Sabrina : Je sortirais mon pistolet et je tirerais sur le fils de pute, vous m'entendez ?
Paola : Je peux tout voir, je peux le voir, j'ai peur des serpents. Avez-vous déjà vu la pièce (l’armature) dans votre vie ? Est-ce que José vous a déjà montré la pièce qu'il a prise ?
Sabrina : Oh, bien sûr, je l'ai vue plusieurs fois ! Je l'ai vue, euh, quand il était ici, en Californie, il en a pris des photos, vous savez, il y a très longtemps. C'était en gros le même matériau que le petit morceau de métal, que nous avons malheureusement perdu. Ce que j'ai pu vous décrire, c'était du matériel très léger. C'est léger comme une plume. Et si quelqu'un d'autre mettait la main dessus, il le jetterait probablement, sans réaliser, vous savez, d'où cela vient vraiment.
Paola : Eh bien, ma question - nous allons vous en poser d'autres quand nous vous verrons - est la suivante : je sais ce que votre oncle José a pris, mais pas ce que votre grand-père Faustino a pris. Grâce à vous, je découvre ce problème que votre grand-père a également pris des matériaux. Je ne le savais pas, et votre oncle non plus.
Sabrina : Eh bien, vous savez, mon grand-père avait l'habitude de monter à cheval, et il sortait pas mal. Je l'ai vu sortir au moins, peut-être deux, trois fois, puis au bout d'un moment, il ne pouvait plus le faire car il avait un cancer de l'estomac et ne pouvait plus monter. J'étais la seule à monter à cheval autour de la propriété. Mes autres amis qui vivaient sur la colline, plus haut, les Reeves ; j'étais jalouse d'eux parce qu'un de leurs enfants avait des chevaux, et je pensais, à l'époque, que c'était important d'avoir son propre cheval. Ils avaient un poney et ces deux autres chevaux. J'avais l'habitude d'aller là-bas et parfois de monter leur poney. J'ai arrêté de le monter après le jour où nous rentrions vers chez moi, un serpent l'a effrayé, il m'a fait tomber et je ne l'ai plus jamais monté.
Paola : Oh Seigneur, oui, vous avez dû voir quelques serpents, j'imagine. Eh bien, votre grand-père, pas votre oncle, il a fait beaucoup de choses que votre oncle José ne savait pas, parce que personne ne savait que votre grand-père était retourné là-bas et avait trouvé des matériaux. Et pourtant votre grand-père savait que ce n'était pas un ballon météo. Il le savait !
Sabrina : Bien sûr. Bien sûr. Vous savez, après le départ de mon oncle José, c'était juste nous seuls là-bas. C'était juste nous seuls. C'était juste moi…
Paola : Oui, quand José est parti pour rejoindre l'armée. Il avait une quinzaine d'années. (Remarque : M. Padilla est né en 1936, cela aurait donc été vers 1951 ou 1952)
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L'élément suivant que nous voulions vérifier avec Sabrina était ce que M. Padilla, lors de conversations précédentes, avait appelé « les cheveux d'ange. » D'après ses explications, cela aurait été décrit plus précisément comme des faisceaux de fibres, qui formaient des grappes, par opposition aux cheveux d'ange, qui s'étendraient en mèches individuelles.
Paola : Donc, la deuxième chose que vous avez vue après l’armature, était les cheveux d'anges. Vous avez dit que c'était comme des cheveux humains ; et c'était très soyeux.
Sabrina : Très soyeux, brillant ; la nuit ils brillaient.
Paola : Et de quelle couleur avez-vous dit qu’ils étaient, déjà ?
Sabrina : C'était comme une couleur d'aspect rose violacé. Très léger, mais c'était joli, pour moi.
Paola : C'était sur une bande?
Sabrina : Non, c'était juste un gros morceau. (Note)
Paola : C'était un gros amas? C'était un amas de cette matière…
C'était nouveau. M. Padilla n'avait rien dit de tel. Et la couleur, à la limite de l'ultra-violet, était très intéressante.
Sabrina poursuivit : « Il n'y avait ni commencement ni fin. C'était juste comme un amas de cheveux et c'était si long, c'était comme, euh… Combien de distance dirais-je? Peut-être à peu près, euh, peut-être de la taille d'une règle. Environ 30 centimètres.
Paola : Mais vous en avez vu plus d'un, non ? Plus d'une touffe de cheveux d'ange ?
Sabrina : Oh, absolument. Il y en avait tout un tas. Je l'avais dans un sac en plastique et nous le gardions là-dedans, parce que c’était très irritant. Vous ne pouviez pas trop le supporter. C'était très énervant, vous savez. Même si vous aviez un cheveu, une petite mèche vous mordait. Vous n'aviez pas besoin de tous ces cheveux pour qu’ils vous
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Note : lors d'une conversation ultérieure le 12 février 2021, Sabrina m'a confirmé que le matériau était « très résistant, non attaché, rose, soyeux et lisse. »
attaquent, juste une petite mèche. C'est pourquoi nous ne pouvions pas jouer avec.
Paola : (Rires) Ça vous « attaquerait »… C'était comme de l'électricité, vous voulez dire ?
Sabrina : Oui, oui, c'est comme ça que ça s'est passé. C'est exactement ça. Peu importe la façon dont vous le touchez, vous savez, c'était juste irritant pour la main, ou n’importe quelle partie du corps. Alors, imaginez que quelqu'un se soit mis ça sur la tête, ou quelque chose comme ça, oh mon Dieu !
Paola : Eh bien Sabrina, dites-moi quand même : personne n'a jamais parlé de ça avant. Votre grand-père Faustino n'a pas dit : « Oh, j'ai trouvé ça dehors… » Votre oncle José n’a jamais dit, qu’il a trouvé ça là-bas. Alors, vous venez de voir des trucs étranges, mais vous ne saviez pas à quoi ils se rapportaient, ni d'où ils venaient ?
Sabrina : Oui, je voyais des choses étranges tout le temps ! (rires)
Paola : Parce que votre grand-père est allé sur le site du crash, dès le lendemain en fait. Il est entré dans l'engin. Et je me demande, d'où viennent ces touffes? Est-il allé les retirer de l'intérieur de l'engin ? Où les a-t-il eues ? Et maintenant, vous dites : « Oh, il y est retourné, un an plus tard (note : sur le site) et il a trouvé des trucs par hasard. »
Sabrina : Il avait peut-être ces choses-là tout le temps, parce qu'après l’entrée de mon oncle José, juste après lui : après qu'il lui ait dit, il a probablement dû y aller. Simplement il ne l'a pas cru sur parole. Je suis presque sûr qu'il est allé là-bas et a vérifié lui-même. Faustino est retourné enquêter là-dessus, a trouvé lui-même certaines choses et les a ramenées avec lui. C'est le seul moyen, parce que quand vous êtes un enfant, et que vous prenez quelque chose, vous avez déjà peur parce que vous êtes allé là-bas et vous l’avez pris. La raison pour laquelle je dis que mon grand-père est probablement retourné enquêter est parce que mon oncle José avait déjà enlevé un morceau qu'il a trouvé (Note : l’armature). Vous voyez ce que je veux dire ?
En fait, nous savons maintenant que José n'a jamais dit à Faustino qu'il avait extrait l’armature. Nous savons également que Faustino est entré le premier à l'intérieur de l'engin, avec le policier, laissant les enfants à l'extérieur. Sabrina n'était pas au courant de la séquence réelle.
Paola : Eh bien, la raison pour laquelle c'est intéressant, c’est que vous avez eu accès aux quatre « métaux. »
Sabrina : Oui, c'est fou, il est allé là-bas tout seul, a mis la main sur ce machin et l'a ramené. Parce que nous avons eu un tas, de ça. C'était ces « cheveux » vraiment bizarres, ils en ont rempli un sac de jute entier et l'ont ramené à la maison.
Paola : Vous pensez qu'une fois que José a raconté l'histoire à son père, Faustino est allé en chercher davantage ?
Sabrina : Il est probablement allé là-bas et a trouvé des choses et les a ramenées. Nous n'avions qu'un seul cheval, nous l’avions tous monté, même moi. Et il est allé là-bas et a ramassé cette chose. Mais je me souviens qu’à un moment donné, mon oncle m'a dit que lorsque cette chose s'est écrasée là-bas, cela a fait un trou sur cet engin. Beaucoup de ces débris étaient partout sur le sol, et ils les ramassaient et les mettaient dans un sac de jute. Cela venait de l'intérieur du vaisseau, comme si c'était une partie de l'intérieur.
Paola : Oui, c'est ce qu'on appelle l'« isolation » en fibre. Je me suis toujours demandé si nous pouvions en obtenir de vos voisins.
Sabrina : Eh bien, pour être honnête avec vous, Paola, tous ces gens sont probablement morts maintenant, ça fait tellement d'années ! Beaucoup de leurs familles ne sont même plus là, ou leurs enfants n'ont plus la propriété. Je me souviens qu'on en gardait juste un peu dans un sac en plastique et que je jouais avec tout le temps. Mais je n’y jouais jamais trop longtemps parce que ça mordait. C'était irritant pour les mains. On n'osait pas le mettre sur ta tête.
Paola : (rires) Non, je sais. J'aime votre histoire, parce qu’elle est différente de celle de votre oncle José, mais elle la complète.
Sabrina : Je crois que c’est ce qu’il s'est passé. Quand j'ai parlé à mon oncle, il a dit : « Oh, quand cette chose s'est ouverte, tous ces cheveux ont éclaboussé partout. Nous avons tout ramassé et mis dans un sac de jute.
Paola : Oui, je sais, en fait j’ai emmené Jacques là-bas et il lui a montré où il l'avait eu, et tout. J'ai un film où il s'y promène avec Jacques et lui montre tout. Votre oncle est incroyable.
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Après l’armature et les amas de fibres, il nous restait encore à combler les lacunes de nos connaissances à propos de deux autres objets, à savoir les « feuillets » métalliques et ce qu'on appelait « la pyramide, » deux matériaux dont nous nous sommes efforcés de deviner la fonction. Paola a commencé par les feuillets.
Paola : Vous êtes si bonne Sabrina, la façon dont vous décrivez ces choses. Mais je suis curieuse au sujet des feuillets parce que les militaires semblaient vraiment s'y intéresser, alors votre grand-père les cachait. Les feuillets – où a-t-il mis ça ?
Sabrina : Il cachait pas mal de choses ! (rires) J'ai eu la chance de jouer avec une fois. C'était juste la chose la plus étrange que j'aie jamais vue. Je pensais que c'était une blague.
Paola : Rémé n'en avait qu'un petit carré, comme du papier d'aluminium. Je me demande comment il se fait que Faustino en ait eu de longues bandes. Pensez-vous qu'il est sorti à cheval pour récupérer le reste ?
Sabrina : Oui, il a probablement fait ça parce qu'il sortait beaucoup, et je l'attrapais quand il rentrait à la maison, parce que j’étais toute seule, je n’avais qu’un chien avec qui jouer. Vous savez, nous avions ce chien que m'avait donné mon oncle, et j'ai dit : « Oh, ils sont encore allés là-bas dans les montagnes. » Et je me souviens quand ils sont revenus, le chien et le cheval…
Paola : OK, parce qu'on ne sait pas comment votre grand-père a obtenu ces longues bandes ou feuilles d'aluminium, on ne peut pas l'imaginer. Mais où était-il quand vous avez pu jouer avec ? Il vous les a données ?
Sabrina : Il m'a laissé les tenir et jouer avec pendant un petit moment et puis, vous savez, j'en ai eu assez, comme avec n'importe quoi d'autre. Vous devez vous rappeler que j'étais une enfant, vous savez. Je me souviens que ce n'était pas si gros. Il y avait peut-être trois ou quatre bandes. Cela ressemblait à du papier d'aluminium.
Paola : C'étaient des bandes séparées ?
Sabrina : Oui, c'étaient des bandes séparées.
Paola : Et de quelle largeur ?
Sabrina : Oh, peut-être 3 ou 4 centimètres. Comme la taille d'une règle, vous savez ?
Paola : Oui, c'est bien, c'est bien, la taille d'une règle.
Sabrina : Et la seule chose dont je me souviens à ce sujet, il y avait peut-être trois ou quatre bandes et je ne sais pas ... Paola, je me fiche de ce qu’on faisait à cette feuille - si on la met en boule, comme si on jetait un morceau de papier à la poubelle, vous savez comment on le met en boule ? Ou si on le prend pour le plier… C'était très léger, léger comme une plume. Et si vous le preniez même pour le plier comme, vous savez comment vous faites cet Origami, comment vous pliez les choses?
Paola : Oui…
Sabrina : Je me fiche de la façon dont vous avez plié ce morceau de papier d'aluminium, il se redressait à plat.
Paola : OK, et vous aviez neuf ans, donc on parle de … 1960 ou quelque chose comme ça ?
Sabrina: C'était dans les années 60 parce que je me souviens, Lyndon Johnson était président à l'époque, et moi et ma cousine Geneviève, avec qui j'allais à l'école, nous nous asseyions près du réservoir de butane, à l'école de San Antonio. Ils avaient un gros réservoir de butane là-bas. Pourquoi diable nous permettaient-ils…? Nous avions l'habitude de nous faufiler, d'aller nous asseoir sous ce réservoir et de manger nos sandwichs pour le déjeuner et nous parlions du président Johnson. Elle a dit – souvenez-vous de la conversation entre des enfants de neuf ans, vous savez – « Il est tout le temps malade. Ma mère dit qu'il a un cancer à l'estomac. » Juste des choses comme ça.
En analysant la transcription de cette conversation, nous nous sommes à nouveau émerveillés de la bonne mémoire de Sabrina sur des détails qui sont comme des indicateurs de l'exactitude du témoignage, dans le contexte des éléments que nous avions précédemment rassemblés et recoupés. Nous avons donc continué sur un terrain solide.
Paola : Maintenant, vous aviez cette chose, ou plutôt Faustino avait cette chose depuis 1945. Cela devait être vers 1964 (quand vous l’avez vu). Parce que si (Lyndon) Johnson était président, c'était vers 1964. Alors, je ne comprends pas, ce qu'il a fini par en faire ?
Sabrina : Eh bien, je ne sais pas, je pense qu’il a fini par le donner à un de ses amis. Mais voici l'histoire : ça a fini par nous revenir, en fait, parce que je ne sais pas si c'est documenté, mais nous avons eu une mauvaise tornade là-bas. Je ne sais pas comment nous y avons survécu. C'était vraiment mauvais. Cela a renversé notre moulin à vent sur ce que nous appelions le Viroca. Il l'a cassé comme un cure-dent, par le bas. Et il s'est écrasé sur le bâtiment, où nous avons pu le récupérer plus tard et l'enlever. Quoi qu'il en soit, nous avons dû réparer le moulin qui était notre source d'approvisionnement en eau. Nous n'avions pas de… nous avions à peine la plomberie intérieure. Donc de toute façon, on essayait de le réparer, ce qui a pris beaucoup de temps.
Nous avons dû reconstruire le cadre, le plus difficile a été de mettre le gros réservoir par-dessus, puis ils ont découvert qu'il manquait une certaine pièce et que nous ne l'avions pas. Alors, mon oncle a demandé à son ami (Note : Rémé Baca) de l'aider, et il lui a dit : « Est-ce que tu as encore un peu de cette feuille d'aluminium, cette chose que je t'ai donnée une fois ? » Il a dit: « Oui. » Alors, il l'a ramené à la maison et ils l'ont mis sur le moulin à vent. Croyez-le ou pas, il a fait marcher ce moulin à vent pendant plus de 70 ans, jusqu’à ce qu’il soit démonté.
Ici, Paola est intervenue, car Rémé Baca avait affirmé avoir réparé le moulin à vent avec la feuille d'aluminium. Rémé était probablement « l'ami » en question. Bien que l'utilisation du matériau pour résoudre l'accident du moulin ait été vérifiée dans la version de Sabrina, il semble que Rémé ait un peu exagéré son rôle dans la réparation elle-même.
Paola : OK, maintenant je suis vraiment confuse parce que Rémé Baca a dit qu'il avait réparé le moulin à vent avec cette pièce, et il n’en avait qu'un seul morceau. José a aussi vu ce morceau de métal. Je dois lui demander si c'était un carré ou si c'était une longue bande. Qu'est-ce que vous pensez? C'est la longue bande avec laquelle il a réparé le moulin à vent ? Est-ce une longue bande ou était-ce juste un petit morceau carré ?
Sabrina : Je ne sais pas s'il a pu voir ça. Mais je sais que quand mon grand-père les a sorties et m'a laissé jouer avec, c'était de longues bandes. Elles avaient la taille d'une règle. Elles étaient longues et de la largeur de la règle. Et il y avait trois ou quatre bandes, avec lesquelles j'ai joué jusqu'à ce que je sois fatiguée ; alors il les a reprises et les a rangées quelque part, et je ne les ai plus jamais vues.
Paola : Et il n'a jamais rien dit, bien sûr, n'est-ce pas ?
Sabrina : Non, on n’en a pas beaucoup parlé… Je ne sais pas trop ce qu'ils ont fait de toutes les pièces. Ou peut-être qu'ils les ont simplement jetées.
Paola : Vous avez vu plus d’un morceau pourtant, n'est-ce pas ? C'est donc notre troisième type de métal. Les feuillets. Si vous deviez deviner, combien de morceaux de bandes avez-vous vu, sur la table ?
Sabrina : Oh, si je devais deviner, je dirais environ trois. Parce que je jouais avec eux. J'ai joué avec eux jusqu'à ce que je m'en lasse.
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Le quatrième élément à vérifier à partir de l'histoire de Sabrina était la petite pyramide, malheureusement égarée.
Paola : Où avez-vous trouvé le morceau ressemblant à une pyramide, que vous avez mis dans le boîtier du CD, d'où vient-il ? C'est votre quatrième type de métal. Je n'avais jamais compris que dans le boîtier du CD il y avait un bloc de métal, et non un morceau de papier d'aluminium.
Sabrina : Je pense qu'on avait ça à la maison. Mon oncle l'avait dans la maison et il me l'a juste donné.
Paola : Et vous ne vous souvenez pas, cette pyramide que vous avez eu très longtemps, ce qu’elle allait devenir… Comment saviez-vous que c'était spécial ?
Sabrina : Oh, je savais parce que quand j'ai vu la pièce enterrée par mon oncle sous la maison, c’était du même matériau, léger comme une plume. Vous savez, c'était la chose la plus étrange. Ce truc était fort ! Fort, fort, fort ! Et il restait froid, beaucoup de temps.
Paola : Pourquoi dites-vous que c'était « fort » ?
Sabrina : Eh bien, parce que mon oncle m'a dit une fois qu'il avait essayé de le brûler. Il a essayé d'utiliser un chalumeau et rien ne s'est passé. Ça ne fondait pas ou quoi que ce soit (rires), ça restait pareil et ça restait frais.
Un morceau de métal, si vous essayez de lui appliquer de la chaleur ou quoi que ce soit, il devient chaud et vous ne pourrez pas le toucher, ou il vous brûlera !
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Si nous pensions que c'était le dernier des éléments que Paola devait revoir avec Sabrina, nous nous trompions tous les deux car un autre fait est sorti de sa mémoire.
Même s’il n’est peut-être pas directement lié au crash ou à ses conséquences, il complète l'image du Nouveau-Mexique après la Seconde Guerre mondiale, et illustre des faits de la vie quotidienne de l'Amérique rurale, difficiles à imaginer pour nous dans la société d'abondance du XXIe siècle. Un curieux souvenir des pierres étranges avec lesquels jouait la petite fille est survenu alors que Paola s’apprêtait à lui dire au revoir.
Paola : Je voulais juste avoir des éclaircissements parce que vous êtes la seule à avoir expérimenté les quatre matériaux. Vous avez eu les quatre choses dans votre vie. Et qu'en est-il des pierres étranges que vous avez ramassées ?
Sabrina : Je ne pense pas qu’elles viennent du même endroit, car elles n'étaient pas là (note JV : sur le site du crash). Elles étaient au cimetière. Je me souviens quand je les ai ramenées à la maison, parce qu’enfant, j'avais l'habitude d'aller là-bas et de jouer dans le cimetière. C'était un peu morbide… Vous savez, j'étais une enfant solitaire. J'ai ramené les pierres à la maison. Ma grand-mère s'est fâchée... J'aimais ces pierres parce qu'elles brillaient dans la nuit. Je ne sais pas pourquoi elles brillaient ou quoi. J'avais environ dix ou vingt petits cailloux. Je pouvais les porter dans ma main et ils brillaient. Quand je les ai ramenés à la maison, elle a dit : « Pourquoi as-tu fait ça ? » Et je lui ai dit : « Eh bien, j'ai trouvé ces rochers… » Même s'ils venaient du cimetière. Et elle a dit: « Ce soir, les Muertos vont venir te chercher à cause de ces pierres ! »
Paola : Oui, les morts…
Sabrina : Exactement ! Oh! Et vous savez quand vous dites cela à une enfant de huit ans, n'est-ce pas… ? Le lendemain, je me suis levée, j'ai repris les pierres et les ai jetées là-bas. (Rires) Je ne voulais pas qu'« ils » viennent me chercher la nuit pour ce genre de choses. C'était sérieux, parce que c'était comme une profanation ou quelque chose comme ça. Alors, je suis allée rendre les pierres.
Paola : Mais Sabrina, les roches, ça ne brille pas dans le noir, alors c'était quoi ?
Sabrina : Je n'en ai aucune idée, parce que vous devez vous rappeler que j'avais huit ou neuf ans. Elles étaient blanches. Je sais que les pierres étaient blanches. Il y avait un peu d'argent dedans. Comme de petites empreintes d'argent. Mais vous savez, c'est ce qui a attiré mon attention, je les aimais avant tout parce qu'elles brillaient dans la nuit.
En lisant cette transcription, j'ai réfléchi aux dangers auxquels avait été exposée cette enfant. Si ces roches étaient des pierres ordinaires irradiées par l'explosion de 1945, cela signifie que quinze ans plus tard, elles étaient toujours nocives ! La grand-mère de Sabrina lui a peut-être sauvé la vie lorsqu'elle lui a ordonné de les ramener au cimetière.
Paola : Ça ne nous dit pas comment ces pierres sont arrivées dans le cimetière, parce que quelqu'un les a mises là.
Sabrina : C'est une possibilité, ils les ont jetées sur le sol… eh bien, vous savez, nous avions alors beaucoup de ces jeunes soldats. Alors, ils ont probablement dit: « Eh bien, jetons ça là-bas ! » Ils ne penseront pas, à quoi que ce soit à propos d'un cimetière. Ils les ont sans doute jetées là-dedans. Il est possible qu’elles viennent de là, car c'étaient des roches étranges. Ma grand-mère m'a fait tellement peur à propos des pierres que je les ai rendues. (rires) Je les ai renvoyés là-dedans ! Je m'inquiète toujours de ça, de ce tourment, c'est une chose horrible à faire à une enfant. Ça me dérange. J'ai une soixantaine d'années, vous savez, et ça me dérange encore.
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Paola : Permettez-moi de vous poser quelques autres questions. Votre oncle a-t-il déjà parlé de l'événement principal ? Vous en a-t-il parlé, à cet âge-là ?
Sabrina : À ce moment-là, nous savions tous qu'il s'était passé quelque chose sur la propriété. Cela ne me concernait pas tellement, je savais juste que beaucoup de gens entraient et sortaient. Beaucoup de policiers arrivaient, des gens en uniforme. Et je me demandais, qu'avons-nous fait de mal? Pourquoi viennent-ils ? Je ne comprenais toujours pas ce qui se passait et pourquoi ils venaient et vérifiaient tant de choses.
Paola : Vous avez dit « vérifier, » Sabrina. Que signifie vérifier ?
Sabrina : Ils venaient périodiquement voir mon grand-père et ils lui parlaient un moment. C'est comme s'ils venaient le surveiller régulièrement et lui posaient des questions. Parfois ils restaient dix minutes, parfois cinq minutes et partaient. Et ils regardaient autour d’eux. Je ne sais pas ce qu'ils cherchaient. Ils ne sont jamais vraiment entrés dans la maison. Je les voyais dehors.
Paola : Et ils regardaient, tout autour de votre propriété ?
Sabrina : Oui, ils aimaient ça, juste regarder par-dessus leur épaule et, vous savez, quand vous allez chez quelqu'un, certaines personnes ont tendance…, tout ce qui vous saute aux yeux… vous continuez à regarder. Pour une raison quelconque, c'est ce qui se passait, mais ils ne restaient pas très longtemps. C'était comme s'ils devaient s'arrêter et partir, vous savez. Et cela s'est produit plusieurs fois.
Paola : Vous vous souvenez de l'année ?
Sabrina : Je dirais que c'était dans les années soixante.
Paola : Autre chose, très rapidement... Vous souvenez-vous quelle branche de l'armée est venue vous voir ? Vous avez aussi dit « des policiers. » C’était donc probablement la patrouille routière. Ou était-ce l'Armée de l'Air ? Qui étaient les vrais militaires, vous en souvenez-vous ?
Sabrina : Ils regardaient - pour moi, ils étaient comme des policiers, et j'étais juste un peu perplexe à l'époque, parce que vous savez, je n'étais pas vraiment préoccupée par ce qui se passait là-bas, c’était un « accident » pour moi. Mais je m'étais tellement habituée à ce qu'ils viennent… Quand ils ont commencé à venir comme ça, parfois ils ne restaient que cinq ou dix minutes et nous quittaient, comme s'ils vérifiaient quelque chose. Je ne sais pas, c'était presque comme s'ils venaient juste pour contrôler et dire bonjour. Et puis ils parlaient à mon grand-père, bien sûr.
Paola : Mais vous saviez qu'il y avait eu un « accident » qui s'était produit à un certain endroit, vous aviez ce sentiment ?
Sabrina : Bien sûr ! C'était toujours un sentiment étrange. Je me souviens que c’était la partie où… quand je suis allée là-haut, et même après toutes ces années,… cet endroit avait l'air terrible. Je n'ai pas pensé que peut-être quelqu'un était mort là-bas, rien de tel.
Paola : C'est ce que j'allais vous demander. Quelles étaient vos sensations en marchant ?
Sabrina : En fait, Cela me donnait un sentiment effrayant, très étrange. Vous savez : « Je ne devrais pas être là, » et j'avais peur, je ne vais pas vous mentir, j'avais peur...
Paola : ...effrayée parce que vous aviez vu l'armée, ou parce que votre grand-père a dit quelque chose ?
Sabrina : Ah non. J'avais peur de l’aspect de l'endroit… le site du crash. Je n'avais pas aussi peur de l'armée ou de la police. Ce qui m'effrayait, c'était la façon dont cet endroit avait l'air là-bas… la façon dont il… quelque chose n'allait pas, vous savez.

Fig.30 : Février 2021 : Le témoignage de Sabrina
C'était inexplicable, ce n'était pas juste. Vous pouviez simplement voir sur le terrain que quelque chose s'était produit, qui n'était pas là avant, vous savez, parce que je me souviens de l'avoir vu à l’âge de neuf ans quand j'ai vu tout brûlé, et tout. Et quand on y pense vraiment, vous savez mes pauvres grands-parents, ils ne me regardaient pas tout le temps, comme ils auraient dû. J'aurais pu me faire mordre par un serpent à sonnettes, toute seule, vous savez, ce n'était pas un endroit pour se promener, car il y a des serpents là-bas.
Paola : Oh, ne continuez pas à me le rappeler ! Je les vois à chaque fois que j'y vais. Cela m’a demandé beaucoup de courage, j'y vais depuis neuf ans maintenant, et une fois votre oncle José en a tué un juste devant moi. Bon, vous savez Sabrina, c'est tout ce que je vais vous demander.
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Maintenant, faute de pouvoir les récupérer et les amener dans le laboratoire comme nous aurions aimé le faire, nous avions une image aussi complète que possible des matériaux récupérés. Notre seule preuve matérielle était l’armature elle-même : ni les fibres, ni les feuillets, ni la pyramide n'étaient disponibles, et nous avions renoncé à l'idée de récupérer quoi que ce soit sur le site, nouvellement dissimulé sous de grandes quantités de terre, un nouvel étang par-dessus.
En tenant pour la première fois l’armature entre mes mains, j'ai eu l'impression qu'elle avait été installée par les soldats pour aider à la récupération et au nettoyage du véhicule accidenté, peut-être pour fournir une alimentation électrique bricolée.
J’ai consulté un ingénieur expérimenté de la NASA qui avait suivi nos recherches (à Paola et moi) sur le site, et n'était pas d'accord, observant que l’armature faisant partie de la plaque circulaire de couleur cuivre fixée à la paroi du véhicule. Cela signifie que quelle que soit sa fonction, elle relevait de la conception même de l’engin : le fait que les dimensions de l’armature correspondent à celles de la plaque de cuivre signifie qu'elle a été conçue en fonction de ce support. La seule façon d’expliquer cette configuration est que l’armature a été réalisée par ceux qui avaient accès au véhicule. Mais la manière dont le véhicule a été conçu semble largement dépasser les connaissances scientifiques et technologiques de l'époque. Pourquoi ses opérateurs utiliseraient-ils un moulage de 1945 pour une partie essentielle d’un engin aussi futuriste ?
Mon opinion actuelle, jusqu’à preuve du contraire, reste qu'il peut s'agir d'une réparation, sur le terrain, d'une pièce d'origine cassée ou non fonctionnelle. L'analyse chimique a maintenant prouvé que l’armature n'était pas un article de haute technologie mais qu'elle était conforme aux connaissances contemporaines des alliages métalliques.
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Les fibres sont plus intéressantes et constituent une énigme durable, car elles présentent des propriétés lumineuses inhabituelles. Les feuillets sont également importants, les matériaux ayant la propriété de conserver leur forme ne sont apparus dans l'industrie américaine que quelques années plus tard. On peut émettre l’hypothèse que le matériau récupéré des OVNIs peut en fait avoir inspiré, ou accéléré, des projets classifiés, mettant en œuvre ses propriétés, car l'idée de la préservation de la forme faisait partie de l'ingénierie américaine ou allemande dans les années 1950, et peut-être avant. Ce que nous ne parvenons tout simplement pas à comprendre, c'est la propulsion effective de l'engin, pour laquelle nous n'avons pas de données claires. Nous ne comprenons même pas ce qui a causé la collision avec la tour qui a déterminé l'accident.
De l’extrêmement précieux témoignage de Sabrina, que Paola a pris grand soin d'examiner et de vérifier avec elle comme nous venons de le voir, la capacité du matériau à contrôler sa température est la caractéristique la plus intéressante : elle a clairement déclaré (et répété lorsque je l'ai rencontrée) que par temps chaud, le métal n’emmagasinait pas la chaleur mais resterait frais sur la peau, ce que l'enfant a réellement apprécié en jouant innocemment avec...
Cette caractéristique à elle seule peut amener certains chercheurs à conclure que l'objet qui s'est écrasé était de fabrication inhabituelle ; et nous avons vu que les comparaisons avec les propriétés d'autres véhicules, comme celles qui furent si minutieusement analysées par de multiples experts à Socorro et Valensole, renforcent l'hypothèse extraterrestre. Mais que signifie « extraterrestre » dans notre compréhension actuelle et limitée de la structure de notre environnement cosmique ?
La question est revenue dans d'autres épisodes remarquables, inspirant les auteurs d'un récent article scientifique à noter : « Il faut souligner avec force qu’il est extrêmement difficile de prouver que quelque chose est extraterrestre, même si l'on avait un engin en main (Note). On pourrait imaginer que la présence d'une technologie non identifiable, ou incompréhensible, constituerait une preuve potentielle. Cependant, cela n'exclurait pas le fait qu'il ait pu être créé par quelqu'un sur Terre. »
Quand je pense au témoignage de Sabrina, l'image qui me hantera toujours, est celle d'une petite fille solitaire (mais curieuse, et très sensible) montant son cheval vers les restes effrayants et carbonisés du
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Note : Voir « Estimation des caractéristiques de vol des véhicules aériens anormaux non identifiés » par Kevin H. Knuth, Département de physique, SUNY-Albany, avec Peter A. Reali et Robert M. Powell, Scientific Coalition for UAP Studies (SCU) publié dans Entropy 2019, 21(10), 939. <https://doi.org/10.3390/e21100939>
Numéro spécial : 39e atelier international sur les méthodes d'inférence bayésienne et d'entropie maximale en science et en ingénierie, 25 septembre 2019.
site où l'étrange objet s'était écrasé de nombreuses années auparavant, et poursuivant son excursion au cimetière pour ramasser ces pierres qui brillaient dans le noir... quinze ans après que Fermi et Oppenheimer, les « destructeurs des mondes, » aient secrètement déclenché la première bombe atomique.
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CONCLUSION
L'univers ne contient aucune anomalie, et l'apparition d'une anomalie indique que notre compréhension est insuffisante. La science mathématique doit être la servante de la compréhension et non son maître. Les équations, par leur nature même, ne peuvent rien découvrir, elles ne produisent que des relations dérivées des déclarations initiales qui leur étaient inhérentes lorsqu'elles ont été énoncées. La vérité n'est pas cachée, elle est accessible à tous et elle est la même pour tous. Les différences apparentes ne sont dues qu’à une compréhension inadéquate.
Wilbert Smith, expert du gouvernement Canadien
sur les OVNIs, 1961
Une grande partie de l'activité classée comme « OVNI–Enlèvements, » et l'ensemble de cette catégorie - peut très bien ne pas être du tout due à une activité extraterrestre. Je soupçonne que si elle est dûe à l'activité extraterrestre, c'est une fraction plutôt petite. Une plus grande partie est due à une activité humaine, de type terrien et de manière très clandestine.
Capitaine Edgar Mitchell, astronaute d'Apollo-14
Sixième homme sur la Lune
CONCLUSION
L'histoire complète de l'accident du ranch Padilla restera probablement un secret bien gardé pendant un certain temps. Paola et moi en sommes maintenant certains, et alors que nous terminons cette enquête, nous savons pourquoi. Il en va de même pour M. Jose Padilla, qui était sur place.
Le fait que nous ayons pu enregistrer et publier son témoignage, ainsi que celui de M. Remigio Baca, complété par celui de Mme Sabrina Padilla, est le résultat d'une série d'événements fortuits qui commencèrent par une simple recherche généalogique indépendante. Nous détenons un artefact matériel que Mr. Padilla a extrait de l'intérieur de l'engin, facile à expliquer mais chargé de questions sans réponse à long terme ; il n'est pas pertinent pour une éventuelle révélation de la réalité de l'événement lui-même.
Cette réalité peut continuer à être niée ou déformée en toute sécurité pendant longtemps. Les personnes qui espèrent une « divulgation » imminente sur les OVNIs, et font de vaillants efforts pour documenter le phénomène, devraient prendre en compte un fait important : la divulgation ne peut venir que des mêmes organisations qui sont en charge du dossier sur la sécurité lui-même. Or elles ont leur propre agenda et contraintes, ce qui peut être regrettable mais demeure légitime.
Une entité gouvernementale ou ses sous-traitants classifiés peuvent prétendre connaître les réponses et amalgamer les problèmes avec impunité. Ils peuvent même proposer de fausses révélations pour alimenter la soif du public pour ce qui passe pour « vérité, » et l’enthousiasme des médias pour la promouvoir, dans l’intérêt de ce qui peut être perçu comme une exigence supérieure.
Nous sommes en droit de demander : « supérieure, pour qui ? »
D'un point de vue physique, seul un très petit groupe semble avoir une estimation de la réalité : pas les habituelles agences militaires ou de renseignement si souvent accusées de dissimuler « la vérité, » même si chacune d'entre elles garde ses meilleures informations, et cache quelques morceaux de matériel dans le sous-sol, comme José et Rémé l'ont fait avec leur précieux Tesoro. Il n'y a, littéralement, rien à divulguer ni à espérer à ce niveau.
Au sein de la structure du gouvernement, les autorisations de sécurité habituelles ne semblent pas s'appliquer ici, de sorte que le Congrès ne peut pas envoyer les « Federal Marshalls » pour forcer un savant à comparaître devant un comité spécial pour témoigner, ou pour être libéré d’un ancien serment de secret : Quel secret ? Est-ce que quelque chose est écrit quelque part ?
Quand on le dit ainsi, c'est plutôt amusant. Ou, comme « Sir » Arthur Lundahl, fondateur légendaire du Centre d'interprétation photographique de la CIA (APIC) me l'a dit chez lui le 14 septembre 1989, c'est ironique. Nous parlions d’un cas d'OVNI particulièrement sensible où le public, les médias et l'Académie s'étaient laissé conter un énorme mensonge (ou plutôt, une série de contrevérités).
Rien n’a changé depuis. Et la situation est tellement « ironique » que même les chercheurs et podcasteurs modernes les plus optimistes sur les OVNIs refusent d'y toucher.
Toute divulgation sera gérée par les mêmes groupes qui ont gardé le dossier en toute sécurité au cours des 75 dernières années, et ils peuvent le transformer à leur guise, réaffirmant leur contrôle. Ils peuvent aussi le repositionner sous n'importe quelle forme et dans n'importe quel contexte grâce aux multiples déguisements qu'ils peuvent créer à partir de rien, pour envoyer le chercheur dans des impasses. Personne ne peut faire pression sur une telle organisation.
Si vous n'êtes pas autorisé par eux, vous ne pouvez pas les contredire. Si vous l'êtes, vous n'êtes certainement pas sur le point de les contredire.
Mais le labyrinthe logique est encore plus subtil : il n'y a peut-être rien à contredire ou à affirmer, selon la façon dont on pose la question. Tout au plus, certains éléments de technologie peuvent émerger à temps, par les voies légales normales de propriété intellectuelle, des brevets et des secrets commerciaux, les développements économiques étant attribués à des sociétés de haute technologie de premier plan au service du département de la Défense et du programme spatial, comme l’a affirmé le colonel Corso. Nous savons tous qui elles sont.
Pourtant, même ces entreprises peuvent s'abstenir de lancer un plan d'études aussi ardu. Elles peuvent choisir de mettre leurs chercheurs les plus intelligents sur des projets plus pratiques.
Nous utilisons encore ces grosses fusées inefficaces pesant des centaines de tonnes pour envoyer quelques astronautes sur la lune, avec une petite pelle et deux jours de rations déshydratées, comme nous le faisions en 1969, n'est-ce pas? Certes, il y a quelques expériences de physique intelligentes en cours. Certains de mes collègues parmi les investisseurs en capital-risque prétendent savoir où se trouvent ces laboratoires, et j’ai été témoin de plusieurs démonstrations que les chercheurs appellent « proof of concept. » Mais même notre chère Silicon Valley est loin de pouvoir démontrer des produits d’antigravité fiables à une échelle pratique. Elle est encore plus loin des performances enregistrées par des observateurs professionnels comme des pilotes ou du personnel technique lors d'événements OVNIs ; ou constatées par de petits enfants au Nouveau-Mexique, jouant parmi les serpents et les bouses de vache.
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Ce que le Padilla Ranch nous apprend, c'est que le vrai secret n'est pas facilement opérationnel, sagement rangé dans les coffres de la communauté du renseignement ou du Pentagone, attendant simplement qu'un bureaucrate sorte le cachet DECLASSIFIE et le claque triomphalement sur le document sous les applaudissements d'un public appréciateur ; et encore moins à la Maison Blanche, où se trament des accords politiques. S'il existe des preuves d'un tel secret, il est probable qu’elles appartiennent aux gardiens de la connaissance atomique : ce sont eux qui avaient la responsabilité de l'engin de 1945 vu par José et Rémé. Ils peuvent suivre, de manière légale et appropriée, leur propre système parallèle d'autorisations au plus haut niveau : les autorisations nucléaires, par opposition aux autorisations « ordinaires » de sécurité nationales que détiennent des milliers d'employés du gouvernement et de techniciens dans l'industrie.
Ce serait leur bébé, après tout ; livré à leur porte, à moins d'une heure de Stallion Gate, un mois seulement après « leur » bombe. Personne ne voudrait le reconnaître. Personne n’aurait besoin de le reconnaître. Il ne faut même pas fantasmer sur une cabale, ou un gouvernement secret, ou un complot du Vatican, ou une grotte pleine d'Illuminati bavarois vêtus de drôles de robes.
Plus prosaïquement, les Gardiens du Secret (je préfère les appeler simplement « les Dépositaires, » car ils n'ont peut-être pas vraiment compris ce qu'ils sont censés garder) peuvent être une équipe spécialisée qui passe à travers les cloisons légales du développement des technologies classifiées. Un tel groupe d’élite n’aurait besoin d'aucun point d'interaction régulière avec les projets de renseignement en cours, les universitaires pontifiants ou les envoyés du Congrès, car ils seraient autonomes. La seule chose que les élus devraient savoir à leur sujet est le fait qu'on doit les laisser tranquilles, au-delà de la compétence et de la surveillance de la plupart des organes législatifs et judiciaires. Et c'est peut-être la situation depuis 75 ans.
Ce système est illustré par ce que le Dr Louis Hemplemann, le patron de Laura Fermi à Los Alamos, a déclaré en 1945 (et qui n'a été révélé qu'en 1986, notons-le) à propos des effets des radiations persistantes sur le bétail au pâturage et les éleveurs qui s'occupaient des animaux au Nouveau Mexique : il a reconnu que « quelques personnes avaient probablement été surexposées, mais elles ne pouvaient pas le prouver et nous ne pouvions pas le prouver. Nous avons donc supposé que nous nous en étions tirés. » (44)
À son honneur, le Dr Hemplemann a officiellement demandé au département de la Guerre d'enquêter sur la santé des habitants de Bingham, la ville la plus proche au nord de Trinity. Mais selon un article de Health Physics publié en 2010, il semble que la demande n'ait conduit qu'à un interrogatoire non spécifique sous un prétexte quelconque.
« On ne leur a jamais dit, vous voudrez peut-être partir. Vous ne voudrez peut-être pas vendre ce bétail, » a observé Rémé Baca. C’est seulement en 1980 que les éleveurs ont découvert que la véritable raison de ces visites des services secrets de l'armée était de les observer, de documenter les effets humains de la bombe sur eux et leurs enfants, sans les prévenir des conséquences. Pourtant, une grande partie du besoin de secret était périmée, une fois que la bombe avait explosé. Pourquoi était-il si difficile de dire aux éleveurs de ne pas boire l’eau de leurs réservoirs ?
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Y a-t-il des faits qui appuient cette interprétation? Il y en a un certain nombre, à l’évidence. Nous pouvons considérer cinq points de référence réels, à titre d'exemples pratiques.
-A\- Wilbert Smith, le scientifique de haut niveau du gouvernement Canadien, qui avait sans aucun doute le « besoin de connaître » la situation (ses services avaient rassemblé leurs propres preuves tangibles d'incidents d’OVNIs au Canada), a appris que le vrai secret était détenu « plus haut que le Projet Manhattan. »
On lui a laissé entendre qu'il serait politiquement gênant de poser d'autres questions au nom d'Ottawa, et il a été respectueusement mais fermement confronté avec une vérité toute simple.
Répondant lors d’une enquête de 1958 concernant son propre Projet Magnet (45), Wilbert Smith a levé un petit coin du secret : « On sait qu'il existe divers éléments de « hardware » (matériel), mais ils sont rapidement mis en sécurité et ne sont donc pas accessibles au grand public. Des substances telles que des « cheveux d'ange » et de l'étain fondu, etc. ont été observées en train de tomber de ces engins et ont été recueillies et analysées. De fortes perturbations magnétiques ont été observées à proximité de ces engins. En fait, je dirais que beaucoup plus de gens ont plus de preuves à l'appui de la réalité des soucoupes volantes que de la réalité des bombes atomiques. Mais celles-ci portent le sceau de la divulgation officielle, et en posant des questions à votre député, assurez-vous qu’elles correspondent exactement à ce que vous voulez savoir. Si vous demandez : « L'armée de l'air a-t-elle des matériaux venant des soucoupes ? » vous obtiendrez « Non, » et la réponse sera honnête. Le matériel n'est pas entre les mains de l'Air Force. » (46)
Lorsqu'on lui a demandé « Vous dites que vous avez dû rendre (un morceau de matériel), l'avez-vous rendu à l'Air Force, Mr. Smith ? » Il a répondu : « Pas à l'Air Force. Bien plus haut que ça. » Le journaliste a poursuivi : « La Central Intelligence Agency ? » Smith gloussa : « Je suis désolé, messieurs, mais je n’irai pas plus loin. Je peux dire qu'il est passé entre les mains d'un groupe hautement classifié. Vous devrez résoudre ce problème - leur identité -- par vous-mêmes. »
-B\- Il y avait beaucoup plus de données dans l'étude Canadienne et ses implications pour le renseignement américain, mais d'une manière ou d'une autre, elle a été oubliée dans le nuage fallacieux des nouvelles instantanées provenant de podcasts en ligne et d'émissions télévisées à couper le souffle, dont le public raffole à présent.
S'exprimant devant la conférence de l’Illuminating Engineering Society à Ottawa le 11 janvier 1959, Wilbert Smith déclara catégoriquement qu'il avait eu la garde d'un fragment d'un objet volant non identifié, arraché par un chasseur de la marine américaine au-dessus de Washington, DC.
Les chercheurs C.W. Fitch, de Cleveland, et George Popovitch, ont enregistré une conversation de suivi avec Smith, où il a déclaré qu'il avait montré à l'amiral Henry Braid Wilson ce morceau d'une petite « soucoupe volante » tombée près de Washington (DC) en 1952.
Le fragment métallique avait deux fois la taille du pouce d'une main humaine. L'USAF le lui avait confié pour un temps limité. Ce n'était pas le seul fragment qu'il avait examiné, a-t-il ajouté. Il l'a trouvé beaucoup plus dur que « nos » métaux.
Le pilote poursuivait un disque fluorescent. Un morceau s'est détaché et le pilote l'a regardé tomber jusqu'à ce qu'il touche le sol. Il a été récupéré une heure plus tard. Il pesait environ 250 grammes. Il a été coupé avec une scie diamantée pour une étude en laboratoire. Le fragment examiné par Wilbert Smith représentait environ un tiers de la pièce. (47) L'analyse chimique a trouvé de l'oxyde de fer ainsi qu'une agglomération de silicate de magnésium dans une matrice composée de particules mesurant 15 microns. Comme nous l'avons vu ci-dessus, lorsqu'on lui a demandé s'il l'avait rendu à l'US Air Force, Smith a répondu que non, il l'avait rendu à « un niveau beaucoup plus élevé. »
-C\- Lorsque j'ai rencontré « Sir » Arthur Lundahl à son domicile le 14 septembre 1989, à la suite de mon témoignage aux audiences du Congrès organisées par Al Gore sur la gestion informatique des crises, il a pleinement confirmé la déclaration de Wilbert Smith que j'ai citée plus tôt et m'a confié ce qui s'était passé du côté américain (48).
L'incident avait eu lieu en juillet 1952, au plus fort de la fameuse « vague » d'OVNIs qui tournaient au-dessus de la capitale, violant ainsi l'espace aérien restreint de la Maison Blanche et du Capitole.
À l'époque, on a déclaré aux médias que tous ces cas n'étaient que des observations visuelles, et le Dr. Donald Menzel, de l'Observatoire du Harvard College, un astrophysicien de premier plan (et ancien mentor du Dr. Hynek) a trouvé pratique d'« expliquer » les cas devant la presse nationale comme des illusions d'optique, essentiellement des mirages dus à une inversion de température.
La plupart des journalistes aux États-Unis ont alors abandonné leurs enquêtes et accepté la déclaration selon laquelle il n'y avait eu rien de plus qu'une confirmation radar douteuse. Cette croyance tient toujours, même dans les documentaires les plus récents sur le phénomène.
Pourtant, selon Wilbert Smith et Arthur Lundahl, un morceau de métal s'est détaché et a bel et bien été étudié. Et la vraie raison pour laquelle il s'est « détaché » est que le pilote de la Navy en question a tiré sur l’engin après en avoir reçu l'autorisation lorsque le disque volant a pénétré dans la zone la plus protégée des États-Unis, un fait qui a été tenu à l'écart des médias américains hautement malléables, pendant plus d'un demi-siècle. (46)
Pour une confirmation supplémentaire de l'existence d'échantillons authentiques et des résultats analytiques, j'ai recoupé ce que « Sir Arthur » m'avait dit lors de conversations privées avec une troisième autorité, le Dr. Marcel Vogel, célèbre dans les cercles techniques comme l'inventeur du revêtement magnétique des lecteurs de disque chez IBM, aux Advanced Research Labs dans la Silicon Valley, une source incontestable comme les deux précédentes. Il m'a expliqué pourquoi IBM a été très perplexe lorsque le gouvernement a demandé confidentiellement à l'entreprise de faire examiner la pièce dans son laboratoire. Naturellement, rien n'a jamais été publié.
-D\- J'étais dans le bureau du Dr. J. Allen Hynek à la Northwestern University en avril 1965 lorsqu'il est revenu de Washington, où il avait confronté un membre du Congrès de l'époque, Donald Rumsfeld, à propos de son besoin d'informations au plus haut niveau sur ce que le gouvernement savait réellement. Hynek était désemparé et en colère, car il savait que le sujet était sur le point de dégénérer dans les couloirs du Congrès, et qu’il aurait à témoigner sous serment.
« Docteur, vous n'avez PAS le besoin de savoir !, » lui avait dit le futur secrétaire à la Défense en lui montrant la porte de son bureau – et en le jetant aux loups de la communauté universitaire sceptique et aux chahuteurs parmi les médias. Donald Rumsfeld était un représentant américain très connu en l'Illinois, un natif de Chicago et un co-sponsor respecté du Freedom of Information Act. Toutes ces raisons rendaient le rejet particulièrement déroutant et douloureux pour Allen.
-E\- Selon divers rapports, le 16 décembre 2002, le directeur du renseignement des chefs d'état-major interarmées (« J2 »), l'amiral Thomas Ray Wilson, a accepté de rencontrer l'un de mes collègues du groupe de recherche NIDS (49), le physicien Éric Davis (50). Ils ont parlé en toute confiance pendant deux heures, dans une voiture garée derrière le bâtiment EG&G de l'aéroport McCarran de Las Vegas. Là, Wilson aurait expliqué au Dr. Davis comment il avait appris, lors d'une réunion avec le lieutenant-commandant de la Marine Willard Miller et d'autres personnes le 9 avril 1997, qu'il y avait effectivement des organisations « deep black » aux États-Unis, étudiant activement des technologies et des cadavres supposés « extraterrestres. »
Miller et l'astronaute Edgar Mitchell ont fait valoir que ces sociétés de défense « voyous » devraient être placées sous le contrôle du gouvernement légitime.
Cette même question avait été soulevée dans le livre de 1997 The Day after Roswell, par le colonel à la retraite Philip Corso, le premier homme qui avait été en charge de la distribution de la technologie d'origine présumée « extraterrestre » aux sociétés techniques américaines, dont il avait donné en privé les détails à Paola Harris et à moi, lors de réunions séparées.
Les rapports (dont l’existence, en tout ou partie, est remise en question aujourd’hui par l'amiral) indiqueraient qu'il soupçonnait une fraude fédérale de haut niveau, ou du moins un traitement inapproprié de données fédérales classifiées.
Lançant sa propre enquête, l'amiral Wilson aurait demandé en privé l'avis du général H. Marshall Ward et de l'ancien secrétaire à la Défense Bill Perry,
Ceux-ci lui auraient suggéré de « relire les dossiers d’OUSDAT, » le bureau du sous-secrétaire à la Défense pour l'Acquisition et la Technologie. Il l'a fait, selon les notes du Dr. Davis, et cela l'a précipité dans les complexités cachées d'un programme très inhabituel qui avait été mis à part même des programmes d'accès spécial qui sont, par définition, au-delà de la surveillance occasionnelle du Congrès et les forces armées, sauf à travers des procédures très spécifiques et très réglementées.
L'amiral a été contraint de faire face à la découverte qu'une entreprise de premier plan dans le domaine de la défense et du renseignement venait de recevoir un très gros budget pour exécuter un programme qui semblait hors-la-loi et en violation apparente de la Constitution. Et cela avait à voir avec les OVNIs. Oops!
D'après le compte rendu de cette conversation, l'amiral Wilson aurait téléphoné à l'entreprise à trois reprises : à l'avocat général, au directeur de la sécurité et au responsable du programme. Au lieu de présenter des excuses, comme on aurait pu s'y attendre, tous trois se sont indignés devant l'effronterie d'une telle requête du gouvernement, et se sont même montrés « agités et surpris, » selon ce que le Dr. Davis a entendu. Il semble que cela ait été suivi d'une réunion secrète en face à face à l'intérieur d'un SCIF, une suite de bureaux fortement blindés et protégés, où les trois cadres ont dû avouer à l'amiral qu'ils avaient entre 400 et 800 employés sur la liste des salariés selon les périodes, impliqués dans la rétro-ingénierie d'une technologie « non faite par des mains humaines, » et que les progrès étaient d'une lenteur frustrante.
Lorsque Wilson a dit qu'il allait déposer une plainte parce qu'ils géraient un programme en dehors de toutes les structures juridiques de la surveillance opérationnelle et budgétaire du gouvernement américain, ils lui ont froidement répondu: « Faites ce que vous pensez devoir faire. » L'amiral Wilson a essayé, et il a rapidement entendu parler d'une structure très puissante du Congrès appelée le Comité de surveillance des programmes d'accès spécial (SAPOC). La réponse n'était pas celle à laquelle il aurait pu s'attendre.
Selon le Dr. Davis, Wilson a appris que s'il poursuivait son enquête, trois choses allaient lui arriver : il ne serait jamais nommé directeur de la DIA ; il serait mis à la retraite de force, avant terme; et il perdrait une ou deux étoiles.
L'amiral aurait compris le message, et occupé le poste de directeur de la DIA de 1999 à 2002. Après quoi personne n'en aurait plus entendu parler. (D’après Richard Dolan, 51).
Là encore, alors que la situation semble absurdement au-delà de tout ce qu'on nous a appris sur le fonctionnement de notre gouvernement, le fait est que nous ne connaissons pas la vraie nature de ce qui est caché.
L'explication simple de ce qui est arrivé à l'amiral Wilson est que le (ou les) projets sont traités comme « reverse engineering, » hors de la portée d'une agence de renseignement comme celle qu’il dirigeait. Auquel cas le rejet de sa demande était légal.
À ce stade, nous devons continuer à poser des questions au nom de la science et de la démocratie, mais nous ne devons rien présumer de la réponse. Si le secret est, comme l'a déclaré Wilbert Smith, « plus haut que le projet Manhattan, » il peut y avoir des raisons valables pour une procédure d'exception, et tout serait blanc comme neige et conforme à la loi. Personnellement, je me suis réconcilié avec l'idée de ne jamais savoir ce que dissimulent ces entreprises. Mais il y a un prix à payer pour cacher des secrets au peuple, tout comme il y a un danger à les révéler. D'un autre côté, le secret est peut-être que ces équipes hautement classifiées n'ont rien découvert d'utile à partir du matériel qu'elles ont capturé et sécurisé.
Comme le dit un scientifique désabusé dans Roadside Picnic :
Un singe appuie sur un bouton rouge et obtient une banane, il appuie sur un bouton blanc et obtient une orange, mais il ne sait pas comment obtenir des bananes et des oranges sans les boutons. Et il ne comprend pas quelle relation les boutons ont avec le fruit.
Prenez les Comme-ci-comme-ça, par exemple. Nous avons appris à les utiliser. On a même appris les circonstances dans lesquelles ils se multiplient (...) Mais on n'a toujours pas réussi à fabriquer un seul Comme-ci-comme-ça. Nous ne savons pas comment ils fonctionnent, et à en juger par les preuves actuelles, il faudra beaucoup de temps avant d’y parvenir.
Cela me pousse à m’interroger sur ce que l'Union Soviétique avait appris au fil des ans, de ses propres recherches sur les OVNIs ; mais plus important encore, cela m'a fait réévaluer notre approche des questions en jeu, à savoir les curieux événements de San Antonito.
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Ce que Jose Padilla, un enfant de la campagne intelligent et courageux, a vécu à neuf ans pendant une semaine entière sur les terres de sa famille au Nouveau-Mexique, raconte une histoire beaucoup plus simple : il n'a peut-être pas connu les secrets nationaux, mais il se trouvait là pour regarder l'objet s'écraser, ce qui était encore mieux ; il avait avec lui un deuxième témoin très éveillé. Et il n'y avait pas grand-chose que l'armée, le J2 ou même le SAPOC ou le Pape pouvaient faire à ce sujet. Ou même découvrir.
Nos deux courageux jeunes témoins étaient les ouvriers parfaits pour ce travail : ils savaient se cacher et ils n'allaient pas perdre une chance d'observer ce qui se passait alors qu'un détachement médusé de jeunes recrues en treillis de l'armée faisait de son mieux pour récupérer des petits morceaux d'un engin que leurs officiers supérieurs n'avaient jamais vu, ou imaginé. José et Rémé ont été témoins d'une sorte de dialogue inattendu, d'un étrange échange de symboles entre les scientifiques les plus brillants du monde et quelque chose d'autre, sans aucun doute le produit d'un autre esprit. C'est à peu près tout ce que nous pouvons dire.
L'histoire de cette recherche nous apprend que la plupart des symboles de cet échange restent à déchiffrer ; les techniciens sont restés concentrés sur des questions techniques, discutant de concepts courants comme la mécanique quantique ou la relativité, passant ainsi complètement à côté de la principale question.
L'officier Ted Jordan, cet ancien soldat de l'État du Nouveau-Mexique qui a recueilli de manière si approfondie des informations sur les traces à Socorro, l'a bien exprimé lorsqu'un journaliste lui a demandé : « Que pensez-vous que c'était ? »
Il a répondu catégoriquement qu'il n'en avait aucune idée, ajoutant « J’y ai souvent pensé au cours des trente dernières années. (...) Je pense que personne d'autre ne sait ce que c'est. J'ai vu des gens qui -- s'ils ne peuvent pas comprendre quelque chose et vous donner une réponse véridique -- ils vous donneront un nuage de neige; et je pense que c'est ce que c'était; Je pense que les agences impliquées ne le savaient pas. Ils sont censés tout savoir. (...) Et ils veulent protéger les gens contre eux-mêmes, je suppose, en, euh, en ne divulguant aucune information. Mais en même temps, ils n'ont aucune information; ils ne savent pas. »
Ce sont des « nuages de neige » qu'ils nous ont donnés, depuis le « ballon météorologique expérimental » jusqu’au mystérieux « Air Force Pogo Stick » (mon préféré de tous les temps !)
Comme l’Armée de l’Air française avec son « Alouette » à Valensole, qui faisait rire les Gendarmes.
Une explication encore plus imaginative a été glissée dans l'oreille de l'auteure Annie Jacobsen, qui l'a mentionnée dans Area 51, son livre documentaire. (52).
Au cours d'un déjeuner à San Francisco, Mme Jacobsen m'a raconté comment cette histoire avait été rapportée à son éditeur par « des personnes » du ministère de la Défense qui ont déclaré que « tout était vrai à Roswell, » bien que gardé très secret… L’histoire véridique, d’après eux, serait la suivante : « En juillet 1947, les services secrets de l'armée ont fait des efforts pour récupérer les restes du disque volant qui s'est écrasé à Roswell (...) et ils ont trouvé des corps à côté de l'engin. Ce n'étaient pas des extraterrestres. Ce n'étaient pas non plus des aviateurs volontaires. C'étaient des cobayes humains. »
L'histoire se poursuit en « révélant » que ces pauvres enfants difformes trouvés par l'armée ont été gardés à Wright Field jusqu'en 1951, puis envoyés à « un groupe d'élite de cinq ingénieurs EG&G » (53) travaillant sur le site d'essai du Nevada.
Et quelle était la grande vérité derrière les aviateurs déformés, de la taille d'un gamin avec des têtes étonnamment grosses et d'autres difformités ? Il s'agissait simplement d'enfants kidnappés à Auschwitz, qui sont tombés entre les mains du méchant médecin Nazi Mengelé (Le fait qu'il était un méchant médecin Nazi n'est pas en cause ici !... JV) qui ont ensuite été déguisés par lui pour les transformer en aviateurs grotesques pour Staline, au prix d’un accord secret permettant à Mengelé de se réfugier en URSS alors que la défaite totale d'Hitler devenait évidente. Les enfants ont été fournis à Staline, qui (étant lui-même un génie maléfique, bien sûr) a ensuite renié l'accord avec Mengelé, mais il a gardé les faux extraterrestres pour jouer un tour aux États-Unis : il les a projetés au Nouveau-Mexique pour créer une panique en Amérique similaire à ce qui avait suivi l'émission radio de La Guerre des Mondes.
Peu importe le fait bien établi qu'il n'y eut jamais de véritable répercussion après cette émission, la supposée « panique » étant fabriquée par les médias pour promouvoir leur programme, et par les sociologues qui avalèrent le canular et le perpétuent depuis, parce que cela leur semble « scientifique. »
Si vous, gentil lecteur, avez patiemment suivi ce fil tordu, vous avez peut-être remarqué que l'histoire de Mengelé n'a aucun sens, ni historiquement ni biologiquement, et même aucun sens en termes d'observations d'OVNI aux États-Unis. Mengelé fuyait pour sa vie à l'époque, traqué par Israël et toutes les agences de renseignement du monde, et il avait très peu de temps, et aucune facilité, pour mener des expériences biologiquement absurdes pour les beaux yeux de Staline.
Bien que censée expliquer l'événement de Roswell de 1947, l’histoire ne rend même pas compte de tout ce que nous savons sur Roswell, et bien sûr, cela n'a aucune valeur pour le crash de San Antonito beaucoup plus tôt, en 1945.
Si vous croyez à cette parodie, nous avons une sardine géante du port de Marseille que nous pouvons vous vendre. Peut-être que Staline et Mengelé ne connaissaient pas José Padilla et Rémé Baca ? Ils ne connaissaient certainement pas la zone 51 : la base n'existait pas en 1945. Le seul vrai mystère est de savoir pourquoi quelqu'un, dans le monde politique compliqué d'aujourd'hui, trouve politiquement astucieux de continuer à inventer de telles « explications » et de les implanter dans des publications vendues comme des rapports factuels à un public américain sans méfiance.
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Après avoir longuement réfléchi au phénomène sur le terrain, dans les bibliothèques et au laboratoire, Paola et moi ne pouvons qu’être d’accord avec l’officier Jordan qui « pense que personne d’autre ne sait ce que c’est. » Mais le phénomène a une structure d’information à plusieurs niveaux qui pourrait être exploitée. Elle n’a jamais été prise en compte par les scientifiques.
Permettez-moi d'essayer d'utiliser une analogie pour expliquer comment je comprends le fonctionnement de cette structure, parce que la tromperie (ou la clé ultime) est cachée dans l'illusion même de la découverte.
Lorsque vous étiez un adorable bambin, votre mère, en tant qu'autorité ultime dans votre monde, vous a peut-être révélé un grand secret urgent : elle a dit qu'un petit être non humain, un personnage magique, un lapin intelligent, était sorti de son repaire sous terre ; il avait fait un tour avant l'aube avec un panier de friandises sucrées et brillantes et les avait éparpillées dans le jardin. C'était un événement rare, ajouta-t-elle : il le faisait une fois par an, le matin de Pâques, mais seulement si des enfants comme vous avaient été sages. Maintenant il était parti, bien sûr, et vous ne pouviez pas le voir. Vous l'auriez sans doute vu, remarquez, si vous aviez pris la peine de vous lever tôt, mais vous ne l'avez pas fait, jeune paresseux, donc vous avez raté l'occasion de lui demander des détails, et de toute façon ce serait trop exiger d'un personnage aussi important. Mais il ne fait aucun doute qu'il existe vraiment : nous en avons la preuve !
En effet, poursuit votre fidèle maman, il a laissé des « évidences. » Si vous regardez attentivement à travers les buissons du jardin, vous découvrirez peut-être des œufs en chocolat et de nombreuses friandises enrobées de papier argenté.
Comme il s'agit d'une occasion très spéciale, vous êtes autorisé à en manger autant que vous en trouvez. Et le meilleur : cela ne coûte presque rien. L'avenir sera merveilleux.
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Nous avons raconté cette histoire parce que nous pensons que l'attente du public en matière de « divulgation » est un sophisme, tout comme l’étaient nos espoirs d'enfance de voir le lapin magique (heureux, chaleureux, rassurant). Au cours des dernières années, les Gardiens des Secrets ont créé quelques instruments juridiques et sociaux, des outils médiatiques grâce auxquels ils peuvent contrôler les fuites d'informations lorsqu'elles se produisent : le canal le plus pratique pour dissimuler et re-orienter une telle fuite est d'encourager la recherche « publique, » extérieurement dédiée à une véritable étude sur la réalité des OVNIs, mais suffisamment ancrée dans la structure de la bureaucratie gouvernementale moderne pour continuer à protéger les aspects les plus menaçants ou les plus flagrants de toute découverte intempestive. C’était le but du projet Condon, à l’Université du Colorado, en 1968.
L'histoire récente a montré que les révélations trompeuses et même les échecs flagrants des pratiques d'enquête dans les pages des journaux ou dans les communiqués de l'Académie des sciences sont généralement tolérés par le public en l'absence de réfutation courageuse, du moins aux États-Unis où la société reste crédule devant les institutions vénérées.
Dans le cas du phénomène OVNI, cette pratique de désinformation apparemment bénigne, basée sur la réorientation de faits que l'on ne peut plus cacher au public, peut même s’avérer bien intentionnée.
Cependant, l'expérience bien établie dans des domaines antérieurs (l'indignation de MK-ULTRA, les catastrophes de santé publique de la contamination nucléaire, les usines chimiques dangereuses et les zones de stockage militaire, ou même les dissimulations d'erreurs médicales et d'abus pharmacologiques de la part de l'industrie et du gouvernement) a montré que les retards dans la sensibilisation du public ne font qu’attiser la méfiance envers le gouvernement et à la détérioration de l'image des grandes entreprises, tout en minimisant les conséquences immédiates et les suites juridiques douloureuses pour les agresseurs.
Une telle désinformation est injuste, c’est un polluant dans le discours civique et la poursuite de la recherche humaine, et un affront au droit légitime du public de partager la connaissance des représentants du gouvernement, lorsqu'elle peut avoir un impact sur la conduite de la vie. La méfiance qui en résulte nous met tous en danger.
Dans le cas du crash de Trinity, la science elle-même est abusée : les faits fondamentaux sont cachés à l'examen académique et la réalité des études en cours est enterrée dans des budgets « noirs » dont on nie l’existence, même face aux investigations les plus officielles, comme l'amiral Wilson l'a découvert.
Au terme de cette série d'enquêtes, on ne peut que laisser la recherche ouverte. Nous ne savons pas ce qui est arrivé aux trois créatures vues par Jose Padilla ; nous ne comprenons pas ce que faisait un appareil humain ordinaire de faible technologie comme l’armature volée, attachée à ce panneau intérieur ; nous n'avons pas de données pour élaborer des hypothèses sur la propulsion de l'engin. En fait, les scientifiques qui lisent ce livre auraient raison de demander : « Quel genre d'extraterrestres viendrait de l'autre bout de la galaxie, pour se cogner contre un relais radio et s'écraser dans les buissons ? »
A quoi l'on pourrait ajouter : « Quel genre de vaisseau spatial interplanétaire contiendrait un appareil fait d'un alliage industriel commun, bien humain, sans identification de marque, fabriqué avec des dimensions métriques précises (30,00 cm de long sur 9,00 centimètres de haut) et des diamètres métriques pour tous les trous ? Mais peut-être que l'appareil venait d'être installé par les hommes de l'armée qui ont nettoyé l'engin ? Certes, mais où l'ont-ils trouvé ? L'armée américaine n'utilisait pas le système métrique en 1945. On pourrait suggérer que l'engin était un dispositif humain : peut-être que les créatures insectoïdes étaient un produit étrange des expériences médicales extrêmes menées par plusieurs pays (y compris les États-Unis, soit dit en passant) pendant les jours insensés de la Seconde Guerre mondiale, comme on l'avait soufflé à Annie Jacobsen pour Roswell. Mais alors, qu'en est-il des engins « impossibles » et des êtres « impossibles » similaires signalés à Valensole et Socorro, et dans d'autres pays ?
L'explication facile que les ufologues continuent d'avancer -- des visiteurs sur mesure venant de planètes hypothétiques, qui se trouvent être des humanoïdes comme nous et respirent notre air -- a suivi son cours depuis 70 ans. Bien sûr, cela explique tout, car il n'y a pas de limite aux miracles si vous accaparez l'infini pour le mettre de votre côté. Mais ce n'est pas de la science. Au fur et à mesure que des informations précises apparaissent, comme c'est le cas ici, il faut en tenir pleinement compte, et en considérer les contradictions.
Nous possédons quelque chose comme un panier d'œufs de Pâques : des scientifiques plus intelligents que nous sont peut-être en mesure de les hisser au niveau logique suivant. Pourtant, les signes dans le monde de la technologie révèlent l'échec des programmes de rétro-ingénierie menés depuis la récupération de cet « avocat » à San Antonito, un mois après la première bombe atomique.
Aujourd'hui, grâce aux développements spatiaux, nous avons des appareils extrêmement sophistiqués en orbite et aux confins du système solaire, mais les contradictions fondamentales de la physique de 1945 n'ont pas été vraiment résolues, de sorte que la technologie que nous utilisons pour surmonter la gravité repose toujours sur le même concept de propulsion que les fusées inventées par les physiciens chinois il y a 5000 ans. Ce que l’on enseigne dans les cours d'études supérieures en aérospatiale à Stanford et au MIT n'est rien d’autre que l'application de réactions chimiques (plus ou moins) contrôlées pour générer une poussée, avec la seule addition de guidages informatiques et des matériaux modernes.
La question que personne ne semble poser est : « Et si ces dispositifs OVNI avaient été conçus de manière à ne pas pouvoir être rétro-analysés par des personnes ayant le standard humain actuel de connaissances et de développement social ? Et si leur cible était à un autre niveau ? Sur le plan symbolique, sur notre rapport à la vie ? Au niveau psychique, sur notre rapport à l'univers ?
Et s'ils contenaient un avertissement existentiel ?
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Dans un article (54) publié par le Dr. Eric Davis et moi en 2003, intitulé « Incommensurabilité, orthodoxie et physique de la haute étrangeté, modèle à 6 niveaux pour les phénomènes anormaux, » la dernière phrase disait : « pour tester plus complètement l'hypothèse selon laquelle les phénomènes aériens non identifiés sont de nature à la fois physique et psychique, nous avons besoin de bien meilleures investigations, d'une grande amélioration de la qualité des données et d'une analyse plus poussée non seulement de l'objet décrit, mais de l'impact de l'observation sur les témoins et leur environnement social.
Le présent livre tente de répondre à cette question. Et si l'objet était le produit d'une forme de physique de l'information (une science en gestation) plutôt qu'un simple véhicule physique (Note) ? Et si c'était à la fois physique et, à défaut d'un meilleur mot, « psychique » ? Que faisait-il, en déposant d'étranges créatures apparemment télépathiques sur un ancien site traditionnel, un mois jour pour jour après cet événement historique : la première libération de l’atome à grande échelle par l'humanité ?
Était-ce une réponse directe à la découverte des forces nucléaires ? Le début plein d'espoir d'un dialogue ? Un message? Un avertissement ?
A-t-il été habillé de manière à déclencher le genre de réaction qu’un acteur extérieur pourrait produire : une ouverture forcée de nos esprits, la possibilité de mettre de côté notre arrogance - et d'écouter d'autres formes de conscience, afin d’être clairement confrontés aux fragiles paramètres de notre survie ? Ou bien un signal, de la part d’excellents scientifiques quelque part, que cette survie n'est peut-être pas une exigence inflexible pour l'univers ?
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Note : Pour aller plus loin, un brillant informaticien et entrepreneur du MIT, Rizwan Virk, a suggéré que ce que nous ressentons comme un univers physique pourrait n’être qu’une simulation géante créée par des esprits très avancés, pour des raisons qui leur sont propres. Dans son livre The Simulation Hypothesis, il présente un argument cohérent, suggérant que nous, les humains, pourrions être les personnages d’un type de jeu vidéo très avancé. Il se base sur le fait que la technologie moderne rend déjà difficile la distinction absolue entre la réalité physique et les images projetées dans notre conscience.
Pas étonnant que les projets dits de « rétro-ingénierie » des OVNIs aux États-Unis aient été si strictement respectés, à l’extrême limite du cadre de la loi (55).
Peut-être que les scientifiques craignent d'ouvrir l'enveloppe et de lire le vrai message.
Peut-être pensent-ils que cela entraînerait trop loin.
Peut-être ont-ils raison.
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ÉPILOGUE
Nous avons été formés à ne devenir un fardeau pour personne. On nous a appris à ne pas nous plaindre de la douleur, donc nous ne l'avons pas fait. Cependant, nos amis et les membres de notre famille ont commencé à tomber malades, et à mourir. Puis il y avait les nouveau-nés : perte de la vue, excès d'orteils ou de doigts, ou leur absence; cancer du poumon; thyroïde; diabète et problèmes rénaux. Les jeunes et les personnes âgées mouraient.
Rémé Baca, Grandir à Ground Zéro, 2011
« Les départs de Los Alamos ont commencé vers la fin de 1945, » écrivit Laura Fermi dans son beau et courageux livre Atomes en Famille (8). Elle rappelle qu'Enrico et beaucoup d'autres croyaient fermement qu'après quatre années de développement classifié, le pays avait un besoin pressant de former de nouvelles générations de scientifiques atomiques à l'air libre, besoin aussi grand que l'appétit pour des armes plus puissantes.
Une fois la paix revenue, note-t-elle, beaucoup d'entre eux ont préféré retourner à l'enseignement et à la recherche et éviter ainsi les lourdes contraintes du secret. La famille Fermi a emballé ses souvenirs du Nouveau-Mexique, ses poteries, ses photographies et ses bijoux indiens; elle est retournée à Chicago, où elle a aidé à fonder plusieurs instituts de recherche fondamentale.
Le dernier jour où le Dr Oppenheimer travailla à Los Alamos fut le 16 novembre 1945.
Contrairement à une idée reçue, ni Boston, ni la Silicon Valley, n’ont été le berceau de la science américaine au XXe siècle, ce fut le Midwest avec ses racines profondes dans la culture européenne, son accès aux scientifiques ayant fui les satellites soviétiques, et l'Europe traditionnelle avec sa constellation de grandes universités et centres de recherche. (Note)
En mars 1946, Enrico Fermi et quatre autres personnes reçurent la Médaille du Mérite du Congrès pour leur contribution au développement de la bombe atomique. Laura Fermi avait traversé l'émigration et les urgences de guerre, élevant une famille dans une culture inconnue, s'installant pendant quatre ans dans une ville isolée et secrète loin de la société normale, et réapparaissant dans un monde complètement changé où se posaient de nouvelles questions. Femme dynamique et intelligente, elle était consciente de l’intérêt d’observer ces changements historiques et de pouvoir y réfléchir.
Les journaux commençaient à diffuser des informations sur les dévastations d'Hiroshima et ses alentours, les gens ont commencé à se demander s'ils pouvaient vraiment imputer toute la responsabilité morale du nombre important de morts parmi les innocents civils japonais, à l'armée et au gouvernement américain. Le général Eisenhower et Douglas MacArthur avaient exprimé de graves réserves morales au président Truman au sujet de l'utilisation de la bombe, mais les estimations honnêtes des pertes en vies humaines des deux côtés (en fait, trois côtés puisqu'un million de Russes venaient d'envahir la Mandchourie et étaient prêts à dévaster le continent Asiatique sur ordre de Staline) étaient tout aussi terrifiantes.
« Il n’existe pas de réponses unanimes aux problèmes moraux, » rappelle Laura dans son livre. Les réactions qu'elle a observées étaient variées. Certains ont fait valoir qu’un dénouement plus rapide d'une guerre aussi horrible qu’interminable justifiait d'anéantir Hiroshima et Nagasaki. D'autres, écrit-elle, pensaient que le problème était dans la nature même de la guerre, et non dans l'invention de nouvelles armes. D'autres encore, après avoir démontré que la bombe était physiquement réalisable, se sont reproché d’avoir continué sa fabrication.
Enrico n'a rejoint aucun de ces groupes. Il ne pensait pas que l'on puisse jamais arrêter le progrès de la connaissance: elle trouvera toujours un moyen de remonter à la surface, déclara-t-il. Tôt ou tard,
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Note : le premier ordinateur digital américain a été construit à Ames, Iowa. Pas au MIT ou à Stanford.
quelqu'un aurait produit la bombe : elle aurait pu se trouver entre de bien plus mauvaises mains que celles du président Harry Truman.
Dans une lettre à Leo Szilard datée du 2 juillet 1945, le Dr Edward Teller avait écrit : « Les choses sur lesquelles nous travaillons sont si terribles qu'aucune protestation ou manipulation politique ne sauvera nos âmes. »
D'autres membres de l'équipe scientifique de Los Alamos voulaient cacher leur honte et oublier qu'ils aient jamais travaillé sur la bombe. Le pape désapprouvait l'arme, de sorte que les catholiques étaient consternés par sa terrible réalité.
Laura décrit parmi les scientifiques de la mesa un sentiment de culpabilité incontestable, plus ou moins conscient, cependant « sans engendrer de démoralisation, mais l'espoir. » Après Hiroshima, la bombe atomique ne serait plus jamais utilisée, pensaient-ils. L'ère atomique devait forcément signifier une collaboration internationale et le partage des bénéfices d'un véritable âge d'or : « Quel pays refuserait de s'associer à un tel programme ? »
Pleins d'espoir, les scientifiques ont argumenté : « Qui renoncerait à une puissance électrique aussi énorme, ne coûtant que quelques centimes ? »
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En octobre 1945, un groupe de scientifiques de Los Alamos a formé l'Association des scientifiques de Los Alamos. Jointe à d'autres, elle est devenue la Fédération des scientifiques américains et a lancé un appel public pour la création d'une autorité mondiale sur l'énergie atomique. Enrico Fermi n'y a pas adhéré, pensant que l'humanité n'était pas assez mûre pour une gouvernance mondiale, et que le principal problème de la guerre ne résidait de toute façon pas dans les armes, mais dans la lourde responsabilité des nations de les utiliser ou non individuellement, et de risquer d’en subir les conséquences désormais bien connues, rendues très claires, à la vue de tous, à Hiroshima.
Nous avons vu de nombreuses guerres depuis 1945, y compris la Corée, le Vietnam, l’Algérie, l'Afghanistan et de multiples conflits au Moyen-Orient entre Israël et l'Égypte, l'Iran et l'Irak, et récemment les batailles du Printemps Arabe, sans qu'une arme atomique ne soit utilisée. L'Amérique du Sud a été le théâtre de batailles plus limitées, mais non moins sanglantes, comme la guerre des Malouines. L’option nucléaire n'a été utilisée dans aucun de ces conflits, ni par l’Inde contre le Pakistan, ni par la Russie en Tchétchénie. C'est le premier exemple d'une génération d'armes de pointe maîtrisées par les militaires, dans laquelle les détenteurs du pouvoir se sont (jusqu'à présent...) abstenus de déploiement opérationnel dans un conflit.
Lors de la crise cubaine d’octobre 1962, le monde s'est trouvé à quelques minutes d'un échange nucléaire qui, sans la détermination héroïque d'un officier de marine soviétique, le commandant de sous-marins Vasili Archipov, aurait pu rapidement dégénérer en la Troisième Guerre mondiale.
Quelles informations Fermi, Oppenheimer et leurs proches ont-ils eu sur la récupération de notre étonnant « avocado » et de ses occupants encore plus étranges ? La découverte de cet objet extraordinaire a-t-elle joué un rôle dans des discussions secrètes sur le déploiement de futures bombes ? Aucun mot n'a filtré sur cette question. Mais le Japon avait capitulé, la guerre était finie. Les physiciens revenaient à la vie civile. Ils étaient de nouveau, d’ordinaires professeurs de Collège. Ils ne faisaient plus partie des Gardiens des secrets atomiques.
Oppenheimer n'a peut-être pas été informé de ce qu’avait vu Jose Padilla. A White Sands, anticipant les futurs tests de fusées de troisième génération, une nouvelle construction avait déjà commencé. En juillet 1945, Life Magazine avait publié les dessins d'une station spatiale habitée imaginée par les spécialistes allemands de Peenemünde. Un groupe de scientifiques américains était en route vers l'Europe pour évaluer les progrès du développement des fusées de l'Allemagne vaincue et en récupérer l'équipement. Ensuite, les choses sont allées très vite : En septembre 1945, White Sands Proving Grounds a vu le premier vol de lancement et de développement de la fusée Corporal WAC à propulsion liquide de l'armée. Elle est montée à 69 kilomètres.
En octobre 1945, le secrétaire à la Guerre Patterson a approuvé l’idée d’amener les meilleurs scientifiques allemands à White Sands pour travailler sur le développement de missiles dans le cadre du projet Paperclip. En décembre 1945, plus d'une centaine de scientifiques et d'ingénieurs allemands spécialisés dans les fusées sont arrivés à Fort Bliss, au Texas, pour de nouvelles recherches qui ont abouti à une révolution dans l'armement balistique américain et à l'exploration moderne de l'espace : une nouvelle ère avait commencé.
Ce dont José Padilla et Rémé Baca ont été témoins en août 1945 est passé dans l'histoire américaine comme un mystère oublié. Ce qui constituait l'événement du crash de l'OVNI à Trinity : son timing, l'extraordinaire et secrète surprise qu'il a créée, l'intérêt persistant du renseignement militaire américain pour ses moindres détails, le long silence des témoins, et même l'endroit précis où il s'est écrasé et les visions qu'il projetait, tout cela a sombré dans l'inconscient d'un environnement humain obsédé par le progrès et le pouvoir – un environnement distrait et confus devant les nouveaux médias électroniques venus définir la réalité – et la remplacer pour nos contemporains.
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Un de mes amis physiciens, qui travaille actuellement sur des projets impliquant la sécurité nationale, me dit avoir confirmé la déclaration de Wilbert Smith, affirmant que la question des OVNIs était classée très haut, si haut qu'il n'y a aucun moyen que Paola et moi puissions être informés par les spécialistes de la véritable nature du phénomène de San Antonito.
Je suis sûr qu'il a raison, vue l'ampleur générale du problème, mais dans ce cas particulier, nous avons déjà été informés, longuement et sur place, de manière très complète et minutieuse, par trois personnes « ordinaires » dotées d'un courage extraordinaire, dont deux sur place, qui ont observé le soi-disant « phénomène » lors de son atterrissage et en ont récupéré des preuves tangibles. Ce sont eux, en fait, les seuls véritables experts parce qu'ils ont vu, touché et sont même entrés dans l'engin en question, ce que les soi-disant « spécialistes » d'aujourd'hui avec toutes leurs clearances, n'ont pas eu le privilège de faire.
Comme disent les Américains: « The cat is out of the bag »: le chat est sorti du sac, et toutes les classifications secrètes du monde ne vont pas l’y remettre.
Nous ne prétendons pas avoir découvert toute la signification de ce qui s'est passé près de San Antonito. L'objet était-il un engin extraterrestre ? Si tel est le cas, il ne dispose pas des équipements que la technologie moderne y associerait normalement, notamment un système de survie et un équipement de navigation spatiale. Alors, était-ce un leurre ou un avertissement d'un autre pays ? Si oui, pourquoi les occupants étaient-ils si radicalement différents des créatures terrestres connues ? Et qu'en est-il des représentations projetées ? Qu'en est-il des propriétés étranges des matériaux décrits par les témoins ?
Cet événement a pris sa place dans la mosaïque de nombreux cas bien observés avec des traces tangibles et mesurables et des témoins dignes de confiance, comme à Socorro et à Valensole, cas restés non identifiés après toutes les enquêtes officielles des gouvernements et des scientifiques.
Bien que méconnus par les chercheurs universitaires, ces incidents sont riches d'images injectées de manière subliminale dans notre psyché collective et amplifiées par la négligence studieuse de nos grands intellectuels. Ces représentations font encore leur travail aujourd'hui à l'intérieur de nous. En résonance avec les interrogations de la science moderne, elles continuent d'avoir un impact sur la conscience humaine, à travers les médias du monde entier.
Nous les ignorons à nos risques et périls.
On ne peut plus négliger l'énigme urgente que présentent ces cas indéniables : l'histoire du crash de l'OVNI de Trinity reste un document de l'histoire contemporaine que nous devrons continuer à déchiffrer, sans jamais avoir le luxe de tourner la dernière page, et de fermer le livre.
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REMERCIEMENTS
Cette étude rétrospective de certains des cas d'OVNIs les plus importants de l'histoire récente n'aurait pas été possible sans l'aide précieuse de nombreux témoins dévoués, chercheurs, spécialistes techniques et amis discrets.
Paola et moi souhaitons remercier tout particulièrement les personnes suivantes :
Tout d'abord, M. José Padilla, qui nous a généreusement accordé son temps et son attention, ainsi que l'accès à sa propriété familiale pour de multiples enquêtes et examens des données. Il nous a également confié l'objet unique qu'il a récupéré à l'intérieur de l'engin, que nous avons eu l'occasion d'analyser. Il a maintenant été donné à une université dans le cadre de nos dossiers de l'affaire, selon ses souhaits.
Mme Sabrina Padilla, qui a complété le tableau en nous donnant son témoignage sur les pièces qu'elle a manipulées, et ses propres observations sur le site quelques années après le crash, nous a fourni une précieuse confirmation indépendante des caractéristiques des matériaux.
Ensuite, Chuck et Nancy Wade de Gallup, Nouveau-Mexique, qui m'ont donné ma première introduction « sur le terrain » des sites de crash au Nouveau-Mexique au cours de plusieurs enquêtes, et ont mis à disposition leurs connaissances accumulées sur la récupération de telles preuves.
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Plusieurs intervenants ne peuvent être mentionnés qu'in memoriam. Le premier d'entre eux est mon ami de longue date Ron Brinkley, qui m'a aidé à comprendre le remarquable contexte historique de sa famille au Nouveau-Mexique et est venu deux fois avec moi pour découvrir des matériaux du site du crash de 1947 près de Datil. C'est lui qui m'a présenté le cas de San Antonio en 1945 peu avant sa mort.
Sir Arthur Lundahl (1915-1992), reconnu comme le principal organisateur de la capacité de renseignement par image satellite des États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, m'a guidé dans l'interprétation de certains des événements inédits entourant l'interception d'OVNIs par l'armée américaine.
Il m'a parlé de ses nombreuses expériences personnelles avec le sujet au sein de la communauté du renseignement, notamment au moment des expériences psychiques extraordinaires avec «AFFA» et de la récupération (encore non reconnue) de matériel venant d'un disque volant abattu au-dessus de Washington, DC.
Madame Simonne Servais, ambassadrice de France et porte-parole des présidents français Charles DeGaulle et Georges Pompidou, m'a présenté les témoins des multiples cas non identifiés (toujours non signalés) à Valensole, au cours de plusieurs visites sur le site.
M. Robert Chartrand, un ancien officier de marine et analyste au Congressional Research Service, m'a appris à comprendre les différentes structures (telles que SAPOC) supervisant le système complexe des entreprises contrôlant la vérité sur les structures OVNI récupérées. Contrairement à toutes les présentations sensationnelles à la télévision, et à la grande visibilité de quelques interviews et de blogs sur Internet à propos d’une éventuelle « divulgation, » le véritable statut des données concrètes n'est pas sur le point d'être publié. Nous espérons que notre livre changera cette réalité.
M. Remigio Baca, l'un des témoins-clés du crash de San Antonio, a accepté d'être interviewé par Paola Harris en 2010 et sa famille a généreusement donné accès aux premières analyses métallurgiques des objets récupérés du crash.
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De nombreuses personnes ayant des compétences particulières en science, et des chercheurs de tous horizons ont généreusement contribué par leurs conseils, leurs compétences et leur temps lorsqu'ils ont réalisé que nous étions sérieux au sujet de la poursuite de cette recherche jusqu'à sa fin logique et sa publication.
Ils incluent:
L'honorable Paul Hellyer, ancien ministre de la Défense du Canada, conseiller de longue date et confidant de Paola Harris, pour avoir fourni des documents clés sur les premiers jours de cette recherche en Amérique du Nord, contemporains des événements de White Sands.
M. Christopher Mellon, ancien sous-secrétaire adjoint à la Défense pour le renseignement dans les administrations Bill Clinton et George W. Bush, pour son soutien et ses conseils dans la compréhension des décisions politiques critiques.
Professeur Garry Nolan, Stanford University School of Medicine, pour de nombreuses discussions stimulantes sur le phénomène et pour des conseils importants sur le protocole approprié pour l'analyse chimique des matériaux et l'étude de la pathologie végétale.
M. Ray Stanford, pour la permission de citer ses recherches approfondies sur le site de Socorro au moment de l'enquête du Dr. Hynek au nom du projet Blue Book.
M. Larry Lemke, pour son analyse des paramètres techniques de l’armature qui nous a été confiée par M. Jose Padilla, et pour le partage de ses observations sur le site.
Professeur Paul Hynek, pour de nombreuses discussions stimulantes et souvenirs de son père. Nous sommes allés ensemble sur le site de Socorro et sur celui de San Antonito.
Mme Desta Barnabe, une chercheuse de Winnipeg au Canada, ainsi que M. Sid Goldberg, producteur de télévision québécois lauréat d'un Emmy Award, et Olivia Mackenzie de Boulder, Colorado, pour leurs premiers travaux sur l'affaire Padilla, à l'appui de la recherche de Paola Harris.
Mme Maryann Brown Sperry, qui a dirigé l'édition finale de notre livre pour publication.
Sr. Jaime Maussan, journaliste professionnel et personnalité de la télévision du Mexique, qui a visité le site avec Paola pendant trois jours et a supervisé l'une des premières analyses de métaux.
M. James Rigney et ses associés en Australie, pour leurs études sur les plantes et pour leur analyse exhaustive des métaux établissant la première composition chimique complète de l’armature.
M. Steve Murillo, de la Paranormal Research Society à Los Angeles, qui a encouragé mon propre travail et m'a présenté Paola Harris en juillet 2018.
Notre ami commun (et peu commun), le cinéaste James C. Fox, qui a arpenté et filmé le site à l'invitation de Paola dès 2013.
Ma compagne, Flamine de Bonvoisin, qui a revu les données de recherche et m’a aidé à éditer la version finale.
Steve et Kae Geller, qui ont également fait des commentaires perspicaces reflétés dans notre version finale.
MM. David Garcia et Tom Hamlin, enquêteurs indépendants qui ont mené une première étude du sol et de la végétation sur le site de l'accident en 2015.
M. Bill Crowley, qui a rejoint notre équipe d'enquête sur le terrain à San Antonito en 2019.
Mme Roberta Collier et Mlle Xavi Morales, pour l'illustration de la couverture.
M. Grant Cameron, pour avoir confirmé certains des documents importants de Wilbert Smith.
Mme Clodagh Domegan, de l'île de Vancouver, Canada, qui a transcrit les interviews, pour tout son travail sur les enregistrements de Paola réalisés sur le terrain.
M. Michael Beltrami, de Suisse TV, pour ses excellents conseils dans le bon déroulement des enquêtes de terrain.
Dr. R. Jason B. Reynolds, botaniste à la Colorado State University à Fort Collins, pour des analyses de pathologie végétale basées sur nos échantillons collectés sur le site de l'accident.
M. Danny Many Horses, pour avoir accepté de me parler d'informations historiques peu connues sur l'histoire des Apaches dans l'État du Nouveau-Mexique et des anciennes cérémonies Apache tenues sur le site de San Antonito où le crash a eu lieu.
Et particulièrement, toute l’équipe du Owl Bar and Café, pour la bonne chère, la bonne humeur, l'ambiance colorée -- et une perspective historique unique !
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NOTES ET RÉFÉRENCES
1. Dans le présent contexte, « les Plaines » ou « les Plaines de San Agustin » est une expression du sud-ouest américain qui désigne une région du Nouveau-Mexique au sud d’US Highway 60. La zone s'étend sur les comtés de Catron et de Socorro, à environ 80 km à l'ouest de la ville de Socorro et à environ 40 kilomètres au nord de la réserve. "Les Plaines" s'étendent à peu près du nord-est au sud-ouest, avec une longueur d'environ 88 km et une largeur variant entre 8 et 24 km. Le bassin est délimité au sud par les montagnes Luera et la montagne Pelona (extérieure à la Chaîne noire); à l'ouest par les monts Tularosa ; au nord par les monts Mangas, Crosby, Datil et Gallinas; et à l'est par les montagnes de San Mateo. Le Continental Divide se trouve à proximité d'une grande partie des limites sud et ouest des Plaines. (D’après Wikipédia)
2. Le Dr Robert Oppenheimer (1904-1967) fut l'un des pères fondateurs de l'école américaine de physique théorique. Il acquit une notoriété mondiale dans les années 1930. Il a été professeur de physique à l'Université de Californie à Berkeley et, pendant la guerre, directeur du laboratoire de Los Alamos dans le projet Manhattan qui a développé les premières armes nucléaires. Après la guerre, Oppenheimer est devenu président du comité consultatif de la Commission de l'énergie atomique. Ses réalisations en physique comprennent l'approximation de Born-Oppenheimer pour les fonctions d'ondes moléculaires, des travaux sur la théorie des électrons et des positrons, le processus Oppenheimer-Phillips dans la fusion nucléaire et la première prédiction de l'effet de tunnel quantique. Après la guerre, il fut également directeur de l'Institute for Advanced Study à Princeton, New Jersey.
3. George Adamski (1891-1965), un « contacté » américain populaire, est né en Prusse en 1891. À l'âge de deux ans, sa famille a immigré aux États-Unis. Après avoir servi dans la cavalerie américaine lors de l'expédition de Pancho Villa (ce qui lui a valu une place en tant que vétéran au cimetière d'Arlington), il s'est marié et a déménagé à l'ouest, effectuant des travaux d'entretien dans le parc national de Yellowstone et travaillant dans une minoterie de l'Oregon et une usine de béton en Californie.
Dans les années 1920, Adamski s'est intéressé à la théosophie et est devenu une figure mineure de la scène occulte californienne, enseignant le « Droit universel » à Laguna Beach, où il allait fonder un « Ordre royal du Tibet. » En 1944, grâce au financement d'Alice K. Wells, Adamski a construit un observatoire en bois avec un télescope de 15 cm au pied du mont Palomar. Le 20 novembre 1952, Adamski et ses amis se trouvaient près du Desert Center, en Californie, lorsqu'ils auraient vu un objet dont le pilote, un Vénusien appelé Orthon, a noué une amitié conduisant à de prétendus voyages vers d'autres planètes et à plusieurs livres très populaires, notamment Flying Saucers Have Landed (co-écrit avec Desmond Leslie) en 1953, Inside the Space Ships en 1955 et Flying Saucers Farewell en 1961.
Plusieurs membres du groupe ont avoué plus tard qu'ils n'avaient jamais été témoins de ce qu'ils avaient juré d'avoir vu. Adamski est mort en avril 1965, généralement discrédité parce que ses descriptions des planètes soi-disant visitées se sont avérées fantaisistes. Cependant, dans un livre publié en 1983 (George Adamski, the Untold Story, avec Lou Zinsstag), Timothy Good en présente une évaluation plus nuancée, affirmant que les récits de voyage bizarres et les photographies douteuses ont peut-être été conçus pour inspirer une fascination pour l'espace, soit sous l'influence d'idées ésotériques populaires du sud de la Californie, soit incitées par des « agents » de sections non divulguées de l'armée américaine.
4\. Frank Scully (1892-1964) était journaliste pour le magazine de divertissement Variety. En 1949, il a affirmé sur la base d'un rapport d'un scientifique, que des êtres extraterrestres morts avaient été récupérés après un accident de soucoupe volante. Son livre de 1950 Behind the Flying Saucers a décrit deux incidents de ce type en Arizona et un au Nouveau-Mexique, celui de 1948 impliquant une soucoupe de 30 m de diamètre basée sur des principes magnétiques. Scully a nommé ses deux sources: Silas M. Newton et un scientifique qu'il a appelé « Dr. Gee. » Soixante mille exemplaires du livre ont été vendus. En 1952 et 1956, le magazine True a publié des articles du journaliste du San Francisco Chronicle John Philip Cahn qualifiant Newton et « Dr. Gee » (identifié comme Leo A. GeBauer) d’escrocs. Dans son livre de 1963 In Armor Bright, Scully a brièvement revisité le sujet réitérant sa croyance en la véracité d'un crash de soucoupe de 1948 près d'Aztec, au Nouveau-Mexique.
5. J. Allen Hynek est né à Chicago en 1910, de parents tchèques. Il a reçu un B.S. de l'Université de Chicago en 1931 et a obtenu son doctorat en astrophysique à l'observatoire de Yerkes en 1935. Entré au Département de physique et d'astronomie de l'Ohio State University en 1936, il s'est spécialisé dans l'évolution stellaire et les étoiles binaires spectroscopiques. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Hynek a aidé à développer la fusée de proximité radio de l'US Navy à Johns Hopkins.
Après la guerre, Hynek retourna dans l'État de l'Ohio. En 1956, il partit rejoindre Fred Whipple au Smithsonian Astrophysical Observatory pour diriger le suivi technique d'un futur satellite américain, un projet pour l'Année Géophysique Internationale. Associées à plus de 200 équipes de scientifiques amateurs du monde entier appartenant à l'opération Moonwatch, il y avait également 12 stations photo-graphiques.
En 1960, après le programme satellite, Hynek est retourné dans l'enseignement comme professeur et directeur du département d'astronomie de Northwestern University en 1948. En réponse à de nombreux rapports de "soucoupes volantes", Hynek avait été contacté en tant que consultant scientifique du projet Sign, établi par l'USAF pour examiner les observations. Il a conclu que la plupart des rapports suggéraient des objets astronomiques connus. Dans son livre de 1977, The UFO Experience, Hynek a déclaré qu'il appréciait son rôle de démystificateur pour l'Air Force. Cependant, en avril 1953, il écrivit un important rapport pour le Journal of the Optical Society of America intitulé « Unusual Aerial Phenomena, » qui contient l'une de ses déclarations les plus notables : « Le ridicule ne fait pas partie de la méthode scientifique, et on ne devrait pas l’enseigner aux gens. Le flux constant de rapports, souvent rédigés de concert par des observateurs fiables, soulève des questions d'obligation et de responsabilité scientifiques. Des résidus méritent-ils une attention scientifique ? S'il n'y en a pas, n'existe-t-il pas une obligation de le dire au public - non pas avec ridicule, mais sérieusement, pour maintenir la confiance que le public accorde à la science et aux scientifiques ? »
En 1953, Hynek a servi en tant qu'Associé du Robertson Panel classifié, qui a conclu au manque d’intérêt scientifique des OVNIs, et a recommandé une campagne de relations publiques pour démystifier le sujet par le « debunking » et réduire l'intérêt du public. Hynek est resté avec le Projet Sign après qu'il soit devenu Project Grudge, puis Project Blue Book au début de 1952. Le capitaine de l'Air Force Edward J. Ruppelt tenait Hynek en haute estime comme « l'un des scientifiques les plus impressionnants que j'ai rencontrés en travaillant sur le projet UFO, et j'en ai rencontré un bon nombre. Il n'a pas fait deux choses comme plusieurs d'entre eux: vous donner la réponse avant de connaître la question ; ou commencer immédiatement à exposer ses réalisations dans le domaine de la science. »
En novembre 1978, Hynek a présenté une déclaration sur les OVNIs devant l'Assemblée générale des Nations Unies en son nom et en ceux de Jacques Vallée et Claude Poher. Son objectif était d'initier une autorité centralisée des Nations Unies sur les OVNIs, une recommandation qui n'a jamais été suivie d'effet. Hynek et sa femme, Miriam (Curtis) ont eu cinq enfants. Le Dr Hynek est décédé d'une tumeur cérébrale maligne à Scottsdale, en Arizona, le 27 avril 1986.
6. George Hunt Williamson (1926 –1986), alias Michael d'Obrenovic et Frère Philip, se disait contacté par les soucoupes volantes. C’était un ‘canal’ spirituel et un auteur métaphysique qui s'est fait connaître dans les années 1950. Étudiant en archéologie dès 1946 lorsqu'il a documenté un site dans le sud de l'Illinois en 1949, puis en anthropologie à l'Université de l’Arizona, il a fait des recherches sur le terrain dans le comté de Lincoln, au Nouveau-Mexique. En octobre 1949, il a aidé à fonder la Yavapai County Archaeological Society à Prescott, en Arizona, où il a vécu jusqu'en 1955. Après avoir lu le livre Star Guests de William Dudley Pelley (1950), Williamson a travaillé pour le groupe de Pelley et sa publication d’extrême droite Valor. (Voir Zirger & Martinelli, La vie incroyable de George Hunt Williamson, p. 101). Williamson et sa co-auteure Alice Bailey ont publié The Saucers Speak, soulignant un supposé contact radio à ondes courtes avec les pilotes de soucoupes après 1952.
7. Le Dr Enrico Fermi est né à Rome en 1901, dernier de trois enfants. Sa mère était une enseignante remarquable et elle eut une grande influence sur lui. Ses premières recherches portaient sur la relativité et la mécanique quantique. Il a été le premier physicien à diviser l'atome d'uranium et a reçu le prix Nobel à l'automne 1938 pour ses travaux sur la radioactivité. Ses expériences marquantes à l'Université de Rome en 1934 ont directement conduit à la découverte de la fission de l'uranium.
Il a profité d'une invitation à Stockholm dans le cadre du prix Nobel pour s'enfuir aux États-Unis avec sa femme, à une époque où l'Italie instituait ses redoutables lois anti-juives. L'équipe d'Enrico Fermi a construit le premier réacteur nucléaire activé pour la première fois à Chicago le 2 décembre 1942, initiant ainsi l'ère nucléaire dans la phase d'ouverture du projet Manhattan. Enrico Fermi est décédé d'un cancer de l'estomac en 1954 à Chicago, à l'âge de 53 ans.
8. Atomes en Famille, University of Chicago Press, 1954, par Laura Fermi. Elle est née Laura Capon en 1907 à Rome. Son père était amiral dans la marine italienne. C'était une famille juive non pratiquante de la classe supérieure. Étudiante en sciences générales à l'Université de Rome, elle rencontra Enrico et l'épousa en 1928. Ils ont eu deux enfants. Laura Fermi est décédée en 1977, à l'âge de 70 ans.
9. L'excellente brochure de l'armée américaine Trinity Site cite le général Thomas Farrell. Il est également mentionné en bonne place dans le livre de Chris Wallace, Countdown 1945.
10. En 1945, le physicien Leo Szilard, a conçu l'idée d'une réaction nucléaire en chaîne, et formé un groupe de scientifiques pour demander au président Truman de ne pas utiliser la bombe. Son raisonnement était que ses conséquences seraient une course aux armements nucléaires avec les Soviétiques, le proche développement d’une bombe à hydrogène, et inévitablement la Troisième Guerre mondiale et un anéantissement total. Szilard était méprisé par le général Groves et ceux qui souhaitaient déployer l'arme. Ils ont finalement contraint Oppenheimer à supprimer la pétition adressée au président Truman.
11. Ryan S. Wood: MAJIC Eyes Seulement. Winfield, KS : Wood Enterprises, 2005. Avec une préface de Jim Marrs. Voir notamment pages 52-57.
12. Rémé Baca avec José Padilla, Né au bord de Ground Zéro: Living in the Shadow of Area 51. Imprimé en privé, 2011.
13. Good, Timothy: Need to Know. NY: Pégase, 2007, p. 27-28
14. Harris, Paola Leopizzi : Relier les Points. Bloomington, Indiana : Author House, 2008. Avec une préface par le Dr Leo Sprinkle.
15. Les travaux de Paola Harris sur les événements de rencontre rapprochée et leur impact étaient initialement centrés sur des cas italiens et plus généralement européens plutôt que sur des rapports américains. Au fur et à mesure que son travail et sa réputation internationale se développaient, ses intérêts ont inclus l'Amérique latine, en particulier le Chili et le Pérou où elle a effectué de multiples voyages et développé des relations à long terme avec des chercheurs locaux et nationaux.
16. Le projet Serpo est un canular d’origine officielle, un prétendu programme d'échange top secret entre les États-Unis et une planète extraterrestre du même nom.
Des éléments sont apparus dans des histoires de conspiration d'OVNI, y compris un incident en 1983 dans lequel un homme s'identifiant comme le sergent de l'Air Force Richard C. Doty a contacté la journaliste Linda Moulton Howe, offrant des enregistrements de l'Air Force en vue d’un documentaire HBO, pour finalement se retirer sans fournir aucune preuve.
Diverses versions de la théorie du complot ont circulé sur Internet, impliquant un extraterrestre qui aurait survécu à un crash près de Roswell, contacté sa planète d'origine et aurait finalement été rapatrié. Cela aurait conduit à une certaine relation entre les États-Unis et une planète du système stellaire binaire Zeta Reticuli, un site populaire pour les faux extraterrestres de nombreux canulars, également mentionné par des « lanceurs d'alerte » autoproclamés d'origine incertaine comme Robert Lazar.
L'histoire, qui souffre de défauts astronomiques évidents et d'erreurs de calcul dans ses « preuves scientifiques, » affirme qu'un certain nombre de militaires américains (12 ou 8, selon la version que vous adoptez) ont visité Mars entre 1965 et 1978.
Selon Wikipedia, un problème majeur avec l’histoire, « provient du manque de véracité de l'un de ses témoins présumés : le sergent Richard Doty. Impliqué dans d'autres activités présumées liées aux OVNIs (Majestic 12 et Paul Bennewitz), Doty est donc une source discréditée ou un fournisseur délibéré de désinformation. »
Il convient de noter qu’il a également été employé dans certains projets de recherche sur les OVNIs à Austin et Las Vegas et impliqué dans la circulation d’histoires de conspiration sur les OVNIs montées de toutes pièces pour discréditer les vraies recherches. Plus récemment, il est apparu dans des vidéos créées par le Dr Steven Greer.
17. Le professeur Peter Sturrock, fondateur du Plasma Research Institute de l'Université Stanford, a pendant 40 ans mené une étude sur l'explosion (en 1957) d'un engin inconnu au-dessus de la ville côtière brésilienne d'Ubatuba. Il visita le site, obtint des échantillons rares et fut le pionnier de l'analyse chimique de ces matériaux non seulement en termes d'éléments mais aussi en termes de rapports isotopiques. Il a trouvé des indices que les échantillons récupérés, essentiellement composés de magnésium extrêmement pur, avaient des propriétés inhabituelles. Le Dr Sturrock a publié ses conclusions dans une série d'articles évalués par des pairs, notamment : « Composition Analysis of the Brazil Magnesium » dans Journal of Scientific Exploration (JSE) Vol.15, no.1, (2001) pp.69-95, et dans « Sur les événements éventuellement liés au « magnésium du Brésil » JSE Vol.8, n°2 (2004) pp.283-291 (avec P. Kaufmann).
18. CUFOS et MUFON : Le Dr J. A. Hynek fut le fondateur et le premier directeur du Center for UFO Studies (CUFOS). Fondé en 1973 à Evanston, Illinois (plus tard déménagé à Chicago), CUFOS préconisa l'analyse scientifique des cas d'OVNIs. Ses vastes archives comprennent des précieux fichiers de groupes tels que le NICAP, l'un des groupes de recherche sur les ovnis les plus populaires des années 1950 et 1960. Le Mutual UFO Network (MUFON) a officiellement commencé en mai 1969 en tant que spin-off de l'APRO, l'organisation respectée de recherche sur les phénomènes aériens gérée par Coral et Jim Lorenzen et basée en Arizona. Initialement connu sous le nom de "Midwest UFO Network", le MUFON avait le Dr Allen Utke, professeur agrégé de chimie à l'Université d'État du Wisconsin, comme premier directeur.
Il a été remplacé par Walt Andrus, resté à ce poste jusqu'en 2000, date à laquelle il a pris sa retraite et a été remplacé par John Schuessler, un éminent chef de projet aérospatial de grande réputation, en tant que « directeur international. » A sa retraite en novembre 2006, il a été remplacé par James Carrion et plus tard par Clifford Clift. David McDonald, directeur d’une école de pilotage et entrepreneur de transporteur aérien basé dans le nord du Kentucky, en est l'actuel directeur international (2020).
19. Vallée, Jacques. « Analyses physiques de dix cas d'objets aériens inexpliqués incluant des échantillons de matériaux. » Journal of Scientific Exploration (JSE) Vol.12, n°3, pp.359-376 (1998).
20. Moffett, Ben. Article dans le Socorro Mountain Mail, 2 novembre 2003.
21. Stanton Terry Friedman (29 juillet 1934 - 13 mai 2019) était un physicien nucléaire, chercheur assidu et écrivain prolifique qui vivait à Fredricton, Nouveau-Brunswick, Canada. Il est surtout connu comme l'enquêteur original de l'incident de Roswell, sur lequel il a écrit une série de livres populaires bien documentés. Né à Elizabeth, New Jersey, M. Friedman était titulaire d'une licence et d'une maîtrise en physique (1956) de l'Université de Chicago. Il travailla pendant de nombreuses années dans la recherche classifiée sur la propulsion nucléaire dans des sociétés telles que GE, Westinghouse, TRW Systems, Aerojet General Nucleonics et surtout chez McDonnell Douglas, où il a participé (avec le Dr Robert Wood) à des enquêtes classifiées d'observations d'ovnis.
22. Le Dr. Oppenheimer et les audiences de l'AEC : la façon dont le Dr. Oppenheimer a été traité par l'establishment américain de la sécurité a laissé une marque indélébile dans le monde universitaire et découragé de nombreux scientifiques et intellectuels de traiter avec des agences classifiées américaines perçues comme de plus en plus claniques et souvent corrompues. Dans le domaine de la recherche sur les OVNIs, des canulars évidents comme le canular Serpo et la série alambiquée de soi-disant "révélations" MJ-12 (il y avait un vrai MJ-12 à une époque, mais il ne traitait pas des mêmes sujets) ont encore davantage découragé de nombreux scientifiques de risquer leur carrière par ailleurs impeccable « à chasser des ombres. »
23. La « tour Marconi » était située tout près de l'entrée de la propriété Padilla, à environ 1500 mètres d'altitude. Reposant sur quatre pieds ancrés dans le ciment, elle s'élevait à une hauteur de 25 mètres.
24. Sans surprise, Les membres de plusieurs familles, étaient des voisins ou des parents dans les petites villes impliquées à la fois dans les événements de San Antonio et l’atterrissage à Socorro.
25. Remigio Baca est décédé le 12 juin 2013 de complications du diabète. Il laissait endeuillés son épouse Virginia, deux enfants et sept petits-enfants. Il avait 75 ans. "Rémé" avait déménagé dans l'État de Washington en 1954 et, après avoir obtenu son diplôme d'études secondaires, il s'était enrôlé dans les Marines comme maître mécanicien. Après s'être installé à Tacoma, il vécut pendant les 50 années suivantes dans l'État de Washington où il a occupé plusieurs postes institués par le gouverneur pour soutenir la communauté américano-mexicaine. Il prit sa retraite à Gig Harbor, restant actif dans le Parti démocrate.
26. Bartimus, Tad et McCartney, Scott : Les enfants de Trinity : Vivre au long de l'autoroute nucléaire américaine. Harcourt Brace Jovanovitch, 1991 (Science politique). Les commentaires décrivent le livre comme un « rapport révélateur et impartial de deux journalistes de l'AP sur l'histoire de l'industrie des armes nucléaires dans le Sud-Ouest et ses effets sur ses employés et ses voisins. » Ils ajoutent :
« Bartimus et McCartney (...) se concentrent sur les effets de l'industrie sur l'environnement et les voisins qui partagent l'air, la terre et l'eau avec l'usine d'armes nucléaires de Rocky Flats, l'installation de stockage d'armes nucléaires de la base aérienne de Kirtland à Albuquerque, le Laboratoire national de Los Alamos, les silos de missiles MX et autres installations. En ordonnant leur enquête géographique du site de Trinity aux silos de missiles du Wyoming, les auteurs proposent des histoires de terres de ranch perdues, de citoyens déplacés, d'employés empoisonnés et de mères terrifiées, prennent soin d'inclure les réponses plus positives au sein de l'industrie nucléaire (scientifiques, ingénieurs et commandants).
27. « Une enquête sur un échantillon de métal inconnu prélevé à San Antonio, Nouveau-Mexique, » par J. Nguyen, C.E. Lal et J.W. Auchettl. Mulgrave, Victoria, Australie : Phenomena Research Australia, imprimé privé.
28. Des produits Aermotor similaires peuvent être trouvés sur www.aermotor.com, notamment un dispositif semblable à un support (pièce A585) appelé « moulage du base du moulin à vent. » Ré. Doyen Bennett.
29. Longtemps après les événements de Ground Zéro, M. William Brothy, Sr. (un pilote expérimenté basé à Alamogordo) dit à son fils Bill que l'équipage d'un B-49 en mission d'entraînement au-dessus de Walnut Creek avait signalé avoir vu de la fumée sur le site du crash. Ils pensaient qu'un avion avait pu heurter la tour et s'écraser. Selon Bill Brothy, le général Maurice Arthur Preston, commandant de son père, a chargé ce dernier, William Brothy, Sr. de l'enquête, qui l’aurait conduit à voir l'objet écrasé et les "deux petits garçons indiens" à cheval. Il était en charge jusqu'au lendemain, lorsque le colonel de l'armée Turner a repris la responsabilité de la récupération de l'engin. Si cela est vrai William Brothy Sr. est peut- être l’intervenant qui évacua les occupants de l'engin, l'ayant partiellement camouflé et ayant nettoyé le site de l'accident.
30. Jeff Kripal et Whitley Strieber, Le Surnaturel. p.128. NY : Tarcher Perigee, 2016.
31. Sous Oppenheimer, Les scientifiques eux-mêmes, n'ont peut-être pas été informés du crash de l'OVNI. Nous nous interrogeons à ce sujet, car le Dr Phillip Morrison, l'un des physiciens d'élite du groupe, a par la suite commenté les OVNIs dans les pages du prestigieux Science Magazine, arguant que les « atterrissages » rapportés de tels objets ne pouvaient être attribués aux visiteurs extraterrestres parce que l'engin supposé n'a pas laissé les résidus chimiques que l'on attendrait d'un décollage d'une fusée interstellaire... Si sa lettre n'a pas été écrite dans un but de désinformation à l'instigation de l'armée, elle montre un manque surprenant de sens technique chez un scientifique qui a contribué à la construction de la première bombe atomique.
32. L’équipe du major Quintanilla n'était pas toujours aussi détendue. Il a fallu trois jours au major pour réagir pleinement à l'événement de Socorro, aussi Hynek a été impressionné lorsque l'équipe de FTD s'est précipitée un matin dans le Michigan, a bouclé une zone boisée où un objet se serait écrasé et a ordonné à des dizaines de soldats de la garder et de l'explorer pour récupérer les débris. Dans ce cas particulier, l'objet en question était un satellite soviétique dont l’arrivée avait été attendue par les suiveurs d'orbite; les techniciens de la Division de la technologie étrangère étaient impatients de mettre la main sur le matériel russe. L'intérêt pour les OVNIs chez FTD était seulement un travail de relations publiques, mais la même équipe avait des responsabilités plus immédiates, que les ufologues et les médias n'ont jamais sérieusement pris en considération.
33. Voir le livre de Ray Stanford, Socorro Saucer in a Pentagon Pantry. Austin, Texas : Blue Apple Books, 1976. L'officier Lonnie Zamora a donné plusieurs témoignages, y compris lors d'un long interrogatoire devant d’hostiles enquêteurs de l'armée et des forces de l'ordre, dans les trois jours suivant son observation. Il a même été accusé par certains de ses propres collègues d'avoir truqué l'incident pour attirer les touristes dans sa ville !
34. Hynek, Dr J. Allen : L'expérience OVNI. Chicago : Henry Regnery, 1972, notamment pages 144 et 145 pour l'affaire Socorro.
35. Bill Powers : L’atterruissage à Socorro – Nouvelle lumière sur une affaire classique. Numéro spécial FSR « Les Humanoïdes, » oct.-nov. 1966, pp. 47-51 (Charles Bowen, éditeur).
36. Le NICAP, le « Comité national d'enquête sur les phénomènes aériens » a été fondé en octobre 1956 par l'inventeur Thomas Townsend Brown. Le conseil comprenait le major des Marines Donald Keyhoe et l'ancien chef du programme de missiles guidés de la Marine, le contre-amiral Delmer S. Fahrney, qui a convoqué une conférence de presse le 16 janvier 1957, où il a annoncé que les OVNIs n’étaient d'origine ni américaine ni soviétique, mais sous contrôle intelligent.
En avril 1957, Fahrney a démissionné, invoquant des problèmes personnels. Keyhoe est devenu directeur et a créé un bulletin d'information, The U.F.O. Investigator. Il a nommé président son camarade de classe de l'Académie navale, le vice-amiral Roscoe H. Hillenkoetter, premier chef de la CIA. Un autre membre important était le général Albert Coady Wedemeyer.
L'organisation avait des chapitres et des associés régionaux à travers les États-Unis. De nombreux membres étaient des amateurs, mais un pourcentage considérable étaient des professionnels, notamment des journalistes, des militaires, des scientifiques et des médecins. Ils ont compilé un nombre important de dossiers et d'enquêtes sur le terrain. En 1958, le NICAP comptait plus de 5 000 membres. Durant les années 1960 une grande partie du public américain s’est montrée vivement intéressée par les OVNIs, et le nombre de membres a culminé à 14 000, améliorant considérablement les bancales finances du groupe.
En février 1962 Hillenkoetter a quitté le conseil d'administration il a été remplacé par un ancien haut fonctionnaire de la CIA, Joseph Bryan III, le premier chef de la guerre politique et psychologique de la CIA. Bryan n'a jamais révélé ses antécédents à la CIA.
En 1964, le NICAP a publié The UFO Evidence, édité par Richard H. Hall, un résumé de centaines de rapports inexpliqués étudiés par les enquêteurs du NICAP jusqu'en 1963. Le livre est toujours considéré comme une référence inestimable.
Suite au rapport Condon de 1968 à l'Université du Colorado (qui a conclu qu'il n'y avait rien d'extraordinaire à propos des OVNIs), l'intérêt du public pour le sujet s'est atténué et le nombre de membres du NICAP a chuté. Lorsque Keyhoe a démissionné en 1969, Joseph Bryan a pris la relève et dissout les groupes affiliés. Par la suite, John L. Acuff a été nommé directeur et l'organisation est devenue paralysée par des luttes internes, y compris des accusations selon lesquelles la CIA l'avait infiltrée.
Le NICAP a été dissous en 1980. Les fichiers ont finalement été achetés par CUFOS pour 5 000 $. (Résumé à partir d'une entrée Wikipedia-JV).
37. Ray Stanford, op.cit., cité avec permission.
38. Le Dr Henry E. Frankel, décédé le 23 septembre 1989, était un éminent scientifique de la NASA. Fondateur de la branche R&D Matériaux à Goddard de 1960 à 1970, et chef de la division ingénierie de 1970 à 1974, il était l'expert idéal pour examiner les preuves récupérées par Ray Stanford. Au moment de sa mort, il était scientifique en chef chez Orbital Research, Inc. (Source : Goddard Retirees and Alumni Association).
39. La déclaration de M. Thomas P. Sciacca a été mise par écrit par la NASA sur sa signature dans une lettre officielle adressée au NICAP. Référence : Fichier 3875, 623.8(64)-40/TS/cmd.
40. Le CNES est le Centre national d'études spatiales, l'agence spatiale du gouvernement français, basée à Paris et à Toulouse avec une base de lancement très étendue à Kourou, en Guyane française, près de l'équateur. Grâce à la détention d'actions dans des sociétés industrielles de premier plan, le CNES est bien capitalisé, la troisième organisation spatiale derrière la NASA et Roscosmos.
41. Cet important « détail » physiologique du témoignage de Masse décrivant sa « paralysie » a été pris très au sérieux en France. Il a ensuite stimulé des recherches intenses au Centre national d'études spatiales français à Paris et à Toulouse, et au sein des laboratoires militaires français.
42. Aimé Michel, « The Valensole Affair, » in FSR XI, n°6, (1965) pp.7-9 et « Valensole, Further Details, » XII, n°3, pp.24-25.
43\. Dr Bernard E. Finch, M.D., « Commentaires sur l'affaire Valensole, » FSR XII n° 1, pp.14-15.
44. Dr Hemplemann : « Nous nous en sommes tirés. » Voir Rémé Baca avec José Padilla, Né au bord de Ground Zéro. Imprimé privé, 2011. pp.88-89.
45. Le projet Magnet était un programme d'étude d'objets volants non identifiés officiellement établi par Transports Canada en décembre 1950 sous la direction de Wilbert Brockhouse Smith, principal ingénieur radio. Equivalent canadien du projet Blue Book, il fut officiellement actif jusqu'au milieu de 1954 et officieusement actif (sans financement gouvernemental) jusqu'à la mort de Smith en 1962. Smith a finalement conclu que les OVNIs étaient probablement d'origine extraterrestre et opérés par manipulation du magnétisme.
En octobre 1952, il avait mis en place un observatoire à Shirley Bay près d'Ottawa pour étudier les rapports d'observations, croyant que les OVNIs avaient des caractéristiques physiques susceptibles d’être mesurées. De nombreux rapports d'observation ont été étudiés par le projet Magnet jusqu'à sa fermeture en 1954.
46. Le Parisien, Paris Métro édition, 23 novembre 1966, citant un article du célèbre journaliste américain Frank Edward.
47. Entretien de George Popovitch avec Wilbert Smith : M. Francis Ridge (ex-NICAP) a produit la transcription de cet entretien en face à face avec M. Smith par George Popovitch (d'Akron, Ohio) et C.W. Fitch, de Cleveland. Référence Web: Frank Edwards, Flying Saucers, serious business, Lyle Stuart 1966 pocketbook edition, section « Pick Up the Pieces, » pp.47-50. La transcription détaillée est disponible sur www.nicap.org/reports/520723washington_transcripts.htm
Notez que Donald Keyhoe mentionne brièvement le cas dans The Flying Saucer Conspiracy (NY : Holt hardcover, 1955) page 272.
48. Sir Arthur Lundahl, communication privée. La discussion avec moi a eu lieu chez lui à Bethesda, Maryland, le 14 septembre 1989, en présence de M. Robert Chartrand du Congressional Research Service.
49. Le NIDS, le National Institute for Discovery Science (NIDS) était un organisme de recherche à financement privé basé à Las Vegas, Nevada, États-Unis, qui a fonctionné de 1995 à 2004. Fondé par le promoteur immobilier Robert Bigelow, il a été mis en place pour rechercher et faire avancer des études sérieuses sur divers sujets scientifiques marginaux, notamment l'ufologie et la survie de la mort corporelle. L'administrateur adjoint, un biologiste, le Dr. Colm Kelleher, a déclaré que l'organisation n'était pas conçue pour étudier uniquement les OVNIs : « Nous n'étudions pas les extraterrestres, nous étudions les anomalies. C’est la même chose dans la tête de beaucoup de gens, mais pas dans la nôtre. »
Le personnel scientifique permanent comprenait également le Dr. Eric Davis, un physicien théoricien, et le Dr George Onet, un vétérinaire qui a mené des recherches sur les mutilations de bétail.
Le conseil scientifique du NIDS comprenait deux astronautes ayant travaillé sur la Lune (Ed Mitchell et le Sénateur Harrison Schmitt) ainsi que « des médecins de l'aérospatiale, le technologue spatial John Schuessler, des physiciens de Los Alamos et la statisticienne Dr. Jessica Utts. Le Dr. Christopher (Kit) Green, le Dr. Harold Puthoff et l'informaticien Dr. Jacques Vallée faisaient également partie du conseil scientifique. »
Le NIDS a rassemblé des fonds privés pour l'étude scientifique des phénomènes paranormaux. Il a effectué des recherches dans le domaine des mutilations de bétail et des rapports sur les triangles noirs. Le NIDS a acheté le Skinwalker Ranch après un article du journaliste de télévision George Knapp à ce sujet en 1996, et l'administrateur adjoint Dr. Colm Kelleher a mené l'enquête pendant plusieurs années. Une hotline a été établie en 1999 pour recevoir les rapports d'événements étranges. Plus de 5 000 appels et courriels ont été reçus par l'organisation; beaucoup ont été expliqués comme des lancements d'essais de missiles et des météores.
Le NIDS a été dissous en octobre 2004 lorsque Robert Bigelow a décidé de concentrer tous ses investissements futurs au développement de sa propre station spatiale.
50. Notes, 16 octobre 2002. Une copie des notes de 15 pages d'Eric Davis sur la réunion figurait parmi les papiers privés de l'astronaute Edgar Mitchell. Après que l'information ait été acquise par le chercheur australien James Rigney, elle s'est retrouvée sur le Web après la mort du capitaine Mitchell. Le récit est devenu connu comme la base du fameux « Core Secret. »
51. Le récit a été relayé par le chercheur Richard Dolan dans son aperçu YouTube exposant le mémo d'Eric Davis. Les allégations ont été formellement démenties par le vice-amiral à la retraite Thomas Wilson. Le 15 juin 2020, il a été cité par le journaliste Billy Cox comme disant "Je ne reconnaîtrais pas Eric Davis s'il entrait maintenant", bien qu'il ait mentionné qu'ils auraient pu être à la même réunion à un moment donné. La transcription de l'interview de Billy Cox comprend la déclaration que "l'ancien scientifique du Laboratoire national de Los Alamos Oke Shannon, ancien sous-secrétaire principal adjoint à la Défense pour l'acquisition, la technologie et la logistique Noel Longuemare, l’ancien vice-président des chefs d'état-major Joe Ralston et l'ancien sous-secrétaire à la Défense pour les acquisitions, la technologie et la logistique, le Dr Paul Kaminsky, ont tous déclaré qu'ils n'avaient aucune connaissance de la version des événements rapportés comme « secrets fondamentaux. »
La source de l'histoire était l'astronaute d'Apollo Edgar Mitchell, qui a raconté sa propre rencontre avec l'amiral Wilson pour l'audience de CNN sur Larry King Live, le 4 juillet 2008.
52. Annie Jacobsen, Area 51. New York: Little Brown – Bay Back Books, 2011. Surtout pages 368-369.
53. EG&G a été fondée en tant que société de conseil en 1931 par le professeur du MIT Harold Edgerton (un pionnier de la photographie à grande vitesse) et son étudiant diplômé Kenneth Germeshausen, rejoints par Herbert E. Grier en 1934. Bernard «Barney» O'Keefe est devenu le quatrième membre de leur groupe, dont la technique de photographie à grande vitesse a été utilisée pour imager les tests d'implosion pendant le projet Manhattan. Au cours des années 1950 et 1960, EG&G a participé à des essais nucléaires en tant que principal sous-traitant de l'AEC sur le site d'essais du Nevada pour le développement d'armes et à Nellis AFB. EG&G a partagé la responsabilité opérationnelle du NTS avec Livermore Labs, Raytheon Services Nevada, Reynolds Electrical and Engineering (REECO) et d'autres.
Par la suite, EG&G a élargi sa gamme de services, en fournissant la gestion des installations, des services techniques, la sécurité et la formation des pilotes pour les militaires et autres. EG&G fabrique des produits de détection et d'imagerie, notamment des équipements de vision nocturne, des capteurs pour la détection de matières nucléaires et d'agents d'armes chimiques et biologiques, et « une variété de capteurs acoustiques. » La société fournit également des micro-ondes et des composants électroniques au gouvernement, des systèmes de sécurité et des systèmes de guerre électronique et de lutte contre les mines. Au cours des années 1970 et 1980, dirigée par O'Keefe, elle s'est diversifiée par acquisition dans les domaines de la fabrication du papier, de l'instrumentation à des fins scientifiques, marines, environnementales et géophysiques, des tests automobiles, des ventilateurs et soufflantes, des dispositifs de contrôle de fréquence et d'autres composants, y compris BBD et technologie CCD via leur division Reticon.
À la fin des années 1980 et au début des années 1990, la plupart de ces divisions ont été revendues et, le 28 mai 1999, la partie non gouvernementale d'EG&G a acheté la division Analytical Instruments de PerkinElmer pour 425 millions de dollars, prenant également le nom de PerkinElmer (NYSE : PKI). Basée à Wellesley, dans le Massachusetts, elle fabrique des produits pour les applications automobiles, médicales et aérospatiales.
De 1999 à 2001, EG&G était détenu à 100 % par The Carlyle Group et en août 2002, le secteur de la défense et des services a été acquis par le géant des services techniques de défense URS Corporation à Gaithersburg, dans le Maryland, employant plus de 11 000 personnes. À son apogée dans les années 1980, EG&G comptait environ 35 000 employés. En décembre 2009, le PDG Martin Koffel a indiqué que la division EG&G deviendrait « URS Federal Services. » En 2014, URS a été racheté par AECOM.
Dans le présent contexte, il convient de noter que la division « Projets spéciaux » d'EG&G était l'opérateur notable du Janet Terminal à l'aéroport international McCarran de Las Vegas, NV, un service utilisé pour transporter les employés vers des sites gouvernementaux classés au Nevada et en Californie. Créant JT3 en 2000, EG&G avait également lancé une coentreprise avec Raytheon Technical Services, pour exploiter le contrat Joint Range Technical Services. Dans la littérature sur les OVNIs, le nom d'EG&G a été rattaché à un certain nombre d'affirmations sauvages, y compris celles impliquant Robert Lazar concernant son supposé contact avec des extraterrestres bien vivants sur le site top secret.
54. « Incommensurabilité, orthodoxie et physique de la grande étrangeté : un modèle à 6 couches pour les phénomènes anormaux, » par Vallée et Davis. Cet article a été présenté au Forum international sur « Science, religion et conscience » à l'Université Fernando Pessoa, Porto (Portugal) le 24 octobre 2003. La dernière phrase de l'article déclarait : « Pour tester plus complètement l'hypothèse selon laquelle les phénomènes de PAN sont à la fois de nature physique et psychique, nous avons besoin de meilleures enquêtes, d'une visible amélioration de la qualité des données et d'une analyse plus éclairée non seulement de l'objet décrit, mais de l'impact de l'observation sur les témoins et leur environnement social.. » Le texte intégral de l'article est disponible sur le web sur le site de Jacques Vallée, [www.jacquesvallee.net](http://www.jacquesvallee.net)
55. Au-delà de l'examen minutieux de la plupart des rapports gouvernementaux, les projets scientifiques avancés, secrets ou non, peuvent rester confidentiels pendant très longtemps. Le cas du Battelle Memorial Institute à Columbus, Ohio, en est un exemple parmi d'autres. Au milieu des années 1950, L'Institut, ayant une expertise respectée en métallurgie, était un sous-traitant classifié du Projet Blue Book. Ils ont réalisé la première étude statistique approfondie des observations d'OVNI signalées à l'Air Force.
Au moment de l'examen du « Robertson Panel » parrainé par la CIA sur le projet Blue Book (1954), ils ont écrit une lettre classifiée demandant le report de la réunion pour diverses raisons scientifiques. Je l'ai découverte par accident dans les dossiers du Dr. Hynek et elle a ensuite été déclassifiée et publiée, malgré de nombreuses objections au sein de la communauté des amateurs d'OVNI essayant de discréditer la révélation, fournissant ainsi un rare aperçu de ce qui se passait dans les coulisses.
Battelle a maintenu sa notoriété dans la recherche métallurgique. Business Wire a annoncé le 10 novembre 2020 que l'Institut avait remporté un contrat de 46,3 millions de dollars sur 7 ans pour étudier la fabrication de matériaux pour les « environnements hypersoniques extrêmes. » Le 24 juillet 2020, l'Institut a créé une alliance de partenariats industriels pour concevoir un système d'énergie nucléaire pour la lune (communiqué de presse de l'Idaho Nat'l Lab).
Organisé en 1929 en tant que Fiducie caritative à but non lucratif, (comme la Croix Rouge !) la structure unique de l'Institut le place au-delà des audits gouvernementaux ordinaires et le met à l'abri des demandes de la FOIA et de la plupart des contrôles politiques ou financiers.
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# LIVRES ET MONOGRAPHIES
La littérature concernée par les rapports de "crash" d'OVNI, les preuves physiques, et les événements historiques et politiques connexes, représente des centaines de livres et de monographies, de notes et de dossiers dispersés parmi les nombreux groupes intéressés par le phénomène. Lorsque les titres étrangers sont pris en compte, les documents se comptent par milliers. Nous n'avons répertorié ici que quelques-uns des titres les plus pertinents, en particulier les documents contemporains que nous avons consultés dans nos propres recherches sur la nature et le contexte des phénomènes rapportés.
La principale référence aux événements décrits ici est une monographie de Rémé Baca et José Padilla, intitulée : Born on the Edge of Ground Zero : Living in the Shadow of Area 51 (Impression privée, 2011). A noter que le titre est un peu étrange, puisque la zone 51 est loin dans le Nevada et n'existait même pas à l'époque où les expériences atomiques se déroulaient à « Ground Zéro » dans l'État du Nouveau-Mexique.
Peu de livres mentionnent le crash de San Antonio en 1945. Il est essentiellement resté inconnu jusqu'à ce qu'une recherche généalogique sur le Web rétablisse la communication entre Padilla et Baca après 2003. Mais ces livres et autres documents étaient importants pour analyser les phénomènes pertinents, leur histoire et leurs conséquences.
Alors que nous terminions la version finale de ce livre, deux volumes importants ont été publiés aux États-Unis sur le projet Manhattan et la défaite du Japon. Il s'agissait des 140 Days to Hiroshima de David Barrett et du Countdown 1945 de Chris Wallace. Ni l'un ni l'autre n'a mentionné les OVNIs, mais ils nous ont été utiles pour vérifier les faits sur les opérations au Nouveau-Mexique cet été-là.
Plus tard, l’ouvrage d’Alex Wellerstein Restricted Data, est venu compléter cette documentation.
Barrett, David Dean: 140 Days to Hiroshima: The story of Japan’s last chance to avoid Armageddon. New York: Diversion Books, April 2020.
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Vallée, Jacques F. Forbidden Science: Journals, Vol 1 to 4. NY: Anomalist Press, 2007-2020. Aussi disponible sur Amazon.com en ligne ou sous forme imprimée.
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Wood, Ryan S. MAJIC Eyes only: Earth’s Encounters with Extra-
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2005\. (Introduction par Jim Marrs).
INDEX DES PERSONNALITES
Adamski, George: xiv, xviii, 318
Alliare: 12
Anaya, Pedro (see also “Pedro”): 153
Apache (tribue Indienne): 11,13-14, 19, 67, 150, 316
Apodaca, Eddie: 27, 29, 95, 110, 117, 153
Archipov, Cmdr. Vassili (URSS): 310
Arnold, Kenneth: xi, xvi, xviii, 35, 43, 155, 225
Baca, Alejandro: 45, 153
Baca, Cristobal: 12
Baca, Remigio (Rémé): 11, 12, 14-53, 55, 58, 63, 64, 69,
89-105, 109, 115, 116, 118, 119, 121, 134, 137, 143-147,
149, 151, 153-156, 161, 165-167, 173, 176, 182, 197,
239-242, 245, 246, 248, 251, 256, 259, 268, 269, 275,
277, 290-292, 301, 311, 322, 325, 329, 335
Baca, Virginia: 48, 50, 63, 97, 99, 100, 239, 329, 325
Barbosa: 127
Barnabe, Desta: 315
Barrett, David Dean: 122, 123, 300, 336
Bartimus, Tad: 120, 325, 336
Beltrami, Michael: 316
Bergier, Jacques: 6
Bethe, Hans: 64
Bohr, Prof. Niels: 215
Born (in “Born-Oppenheimer approximation”): 317
Bourret, Jean-Claude: 231
Brinkley, Ron: ix, xv (fig.2), xix, xx, 56, 64, 313
Brothy, Bill: 36, 117, 151-152, 326
Brown, Anthony Cave: 192, 336
Burns, Howard (FBI): 199, 200
Burroughs, Edgar Rice: 155
Cameron, Grant: 316
Case, William: 124
Chartrand, Robert: 314, 330
Chavez (Officer Sam): 199, 200, 204
Chavez, Maria Amada: 14
Childress, David Hatcher: 166, 339
Chirikawa (Indian Tribe): 19
Churchill, Winston: xiv
Clark, Jérome: 204, 217
Collier, Roberta: 316
Condon, Prof. Ed.: 128, 206, 302, 328
Conners, William (USAF): 201, 204
Corso (Colonel Philip): 54, 56, 57, 245, 291, 296, 336
Crowley, Bill: 73, 81, 316
Dahl, Harold: 125
Davis, Dr. Eric: 296, 297, 331, 333, 336
Dolan, Richard: 297, 331, 336
Domegan, Clodach: 316
Easton, James: 215-218
Edwards, Frank: 125, 330, 336
Eisenhower, Gal. Dwight: 308
Empereur, du Japon (Hirohito): xiv, 5, 6
Farrell, Brig.Gal Thomas: 4, 9, 10, 61, 75, 321
Fermi, Dr. Enrico: 1-4, 6, 7, 65, 79, 121, 285
Fermi, Laura: 1, 2, 4, 292, 307, 308, 321, 336
Finch, Dr. Bernard E., MD: 235, 236, 336
Fitch, C.W.: 294, 330
Fontes, Dr. Olavo, MD: 127
Fort, Charles: 155, 215, 216
Fox, James: 16, 83, 86, 144, 316
Frankel, Dr. Henry (NASA): 220-223, 329
Friedman, Stanton: xvii, 94, 324, 336, 337
Garcia, David: 83, 316
Gebauer, Leo A. (“Dr.Gee”): 319
Geller, Steve & Kae: 316
Goldberg, Sid: 147, 315
Good, Timothy: 15, 16, 22, 48, 144, 146, 147, 318, 322, 337
Gore, Al (Congressman): 294
Greninger: 51
Grinder, Opal: 205, 207
Gurney, N. Joseph: 124
Hall, Richard (NICAP): 220, 221, 328
Hamlin, Tom: 83, 84, 316
Hanlon, Donald (“Don”): 124
Harbinson: 167
Hellyer, Paul: 47 (Fig.10), 54, 315, 337
Hemplemann, Dr. Louis: 292, 329
Hermes, Robert: 78
Hilton, Conrad: 12
Hitler, Adolph: xi, 192, 300
Hohokam (Tribu Indienne): 12
Holder, Richard T. (Capitaine, USAF): 199-201, 205, 214, 218, 219
Hynek, Dr. J. Allen: x, xvi, xix, 56, 81, 86, 155, 187, 189-191, 193, 195,
17, 198, Chap.15 (204-223), 225, 241, 243, 246, 294, 295, 315, 319
320, 323, 327, 334, 337, 347, 351
Hynek, Paul: 241, 315
Hynek, Miriam (“Mimi”): 195, 320
Jacobsen, Annie: 299, 300, 332, 337
Jahn, Prof. Robert: 107
Johnson, Pres. Lyndon B: 96, 276
Jordan, Officer Ted: 212, 214, 217, 301
Kennedy, Pres. John: 96, 99
Kies, Paul: 205
Kilou: 231, 234
Kimbler (Major Frank-): 66
Klass, Philip: 189
Knowles, Admiral Herbert Kain: 126
Knuth, Kevin H.: 284
Korzybski, Alfred: 168, 178
Kratzer, Larry: 205
Kripal, Prof. Jeff: 158, 326, 337
Lemke, Larry: 315
Lopez, Nep: 205
Lorenzen, Coral: 127, 128, 324
Lundahl, Sir Arthur: 290, 294, 295, 314, 330
Mack, Prof. John: 157
Mackenzie, Olivia: 315
Maffei, Dr. Risvaldo: 126
Many Horses, Danny: 13, 316
Marconi: 21, 66, 86, 148, 149, 151, 152, 168, 169, 179, 180, 242, 325
Marshall (General): 122
Martinez, Mike (FBI): 199
Masse, Maurice: 226-236, 329
Maussan, Jaime: 16, 144, 315
MacArthur, Gal. Douglas: 308
McCarey, Robert: 207
McCartney: 120, 325, 336
McDonald, Dr. James: 189
McDonald, David: 324
Mengelé, médecin Nazi: 300, 301
Menzel, Prof. Donald: 294
Michel, Aimé: 235, 329
Miller, Lt-Comm. Willard: 296
Mitchell, Edgar (Captain): 287, 296, 331, 332, 351
Moffett, Ben: 92-94, 150, 324
Mogollon (Tribu Indienne): 12, 14
Moody (Sergent): 191, 201, 204
Mooradian: 51
Morales, Xavi: 316
Morrison, Philip: 65, 326
Murillo, Steve: 56, 63, 316
Myers, Frédéric: 158
Newton, Silas M: 319
Nolan, Dr. Garry: 315, 337, 338
Olander, Arne: 51
Oliva (Commandant): 226
Oppenheimer, Dr. Robert: xiii, xxii, 6, 8, 64, 75, 95, 96, 98, 99, 121, 246,
285, 307, 310, 317, 322, 324, 326
Oppenheimer-Phillips process: 317
Orthon: 318
Padilla, Faustino: 11, 14, 127, 18, 25, 27-29, 31, 32, 40, 149, 152-154,
241, 242, 248-251, 259, 260, 265, 271, 273-276
Padilla, Inez: 14, 15
Padilla, Jose: 11-28, 31, 32, 34-37, 40-46, 48-54, 64, 66-69, 79, 82,
84, 86, 89, 94, 95, 100-105, 109-119, 133-139, 202, 289, 299, 310, 315
Padilla, Sabrina: 245-260, 263-285, 289, 313
Padilla, Trini: 14
Palmer, Ray: xviii, 125
Patterson (Se’y of War): 310
Pedro the Sheepherder (Anaya): 45, 46, 74, 153
Perry, William (Sec’y of Defense): 296
Pieiris, Genia: 4
Poher, Dr. Claude: 141, 320, 338
Popovitch, George: 126, 294, 330
Powell, Robert M.: 284
Powers, William T.: 196, 212-214, 327
Preston, (Gen’l Maurice Arthur): 36, 326
Puthoff, Dr. Harold (“Hal”): 128, 331
Quintanilla, (Captain Hector): 187, 191-193, 195, 197, 203-204, 327
Reali, Peter A.: 284
Reeves Family (voisins): 271
Reynolds, Dr. Jason B.: 85, 316
Rigney, James: 85, 147, 316, 331
Rumsfeld, Donald (Sec’y of Defense): 295
Ryan, Craig: 168
Sagan, Dr. Carl: 189
Santos, Bernabe Hernandez: 69
Saunders, Dr. David: 189
Schalin, Sven: 126
Schuhart, Redrick: 261, 262
Sciacca, Thomas P., Jr.: 222, 329
Scoles, Sarah: 140
Scully, Frank: xiv, 318, 319, 338
Segré, Dr. Emilio: 1
Servais, Mme. Simonne: 314
Sigismond, Richard: 81
Sleeper, Raymond S.: 210
Smith, Wilbert: 6, 56, 126, 185, 287, 293-295, 298, 316, 330, 338
Smith, Dr. (metallurgist): 145, 146
Sperry, Maryann B.: 315
Staline, Joseph: 300, 301, 308
Stanford, Ray: 198, 205, 206, 209, 210, 214, 216, 218, 220-222,
239, 243, 315, 327, 329, 338
Strickfaden, William: 78
Strugatsky, Arkady & Boris: 261, 338
Sturgeon, Theodore: 261
Sturrock, Prof. Peter: 56, 126-128, 323
Sutherland, Kay: 14
Szilard, Dr. Leo: 309, 321
Teller, Dr. Edward: 65, 309
Truman (Pres. Harry): 5, 15, 308, 309, 321, 322
Turner, Colonel: 36, 117, 326
Ussen (Apache God): 13
Vesco, Renato: 166, 167, 339
Vilchez, Ricardo: 128
Virk, Dr. Rizwan: 305, 339
Vogel, Dr. Marcel (IBM): 295
Von Braun, Wernher: 168
Von Neumann, Dr. John: 65
Wade, Chuck & Nancy: 56, 313
Wagner, Lori: 83
Waldi, George: 81
Warren (Col. Stafford I.): 121
Webb, Walter (NICAP): 220, 221
Williamson, George Hunt: xviii, 320
Wilson, Admiral Henry Braid: 294
Wilson, Admiral Thomas Ray: 296, 297, 331, 332
Winker, Jim: 216
Wood, Ryan: 11, 143, 145, 322, 339
Yost, Ed: 215
Zamora, Officer Lonnie: 44, 100, 196, 198-201, 204, 205, 208-213,
215-221, 225, 229-232, 243, 327
Zinsstag, Mrs. Lou: 318
^ ^ ^
INDEX DES SUJETS
140 Days to Hiroshima: 122, 335, 336
Aerial Phenomena Research Organization (APRO): 127, 128, 324
Aermotor Corporation: 148, 326
Air Force “Pogo”: 212, 214, 227, 299
Air Technical Information Center (ATIC): 190
Alamogordo (NM): xx, 2, 15, 36, 122, 201, 326
Albuquerque, NM: x, xxi, 2, 12, 52, 57, 63, 70, 82, 195, 198, 199,
217, 325
Aliens – voir « Créatures »
Alliages: 51, 124, 130, 147, 283
\- « super-eutectique »: 147
Alouette (hélicoptère): 227, 299
Aluminium (échantillons): 31, 48, 50-52, 69, 110, 116, 124,
127-130, 133, 145-150, 59, 171, 187, 255, 263, 275-278
Amazing Stories: xviii
Ames, Iowa: 308
American Institute of Aeronautics & Astronautics (AIAA):
141, 338, 339
Area 51 (Jacobsen): 289, 332, 335, 337
Armature (“bracket”): 5, 48, 69, 99, 109, 116, 117, 133, 135,
Fig.20, Fig.22, 148-150, 153, Fig.22, 148-150, 153, 159, 160,
262, 263, 269, 270, 272,-274, 282, 288,303, 314, 315
Arpanet: xviii
Atomic Energy Commission (AEC): 324, 332, 333
Atomes en Famille: 1, 307, 321, 336
Aurora, TX: 123, 124
Austin, TX: xvi, 128, 323, 327, 347
Australie: 85, 147, 316, 326, 331
Aviation Week : 189
B-52 (avion): 191
Ballons (expliquant les OVNIs): xvi, 20, 32, 35, 43, 44, 67, 117,
145, 150, 151, 154, 167, 168, 216, 217, 226, 227, 239, 271, 299
Bétail: 11, 13, 18, 30, 32, 86,144, 150, 171, 179, 182, 242, 292, 331
Bhagavad Gita: xxii, 75, 245
Bible: xvii
BLM (Bureau of Land Management): 85, 169, 182
Blue Book, voir “Projet Blue Book”
Bodyguard of Lies: 192, 336
Bogota, Columbia: 128
Bombe Atomique: vi, xi, xii, xiii, xiv, 4-6, 8-10, 14, 20, 21, 36, 57,
75, Fig.15, 79, 95, 102, 120, 122, 159-162, 164, 166, 193, 194,
200, 241, 246, 247, 253, 258, 259, 285, 291-293, 304, 308, 310,
321, 327
Born on the Edge of Ground Zero: xiii, xxii, 9, 11, 29, 65, 66, 73,
79, 91, 123, 139, 159, 162, 164, 246, 322, 326, 329, 335
Boule (éclair en -): 215
Brookhaven, NY: xx
Bruits: 20, 118, 128, 196, 212, 214, 240
Campamocha: 39, 40, 156, 157, 159
Campinas, Brésil: 126
Canada: 54, 56, 293, 315, 316, 324, 329, 338
Cancer: 123, 271, 307, 321
Catholique (Eglise-): 240, 248, 309
Cauchemar: 89, 105, 137, 138, 237
CDC (Centers for Disease Control): 122
Chaîne (reaction en-): 1, 8, 321
Cheveux d’ange: 34, 38, 149, 174-178, 252, 254, 255, 257, 259,
260, 272, 274, 293
Chicago (Illinois): xiii, xviii, 1, 186, 192, 195, 196, 203, 210, 295,
319, 321, 323, 324, 327, 336, 337, 339
CIA: 216, 217, 290, 323, 328, 334, 337
Clearances: 311
Coïncidences: 73, 81, 196, 225, 265
Colorado (University of-): 127, 189, 206, 302, 328, 359
Colorado State University: 85, 316
Congrès (des Etats-Unis): xvii, 54, 55, 168, 191, 192, 224, 290,
292, 294-297, 308, 314, 330
Contactés: xiv, xviii, 318-322, 333
Corona (virus): 109, 247
Corona (New Mexico): 336
Crashes d’OVNIs: ix, xi, xiv, xvi, xviii, xix, 15-17, 20, 27, 28, 33,
35, 38, 43, 51, 52, 55, 58, 65, 67, 72, 84, 98, 100-102, 104,
139, 143, 145, 152, 155, 159, 161, 164-168, 172-175, 178,
181, 238, 245, 251, 253, 262, 263, 266, 268, 273, 279, 281,
301, 303, 311-314, 316, 319, 322, 326, 335, 336, 338
Créatures vues
\- à San Antonito: 23, 29, 38, 41, 42, 89, 92, 104, 116, 117, 138, 149, 153,
155, 156, 157 (Fig.23), 159, 160, 167, 233, 303, 305, 311
\- à Aurora: 123, 124
\- à Socorro: 196, 198, 208
\- à Valensole: 233, 238, 329
Croyances: 54, 55, 63, 88, 295, 319
Dallas Time-Herald: 124
DARPA: xviii, 351
Datil, NM: 263, 314, 317
Day after Roswell, The (Corso): 296, 336
Dayton, OH: 187, 195, 196
Dearborn (observatoire): 196, 212
Débris (d’OVNI): x, 16, 28, 30, 33, 35, 58, 86, 110, 111, 121, 145,
200, 274, 327
Delphos, KS: 66
Département de l’Energie (US): 91
DIA (Defense Intelligence Agency): 297
Diesel: 234
Diffusion gazeuse: 6
Eau Lourde: 6
EG&G: 296, 300, 332, 333
El Bosque del Apache: 11
El Defensor Chieftain: 214
Empereur (du Japon): xiv, 5, 6
Empreintes (de pieds): 200, 201, 210, 214, 233
Empreintes (d’un objet): 100, 196, 200, 201, 209, 214, 267
Enola Gay: 5
Etude Condon: 128, 206, 302, 328
Explosion (nucléaire): voir “nucléaire”
Fat Man: xix, 5, 77 (Fig. 15), 79, 163, 164
FBI: 125, 196, 198-201, 203, 204, 211
Feuerball: 166, 167
Fibres :
- « optiques »: 149, 253, 254, 259
- de carbone : 50, 146
- général : 262, 263, 272, 274, 282, 283
Flying Saucers :
- Flying Saucers Magazine (Palmer): xviii
- Flying Saucers have Landed (Adamski): 318
- Flying Saucers Farewell (Scully): 318
- Flying Saucers Serious Business (Frank Edwards): 330, 336
- Flying Saucers (Carl Jung): 337
FTD (Foreign Technology Division): 187, 190, 327
Fortean Times: 214, 215
Fourmis: 116, 136, 156, 157 (Fig.23)
France :
- Armée: 299
- Résistance (WW2): 227, 231
- Général: 53, 127, 129, 225-227, 230, 234, 314, 329
- Voir aussi : Valensole
Gadget (The-): 4, 5 (Fig.4), 120, 121, 148, 161
Généalogie: 49, 91, 289, 335
Genesis (Harbinson): 167
Gig Harbor, WA: 16, 48, 325
Griffin Pipe Products Company: 129
Ground Zéro: xiii, xxii, 9, 11, 29, 65, 66, 73, 79, 91, 123, 139, 161,
162, 164, 247, 322, 326, 329, 335
Guerre froide: 54, 92, 95, 191
Habbebishopheim: 197
Hanford, WA: 6, 8, 9
Hiroshima: xiii, 5, 15, 122, 159-162, 308, 309, 335, 336
Holloman Air Force Base: 117, 245
Hollywood, CA: 140
Hombrecitos: 69, 119, 152
Hongrie: xiii
Hydrogène (bombe): 58, 162, 194, 321
IBM Advanced Research Labs: 295
Imaginal (stade-): 158
Indiens (“Native Americans”): xxi, 2-14, 44, 67, 70, 117, 145, 150, 245,
307, 326
Insectoïdes: 39, 117, 136, 148, 156-158, 238, 303
Insignes: 196, 200, 218
Instit. for Adv. Studies, Austin: 128
Intelligence Artificielle: xvii, 189, 232, 357
Interférence (with motors): 166, 237
Internet: xviii, 46, 49, 91, 94, 223, 265, 314, 322
Iode-131: 121
Iowa State University: 129
Italie: xiii, xix, 1, 16, 47, 53, 54, 56, 94, 98, 197, 321, 322
Japon: xiii, xix, 4, 5, 15, 81, 122, 151, 162, 165, 192, 308, 310, 335
Jérusalem (criquet): 56, 157 (Fig)
Jopala, Mexico: 129, 130
Jornada del Muerto: 2
Jumbo: 1, 7-10 (Fig.6), 79, 164
Kiana (Alaska): 128
Kirtland Air Force Base: 195, 325
Kugelblitz: 166
Las Vegas, NM: 54, 92, 101, 296, 323, 330, 333
Lawrence Livermore Labs: xx, 332
Life Magazine: 310
Little Boy: xiii, 5, 163
Los Alamos, NM: x, xx, 1, 2, 3, 8, 99, 165, 254, 292, 307, 309, 317,
325, 331, 332
Lune: 13, 213, 214, 287, 291, 331, 334
McChord AFB: 241
McDonald Ranch: 9, 75, 78 (Fig. 16)
McDonald Observatory (Texas): xvi
McDonnell-Douglas: 124, 324
Magnésium: 126-129, 131, 147, 294, 323
Magnésium orthosilicate: 126
Magnet (projet Canadien): 6, 293, 330
Magnétisme: 6, 66, 81, 86, 87, 128, 152, 166, 236, 293, 295, 318,
330
Majic Eyes Only: 11, 143, 322, 339
Man-made UFOs 1944-1994: 166, 339
Manhattan (Projet-): xi, 6, 64, 91, 101, 121, 122, 165, 197, 293, 298,
317, 321, 332, 335, 337
Mannequins anthropomorphes: xvi, 167, 168
Marconi (tour-): 21, 66, 86, 148, 149, 151, 152, 168, 169, 179, 180, 242,
325
Mars (planet-): xvi, 53, 155, 243, 323, 353
Matériaux : voir « débris »
Mexique: 12, 13, 16, 69, 129, 144, 153, 157, 315
Mojave (désert de-): xviii
Moulin à vent: 18, 31, 34, 46, 52, 123, 159, 169, 276, 326
Mountain Mail (Socorro): 150, 324
MUFON: 56, 84, 323, 324
Nagasaki: 160-162, 308
NASA:
- General: xvi, xx, 190, 213, 227, 283, 329, 337, 353
- Goddard « ripoff »: 221-223, 329
NIDS (Nat’l Inst. For Discovery Science): 296, 330, 331
NICAP (Nat’l, Invest. Comm. on Aerial Phen.): 220, 221, 223, 323,
27-330
Need to Know (Good): 15, 48, 146, 322, 337
Nevada (site de test): 2, 3, Fig.3, 122
New Scientist: 140
New York Times: 206
Niño de la Tierra: 156, 157
Nitinol: 51
Normandie: xii, 192
Norvège: 6
Northwestern (Université): xvi, 189, 195, 196, 295, 319, 353
Nucléaire (explosion): xi, xiii, xviii, 4, 7-9, 15, 20, 21, 57, 75, 78, 79, 120-
123, 139, 160-162, 242, 246, 247, 280
Nuclear Weapons Journal: 78
Oak Ridge, TN: xiii, xx, 6
Omaha, NE: 129
Oraison (Plateau): 230
Orsay Université: 127
OUSDAT: 127
OVNIs - “explications”: xvi, 189, voir aussi “ballons”
Owl Bar & Café: vii, ix, xiv, Fig.1, xcx, 33, 64, 69, 84, 99, 100, 257, 316
Palo Alto, CA: 139
Pan-American Highway: 65, 151
Pannes (de moteuirs): 219, 220, 234 (Diésel)
Paperclip (Projet-): 310
Paralysie: 89, 228, 233, 235, 236, 238, 329
Paranormal Research Society: 56, 63, 316
Paris, France: xii, 139, 226, 231, 234, 329, 355
Pearl Harbor: 5
Peenemünde (base Allemande): 6, 310
Pentagone: 4, 122, 140, 161, 168, 193, 203, 254, 291
Phoo (bombes -): 166
Photographies: xi, 25, 57, 83, 85, 146, 150, 152, 188, 190, 214, 220, 225,
290, 307, 318, 332
Physique (aspects-): 20, 44, 56, 64, 123, 129, 140, 164, 188, 208, 211,
213, 215, 225, 238, 239, 259, 262, 284, 290, 291, 304, 305, 324, 330, 333
Plantes (voir “végétation”)
Plutonium: xiii, xiv, 4-6, 8, 9, 14, 75, 77 (fig.15), 78 (fig.16), 79, 120,
121, 161
Pontoise, France: xii, 114
Pre-Astronauts, The: 168, 338
Princeton University: 107, 317, 337
Projet Blue Book: xvi, 183, 187, 188, 189-197, 203, 204, 206, 208, 210,
211-215, 220, 315, 320, 330, 334
Projet Manhattan: voir Manhattan
Projet Magnet: voir Magnet
Projet Sign: 197, 198, 320
Projet Grudge: 197, 198, 320
Psy (impressions psychiques): 154-156, 237, 304, 305, 314, 334, 338
Puebla, Mexico: 129
Puget Sound, WA: xvi
Radar:50, 88, 97, 127, 152, 167, 189, 295
Radioactivité: xiii, 8, 81, 91, 161, 162, 199, 215, 220, 225, 321
Remorque: 7, 8, 30, 33, 34, 37, 58, 113, 117, 145, 149, 153, 163, 164
Rice (Université): 158
Rio Grande (fleuve): 9
Roadside Picnic: 261, 262, 298, 338
Roswell, NM: xi, xiv, xvii, xviii, 15-17, 35, 41, 43, 51, 54, 94, 101, 102,
143, 150, 151, 159, 167, 225, 246, 253, 296, 300, 301, 3094, 322, 324,
336-338
Rowland Heights, CA: 16, 44
Royal Air Force (UK): xii
SAAB Corporation: 127
San Angelo, TX: 197
San Antonio, NM: vii, ix, xi, xii, xv, xix, xx, 11, 12, 15, 25, 34, 46, 49,
55-57, 63, 84, 91, 94, 101, 121, 139, 145, 155, 158, 162, 167, 169, 197,
198, 201, 225, 227, 237, 240, 248-251, 262, 276, 314, 325, 326, 335
San Antonito, NM: 11, 14, 15, 17, 19, 65, 82, 93, 100, 120, 123, 153, 161,
166, 167, 183, 197, 199, 235, 246, 248, 262, 298, 301, 304, 311, 315, 316
San Augustin (Plaines de-): ix, 317
Sandia Mountains: 2
SAPOC (“Special Access Program Oversight Committee”): 297, 298, 314
SIMS (“Scanning Ion Mass Spectroscope”): 129, 353
Scientifiques (manque d’intérêt sur le sujet): xvii, 43, 44, 55
Seattle, WA: 16, 48, 146
Silicon Valley: ix, 86, 139, 149, 150, 291, 295, 307, 355
Silumin (alliage): 98, 107, 147, 148
Simulation (hypothèse de -): 246, 305, 339
Sommeil (troubles du-): 236, 238
Socorro, NM: 219, 221, 223, 225-227, 233, 238, 241, 243, 284, 299, 304,
312, 315, 317, 324, 325, 327, 337, 338
Sons: voir « bruits »
Stallion (site): 35, 75, 102, 161, 164, 201, 218, 219, 246, 291
Stanford Research International (SRI): xviii, 355
Statistiques: xvi, 107, 188, 191, 192, 247, 331, 334
Strategic Air Command (SAC): 191, 193
Synchronicité: 195 (Ch. 14) et sq.
Tacoma, WA: 44, 125, 240, 325
Texas (University of-): xvi, xx, 128, 351, 357
TNT (equivalent): 8, 121, 162
Transistor: 31
Trinitite: 78
Trinity (comme “test”): 2, 4, 5, 6, 8, 75, 102, 120-123, 139, 160, 151, 162
Trinity’s Children: 120, 336
Truk (Atoll): 197
Ubatuba, Brésil: 56, 126, 131, 323
UFO Investigator (The) (NICAP): 223, 328
Unsolved Mysteries: 198, 204, 218
Uranium: xiii, 5, 8, 321
US Academy of Sciences: 206, 225, 290, 302, 303
US Air Force: 91, 155, 167, 183, 187, 189, 193, 196-198, 201, 204-206,
208, 210-214, 217, 218, 227, 231, 246, 293, 294, 299, 319, 320,
322,334
US Army Air Force: 36, 67, 91
US Army: 109, 117, 339
US Congress: see “Congrès”
US Energy Department: 91
US Navy: 126, 295, 319
USS Missouri: 5
V-1, V-2: 166, 168
Väddö (île de Suède): 126
Valensole: 226-228, 230-234, 237, 238, 284, 299, 304, 312, 314, 329
Végétation: 21, 65, 66, 67, 74, 83-86, 88, 139, 151, 214, 250, 251, 266,
301, 316
Vénus (plaète): xvi
Vertical (décollage-): 212, 220
War of the Worlds (The): 300
Washington (Etat de-): xvi, 6, 16, 44, 52, 53, 92, 95, 103, 125, 145, 182,
239, 325
Westport, Indiana: 198
White Sands: x, xx, 3 (carte), 12, 30, 35, 36, 74, 91, 120, 148, 149, 153,
160, 165, 167, 168, 201, 212, 217-220, 242, 245, 310, 315, 339
Wright-Patterson Air Force Base: xvi, 187, 196, 310
Zimbabwe: 157
Zinc: 51, 69, 124, 130, 147
^ ^ ^
À Propos Des Auteurs

Jacques F. Vallée
Né en France dans une famille aux longues traditions internationales, Jacques a étudié les mathématiques à la Sorbonne, a obtenu une maîtrise en astrophysique à l'Université de Lille et a été recruté dans la première équipe française chargée du ‘tracking’ des satellites artificiels à l'Observatoire de Paris. Emigré aux États-Unis en 1962, il a poursuivi sa passion pour la science en travaillant sur des projets de la NASA à l'Université du Texas à Austin (notamment en codant la première carte informatique de Mars dans l’équipe de Gérard de Vaucouleurs) avant de rejoindre J. Allen Hynek à Northwestern University où il obtint son doctorat en intelligence artificielle.
Jacques a poursuivi sa carrière informatique et entrepreneuriale au Stanford Research International et à l’Institut pour le Futur, rejoignant le groupe des « Principal Investigators » de la DARPA lors de la création d'Internet avant de gérer une famille de fonds de capital-risque dans la Silicon Valley, spécialisée dans les startups informatiques et les investissements médicaux et biotechnologiques.
Ces fonds ont conduit 20 sociétés à des introductions en Bourse aux Etats-Unis. Le Dr. Vallée reste un investisseur actif en haute technologie à Silicon Valley, tout en servant en tant qu’expert pour le CNES dans les travaux du comité scientifique du groupe qui étudie les rapports d’OVNI en France. Il a publié ses recherches dans des livres largement traduits à travers le monde. Il a été le modèle du personnage incarné par François Truffaut dans le film Rencontres Rapprochées du Troisième Type. Jacques vit entre San Francisco et Paris. Il a deux enfants.
Ouvrages de Jacques Vallee
www.jacquesvallee.net
Romans:
FastWalker, novel (Berkeley: Frog, Ltd.)
Stratagem, novel (San Francisco: Documatica Research)
Science et Technologie:
The Network Revolution (And/or, Penguin, Google)
Electronic Meetings (co-author, Addison-Wesley)
Computer Message Systems (McGraw-Hill)
The 4 Elements of Financial Alchemy (Berkeley: TenSpeed)
The Heart of the Internet (Hampton Roads, free on Google Books)
UFOs et Paranormal:
Anatomy of a Phenomenon (Regnery, Ace, Ballantine)
Challenge to Science (Regnery, Ace, Ballantine)
Passport to Magonia (Regnery, Contemporary)
The Invisible College (New Yort: E. P. Dutton)
Messengers of Deception (And/or, Bantam)
The Edge of Reality (with Dr. J. A. Hynek, Contemporary)
Dimensions (Contemporary, Ballantine, Anomalist Books)
Confrontations (Ballantine, Anomalist Books)
Revelations (Ballantine, Anomalist Books)
A Cosmic Samizdat (New York: Ballantine)
Forbidden Science, Vol. 1-4 (Documatica, Anomalist Books)
Wonders in the Sky (with C. Aubeck, New York: Tarcher-Penguin)
En Français :
Le Sub-Espace, novel (Paris: Hachette — Jules Verne Prize)
Le Satellite Sombre, novel (Paris: Denoël, collection Présence du Futur)
Alintel, novel (Paris: Le Mercure de France)
La Mémoire de Markov, novel (Paris: Le Mercure de France)
Les Enjeux du Millénaire, essay (Paris: Hachette Littératures)
Au Coeur d’Internet (Paris: Balland, free on Google Books)
Stratagème, novel (Paris: L’Archipel)
Science Interdite, Vol. 1 (Marseille: Parasciences)
Science Interdite, Vol. 2 (Genève: Aldan)

Paola Leopizzi Harris
Née à Rome dans une famille de diplomates italiens, Paola Leopizzi Harris a étudié l'anglais et le français au Rhode Island College et a obtenu une deuxième licence en sciences à l'Université du Colorado. Sa maîtrise en éducation du Leslie College de Boston l'a amenée à devenir directrice de l'American Overseas School à Rome.
Elle y a enseigné l'histoire ancienne, le photojournalisme et l'anglais jusqu'à son retour aux États-Unis en 2007 pour poursuivre son intérêt pour le reportage d'investigation. En tant qu'écrivaine largement publiée avec une forte audience en Europe, Paola a commencé à étudier les phénomènes aériens non identifiés et elle fut bientôt en bons termes avec les principaux chercheurs du domaine, notamment en tant qu'associée du Dr. J. Allen Hynek dans ses enquêtes.
Elle a publié ses interviews de nombreux témoins militaires dans des livres largement traduits. En particulier, elle a enregistré les expériences du colonel Philip Corso, qu'elle a amené à Rome, et elle a écrit la préface de son livre (The Day after Roswell) pour le public italien, ainsi que la préface pour La Voie de l'Explorateur, le livre de l'astronaute d'Apollo 14, le Dr Edgar Mitchell.
Paola Harris a donné de nombreuses conférences aux États-Unis et en Europe sur l'importance de l'ufologie comme étude universitaire sérieuse, pour promouvoir le dialogue international et une discussion ouverte sur les données de recherche. Ses travaux actuels portent sur les événements en Amérique Latine et sur les études de conscience connexes. Elle vit entre Rome et Boulder, Colorado et a deux enfants.
Ouvrages de Paola Leopizzi Harris
[www.paolaharris.com](http://www.paolaharris.com)
En Anglais
Connecting the Dots: Making Sense of the UFO Phenomena
(Authorhouse)
Exopolitics: Gateway to a New Reality (AuthorHouse)
Exopolitics: All the Above (Authorhouse)
UFOs: How Does One Speak to a Ball of Light? (Kindle Publishing)
UFOs: All the Above …and Beyond (Kindle Publishing)
Conversations with Colonel Corso (Kindle Publishing)
En Italien:
Esopolitica: e Gia Nel Vento (Verdechiaro Edizioni)
Il Mistero Svelato (Verdechiaro Edizioni)
Esopolitica: Lo Stargate per Una Nuova Realta (Verdechiaro Edizioni)
Cosi Parlo Philip Corso (XPublishing SrL)
En Espagnol:
Conversaciones Con El Coronel Corso (StarworksUSA LLC)
Esopolitica: Puera Estelar a una Nueva Realidad (Ediciones Obelisco)
En Français:
Ovnis: Comment Parler à une Boule de Lumière (StarworksUSA, LLC)
Ovnis: Tout ce qui Précède… et Au-delà (StarworksUSA, LLC)
Conversations avec le Colonel Corso: un Mémoire Personnel et un Album